« Non. Non pour la simple et bonne raison que tu sais autant que moi que légalement, c'est impossible. »
C'étaient ces mots qui s'écrasèrent contre ses tympans.
« Et je ne veux pas courir le risque d'un conflit d'intérêts avant qu'on ait sciemment et dûment démontré que tu as été victime d'un coup monté. »
C'était cette claque qui saisit l'intégralité de son corps : son dos s'était raidi et dans ses yeux, les larmes qui y montaient réfléchissait la lumière qui tamisait la pièce. Phoenix pinça ses lèvres et serra cette main qu'il venait de demander. Il la porta à sa bouche, respirant contre la peau qui recouvrait finement ces phalanges, refoulant ainsi les sanglots qui prenaient petit à petit sa gorge. La lutte était ardue mais il ne pleurait pas : Benjamin avait refusé sur une base purement légale, ce qui voulait nullement dire que ne l'aimait pas. Non, ce qui le faisait le plus souffrir était le poids de la réalité qui ne cessait de s'abattre de plus en plus sur lui, l'empêchant de trouver une sortie sereine à ces années d'errance personnelle et professionnelle. Enfin, Phoenix se disait qu'il avait été bien crédule de sa part de croire que tout lui sourirait d'un coup.
« Phoenix, tu sais que ça ne veut pas dire que je ne t'aime pas ? Reprit Benjamin en caressant sa joue avec son pouce, ne déplaçant pas sa main.
- Oui, je sais… Mais pour le conflit d'intérêts, je peux très bien ne pas redevenir avocat.
- C'est hors de question. Tu sais très bien pourquoi je suis revenu, et j'ai besoin de toi.
- Mais Benj– »
Le procureur dégagea sa main du visage de Wright et se redressa, un courant de colère étrillant son estomac, remontant jusqu'à sa gorge et sa bouche. Cela faisait longtemps que Phoenix n'avait pas vu cette expression menaçante et agressive creuser les traits de Benjamin : les sourcils froncés au possible, la mâchoire serrée et tendue, ce regard même qui se plantait dans son regard et qui jamais, oh non jamais, ne se détournera de sa cible, l'électrifiant à cet endroit. Son doigt inquisiteur pointait entre les deux yeux bleus écarquillés par la violence soudaine qui prenait l'homme pourtant devenu si doux. La mâchoire d'Hunter se desserra, seulement pour achever Wright, ce foutu Phoenix Wright qui encore une fois donne plus d'importance aux autres qu'à lui-même :
« Ecoute-moi bien, Phoenix Wright, tonna Benjamin, reprenant l'étrange manie de sa demi-sœur. Tu veux te marier ? Tu veux m'aimer, dans la richesse comme la pauvreté, dans le bonheur comme dans l'adversité, et ce jusqu'à ce que la mort nous sépare ? Très bien : si tu recules, je donne ma lettre de démission au préfet. »
Autant qu'il le voulait, Phoenix ne pouvait ôter son regard de ces yeux d'acier, comme si inexorablement aimanté, piégé par celui-ci. Il ne pouvait pas fuir, il était au pied du mur, devant le fait accompli. Vu sous cet angle, l'ancien avocat à l'esprit habituellement créatif ne parvint pas à venir avec une objection sensée à Benjamin, qui, à son expression, attendait une réponse affirmative. Quand bien même le romantisme n'était pas le fort de ce procureur beaucoup trop rationnel et indélicat dans sa franchise, Phoenix ne put s'empêcher de sourire et de laisser perler ces larmes qui finissaient pas troubler sa vue depuis le temps qu'elles s'accumulaient dans sa muqueuse. Les joues rougissant légèrement, il savait que cette déclaration, cette réprimande, cette ultimatum était le « oui, je le veux » qu'il espérait tout au fond de lui.
