Me revoilà ! Navrée pour cette longue attente, j'ai eu deux semaines de boulot absolument terribles et j'ai peiné à trouver du temps pour continuer ce chapitre. :(

Merci drou/droi (je crois que tu es la même personne), tes commentaires m'ont fait très plaisir !

Merci Miss MPREG, c'est vrai que Harry et Draco ne sont toujours pas décidés à agir de manière civilisée !

Merci beaucoup Fleur d'Ange, navrée de t'avoir laissée sur cette fin ! J'espère que la suite va te plaire.

Bonne lecture :-)


Le souffle coupé et le corps étendu au pied du bar de l'auberge, Hermione fut un instant sonnée, ne réalisant pas tout de suite ce qui était en train de se passer. Elle sentit simplement Harry lui attraper le bras et le tirer si fort que la brune crut un instant qu'il allait le lui arracher.

- Har...Harry. Balbutia-t-elle

Elle ne s'entendait même pas parler, tout comme Harry ne l'entendait pas. Des bourdonnements suite à l'explosion leur détruisaient l'audition.

- Hermione lève-toi, c'est maintenant ou jamais !

L'Elu la tira à nouveau et cette fois-ci il réussit à la relever. Hermione faillit vaciller mais Harry ne lui laissa pas le temps, l'emmenant dans la pièce où se trouvait Ron.

- Il faut que l'on transplane avant qu'ils nous attrapent, prépare-toi !

Les mangemorts. Hermione eut un haut le coeur à l'idée que Ron n'ait pas survécu.

Les deux amis ne voyaient presque rien à cause de la poussière qui avait également envahi leurs bronches, les faisant tousser sans cesse. Harry jetait des sorts à l'aveugle, tandis qu'ils essayaient d'éviter les jets de lumière qui étaient projetés vers eux.

Tout était sans dessus dessous, Ron devait probablement être sous les décombres.

- Il est là ! Hurla Harry

La tête rousse du blessé dépassait de sous un tableau qui lui était tombé dessus lors de l'attaque. Hermione étouffa un glapissement dans sa main. Ils se ruèrent vers lui sans plus attendre et le dégagèrent des débris d'un coup de baguette.

- Attrapez-les ! Ordonna une voix grave et enragée

Les Gryffondors réussirent enfin à voir leurs ennemis, ils étaient quatre, mais ils n'eurent pas le temps de les identifier.

Heureusement, Harry saisit Hermione et Ron à temps et il les fit transplaner avec lui. L'un des mangemorts, qui avait accouru pour se jeter sur la sorcière, tomba alors dans le vide.

Le transplanage fut si violent et mal préparé que le Trio d'Or s'écrasa au sol devant l'enceinte du château. Alors que Harry était sur le point de vomir, la préfète-en-chef se redressa aussitôt et se précipita vers Ron afin de l'examiner.

- Il... est inconscient... Il respire mais.. Harry... Son bras a été désartibulé... Bredouilla-t-elle, la voix tremblante

L'Elu reprit ses esprits et se releva à son tour.

- On n'a pas le temps Hermione, ils peuvent encore nous avoir !

Harry attrapa sa baguette qui lui avait glissé des mains et fit léviter Ron. Il se mit ainsi à courir le plus vite possible.

- Cours Hermione !

Ils traversèrent le grand pont à la hâte, sans se retourner. Le souffle de la brune commençait à la lâcher, sa tête tournait, mais il ne fallait pas qu'elle s'arrête. Pas encore.

Lorsqu'ils dépassèrent enfin le portail du château, Hermione s'écroula à genoux. Harry se précipita vers elle, paniqué, sa baguette toujours pointée vers le corps de Ron en lévitation. Son amie le rassura aussitôt.

- C'est bon... Harry, ils ne... peuvent plus... nous atteindre. J'ai juste... besoin... de reprendre mon souffle. S'il te plaît, dépêche-toi... L'infirmerie, Ron...

L'Elu se doutait que le rouquin était dans un état grave et qu'il fallait à tout prix l'emmener se faire soigner, alors il n'insista pas et hocha la tête. Abandonnant la lionne.

Celle-ci baissa la tête et ferma un instant les yeux. Les mangemorts avaient failli les enlever, à Pré-Au-Lard. Ils s'étaient bêtement fait avoir.

Etaient-ils tombés sur eux par pur hasard ? Ou était-ce Voldemort qui les avait envoyés afin de ramener Harry à lui ? Le Mage Noir était-il prêt à attaquer Poudlard ?

Hermione déglutit. Elle n'arrivait pas à complètement réaliser ce qu'il venait de se passer. Elle n'osait pas imaginer ce qu'il serait arrivé si les mangemorts avaient réussi à les attraper. La Gryffondor s'en voulait d'avoir été si stupide et inconsciente.

- Granger ?

La concernée releva la tête. Zabini venait d'accourir vers elle.

- Oh non... Murmura-t-elle

Il avait vu Harry avec Ron, il avait compris. Il ne fallait pas que Draco soit mis au courant, il allait faire une bêtise.

- Vous y êtes retournés ? Et ils vous ont trouvés ? Rugit-il, enragé

Hermione baissa à nouveau la tête, toujours à terre, honteuse et coupable. Ron aurait pu mourir à cause de Harry et elle.

- Vous êtes vraiment cons ! Pesta Blaise

La sorcière toisa son homologue.

- Ne le dis pas à Draco, s'il te plaît.

- Je ne vais certainement pas lui dire, je n'ai pas envie qu'il se fasse tabasser à cause de toi.

- Merci. Murmura Hermione

Le préfet donna un coup de pied dans un caillou, il en avait plus qu'assez de toutes ces histoires. Et il fallait toujours qu'il y soit mêlé. Il avait simplement voulu se balader à la base. Assister à cette scène n'était certainement pas dans ses plans.

- Je te pensais plus intelligente que cela Granger. Vous avez eu de la chance la première fois, mais cela allait forcément arriver. Ce n'est pas comme si Draco, lui-même mangemort, ne t'avait pas déjà mis en garde !

