Bonjour à tous ! voici le chapitre 12, toujours corrigé par scrameustache4 !

Bonne lecture !

Chapitre 12 : Nous.

Bakugo Katsuki, alpha de son état, triturait vaguement les pages noires de son classeur.

Menton dans la main, ses yeux parcouraient avec lenteur le nom et le prénom inscrit. Comme s'il ne savait pas par cœur ce qu'il y avait inscrit dans son classeur. L'écriture fine de Mina formait avec d'élégante boucle le nom Aizawa Shota, souligné par deux traits fins et blancs.

Au-dessus de ce nom si important, était écrit chef de clan de renard, 1re catégorie.

Le loup soupira dans sa main, l'air ennuyé, il ne voulait pas contacter le renard.

Vraiment pas. Mais avait-il réellement le choix ?

Depuis le jour où Denki s'était déchiré la nuque à cause de son manque de contrôle évident, il n'avait plus eu le choix.

Le choix s'était tiré aussi rapidement que les blessures s'étaient produites pendant ces pauvre 20 minutes où ils ne s'étaient pas vue.

Contacter le Chef renard était un calvaire pour lui, il détestait lui parler. Pour plein de raison, mais sa suffisance presque royale le foutait en rogne à chaque fois. Un soupire franchit ses lèvres et il regarda d'un œil mauvais le renard assis dans son canapé.

D'où il était, il avait une vue sur son profil, gracile, le visage un peu rond, mais ce qui fixa son attention c'était le pansement qui parcourait la forme de sa nuque. Épais, blanc et si voyant que s'en était risible pour lui.

Nouveau soupire agacé, et il put voir clairement les grandes, si grandes oreilles blondes du renard se tourner vers lui. Il savait déjà ce qui allait se passer. Denki se tourna vers lui, un sourcil haussé, alors qu'il pencha la tête sur le côté.

Adorable, pensa-t-il, comment un renard pouvait être aussi adorable, vraiment?

La voix du renard s 'éleva, d'incompréhension :

- Ça doit être la troisième fois que tu soupires, tu as un problème Katsuki ? Demanda-t-il.

Katsuki détourna le regard, reportant son attention sur le classeur sombre devant lui. Ne donnant aucune réponse à son comparse. Voyant cela Denki se releva souplement de son canapé et vint de sa démarche si vive se planter face à lui. Les yeux cherchant à voir ce qui captivait son attention depuis si tôt ce matin. Il lut avec difficulté les mots inscrits. Le visage tracassé.

- Aizawa Shota ? Chef de clan de renard ? C'est quoi ça ? Tu vas me transférer là-bas ?

Une boule d'angoisse commença à enfler dans sa gorge. Pourquoi paniquait-il aussi facilement ?

- Ne dis pas de conneries Denki, y a aucun transfère de quoique se soit qui va se faire. Arrête de te faire de la bile, tu pues la peur.

Le renard se passa une main embarrassé dans ces cheveux, parfois il oubliait à quel point le loup sentait aussi clairement ces émotions.

- Désolé pour ça, fit-il vaguement, alors c'est pourquoi ça ? Je suppose que ça a un rapport avec moi .

- Ouais, je dois leur parler de ton cas, tu as besoin d'apprendre à te contrôler. Et ce type, et ça me fait chier de le dire, est le plus apte à te comprendre.

- Tu veux dire que je vais aller chez lui pour qu'il m'apprenne à me contrôler .

- Ouais.

- Oh... c'est cool alors ! On a rendez-vous chez le docteur bientôt en plus ! Il pourra nous dire si je peux reprendre ce fichu vaccin ! Mais c'est bien si je peux arriver à contrôler ma transformation par d'autres moyens ! Un peu comme nos anciens avants nous ! S'exclama joyeusement Denki, complément conquis par l'idée.

- Je sais j'ai des idées supers. Pas besoin d'autant s'enflammer, sourit bêtement Katsuki en le regardant s'exciter tout seul.

- Donc, tu as déjà téléphoné. C'est quand qu'on y va ? ! j'espère qu'ils sont sympas ! Ça fait des lustres que je n'ai pas vus d'autres renard, ça me manque un peu maintenant à vrai dire, mais je suis aussi habitué alors c'est un peu bizarre pour moi de penser ça, mais auss-

- Putain mais ta gueule Denki ! Laisse-moi en placer une non ?! Non, je n'ai pas encore téléphoné et oui bientôt je vais le faire, et je te le dira après quand on ira. Et ouais ils sont sympas. C'est des renards quoi.

- Je vois ! Je suis pressé alors ! Les renards sont des gens bien de toute façon, je n'ai rien à craindre hein ? Questionna-t-il avec un léger coup de coude vers le loup.

