Chapitre 12 : Manipuler son ennemi

Quelques jours après qu'Harlock ait quitté la zone de torture, la reine reçut un message du duc de Péhant. Celui-ci désirait pouvoir passer la soirée avec son épouse. La reine accepta avec joie. Isabelle soupira de soulagement lorsque la nouvelle arriva. Elle allait devoir donner son maximum pour qu'Oscar ait envie de l'emmener avec lui. Son royal époux s'étant installé dans l'ancien palais érigé par Von Kiel, il lui serait facile de s'éclipser grâce aux dizaines de passages secrets afin de pouvoir mener à bien son plan de rébellion qui affaiblirait un peu plus celui qui survivrait d'Oscar ou de son père. Elle sourit intérieurement. Tout comme avec Von Stadt, elle allait devoir offrir à l'homme qui allait partager son lit une nuit inoubliable. Lorsqu'elle apprit de la bouche de la reine que le jeune amant du duc ferait parti des invités, elle comprit qu'Oscar allait la mettre eu pied du mur concernant la petite partie fine à trois qu'elle avait proposée. Elle se prépara pour le fameux soir, la reine ayant choisi de retourner près de l'ancien sanctuaire afin de révéler à Oscar, preuves à l'appui, l'existence des fameux gardiens pour que celui-ci, ne désirant pas perdre son pouvoir, choisisse de les éliminer. De plus, il ne fallait surtout pas qu'il les affronte frontalement. Elle avait les preuves nécessaires pour cela, plusieurs documents dont elle avait caché l'existence à Harlock. Celui-ci quelque peu remis de ces tourments mais dont l'âme était toujours dévastée par ce qu'il avait subi, se promenait régulièrement dans le vaisseau de la reine. Il dormait peu, faisant des cauchemars dès qu'il fermait son œil valide. La reine lassée de l'entendre hurler en pleine nuit lorsqu'il se réveillait en sursaut lui avait ordonné de finalement aller dormir dans ses appartements une fois qu'elle était rassasiée sur le plan sexuel. Harlock s'était exécuté docilement. Il ne lui refusait rien mais il ne parlait jamais ce qui avait un côté lassant. Le capitaine comme à son accoutumé se promenait dans le vaisseau lorsqu'il se retrouva face à face avec Isabelle. Celle-ci en le voyant tressaillit. Le regard d'Harlock était si triste que cela lui faisait mal à l'estomac.

- Bonsoir Hans, le salua-t-elle gênée.

- Bonsoir, répondit-il d'une voix éteinte.

- Je vais aller choisir ce que je vais porter pour le repas avec Oscar, vous voulez bien m'accompagner ? Proposa-t-elle.

Harlock s'exécuta ne répondant ni par l'affirmative ni par la négative. Il obéissait comme si il s'agissait d'un ordre. Le cœur d'Isabelle se serra. Harlock n'était plus le même homme et par conséquent perdait tout intérêt. Elle se doutait que la reine avait agi par jalousie. Elle trouvait cela tellement injuste. Une fois la reine partie, elle aurait été certaine de pouvoir négocier avec Hans, pourquoi avait-il fallu que cette garce impose sa volonté ? A cause d'elle, Harlock était devenu un homme sans intérêt qui n'excitait absolument plus sur le plan intellectuel. Il n'avait plus rien de l'homme courageux, unique qu'il était. Ils entrèrent dans l'appartement. La jeune femme se choisit une tenue qu'elle essaya devant le capitaine. Elle se mit nue devant lui et celui-ci ne cilla pas. Il restait là, à la regarder comme si elle était aussi intéressante qu'une planche en bois. Il était tel un robot, sans âme. Elle eut beau onduler des hanches faire admirer sa chute de reins, ses seins, rien ne réveilla la libido du capitaine. Même si il avait simulé l'indifférence son œil aurait au minimum réagit, hors là, il n'en n'était rien.

Il serait plus excité en regardant un bol de soupe ! Pensa-t-elle en colère.

Ce regard vide commençait à l'énerver. Elle s'approcha de lui, planta son regard dans celui du capitaine en posant ses mains sur son torse. La tunique que la reine le forçait à porter était très fine, limite transparente. Elle défit le laçage puis glissa ses mains à l'intérieur pour dégager le torse. Harlock se laissait totalement faire.

- J'ai envie de toi, susurra-t-elle à son oreille. Surpasse-toi !

Le capitaine eut un temps d'hésitation, se demandant s'il avait l'obligation de satisfaire la jeune femme dans ce domaine, la reine ne lui ayant donné aucun ordre dans ce sens.

- Il te faut une autorisation ou quoi ? Il me semblait que ces fichues nanos devaient te faire obéir à moi tout comme à Sylvidra ! Explosa Isabelle. Baise-moi imbécile !

- Je ne sais pas si je dois, je n'ai pas reçu d'ordre de la reine en ce sens, hésita Harlock en continuant à chercher une réponse.

Les nanos semblaient hésiter sur la marche à suivre .Elles s'apprêtaient à exécuter l'ordre lorsque perdant patience et en colère, Isabelle le gifla de toutes ses forces. Le capitaine recula de plusieurs mètres par réflexe. Isabelle put voir de la peur dans son regard, il était même terrorisé alors qu'il se réfugiait à l'autre bout de la pièce. La jeune femme réalisa ce qu'elle avait fait. Elle observa Harlock, il tremblait. La reine avait donc fait tant de dégâts que cela ? Elle voulut s'approcher mais le capitaine recula vers la porte.

- Je suis désolée Hans, s'excusa-t-elle en espérant le calmer.

Seulement cette remarque n'eut aucun effet. Les nanos se retrouvaient impuissantes face à la crise de panique du capitaine de l'Arcadia. Harlock la regardait avec terreur. Isabelle observa un peu mieux cet homme qui auparavant était si fort. .La partie du torse qu'elle avait dégagé était couverte de cicatrices d'entailles et de brûlures. Certaines entailles étaient même brûlées en surface. La peau du capitaine avait du mal à cicatriser et ce malgré les baumes. Isabelle, le cœur serré, se dirigea vers sa penderie, en sortie des sous-vêtements provocants ainsi qu'une robe très osée choisis exprès pour cette fameuse soirée avec son époux. En s'habillant, elle regarda Harlock qui ne se décontractait guère. En mettant sa guêpière elle fit claquer les élastiques du porte-jarretelles par mégarde ce qui fit tressaillir le capitaine de l'Arcadia. Elle acheva de s'habiller puis se maquilla. Une fois qu'elle fut prête, la reine entra sans s'annoncer. Elle regarda en ricanant le capitaine de l'Arcadia qui semblait apeuré. Sylvidra s'approcha de la jeune femme qui se retourna lorsqu'elle fut à sa hauteur.