Hermione ne répondit pas, elle semblait ailleurs et avait l'air d'être mal en point.

- Lève-toi. Ordonna soudain Zabini

La jeune femme lui lança un regard intrigué.

- Tu dois aller à l'infirmerie.

Hermione leva les yeux au ciel.

- Je n'en ai pas besoin, j'avais juste besoin de me calmer après notre fuite.

Ce fut au tour de Blaise de lever les yeux au ciel, et de lâcher un soupir agacé.

- Tu m'énerves Granger, je n'en peux plus.

Et sur ces mots, le garçon attrapa le bras de la Gryffondor et il la releva, la poussant ensuite devant lui.

- Eh doucement ! Rouspéta-t-elle

Blaise se radoucit légèrement et marcha à ses côtés, prêt à la rattraper si elle venait à s'effondrer à nouveau.

Alors qu'ils entraient dans le château, ils firent face à Harry qui était revenu pour chercher son amie.

- Qu'est-ce que tu fais là toi ? Cracha l'Elu en direction de Blaise

Le Serpentard s'apprêtait à riposter mais Hermione le devança.

- Il a voulu m'aider, c'est tout. Maintenant il va repartir de son côté, n'est-ce pas Zabini ?

Blaise étouffa un rire avant de s'en aller en secouant la tête. Potter était vraiment une plaie.

Harry et Hermione se dirigèrent vers l'infirmerie sous un silence de plomb. Le garçon à la cicatrice avait terriblement honte d'avoir à nouveau agi avec égoïsme en demandant à ses meilleurs amis de l'accompagner là-bas. Il aurait dû se douter que cette vision ne présageait rien de bon.

Madame Pomfresh s'occupa quelques minutes de la préfète-en-chef, lui assurant ensuite qu'elle n'avait que quelques égratignures. Elle devait toutefois se reposer afin de calmer le stress intense qui s'était emparé d'elle suite à cette attaque.

L'infirmière était de toute évidence énervée, mais elle ne dit rien aux deux élèves. Ils allaient déjà suffisamment se faire sermonner par leur directrice.

- Comment va Ron ? Se soucia Harry

Le rouquin était couché sur un lit au fond de l'infirmerie. Il était encore inconscient.

- Il va s'en sortir. Vous l'avez amené à temps, j'ai pu m'occuper de son désartibulement. Son oeil droit est gonflé et il a pris un coup à la tête mais il n'y a aucun dommage interne. Je lui ai donné quelques potions assez fortes qui le garderont encore endormi du temps qu'elles fassent effet sur ses blessures.

Hermione souffla de soulagement, se libérant d'un poids dans l'estomac. Si Ron était hors de danger, alors c'était le principal.

- La directrice vous attend dans son bureau.

Le ventre de la jeune sorcière se noua. Elle n'avait pas du tout envie de subir une remontrance, cela allait empirer ses maux de tête.

Sur le chemin, Harry semblait quant à lui plus détendu. Il s'en voulait terriblement d'avoir fait subir cela à Ron, mais il allait s'en sortir au final alors cela le rassurait.

- J'espère que Pomfresh empêchera Lavande de venir le voir. Elle va lui donner envie de replonger dans l'inconscience tant sa voix stridente va l'agacer. Plaisanta-t-il

- Ce n'est pas le moment Harry. Répliqua Hermione, nerveuse

Elle se doutait bien qu'il avait fait cette blague pour ne pas lui montrer qu'il se sentait coupable de tout ceci, mais elle n'était pas d'humeur.

- Oh c'est bon, je voulais juste détendre l'atmosphère. L'Elu roula des yeux

Malheureusement, l'ambiance fut bien plus pesante dans le bureau de la directrice. Harry et Hermione arrivèrent à peine devant la grande porte que celle-ci s'ouvrit à la volée, laissant apparaître une McGonagall rouge de rage.

- Nom d'une Bombabouse Potter ! Puis-je savoir ce qu'il vous est passé par la tête ? S'égosilla-t-elle

La brune déglutit, cela allait barder.
Sur le coup, le garçon à la cicatrice fut surpris de la fureur de la vieille femme.

- Je... Je pensais...

- Vous connaissiez les risques ! Comment avez-vous pu agir comme si Vous-Savez-Qui ne s'était pas emparé du ministère et que ses partisans ne rôdaient pas autour de Poudlard ? Vous êtes tout bonnement inconscient. Le coupa McGonagall

- J'ai eu une vision, le mois dernier. Elle était très rapide mais j'ai eu le temps de voir que Voldemort avait trouvé une entrée pour accéder à Poudlard, à Pré-Au-Lard.

- Pourquoi donc ne m'en avez-vous pas parlé ?

- Parce qu'elle était...

- Ne vous êtes-vous pas dit que cette vision pouvait être faussée ? Ne vous souvenez-vous pas des pièges que le Mage Noir vous a tendus en cinquième année ? Quelle folie ! La directrice n'arrivait plus à garder son calme

- C'était une vision très floue, à peine perceptible. Si cela avait été un piège, Voldemort aurait veillé à ce qu'elle soit nette. Il ne l'a pas contrôlée. Rétorqua Harry, perdant patience lui aussi

Hermione ne savait plus où se mettre, mal à l'aise. Son regard se perdit dans le tableau de Dumbledore, endormi.

- Mais enfin Potter, vous vous doutez très bien qu'ils n'auront pas besoin d'une entrée secrète s'ils souhaitent attaquer le château.

- Dans tous les cas, cette vision révélait quelque chose d'important. Je devais y aller pour m'en assurer, je n'avais pas le choix, et vous le savez très bien Madame la directrice. Malheureusement, il a fallu que cela tombe sur le jour où les toutous de Voldemort faisaient leur petite balade de la journée dans le village.

Harry commençait à s'emporter et son amie n'avait pas envie que cette histoire s'envenime d'autant plus.

- Nous sommes vraiment navrés, nous pensions bien faire. Nous voulons simplement en finir au plus vite afin de sauver toutes ces personnes innocentes qui meurent chaque jour.

