Le Chant des Tambours.
Chapitre 11 ; En Eaux Profondes.
Eiric observa les jumeaux qui marchaient en aval de sa position au côté de son père, Nelra comme à son habitude avant de prendre la mer semblait être une boule de nerf sautillant dans tous les sens. Le sourire qu'elle affichait en parlant avec enthousiasme avec son frère lui réchauffa doucement le cœur.
Il savait pertinemment que la distance qui s'était développé au cours de ces derniers mois entre Nelra et lui était de son fait. C'était lui qui avait arrêté de rechercher sa compagnie, lui qui plusieurs fois avait refusé de l'accompagné chasser. La dernière demande qu'elle lui fit resterait pour toujours un souvenir douloureux dans sa mémoire
Nelra l'avait approché avec une lueur d'espoir dans le regard, ses refus polis de passer du temps avec elle ne semblait pas porter ses fruits alors qu'elle exigea avec un sourire radieux
- Eiric, croisons le fer !
Le cœur lourd il avait détourné le regard en continuant d'aiguiser sa hache, répondant avec détachement
- Je n'ai pas le temps de m'entraîner avec toi Nelra, faðir veut que j'assiste au conseil de cet après-midi.
L'humeur joyeuse de Nelra avait disparu en un clin d'œil et avec résignation elle avait déclaré en faisant demi-tour
- Nous nous retrouvons tous avec de nouvelles responsabilités, il est tout à ton honneur que tu en fasses tes priorités.
La jeune femme lui avait souri faiblement par-dessus son épaule, s'éloignant de lui en retrouvant un peu de sa bonne humeur elle lui avait dit
- Mais je pense que les miennes me plairont plus que celles qui se trouvent désormais sur tes épaules.
Nelra avait soupiré avant de secouer la tête, arrêtant de marcher pour se tourner vers lui. Un sourire triste joua sur ses lèvres avant qu'elle ne lui pose la question fatidique qu'il savait hanter son esprit
- Sommes-nous toujours ami Eiric ? Ou est-ce que ce que faðir minn t'a demandé a brisé ce lien ?
Il se souvenait du froid glacial qui avait pris possession de ses entrailles alors qu'il avait durant un instant pesé le poids de sa réponse. Quelques semaines auparavant cette situation, Ottar Froydin lui avait confié une mission des plus déplaisantes. Si sa fille devait perdre la raison et que son fils se trouvait dans l'incapacité de l'arrêter… cette tache lui revenait. Eiric avait juré sur son bracelet sacré de faire selon la volonté de son chef de clan.
- Nous serons toujours ami Nelra, rien ne pourra changer cette vérité.
Le sourire de la jeune femme avait retrouvé sa forme pleine et chaleureuse et elle avait agité la main en s'éloignant de lui.
Eiric soupira mélancoliquement, il ne lui avait pas menti, Nelra serait toujours son amie, la fillette avec qui il avait grandi en arpentant les rues d'Osa. Lui, l'enfant calme et posé, s'était très souvent retrouvé dans des situations cocasses qui découlaient de son amitié avec les jumeaux. Il ne regrettait rien et chérissait chaque instant de son enfance qu'il avait partagé en leurs compagnies. Un sourire en coin discret lui vint alors qu'il se perdait à nouveau dans ses souvenirs, ceux-ci plus agréable et contenant la douce ignorance et la liberté des jours révolues.
La fillette sauvage et bagarreuse et son frère qui bien que plus observateur et pondéré ne rechignaient jamais à se mettre dans une situation que Loki lui-même trouverait hilarante… Ces enfants avaient grandi, tout comme Eiric.
" C'était si simple à l'époque."
Ils étaient désormais adultes et ce fait le chagrinait profondément. Les jumeaux échangèrent un rire, lui faisant tourner son regard une nouvelle fois dans leur direction. Tharg un bras en travers des épaules de sa sœur, se tenait le ventre de son autre main. Il faisait clairement peser une bonne partie de son poids sur Nelra, qui bien loin de protester semblait en rajouter une couche à la blague qu'ils partageaient. Le rire de Tharg redoubla avant qu'il ne se détache de sa sœur en lui intimant de continuer à marcher en direction des quais.
La fillette était devenu une femme resplendissante au fil des ans, Eiric détourna le regard alors que son cœur se serrait brusquement dans sa poitrine. Ami, oui ils le seraient jusqu'au jour de Ragnarök. Eiric s'était promis bien des années auparavant de garder un œil sur les jumeaux, pas par devoir mais parce qu'il savait que c'était la destinée que les Dieux lui avait confié.
Cela n'empêchait pas la jeune femme de hanter ses pensées jours et nuits. Depuis bien des lunes l'amitié qu'il ressentait depuis toujours pour Nelra s'était transformée, faisant basculer son monde. Eiric savait qu'il ne pouvait pas se laisser aller à ses désirs, son amie ne ressentait pas la même chose pour lui, il était même persuadé qu'elle pensait à lui comme à un frère.