- J'espère que vous n'avez pas songé à vous amuser avant la grande soirée qui vous attend, se moqua la reine. Vous devez garder toutes vos forces, Oscar risque de ne pas vous ménager.

- Ne vous inquiétez pas ! Il n'a même pas été fichu de m'embrasser ! Grinça Isabelle. Vous l'avez mis dans un tel état que je n'en retire plus rien ! Il me semblait que nous avions un accord !

- Qui sera applicable lorsque vous serez reine, j'en ai décidé ainsi Isabelle. Je garde Harlock pour moi pour le moment, vous en ferez ce que vous vous voudrez plus tard. Intima la reine.

- Si il peut encore coucher n'est-ce pas ? S'agaça la future reine. Il me paraît même incapable de faire quoi que ce soit avec une femme si les nanos ne prennent pas le contrôle !

- C'est un choix stratégique !

- Ce n'est pas ce qui était convenu et vous le savez ! On dirait un pétochard ! Ragea Isabelle. Il ne présente plus aucun intérêt ! Pourquoi avez-vous fait cela ?

- Eliza Zone, avoua la reine.

- Ne me dîtes pas que vous pensez qu'elle pourra le récupérer vivant ! S'exclama Isabelle surprise. Pas avec toutes les précautions que nous avons prise !

- Ne jamais sous-estimer un adversaire Isabelle, conseilla Sylvidra.

- Si elle le récupère, elle verra ce que vous en avez fait et croyez-moi, elle vous le fera payer !

- A vous aussi je vous signale, ricana la reine. Après tout, c'est vous que me l'avez livré !

Isabelle se mit à trembler. La reine s'éloigna en riant.

- Oscar ne va plus tarder, rejoignez moi dès que possible. Hans, retournes à ton appartement, ton repas te sera servi là-bas ! Ordonna la reine sèchement.

Le capitaine de l'Arcadia obéit immédiatement. Isabelle le regarda, le cœur brisé obtempérer comme un gentil petit animal docile. Elle serra les poings de colère alors que la reine lui emboîtait le pas avec ses gardes royaux. Elle eut un violent haut le cœur qui la fit se précipiter vers la cuvette des toilettes où elle rendit le peu qu'elle avait dans l'estomac. Elle se rinça la bouche puis elle prit une pastille à la menthe pour retirer l'épouvantable odeur de son haleine. Elle quitta ensuite son logement pour se rendre sur la piste où devait atterrir le vaisseau de son époux qui arriva quelques minutes plus tard. Oscar descendit, accompagné par son amant et fut soufflé par la tenue très aguicheuse de la jeune femme. Isabelle avait décidé de lui sortir le grand jeu ce qui n'était pas pour lui déplaire. Il s'approcha, lui fit un tendre baiser sur la joue puis l'admira

- Vous êtes resplendissante Isabelle, la flatta-t-il.

- Merci Oscar, je suis ravie que ma tenue vous plaise. J'espère que ce soir j'aurai droit à plus qu'à ce tendre baiser, minauda-t-elle.

- Ne vous inquiétez pas pour cela, assura le duc. Ce soir je passe la nuit avec vous et si vraiment nous arrivons à nous entendre dans ce cas il y en aura beaucoup d'autres.

- J'en serai vraiment heureuse. Bonsoir Friedrich, salua-t-elle en faisant un clin d'œil à l'amant du duc.

- Bonsoir Isabelle, se contenta-t-il en souriant. Je pense que nous devrions y aller, ce n'est pas très poli de faire patienter la reine des Mazones de cette façon.

- Suivez-moi, les invita-t-elle avec un clin d'œil aguicheur.

Elle les mena jusqu'à la salle à manger où la reine patientait dans un des hauts fauteuils capitonnés. Elle se leva à leur arrivée, salua les deux hommes puis les invita à s'asseoir. Oscar et son amant s'installèrent auprès de la reine, face à face, tandis qu'Isabelle se plaçait face à la reine, un sourire de connivence sur les lèvres. Les apéritifs furent servis par deux domestiques qui s'éclipsèrent très rapidement.

- Alors Oscar, avez-vous des nouvelles de Von Kiel ? S'enquit la reine.

- Nous avons fouillé les différentes zones indiquées par Isabelle mais son père a fait évacuer les bases en urgence et nous ne savons pas où il se terre, indiqua Oscar après avoir vidé son verre d'alcool.

- Ne perdez pas espoir, affirma Isabelle. Il n'y a pas tant d'endroits que cela où il puisse se cacher, à moins qu'il n'ait choisi la fuite mais j'en doute. Il va vouloir vous attaquez lâchement lorsque vous vous y attendrez le moins, par surprise.

- C'est plus que probable, accorda Von Stadt. Est-ce que votre père à quelques stratèges dans son entourage ?

- Le meilleur était Harlock mais comme nous le savons tous à présent, c'était une pomme pourrie, grinça Isabelle. Il en a quelques-uns comme le baron d'Eprenville et le duc d'Aulnoy.

- Ils sont pas mal, mais pas aussi forts que moi ce qui conforte mon point de vue, nous finirons par l'avoir, soutint Oscar

- Je l'espère mais cela risque de ne pas se faire sans perte du côté des civils ce qui est problématique. Une guerre violente pourrait conduire à une révolte, suggéra Isabelle.

- Ils sont trop lâches pour ça Isabelle, sourit Oscar. Ils se contenteront de se cacher en attendant que la tempête passe. Ils ne penseront qu'à sauver leur peau. La Résistance n'est plus là pour les protéger et les organiser. Qui plus est, quelle importance que quelques millions de personnes se fassent massacrer si après cela nous avons la victoire.

- Il ne faut pas oublier les Illumidas Oscar, rappela la reine.

- Pour cela j'ai déjà ma stratégie, affirma Oscar.

- Peut être mon jeune ami mais ils disposent d'une puissance de feu considérable vous feriez mieux de trouver le moyen d'augmenter la vôtre, conseilla la reine.

