Bandoulière de sac sur l'épaule, cape de sorcière ajustée, bottines lacées correctement. Hermione était prête.
Elle dévalla les escaliers en deux temps, trois mouvements. Arrivée au Hall d'entrée, Hermione aperçue Snape venir vers elle sur la droite, il revenait du bureau de la directrice.
- La rentrée est demain, j'espère que vous avez préparé vos cours. On ne va pas revenir très tôt ce soir.
- Arrêtez de penser que je suis incapable. J'ai déjà fini le programme et toutes les explications à donner, ça fait maintenant cinq jours.
- Prévisible.
Ils marchèrent ensemble jusqu'au portail. Snape se tourna vers sa collègue.
- Si nous transplanons ils sentiront la signature magique laissée donc on va devoir y aller à la moldu.
- C'est fou. Je ne pensais pas que vous saviez ce qu'était un moldu. Toujours terré dans vos cachots...
Snape ne répondis rien. Ils savaient parfaitement ce qu'était une saleté de moldu. Son père en était un.
Son visage se ferma.
Il attrapa silencieusement l'épaule de la jeune femme et transplana.
En atterrissant, Hermione observa les alentours. Ils étaient sur le quais d'un port. Une ville portuaire adjacente leur faisait face. Le soleil commençait à se coucher quand elle vit un navire s'amarer au quais d'à côté. Elle se tourna vers la ville et suivi Snape dans le dédale de rues pavées.
Les mouettes piaillaient et volaient dans toutes les directions, de quoi rendre un homme fou s'il avait essayé de les suivre du regard.
- Où sommes nous ?
Ce qu'elle l'exaspérait à toujours poser des questions.
- Vous ne vous arrêtez donc jamais de parler ? C'est déjà assez fatiguant de vous traîner ici, n'en rajoutez pas.
- Calmez vous. C'est bon j'ai compris.
- Nous allons rejoindre Tintagel par bateau demain matin. Pour l'instant, allez trouver un endroit où vous reposer et ne traînez pas dans mes pattes. Retrouvez moi au port à 6h50.
- Et où dormirez vous ? Et puis moi aussi ?
- Qu' est ce que j'en ai à faire ? Moi, je peux très bien me débrouiller seul.
- Espèce d'arrogant petit-
- Mais je vous en prie continuez très chère, dit-il en se penchant vers elle.
- Espèce d'arrogante, petite... Chauve-souris des cachots.
Voyez vous ça, la lionne sort les griffes. L'insulte est le dernier recourt des ignorants.
Elle s'enrageait. Hermione glissa sa main dans sa poche.
- Nous ne sommes pas dans une ville sorcière donc ne pensez même pas à daigainer votre baguette, chuchota-t-il à son oreille.
Il se redressa et reparti, laissant Hermione les bras ballants, ne sachant quoi faire.
Elle flana dans cette ville, la nuit, pendant au moins une heure et demie. Elle avait découvert un panneau vers l'entrée du village qui disait qu'elle se trouvait à Bidefort, dans le Devonshire. Les maisons tantôt blanches, grises tantôt multiples couleurs, se dit-elle, auraient été plus appréciables à la lumière du jour. De plus, elle ne pouvait pas librement allumer la pointe de sa baguette librement comme lui avait rappelé son foutu collègue qui devait bien rire de sa situation. Hermione, dont la visibilité se faisait rare à cause de la nuit, suivait le chemin tracé pas les lampadaires qui éclairaient le patelin. Depuis qu'elle avait quitté Snape au abords du port, elle n'avait que rarement croisé âmes qui vivent et cela la tourmentait plus qu'elle ne le voulait.
Elle se fit interpellée par un aubergiste qui sortait arroser les fleurs devant son logis.
- Hé, vous ! Madame ! Qu'est ce que vous faites seule à cette heure dehors. On dit que des choses étranges arrivent à ceux qui s'approchent du brouillard à la nuit tombée. Et vue l'avancée de la lune dans le ciel, les brumes ne vont pas tarder à se lever.
- C'est donc pour ça que je trouvais ce village bien vide?
- Entrez donc vous mettre au chaud au moins.
- Mais je n'ai pas assez d'argent pour payer une chambre, s'embarrassa-t-elle.
- Ça ne fait rien je vous ferai un prix pour cette fois.
Restée au milieu de la route déserte, Hermione marcha prudemment vers l'auberge. Elle monta les quelques marches qui menaient au palier où l'homme, d'une cinquantaine d'année, arrosait ses plantes.
En entrant, elle ressentit une chaleur bienvenue se propager dans son corps. De plus, ses sens olfactifs ne mentaient pas, on faisait cuire de la tarte au pomme ici. Un petit sourire se dessina sur les lèvres alors qu'elle s'emmitouffla dans sa cape pour garder cette agréable sensation près d'elle. Son petit nez rouge dépassait d'un masque de fortune en tissus qu'elle s'était fait pour supporter le froid dehors.
La pièce était simple mais chaleureuse. Sur la droite une petite cuisine où se tenait une femme de dos, aux longs cheveux ébène parsemés de gris. En face d'elle s'étendait des dixaines de tables où pour la plupart les chaises étaient retournées dessus. Enfin sur la gauche, on pouvait voir une simple porte et un escalier montant. Sur le mur du fond, des bougies illuminaient toute la pièce et des dessins d'enfants encadrés rendaient l'ambiance plus légère.
Le vieil aubergiste rentra à sa suite.
- Maria ! Prepare un bout de tarte s'il te plaît, nous avons encore de la visite.
Il retira son manteau brun et sa casquette verte. Ils les accrocha sur un porte manteau près de la cuisine et il passa derrière le bar pour embrasser sa femme.
- Mais je t'en prie installe toi, donne moi ta veste, je vais t'amener de la tarte et du chocolat chaud.
- Merci, chuchota-t-elle.
Il s'en alla vers la cuisine.
- C'est votre nom mademoiselle, héla la femme.
- Jane.
- Oh, quel beau nom, moi c'est Maria et là bas c'est mon mari, Jonas. D'où venez vous ma chère ? Vous n'avez pas l'air d'être du coin. C'est une ville où on connaît plus ou moins tout le monde, fit la femme de l'aubergiste en lui amenant du gâteau et une tasse fumante.
- Oh eh bien... C'est assez compliqué, je voyage un peu pour aller voir un ami à moi, plus au sud. J'habite temporairement en Écosse avec ma famille.
La femme souffla. Son mari revint. Ils avaient tout les deux la mine sévère et ils se regardèrent.
- Ils l'ont trouvé, fit Jonas.
- Il semblerait, répondit Maria.
- Je vous demande pardon?
- Ne jouez pas l'ignorante avec nous, Hermione. Nous savons les grandes lignes. On a appartenu aux rangs du ministère nous aussi.
- Mais comment saviez vous que-
La jeune femme commença à paniquer.
- Severus est à l'étage. C'est un vieil ami. Il nous a prévenu qu'une jeune femme errante pourrait passer devant l'auberge.
Elle se calma quand elle entendi son nom.
- Je vois.
- Il y a une chambre de prête pour vous également. Numéro 7.
Jonas lui donna une clé et la conduisit à sa porte.