Il s'était confié à son meilleur ami, Tharg, car le poids de son silence l'écrasait au point de lui donner l'impression de pouvoir suffoquer. Cette situation l'éloignait inexorablement de Nelra et il ne voulait pas qu'il en soit de même avec Tharg. Ce dernier avait compris sa demande de ne rien dire de sa confession à sa sœur et avait simplement hoché la tête.
Tharg n'avait pas essayé d'argumenter avec lui pour lui dire qu'il se trompait, qu'il avait ses chances, que sa sœur pourrait l'aimer autrement… Cet à cet instant précis qu'il sut que rien ne pourrait changer la vision que Nelra avait de lui. La décision de rester à jamais son ami fidèle et loyal s'était imposé sans qu'il n'ait quelque chose à redire, il se souvenait avoir pensé " Qu'il en soit ainsi ".
Pendant quelque temps le simple fait de savoir qu'il aurait toujours une place au côté des héritiers Froydins lui avait suffi. Actuellement il ne savait plus comment gérer cette situation, la peur de trahir ses pensées et de mettre la jeune femme mal à l'aise lui nouait les entrailles dès qu'il se trouvait en sa présence, il tombait sans qu'il ne puisse rien y faire dans un mutisme renfrogné.
Son père posa une main sur son épaule
- Eiric ?
- Oui, faðir ?
- Sors de tes pensées sonur minn, il nous faut embarquer.
Eiric hocha la tête avec sérieux, remontant son paquetage sur son épaule en s'empêchant de jeter un regard vers les jumeaux. Son pas tomba dans celui de Joar alors que leur clan se frayait un chemin dans la foule agglutiné sur les quais.
Tharg sécurisa son bouclier avec ceux des autres membres de la Meute qui bordait fièrement leur drakkar. Il inspira l'air marin à plein poumons en se tournant vers son équipage. Nul besoin de jeter des ordres à la ronde, la Meute se précipitait déjà dans tous les sens pour que le navire fende bientôt les eaux en direction de l'Est.
L'Est ! Une traversée en pleine mer, loin de tout rivage !
L'excitation de leur départ n'était pas la seule chose à planer dans l'air les entourant, une attente fébrile l'accompagnait, devenant de plus en plus difficile à contenir. Sa sœur, comme à son habitude, se tenait à l'avant du navire. Une main sur la figure de proue, ses doigts tambourinant un rythme régulier et rapide sur le bois et les yeux en direction de leur destination.
Un premier hurlement interrompit la cacophonie ambiante d'ordres se répercutant sur les falaises entourant la baie de Kattegat. Nelra se tourna vers lui en arborant son sourire le plus carnassier quand un second retentit, suivit rapidement de bien d'autres.
Sa sœur se positionna à ses côtés, ricanant silencieusement alors qu'ils tournaient leur attention vers le navire de Svein Hakonar. La Meute garda contenance, ne laissant filtrer que quelques rires vite étouffés alors que l'équipage de Svein courait en tous sens pour combattre une invasion de rats sortant de ses cales.
Lorsque Tharg posa son bras en travers des épaules de sa sœur celle-ci déclara avec malice
- Nous pouvons désormais réfléchir à la suite de nos actions, après tout… Faðir a bien dit que nous ne pouvions pas ouvrir les hostilités tant que nous nous trouvions à Kattegat. Mais il apparaît que nous venons de quitter ces rivages.
Les navires entourant celui infesté s'éloignèrent rapidement pour éviter de se faire aborder par les rats qui se jetait à l'eau ou qui se faisaient déloger par les Hakonars. Les équipages de plusieurs de ces dits navires firent connaître leur mécontentement à force de beuglements furieux.
Il aimait le raisonnement de sa sœur mais lui rappela presque avec regret
- Nous ne pouvons pas frapper directement kæru systir mín, il nous faut les pousser à la faute.
Nelra leva un visage souriant dans sa direction.
- Penses-tu que cela sera difficile Kæri bróðir minn ?
Tharg hocha négativement la tête en répondant
- J'aime à croire que nous sommes doué pour créer un brin de chaos servant nos ambitions. Odin détient notre loyauté mais Loki s'est sûrement penché au-dessus de notre berceau.
- Ce n'est pas Nounou qui contredira tes paroles, Ni faðir ou Kholl. En fait j'ai bien peur que tout Osa soit au courant.
L'air faussement paniqué que Nelra adopta le fit rire alors qu'elle continuait sa tirade d'un air dramatique
- Et désormais tout Kattegat le sait. Que dis-je ? Toute la Norvège, la Suède et le Danemark ! Oh, en fait ce n'est pas grave pour le Danemark. Je pense qu'ils avaient déjà eu un aperçu de...