- Je fais bâtir de nouveaux bâtiments ne vous inquiétez pas.

- Je ne pensais pas à cela, révéla la reine en souriant. Il vous faudrait de bien meilleurs canons qui dégageraient des tirs beaucoup plus puissants

- Vous nous proposez des armes Sylvidra ? L'interrogea Oscar en souriant.

- Non, mais je connais le moyen d'avoir une puissance de feu plus importante, glissa la reine.

- Laquelle ? La questionna Oscar intrigué.

- Une vieille légende, révéla la reine en finissant son verre

Oscar éclata de rire.

- Sylvidra, je ne crois pas aux chimères et aux contes de fées !

- Minute mon jeune ami, certes il s'agissait en théorie d'une légende mais j'ai la preuve de sa réalité, soutint la reine.

-Sylvidra, il vaudrait mieux pour vous avoir des preuves solides. Je n'aime pas qu'on se paye ma tête ! Menaça Oscar.

L'entrée fut servie puis la discussion repris

- Dîtes moi ce que vous savez sur cette fameuse légende. L'interrogea Oscar en souriant.

- Est-ce que vous vous y connaissez en mythologie grecque ? S'enquit la reine avant de croquer une tomate cerise.

- J'ai quelques vagues notions, mentit Oscar qui avaient reçus une éducation des plus complètes.

- Je vais vous révélez une chose, la raison pour laquelle nous n'avons pas envahi la Terre lorsque les humains ont commencé à se rebeller dans l'Antiquité…Lâcha la reine en souriant.

Elle se tu pendant plusieurs secondes laissant planer le mystère

- Nous avons été vaincu et fichu dehors, avoua-t-elle en riant.

- Par qui ? S'étonna le duc surpris

- Par les humains, indiqua la reine sans cesser de sourire.

Face au regard interloqué de son invité elle reprit

- Mais pas n'importe lesquels, affirma-t-elle. Des humains capables de dégager une énergie telle qu'elle pouvait désintégrer les boucliers de guerre les plus performants ainsi que les vaisseaux qui disposaient du meilleur blindage

- Vraiment ? Insista Oscar de plus en plus surpris.

- Il y a des milliers d'années, une femme répondant au nom d'Athéna aidée par ses chevaliers nous a mis une sévère correction au point que nous avons été obligé de nous incliner puis, en deux mille deux cent seize après J C, les armures pour une raison inconnue ont quitté la Terre ainsi que les futurs chevaliers pour une planète inconnue. Imaginez Oscar, si vous retrouviez ces armures, vous pourriez vous servir de leur effroyable pouvoir contre Von Kiel ou contre les Illumidas.

- C'est impossible ! Douta Oscar. Personne n'a jamais entendu parler de ce pouvoir

- Il y a longtemps il a été découvert puis caché et vous vous doutez bien que j'ai tout fait lorsque j'ai gagné pour que personne ne connaisse jamais l'identité de ces êtres, affirma la reine

- Pourquoi en parler maintenant ? Grinça Oscar. Si vous avez détruit toutes les preuves, je ne voie pas comment les localiser !

- Tout n'est pas détruit, sourit la reine. Pourquoi croyez-vous que je me sois posée ici ?

- Vous savez où ils sont ? S'enquit Von Stadt

- Non, mais je peux vous fournir un début de piste

- Pourquoi ne pas les rechercher vous-même ? Vous auriez pu les détruire ? Soupçonna Oscar

- Parce que je suis une Mazone, ces gens-là ne nous laisseraient jamais les approcher. Mais vous, vous le pouvez, vous êtes un être humain comme eux, un enfant de la Terre en plus. Vous avez toutes les chances d'obtenir leur aide. Affirma la reine.

- Et s'ils la refusent ? L'interrogea Oscar

- D'après vous ? Rétorqua la reine avec un sourire cruel aux lèvres.

- Élimination, affirma Oscar

- Mais, surtout pas frontalement, insinua la reine. Après tout vous avez encore le virus que mes chercheurs ont mis au point dans vos stocks non ?

- C'est vrai que si nous arrivons avant la Résistance, ils ne disposeront pas du vaccin mis au point par le laboratoire d'Harlock ce qui fait que lorsque la Résistance arrivera, si elle les trouve, elle n'aura que des cadavres à interroger

- Elle les trouvera, soutint la reine durement. N'oubliez pas qu'ils ont Eliza Zone qui a changé de métier pour devenir archéologue spatiale, elle les trouvera.

- Je serai curieux de savoir ce que vous avez découvert sur eux, reconnu Oscar.

- Après le repas, je vous emmènerai sur le site de l'ancien sanctuaire du zodiaque, proposa la reine.

La reine, une fois le dessert ainsi que les cafés savourés, emmena ses invités sur le site archéologique. Ils allèrent jusqu'à la maison du bélier où un minicopter les mena jusqu'aux restes du palais du pope. Oscar observait le site attentivement. Malgré leur grand âge les bâtiments avaient bien résisté au temps, beaucoup de sculptures ornaient les temples notamment un dont l'entrée était encadrée par deux bouddhas géants. La reine les mena ensuite au cimetière des chevaliers où Oscar pu constater que toutes les tombes avaient été fouillées. Le petit appareil se posa et les passagers descendirent. Oscar s'approcha de la première tombe et fut surpris de trouver des restes calcinés

- Que s'est-il passé ? S'étonna-t-il.

- Pour une raison qui nous échappe, dans le courant des années mille neuf cent quatre-vingt-onze, le cimetière a été entièrement brûlé, indiqua la reine.

- Vous avez pu dater les ossements ? S'enquit Oscar en récupérant les restes d'un fémur dans la tombe qui se trouvait près de lui.

- Oui, vous avez ici d'après ce qui était inscrit sur la pierre tombale le corps de Camus, chevalier d'or du verseau, mort lors de la bataille du sanctuaire, révéla la reine. Il serait décédé en mille neuf cent quatre-vingt-six comme, les chevaliers d'or du capricorne, du cancer, des gémeaux et des poissons. Pour le reste des chevaliers d'or, ils auraient perdus la vie en mille neuf cent quatre-vingt-onze. En fait il semblerait que tous les deux cent quarante-trois ans une guerre provoque la mort de pratiquement tous les chevaliers.

