Hey ! Désolé pour l'attente, j'étais en panne d'inspiration. J'espère que cette confrontation vous plaira. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. Si vous trouvez le chapitre un peu court, pas de panique, le prochain promet d'être assez long…
Et merci de suivre cette histoire !
Stella : Merci pour tes reviews, c'est super encourageant =D !
Chapitre 11 : Le prix de la trahison
Comme il l'avait prévu, il fut convoqué par son père. Chez lui. Mauvais signe. Et ce n'était personne de moins que son bras droit et quatre autres hommes qui vinrent le chercher. Ils le regardèrent durement, alors que d'habitude il y avait du respect dans leurs yeux. Si même des gens de moindre stature se permettaient ainsi de le juger, il pouvait craindre le pire de son père. Il n'avait pas dormi. Impossible avec toutes ces questions qui l'assaillaient. Mais la fatigue ne l'empêcha pas de leur rendre leur regard noirs. Il était sûr de lui, il n'était pas un gamin en faute dans cette histoire. C'était une mission suicide, même sans l'intervention de ces… Hikari, ça aurait pu mal tourner. Il s'accrocha à cette conviction pendant le trajet pour ne pas flancher. Ne surtout pas montrer ses doutes à son père. Il devait rester fort.
Sa tête et sa poitrine le faisaient souffrir, mais il devait encaisser, serrer les dents. Le voyage fut silencieux. Il en profita pour rassembler ses idées. Au-delà du fiasco d'hier, auquel il ne pouvait plus rien, il avait réfléchi à ce qu'il avait appris. Il pensait toujours ce qu'il avait dit à Seijuro. Tetsu n'avait aucune raison de leur mentir, et seule une vengeance pouvait expliquer ses actes. Il y croyait. Ou voulait y croire, il n'était pas sûr. Parce que son frère ne pouvait pas lui faire ça, c'était inconcevable. Il devait savoir pour ce clan, il lui fallait des réponses, pour s'assurer qu'il avait raison d'y croire. Si Kagami était bien ce qu'il disait, si l'histoire que lui avaient appris les anciens était biaiser… Tous ses enseignements, toutes les valeurs qu'on lui avait apprises, toute sa vie n'était que mensonge. Satsuki lui avait dit qu'il allait un peu loin en pensant de la sorte. Mais à dire vrai, il se sentait trahi.
Depuis l'enfance, on l'appelle miracle. Depuis qu'il est capable d'en comprendre le sens, il sait qu'il est destiné à de grandes choses, pour le clan. Toute sa vie, on l'a conditionné, formaté dans un but précis. L'unification, la paix, la protection de leurs familles. Alors s'il s'avérait que Hikari avait été -comme il avait cru le comprendre- renié et abandonné à son sort, oui tout n'était que du vent. Son rôle même en devenait remis en cause. Malgré son insomnie et le trouble qui envahissait son esprit, Aomine avait pourtant l'impression d'y voir plus clairement que jamais. Il n'avait été qu'un pion. Un outil plus qu'un héritier pour son père. Avec ses frères, ils avaient été élevés comme du bétail, pour remplir une tâche précise, pour expier une faute que leurs parents avaient commise. Des hypocrites. Il devait confronter son père.
Justement ils arrivaient. Il sortit de la voiture, rajusta sa veste et s'engagea sur le chemin dallée entre la végétation pour rejoindre la maison où il avait grandi. En chemin, il croisa les gardes de son père. Hommes qu'il connaissait, pour la plupart depuis toujours. Il les ignora, bien qu'il sentit leur regard peser sur lui. Les brimades, les corrections, il en avait reçu un certain nombre. Mais pas depuis longtemps. Pourtant c'était ce qui l'attendait, il le savait. Sauf qu'il ne resterait pas sans rien dire comme d'habitude, à part oui monsieur ou d'accord père. Non. Il ne flancherai pas. Il devait savoir. Tetsu avait planté la graine du doute en lui, et quelques heures de nuit arrosée et de lumière sur le passé avait suffi à la faire pousser. Il pouvait sentir les lianes de la peur enserrer son cœur, et les épines de la colère lacérer son âme. Un roncier grandissait en lui et le labourait de l'intérieur.