- Je ne comprends pas Miss Granger, pourquoi l'avez-vous suivi dans cette bêtise ? Je sais à quel point vous souhaitez voir Vous-Savez-Qui être réduit à néant, mais ce n'est pas une raison pour vous mettre en danger avant l'affrontement final. Votre ami a failli mourir.

Hermione baissa la tête, honteuse.

- Non pas que ce soit une surprise. Vous enchaînez les méfaits depuis votre première année et vous vous en sortez toujours. Mais cette chance ne peut pas vous suivre éternellement, notamment en cette période sombre. Continua McGonagall tout en soupirant

L'Elu se balançait sur place, il en avait déjà marre d'être ici. Cette discussion n'allait pas les faire avancer.

- Ils se rapprochent. Voldemort attend le moindre coup pour nous attaquer. Nous ne pouvons plus attendre et nous cacher derrière l'excuse "nous ne sommes pas prêts", nous devons nous préparer et trouver ces horcruxes, une bonne fois pour toute. Déclara-t-il d'un ton ferme

La directrice s'était rassise à son bureau, elle semblait épuisée et désemparée.

- Nous ne lâchons rien Potter, soyez-en sûr. Je vais faire ce qui est en mon possible pour vous aider et maintenir la sécurité dans le château. Je ne vous demande qu'une seule chose, ne sortez plus de Poudlard.

- Nous ne recommencerons plus Madame la directrice. Affirma Hermione

- Potter ? Insista McGonagall, arquant un sourcil

- Oui, nous ne recommencerons plus. Vous permettez ? J'ai d'autres choses à faire à présent. Répondit-il, ne parvenant pas à retenir son ton insolent

La préfète lui donna un léger coup de coude afin qu'il se calme.

- Bien. Je compte sur vous, nous ne devons pas semer le chaos. Je reviendrai vers vous lorsque je me serai entretenue avec l'Ordre. Faites attention, surtout vous Miss Granger.

Hermione hocha la tête, comprenant qu'elle faisait référence à sa maladie qui la rendait plus fragile que ses deux amis. Cette remarque l'énerva intérieurement, mais elle ne laissa rien transparaître. Elle voulait se sentir forte malgré la tumeur qui la rongeait. Elle n'avait pas besoin que l'on lui dise cela.

Alors que Harry et elle descendaient les escaliers, le garçon l'informa qu'il allait passer dans ses dortoirs pour récupérer quelques affaires.

- On se retrouve plus tard, d'accord ? Et nous irons voir Ron.

- D'accord, je vais faire quelques recherches de mon côté. Mais s'il te plaît Harry, calme-toi. Nous avons eu beaucoup de chance de nous en sortir, et nous ne devons plus jouer aux idiots si nous souhaitons réussir notre quête.

- Je sais. Je suis désolé Hermione, je ne me rends pas toujours compte de la chance que j'ai de vous avoir, Ron et toi.

La brune lui fit un petit sourire, lui faisant comprendre qu'elle n'était pas énervée contre lui. Elle ne pouvait pas lui en vouloir puisqu'elle aurait très bien pu lui dire non et rester ici plutôt que de l'accompagner. Hermione savait que c'était dangereux mais elle avait accepté de venir car elle l'avait voulu. C'était également de sa faute.

Après tout elle se l'était promis, elle resterait aux côtés de son meilleur ami, jusqu'à la fin. Qu'importe les dangers qu'ils prenaient.

Les deux sorciers se saluèrent et partirent chacun de leur côté, l'esprit confus après ce qu'il venait de se passer.

- Para bellum. Murmura Hermione en arrivant devant le tableau de son appartement

Elle pénétra dans le salon et, sous le coup de la surprise, se figea presque aussitôt.

Draco se tenait contre une table accolée au mur, les mains dans les poches. La tête légèrement baissée, ses yeux fixaient déjà Hermione comme s'il l'attendait depuis des heures. Aucune émotion ne se laissait voir sur son visage, mais son regard s'était assombri.

Le souffle de la brune s'était coupé. Elle l'avait presque oublié.

- Draco...

Les yeux du Serpentard étaient devenus noirs. Une rage immense avait pris possession de lui. Hermione se trouva bien ridicule d'avoir osé croire qu'il ne serait jamais mis au courant de cet incident.

Draco continuait de la scruter sans un mot et elle n'osait plus bouger. Elle pouvait voir à quel point il était déçu. Une tension insoutenable s'était installée entre eux et Hermione n'arrivait même plus à le regarder.

-Je t'avais pourtant demandé de ne plus y retourner. Reprocha-t-il d'un ton calme, beaucoup trop calme

La préfète-en-chef soupira. Elle ne pouvait pas lui donner les raisons de leur recherche, elle n'avait donc aucune excuse.

- Tu sais très bien que ton Maître ne va plus attendre très longtemps avant de nous attaquer. Nous devons le détruire avant que cela n'arrive.

- Ce n'est pas une raison valable pour agir avec inconscience Granger. Si vous mourez vous ne pourrez plus rien faire. C'est vrai que c'est très malin de se jeter dans la gueule du loup avant même de pouvoir l'anéantir. Le mangemort commençait à hausser le ton

Draco avait raison, elle le savait, et cela l'agaçait.

- Tu as raison, nous n'aurions pas dû faire cela. Le côté du Mal a gagné en puissance depuis notre première escapade à Pré-Au-Lard, et malgré tout nous avons recommencé. J'ai été bête, j'aurais dû me douter que cette fois-ci les mangemorts s'y trouveraient. Tu m'avais prévenue. Mais tu me connais, j'ai simplement voulu aider, comme toujours. Jamais je n'abandonnerai Harry.

Le Serpentard serra les dents.

- Je ne t'ai pas demandé de ne plus aider ce foutu Potter. Je voulais simplement que tu fasses plus attention. Qu'importe ce que vous cherchez, tes amis et toi, vous devez le faire avec prudence.