- Qu'a donné l'analyse ADN ? Questionna Oscar en laissant tomber le bout d'os dans la tombe.

- Une chose bien étrange, indiqua la reine. Vous, vous doutez bien que lorsque j'ai trouvé ces tombes, je me suis empressée d'exiger qu'un prélèvement soit fait et qu'il fut comparé à la totalité des humains Je ne m'attendais pas à découvrir cela, mais il semblerait en comparant l'ADN des différents chevaliers à travers les siècles qu'ils ont tous certains points communs génétiques. De plus ils ont dû se reproduire car l'ADN en question était très présent chez bon nombre d'êtres humains

- Que vous vous êtes dépêché de faire éliminer au cas où, comprit Oscar en riant.

- Un seul en a réchappé mais à présent il est mort, affirma la reine.

- Qui ? S'étonna Oscar.

- Harlock, avoua la reine. Son ADN est assez proche de l'homme à qui appartenait le fémur avec lequel vous vous êtes amusé.

- Ça c'est incroyable ! S'exclama Von Stadt surpris.

- De quel type de modifications génétiques parlons-nous Sylvidra ? S'enquit Oscar avec un sourire en coin.

- Une évolution supérieure aux autres êtres humains. Apparemment pour pouvoir se servir des armures et gérer une telle énergie il fallait des capacités très particulières.

- Avez-vous vérifié l'ADN de votre fils et de votre petit-fils ? L'interrogea Oscar soupçonneux.

- Aucun d'eux n'a hérité des gênes en question.

- Mais les gosses d'Eliza Zone peut-être, suggéra Oscar. Il faudra aussi régler ce problème. Après tout une fois que j'aurai vaincu les Illumidas il serait bon d'éliminer cette descendance encombrante et de faire analyser l'ADN des Résistants une fois que nous aurons trouvé sur quelle planète ils se sont installés…A quelle date avez-vous fait ses analyses Sylvidra ?

- Il y a peu, reconnut la reine. Cette zone montagneuse est très particulière, même par satellite on ne pouvait voir ce qui s'y cachait. Je l'ai trouvé il y a cinq ans, reconnut la reine.

- Autrement dit, vous n'avez pas pu vérifier toute la population. Beaucoup de gens lorsqu'ils sont entrés dans la Résistance se sont arrangés pour passer pour mort et Kimura a fait disparaître les relevés génétiques les concernant. Il y en a forcément dans les Résistants. Je suppose que vous n'avez pas l'ADN de Kimura ?

- Non, mais on peut peut-être le trouver ? Vous pensez qu'il est l'un d'entre eux ? S'étonna la reine

- Vous avez dit que l'ADN en question était très présent dans la population. Kimura peut l'avoir ce qui veut dire que le gosse qu'il a donné à Nynna Kimura l'aurait en lui, lui aussi.

- Vous ne pensez tout de même pas que c'est l'influence de cet ADN qui a fait qu'une Résistance s'est créée ? Réalisa la reine angoissée.

- Et pourquoi pas, ils peuvent l'avoir tous en eux, surtout les chefs et ceux qui ont combattu ! Soutint Oscar. Je pensais que je pouvais régler le problème de la Résistance plus tard, de plus j'envisageais d'épargner les gosses mais à présent je sais que ce serait probablement une erreur ! Je ne peux pas prendre le risque qu'ils découvrent l'existence de ces armures et que leur descendance puisse s'en servir pour me déchoir de mon trône ! Je vais retrouver la planète où sont ses chevaliers, les exterminer puis plus tard, une fois que je me serai débarrassé de Von Kiel, je viendrai les récupérer pour éliminer les Illumidas puis les derniers Résistants !

Il retourna au minicopter accompagné par Sylvidra qui fit un clin d'œil à Isabelle en voyant son air inquiet. L'appareil les ramena au vaisseau. Isabelle, invita son époux ainsi que son amant à se rendre à ses appartements pendant qu'elle allait saluer la reine pour la nuit. Elle rejoignit très rapidement la reine à ses appartements. Harlock y était lui aussi, allongé, au lit, attendant que la reine s'installe à son tour pour se repaître de ses charmes. La reine portait une tenue très affriolante ce qui étonna Isabelle. Elle ne voyait pas l'intérêt de porter ce genre de tenue devant Harlock, rien ne semblait éveiller la libido de cet homme. Elle regarda du côté du capitaine. Elle constata que son œil valide était toujours aussi vide et triste. Elle baissa les yeux, essuya rapidement la larme qui s'était malencontreusement échappée puis releva la tête lorsque la reine arriva près d'elle.

- Pourquoi avoir donné de tels renseignements à Oscar ? S'inquiéta Isabelle. S'il met la main sur les armures, il pourrait nous battre !

- Aucun risque. Pour qu'elles fonctionnent, il faut que le porteur ou celui qui utilise leur énergie ait les gênes correspondant, hors même si Oscar l'a en lui il ne peut s'en servir car il est pollué par l'hybridation. Sans compter que même si la thérapie génétique corrige certains dégâts elle ne corrigera pas tout et Oscar ne pourra pas se servir des armures. De plus le reste de la population de Gaïa n'a pas l'ADN des chevaliers d'Athéna. Oscar peut les prendre mais elles ne lui serviront à rien, affirma la reine.

- Mais alors pourquoi ? S'étonna la jeune femme.

- Parce que ces gens sont une menace, ils doivent disparaître, une fois Oscar vaincu, nous pourrons récupérer les armures et nous en servir contre les Illumidas.

- Pourquoi ne pas demander leur aide aux chevaliers ?

- Parce qu'ils ne nous l'accorderont pas, même pas à vous. Ils fouilleront votre âme, découvriront vos plans et refuseront de vous aider. Par contre ils aideront sans problème la Résistance c'est pourquoi ils doivent disparaître !

- D'accord, accepta Isabelle. Mais, même à nous, ces armures seront d'aucune utilité puisque nous n'avons personne pour s'en servir

- Oh que si ! S'exclama la reine en riant. Vous oubliez qui se trouve dans mon lit à l'heure actuelle !

Isabelle regarda vers Harlock, l'homme apparenté à l'ancien chevalier d'or du verseau puis sourit de contentement. C'est vrai, elles avaient entre leurs mains le dernier humain de cette portion de la galaxie à avoir les gênes des chevaliers d'Athéna.

