Suite au bug de Fanfic la semaine passée, j'espère avoir bien répondu à tous vos retours (et surtout qu'ils vous sont parvenus ) si ce n'est pas le cas, j'en suis désolée mais sachez que chacun de vos mots me touchent, ils sont mes petits rayons de soleil de la semaine.
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Merci à tous et toutes, du fond du coeur.
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Merci à ma fidèle beta et amie Cha pour son oeil avisé.
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Enjoy
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Chapitre XXV : " Les mots qu'ils ne disent pas "
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" C'est moi où on dirait le petit Poucet, ce mec ", balance Dean, sourcil relevé en signe d'interrogation, en faisant jouer entre ses doigts une carte de visite.
Lui et son frère viennent de s'entretenir avec le réceptionniste du motel dans lequel se sont arrêtés Adigan et Porter. Adigan qui n'y a d'ailleurs passé qu'une seule nuit.
" Il ressemble plus trop à ça votre bonhomme ", a signalé le jeune homme en se penchant sur l'affiche posée sur le comptoir.
" Comment ça ? Plus trop à ça !? ", a rétorqué un Dean irrité par ce nouveau revirement.
" Il a tout rasé et ses cheveux sont plus courts ", en joignant le geste à la parole.
" Vous êtes sûr que c'était bien lui ? ", suspicieux.
" 100 % sûr… On apprend à devenir physionomiste dans notre boulot ", une pointe d'orgueil dans la voix.
" Donc si j'ai bien compris ", a récapitulé Sam. " Ils se sont inscrits tous les deux sous le nom de Guymon ", appuyé d'une œillade vers son frère qui a aussitôt roulé des yeux. " Il a payé cash pour les trois nuits, mais lui est reparti dès le lendemain de son arrivée, seul. C'est bien ça ? "
" Tout à fait ", en opinant.
" Vous avez une petite idée de la direction qu'il a prise ? ", a marmonné Dean, bougon.
" Aucune… D'ici, on ne voit pas grand-chose de l'extérieur… Cela dit, il lui a laissé la voiture et a pris un taxi. "
" Quelle compagnie ? " lui a-t-il demandé.
" Pardon ? ", dubitatif, en passant de l'un à l'autre.
" La compagnie de taxi ", a répété Dean, tentant de garder son calme devant celui bien trop affiché de son vis-à-vis.
" Alpha & Omega taxi service * ", sourire en coin.
" What ? ", ahuri.
" Je sais, ça surprend toujours ", en lui tendant une carte de visite. " Tenez… On travaille toujours avec eux. "
" Me... Merci ", en la saisissant entre deux doigts.
" De rien ", en haussant les épaules. " Si vous n'avez pas d'autres questions, j'ai du boulot ", en indiquant l'écran de son ordinateur ouvert sur la page des réservations.
" Je…", bafouillant Dean en lisant le numéro de téléphone sur la carte.
Amusé, Sam a fouillé sa poche et en a sorti un billet de 20 dollars.
" Merci pour votre aide ", en le glissant sur le comptoir tout en reprenant l'affiche.
" Y a pas de quoi ", un éclair de déception dans les yeux.
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Radin…
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" Je contacte Charlie ", en prenant la carte des mains de son frère. " Je me demande ce que ce mec a en tête ", le front plissé par la contrariété.
" J'en sais rien, mais il m'est d'avis qu'on va pas tarder à le savoir ", en tournant la clef de contact. " En attendant, on va se trouver un coin pépère et se poser… Je crève la dalle et je dois pisser ", manœuvrant pour sortir du parking du motel.
" Poésie du jour, bonjour ", réplique Sam tout sourire, en sortant son téléphone.
" Bitch. "
" Jerk ", au moment où Charlie décroche.
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Pendant que Josuah déploie la rampe d'accès de la camionnette, Castiel en profite pour observer le bâtiment qui abrite la bibliothèque municipale.
Un immeuble moderne, de plein pieds, trônant sur une petite élévation, cerné d'une pelouse fraîchement tondue. Une allée mène jusqu'à l'entrée accessible en fauteuil.
