Chapitre XI – La lettre
Pandora était prise d'une discussion animée autour du sujet du dernier numéro de la Gazette – un naturaliste Moldu criait à qui voulait l'entendre qu'il aurait vu une véritable licorne, une bavure inadmissible pour le Ministère – quand le hibou de ses parents se posa brusquement face à elle, ses serres plantées dans sa tartine tout juste beurrée. Absorbée dans le débat autour de l'actualité, elle n'avait pas vu le volatile s'approcher et se poser face à elle.
— C'est tout de même incroyable de laisser une passer une chose pareille, s'exclamait Iphigenia, avant de s'interrompre dans un cri.
Une main sur le cœur, surprise, Pandora cligna deux fois des yeux avant de reconnaître l'animal, qui mordait du bout du bec le dos de sa main. Il tentait bien tant que mal de se dégager de l'assiette, réduisant le petit déjeuner de la jeune fille en une bouillie peu ragoûtante.
— Mon pauvre Mercrure, tu ne te dégourdis pas avec l'âge, marmonna-t-elle en décrochant la missive de la patte de l'animal pour le libérer.
— Tu attendais un courrier de tes parents ?
— Absolument pas.
Perplexe, elle tapota son assiette du bout de sa baguette pour faire disparaître la tranche de pain saccagée, une fois le hibou envolé. Les sourcils froncés, elle examina un instant l'enveloppe : l'écriture ne trahissait pas, il s'agissait de celle de sa mère.
Un frisson parcourut son échine. Par flashs, elle se souvint des derniers titres alarmistes de la Gazette : un groupuscule de mages noirs menaient la vie dure au Ministère. Menaces, étranges disparitions ; et les Aurors qui ne parvenaient pas à les arrêter… Son cœur manqua un battement, alors que la crainte montait en elle. Était-il arrivé quelque chose à un quelconque membre de sa famille ? Son père travaillait au Département de la Justice Magique, après tout.
Elle décacheta le parchemin d'une main fébrile, et déroula le papier. Un morceau de journal était joint à la lettre.
Chère Pandora,
Ton père et moi-même espérons que tu te portes bien. La septième année est la plus importante mais aussi la dernière, profites-en !
Nous nous doutons que tu dois beaucoup travailler, et nous sommes pressés que tu puisses nous raconter tes progrès à Noël. Ta tante Artemis fait une recrudescence de Dragoncelle, nous ne te cachons pas qu'elle s'impatiente que tu commences tes études de Médicomagie, dans l'espoir que tu puisses trouver un remède contre ses rechutes.
Ne sachant pas si tu as vu la Gazette d'hier, nous t'envoyons cet article, dans l'espoir qu'il te distraira, et t'inspireras. Nul doute que tu es destinée à suivre le même chemin
Bonne lecture et à très vite.
Nous t'embrassons,
Tes parents
En bas de page, les signatures élégantes d'Achilles et Dione Smeets. Elle sourit, profondément soulagée, et se blâma elle-même un instant. Se laisser aller à la panique ainsi, c'était rentrer dans le jeu de ces clowns qui ne cherchaient qu'à les effrayer.
Elle déplia l'article découpé dans la Gazette.
Une étudiante gagne le prix annuel du Renommé Journal des Sciences Magicomédicales
C'est avec surprise qu'a été annoncé hier, dans le numéro mensuel du Renommé Journal des Sciences Magicomédicales, le nom de leur lauréate du Prix des Découvertes. Seraphina Berdegel, une étudiante en Médicomagie, section des Affections pédiatriques, n'est pas encore diplômée, et ébahi d'ores et déjà ses paires.
Sortie de Poudlard depuis seulement trois ans, la jeune femme aurait trouvé un traitement prometteur contre les…
— Tout va bien ?
La voix de Niall coupa la jeune fille dans sa lecture. Elle reporta son regard sur le visage tendu de son petit ami. Elle comprit en un coup d'œil qu'il ressentait probablement les mêmes inquiétudes qu'elle, quelques minutes auparavant.