- Rejoignez votre époux, conseilla Sylvidra en souriant

- Veillez bien sur notre trésor, souhaita Isabelle en faisant un clin d'œil à la reine.

Celle-ci le lui rendit en refermant la porte derrière la jeune femme. Isabelle se dirigea d'un pas pressé vers ses appartements où l'attendaient les deux hommes. Oscar avait demandé à son amant de rester en pensant qu'Isabelle se dégonflerait à la dernière minute en voyant que la nuit se ferait à deux hommes contre une femme. Celle-ci entra et sourit à ses deux amants. Elle s'approcha de sa coiffeuse, retira ses bijoux puis retourna auprès des deux aristocrates.

- Si je comprends bien, j'ai enfin droit à la petite partie fine promise, se réjouit Isabelle.

- Une fois lancé, hors de question de faire marche arrière, nous sommes bien d'accord Isabelle, insinua Oscar en l'enlaçant.

- Voyons très cher, je suis une femme très curieuse, j'adore la nouveauté mais je pense que c'est vous qui allez être surpris, Friedrich a bien du vous faire un rapport détaillé de mes besoins et capacités, roucoula Isabelle en se tournant vers Von Stadt

Elle fit au jeune homme une œillade coquine tandis que sa main s'égarait sur l'intimité du duc qu'elle caressa voluptueusement.

- Vous ne nous rejoignez pas Friedrich ? L'invita Isabelle.

Oscar lui fit signe d'approcher. Le jeune homme s'inclina, il savait exactement ce que ça allait donner. Oscar allait perdre son pari et ils allaient se retrouver à s'envoyer en l'air sur le lit une bonne partie de la nuit bien qu'il espérait que deux hommes auraient plus vite raison des forces d'Isabelle qu'un seul. Il se plaça derrière la jeune princesse, pencha sa tête sur le côté puis l'embrassa fougueusement tandis qu'Oscar ouvrait la fermeture éclair de la robe qui glissa au sol révélant la guêpière. Oscar commença à déposer des baisers sur la gorge de la jeune femme tout en plongeant sa main dans la culotte, s'emparant de son intimité qu'il titilla en douceur faisant gémir Isabelle. La jeune femme savourait cette douce caresse. L'attitude d'Oscar était très différente de celle qu'il avait autrefois lorsqu'il lui faisait l'amour. Après qu'elle eut pris peur pendant la nuit de noces, il bâclait le travail. Il se soulageait et s'éloignait très vite d'elle. Elle avait pris beaucoup de plaisir pendant la nuit de noces mais comme dans son couvent on l'avait sermonné sur le plaisir de la chair elle avait craint finir en enfer et son attitude avait refroidit son époux de manière extrême. Elle avait bien tenté de relancer la flamme alors qu'elle jouait les épouses parfaites mais rien n'avait fonctionné, Oscar se contentait du service minimum, s'enivrant de plaisir dans les bras d'autres partenaires. Lorsqu'elle avait goûté aux charmes de Friedrich, elle avait été agréablement surprise et elle espérait bien que la nuit de noces qu'elle avait connues dans les bras d'Oscar n'était qu'un avant-goût de ses capacités réelles. Après tout, rien ne l'empêchait de prendre du plaisir pendant qu'elle mettait en place son nouveau plan. Friedrich, glissa ses mains dans les bonnets, s'empara des pointes des seins qu'il pinça délicatement afin de les faire durcir. Isabelle sourit, Friedrich la connaissait décidément très bien. La double attention dont elle bénéficiait l'excitait de plus en plus. Elle sentit une vague de chaleur l'envahir alors qu'elle se frottait aux deux hommes sans pudeur. L'intimité d'Oscar enfla rapidement ce qui la ravit. Isabelle cessa d'embrasser Friedrich, sourit avec concupiscence à Oscar, s'agenouilla, ouvrit la braguette, libéra l'intimité de son époux dont ses lèvres s'emparèrent. Oscar fut surpris, Friedrich lui avait bien affirmé qu'Isabelle était très douée mais il n'en croyait rien. Il reconnut son erreur en sentant la langue d'Isabelle le titiller voluptueusement. Au début elle y alla tout en douceur, excitant encore plus son époux qui gémissait de plaisir. Elle se fit de plus en plus gourmande, Oscar avait l'impression qu'elle voulait dévorer son dragon tant elle se montrait insistante. Friedrich se pencha à son tour, glissa sa main dans la culotte de la jeune femme afin de continuer à la préparer. Von Stadt savait qu'Oscar risquait de la prendre de manière brutale, juste pour pouvoir éteindre rapidement le feu qu'était en train d'allumer Isabelle. De son autre main il défit la guêpière, ne laissant que le porte-jarretelles. Il déposa de doux baisers sur le dos d'Isabelle tout en laissant s'égarer sa langue ce qui excita énormément la jeune femme qui gémissait de plaisir. Friedrich s'allongea au sol, passa sa tête entre les cuisses de la splendide créature qui s'offrait à lui puis se servit de sa langue pour la rendre ivre de plaisir. Elle hurla deux minutes plus tard tant les méthodes de Von Stadt étaient efficaces. Oscar, désireux de prendre plus de plaisir, releva rapidement Isabelle, la traîna jusqu'au mur, la plaqua brutalement contre la cloison, lui fit écarter les jambes puis la souleva du sol, passant les jambes de la jeune femme autour de sa taille où celle-ci s'appuya avec plaisir. Il la pénétra directement, Isabelle était fin prête et l'accueillit avec délice. Elle était à armes égales avec lui à présent, elle n'était plus la blanche colombe qu'il avait épousé et elle allait le lui prouver. Oscar fut surpris, l'accueil fait à son intimité était plus que chaleureux, Isabelle était même en demande. Les violents coups de rein d'Oscar la faisaient hurler d'extase. Elle se collait à lui, planta ses ongles dans sa peau à chaque orgasme, le mordant avec délectation. Elle l'incitait à y aller encore et encore, à se montrer encore plus intense ce qui fit que le duc ne se retint plus. Isabelle voulait qu'il se donne totalement. Il ne se ferait pas prier. Ses mouvements devinrent extrêmement puissants. Isabelle était ivre de plaisir, Oscar était un amant exceptionnel. Elle ne pensait pas qu'une relation intime avec lui pouvait être aussi intense, elle prenait presque autant de plaisir avec lui que quand elle avait fait l'amour avec Harlock. Elle réalisa alors qu'elle avait juste à se donner totalement, à ne plus se restreindre, elle devait faire tomber ses dernières réticences. Oscar lui promettait des heures d'extase absolue. Elle se donna totalement, jouissant souvent à chaque fois de plus en plus fort ce qui comblait Oscar. Il avait du mal à se retenir tant le contact avec Isabelle était puissant .Il prenait du plaisir comme jamais. Lors de leur nuit de noces il avait senti qu'Isabelle prenait du plaisir mais après la douche froide qu'il avait subi alors qu'elle l'avait repoussé horrifiée après avoir jouit, il s'était désintéressé d'elle mais à présent, Isabelle grâce à Harlock était devenu une femme à part entière, absolument sublime qui le rendait fou de plaisir. Cette idée le vexa et il se montra encore plus gourmand ce qui provoqua un nouvel orgasme à sa partenaire.