Ce ne fut pas dans le bureau de son père qu'on le conduisit mais dans le grand salon. Kise et Satsu étaient déjà là. Tête basse. Et les plus proches gens de son père après lui aussi. En fait, la salle était étonnamment pleine. Une lapidation et une humiliation publique hein ? Avec sa nouvelle lucidité il compris que ce n'était pour l'intimider ou de quelconque témoin, mais des boucliers. Comme si ces gens allaient l'empêcher de parler. Son père avait peur de lui et de cet entretien. Cette constatation le frappa et lui rendit l'assurance qu'il avait un peu laissé en route. Il se redressa, bien droit et attendit l'entrée du boss. Elle ne tarda pas.
Son père en imposait. Plus petit que lui mais d'une importante stature. Et l'embonpoint qu'il avait pris avec les années n'enlevait rien à l'impression de force qu'il dégageait. L'aura de colère noire qu'il l'entourait ne faisant que renforcer ce sentiment de puissance. Tous inclinèrent la tête. Tous sauf lui. Les hostilités pouvaient commencer.
"Il me semblait t'avoir enseigner le respect fils."
"Il est bien trop tôt pour les politesses. Voyez-vous j'étais en mission hier et je n'avais que peu dormi quand vos sbires sont venu me chercher aux aurores."
"Une MISSION ? J'appellerai plutôt ça un FIASCO ! Ce que je voulais était simple, le casino de Nash et sa mort ! Au lieu de quoi, l'établissement est au main d'un gang de rue et Gold en fuite je ne sais où !"
"C'était à prévoir…"
"Quand je mets mon fils, mes meilleurs hommes sur le coup, j'attends la perfection ! Rien de moins ! Que vas-tu trouver comme excuse ?"
"Vous ne nous avez laissé que quelques jours pour préparer une attaque d'envergure. Alors que Nash aurait pu être démoli bien plus facilement ! Seulement vous n'avez même pas daigné m'écouter. C'était une mission suicide et vous le savez !"
Il entendit quelques respiration se bloquer, il croisa le regard de sœur, l'implorant de se calmer, ce qui ne fit qu'accentuer sa colère. Comment pouvait-elle rester aveugle ! Son père le regardait, de ce regard froid et brûlant à la fois. Il ne tressaillit pas. Cet homme ne lui faisait plus peur, depuis qu'il avait avoué être effrayé, en s'entourant d'autant de boucliers humains. Aomine senior semblait chercher ses mots. Alors il le poussa à répondre.
"N'est-ce pas père ?"
"Bien sûr que non ! Je te croyais sincèrement capable d'exécuter ces ordres ! D'où ma déception !"
"Je crois plutôt que vous saviez que nous n'étions pas les seuls à convoiter le Golden. Et que si cet événement était une opportunité pour nous elle le serait aussi pour eux. Vous avez préféré risquer nos vies plutôt que de perdre le casino."
"TU DIS N'IMPORTE QUOI !" hurla son père.
"Vraiment ?" répondit-il peu convaincu.
"Jamais je ne t'aurais demandé d'y aller s'il y avait eu le moindre risque ! Tu es mon héritier ! Comment oses tu proférer de telles calomnies !?"
Aomine sourit. La perte de sang froid de son père, les torts qu'il essaye de lui faire porter, il n'y a que la vérité qui fâche. Évidemment que jamais il ne l'aurait envoyé risquer sa vie, mais il avait tout de même raison sur un point. Et il comptait bien le lui faire avouer. Kise avait relevé la tête et le regardait sans comprendre. Satsu surveillait les réactions de leur père, paniquée. Il ne se démonta pas et demanda à nouveau, calmement.
"Vous le saviez, n'est-ce pas ?"
"..."
"Si non pourquoi tant de précipitation ? Vous n'êtes pas réputé être imprudent et _"
"ASSEZ ! Oui c'est vrai ! Il y avait des rumeurs. Ce Tora dont on avait parlé que tu n'as pas pu identifier. Il se trouve que c'était un petit gangster aux USA. Comme Nash vient aussi de là-bas j'ai supposé qu'il pourrait se connaître. Plus les rumeurs de mouvements suspects dans un quartier…"
"Hikari ?"
Son père se figea. Son sourire s'élargit quand il vit la colère laisser place à l'inquiétude dans ses prunelles. Du coin de l'œil il vit Kise hoché la tête, faussement désespéré et Satsu plaqué sa main devant sa bouche, incrédule. Enfin ils en venaient au sujet qu'il voulait. Et il n'avait même pas eu à l'aborder lui-même. Il s'approcha de son géniteur et plongea son regard dans le sien pour ne pas perdre une miette de ses réactions avant de poursuivre.