Hermione planta son regard dans celui de Draco. Elle ne voulait pas se disputer. À chaque fois qu'elle le voyait, avec ses cheveux d'un blond presque blanc, son visage aux traits fins et son air impassible, elle n'avait qu'une envie, se jeter dans ses bras et y rester pour l'éternité. En ces temps difficiles, elle n'avait plus envie de se prendre la tête. Mais le sorcier n'était pas de cet avis.

- Dans tous les cas je suis là, ils ne m'ont rien fait et je ne prendrai plus le risque d'y retourner. Ron va s'en sortir lui aussi. Elle tenta de le rassurer

- Mais je n'en ai rien à faire de Weasmoche ! S'emporta Draco. Je refuse qu'il t'arrive quoi que ce soit, et j'aimerais que tu sois plus responsable. Si ces deux abrutis t'emmènent à nouveau dans l'un de leurs plans foireux je ne me contiendrai pas cette fois.

Il n'avait pas tort en la jugeant d'irresponsable sur ce coup, mais Hermione détestait que l'on pointe ses défauts du doigt.

- C'est bon, tu as fini ? Grogna-t-elle, les lèvres pincées

- Non, mais je n'ai plus envie de parler.

Les yeux de la sorcière s'écarquillèrent.

- Pardon ? Et en quel honneur ?

- Tu m'as menti, en me disant que tu allais à la bibliothèque. Et en plus de cela, tu comptais encore me le cacher. Comme toutes les autres choses que tu me caches. Quant à moi, je t'ai tout dit, même mes secrets les plus profonds. Je m'en suis voulu de m'être dévoilé ainsi, je me suis senti pathétique. Mais je m'étais dit que je pouvais avoir confiance en toi. Eh bien je regrette à présent.

Hermione ouvrit la bouche mais la referma dans la seconde, ahurie. Puis un air désolé et peiné s'afficha sur son visage creux et fatigué.

- Je suis désolée Draco.

Elle voulut s'approcher mais le blond lui fit signe de se stopper.

- J'ai besoin d'être un peu seul. On se voit ce soir. Déclara-t-il froidement

Draco détourna le regard et passa à côté de la lionne, la frôlant à peine. Hermione entendit alors le tableau s'ouvrir et se refermer sur lui.

Tandis que son énervement redescendait, elle se dit au final qu'elle l'avait bien cherché.

ooOOoo

Trois jours s'écoulèrent. Tout le monde était au courant de l'attaque à Pré-Au-Lard à présent et cela avait fait paniquer un grand nombre de personnes. La directrice et les professeurs se démenaient pour renforcer la sécurité du château, tout en préparant les élèves à l'affrontement. L'Ordre du Phénix quant à lui ne cessait de lutter contre les forces du Mal qui prenaient de plus en plus le pouvoir sur le monde magique.

À Poudlard, les Serpentards se faisaient discrets et la méfiance s'était installée au sein des jeunes sorciers. Les maisons restaient entre elles et ne se mélangeaient plus. En classe, les élèves participaient de moins en moins et perdaient tout intérêt pour les leçons. La menace qui planait au-dessus de leurs têtes les angoissait chaque jour un peu plus.

Draco et Hermione passaient peu de temps ensemble, ils avaient tous deux énormément de problèmes à régler. Toutefois, ils dormaient ensemble chaque soir, car même s'il ne l'assumait pas, le blond n'arrivait pas à être loin d'elle.

Depuis l'incident à Pré-Au-Lard, Draco faisait comme si Harry n'existait plus. S'il osait croiser son regard, il savait qu'il ne résisterait pas à l'envie de s'en prendre à lui. Il n'acceptait toujours pas que l'Elu ait mis en danger la vie de Hermione.

En ce matin ensoleillé, la préfète-en-chef découvrit Harry dans son salon. Heureusement, Draco était déjà parti.

- Que se passe-t-il ? Demanda la brune, se frottant les yeux

- Ron vient enfin de se réveiller. Annonça le garçon à la cicatrice, avec un petit sourire

Hermione plaqua une main sur sa bouche. Les deux derniers jours, elle avait eu une boule au ventre constante à l'idée qu'il ne sorte pas de ce sommeil. Elle n'aurait pas pu recevoir une meilleure nouvelle aujourd'hui.

Sans plus attendre, les deux amis se ruèrent vers l'infirmerie. Lorsqu'ils arrivèrent, Ron était assis dans son lit et il leur fit un faible sourire. Hermione fut soulagée.

Ginny était là elle aussi, elle salua la brune mais ignora Harry. Celui-ci fut quelque peu décontenancé sur le coup, mais il reporta vite son attention sur le blessé.

- Comment te sens-tu ? Le questionna-t-il

- Un peu à l'ouest je dirais, mais j'ai eu droit à un sommeil très réparateur. Répondit le rouquin

Les deux sorcières s'esclaffèrent. L'Elu quant à lui n'arrivait pas à être si joyeux.

- Je m'en veux de t'avoir infligé cela, indirectement. Je n'aurais pas dû vous demander de venir avec moi.

Ginny plissa les yeux et lança un regard mauvais à Harry. Son frère avait failli mourir et elle en voulait terriblement à son ex petit-copain.

- Eh arrête vieux, j'ai accepté de te suivre, tout comme Hermione. On n'a pas eu de chance, c'est tout. Ron haussa les épaules, ce qui lui arracha une grimace

- Ton bras est encore douloureux ? S'enquit la préfète-en-chef

- Un peu, je suis réveillé depuis cette nuit et c'est très difficile de trouver une bonne position.

- Tu vas encore pouvoir te reposer aujourd'hui et les potions de Madame Pomfresh te feront du bien, j'en suis sûre. Sourit Hermione

- Je ne sais pas si les potions de Pompom sont si efficaces que ce que tu prétends Hermione. Fit remarquer Harry

- Ah oui pardon, c'est vrai qu'avec ma maladie je viens très peu ici et je ne m'y connais pas vraiment du coup. La brune leva les yeux au ciel

L'Elu la toisa, outré de son sarcasme.