-C'est divin ! Hurla d'extase Isabelle. Plus fort Oscar !

Il ne se fit pas prier, il était ravi, elle ne simulait pas, ça il en était certain son intimité était moite d'extase, brûlante, insatiable. Isabelle n'arrivait pas à croire à ce qu'il se passait entre eux. Elle prenait un plaisir si intense qu'elle perdait pied. Sans s'en rendre compte elle mordit l'épaule d'Oscar alors qu'elle jouissait de nouveau. Elle lui fit ensuite un suçon ce qui rendit fou de plaisir le jeune homme qui accéléra ses mouvements. Friedrich, délaissé, se satisfaisait en les regardant. Ils étaient absolument magnifiques, s'aimant avec passion. L'ébat était limite obscène tant il était devenu intense. Friedrich évacua son plaisir à plusieurs reprises, le liquide se déversant sur les deux amants qui ne s'apercevaient de rien. Il n'y avait plus aucune retenu entre les deux époux, c'était à celui qui ferait rendre grâce à son partenaire en premier. Isabelle s'y entendait bien à ce jeu-là. Leurs lèvres s'unirent en un baiser passionné puis Oscar atteignit le point de non-retour. Il se répandit en elle en gémissant. Isabelle alors qu'Oscar lui assénait les derniers coups de rein liés à son orgasme jouit elle aussi si fort qu'elle se mit à trembler. Cela n'avait jamais été aussi intense entre eux. Oscar était forcé de reconnaître que Von Stadt avait raison, Isabelle lorsqu'elle se donnait vraiment était une amante hors pair. Ils restèrent quelques minutes collés l'un çà l'autre, Oscar reprenant son souffle tandis qu'Isabelle laissait de nouveau sa marque sur l'épaule qui s'offrait à elle. Étrangement, elle se sentait heureuse, comblée et c'était la première fois depuis le début de leur mariage. Il finit par la poser au sol, délicatement, respirant profondément. Isabelle sentit son souffle chaud sur son cou ce qui la troubla, auparavant le contact même de cet homme la révulsait, elle avait bien changé depuis leur nuit de noces et la découverte des plaisirs variés de son cher époux. Elle avait été longue à comprendre que le fait qu'Oscar aimait aussi de temps pimenter ses ébats en ajoutant un homme serait un avantage pour elle. Car après tout, ces deux messieurs redoublaient d'attention pour elle. Elle était forcée de reconnaître qu'en tant qu'amant Oscar était très doué et pourrait rivaliser avec le capitaine de l'Arcadia.

- Ne me dîtes pas que c'est déjà terminé Oscar, se moqua Isabelle.

- Dix minutes de répit et je vous garantis que je vous fais grimper aux rideaux, s'amusa le duc.

- J'apprécierai assez que Von Stadt participe un peu plus, glissa-t-elle en souriant.

- On n'a pas amené ce qu'il fallait, avoua Oscar.

- J'ai ce qu'il faut dans la table de nuit, Oscar, roucoula la jeune femme. J'ai encore une boîte complète dans le tiroir, je pense que cela suffira non ?