"C'est ça ? Le quartier anciennement occupé par le clan entièrement décimé qui aurait dû signer les accords de paix ? Qui avait même, si ma mémoire est bonne, proposé ses accords ? C'est de là que viennent les rumeurs ?"
"Ce que vous insinuez là est tout bonnement impossible. Sûrement que c'est un petit gang qui s'est installé là-bas. Comme vous l'avez dit, les Hikari sont morts."
C'est un des anciens qui avait parlé. Ils étaient moins nombreux que lorsqu'il était enfant, quand ils lui avaient appris l'histoire des clans et des guerres les déchirant, mais ils étaient toujours là. Mémoire vivante de cette fable dont il n'avait jamais douté jusqu'à hier. Sans lâcher son père des yeux, de plus en plus pâle, il répondit, sarcastique.
"Ah oui ? Et bien vous devriez réviser votre histoire sensei. Parce que ce n'était pas un petit gang qui nous attendait. Sinon, croyez bien que nous n'aurions pas échoué."
"Daïki ne t'avise pas de plaisanter à ce sujet !"
La voix forte de son père fit taire les chuchotements qui avaient commencé à fleurir dans la salle. Il venait à son tour de planter la graine du doute dans les esprits.
"Je ne suis on ne peut plus sérieux. C'est comme ça qu'ils se sont présentés. Et au vu de leur moyens je n'ai aucune raison de douter qu'ils aient des méthodes similaires aux nôtres. Ces gars étaient des Yakuza papa !"
"Tu en es certain ?"
"Vous en connaissez beaucoup des gangs capables de nous repousser ?"
"Cesses tes sarcasmes ! Si ce que tu dis est vrai, pourquoi maintenant ?"
"Ça je n'ai pas demandé, les flics ont débarqué. Moi ce que je voudrais savoir c'est pourquoi ils étaient là. Alors qu'on m'a appris que cette branche était morte. Ce que je voudrais savoir, c'est pourquoi on n'a rien fait pour aider Hikari, alors qu'on ne devait faire qu'un !"
"Tu n'étais qu'un gosse ! Tu ne sais pas ce que c'était ! Les trois clans devaient s'unir c'est vrai. Mais cette idée n'a pas plus à tout le monde, on a tous eu à faire à des rébellions. J'avais Ezu à maintenir."
"C'est le principe d'une alliance non ? L'entraide."
Son père faisait les cents pas, il tenait ce tique de lui. Il savait qu'il le poussait dans ses retranchements, qu'il n'avait pas prévu ça. Qu'il était maintenant gêné qu'il y est tant de spectateur. Mais leur demander de partir ferait germer les doutes, et courir des bruits dans ses rangs.
"Ah ! Avec une femme ? J'aurais dû écouter mon père, il n'approuvait pas les accords. Mais l'idée avait plein d'avantages et surtout cette Queen était dangereuse. J'ai beaucoup de respect pour ce qu'elle a réussi à faire, mais mener un angle de la triade ?"
"Oh je vois… donc vous n'aviez jamais vraiment envisager qu'elle signe."
"Et puis quoi encore ?!"
Aomine serra les poings à s'en blanchir les phalanges. Il avait l'impression que son père lui avait mis un coup à l'estomac, il avait la nausée. Il posa les yeux sur sa sœur, et dut se faire violence pour rester calme. Elle était livide, accrochée au bras de Ryota qui la soutenait par la taille. Elle venait de comprendre, tout comme lui, qu'elle n'avait jamais eu la place qu'elle pensait avoir. Daïki ne s'était jamais inquiété qu'elle ne porte pas le même nom que lui. Question de sécurité, personne ne devait savoir de qui elle était la fille. Maintenant, il était clair que des deux, c'est lui-même que son père protégeait. Si par malheur il devait lui arriver quelque chose, qu'il ne puisse pas reprendre le clan à la suite de leur père, qu'adviendrait-il de Satsuki ? Puisque pour lui, une femme ne pouvait visiblement pas diriger … Il s'attendait à ce que sa sœur parle, proteste, mais le choc était trop grand. L'aimait-il seulement ? Ou même pour ça, il avait menti ?
"Alors ils méritaient tous de mourir pour avoir suivi une femme ?"
"Bien sûr que non ! Nous espérions récupérer les survivants. Mais aucun n'a daigné revenir, sauf un."
"Je ne serais pas revenu auprès de ceux qui m'ont sacrifié, en pâture à des étrangers non plus. Le Golden… c'était la récompense de Nash, je me trompe ?"
