Coucou tout le monde ! Je sais que je vous avais promis un deuxième chapitre ce week-end mais malheureusement ffnet a bugé du coup je vous le mets aujourd'hui, toutes mes excuses. J'espère tout de même qu'il vous plaira et on se retrouve ce week-end pour la suite. Et, s'il vous plaît, une petite review ! Enjoy !

Hermione revient de ses courses matinales en serrant sa cape contre elle dans une tentative de se réchauffer. Ce n'est que la mi-octobre et pourtant le froid est déjà bien installé et elle n'a jamais été aussi pressée de rentrer chez les Nott. Malgré les longs mois qui se sont écoulés, la gryffondor n'arrive pas à considérer le manoir comme chez elle. Chez elle, c'était chez ses parents, puis Poudlard, mais ça ne pouvait pas être ce repère de mangemort. Cet endroit froid et austère où elle refusait de laisser grandir ses enfants.

Malgré son empressement, elle ralentit le pas en passant devant le marchand de journaux dans l'espoir de pouvoir lire les unes. Comme elle s'en doutait, la gazette du sorcier est exposée derrière la vitrine et les gros titres annoncent que l'Espagne a envahit la France. Elle pousse un long soupire en se remettant à marcher, pressée par Emily qui avait précautionneusement évité de regarder dans la même direction qu'elle, peu désireuse de commettre le moindre acte interdit. Non seulement elles ne sont pas sensées traîner en ville, mais elles sont encore moins sensées lire les journaux. C'est même l'une des principales règles. Tout ce qui concerne l'actualité ne concerne pas les servantes ou les majordomes, a décrété le Seigneur, sans doute par peur que celles-ci se rebellent. Mais ce n'est pas ce qui effraie le plus Hermione, non, c'est surtout le nombre d'alliés que compte le régime du Seigneur… Il y a peu de temps elle avait appris que la Russie les soutenaient, maintenant c'est l'Espagne… Comment tant de gens peuvent-ils adhérer aux idéaux de Lord Voldemort ? Est-ce que leurs femmes sont touchées par la même malédiction ? Quand bien même, peuvent-ils réellement être emballés à l'idée d'exploiter sexuellement d'autres femmes dans le but d'en faire des mères porteuses ?

Plongée dans ses pensées, elle ne se rend compte qu'elle est arrivée que quand Emily lui souhaite une bonne journée. Lui rendant son salut, elle s'empresse de rejoindre l'infirmerie où l'attend Draco, soudainement de meilleure humeur.

- Béni soit le fruit, dit-elle en fermant la porte derrière-elle.

- A t-on vraiment besoin de toutes ces formalités en privé entre nous deux Granger ? Ça me gave un peu. Lui répond t-il en la regardant ôter son voile.

Même si il a l'air de sympathiser avec elle, son ton est glacial et sa réponse sonne presque comme un ordre.

- Non, je suppose que non, lui dit-elle presque docilement, refroidie par cet accueil et peu soucieuse de s'attirer les foudres du blond.

Elle s'allonge sur la table et le laisse réaliser les sortilèges habituels.

- Tout se passe bien, mais ta tension artérielle est un peu haute. Tout va bien à la maison ? Questionne le médicomage en s'asseyant à côté de la jeune fille qui est désormais assise sur la table.

- Avec les Nott ça va je pense que c'est juste l'altercation avec Flint qui a raviver beaucoup de souvenirs.

Malfoy acquiesce sans en dire plus et Hermione hésite. Lui a t-il posé la question par pur sens du devoir ou par inquiétude ? Dans le dernier cas, peut-elle se confier à lui ? Décrétant qu'elle ne risque rien à essayer, elle se lance.

- Tu sais, c'était vraiment l'horreur dans ces camps. J'ai voulu en finir plus d'une fois. J'ai vraiment beaucoup regretté le cachot chez toi…

- Chez mon père, ne peut-il s'empêcher de préciser.

- Oui, peut-importe. On m'avait donné le rôle de préparatrice de potions avec deux ou trois autres nés-moldus doués dans cette matière. J'aurais bien fabriqué un poison pour le boire mais nous étions constamment surveillés. Et même là, je n'avais pas le droit d'utiliser la magie, les surveillants jetaient les sortilèges à notre place. Une fois, j'ai raté une potion. Tu sais, le stress, le froid, le manque de sommeil… et puis même, ça arrive à tout le monde de rater une potion. Je ne l'avais pas fait exprès. J'ai été battue à la manière moldue, ils m'ont fracturés plusieurs côtes, déboité l'épaule, puis on m'a jeté plusieurs fois le sortilège de l'endoloris. Enfin quand je n'en pouvais plus, que j'allais perdre connaissance, ils m'on forcé à me tenir debout et immobile pendant 12 heures, dehors, dans le froid gelé et sous la neige grâce au sortilège de l'impérium. Quand ils l'ont levé je me suis écroulée au sol, je ne pouvais même plus marcher… C'est l'un de mes pires souvenirs là-bas.

Le silence flotte quelques instants et le jeune homme sent une étrange culpabilité l'envahir. Il tente de la rejeter. Il n'a jamais pris part à l'administration de ces camps. Mais tu reste un mangemort… lui chuchote sa conscience qu'il a vainement essayé de brider toutes ces années. La jeune fille à cotée de lui pose sa main sur la sienne et il renonce à essayer de l'enlever. Après tout, leur baiser lui avait bien plu la dernière fois… Se disant que pour une fois, juste une fois, il pouvait se permettre d'être faible, il décide de se confier à son tour.