— Oui, répondit-elle avec un sourire en repliant la lettre et l'article, qu'elle rangea dans sa sacoche.
— Qu'est-ce qu'ils ont de si important à te dire ? demanda Iphigenia, perplexe.
— Rien de bien important. Une étudiante en Médicomagie révolutionne le traitement de la Dragoncelle, alors ils se sentent obligé de me dire qu'ils espèrent me voir suivre ses pas.
Son ton s'était fait plus amer qu'elle ne l'avait voulu, et elle pinça les lèvres. Ses amis échangèrent un regard interloqué. Pandora s'était toujours entendue à merveille avec ses parents, qui la considéraient comme la seule et unique merveille du monde. Si elle avait toujours trouvé cela quelque peu ridicule, elle avait pourtant plus tendance à en rire, et pas à s'en offusquer.
— Et ce n'est pas une bonne chose ?
— Tu sais comment ils sont, marmonna-t-elle en se préparant une nouvelle tartine. Je suis et dois être la meilleure, partout, tout le temps.
— Ils n'ont pas tort, la taquina Niall. Tu es la meilleure dans bien des domaines.
— Oh, je t'en prie, ne t'y mets pas, toi aussi.
Elle leva les yeux au ciel, tandis que ses deux amis échangeaient un regard interloqué.
— Mais qu'est-ce qu'il t'arrive enfin ?
— On dirait que pour une fois, ce n'est pas moi qui me suis levée du mauvais pied, commenta Iphigenia en se resservant un verre de jus de citrouille.
— Iphi, ne commence pas, coupa Niall. Oui tes parents sont un peu exigeants mais… Enfin, quoi, tu t'entends à merveille avec eux, vous êtes la famille dont tout le monde rêve. Parfois ils sont peut-être un peu… élitistes ? Mais ça ne t'a jamais dérangée, si ?
— Ce n'est pas parce que je ne dis rien que ça ne me fait rien, soupira-t-elle. Tu sais quoi ? Laisse tomber. Tu ne comprends pas.
— Ne te renferme pas ! S'il te plaît. Tu peux me parler de tout, tu le sais, pas vrai ?
Il posa une main réconfortante sur la sienne, et Pandora sourit timidement. Il était adorable, songea-t-elle, avec ses sourcils froncés et son air confus. À leurs côtés, Iphigenia signalait son agacement face à tant de romantisme en tapant bruyamment du plat de sa paume sur la table.
— Ce n'est pas grand-chose, finalement. Plus… Un agacement. Une accumulation, comme une boule de neige. Je ne… Je sais qu'ils m'aiment, qu'ils ne veulent que le meilleur pour moi mais… Je me pose certaines questions.
— Quelles questions ?
— Comment dire… Tout a toujours été à merveille pour moi, j'ai toujours été parfaitement taillée pour le moule dans lequel je devais rentrer, marmonna-t-elle en se dandinant sur son siège, mal à l'aise. Pas que je ne m'en sois jamais plainte. Simplement… Je commence à me demander si je suis vraiment la voie que je veux ou celle que mes parents ont choisie.
— Tu as toujours voulu être Médicomage, objecta Niall en haussant un sourcil.
— Il marque un point, appuya Iphigenia.
— Je sais ! Justement. J'ai… Tous mes choix – de mes ambitions de carrière au choix de mes nouvelles chaussures, en passant par les cours que je suis – tout a toujours fait l'unanimité, j'ai toujours voulu ce qu'on attendait que je veuille. Je ne sais pas si je suis très claire ?
— Pas tout à fait…
— Est-ce que je suis vraiment la fille parfaite de mes parents ? Ou est-ce que je me comporte comme telle simplement parce que c'est ce qu'on m'a toujours inculqué ?
Un silence embarrassé fut la seule réponse que ses amis parvinrent à lui faire. Incomprise, elle haussa les épaules et reporta son attention sur son assiette.
— Oubliez ça, ce n'est rien. Peut-être que je cogite trop.