Elle s'interrompit alors qu'un bruit d'éclaboussement indiqua l'abandon du navire de Svein par l'un de ses hommes. Unn ne put plus contenir son hilarité et se laissa glisser de son banc de rame, devenant une boule de fou-rire silencieuse dès qu'elle atterrit au sol. Grimm se positionna rapidement à ses côtés, son dos prenant appui contre le bois du navire alors qu'il ramenait Unn contre son torse.
Le guerrier empêcha Unn de continuer à se mordre le poing en posant sa main contre sa bouche, attentif à ce qu'elle ne s'étouffe pas il vérifia qu'elle pouvait toujours respirer par son nez avant de se pencher vers son oreille, y déversant le récit de son aventure sur le bateau Hakonar la veille. L'hilarité de Unn culmina mais fut garder secret grâce à l'intervention de Grimm, qui s'il fallait en croire son sourire appréciait la réaction de celle qu'il tenait dans ses bras.
Tharg indiqua à l'un de ses guerriers de prendre la place vacante de Unn, les rameurs tournèrent leurs attention vers lui alors qu'il donna l'ordre que tous voulaient entendre depuis des jours
- Ramez !
Le drakkar se mit rapidement en branle et il ramena sa sœur vers la figure de proue, Nelra s'assit sur le bastingage en observant l'horizon où certaines voiles se déployaient déjà pour profiter des vents venant du grand large.
- Trois pièces d'argent que Grimm et Unn coucheront ensemble avant la fin de ce raid.
Tharg refusa son pari en argumentant
- Ces deux-là se tourne autour depuis des lunes, bien sûr qu'ils se retrouveront sous les fourrures avant la fin de ce raid. Ne cherche pas à m'escroquer Nel et propose moi un vrai pari.
Sa sœur jeta un regard vers son équipage et un sourire joueur lui vint alors qu'elle chantonna sur le ton de la confidence
- Thorvalda et Reidulf.
Ah voilà qui piquait son intérêt ! bien que capables tous deux de tenir une arme et de s'en servir le rôle de Thorvalda et Reidulf au sein de la Meute était plus nuancé. Leurs stratégies les incluaient toujours mais sans pour autant leur faire courir les plus grands risques, souvent le rôle de renfort et de soutien leur était réservé. La chance d'avoir deux soigneurs sur le champ de bataille était inquantifiable et plus d'une vie fut sauvé grâce à eux lors des derniers raids entreprit par leur clan.
Il était aussi connu de tous que le passe-temps préféré de ses deux guerriers étaient de trouver une nouvelle manière d'asticoter l'autre. Les insultes et piques vicieuses qu'ils échangeaient presque en permanence était le résultat d'une compétition acharnée et sans pitié. Si Thorvalda trouvait un nouveau remède ou une herbe sauvage d'une contrée lointaine aux propriétés curatives nouvelles… il était certain que Reidulf redoublerait d'effort pour en faire de même et vice versa.
Tharg croisa les bras sur sa poitrine et arbora un air de conspiration en déclarant
- J'écoute avec attention ta proposition kæru systir mín mais l'enjeu de ce pari doit augmenter.
-Pour une bourse pleine de joyaux amassés en Angleterre… je dis que Thorvalda craquera la première.
- Je pense au contraire que Reidulf fera le premier pas dans cette direction.
Vidar remarqua leur échange et approcha en frottant ses mains l'une contre l'autre.
- Puis-je savoir ce qui se trame ?
Tharg lui fit signe de s'asseoir près d'eux alors que Nelra lui expliquait à voix basses
- Nous sommes en train de définir les termes d'un nouveau pari.
Les paris des jumeaux étaient rarement inintéressant et Vidar leur demanda avec un intérêt grandissant au fil des secondes
- Sur quoi ou qui allons-nous parier ?
Tharg souffla avec malice dans sa direction
- Reidulf et Thorvalda.
Une expression résigné et sombre prit possession du visage de Vidar alors qu'il déclara en haussant les épaules
- Ces deux-là s'entretueront un jour ou l'autre mais il est difficile de prévoir quand.
Les jumeaux échangèrent un regard, Tharg gratta l'arrière de sa nuque pensivement alors que sa sœur mordillait sa lèvre inférieur pour s'empêcher de pouffer de rire. Se calmant rapidement Nelra commença à expliquer
- Nous ne parions pas sur qui va tuer qui en premier Vidar, cela n'aurait aucun intérêt…
Tharg termina l'explication là où sa sœur s'était arrêter
- Nous nous demandions qui de Thorvalda ou Reidulf avouera en premier ses sentiments pour l'autre.
- Quoi !? Non, impossible !
Les jumeaux hochèrent la tête en parfaite synchronisation alors que l'attention de la Meute se portait vers l'avant du navire et un Vidar pâle comme un ciel d'hiver qui réfléchissait à ce qu'il venait d'entendre. Tharg reprit la parole en faisant attention que ses mots ne soient pas emporter par le vent pour atteindre les mauvaises oreilles
- Tu as le droit de parier que cela n'arrivera jamais mon ami mais sache que je pense que Reidulf ne pourra plus s'empêcher pendant longtemps de faire ce qu'il a vraiment envie de faire avec elle. Ce jour-là Thorvalda lui criera dessus pour une toute nouvelle raison, inédite et je l'espère pour elle agréable.