Il a les mains moites et commence à regretter sa décision. Quelques minutes plus tôt, il a, en effet, trouvé le courage d'approcher Josuah sur le parking de la résidence alors qu'il venait de ramener Martin.
" Bonjour, Novak ", en affichant son éternel sourire de grand-père.
" Bonjour ", en ne sachant comment aborder le sujet.
Il ne savait même pas si le chauffeur était autorisé à faire de telles entorses au règlement. Après tout, il était là pour Creaser, pas pour lui. Mais le vieil homme n'a eu l'air de n'en avoir cure.
" Quelque chose à me demander ? ", teinté d'amusement.
Il a lâché le morceau, Josuah a accepté en lui offrant un sourire encore plus large, comme si cela était encore possible. Le vieux baroudeur a prévenu Jimmy avant d'embarquer son client sans attendre de réponse.
Durant tout le chemin qui les a menés à Ronning branch library, Josuah n'a fait que babiller à propos de sa petite-fille. Ce petit bout de paradis qui lui a redonné goût à la vie.
À défaut de parler, Castiel réapprend à écouter. Le mince sourire qu'il a affiché aux débordements d'enthousiasme de Josuha ont suffi à rassurer ce dernier Castiel a continué d'esquiver adroitement toutes ses questions.
" On y va ", l'encourage Josuah, en l'assistant dans sa descente de véhicule.
La portière claque, Castiel resserre les pans de sa veste et enfile ses gants jusque-là posés sur ses cuisses.
" L'inscription est gratuite et, pour les petits gars de Mildred, les emprunts le sont aussi ", l'informe Josuah , mains sur les poignées.
Il pousse le fauteuil le long de l'allée et relâche sa prise une fois arrivé devant la porte d'entrée. Celle-ci s'ouvre automatiquement sur un petit vestibule menant à la réception.
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" Josuah ! ", la salue une petite rousse flamboyante et toute menue.
" Bonjour, Rowena ", alors qu'elle fait le tour du comptoir pour venir l'embrasser.
" Toujours aussi mignon ", le flatte-t-elle en lui pinçant la joue avec tendresse.
" Tsss ", repoussant sa main, embarrassé.
" Que me vaut le plaisir de ta visite ? ", en reculant d'un pas.
" Rowena, permets-moi de te présenter, Castiel Novak ", en s'écartant. " Un nouvel amoureux des livres. "
Castiel a collé son fauteuil au mur, visiblement mal à l'aise et sur ses gardes, ne cessant de passer de l'entrée à la grande salle commune.
Il peine encore à gérer les espaces confinés, même si ceux-ci ont la taille d'une bibliothèque.
" Bienvenu à Ronning ", s'enthousiasme-t-elle aussitôt. " Je m'appelle Rowena MacLeod. "
" Novak ", tout en serrant la main tendue.
" Ça vous dit de faire une petite visite des lieux ? ", en croisant les bras sur sa robe vert sapin.
Castiel cherche à accrocher l'attention de Josuah qui n'a d'yeux que pour la fougueuse rouquine.
" Josuah va nous attendre à la cafeteria ", en lui souriant. " Nous n'en avons pas pour longtemps… Après quoi… ", en revenant à Novak. " Si notre antre littéraire vous plaît, ce dont je ne doute pas une seule seconde ", en fermant brièvement les yeux. " Nous ferons de vous un membre à part entière de notre petite communauté. "
Elle entend Josuah glousser dans son dos.
" Tu n'irais pas te prendre un café, mon chou ? ", en le chassant d'un revers de la main. " Ce beau jeune homme et moi avons une visite de programmée ", en se glissant derrière Novak pour se saisir des poignées de son fauteuil. " Allons-y… Dans moins d'une heure, nous allons être envahis de petits démons prêts à en découdre avec Peter pan ", en se penchant par-dessus de son épaule.
Il se tend et s'écarte de son souffle.
" Toutes mes excuses ", en réalisant son erreur.