Oscar lui sourit. Friedrich qui était un habitué des lieux récupéra la boîte ainsi que le lubrifiant. Isabelle leur fit un sourire aguicheur en allant s'allonger sur le lit. Friedrich la rejoignit. Il s'était entièrement déshabillé. Les lèvres d'Isabelle s'emparèrent de son intimité qui se dressa farouchement. Une fois prêt, il parcourut de sa langue le corps d'Isabelle puis s'arrêta à son mont de Vénus qu'il caressa de sa langue sous le regard luisant de désir d'Oscar qui était à nouveau prêt au combat. Friedrich s'attarda divinement sur les bords de la grotte de la jeune femme, il caressa amoureusement le bouton de plaisir arrachant à sa partenaire des gémissements de plaisir puis sa langue se glissa à l'intérieur ce qui fit perdre pied à Isabelle. Elle hurla son extase ce qui fit sourire les deux hommes. La jeune femme était chaude comme la braise et à point pour reprendre leur petit jeu à trois. Isabelle prit une protection dans la boîte qu'elle donna à Friedrich. Celui-ci la mit pendant que la jeune femme s'installait confortablement sur le lit. Friedrich la pénétra alors, commença les mouvements de va-et-vient qui rendaient ivre de plaisir Isabelle qui gémissait. Friedrich ne comprenait pas ce qui lui arrivait, il avait toujours préféré les hommes mais faire l'amour avec Isabelle lui procurait autant de plaisir et il en arrivait à envier Oscar d'avoir une épouse devenue si gourmande. La douce moiteur de l'intimité d'Isabelle lui plaisait énormément. Il démarra doucement puis accéléra donnant de temps en temps des petits coups de rein brutaux qui firent jouir Isabelle. Elle hurla son plaisir en s'agrippant à Von Stadt. Le duc de Péhant les observa en se caressant, son dragon luisait de désir et un fin filet de liquide s'échappait de lui, la bête s'impatientait. Oscar se protégea à son tour, lubrifia son intimité puis pénétra Friedrich qui malgré les coups de rein de son amant arrivait à suivre son rythme normal. Pour Isabelle la sensation fut étrange, elle pouvait ressentir les répercussions des coups de rein de son époux ce qui lui procurait encore plus de plaisir. Elle gémissait, savourant ces mouvements intenses, parfois un peu brutaux. Elle avait l'impression d'avoir face à elle des étalons sauvages. Friedrich tenait au mieux, le double plaisir était dur à gérer. Oscar savait exactement où se trouvait son point sensible et il le caressait à la perfection. Et les mouvements d'Isabelle qui faisaient échos aux siens étaient tout simplement parfaits. Le jeune homme avait l'impression d'être au paradis. Il était au bord de l'explosion mais il résistait, il voulait faire preuve de même résistance qu'Oscar. Isabelle hurla son extase à plusieurs reprises, elle devenait folle, perdait pied, ses deux amants la comblant de manière si intense qu'elle perdait la notion du temps. Elle avait même perdu le compte de ses orgasmes. Elle qui voulait comparer avec ce qu'elle avait eu droit avec Harlock, se retrouvait à même plus savoir compter. Elle réalisa alors que ses orgasmes s'enchaînaient très vite et ils devenaient à chaque fois de plus en plus forts. Cela lui était si bon qu'elle ne cessait de leur hurler de continuer encore et encore, elle devait insatiable. Les deux hommes à bout finirent par jouir à leur tour ensemble. Von Stadt se retira doucement en regardant Isabelle qui tremblait d'extase. Elle posa ses yeux sur lui et sur Oscar. Celui-ci en se retirant de Von Stadt planta son regard dans celui de son épouse et il se retrouva à deux doigts de rougir. Isabelle le dévorait des yeux. Elle en redemandait de toute évidence et il serait ravi de la satisfaire. Isabelle se redressa, s'agenouilla sur le lit puis se redressa offrant sa poitrine au regard gourmand des deux hommes. Elle fit signe du doigt à Oscar d'approcher .Celui-ci sourit et lorsqu'il fut tout près d'elle elle se jeta sur lui l'embrassant à pleine bouche dans un baiser passionné, sa langue entraînant celle du duc de Péhant dans une danse obscène et folle de désir. Oscar répondait avec la même passion caressant le corps d'albâtre de sa jeune épouse. Ils s'embrassèrent longuement avec passion puis elle rompit le baiser pour faire signe à Von Stadt de se joindre à eux et le baiser repris aussi intense et gourmand. Quelques minutes plus tard le jeu reprit, Oscar se chargeant cette fois ci de mener son épouse à l'extase. Les deux amants étaient enragés. Isabelle avait décidé d'exprimer toute sa colère ainsi que la frustration accumulée depuis le début de son mariage en chevauchant farouchement son époux. Elle le tenait enfin, il était à elle, elle allait lui montrer ce qu'elle voulait de lui. Oscar ne fut pas long à comprendre, Isabelle le désirait mais elle lui en voulait. Cependant elle semblait vouloir enterrer la hache de guerre ce qui le rendit heureux. Ils allaient finalement former un vrai couple. Cependant Isabelle y allait vraiment très fort, il y répondait avec la même intensité et elle prenait un plaisir juste incroyable mais il était au bord de l'explosion. Isabelle était insatiable, elle menait la danse comme une experte le rendant fou de plaisir. Elle arrivait à suivre sans problème face aux deux hommes. Ils multiplièrent les positions, toutes plus exubérantes les unes que les autres. Oscar avait du mal à croire qu'une nuit dans les bras d'Harlock pouvait avoir eu cet effet, cela en disait long sur les capacités amoureuses du capitaine qui devait savoir rendre folle sa partenaire. Il s'abandonna encore et encore jusqu'à l'épuisement. Ce fut lui qui cria grâce en premier, épuisé, à bout de souffle.

La reine des Mazones une fois qu'elle fut suffisamment satisfaite sur le plan intime, se rendit près des appartements d'Isabelle pour s'assurer que tout se passait comme prévu. Alors qu'elle approchait elle entendit très distinctement les bruits caractéristiques d'un rapport intense. Elle fut surprise en entendant trois voix distinctes. Oscar avait pris au mot Isabelle et celle-ci avait décidé de montrer à son époux de quel bois elle se chauffait. Elle sourit de contentement, tout se passait comme prévu, Oscar après une nuit pareille s'empresserait de demander à récupérer son épouse ce que la reine serait ravie d'accepter une fois bien sûr que les hybrides seraient soignés et qu'elle serait sur le départ. Elle avait déjà prévu ce qu'il fallait pour sa fuite. Ce serait ensuite à Isabelle de jouer, de créer un groupe politique qui la choisirait comme reine plutôt qu'Oscar en tant que roi et le meilleur atout dont elle disposait était Harlock, les gens le choisiraient automatiquement comme roi ou tout du moins comme reine celle qui ferait de lui son amant royal. Elle écoutait attentivement et se demanda si Oscar était un coup exceptionnel ou si Isabelle simulait. Après quelques minutes le doute n'était plus permis, Oscar était très doué tout comme Harlock. Elle sourit, elle allait se régaler en visionnant la vidéo des ébats de ce trio torride. Elle espéra que le duc ne mettrait pas Isabelle enceinte trop rapidement car une telle grossesse épuiserait la jeune femme, la rendant incapable d'agir pour leur avenir à toutes les deux. La reine s'apprêtait à s'éloigner lorsqu'elle fut prise d'un vertige qui la forçat à s'appuyer à la cloison. Alors qu'elle repartait un second malaise se manifesta. Elle décida de se rendre directement auprès du médecin. Celle-ci en voyant sa reine bien plus pâle que d'habitude l'invita à s'asseoir. Elle releva la manche de la souveraine, préleva un peu de sang qu'elle s'empressa de mettre dans l'analyseur. Le résultat tomba quelques minutes plus tard.

- Vous êtes enceinte votre altesse, révéla le médecin.

- Si vite ? S'enthousiasma la reine

- Oui mais votre état est tout frais, vous êtes à environ une semaine, vous allez devoir vous ménagez, conseilla la praticienne

- C'est ridicule ! S'exclama la reine. Pour Mark j'étais en pleine forme jusqu'au bout !

- Vous aviez cent quinze années de moins, rappela la doctoresse. Vous saviez qu'à votre âge la grossesse serait plus difficile.

- Très bien, céda la reine. Autre chose ?

- Oui, il faut que vous cessiez dès maintenant certaines activités, balbutia la Mazone embarrassée.

- Vraiment ? Grinça la reine. Lesquelles par exemple ?