Le rouge monta aux joues de Vidar alors qu'il se tournait vers la fille de son chef de clan qui demandait à son frère
- Nous sommes d'accord qu'une déclaration verbale ou un acte de nature physique ont le même poids ?
- Nous le sommes Nel.
Vidar reprit contenance et affirma
- Je reste sur ma position. Cela n'a aucune chance de se produire.
Tharg déclara avec finalité
- Nous avons donc notre pari. Trois possibilités, rien ne se passe avant la fin de ce raid en Angleterre, ce qui serrait des plus ennuyants. Soit Thorvalda ou Reidulf, de quelques manières que ce soit, dévoile la vraie nature de ses sentiments.
Les jumeaux se serrèrent le bras en se tournant vers Vidar, ce dernier hocha la tête mais déclara tout de même
- Aucuns de nous trois n'est autorisé à influencer Thorvalda ou Reidulf.
Tharg et Nelra boudèrent durant un instant avant d'acquiescé, la fille du Jarl Froydin lui apprit enfin l'enjeu de ce pari et Vidar s'étrangla presque en hurlant
- Quoi !?
La seule pensée qui le calma fut la certitude que jamais Thorvalda et Reidulf ne pourrait surpasser l'aversion qu'ils entretenaient chacun vis à vis de l'autre pour devenir autre chose que ce qu'ils étaient actuellement.
Svein frotta avec irritation la paupière refermée pour toujours sur son orbite creuse en tentant de garder sa rage sous contrôle. Un rat passa à portée de sa botte et il l'envoya s'écraser contre un banc de rame d'un coup de pied violent et rapide, la bestiole eut quelques soubresauts avant de rendre son dernier soupir. Sans un mot l'un de ses hommes se pencha pour ramasser la carcasse pour la jeter par-dessus bords. Il beugla avec autorité en avançant vers la proue de son navire
- Aux rames !
- Svein …
L'un de ses compagnons voulu protester, étant sûrement sur le point d'argumenter qu'il ne pouvait pas prendre la mer avec leurs passagers clandestins toujours à leur bord. Avant qu'il ne puisse continuer de parler Svein le poussa rudement vers un banc de rame et résuma son voyage jusqu'à la proue sans entendre d'autres protestations.
Il était hors de question de se retrouver en queue de cortège, son honneur ne le supporterait pas. Svein savait qu'il devait remercier les jumeaux Froydin, autant pour son bateau abîmer par le feu tombé mystérieusement du ciel que pour ces rats semblant sortir de nul par telle une malédiction des Dieux.
Il n'avait aucune preuve mais la patte des jumeaux se faisaient délicatement ressentir dans ces actes pour lui qui les connaissaient si bien.
Gardant un silence menaçant il essaya de repousser ses pensées sombres alors que son drakkar commençait à avancer. Son père ne l'avait pas envoyé vengé la mort du roi Ragnar en son nom pour qu'il se fasse ridiculiser !
Malgré lui ses pensées échappèrent à son contrôle lorsque son œil unique entraperçus un reflet roux brillé sur l'un des bateaux au voiles bleu et rouge qui avançait rapidement pour quitter le Fjord de Kattegat.
Nerla Ottarsdottir, sa némésis… et Tharg qui était lui aussi devenu une épine dans son flanc, une épine irritante qui demandait à être délogé au plus vite. Il voulait les voir souffrir et être l'auteur de cette souffrance, Svein apprécierait de mettre fin à leur vie. Lentement, étape par étape pour en savourer chaque instant délectable. Il chérirait intensément chaque hurlement, chaque pleur… et les suppliques ! Il les ferait implorer son pardon et sa pitié avant de mettre fin à leurs jours.
D'abord Tharg et puis sa chienne de sœur.
Nelra, sa muse... Celle qui faisait vibrer son être comme aucune autre et qui avait refusé de le laisser la voir. Son refus froid résonna à ses oreilles et ses poings se crispèrent, ses phalanges devenant blanches sous la pression. Des mois qu'il n'avait pas posé les yeux sur sa personne et elle lui refusait la plus simple des demandes ! L'entrapercevoir et partagé un bien trop court moment avec elle dans le grand skalli de Kattegat avait été loin d'être satisfaisant.
Sa valkyrie, son ennemie jurée…
Une déesse vivante parcourant le champ de bataille pour y faire couler un flot de sang perpétuelle, une calamité pour le clan des Hakonars depuis le jour même de sa naissance.
La femme qu'il aimait, la femme qu'il avait tué. Sa main se reporta vers sa paupière, il avait cru l'avoir tué mais il s'était trompé. La femme qu'il devait tuer... L'honneur bafoué de son clan l'exigeait !