Elle jette un dernier regard à Josuah qui dresse un pouce triomphant pour l'encourager.
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La visite ne dure guère plus d'un quart d'heure. D'une voix basse, Rowena lui décrit chaque pièce, lui parle de la construction de la bibliothèque, de l'origine de son nom et des différentes animations qui ont lieu tous les mois.
Elle lui indique de loin la petite cafeteria à la droite de l'entrée où quelques lecteurs bouquinent tout en buvant.
" Par contre, si vous voulez goûter un des délicieux muffins mis en vente, il vous faudra d'abord déposer votre livre… On ne lit pas la bouche pleine ici ", en traçant droit vers le comptoir où l'une de ses collègues l'a remplacée au pied levé.
" Tu aurais pu prévenir que tu quittais ton poste, tout de même ? ", la sermonne gentiment une femme aux formes diamétralement opposées aux siennes.
" Monsieur Novak, je vous présente la seule et unique Missouri Moseley, maîtresse de ces lieux de perdition ", en lui faisant la révérence.
" Pas de ça avec moi ", répond celle-ci, bras croisés sur sa large poitrine, tout en saluant Novak d'un hochement de tête. " Baker's house ? ", après un instant de réflexion.
" C'est exact ", répond-il d'une voix blanche, après un moment d'hésitation.
" Elle a un don ", lui lance Rowena sur le ton de la confidence.
" Je connais Mildred ", soupire Missouri tout en levant les yeux au ciel.
Rowena éclate d'un petit rire cristallin avant de reprendre sa place à l'accueil.
" Il va sans dire que les invités de Mildred sont les miens ", lance Missouri en prenant à partie sa secrétaire.
" Il va sans dire ", confirme celle-ci, appuyé d'un clin d'œil.
" Bien… Heureuse d'avoir fait votre connaissance, monsieur Novak ", le salue Missouri en s'éloignant.
" Je l'adoooore, mais ce qu'elle est peut-être à cheval sur le protocole ", lance Rowena avec emphase, tout en pianotant sur son clavier.
Il faut moins de deux minutes à Castiel pour se voir attribuer une carte de membre.
Rowena lui explique qu'il a le droit d'emprunter cinq livres à la fois pour une durée de 15 jours renouvelable trois fois. Pour ce dernier point, il doit se présenter à chaque fois à l'accueil.
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" Je vous accompagnerais bien jusqu'à la cafeteria, mais je vais éviter de tenter le diable ", en indiquant la direction prise plus tôt par Missouri. " Si jamais, tous nos livres sont répertoriés sur notre site en ligne… Vous pouvez même les réserver… Ils vous attendront bien gentiment ici ", en indiquant une large bibliothèque à sa droite.
" Merci ", notant la prévenance derrière ses mots.
" Filez ", en le chassant de la main alors qu'un jeune garçon se présente au comptoir. " Il veut quoi, le petit monstre ? ", l'accueille-t-elle.
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Castiel retrouve Josuah assis devant une tasse vide. Il lit l'Argus Dealer du jour.
" Je vous offre un café ? ", lui propose Castiel du bout des lèvres.
Les pages se baissent et le visage d'ébène apparaît.
" Je préférerais un chocolat chaud ", répond-il
" D'après votre amie Rowena, les muffins sont délicieux. "
" Ils le sont ", confirme-t-il.
Castiel se dirige vers le comptoir de la cafeteria, tête enfoncée entre les épaules. Il fouille la poche latérale de sa chaise et en sort une enveloppe.
Il pose un billet de 20 et commande deux chocolats chauds et deux muffins.
" Nature, chocolat ou goût du jour : citron ? ", s'enquiert un jeune homme au crâne rasé.
" Un chocolat et un citron, s'il vous plaît ", en osant enfin lever le menton.
" Ça fera 12 dollars ", en prenant son billet avant de lui rendre la monnaie. " Allez-vous installer, je vous prépare ça tout de suite et je vous l'apporte ", tout naturellement.
" Merci ", en reprenant le billet de cinq et la monnaie, les doigts tremblants.
