Thème du jour : Je suis là

Contexte : Ce texte est une fiception de la merveilleuse fic Crie en silence d'Angelica R que je remercie encore pour m'avoir autorisée à utiliser cet UA que j'adore ! (Allez la lire si ce n'est pas déjà fait, cette histoire est tout simplement géniale).


Tyrion était un peu perdu dans le Donjon Rouge.

Cela faisait pourtant quelques semaines qu'il était ici mais il avait l'impression persistante de ne pas être à sa place dans la demeure des rois. Ce n'était pas vraiment la taille du château qui lui posait problème – après tout, il avait grandi à Castral Roc – et il avait mémorisé le chemin qui menait à la bibliothèque en un temps record.

Non, ce qui le dérangeait vraiment, c'étaient les messes basses qui l'accompagnaient où qu'il aille. Tyrion avait l'impression d'être la nouvelle attraction de la cour, quelque chose d'un peu inhabituel qui occupait la première place dans les ragots échangés par les nobles.

Il était devenu une bête de foire, et s'il prétendait que ça ne l'atteignait pas, c'était un mensonge.

C'était dans ces moments-là qu'il se mettait à rêver d'être beau, grand et fort comme Jaime – d'être normal. Parfois, il était même tenté de prier les Sept pour qu'ils lui accordent l'apparence physique qu'il souhaitait avant de se fustiger – les dieux n'avaient pas de merci, les dieux se moquaient totalement de ce qui arrivait aux mortels. C'était bien ce que Père disait sans arrêt, n'est-ce pas ?

Un matin, particulièrement déprimé, il resta enfermé dans sa chambre et regarda par la fenêtre avec mélancolie. Trouverait-il un jour sa place dans le monde ?

Quelqu'un frappa à la porte.

« Entrez. »

Cersei apparut, les sourcils froncés.

« Tu n'es pas descendu pour le petit déjeuner, » remarqua t-elle.

« Je n'ai pas faim. »

Elle croisa les bras sur sa poitrine et s'approcha de lui.

« Dis-moi ce qui ne va pas, » exigea t-elle.

« Tout va bien. Je n'ai pas faim, c'est tout. »

Tyrion comprit qu'il avait échoué à la convaincre quand il croisa son regard. Il poussa un long soupir, réticent à l'idée de lui faire part de ses tourments. Quelque chose lui disait cependant que sa sœur ne le laisserait pas tranquille tant qu'il n'aurait pas craché le morceau.

« On se moque de moi, » lâcha t-il finalement. « Mais j'ai l'habitude. Ce n'est pas si grave, je... »

« Comment ça, on se moque de toi ? »

Lorsque Cersei était avec lui, personne n'osait émettre le moindre petit rire, mais Cersei n'était pas toujours là. On se fichait bien qu'il soit lui aussi le fils de Tywin Lannister – le monde entier savait à quel point celui-ci détestait son fils.

« Les gens rient quand je passe devant eux. »

Il baissa les yeux, honteux de s'être plaint. Cersei s'accroupit et le força à la regarder.

« Pourquoi tu ne me l'as pas dit plus tôt ? »

« Je ne veux pas t'embêter avec ça. »

« Tu ne m'embêtes pas, » lui assura t-elle. « Et tout ceci va cesser. Je te le promets. »

La flamme de la détermination était venue embraser les yeux de Cersei. Il acquiesça timidement.

« Je suis là, d'accord ? Tout va s'arranger. »

Lorsqu'elle le serra contre elle, Tyrion comprit qu'il ne pouvait que la croire.

Cersei était une lionne qui avait tué le dragon fou pour sauver Jaime - que pourraient quelques moutons contre elle ?

« D'accord. »