" La Sans-Coeur ! Trompe la Mort ! Mille Runes ! La Sanglante ! Danse-Lames ! "
Ses mâchoires se serrèrent en faisant grincer ses dents alors que son esprit lui jouait un mauvais tour, répétant telle une litanie inarrêtable les surnoms donné par ses pairs. La glorifiant, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus rester impassible.
" La Louve d'Odin. "
Non ! C'était sa louve, à LUI, Svein était celui qui avait apprivoisé l'animal au point de pouvoir l'approcher sans crainte de se faire mordre. Lui qui avait gagné sa confiance et son affection et qui avait utilisé ces avantages pour abattre la pierre de voûte du clan Froydin.
" La Sans-Coeur ! Trompe la Mort ! Mille Runes ! La Sanglante ! Danse-Lames ! "
Lui… qui désormais ressentait le manque vide et pourtant oppressant de sa présence. Que ne donnerait il pas pour être à ses côtés ? Pour pouvoir la serrer contre lui, goûter sa peau de ses lèvres et entendre ses gémissements. Ressentir la chaleur de son corps à nouveau, l'entendre murmurer son prénom dans un souffle... Un frisson le parcourut, il la voulait ! Elle était à lui !
" La Louve d'Odin."
Floki… Le constructeur de bateau ne devait pas s'en être rendu compte mais Nelra lui appartenait et il en serait à jamais ainsi. Son orbite creuse pulsa de douleur, irritant son humeur de plus belle.
Odin lui-même ne pourrait pas la lui prendre !
Svein était submergé par son déni, sa colère et son désir. Il lui était pourtant impossible de ne pas savoir qu'il l'avait perdu, après cette fameuse nuit il l'avait perdu. Ou plus spécifiquement il avait pris la décision de la perdre, son poignard avait ouvert ses chaires en une blessure qu'il avait crue mortelle mais il s'était trompé… décevant son clan, son père et sa bien-aimée mère.
Pourquoi avait-elle survécu ? Les Dieux le tourmentait par ce biais, tout aurai été plus facile si elle avait cessé d'exister !
Mais il faisait tout pour la ramener à sa juste place à ses côtés, faisant effort sur effort. Il lui avait même envoyé un cadeau, une hache fraîchement forgé avec l'un de ses rubans qu'il avait gardé précieusement. Elle se devait d'avoir apprécier cette attention !
Svein lui ferait apprécier ce qu'il faisait pour elle, la volonté de fer qu'il lui connaissait serait un défi suffisant pour le tenir sur le fil du rasoir. Il la posséderait à nouveau avant de la mettre à mort au nom des Hakonars, il l'aimerait une dernière fois avant de trancher sa gorge pour se baigner dans son sang.
Il prouverait sa valeur à son clan en ramenant sa tête et celle des membres de sa famille, Svein les déposerait aux pieds de son père et recevrait honneurs et louanges de gratification pour avoir enfin accompli la vengeance de son clan sur celui des Froydins.
Son sourire inspira plus de peur à son équipage que son silence oppressant mais ces derniers savaient avec qui ils naviguaient. Ils savaient tous qu'ils feraient mieux dans les heures à venir de garder leurs lèvres scellés pour ne pas risquer d'enrager l'Ours des Hakonars… ce dernier semblait avoir soif de sang et peu de contrôle sur lui-même en cet instant.
Le soleil montait fièrement vers son zénith et Heming Kolbeinson mit sa main en visière pour pouvoir observer l'étendue bleue autour de lui sans que ses yeux ne soient mordus par ses rayons. Autour du navire de son père, dans toutes les directions où il regarda, l'armada viking s'étendait sans qu'il en voit le commencement ou la fin.
Plus aucune terre en vue ils se trouvaient désormais au grand large, voguant vers la gloire, les honneurs et il le croyait avec ferveur… l'Amour !
Nelra Ottarsdottir, belle à en faire pâlir l'aurore. C'était, il est vrai, sa beauté qui avait capturé son attention après un seul et unique regard dans sa direction. Mais il lui avait fallu peu de temps pour se rendre compte que cette façade magnifique cachait un plus grand trésor. Une guerrière au bouclier dont l'intelligence se reflétait dans ses yeux d'émeraude, chacun de ses mouvements étaient exécuté avec grâce et contrôle.
Le joyau et l'Épée des Froydins.
Il essaya de se repérer aux bannières et voiles qu'il pouvait entrapercevoir pour découvrir où se trouvait à présent les Froydin, plus particulièrement le drakkar de celle qui le poussait à devenir l'homme qu'elle méritait.
Il se montrerait digne d'elle, se démarquerait par ses exploits guerrier et gagnerait ses faveurs !
Heming évitait toute conversation avec son père, le tenant en grande partie responsable du refus des Froydins. Il avait traité la femme avec qui il désirait passer le restant de ses jours comme si elle n'était rien d'autres qu'une esclave, son père ayant marchandé la valeur d'un morceau de viande sans tenir compte de ce qu'elle ou son clan pensait de cette proposition.