- Tu passes un peu trop de temps avec Malfoy, Hermione. Tu deviens aussi sarcastique que lui et c'est vraiment insupportable. Se plaignit-il, avec un infime sourire amusé

- Alors ça, c'est bien culotté de ta part. Cela fait presque sept ans que je subis ton éternelle insolence et ton caractère de Serpentard refoulé. Eh bien maintenant tu vois ce que cela fait.

Ron et Ginny explosèrent de rire, ils étaient tout à fait d'accord avec leur amie et cela vexa Harry, bien qu'au final il se joignit à leurs rires.

Les Gryffondors discutèrent encore quelques minutes, ravis de retrouver le rouquin, puis l'Elu finit par lui dire qu'ils allaient devoir le laisser pour les cours.

- Hermione, est-ce que tu peux rester juste deux minutes ? Demanda Ron

La sorcière arqua un sourcil, ne comprenant pas.

- J'ai besoin de te parler. Ajouta-t-il

Harry et Ginny semblaient eux aussi intrigués, mais ils les laissèrent seuls sans chercher plus loin. Hermione se posa sur le rebord du lit, fixant Ron.

- Quelque chose ne va pas ?

Le visage du jeune Weasley avait soudain perdu de sa joie.

- Je... Je voulais m'excuser pour ces derniers mois. Je ne me souviens pas vraiment de ce qu'il m'est arrivé à Pré-Au-Lard, mais Pompom m'a expliqué que j'aurais pu mourir et cela m'a fait un choc. J'ai pensé à ma famille et je me suis dit qu'ils seraient anéantis si je venais à les quitter. Jamais je ne voudrais leur infliger cela. Je te comprends maintenant, je comprends pourquoi tu voulais nous protéger de ta maladie. Tu n'as jamais été égoïste, tu as toujours pensé aux autres plutôt qu'à toi. Tu t'es dit que de nous annoncer ta maladie, ce serait comme nous ajouter un fardeau en plus sur les épaules. Alors tu as préféré te battre seule, pour mieux te battre à nos côtés.

En prononçant ces derniers mots, la voix de Ron s'était brisée. Il tentait tant bien que mal de retenir sa tristesse.

- Je... Désolé, tu sais que c'est difficile pour moi de m'exprimer correctement quand je dois dire ce que je pense. Bafouilla-t-il, riant avec nervosité. Mais je tenais vraiment à m'excuser, car au final c'est nous qui avons été égoïstes, Harry, Ginny et moi. Nous avons d'abord pensé à la souffrance que ta maladie nous infligeait, plutôt que de penser à la souffrance que cette tumeur t'infligeait. Tu es celle qui souffre et qui malgré cela continue de lutter chaque jour pour ne pas nous abandonner. Et nous avons préféré te tourner le dos plutôt que d'accepter la vérité et te soutenir dans cette épreuve. Nous pensions que cela te ferait réagir, que cela te pousserait à te faire soigner pour guérir, nous refusions de te croire quand tu nous répétais qu'il n'y avait plus rien à faire.

Ron marqua à nouveau une courte pause, poussant un long soupir attristé.

- Si tu dois vraiment nous quitter Hermione, alors cela veut dire que nous avons gâché quatre mois d'amitié avec toi en étant odieux, quatre mois où nous aurions pu profiter de toi au maximum. Et rien que pour cela, je sais que je m'en voudrai pour le restant de mes jours.

Il tourna la tête vers la fenêtre, la gorge serrée.

- Mais... Sache en tout cas que plus jamais je ne te laisserai tomber. Termina-t-il

Hermione ferma les yeux et inspira un grand coup. Elle ne pensait pas Ron capable de faire part de ses sentiments ainsi.
Quelques larmes s'échappèrent de ses paupières closes, avant de couler lentement sur ses joues.

Alors, elle se baissa vers son ami et le prit dans ses bras, le serrant fort contre elle. D'abord surpris, Ron finit par enrouler ses bras autour de la lionne, les yeux brillants.

- Merci. Souffla-t-elle

oOOo

Le soir, Hermione se dirigeait vers son appartement lorsqu'elle tomba sur Draco, posté en plein milieu d'un couloir, qui faisait face à une Serpentard aux cheveux blonds. Daphné Greengrass. La jeune femme lui murmurait quelque chose près de son oreille.

Le corps entier de la lionne se raidit et ses poings se serrèrent. Que lui voulait-elle ?
Elle ne pouvait rien faire malheureusement, alors elle se racla simplement la gorge et les regarda de haut.

Ils se tournèrent vers la préfète et Draco s'éloigna instinctivement de la blonde. Il paraissait mal à l'aise, bien qu'il abordait son éternel visage froid.

Hermione le fusilla du regard, avant de passer à côté d'eux et de bousculer le mangemort le plus fort possible.

- Hé tu pourrais faire attention Granger ! Cracha-t-il

Elle ne daigna même pas se retourner et continua son chemin, furieuse.

Une fois arrivée dans son salon, la brune balança ses affaires d'un geste rageur sur la petite table basse, dont la moitié tomba par terre. Elle se jeta sur le canapé, croisant les bras sur sa poitrine.

Au bout de même pas cinq minutes, Draco fit son apparition, mais Hermione faisait comme s'il n'était pas là.

- Hermione...

- J'ai bien cru que tu allais dire "Hé tu pourrais faire attention sale sang-de-bourbe". J'ai très bien senti dans ta voix à quel point tu avais envie de le sortir.

Le Serpentard fronça les sourcils.

- Tu dis n'importe quoi. Tu te doutes bien que j'ai fait cela pour ne pas éveiller les soupçons.

La jeune femme tourna brusquement la tête vers lui, la mâchoire serrée. Ses cheveux bouclés partaient dans tous les sens.

- Je peux savoir ce que Greengrass te voulait ? C'est elle la fille avec qui tu es censé sortir, selon les rumeurs ?

Draco ricana.

- Bien sûr que non. Répondit-il avec dégoût

- Elle était très proche de toi pourtant. Riposta Hermione

- Elle me parlait de Nott et Parkinson, et il vaut mieux éviter de mentionner ces noms à présent, d'où les messes-basses.

- C'est une mangemort elle aussi ?