Katsuki roula des yeux et prit le classeur avant de s'éloigner de lui. Il glissa son téléphone dans sa poche et s'éclipsa dans la chambre sans un mot pour expliquer son comportement. Il n'aimait pas parler des heures de bêtes choses. Certes, il se sentait plus à l'aise depuis qu'ils avaient passé certains caps, mais il n'en restait pas moins désagréable et de mauvaise compagnie lorsqu'il n'avait pas le cœur à être plus supportable.

Denki lui resta planté là, mais son sourire ne partit pas. Il s'imaginait déjà devant d'autres personnes de son espèce et ce seul fait aurait pu égayer sa journée. Revoir et sentir l'odeur rassurante de personne avec les mêmes attributs que lui allait être comme une bouffée d'air frais. Il en était certain.

De plus qu'avec tout ça. Il commençait à vraiment appréhender le prochain rendez-vous chez le médecin. Surtout qu'il espérait de tout son cœur pouvoir recevoir ce fichu vaccin.

Son remède contre ces crises qui lui semblait être de plus en plus violente, de plus en plus incontrôlable.

Il avait toujours peur.

Toujours et encore. Car il ne lui semblait pas que son état devenait stable. Pourtant rien ne changeait autour de lui. Son environnement était sain maintenant. Ces personnes autour de lui, bien qu'elles soient toujours trop exubérantes à son avis, étaient toutes des personnes d'une infinie gentillesse, le cœur sur la main, toujours prêtes à aider leur prochain.

Alors pourquoi il continuait à faire des crises incontrôlables ?

Pourquoi cette pulsion animale ne partait-elle pas ?

Au fond de son cœur il avait l'impression que ce que lui avait fait Chisaki était beaucoup plus grave que ce qu'il croyait. Beaucoup plus grave qu'annuler un vaccin reçut dans l'enfance. Quelque chose de plus mauvais fourmillait sous sa peau. Dans son sang, glissant contre ses veines. Pulsant à chaque fois fortement dans son cœur.

Son sourire s'effaça.

Il ne pouvait pas garder le masque.

Il déglutit difficilement et repensa à son entrevus avec l'officier et son compagnon. L'officier ne l'avait pas de nouveau interrogé comme il l'aurait cru avant, non en faite il avait été juste le faire-valoir de l'homme.

Il avait servi comme monnaie d'échange. Chisaki n'avait rien voulu révéler aux enquêteurs d'où se trouvaient les personnes sur lequel il faisait ces tests, et comme l'ours était un homme intelligent, aucun policier n'avait trouvé la moindre trace de son repère.

Alors l'officier avait fait appel à son " aide ", le faire venir pour faire flancher l'ours était sur le papier une très bonne idée. Mais pas en connaissant l'homme. Il n'avait rien fait à part se tenir crispé sur sa chaise en bois dur et raide. Il avait évité tout le long de croiser le regard de l'ours. Se tenant là simplement dans une attente douloureuse. Chisaki n'avait rien dit des emplacements où il retenait ces Hommes-Bêtes en captivité.

Il n'avait de cesse de poser son regard sur la silhouette frêle du renard assis à son côté. Lorsque l'officier en eut marre de son obstination, il avait préféré écourter leur conversation.

Depuis Chisaki Kai était emprisonné. Sans aucun moyen de s'enfuir. Mais dans un silence obstiné. Dans l'attente de son procès.

Dans sa tête il revoyait les yeux si jaunes de son compagnon et il s'appuya lourdement contre le bar de la maison. Le manque le rongeait de plus en plus. Bien que la marque sur son cou n'était plus qu'un vague souvenir il savait que quelque chose d'intégrale manque à lui.

Du poison pur ce répandait en lui.

Et il savait aussi qu'il n'y avait pas 1 milliard de manière de faire éteindre ce sentiment d'abandon. Non la seule façon pour qu'il puisse se sentir de nouveau complet était simple.

Il fallait que quelqu'un d'autre le morde. Que quelqu'un d'autre le recouvre de sa marque, qu'il le fasse sien. Fortement et durement. Qu'il le prenne et déchire son cou de ses crocs. La vision fugace de Katsuki plana un moment devant ses yeux avant qu'il ne secoue la tête. Mais qui voudrait bien mordre quelqu'un de déjà mordu ? Qui voudrait de quelqu'un déjà marié, déjà sous emprise d'un autre ? Qui ?

Il voulait être de nouveau mordu, être complet. Comme la première génération avant eux.

Quelque part en lui, il commença à comprendre ce que Chisaki lui avait dit. Il avait perdu quelque chose d'important en reniant complètement leur nature profonde.

Ce vaccin avait certes créé des situations beaucoup plus stables dans leur vie, mais il en avait en contrepartie perdu quelque chose d'encore plus grand.