Phoenix ferma les yeux, un torrent paisible s'écoulant de ses paupières closes, faisant s'accumuler quelques gouttes sur ses cils l'approbation se lisant sur l'entièreté de son corps, renforcée par un hochement timide de sa tête. Ils iront tous les deux au bout, jusqu'à ce que la mort les sépare, même dans l'adversité. Ces deux dernières réalités résonnaient si fort en Phoenix, intimement terrifié à l'idée de perdre à nouveau le peu qu'il avait réussi à regagner avec le temps, il craignait ne pas jouir suffisamment de son temps avec Benjamin, culpabilisant, peut-être, d'avoir gâché cinq années de cette relation qui était, pourtant, merveilleuse. Perte de temps ou pas, il était maintenant hors de question de perdre du temps ou de rater une occasion de profiter de la radiance de son second astre : Benjamin, dont la lumière délicate avait manqué de s'éteindre.
Les deux hommes restèrent silencieux un moment, seul les légers sanglots de Phoenix résonnaient dans la pièce. Ces pleurs, étaient-ils de tristesse ? De soulagement ? De peur ? De joie ? Ou juste nerveux ? Benjamin ne savait pas et n'arrivait à deviner. Ne sachant quels mots conviendraient à son compagnon, il se contenta de balayer doucement quelques larmes qui dévalaient ces joues rougies et qui se réchauffaient au fur et à mesure des légers hoquets et reniflement de celui qui se tenait là, à côté de lui, tête vers le bas. Avec un peu d'observation, Benjamin se rendit compte que le regard de Phoenix n'était pas hagard, ni même replié sur lui-même comme le ferait quelqu'un qui voudrait garder quelque chose de très grave pour lui. Non, au contraire, ses yeux semblait s'orienter vers lui, vers son ventre. D'ailleurs, dans son emportement, Benjamin n'avait même pas ressenti la moindre douleur, oubliant de ce fait l'existence de sa blessure. Sans un mot, la main qu'il avait déposée sur le visage de Phoenix descendit, glissant le long de sa joue pour atteindre sa mâchoire qui picotait sa peau, suivant avec délicatesse et précaution chacune des lignes que formaient les os et les muscles de cet homme, s'arrêtant finalement contre sa poitrine. Il y déposa la paume. La première chose qui le surprit étaient les battements lourds mais calmes de son cœur malgré ses pleurs silencieux. La seconde était un murmure inaudible qui venait de s'échapper des lèvres de Phoenix. Benjamin se contenta un tout aussi imperceptible « hm ? », espérant qu'il répète ce qui venait de quitter ses lèvres à l'instant.
Phoenix toussota, dégageant sa gorge des tensions qui l'habitait depuis quelques instants à présent. Il prit une légère inspiration, soulevant par le même coup sa poitrine sur laquelle était toujours déposée cette main froid, large mais gracile.
« Tu fais quoi Benjamin ? Chuchota-t-il, à peine capable de parler plus fort.
- Tu as toujours ta brûlure ici ? »
Les yeux bleus s'élargirent, immédiatement asséchés par la surprise. Phoenix renifla un dernière fois, ravalant toutes ces émotions qui venaient de s'enfuir de lui. Il sourit :
« Oui, elle est tenace. Il n'avait vraiment envie qu'on trouve cette balle.
- Au moins on aura un poids commun, n'est-ce pas ? »
Benjamin remonta sa main, soulevant avec tendresse et fermeté le menton resté baissé trop longtemps à son goût. Enfin il retrouvait ce visage : son nez et ses yeux étaient maintenant eux aussi empourprés, irrités par le sang qui y avait afflué. Croisant enfin ce regard, il était frappé par la beauté des étoiles qui s'y manifestaient, reflétant la fragilité de l'homme à qui ces billes azurées encore humides qui appartenaient à cet homme. Un courant électrique tendit tous les muscles de son dos, décochant un frisson piquant et chaud dans cette partie large et développée de son corps. Cette sensibilité, cette expressivité, cette liberté que Benjamin n'avait pas, lui il l'avait, et c'était bien une des choses qu'il aimait le plus. Cela provoquait chez le procureur un immense bonheur : il avait sa place aux côtés de Phoenix, il avait le droit d'avoir accès au fond de son âme, il avait le droit de marcher dans son jardin. Cette délicatesse, cette humanité… La façon dont tout se manifestait au travers de son langage – verbal ou corporel –, ça lui tournait la tête. L'envie d'apaiser cette âme troublée, l'envie d'absorber ses tourments et ses joies au plus profond de sa chair l'habitait, envahissait même son esprit par moment, occultant tout ce qui existait autour de lui, autour d'eux.