— Non, tu peux nous parler de tes doutes, de tes soucis, c'est simplement… Si soudain. Et inattendu.
— Je suis bien d'accord, appuya de nouveau Iphigenia. Tu peux nous parler de tout – ton parfait cavalier a bien résumé la chose. Mais ça ne te ressemble pas vraiment. Ne me dis pas que c'est cette Likewell qui te tourne la tête, commença-t-elle en pointant vers elle un index accusateur.
— Oh, Iphi, ça suffit avec ça ! Tu n'as que son nom à la bouche. On va finir par croire que c'est toi qui fais une fixette sur elle.
— Je dis simplement qu'elle a une certaine influence sur toi. Enfin, quoi, tu es bien restée discuter avec elle après la fin du dernier cours !
— Simplement pour excuser ton attitude puérile ! Tu t'attaques à cette pauvre femme sans arrêt Iphi, cela commence à tirer sur mes nerfs.
— Calmez-vous, les filles, s'il vous…
— D'ailleurs, je sais qu'elle cache quelque chose.
— Cesse donc de…
— Je l'ai vu rentrer de la Forêt Interdite l'autre jour. En pleine nuit ! Même sa fervente défenseuse ne peut contredire que c'est particulièrement louche, pas vrai ?
Pandora encaissa le choc de l'information, fronça les sourcils, puis eut une moue désapprobatrice.
— Ça ne te regarde pas, tu ne devrais pas épier les gens. Cette discussion m'agace, et je n'ai pas envie de me fâcher dès le début de la matinée. On se retrouve en cours.
Sur ces derniers mots, elle rassembla ses affaires, et abandonna la fin de son déjeuner. Ses doigts crispés sur son sac, elle quitta la Grande Salle, Niall sur ses talons.
— Il ne faut pas te fâcher pour ça, implora-t-il, tu sais comment est Iphi, et…
— Vous êtes tous les deux pareils. Vous ne comprenez pas qu'on puisse être différent.
— Mais de quoi est-ce que tu parles ? Enfin, mon amour, je ne…
— Oui, oui, tu ne comprends pas, précisément. Écoute, j'ai besoin d'un moment seule pour me calmer, d'accord ? On se retrouvera tout à l'heure.
Elle l'abandonna, éperdu, aux portes de la Grande Salle, et continua son chemin. L'esprit troublé, elle fut presque immédiatement assaillie de regrets, mais sa colère ne diminuait pas pour autant. Elle ne comprenait elle-même pas réellement tout ce qui venait de se passer dans ses pensées.
Son regard flou posé sur le bout de ses chaussures, elle ne regarda pas précisément où elle mettait les pieds, et rentra de plein fouet dans sa professeure qui croisait son chemin. Elle manqua de tomber, et Luna la rattrapa du bout du bras. Une fois remise sur ses pieds, elle rougit.
— Professeure, je suis désolée, je… balbutia-t-elle.
— Quelque chose ne va pas ?
L'inquiétude de Luna était si authentique que la jeune fille, profondément touchée, fondit en larmes.
Luna s'était éveillée d'un sommeil troublé. Depuis sa dernière discussion avec Macsen, elle avait du mal à retrouver un état de calme. Son esprit était sans cesse en ébullition, et elle avait un poids permanent sur la poitrine. Elle se sentait comme une proie, chassée, poursuivie par un ennemi invisible.
Elle faisait de son mieux pour fuir la compagnie de tous, en assurant tout de même ses cours et en se montrant lors des repas. Elle évitait Delphia comme la peste, à la fois effrayée et mal à l'aise en sa présence. Pour la énième fois, elle décida de sauter le petit déjeuner. Il ne lui était pas indispensable – et puis, elle n'avait pas si faim, de toutes façons. Elle ne sentait pas la force d'affronter le regard de ses collègues.
Elle se leva tout de même, et se prépara sommairement avant de quitter ses appartements de bonne heure. Peut-être le calme du parc de Poudlard, encore désert à cette heure de la journée, parviendrait-il à l'apaiser.