Kolbein avait cru que ses richesses amèneraient aux siens tous ce qu'ils pouvaient désirer… et s'était lourdement tromper. Son fils entendait mettre à profit cette leçon, autant pour faire comprendre à son père son erreur mais pour aussi gagner le cœur et la main de Nelra Ottarsdottir.
Elle ne pourrait pas le rejeter s'il s'illustrait et Heiming était bien décider à se faire un nom lors de cette campagne en terre saxonne. Les Dieux n'auraient pas pu lui donner une meilleure opportunité pour faire ses preuves.
Nelra voulait un combattant à ses côtés et c'est ce qu'il lui offrirait. C'est le cœur et l'esprit empli d'espoir qu'il continua à scanner l'horizon.
Les jumeaux possédaient un sixième sens aiguisé pour les supercheries et complots, c'est pourquoi il décida de bien réfléchir à la meilleure méthode à utiliser pour entrer en contact avec le roi Harald.
Les Froydins avaient par deux fois attentés au traité de paix les liants aux Hakonars et comptaient recommencer.
Il se devait d'en informer son roi, la semi isolation qu'offrait le navire avait délié les langues. La Meute, à qui il ne prêtait allégeance que par appâts du gain, l'avait accueilli dans ses rangs peu avant l'arrivée du messager des fils de Ragnar Lothbrok.
Une aubaine pour lui et pour le roi Harald à la Belle Chevelure, son mécène qui le récompensait gracieusement en bon argent pour la moindre information qu'il lui amenait servilement. Des mots de trahison plein la bouche… mais sa bourse n'avait jamais été aussi rebondis.
Le traître savait prendre un risque qui impliquait sa vie et sa continuation si la Meute se rendait compte de ses agissements… mais ses richesses se gagnaient facilement et il aimait son poids dans sa main. Le bruit hypnotisant des pièces frottant l'une contre l'autre dans sa bourse sonnait en une mélodie qu'il ne pouvait ni ignorer, ni repousser.
Ivar, pour la sixième journée consécutive, prit place à l'arrière du drakkar qu'il partageait avec ses frères. Il rabattit le capuchon de sa cape de voyage pour cacher la teinte grisâtre qu'il se savait arborer. Son dos calé contre le bois de la poupe et le regard fixé sur l'horizon, là où ciel et mer se rencontrait en une ligne bien définie, Ivar endura son calvaire du mieux qu'il put.
Il haïssait les voyages en mer, il subissait ce tourment en silence car c'était le seul moyen de pouvoir commencer à propager la rumeur de son nom, Ivar le Désossée, au monde entier.
La nausée ne le quittait jamais, elle lui étreignait les tripes avec violence dès son réveil et faiblissait lorsqu'il trouvait enfin le repos. Il priait les Dieux que Sigurd ne remarque rien, il pouvait facilement imaginer les plaisanteries douteuses que sa langue venimeuse pourrait déverser s'il comprenait le tourment dans lequel il se trouvait.
Il lui tardait d'arriver en terre saxonne, "Encore quelques jours" se répétait-il inlassablement. Plus que quelques jours pour que la fureur viking s'abatte sur les chrétiens en une juste vengeance au nom du roi Ragnar. Ivar les massacrerait tous, se galvaniserait de leurs souffrance et se forgerait un nom que les siècles n'effaceront jamais de la mémoire des Hommes.
Son père l'avait enjoint d'être impitoyable et impitoyable il serait.
Une bile acide chatouilla l'arrière de sa gorge qu'il se força à ravaler. Son esprit se tourna vers les seules pensées qui arrivaient encore à lui faire oublier un tant soit peu son estomac récalcitrant.
Une guerre, différente de celle qu'ils allaient mener contre les anglais. Celle-ci se déroulerait dans son propre camp et son enjeu serait la berserker Nelra Ottarsdottir. Les écueils qu'il allait devoir contourner serait nombreux et il se retrouverait seul, seul contre tous.
Trop d'ennemi alors qu'il ne se trouvait pas encore sur le champ de bataille. Il lui faudrait en évincer certain et d'autres suivraient de près. Ivar n'était pas dupe, il savait que Nelra avait lors de son séjour à Kattegat attiré bien des attentions sur elle. Il ne pouvait l'en blâmer, la jeune femme n'avait rien fait que d'exister et pourtant bien des hommes l'avait remarqué.
Trop à son goût.
Et ils étaient tous ses ennemis.
Les Dieux avaient fait miroiter en songe la récompense, Ivar se devait désormais de trouver le chemin qu'il allait emprunter pour l'atteindre.
Une menace était à écarter au plus vite, Ivar savait reconnaître une obsession lorsqu'il en voyait une et celle de Svein Hakonar se trouvait être à son grand mécontentement Nelra. Floki lui avait résumé au mieux de ses connaissances la situation. Les muscles de sa mâchoire se contractèrent alors qu'il y repensait.