Gardant ce menton entre ses doigts, il déposa ses lèvres contre celles qui étaient mordues et gonflées par les larmes. Quelques baisers furent échangés, délicatement, gentiment, pleins d'émotions et de compassion. Des mains se glissèrent dans le dos de Benjamin, agrippant légèrement son t-shirt et le rapprochant, serrant même leurs corps l'un contre l'autre à la recherche de la chaleur fictive ou réelle qui en émanait. Benjamin passa ses mains froides sur ces joues enflammées, serrant et basculant légèrement en arrière son visage pour mener cette danse.
Les respirations devenaient de plus en plus fortes, les souffles naissant et mourant contre la peau de l'autre. Quelques coups de dents s'égarèrent sur les lèvres. Quelques langues s'échappèrent de leurs bouches, souhaitant dévorer celle qui un temps se présentait ou s'enfuyait en face. L'air ambiant s'alourdissait, palpable et humide au fur et à mesure que les corps tremblaient, se mouvaient l'un contre l'autre, décrochant quelques grognements ou expirations chargées de leurs gorges. Quelques filets de salive ramenaient leurs bouches l'une contre l'autre à chaque fois qu'elles se séparaient, peu importe si une des mèches argentées de Benjamin finissait dans la voie elle finissait rapidement balayée d'un revers de main.
La poigne de Phoenix s'affermissait à chaque instant, comme si ses doigts voulaient pénétrer sous les fibres de son haut, sous la peau blême et incroyablement douce. Benjamin le dévorait, Benjamin l'empoisonnait de son amour et de sa force, Benjamin buvait son être et il n'était pas contre. Ses mains tiraient et tiraient de plus en plus sur ce t-shirt superflu à son goût, ses ongles perçant presque au travers. Sentant ses supplications charnelles, l'homme aux cheveux d'ange retira ce haut – le repliant en deux-trois mouvements par maniaquerie –, avant d'être rapidement rhabillé par les baisers ardents et mordants de Phoenix le long de sa mâchoire, dans son cou, sur sa clavicule, ses épaules. La chaleur de ses paumes et de ses doigts se substituaient au vêtement, caressant et se saisissant des moindres reliefs de son dos, s'attardant parfois même à y enfoncer ses ongles pourtant si ras. Chaque entaille, chaque empoignade ardente tournait la tête de Benjamin, faisait battre son cœur encore plus fort, ses articulations perdant de leur composition. Une perte de contrôle et de moyens que seul Phoenix pouvait lui faire ressentir si fort, que seul Phoenix pouvait rendre aussi précieuse. Il pouvait bien disposer de son corps tout entier, de tout son être après tout, ils avaient bien convenu que ce serait jusqu'à ce que la mort les sépare ? Ces liens sacrés qui leurs étaient interdits, ces liens sacrés du blasphème, ces liens sacrés qu'un quelconque être à la science omniscience supérieure ne pouvait en réalité jamais leur interdire. L'amour, oh non ce n'était pas un crime. La luxure ? Oh oui c'en était un, mais il était prêt à provoquer les foudres du monde, Benjamin n'en avait que faire. Phoenix pouvait le mordre plus fort, passant sa main dans cette nuque poisseuse pour rendre plus intenses les attentions de cette bouche perverses et qui, littéralement, se laissait aller au plaisir de la chair en la bécotant, en la croquant selon ses envies.
Phoenix délogea un dans bras de Benjamin qui s'attardait dans son dos, l'attirant sur ses cuisses. Celui-ci s'y assied, des gestes moins précipités pour ne pas planter ce moment avec une douleur inutile. De ce bref instant apaisé, Phoenix en profitant pour lentement glisser le bout de ses ongles le long de la colonne de Benjamin, lui décrochant un soupir satisfait et un frisson immense. Un sourire large aux lèvres, il s'attaqua ensuite à ces délicates prééminences rosées et pointues que formaient ses tétons : les embrassant tantôt tendrement, tantôt goulument, y abandonnant quelques morsures calculées et terribles qui faisaient couiner de plaisir le procureur. Les tremblements et les frémissements qui parcouraient tous les muscles de son corps faisaient que son sexe gorgé par l'excitation se frottait contre le renflement plus prononcé de son bourreau, augmentant la fièvre qui embrumait ses yeux. Il ne pouvait retenir les gestes de son bassin, certes subtils mais de plus en plus insistants, ces frictions ne faisant qu'accroître son désir et son plaisir surtout quand il sentait les dents de Phoenix presser subitement un peu plus dans sa peau ou son souffle sauter brièvement quand son corps se tendait.
