Pour Barukku Iris !

Requête :
Personnage ou duo (au choix) : Morgans ou Kidd&Killer
mélasse, descendre


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Partenaire

Hé, arrête ! J'ai dit stop ! Dire que tu détestais ta façon de rire… Au point de ne plus rire du tout, d'ailleurs. Tu t'attaquais sans scrupule à tous ceux qui se moquaient de ton rire. S'il te plaît, arrête… Tu es même allé jusqu'à porter un masque pour dissimuler ton visage. C'est le toi que je connais… Que t'est-il arrivé ?! Après avoir été séparés, qu'est-ce que Kaido t'a fait ? Ou est-ce Orochi ? Où sont les autres ? Répond-moi ! Allez, répond, je t'en prie ! Killer !
Qu'ont-ils fait pour te changer autant ? »

Agenouillé dans la poussière du sol crayeux d'Udon, enchaîné comme un moins que rien au milieu de ces rebuts faiblards, avec ton rire hystérique me vrillant les tympans, je crois que je ne vais pas tarder à péter les plombs.
Ce n'est pas à cause de cette position peu élogieuse dans laquelle je me trouve. Ce n'est pas la première fois. Non, vraiment, ce n'est pas ma défaite qui me met hors de moi.

C'est ce qu'ils ont osé faire de toi qui me donne une violente envie de buter ces gars.

Je sens mes mâchoires se crisper au fur et à mesure que je lutte pour contenir les sanglots de rage qui m'assaillent sans y parvenir complètement. Je les serre tellement que je m'attends presque à en saigner. Mes poings sont si comprimés que mes ongles bordeaux pénètrent profondément dans ma chair et ces foutues menottes en Kairoseki m'empêchent toute action.
Je baisse pitoyablement la tête.
Je ne peux qu'imaginer la torture que tu as dû subir pour qu'ils en arrivent à te lobotomiser de la sorte et ça me donne envie d'anéantir instantanément tous ceux qui ont trempé là-dedans. Que s'est-il passé pour qu'ils en soient réduits à te transformer en cet horrible pantin rieur ?

J'ai l'impression de percevoir mon sang bouillir dans mes veines. Ce qu'ils ont fait de toi est… C'est… Je… Je ne trouve même pas le mot juste tant ce qu'ils t'ont infligé est cruel. Le supplice qu'est pour toi de produire ce son que tu hais tant, d'une manière aussi incontrôlable, est impitoyable. L'inhumanité de ce calvaire atteindrait le paroxysme de la barbarie si tu étais conscient du phénomène…

L'es-tu ?
Es-tu encore là, quelque part derrière cette hilarité artificielle ?

En t'observant de manière plus approfondie, je prends conscience que tu es désormais également à genoux face à moi et que tu t'es mis à pleurer. Ce sont sûrement des larmes produites machinalement par ton corps car tu ris d'une manière beaucoup trop frénétique. Elles ruissèlent sur tes joues et ton rire redouble au moment où tu sembles en prendre conscience. J'ai l'impression de déceler des modulations dans ce rictus infernal que tu produis.

Suis-je en train de m'accrocher à l'idée que tu es encore là quelque part plutôt que d'envisager de t'avoir perdu à jamais dans les méandres de cette folie ?

Alors, je te regarde. Toi, et personne d'autre.
Et ta façon de me fixer droit dans les yeux me confirme que mon éternel partenaire est bien là.

J'émets un soupir de soulagement dont je suis pleinement conscient. Ton rire change encore légèrement, il s'est fait plus grave de manière quasiment imperceptible. J'ai l'impression que nous parvenons à communiquer.

De nouveau, je te scrute. Mais pas pour t'interroger du regard cette fois-ci. Non.
Dans mes yeux, je veux que tu lises toute la ténacité dont j'userai pour trouver les enfoirés qui t'ont fait ça, toute la volonté que je mettrai à trouver un moyen d'annuler leur monstruosité, et surtout toute la détermination que j'emploierai à leur faire payer au centuple le déshonneur que tu subis. Ensemble, une fois que tu seras rétabli, on choisira leur châtiment. Et on leur dispensera lentement.
Très lentement.

J'espère que tu décèles aussi à quel point tu m'as manqué. Au sens strict. J'étais incomplet sans toi. J'avais hâte de retrouver tout l'équipage, évidemment. Ce n'est pas pour rien que je me suis évadé une première fois d'ici. Mais quand, en cavale, j'ai croisé ton convoi de prisonniers et que je t'ai reconnu, j'ai complètement vrillé. J'ai couru vers toi, à découvert, comme un bleu, trop heureux de te retrouver. De tous ceux que je cherchais, tu es celui que je souhaitais par-dessus tout retrouver en premier. Ne plus avoir à mes côtés celui qui me conseille, celui qui me remet en place et celui avec qui je couche ne m'a pas vraiment réussi.

Qu'ils soient durs ou tendres, tes mots m'ont manqué.
Qu'elles soient rudes ou douces, tes mains m'ont manqué.

Alors quand je t'ai aperçu au loin, j'ai vraiment cru que ma bonne étoile reprenait du service après n'avoir rien glandé depuis des lustres. Cuisante erreur. Quand j'ai été suffisamment proche de votre groupe pour percevoir les voix, je me suis figé tout net.

Je t'ai entendu rire.

Depuis lors, j'avais l'impression d'être embourbé dans une mélasse inextricable m'entraînant inéluctablement vers le bas. Chacun de tes gloussements m'enfonçait davantage. Ils m'ont englouti au point de descendre jusqu'en enfer.
Rien ne m'avait permis d'espérer. Mais là, tout vient de changer.

Je t'ai retrouvé. Et ils vont payer pour ce qu'ils t'ont fait.
On va comprendre qui a fait ça, et on va les réduire en miettes.

Qui a fait-ça à mon partenaire ? »

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