- Je sais que cela n'arrive pas à la cheville de ce que tu as subi mais… Tu vois, je n'ai quasiment aucun souvenir heureux de mon enfance. Je passais mes journées avec les elfes de maison, mon père toujours au ministère et ma mère s'occupant des affaires mondaines. Mais même si ça a l'air pas terrible comme vie, c'était un paradis, car lorsque mes parents rentraient… Lucius avait interdit à ma mère de me montrer de l'affection, pour ne pas faire de moi « une fillette ». Du coup, elle était toujours très froide, très distante et elle m'évitait le plus possible. Si dans un accès de faiblesse elle dérogeait à la règle, mon père la battait. Une fois, vers 7 ans, j'ai essayé de m'intercepter entre lui et elle, c'était ma première rébellion. Et la dernière. Il m'a soumis à l'endoloris. J'avais 7 ans. C'était la première fois que je subissait le sort mais pas la dernière. Ça, les coups de cannes, les remarques permanentes sur comment un Malfoy doit se tenir… C'est l'éducation habituelle de tout les sangs purs, mais j'ai l'impression que Lucius y allait tout de même un peu fort. Ou alors c'est juste moi qui suit une chochotte… Tout le monde à Poudlard croyait que Crabbe et Goyle étaient mes amis pour me protéger. C'est en partie vrai, mais ils faisaient aussi des rapports à mon père. En première année, j'avais aidé un sang-de… un né-moldu de Serpentard à faire son devoir de métamorphose. Rien que ça, c'était ridicule. Je n'avais aucun besoin de faire ça, je n'avais pas à me comporter gentiment avec lui. J'ai toujours été trop faible, ça, je le sais. Enfin, quand je suis rentré cette année là pour les vacances de Noël, Lucius l'avait appris et après avoir été battu jusqu'au sang, il m'a enfermé dans les cachots pendant trois jours sans nourriture. J'étais gelé, j'avais froid et j'avais peur. C'est là que j'ai commencé à vraiment haïr les sang… les né-moldus. Et toi encore plus, parce que tu me prenais la tête avec tes airs de miss je-sais-tout, surtout que tu imagines bien comment Lucius prenait le fait que tu sois première de la classe devant moi…

Se taisant un instant, le blond baisse ses yeux vers ceux noisettes de la gryffondor qui profite de ce contact visuel pour poser ses lèvres sur les siennes. Un temps surpris et immobile, il se met à répondre à son baiser, un baiser au goût salé des larmes de la jeune fille. Quand il décide de se reculer, elle pose son front sur le sien et murmure :

- Je n'ai pas besoin de justifications. Ce que t'as fait Lucius est vraiment monstrueux et personne ne devrait subir cela, encore moins de la part de quelqu'un qui est censé te chérir et t'aimer. Tu étais un enfant à Poudlard, et même si tu étais sacrément con, tu n'as fait qu'essayer de plaire à ta famille. La guerre fait faire des choses monstrueuses a tout le monde. Tu n'avais pas le choix. Tu as choisi de ne pas faire de mal, tu as appris le dur métier de médicomage, tu as aidé Elizabeth et moi en te mettant en danger, tu as refusé de reconnaître Harry quand on a été capturé… Tu n'as vraiment rien à te faire pardonner Draco.

- C'est là que tu te trompes, Granger, dit-il en se levant, soudainement distant. Je n'essayais pas juste de plaire à ma famille, je haïssais les sang-de-bourbes, et encore aujourd'hui je ne les porte pas dans mon coeur. Quoi que tu en penses, votre magie est inférieure à la nôtre car chez les sang-pur elle se renforce de génération en génération. Et même si j'ai refusé de reconnaître Potter, je te rappelle que je ne suis pas intervenu quand ma tante t'a torturé. Je suis peut-être moins mauvais que les autres, mais tu te fourvoie grandement si tu penses avoir à faire à une homme bien.

Sans même lui jeter un autre regard, Draco sort de la pièce sous le regard choqué et déçu de Hermione.

Le soir venu, au moment de dormir, celle-ci repense au blond et à tout ce qu'il lui a dit. À son enfance, d'abord. Que se passera t-il si Nott se comporte de la même façon que Lucius ? Après tout, Malfoy lui a dit que c'était normal comme éducation chez les sang-pur. Et elle, elle devra lui confier ses enfants ? Car même si elle a tout fait pour l'éviter, elle s'est attachée aux trois petits bouts qui grandissent dans son ventre et elle les considère désormais comme ses enfants. Elle se jure de tout faire pour les sortir de là et son esprit dérive vers la tirade de fin de Drago et sa distance… Elle le sait, elle sait qu'il reste avant tout un mangemort et qu'il a rendu clair le fait qu'il ne ressent rien pour elle. Mais l'amour naissant de son côté se fait plus fort, et elle ne peut s'empêcher de lui trouver des excuses. Peut-être lui a t-il dit cela simplement pour qu'elle s'éloigne de lui ? Peut-être veut-il simplement la préserver du danger que représente leur relation ? Après tout, pourquoi il l'aurait laisser l'embrasser deux fois si il ne ressent rien ? Laissant ses yeux se fermer, elle laisse son esprit vagabonder jusqu'à l'odeur de Malfoy, ses yeux, ses cheveux, ses lèvres… jusqu'à ce que le sommeil l'emporte.