Sans pour autant croiser son regard ou son visage, Benjamin sentit sa moitié être épuisée par la passion, son souffle épuisé et sec trahissant sa fringale. Lentement il déporta sa main dans le sous-vêtement de cet homme qui, selon lui, lui avait suffisamment gâté. Délicatement, il déposa sa main contre sa verge frémissante, la passant et la repassant tout du long, pressant un peu plus par moment en sentant un soupir de soulagement heurter son torse. Ce calme nouveau de Phoenix, Benjamin le prit comme une approbation de son initiative, l'incitant à continuer ces explorations perverses. De son autre main, il abaissa l'élastique de son sous-vêtement, libérant ce membre de ce carcan de tissu. Il le saisit délicatement, l'empoignant sans trop de pression. Chaque geste attentionné faisait s'échapper un gémissement des lèvres de Phoenix, étirées en un sourire pure.
La main délicate et astucieuse de Benjamin le faisait fondre, sa peau froide ne faisant que renforcer les spasmes qui s'emparaient de ses son dos, de ses cuisses et de son ventre. Cette enveloppe voluptueuse et animée, qui s'accélérait et s'accélérait encore, alourdissant la moindre bouffée d'air qui entrait sa trachée, des bronches et ses poumons. Le souffle de Benjamin contre ses cheveux, l'odeur de son eau de Cologne mélangée à sa sueur, la lumière qui réchauffait délicatement sa peau exposée sur laquelle les poils étaient hérissés par le désir. Ce Benjamin. Benjamin. Benjamin qui revenait tout le temps dans sa tête. Benjamin qui revenait tout le temps dans son cœur. Benjamin qu'il ne pouvait et ne pourrait laisser partir quand bien même l'amour pouvait se transformer en haine par simple bêtise ou mégarde. Ce Benjamin qui ne le connaissait que trop bien. Enfin, ce Benjamin nouveau qui avait confiance et qui savait où il allait, ce qu'il voulait. Ce même Benjamin qui se tenait là, sur ses cuisses et dans ses bras, faisant sien en le baptisant de son adoration.
Phoenix releva la tête, encore tremblant, pour retrouver le visage de sa moitié. Son regard était rieur et joueur, léchant avec indécence sa main et ses doigts imbibés de semence. Au coin de ses lèvres, se creusait un sourire satisfait et pervers, beaucoup trop ravi de son œuvre. Ne prenant à peine le temps de reprendre son souffle à cause de cette attitude agréablement agaçante, il attrapa fermement ses épaules et coucha brusquement Benjamin – un cri de surprise lui échappant –, puis s'empara de ses poignets et les plaqua au-dessus de sa tête une fois. Les yeux plantés dans celui qui avait oser le vamper par excès d'aisance et de complaisance dans une activité aussi licencieuse pour son personnage, Phoenix lui lança ce fameux regard que le procureur avait croisé si souvent de l'autre côté de la barre il y a encore quelques années, cet air de « tu n'es pas prêt pour ce qui va arriver ».
« Wright… Je n'aime pas ce regard… Souffla-t-il, haletant à cause de l'excitation qui brûlait sa gorge et ses lèvres.
- Avec tes six partenaires là… Tu as dû entendre parler de safe words hm ?...
- O-Oui ?... S'étouffa Benjamin, la face écarlate.