- Non. Justement, elle a peur de ces deux imbéciles. Elle voulait savoir si j'étais au courant de ce qu'ils devenaient.

La sorcière se radoucit légèrement, mais ses mains tremblaient encore. Elle n'arrivait pas à accepter qu'elle venait certainement de ressentir de la jalousie.

- Qu'est-ce qu'il ne va pas ? Demanda Draco

- Rien, tout va absolument bien. Pesta Hermione, regardant droit devant elle

Un petit sourire en coin se forma sur les lèvres du blond.

- Granger. Regarde-moi.

Avec difficulté, Hermione finit par céder et elle toisa Draco.

- Il n'y a que toi. Déclara-t-il d'un ton ferme

La Gryffondor baissa la tête et un sourire apparut à son tour sur son visage. Sentant qu'elle se calmait enfin, Draco osa s'approcher.

Il l'attrapa par la taille et la tira délicatement afin de la relever. Ainsi, il l'amena contre lui et la prit dans ses bras, plongeant sa tête dans ses cheveux comme il aimait tant le faire.
Puis il déposa un baiser sur son front, avant de prendre son visage si délicat entre ses deux mains, et de l'embrasser tendrement.

Hermione avait simplement besoin de cela pour l'apaiser. C'était tout ce qu'elle demandait.

Draco se recula, mettant fin à leur baiser, et il plongea son regard gris dans celui de la lionne.

- Je dois partir, d'ici quelques minutes. Annonça-t-il, soudain plus sérieux

La préfète-en-chef semblait déçue.

- Pourquoi ?

- Probablement à cause de cette attaque à Pré-Au-Lard. Je n'ai pas le choix.

Hermione soupira, elle n'aimait pas le savoir là-bas. Elle avait toujours cette peur en elle de ne jamais le revoir.

- D'accord.

Draco déposa un dernier baiser sur sa joue, caressant son dos.

- Je reviens le plus vite possible. Promit-il

ooOOoo

Une semaine passa et Draco n'était pas resté longtemps auprès du Lord, comme il l'avait promis. Il était revenu au bout de deux jours, sous les regards soupçonneux de plusieurs élèves, dont Harry, mais Hermione avait veillé à le ramener à l'ordre en lui rappelant que Draco ne faisait plus partie du Mal.

Néanmoins, depuis son retour à Poudlard, quelque chose semblait avoir changé chez le blond. Le premier jour, il avait passé son temps à repousser Hermione, et dès le lendemain il avait cessé de venir à l'appartement et ignorait complètement la lionne.
Au plus grand désespoir de celle-ci, qui était totalement perdue et désemparée face à ce changement. Cela durait depuis presque cinq jours à présent.

En ce jeudi après-midi, Hermione avait prévu de passer un peu de temps avec Ginny après les cours, tandis que Harry et Ron, qui s'était remis de ses blessures, faisaient quelques recherches de leur côté.

La préfète-en-chef marchait en direction de la Salle Commune des Gryffondors, l'esprit ailleurs. Cette distance que Draco avait instauré entre elle et lui la chagrinait énormément et elle avait l'impression qu'elle était en train de le perdre, sans même savoir pourquoi.

En entrant dans le salon des lions, Hermione y trouva Dean et Seamus qui étaient en train de se disputer sur le canapé. Seamus avait une radio posée sur ses genoux.

- Albus ! Albus ! Albus ! Répéta-t-il sans s'arrêter, perdant patience

- Ecoute Seamus, on n'a sûrement mal entendu la dernière fois, ce n'est peut-être pas ce mot de passe. Suggéra Dean

- Salut les garçons !

- Oh salut Hermione, comment tu vas ?

Seamus fit à peine attention à elle, bien trop concentré à s'acharner sur l'appareil.

- Je vais bien Dean, merci. Est-ce que tu aurais vu Ginny par hasard ?

- Justement, elle est partie il y a dix minutes pour te rejoindre.

- Mince ! Merci Dean.

Il était vrai qu'elles ne s'étaient même pas donné un point de rendez-vous. La rouquine devait probablement l'attendre dans son appartement.
Hermione rebroussa donc chemin, et avant de sortir de la Salle Commune elle entendit Seamus rouspéter.

- Rapière doit sûrement faire l'imbécile et comme d'habitude ça brouille le réseau !

Fred. La brune se demanda comment ils allaient, George et lui. Et tout le reste de la famille Weasley. Ils lui manquaient énormément.

Dans un couloir non loin des dortoirs des Gryffondors, Hermione remarqua que Draco marchait quelques mètres devant elle. Elle sentit son coeur s'accélérer. C'était maintenant ou jamais.

Discrètement, elle le rattrapa et le surprit en le poussant vers un coin sombre.

- Par Merlin Granger, qu'est-ce que tu fais ? S'énerva-t-il

Elle le dévisagea un instant, comme si elle cherchait à comprendre dans son regard ce qu'il lui cachait.

- Je t'attendrai dans mon appartement ce soir. Si tu ne viens pas, tu peux m'oublier. Menaça-t-elle avec froideur

Et sur ces mots, elle l'abandonna sans se retourner une seule fois. C'était hors de question pour elle d'être délaissée ainsi sans avoir le droit à des explications.

De son côté, Blaise savourait la tranquillité qui s'offrait à lui dans le salon de son appartement. Avant qu'une tornade rousse ne décide de débarquer.

En le voyant, Ginny leva les yeux au ciel.

- C'est pas vrai. Vous partagez vraiment cet appartement ? À chaque fois que je viens Hermione n'est jamais là mais toi si.

Le préfet posa son magasine à côté de lui et arpenta la Gryffondor du regard, puis il ricana.

- C'est peut-être moi que tu cherches, Weasley.

Ginny s'esclaffa bruyamment.

- Alors comme ça les Serpentards font dans l'humour de dragueurs bien lourds maintenant. Vous êtes tombés bien bas.

Les rires de Blaise redoublèrent suite à cette remarque.

- Je ne vais certainement pas draguer une Weasley.

- C'est bien ce que je me disais, ton humour est d'autant plus nul de ce fait.