"Étrangers qu'ELLE a introduit. On a pas eu à beaucoup insister pour qu'il lorgne son trône."
"Sauf qu'il a fait du zèle. Il en a massacré plus que prévu. Ces gens auraient dû être les vôtres ! Ils méritaient vengeance ! Nash aurait dû crever pour son abus. Vous avez fait payer à Hikari l'erreur de leur cheffe d'inclure des étrangers dans nos rangs. Mais en attendant vous vous êtes servi d'eux vous aussi, vous avez fraternisé avec eux, vous_"
"AAASSEZ ! Tu n'es qu'un sot ! Change de ton mon fils, le temps de prendre tes propres décisions n'est pas encore venu il me semble. Quand tu auras ma place et seulement alors tu pourras critiquer et remettre en cause mes choix !"
"Pourtant c'est vous même qui m'avez appris à suivre les conseils, mais aussi mon instinct. Et mon instinct me dit que vous avez eu tort, tort que je dois réparer. Ezu a une dette envers Hikari."
"Ce n'est pas ce que fait déjà Kuroko ? Il est avec eux n'est-ce pas ? Et TU n'as pas eu le courage de tuer ce traître !"
Évidement qu'il savait… Après tout, il n'était pas là alors qu'il avait dû être convoqué aussi. Il serra la mâchoire. Parler de Tetsu lui faisait mal. Il avait envie de l'étriper pour ce qu'il lui avait fait, mais il ne pouvait pas s'empêcher de le comprendre. Encore plus maintenant qu'il savait la vérité. Alors encore une fois, il prit sa défense malgré sa rancœur.
"Tss… le départ de Tetsu est le prix à payer pour votre trahison père."
"J'ai toujours su qu'il y avait cette douceur en toi, c'est répugnant ! Ça te rend faible mon fils. Elle ne sied pas à un chef. Certains doivent mourir pour les autres. Et surtout un boss doit rester en lieu sûr quand ça arrive! Ne crois pas que j'ignore que tu t'es joint aux combats, c'était totalement irresponsable si tu savais qu'ils n'étaient pas de simples voyous."
Daïki ricana avec mépris. De nouveaux reproches, un moyen peu subtil de changer de sujet. Et il avait la réponse parfaite à ça. Il laissa son père savourer son silence quelques instants puis il afficha son sourire préféré, enfila son masque d'arrogance et il pointa son père du doigt, histoire d'être encore plus provocant. Il voulait que tous ceux présents le voient comme il le découvrait. Hypocrite, sans honneur et cruel.
"On ne peut pas demander la loyauté et le sacrifice, si on n'est pas capable de faire de même. Au risque de devenir trop gras et trop lent pour fuir en cas de danger."
Certains des hommes d'Aomine senior avaient bougé, prêt à le rosser. Son paternel était maintenant écarlate de colère. Toutes veines dehors, palpitantes. Un furtif regard en diagonale et il vit Kise avec un immense sourire, il le regardait avec admiration. Satsu avait l'air de s'être ressaisit et hocha la tête à son intention. Elle le soutiendrait. Il fut obligé de détacher son regard d'eux lorsque son père le saisit au col pour lui demander, furieux:
"C'est une menace ?"
"Jamais je n'oserai père, c'est un simple constat." Dit il ironique en se dégageant de sa prise.
"TAIS TOI ! Cesse de me défier ou je te tu de mes mains !"
"Et comment feriez-vous ? Je suis votre meilleure arme, vous vous en êtes assuré personnellement."
"Vous devriez vous couper la langue pour manque de respect jeune homme !" s'écria un des anciens.
Il n'y prêta pas attention et d'un mouvement de tête il ordonna à Ryota et Satsu de partir. Ce qu'ils firent discrètement, pendant que tous les regards étaient sur Aomine sénior. Apparemment en pleine lutte interne. Il avait sûrement envie de mater et faire taire son fils par la force, le punir de son insolence mais il était son héritier. Son seul héritier. Alors avec un sourire mauvais, pensant le déstabiliser, il répliqua:
"Je demanderai à Akashi de me prêter la sienne."
Daïki resta d'abord silencieux, cachant son trouble au mieux. Irait-il vraiment jusque-là ? Son père le ferait-il tuer sans sourciller ? Il hésita un peu, n'étant pas tout à fait certain que ce qu'il allait dire était vrai. Mais il choisit d'y croire. C'est tout ce qu'il lui restait à présent.