- Dis-moi « Princesse » si tu as mal, et « Samouraï » si tu veux que j'arrête. OK ?... Je ne veux pas faire des choses qui aggravent ton ventre…
- Entendu... »
Phoenix sourit, il relâcha ses poignets, retirant son t-shirt qui lui collait beaucoup trop à la peau à cause de la sueur et de ses égarements. Son esprit embrumé par trop d'amour, Benjamin ne put résister de déposer ses mains sur les hanches qui se présentaient enfin à lui, osant même presser le haut de sa fesse avant d'être vivement réprimandé et restreint par la force, Phoenix bloquant de nouveau ces membres contre le matelas. A la déglutition lourde et avide qui souleva la pomme d'Adam celui qui se tenait sous lui, il était clair très que celui-ci allait se débattre, se faufiler dans la moindre ouverture, la moindre brèche, la moindre faille pour faire vaciller son aisance, sa domination… Jamais ce fichu procureur abandonnera, pensa Phoenix, croisant ses poignets, les maintenant de la force de quelques doigts – tellement cramponné qu'il en sentit sa peau et ses tendons rouler contre ses os – alors qu'il se penchait pour rattraper son haut qu'il venait déposer sans grand soin sur le bord du lit.
Les mains de Benjamin étaient coincées, liées par ce t-shirt qui venait d'être fermement noué autour d'elles. Il ne pouvait plus que regarder, interdit de toucher. Les muscles et les os de Phoenix ondulait sous sa peau alors qu'il s'était décalé pour retirer son sous-vêtement souillé, la lumière reflétant encore plus fort sur sa peau humide et perlant par endroit. Benjamin resta couché là, sur le dos, ne repliant que légèrement les bras et ne mouvant sa tête que pour essayer de voir ce que l'autre pouvait bien faire tourner vers sa table de chevet. D'un coup, la pièce était plongée dans le noir, seul les faibles lumières de la rue perçant péniblement par la fenêtre, affichant à peine les silhouettes des figures présentes dans la pièce. Il ne voyait presque rien, et cette inconnue faisait battre son cœur un peu plus fort ; ne sachant à quoi s'attendre, malgré les rares craquements, claquements et bruissements que provoquaient les mouvements de Phoenix sur ce lit. Il sentit quelque chose glisser sur sa taille puis sur ses hanches, des paumes rugueuses et brûlantes dont la caresse secrète l'incita à se cambrer légèrement, favorisant l'accès l'élastique du survêtement et de son boxer de doigts agiles malgré la pénombre. La fibre douce et cotonneuse de ce pantalon de fortune le faisait frémir, sentant que Phoenix prenait volontairement son temps et s'appliquait à parcourir ses cuisses, des genoux et ses mollet pour le retirer. Le frottement délicat du tissu contre ses poils fins et clairs était si intenable qu'il ne put s'empêcher de replier légèrement ses jambes pour en finir avec ce frisson immense qui soulevait son dos. Même sans voir quoi que ce soit, il sentait la chaleur de Phoenix se rapprocher de lui : un point humide claqua contre son flanc, se pressa ensuite contre sa poitrine avant qu'un corps mou et ferme, remonte le long de son torse et de son cou pour, finalement s'emparer de ses lèvres et de sa bouche. Le trait de salive déposé sur son buste avec gourmandise devenait de plus en plus froid contre sa peau, agréablement glaçant alors qu'une embrassade chaude et suave réchauffait le reste de son corps. Machinalement, Benjamin redressa ses bras, déposant la naissance de ses paumes contre les cheveux gras et piquant qui se trouvaient dans la voie. A ce simple contact, si bref et si trivial, ce baiser intense et langoureux fut rompu, abandonnant Benjamin seul dans cette danse. La poigne ferme de Phoenix faucha de nouveau ses mains dissidentes, les enfonçant encore contre le matelas. Sauf que cette fois, cette force, cette gravité amplifiée contre cette partie de son corps ne se retira pas. Se plantèrent aussitôt dans la peau de son cou des dents tranchantes, affamées, vampirisantes, punissant ses égarement. Benjamin couina, sursautant à cette morsure d'une violence qu'il n'avait pas vu venir. Sous les doigts opprimants, les liens se serraient et bataillaient pour supporter cette emprise délicieusement douloureuse. Chaque attention que portait Phoenix contre sa peau était si puissante, et pourtant il les avait déjà reçues des centaines de fois : cette surprise, l'impossibilité d'anticiper l'intensité du baiser, du suçon ou de la morsure qui allait suivre était grisante, faisant grimper en lui ce désir d'enfin en finir. Sa tête tournait dans ces ténèbres sensuelles, le péché faisait monter les larmes à ses yeux et menaçait l'explosion de son cœur. De simples jeux de sa bouche sur cette partie si limitée de sa chair étaient déjà trop, il avait besoin d'air.