Les pas de Hermione les coupèrent dans leur conversation. Zabini décida de les laisser entre elles dans le salon, il n'avait pas envie de les entendre parler telles des pipelettes à côté de lui.
Il s'en alla donc, non sans lancer un dernier regard moqueur à Ginny.

oOOo

Hermione n'était même pas allée manger ce soir, prétextant un mal de tête, ce qui était à moitié vrai. Elle avait demandé à Ginny de l'excuser auprès de Ron et Harry.

Après avoir pris une longue douche et enfiler un pyjama douillet, la brune retourna dans sa chambre et s'installa dans le fauteuil rouge. Là où Draco adorait s'assoir lorsqu'il passait ses soirées avec la Gryffondor.

Le regard de Hermione se perdit dans le ciel noir qu'elle pouvait voir à travers sa petite fenêtre. Cette situation avec le blond la peinait énormément, au point d'en perdre l'appétit. Elle commençait à croire qu'il ne viendrait pas.

Pourtant, une dizaine de minutes plus tard, la porte de la chambre s'ouvrit lentement. Le ventre noué, la préfète se leva d'un bond.

Draco, habillé d'un pantalon noir, d'un pull noir et de sa cape, se posta face à la lionne, la tête haute. Aucune émotion ne pouvait se lire dans ses yeux.

Même si ce qu'il avait à dire à Hermione n'allait certainement pas être plaisant, il était venu, ce qui prouvait qu'il ne voulait pas la perdre.

- Qu'est-ce qu'il te prend Draco ? Est-ce que cela s'est mal passé là-bas ?

- Ce n'est pas important.

La sorcière eut un mouvement de recul face à sa réponse plus froide que la glace. Elle avait l'impression de retrouver l'ancien Draco, celui qui était renfermé et rempli d'orgueil.

- Je ne te reconnais plus. Avant ton départ tu m'as embrassée et tu m'as regardée comme s'il n'y avait que moi qui comptais, et maintenant tu me rejettes. Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ?

Les lèvres de Hermione tremblaient, ce que le mangemort remarqua et il détourna la tête. Il n'arrivait pas à supporter de la voir si peinée.

- Non, c'est juste que...

- Que ?

- Je ne peux pas être avec une personne... de ton sang. Avoua-t-il, le regard fuyant

La jeune femme eut l'impression que l'on venait de lui assener un coup de massue. Elle était en train de faire un cauchemar, c'était n'était pas possible autrement.

- Quoi ? Est-ce que... Est-ce que tes parents sont au courant ? Un mangemort l'a appris ?

- Non. Je n'ai simplement rien à faire avec une personne comme toi. Répéta-t-il, d'un ton toujours aussi sec

- Arrête Draco, tu ne me regardes même pas quand tu me dis cela. Tu cherches juste à me blesser. Mais pourquoi ?

Draco ne savait même pas quoi répondre à cela. Tout ceci n'avait aucun sens, Hermione ne comprenait pas où il voulait en venir. Elle avait besoin d'une réponse claire.

- C'est à cause de cette Daphné ?

Le blond leva les yeux au ciel.

- Arrête avec elle, elle n'existe même pas pour moi.

- Alors quoi ? Dis-moi Draco, tu ne peux pas me laisser comme cela. Si tu veux me quitter, alors je t'en prie fais-le, mais je veux des explications.

Il passa une main dans ses cheveux parfaitement plaqués en arrière, ce qui démontrait sa nervosité.

- Nous ne pouvons plus être ensemble.

À l'entente de cette phrase, Hermione crut un instant que l'on lui arrachait le coeur. Elle dut s'assoir sur son lit, sentant que ses jambes allaient la lâcher.
Elle eut besoin de quelques secondes avant de pouvoir répondre.

- Tu ne supportes plus ma maladie, c'est ça ?

- Ne dis pas de telles choses, je refuse de t'entendre dire cela. Siffla Draco d'un ton mauvais

- Je ne comprends pas... Murmura la Gryffondor, sa voix se brisant

Elle sentait que des larmes menaçaient de couler, son nez la picotait et sa gorge se serrait. Soudain, quelque chose de terrible lui revint en tête, et elle ne réussit plus à retenir ses pleurs.

- Tu commences à reconsidérer la mission de Tu-Sais-Qui, n'est-ce pas ?

Draco fit de gros yeux et reporta son attention vers elle, comme s'il était choqué qu'elle ose penser cela.

- Jamais je ne te ferai du mal Hermione.

- C'est ce que tu es en train de faire.

Sous le coup de l'énervement, Draco finit par céder. Il lui avoua tout.

- Cet enfoiré de Nott agit comme le petit toutou du Lord désormais. Il lui a dit que tu étais la petite-amie de Potter, et je n'ai rien pu faire. Il en a après toi désormais.

Hermione se demanda si tout ceci n'était pas qu'une mauvaise blague.

- Pourquoi a-t-il fait cela ? Pour empêcher le Mage Noir de penser que je suis ta petite-amie ?

- Certainement. Et pour avoir une autre raison de te tuer.

Le mangemort serra les poings à l'idée d'imaginer quelqu'un s'en prendre à la préfète.

- Et c'est pour cela que tu veux me quitter ?

- Mais ne réfléchis-tu donc pas Granger ? Je ne veux pas envenimer les choses en continuant d'être avec toi. Je veux te protéger.

- Me protéger en me quittant, en m'ignorant ? Ce n'est pas très logique. Répliqua Hermione

- Si le Maître venait à l'apprendre, il te tuerait toi, mes parents, puis moi. Assena Draco, le regard sombre

- Pourquoi l'apprendrait-il ?

- Je ne sais pas, peut-être suis-je surveillé.

- Alors nous continuerons à être discrets, tout simplement. Je ne veux pas te perdre Draco.

Le blond inspira un grand coup, se frottant la nuque. Il n'arrivait pas à la quitter, et il ne le voulait pas.

- On ne sait pas ce que l'avenir nous réserve avec ma maladie. Tu le regretteras si tu me laisses. Surenchérit Hermione

- Je ne veux pas te mettre en danger. Soupira-t-il

Il avait l'air d'être à bout de nerfs, et ce que la sorcière venait de lui dire à propos de sa maladie l'avait chamboulé.