Nelra et Svein avait été par le passé promis l'un à l'autre, un mariage arrangé et exigé par le roi Harald pour mettre fin aux tensions existants depuis toujours entre les clans Hakonar et Froydin. Le jour heureux de leur union n'était jamais arrivé. Svein était retourné précipitamment auprès des siens, quittant Osa avec un œil en moins en laissant dans son sillage sa promise.
Personne ne savait vraiment ce qui était arrivé, tous avaient leurs idées. Lui ne voulait que connaître la vérité qu'il imaginait atroce.
Certaines des rumeurs entendues par Floki faisaient mention d'une blessure grave infligée à la fille unique du Jarl Ottar, coïncidant avec la fuite de son fiancé. D'autres affirmait que c'était Ottar en personne qui avait chassé Svein, brisant le cœur de son adorable fille trop loyale à son clan pour suivre celui qu'elle aimait.
Nelra n'aimait pas Svein, ceux qui pensaient le contraire étaient des imbéciles, ses réactions n'avait laissées aucunes place aux doutes. Elle le haïssait. Ce fait allait fortement jouer en sa faveur, tout comme l'amitié dont elle l'avait gratifié.
Sans qu'il ne puisse rien y faire une nouvelle vague de nausée le frappa, Ivar voulu fermer les yeux mais s'en empêcha. Il savait que ce n'était vraiment pas la bonne chose à faire. Il aurait juste l'impression de tourbillonner dans tous les sens, ce qui provoquerait irrévocablement le vomissement qu'il retenait depuis leur embarquement à Kattegat.
Son frère Ubbe se fraya un chemin jusqu'à lui, se laissant tomber sur une pile de cordage pour prendre rapidement ses aises. Un morceau de viande séché atterrit sur ses cuisses et Ivar s'obligea à le grignoter du bout des lèvres pour ne pas éveillé les soupçons de son aîné.
- Elle est sur le point de recommencer.
Ivar prit appui sur le bastingage, laissant tomber discrètement la nourriture qu'Ubbe venait de lui donner dans l'eau en tournant son attention vers les navires Froydins. Ces derniers étaient apparus dans leur sillage deux jours auparavant et ne faiblissaient pas pour rester à cette position, semblant avoir déterminé que le bateau contenant les fils de Ragnar était celui à même de les guider le plus rapidement possible en Angleterre.
Malgré la distance séparant leurs navires il l'aperçut clairement, Nelra avait déjà abandonné sa cape et retirait désormais sa tunique. Ivar l'observa ensuite attacher ses tresses avec un ruban qu'il devinait de cuir, elle semblait discuter avec la petite guerrière… Unn, qui tenait dans ses mains son épée longue… quand Hvitserk les rejoignit, sifflant d'appréciation avant de se laisser tomber sur un banc de rame inoccupé en cette journée venteuse.
- Qu'est-ce qui vous pousse à regarder derrière nous mes frères ?
Bjorn les rejoignit avant de ricaner dans sa barbe, ayant trouvé tous seul la réponse à sa question. Sigurd ne put s'empêcher d'approcher et posa ses mains sur l'arrière du navire pour pouvoir profiter du spectacle.
Ivar ignora ses frères et le reste de l'équipage, c'était dernièrement la meilleure attitude qu'il pouvait adopter pour ne pas perdre son sang-froid. Jamais auparavant les commentaires grivois de ses frères ne lui avaient donné des envies de meurtres, désormais… Il inspira calmement et posa le menton contre le bois du navire le transportant.
Alors qu'elle se délestait de ses poignard et de sa ceinture d'armes, il vit un bracelet de cuir fin était attaché à son poignet gauche. Le soleil y faisait parfois jouer un reflet métallique qui l'intrigua et éveilla sa curiosité. Ivar l'avait remarqué la veille, lorsque Nelra avait pour la première fois sauté à l'eau pour rejoindre le bateau de son père. Il soupira en pensant que Floki avait une nouvelle fois raison.
Nelra retira ses bottes de cuir et fourrures et fit signe de relever momentanément la voile, la Meute se pressa contre les bords du navire pour lui laisser un couloir presque vide qui menait à son frère. Tharg, accroupi au sol et son bouclier au poing hocha la tête dans sa direction.
La jeune femme vérifia une dernière fois que ses cheveux étaient bien attachés avant de courir vers lui, évitant le mat sans perdre de vitesse.
Tharg positionna son bouclier pour lui offrir un tremplin, amortissant le saut qu'elle fit pour y prendre place avant qu'il ne se relève en la propulsant en dehors du drakkar. Il l'entendit rire de bon cœur et ne put s'empêcher de sourire alors qu'il l'entendait plonger profondément dans l'océan les entourant.
Pendant un bref moment Nelra avait volé dans le ciel, sensation éphémère et grisante.