Une chose lui manquait encore : où était sa main aux caresses astucieuses et doucereuses ?
Cette main droite qui savait lui décrocher ces notes de plaisir du fond de sa gorge, où était-elle ? Ou plutôt, par où et comment allait revenir ? Benjamin avait abandonné cette idée de rechercher les mouvements et les expressions de Phoenix, se contentant de regarder le plafond, de fermer et de parfois rouler les yeux pour laisser son corps se relâcher.
Un soupir lourd souleva une de ses mèches argentées, retombant sur sa joue et sur son nez. Quelque chose venait de se relâcher chez Phoenix, entendant et ressentant le sourire qui frappait son oreille. La seconde main si attendue s'empara de son sexe, mais se contenta de le redresser sans pour autant s'attarder à y faire le moindre mouvement, la moindre pression avec ses doigts. Non… Ce n'était pas eux qui se resserraient sur le haut de sa verge, l'enveloppant lentement malgré une pénétration aisée et douce. Au fur et à mesure que son corps descendait le long de son membre, il sentait la poigne de Phoenix se relâcher, finissant même peut-être par rechercher un appui doux plutôt qu'une quelconque autorité sur. Ses doigts se crispaient puis se relâchaient, au même rythme que sa respiration à l'accueil de ce corps en lui, détendait petit à petit son anneau de chair dont il avait pris le temps de préparer en secret. Cette poursuite de leurs étreintes, cet aboutissement de l'exaltation de leur passion ne pouvait se faire qu'ainsi seule solution que Phoenix avait trouvé pour ne pas le brusquer. Il savait et sentait les besoins qui émanaient du corps et de l'esprit de Benjamin. Il ne pouvait se permettre de laisser passer cette main tendue, cet hardiesse aguicheuse nouvelle, qu'il ne connaissait que trop peu et qu'il ne pouvait se résoudre à ne pas découvrir. Oui, Benjamin était un homme sensuel, un homme de plaisir, un homme de l'amour et de la provocation. Un charisme lubrique et lascif qui animait ses manières depuis si longtemps, sans même qu'il ne se rende compte du succès que cela lui donnait. Lentement, animé par ce devoir de plaisir, envoûté par cette sensation douce et chaude qui remontait dans son corps, Phoenix bougea légèrement son bassin, habitué à la présence de ce membre brûlant en lui, abandonnant par le même moment toute emprise de ces mains dissipées. Ses hanches s'animaient en gestes délicats et calculés, à l'écoute de son propre corps, mais aussi des soupirs et des gémissements qui coulaient des lèvres de Benjamin ces supplications étouffées dans le silence de la nuit qui le poussèrent à exagérer ses va-et-vient.
Chaque coup donné en attirait un nouveau, encore plus prononcé et intense. Bientôt limité par sa position, Phoenix se redressa, accueillant autant que possible ce membre en lui, s'appuyant avec précaution sur le haut de la hanche qui se tenait sous lui pour soulever son bassin, ses genoux ramollissant sous le plaisir. Il percevait vaguement les traits de Benjamin, mais une chose était sûre, ses mains étaient retombée devant son visage, resserrées contre sa bouche pour y dissimuler les quelques cris et jappements qui menaçaient de percer dans la nuit.
Leurs corps se mouvaient, l'un menant une danse de plus en plus frénétique et incontrôlée, l'autre peinant à maintenir sa composition, ses jambes se repliant et se rallongeant à chaque fois que le plaisir le transperçait, à chaque fois que son gland tapait si bien contre sa prostate sensible. Les souffles se raccourcissaient, les gémissements étaient de plus en plus roques et profonds. Les spasmes qui soulevaient leurs muscles de plus en plus pénibles et violent. Des grognements fusaient dans la pièce, transperçant mutuellement leurs cœurs et leurs oreilles, se décrochant des frissons mutuels.
L'union d'un homme avec un homme, peut-être qu'elle était contre nature tellement tout était si bon