Elle traversa donc le château au pas de course, slalomant entre les élèves mal réveillés en route vers la Grande Salle. Elle-même n'était pas tout à fait attentive à ce qui l'entourait : ni à son environnement, ni à l'endroit où elle mettait les pieds. Elle n'aperçut donc pas Pandora qui déboulait brusquement sur sa gauche, lui coupant la route. Cette dernière la percuta violemment, perdit l'équilibre, et manqua de s'étaler sur les pavés de l'escalier qui descendaient en direction du parc.
Luna attrapa fermement sa manche, et la tira vers elle dans un réflexe, de peur qu'elle ne se fasse mal.
— Professeur, je suis désolée, je ne…
La jeune fille s'excusa immédiatement, mais Luna remarqua qu'elle paraissait mal en point. Son visage était pâle, malgré ses joues rougies par l'embarras. Elle avait le teint terne des gens qui ne se sentent pas bien.
— Quelque chose ne va pas ? demanda-t-elle, soudainement inquiète.
Évidemment, elle se sentait tout particulièrement concernée par les soucis qui pouvaient troubler cette élève-ci, en particulier.
Sa question, pourtant anodine, déclencha une montée de larmes trop brusque que la jeune fille ne put contenir. Déconcertée, Luna sortit de sa poche un mouchoir rapiécé et le lui tendit.
— Pardon, s'empressa-t-elle de dire machinalement, je ne voulais pas te…
— Non, c'est moi, je…
Pandora se moucha bruyamment. Elle aurait bien voulu sauver les apparences, mais elle ne parvenait plus à arrêter ses pleurs.
— Marchons donc un peu, suggéra Luna. Cela te détendra.
Secouée de sanglots, incapable d'articuler la moindre phrase intelligible, Pandora se contenta d'acquiescer d'un hochement de tête et lui emboîta le pas.
Elles longèrent la lisière qui séparait le parc de la Forêt Interdite. Sous l'ombre des arbres, on ne pouvait pas les apercevoir depuis le château. Cela éviterait les bruits de couloir, songea Luna. Elle examinait à la dérobée le visage troublé de son élève, tentant bien tant que mal d'y chercher le moindre indice sur ce qui pouvait la mettre dans un état pareil.
Quand elle parut enfin se calmer, Luna tenta une approche plus subtile.
— Tu n'es pas obligée de me dire quoi que ce soit. Et sache que tout ce qui vient de se passer restera entre toi et moi ; et nous seules. Mais si jamais tu ressens le moindre besoin de parler… N'hésite pas.
Pandora hocha de nouveau la tête, parut hésiter quelques instants, puis reprit finalement la parole.
— Cela vous semblera peut-être futile. C'est simplement que… Oh, je ne veux pas vous embêter avec mes soucis stupides d'adolescente.
— Au contrainte ! Cela ne m'embête en rien, voyons. Nous sommes aussi là pour cela, tu sais.
— Ce n'est pas vraiment grand-chose, marmonna-t-elle. Je ne sais pas… J'ai reçu une lettre de mes parents, ce matin – une lettre d'encouragement. C'était une attention adorable, mais derrière cela, j'ai bien senti que… Mes parents placent beaucoup d'espoir en moi. Les Smeets sont ambitieux, vous comprenez ? Oh, cela paraît très arrogant de dire cela ainsi.
— Pas du tout, voyons. Continue, je t'en prie.
— J'ai toujours été une enfant parfaite, une élève parfaite. Je corresponds parfaitement à l'idéal qu'on cherche de moi. Et personne ne peut s'en plaindre, pas vrai ? Une fois mes ASPIC en poche, je suivrai les études de Médicomagie, que j'ai toujours voulu faire, parce que c'est ce qu'une fille intelligente comme moi doit faire. Et tout le monde sera très content.
Elle s'arrêta, et parut retenir un soupir.
— Tu n'as pas l'air très contente, observa Luna.