L'eau l'entourait désormais, translucide et agité de reflet miroitant lorsqu'elle regardait vers le ciel et sombre comme les nuits de grand hiver à Osa lorsqu'elle observait ses abysses.
Ce domaine n'était pas le sien et le chant doux et lointain d'une baleine le lui rappela, elle se laissa planer entre deux eaux pendant un instant qui dura une éternité avant de commencer son ascension vers la surface.
Ici les tambours ne résonnaient pas, ici seul le silence oppressant ponctué par le chant de la baleine lui parvenait. C'était tout aussi déroutant que plaisant, les percussions l'avaient toujours accompagnée. Parfois presque silencieusement mais la plupart de sa vie était ponctué par l'Appel, les Dieux lui faisait ainsi savoir qu'elle devait se battre pour eux. A certaine occasion les Tambours étaient là pour la mettre en garde, la plupart du temps ils n'étaient qu'un bruit de fond réconfortant et familier sans message particulier.
Ils l'accueillirent avec force lorsqu'elle revint à la surface, inspirant profondément l'air marin avant qu'elle ne fasse quelque brasse pour se diriger vers le drakkar de son père. Leur présence mélancolique était continuelle depuis qu'ils avaient embarqué. Nelra n'aurait su dire pourquoi, habituellement les tambours la guidait au et sur le champ de bataille, la dirigeant, l'enveloppant.
Depuis leur départ de Kattegat leurs rythmes et mélodie étaient douces mais persistantes, fanant dans le néant avant de réapparaître en un concert assourdissant. C'était inhabituel, à force d'être guider par eux Nelra pensait pouvoir les interpréter… La jeune femme, humblement, pensait pouvoir être l'instrument des Dieux. Mais depuis qu'Ils avaient fait tomber une étoile sur Midgard ce n'était plus aussi simple qu'auparavant.
Une main se tendit dans sa direction alors que le navire de son père passait près d'elle, sans hésitation elle tendit le bras dans cette direction. Joar la sortit de l'eau et son fils l'aida à embarquer. À peine Nelra fut elle à bords que Mina s'approcha d'elle avec un sourire pour poser un linge sec et rugueux autour de ses épaules avant qu'elle n'aille rejoindre son père qui se tenait près du grand mât.
Nelra goûta le sel qui couvrait ses lèvres puis essuya son visage, elle s'avança vers son père en drapant ses cheveux dans l'étoffe mais son geste s'interrompit lorsque les tambours entonnèrent un rythme totalement nouveau. Rapide, violent et… paradoxalement apaisant.
L'étoffe vint reposer sur ses épaules alors qu'elle lançait un regard à la ronde, tournant sur elle-même pour voir si un élément proche venait de déclencher ce changement. Rien, juste les hommes de son père et ce dernier qui la regardait pensivement en acceptant une corne tendu par Mina.
Eiric se positionna près d'elle en la voyant pencher la tête sur le côté, signe connu de ses proches qui indiquait qu'elle se concentrait intensément. Sur quoi ?
- Nelra.
Elle ne réagit pas, cherchant du regard l'eau et les navires qui les entouraient. La jeune femme avança vers la proue en silence, les hommes de son père la laissant aller où bon lui semblait en s'écartant de son chemin en la saluant chaleureusement.
Eiric la suivit en s'inquiétant quelque peu, Nelra n'avait pas pour habitude d'ignorer les siens. Il remarqua la respiration rapide qui soulevait son corset de cuir avant de détourner les yeux. Se reprenant il essaya d'attraper l'un de ses coudes alors qu'elle s'éloignait mais elle fut plus agile que lui et lui échappa sans un regard dans sa direction.
Nelra se tenait désormais à la proue, les yeux fixer sur l'horizon et la tête toujours penchée. Durant un instant elle ferma les yeux, son frère l'appela par-delà les vagues et elle les rouvrit en lui faisant signe de la main.
Un sifflement grivois lui fut adressé de la part du navire contenant les fils de Ragnar, lui faisant tourner la tête dans cette direction. Hvitserk agita le bras en réitérant le sifflement, ses frères l'imitèrent et leurs rires rebondirent sur l'eau. Nelra leur rendit leur salut avant de se tourner vers son père, le rejoignant en quelques enjambées en passant près d'Eiric. La jeune femme se laissa tomber sur le plancher de son navire, essorant ses cheveux en expliquant
- La Meute aimerait avoir l'autorisation de son chef de clan pour explorer les contrées saxonnes dès notre arrivée. Tharg aimerait mettre la main sur quelques chevaux.
Traduction
Faðir (minn)/ (þinn)/ (hans) – Père (mon)/ (votre/ton)/ (son)
Sonur (minn)/ (þinn)/ (hans) – Fils (mon)/ (votre/ton)/ (son)
Kæru systir mín – Ma chère sœur
Kæri bróðir minn – Mon cher frère