Il sent une présence dans son dos et cette ombre l'angoisse.
" Pardon ", en heurtant la canne de la dite ombre, une veille dame aux cheveux blancs comme la neige.
" Il n'y a pas de mal ", en s'écartant. " Ce n'est pas tous les jours que je manque de me faire écraser par un aussi charmant jeune homme ", minaude-t-elle.
Le serveur rit avec elle, complice.
Castiel lui rend son sourire, poli, rougissant malgré lui.
" Alors comme ça, on drague les petites vieilles maintenant ?! ", le charrie Josuah.
Et Castiel rit…
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" Merci Josuah", une fois sur le parking de la résidence.
" Il n'y a pas de quoi, Novak ", en remontant la rampe d'accès de la camionnette.
" Castiel ", le corrige-t-il en se tortillant sur son assisse.
" Il n'y a pas de quoi, Castiel ", répète Josuah, les yeux pétillants de malice. " Merci pour le chocolat et le muffin. "
" Il n'y a pas de quoi, Josuah ", sur le même ton.
Ce dernier s'esclaffe.
" À lundi ", tout en rejoignant l'habitacle
Une fois rentré, Castiel s'enferme dans sa chambre et ouvre la page de Ronning Library sur son téléphone.
Il n'en sortira qu'à l'heure du dîner.
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Épaule contre le cadre de la fenêtre, Dean reluque la piscine où un couple batifole dans l'eau. Son frère et lui ont posé leur bagage dans ce motel choisi par Charlie, juste à la sortie de Monroe. Depuis, ils attendent de ses nouvelles entre deux siestes pour rattraper les heures de sommeil perdues.
En parallèle de ses recherches sur les vidéosurveillances qui peuvent prendre plusieurs heures, voire plusieurs jours, elle a commencé à fouiller dans le passé et le présent d'Adigan, ainsi que de Barnes et sa fille. Elle cherche à trouver un lien entre eux et la Louisiane.
" Dès que nos deux tourtereaux auront fini de monopoliser la piscine, j'irais bien piquer une tête… J'ai besoin de bouger ", lance Dean en relâchant le voilage.
" Bonne idée. De toute manière, on ne peut rien faire d'autre pour le moment. "
" Ils savent quelque chose que nous ne savons pas ", marmonne-t-il pour lui-même.
" Qui ça ? "
" Barnes et Adigan ", en se tournant vers lui, fesses en appui sur le rebord de fenêtre. " Je parierais ma plus belle chemise qu'ils savent qui est le véritable assassin ", bras croisés.
" Tu n'as pas de plus belle chemise, Dean ", lui fait-il remarquer en refermant le clapet de son ordinateur. " Mais j'ai la même intuition que toi. ", en s'enfonçant dans sa chaise.
" De une, mes chemises t'emmerdent, et de deux, on n'est pas les meilleurs pour rien ", sourire de vainqueur.
" Toujours aussi modeste ", amusé, en s'étirant.
" Bon, amène-toi ", en notant du mouvement près de la piscine. " Nos tourtereaux ont l'air de vouloir passer aux choses sérieuses ", grivois.
" Dans la piscine ? ", horrifié.
" Naaaaaa ", en se redressant. " Même s'ils ont tort de ne pas en profiter. "
" Je ne veux pas savoir ", en levant les mains pour le faire taire.
" C'est super existant… L'idée que tu puisses être vu et puis l'eau qui…"
La porte de la salle de bains claque avant qu'il ne termine sa phrase.
Sam l'entend rire depuis l'autre pièce.
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Un moment de détente bien mérité. Quelques brasses. Une bière fraîche avec quelques olives en coupelle.
Étendu sur un transat, Dean profite de cet instant de détente au soleil pour faire le bilan pendant que son frère entame sa dixième longueur.
Il fait un point rapide sur l'enquête même si ce n'est pas elle qui occupe ses pensées. Aucune de ses chasses depuis le retour de ce fichu soldat dans sa vie ne le fait d'ailleurs.