— Précisément. Et… Je ne sais moi-même pas vraiment pourquoi. Je crois que… J'ai toujours suivi ce chemin tout tracé, et cela m'a toujours convenu. Mais des fois je me demande… Comment peut bien être la vie, hors des sentiers battus ?
Luna fit de son mieux pour retenir un sourire. Il n'aurait pas du tout été approprié de se réjouir des doutes qui assaillaient cette pauvre jeune fille. Mais, intérieurement, elle était profondément rassurée. Pour la première fois depuis le jour de la rentrée, la jeune Pandora tenait des propos qui sonnaient comme ceux de sa mère.
— Que veux-tu dire par là ?
— Je n'en sais trop rien. Peut-être que c'est normal. Le passage à l'âge adulte, c'est quelque chose qui fait peur à tout le monde, pas vrai ?
— Très certainement, approuva Luna avec une pensée furtive pour Rolf et sa bague de fiançailles qui l'attendaient trente ans plus tard.
— Et pourtant, plus j'y pense, plus cela m'effraie. J'ai peur de… Ne pas vraiment être moi-même, en me cantonnant à ce que je devrais être. La Médicomagie est certes une très belle vocation mais… Cela semble trop facile. Une parfaite petite vie en compagnie de mon petit ami mais… J'ai peur de ne pas vouloir cela, dans le fond. J'ai peur de… De m'empêcher de vivre vraiment. Je veux découvrir le monde, je veux vivre des aventures, je veux… Je ne sais pas, je ne sais plus ce que je veux.
Elle s'était coupée d'elle-même dans son élan d'enthousiasme, comme si elle s'était brusquement souvenue qu'elle n'était pas seule, et que la personne qui l'écoutait était sa professeure et non son amie ou sa confidente.
— Enfin c'est un peu futile, je suis désolée si…
— Cesse donc de t'excuser. Ce sont des interrogations plus que normales à se poser, notamment pour quelqu'un de ton âge. Certains bien plus âgés se la posent toujours. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, à vrai dire. La seule juste sera celle que te dictera ton cœur.
— Cœur ou raison, toujours ce dilemme draconien, plaisanta-t-elle.
— Ils finissent généralement par s'accorder. Mais trop y penser ne fait qu'amplifier les questions que tu te poses, et cela risque de te perdre encore davantage. Tu as encore bien du temps pour y réfléchir.
Pandora eut un sourire timide, et parut presque rassurée. Quelques centaines de mètres derrière elle, les élèves les plus en avance arrivaient pour le début du cours. Iphigenia et Niall se trouvaient à la tête de la classe.
— Merci de m'avoir écoutée, professeure.
— C'est un plaisir. N'hésite pas à me solliciter en cas de besoin.
Luna la regarda rejoindre ses amis. Sa vision se troubla un instant. Pour la première fois depuis des dizaines de jours, ses pensées revirent à Rolf qui l'attendait des dizaines d'années plus tard. Quelqu'un avait-il remarqué sa disparition ? Ou l'instant lors duquel elle s'était volatilisée était-il suspendu hors du temps, attendant son retour ?
Toute cette histoire de mariage lui était sortie de la tête. Elle tenta d'analyser cette information. Elle eut peur un instant de réaliser que Rolf ne lui manquait pas – mais ne ce n'était pas vraiment le cas. À vrai dire, ses nouveaux soucis de voyageuse temporelle l'avaient bien plus perturbée, lui faisant oublier tout le reste. Elle songea avec mélancolie combien elle aurait aimé le retrouver à ses côtés. Il n'aurait probablement pas trouvé non plus comment la renvoyer chez elle. Mais à deux, leurs cerveaux s'entendaient étrangement bien, et trouvaient des solutions auxquelles ils n'auraient pas pensé seuls.
Cette alchimie lui manquait, définitivement.
— Professeur, il y a un paragraphe du chapitre sur les Chaporouges que je n'ai pas compris ! s'exclama John Fergusson en guise de salutation, la tirant de ses considérations.