Une part en lui qui ne cessait pas de croître.


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Chisaki Kai posa sa tasse sur son plateau d'un geste absent.

Il était fatigué depuis quelque temps.

Fatigué de son séjour ici qui n'en finissait pas. Pourtant ils n'avaient aucune preuve contre lui. Enfin si, quelques unes. Mais pas énormément. Juste suffisamment pour le faire entrer en prison pour 1 an ou 2 ans max, mais pas plus.

Pas tant qu'il ne savait pas où étaient ses laboratoires. Heureusement pour lui il avait toujours été intelligent. Terriblement intelligent, futé et débrouillard. Et quand il avait fait de Kaminari Denki son compagnon, il s'était assuré que celui-ci ne sache jamais où était ces laboratoires.

Une chance pour lui car il n'aurait jamais pensé que celui-ci arriverait à s'échapper.

Kendo Rappa, ce foutu fils de traître.

Il avait réussi son coup au final. Il avait réussi à le poignarder dans son dos de la plus vile des manières.

Coucher avec son compagnon, puis l'aider à sortir.

Il aurait presque applaudi la performance s'il n'avait pas été occupé à le dépecer sous sa forme complète d'ours.

Oh oui il lui avait fait regretter.

Dévoré, déchiqueté, il n'avait rien laissé de ce traître .

Le renard lui manquait.

Peu importe, certain aurait dit de lui qu'il n'était pas un homme de cœur, mais le renard avait su se frayer un chemin vers lui.

Un petit tunnel si fin qu'il aurait été dur pour d'autres de s'en apercevoir.

Mais lui le savait.

Ce renard, ce Denki, il l'aimait vraiment, horriblement certes, mais avec la même passion qu'on avait pour ces jeux au casino; une drogue mauvaise et addictive.

Denki avait été une drogue particulièrement délicieuse à son goût. Denki était si gentil, si doux, drôle, le sourire toujours aux lèvres, des yeux dorés magnifiques. Un corps gracile, fin mais musclé par ses sorties quotidiennes.

Denki était un mini rayon de soleil, toujours vaillant.

Le cœur au bord des lèvres. Denki avait été une bouffée d'air frais pour lui, et en faire un sujet de ses expériences avait été une chose formidable.

Denki était comme la plus précieuse des choses qu'il avait au monde. Bien qu'il ne l'ait pas cru possible au départ.

Il avait tellement grandi en c'est si peu de mois.

Ah.

Vraiment son compagnon était décidément une perle rare parmi les perles rares.

Il réagissait si passivement à lui, comme complément sous son charme. Il en avait joué, bien sur, de cette confiance aveugle que lui accordait son renard.

Mais il ne l'avait jamais regretté.

Son besoin de devenir comme les anciennes générations étaient beaucoup trop fort .

Et savoir que Denki pouvait devenir son parfait petit compagnon le remplissait d'une joie folle.

Pure et si éblouissante mais malheureusement il ne pût pas aller plus loin. Son trafic commencait tout juste lorsque la police était venue le cueillir chez lui.

Ces petits cachets qu'il revendait à prix d'or pour que les Hommes-Bêtes deviennent de nouveau eux-mêmes.

Oh bien sûr le trafic était toujours en cours. Il avait des revendeurs un peu partout . Alors oui il ne s'inquiétait pas de son bisness fleurissant.

Son seul petit tracas était simplement de savoir que Denki était aux prises avec un loup incapable de satisfaire réellement son compagnon.

Car il le savait, se revoir allait entraîner encore plus de conséquence.

Il avait vu l'autre fois comment le renard avait été à deux doigts de se laisser complément faire.

Mais il avait aussi vu le manque faire trembler tout son corps.

Peut-être que c'était fini pour lui.

Son renard n'allait pas rester seul bien longtemps.

C'était un fait, jamais Denki ne pourrait survivre sans compagnon.

Surtout lorsque lui croupissait en prison.

Il ne pouvait pas l'aider.

Il ne pouvait pas le soulager de son manque.

Dommage il aurait aimé prendre les rênes en main.

Être de nouveau le dominant qu'il avait toujours été.

C'était triste.

Denki allait certainement se plier sous d'autres corps, recherchant le sien, jusqu'à sûrement avoir de nouveau une marque d'un puissant gabarit comme il l'était.

Mais il était quand même serein, il savait de quoi il était capable.

Son compagnon était comme lui après tout.

S'il voulait quelque chose, il en était sûr, il l'aurait.

Car il ne fallait pas se leurrer.

Personne ne pouvait résister à son instinct.

Quand bien même les autres étaient sous l'effet du vaccin.

Il avait confiance en son renard.

Celui-ci s'en sortirait très bien.

Car après tout.

Ils étaient toujours des animaux, au fond.

Vaccin ou pas...