- Tu ne me mets pas en danger, nous allons faire attention et tout ira bien.

- À cause de Nott tu es devenue la cible numéro deux.

- Je sais me défendre et je sais que tu ne seras jamais bien loin de moi pour me protéger. Ces deux jours auprès de Tu-Sais-Qui n'ont pas dû être faciles et tu es revenu avec des idées noires en tête, ce que je peux comprendre, mais tu dois croire en toi, et en nous.

Draco regarda intensément la lionne.
Elle pouvait voir que les traits de son visage commençaient enfin à se détendre, alors elle en profita pour l'attraper par la main et le ramener vers le lit afin qu'il la rejoigne.

- Attends. Marmona-t-il

Il retira l'ensemble de ses habits, se retrouvant en boxer. Ainsi, il la rejoignit et ils se glissèrent sous la couette. Hermione sourit et ses peurs s'en allèrent petit à petit. Draco n'allait pas l'abandonner.

Elle posa sa tête sur l'épaule du Serpentard et elle se mit à caresser la peau nue de son torse, ce qui le fit frissonner.

Le sorcier se tourna vers Hermione et avec son pouce il essuya les quelques larmes qui peinaient à sécher sur ses joues. Il s'en voulait terriblement de l'avoir fait pleurer et plus jamais il ne voudrait être la raison de sa tristesse.

Draco l'entoura alors de ses bras musclés et la colla au plus près de lui, lui volant quelques baisers sur le front, les joues et le coin des lèvres. Ce qui fit glousser la brune.
Elle semblait aller mieux et cela soulagea le mangemort. Il ferma les yeux afin de profiter de ce moment.

- Tu ne peux vraiment pas me résister Draco, je ne sais même pas comment tu as pu envisager une telle chose. Tu ne peux pas vivre sans moi. Lui sortit Hermione pour se moquer de lui

Un petit rire s'échappa de la bouche du blond.

- Ne te jette pas non plus des fleurs Granger.

- Quand cesseras-tu de m'appeler Granger ? Rétorqua-t-elle

- Comment veux-tu que je t'appelle ? Je ne peux pas dire Malfoy. Du moins, pas encore.

Hermione pouffa.

- C'est bien ce que je disais, tu ne peux pas te passer de moi. Et de toute façon, je ne veux pas me marier, je n'ai pas besoin de cela.

La préfète-en-chef ne pouvait pas voir Draco, la chambre étant à présent plongée dans le noir complet, mais elle devina qu'il était certainement étonné de cette réponse. Elle ajouta donc :

- Tu sembles oublier que je suis une née-moldue et que pas toutes les familles forcent leurs enfants à se marier.

Draco haussa les épaules.

- Je vois. Eh bien ce n'est pas grave, je te présenterai quand même en tant que Malfoy, rien que pour me vanter de t'avoir à mes côtés.

- Tu es bête. Rit-elle

Le blond retint un sourire et il déposa un dernier baiser sur les lèvres de Hermione, avant qu'ils ne s'endorment tous les deux, apaisés.

oOOo

Le lendemain matin, Hermione se réveilla seule. Comme d'habitude, Draco s'était levé avant elle. Elle se redressa péniblement, encore endormie. Cela lui fit du bien d'entamer une nouvelle journée sans ce noeud au ventre qui s'était installé les cinq derniers jours.

Alors qu'elle allait se lever, elle se rendit compte que quelque chose brillait sur l'oreiller du blond. La préfète se rapprocha et découvrit le petit objet brillant.

- Oh. Murmura-t-elle

C'était un pin's en forme de livre, accompagné d'un petit mot. Comment avait-il pu le trouver ? Il ne semblait pas que les sorciers portaient ce genre d'accessoires.
Hermione s'empara du bout de papier.

" Pour ma Miss-Je-Sais-Tout.

D. M "

Un immense sourire apparut sur le visage de la brune. Un sourire qui ne la quitterait pas de la journée.

Lorsqu'elle enfila sa cape, Hermione accrocha le pin's juste à côté de son insigne de préfète-en-chef. Cela la représentait si bien.
Elle n'avait jamais autant aimé sa cape qu'en septième année.

oOOo

Hermione n'avait pas encore vu Draco aujourd'hui, mais pour son dernier cours de la journée elle savait que le Serpentard avait cours dans la classe juste en face de la sienne.

Et quand elle arriva devant sa salle, elle l'aperçut, adossé contre le mur juste en face d'elle.
Il se rendit compte de sa présence à son tour et il jeta quelques coups d'oeil discrets vers la sorcière.

Puis, le regard de Draco s'arrêta un instant sur la cape de Hermione et il découvrit le pin's qu'il avait déposé ce matin, désormais accroché à côté de son insigne.

Un sourire à peine perceptible apparut sur le visage du blond, et la lionne y répondit. Les autres élèves étaient bien trop occupés à se chamailler entre eux pour remarquer cet échange, alors Draco pencha la tête sur le côté et ses lèvres s'étirèrent un peu plus, ne quittant pas Hermione des yeux.

Ces simples regards et ces sourires sincères suffisaient à rendre la Gryffondor heureuse. Le mangemort savait toujours comment se faire pardonner, sans même avoir à prononcer un seul mot.

Toutefois, Hermione pouvait voir dans le regard de Draco, tout comme le blond le voyait dans celui de la jeune femme, que ce bonheur n'allait pas durer. Et le sourire de la sorcière s'effaça lentement, tandis que le professeur invitait ses élèves à rentrer dans la salle.


Voilà voilà pour ce chapitre.

J'espère que vous l'avez apprécié. Quel était votre moment préféré ? Il s'est passé pas mal de choses.

N'hésitez pas à me laisser une petite review, ça m'encourage pour la suite et j'ai besoin de savoir que cette histoire vous plaît toujours.

Joyeuses fêtes de fin d'année à vous toutes et tous ! 🎄

À très vite ! :-)