Il croise les mains derrière sa nuque et fixe les deux seuls nuages dans ce ciel trop bleu qui lui en rappelle un autre.
Il se demande quand il va pouvoir le revoir.
Il pouffe en réalisant combien il est pathétique et aime ça. Le comble...
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Pire qu'une mouche sur un papier glu, se dit-il.
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Il est tellement loin ce Dean qui prenait ce que la vie lui offrait sans se soucier du lendemain. Enfilant les filles et les mecs dans son lit sans prendre le temps de les connaître ni même de vouloir le faire d'ailleurs.
Ça lui convenait… en ces temps-là.
Les chasses, la route, son frangin, l'agence… La routine d'une vie qui ne l'était pas.
À quoi bon se poser encore la question du pourquoi… Il a eu beau retourner ça dans tous les sens durant des mois, il n'a toujours pas trouvé de réponse.
En tout cas, pas une qu'il soit prêt à entendre ou à formuler.
Il sait juste que Castiel a accepté de le suivre et d'être aidé.
Qu'il veut toujours de lui à ses côtés. Que rien n'est facile et ne le sera jamais.
Mais aussi que tout cela en vaut la peine.
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Foi de Winchester…
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Il sourit, conscient de la part de folie dans cette histoire. Un prodigieux saut dans le vide, tant pour lui que pour Castiel.
Il aime l'idée de cet inconnu qui le terrifiait hier encore.
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" Je dois même pas te demander à qui tu penses quand tu as cette tête-là ? ", lui balance son frère à contre-jour.
" Tu veux qu'on parle de la tienne quand tu penses à Jess ? ", le rembarre-t-il en se redressant sur ses coudes.
" Tu devrais lui dire, tu sais ! "
" Lui dire quoi ? ", sentant venir la conversation à éviter.
" Dean ", allongeant son prénom comme une menace.
" Fous-moi la paix, Sammy ", se renfrogne-t-il en se laissant retomber sur le dos.
" Comme tu veux ", en prenant place sur le transat à sa droite. " N'empêche… "
" Sammy !, le mettant en garde.
" Depuis que tu l'as retrouvé, t'as plus jamais cherché à avoir quelqu'un d'autre dans ton lit, si… "
" Sammy ", de plus en plus menaçant.
" Si ça, c'est pas une preuve d'amour, alors je me demande bien ce que cela peut-être ! ", poursuit-il, faussement pensif.
" Je t'aurais prévenu ", en se relevant brusquement.
Il retourne le transat et balance son cadet dans la piscine.
Ce dernier ressort la tête de l'eau en s'ébouriffant les cheveux.
" Touché ! ", en lui offrant un large sourire de premier de classe.
" Pauv' con ", balance Dean, tapant du pied dans le vide.
" Je t'aime, bro' ", réplique-t-il en se lançant vers l'arrière, l'éclaboussant de la tête aux pieds.
" JE TE DÉTESTE ", en s'essuyant le visage des mains.
Debout au bord de la piscine, il regarde Sam faire une énième longueur, en version dos crawlé.
Leurs regards se croisent et les sourires se font complices.
La façon d'un aîné de dire " je t'aime " à son cadet.
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Ce soir-là, Castiel décroche et, dans sa voix, Dean perçoit l'écho d'un bonheur effleuré. Il repense soudain aux mots de son frère.
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Trop tôt.
Trop d'incertitude.
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Trop lâche surtout, se rabroue-t-il.
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Castiel lui parle de la bibliothèque, de ses rencontres avec Rowena et Missouri. De son chocolat chaud.
Ce chocolat chaud qu'il vit comme une petite victoire. Comme ce dîner au restaurant qu'il a partagé sur la route avec Dean. À ceci près que, cette fois-ci, contrairement à la précédente, il n'a pas vomi sur Josuah.
Dean éclate de rire et Castiel se surprend à rire avec lui, même si son rire reste timoré.
Il y a la légèreté des premiers mois dans cette conversation.
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Penché vers l'arrière sur sa chaise, vêtu d'un simple pantalon training et les pieds calés sur l'appui de la fenêtre, Dean savoure son café en lui prêtant oreille.