"Voyez-vous père, ce que ce monde m'a appris, ce que vous m'avez appris, c'est qu'il faut plus que du sang en commun pour faire une famille. Mais aussi du respect et de la confiance. Et à ce titre, Seijuro est bien plus ma famille que la vôtre. Il est bien plus mon frère qu'il n'est le fils d'Akashi-san."
"Il obéira."
"Oh, comme moi vous voulez dire ?"
"..."
Son père tremblait de rage. Il s'éloigna de lui par précaution. Il n'était pas à l'abri d'une gifle. À la place Aomine senior lui indiqua la porte et sur un ton à vous glacer le sang il cria:
"SORT D'ICI ! Sort d'ici avant que l'envie de t'égorger ne prenne le dessus sur ce qu'il me reste de raison !"
Avant d'obéir, dans une courbette pleine de défiance, Daïki répondit:
"À vos ordres, père."
Aomine avait toujours le cœur battant. Il avait réussi à garder son aplomb et son sang-froid pendant tout l'entretien mais il n'en menait pas large. Il frémissait encore en repensant aux regards de son père, à ses paroles. Satsuki était dans ses bras et tremblait aussi par moments. Surement un peu de froid. La brise était fraîche sur l'eau. Kise conduisait le hors-bord qu'ils avaient emprunté. Prendre la route aurait été plus dangereux. Parce que même si Aomine senior n'avait pas exécuté ses menaces sur le moment, il le savait en colère. Très en colère. Jamais il ne lui avait tenu tête de la sorte, et encore moins devant d'autres membres du clan. Ils devaient se planquer le temps qu'il se calme. Le laisser revenir vers lui, et surtout, ne lui donnez aucune excuse supplémentaire de se faire trancher la gorge.
Ils ne parlèrent de ce qui s'était passé qu'une fois arrivé dans une de leur planque. Ryota était euphorique, le vénérant presque d'avoir eu un tel courage. Satsuki, elle, laissa libre court à sa colère. Il avait même dû la retenir, lorsqu'elle eut l'envie d'aller lui dire à son tour tout ce qu'elle pensait de lui.
"Oï Daïki c'était… wow ! Je suis content de ne pas avoir manqué ça ! Je suis sûr que tout le clan en parlera encore dans dix ans ! Haha "
"Humpf… j'aurais quand même préféré me tromper."
"Comment t'as su Dai-chan ?"
"C'est toi qui m'a mis sur la voie quand on a discuté cette nuit. Tu doutais de la version de Tetsu parce que Nash n'aurait jamais eu les moyens d'agir seul. Alors je me suis demandé à qui ça profiterait…"
"D'ailleurs… tu l'as défendu. Tu lui as pardonné alors ?"
"T'es sérieux Ryota ? Mon père a raison, il nous a trahi ! Mais c'était hypocrite de sa part de le dire. Il n'avait pas le droit. C'est tout."
"Ok d'accord…"
Ils laissèrent le silence s'installer un moment, chacun perdu dans ses pensées. Daïki se sentait toujours envahi par ce roncier. Et les révélations de son père ne l'en avaient pas libéré, loin de là. Au contraire, des roses avaient fleuri et l'étouffaient, l'empêchait de respirer normalement. Elle empestait la pourriture. C'est Kise qui le fit sortir de sa torpeur. Un frisson lui courut dans le dos à l'énoncé de son nom, et son cœur accéléra.
"Et si non… tu cites du Kagami depuis quand ?"
"Ryota… ferme là !"
"Ahaha ! En fait tu l'as traité de cinglé hier, mais ce que t'as fait aujourd'hui c'était carrément suicidaire ! Vous êtes pareil. Les mêmes tarés de service !"
"J'ai dit. FERME LÀ !"
Cette fois son frère obéit mais il affichait toujours un sourire de vainqueur et il surpris le gloussement étouffé de Satsu. Elle était apparemment du même avis. Il se renfrogna, ignorant leurs messes basses et envoya un message à Seijuro pour savoir si son entrevue était terminée. Il reçut une réponse environ une heure plus tard: 'Oui. Il faut qu'on parle.' Allons bon… Ça, il le savait. Mais le ton de Seij' n'indiquait rien de réjouissant. Pour toute réponse, il lui précisa dans quelle planque ils attendaient. Il s'autorisa une micro sieste le temps qu'ils arrivent. Sinon, il ne tiendrai jamais le reste de cette journée.