Étendu sur son lit, une main reposant derrière sa tête, Castiel fixe le plafond. Il a ce sourire d'hier qui vient le titiller de plus en plus souvent.
Il écoute Dean lui narrer sa journée. Lui faire part de ses doutes quant aux motivations d'Adigan et peste sur le fait de devoir attendre après Charlie pour décoller de ce motel.
D'ailleurs, il pense se faire construire une piscine à l'arrière de la maison avant de se raviser pour un jacuzzi quand son frère lui rappelle gentiment la taille de son jardin.
Rabat-joie…
La conversation dure plus longtemps qu'à d'accoutumée. Sam intervient de plus en plus souvent et Castiel rebondit à chaque fois sur ses réparties.
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Tant et si bien que quand Dean s'apprête à raccrocher, Castiel demande à ce qu'il lui passe Sam.
Ce dernier s'empare avec appréhension de l'appareil après avoir été incité par son frère à le faire.
" Hey Cass ", d'une voix anxieuse.
" Sam ", sur le même ton.
Ils ne savent pas quoi se dire. Dean observe avec tendresse son grand dadais de frangin si prompt à se fiche de lui, s'emmêler les pinceaux.
" Comment va Jessica ? " relance Castiel, maladroit.
Et soudain, c'est comme si les deux hommes s'étaient quittés la veille. Sam évoque son couple, leur appartement puis bascule sur Dean et les travaux de sa maison.
Pour ensuite enchaîner sur les chasses et finalement sur le poids de son absence…
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Sam voit le visage de son frère se fermer, mais il l'ignore tout en le figeant ses orbes dans les siens.
Il ne s'attarde pas sur le sujet. Il en dit juste assez pour que Castiel sache combien il a manqué à son frère.
Pour lui faire comprendre que dans la démarche de celui-ci pour le retrouver, il n'y avait ni pitié ni colère. Seul le besoin de le savoir en sécurité, quitte à s'effacer au besoin et malgré ce que cela lui aurait coûté.
Tout du long, Castiel reste silencieux. Dean aussi.
Puis comme si de rien, il glisse sur Johnson et Baker's house et Castiel répond, plus succinctement cette fois, mais sans agressivité aucune.
" Je vais te laisser ", conclut Sam d'une voix hésitante. " Ça m'a fait plaisir de t'avoir en ligne, Cass. "
" À votre retour, on pourrait se voir ?! ", suggère-t-il, emprunté.
" Ce serait génial ", s'emballe Sam. " Tu m'as manqué, tu sais ", après quelques secondes de silence.
" Toi aussi, Sam. "
" Je te repasse Dean… Sa... Salut. "
Castiel ne lui répond pas.
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Les au-revoir entre Dean et Castiel sont gauches, mais emplis de ces mots qu'ils ne se disent pas.
Dean fixe l'écran de son téléphone longuement.
" Désolé ", finit par s'excuser Sam, même s'il ne le pense pas.
" Laisse tomber ", en se levant. " J'ai besoin d'un verre, tu m'accompagnes ? "
" Sûr ", en opinant.
Dean n'a pas l'intention de se saouler. Il a juste besoin d'étouffer ses doutes dans l'alcool le temps d'une nuit.
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Sam se contente d'une bière. Son frère de trois whisky. Il est approché plusieurs fois, mais il renvoie gentiment les apprentis soupirants avec cette simple déclaration : " Déjà pris, désolé ", appuyé d'un de ses sourires à la Dean, de ceux qui cachent si mal ses émotions et ses sentiments.
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Fin chapitre XXV
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* cette compagnie de taxi existe.
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En espérant que ce chapitre vous aura plu, on se retrouve dimanche prochain, si le coeur vous en dit.
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J'en profite pour vous annoncer la sortie prochaine de mon prochain roman :
" La parenthèse".
Si vous êtes tentés par cette nouvelle aventure, les précommandes ont été lancées sur toutes les plateformes de vente ( Amazon, Fnac etc...).
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Love you.