- Je pense que vous vous en doutez un peu, votre tension est très faible, votre taux de sucre assez bas, vous sortez probablement d'une activité épuisante.

- Je me retrouve privée de sexe aussi ? S'indigna la reine. C'est Harlock qui va être content !

- Je suis désolée votre altesse mais étant donné votre âge il était évident que vous devriez faire certains sacrifices pour mettre au monde la future reine.

- Rien ne garantit que ce sera une fille, douta la reine. Dans combien de temps le test ADN avec les cellules du bébé qui se promènent dans mon sang ?

- Lors du troisième mois, indiqua la praticienne. De toute façon peu importe le sexe du bébé vous êtes obligée de le mener à terme. Il en a toujours été ainsi, une Mazone ne peut être avortée sans prendre le risque d'être rendue stérile par l'intervention.

La reine se leva sans la remercier puis sortit sans la saluer. Elle prit la direction des appartements d'Harlock. Elle y entra directement. Elle trouva le capitaine, allongé, l'œil valide grand ouvert, amorphe, ne réagissant même pas à son arrivée. Sylvidra soupira, Isabelle avait raison, elle y était allée beaucoup trop fort et le regrettait à présent. Elle s'approcha de lui, lui caressa les cheveux en espérant provoquer une réaction mais rien ne vint. Harlock ne réagissait plus que lorsqu'il était menacé et il tremblait alors comme une feuille. Elle avait réussi à briser un homme qui avait la réputation d'être indestructible. Elle soupira à nouveau en quittant la chambre. Elle commençait même à se demander s'il arriverait à élever l'enfant une fois qu'il naîtrait.

Maître Arthur Stone regardait pensivement la rue qui se trouvait à une cinquantaine de mètres sous la baie vitrée de son bureau tout en sirotant son café du matin. L'homme chargé de le surveiller était toujours là. L'avocat s'en moquait. Il se souvenait exactement à quel moment il avait été placé sous surveillance. Il y a de cela trois mois, lorsqu'il avait appris la mise aux arrêts du capitaine de l'Arcadia il avait contacté le tribunal de Mars ainsi que son procureur. Ayant reçu une fin de non-recevoir, obstiné, très inquiet pour son client, l'avocat avait pris le premier vaisseau en partance pour Mars. Une fois arrivé au spatio-port, il avait filé directement au tribunal où il demanda à pouvoir rencontrer le procureur chargé de l'affaire. La secrétaire le fit patienter des heures dans la salle d'attente. Le procureur revint au bureau le soir, en tenue de golfeur accompagné par le juge chargé du procès. En les apercevant, l'avocat s'était alors précipité vers eux.

- Bonjour votre honneur, monsieur le procureur, je suis maître Arthur Stone spécialisé dans le droit criminel, se présenta-t-il. Je suis ici parce qu'un de mes clients a été arrêté.

- Qui ? L'interrogea le procureur en souriant

- Le duc Hans Ludwig Von Harlock

Les sourires disparurent

- Harlock a perdu tous ses titres de noblesse ! Soutint le procureur d'une voix dure. Il n'est qu'un vulgaire traître !

- Très bien, mais je suis son avocat et j'aimerai pouvoir le voir, souhaita Arthur Stone

- Stone… Vous êtes un avocat qui s'est spécialisé pour transformer des coupables en des innocents, c'est bien cela ? Se remémora le juge avec mépris

- J'estime que tout le monde a droit à la justice et à être correctement représenté, je ne fais que mon travail, se justifia maître Stone

- Désolé mais hors de question qu'Harlock s'en sorte ! Éructa le procureur. Vous n'êtes pas autorisé à le voir, ni à devenir son avocat

- Et que faites-vous des droits de la défense ? S'indigna l'avocat.

- Harlock a perdu tous ses droits en trahissant sa caste et en aidant ce dictateur de Kimura ! Décida le procureur d'une voix sèche.

- Nous sommes dans un état de droits vous ne pouvez pas priver les accusés d'avocat ! Affirma Stone.

- Pour le moment ! Martela le procureur. De plus Harlock est coupable, inutile de perdre du temps dans un procès long et coûteux et tout cela pour qu'un avocat des criminels s'enrichisse sur le dos des contribuables !

- C'est vrai j'ai défendu des criminels qui étaient coupables mais vous et moi nous savons très bien qu'Harlock est innocent ! Appuya l'avocat.

- Nous lui fournirons un avocat monsieur Stone mais il est hors de question que vous fourriez votre nez dans cette affaire ! Décida le juge.

- De plus il n'est pas la peine d'aller voir la presse, elle ne vous écoutera pas, prévint le procureur en souriant. Je suis vraiment désolé maître Stone mais vous avez perdu votre temps en venant ici.

Les deux hommes de loi s'éloignèrent en éclatant de rire en se faisant une franche accolade. Stone, en colère, les regarda entrer dans le bureau du procureur, probablement pour y déguster un bon verre d'alcool en pariant sur la durée du procès. L'avocat repris son attaché-case, descendit les escaliers pour se calmer puis sortit du tribunal. Une fois dans la rue, il prit une grande bouffée d'air frais. Il se rendit ensuite dans le premier hôtel qu'il trouva sur sa route. Tout en se promenant dans les rues il vit des hologrammes de très grande taille être exposés dans le ciel de la ville. Ils étaient composés des gros titres de la presse ainsi que des photos des accusés. En s'installant dans sa chambre, il regarda à l'extérieur, les hologrammes aux couleurs criardes lui donnèrent envie de vomir aussi ferma-t-il les rideaux avec colère. Il ne mangea pas, toute cette affaire lui avait coupé l'appétit. Il était vrai qu'il avait aidé des criminels à s'en sortir lorsque le Consortium était en place mais il était grassement payer par ce groupe politique qui craignait plus que tout que des criminels condamnés ne finissent par balancer à la presse ou la Résistance ce qu'ils savaient. Il avait donc fait libéré des criminels qui disparaissaient à jamais dès qu'ils étaient à l'extérieur. Une fois la démocratie en place, la justice avait semblé fonctionner réellement pour la première fois depuis l'occupation par Gaïa. Stone avait été obligé de réduire son activité, les criminels faisant beaucoup moins appel à lui pour les défendre. L'avocat ne le niait pas, il était un requin. Il avait choisi cette branche de la justice pour l'argent, mais sa rencontre avec Harlock avait quelque peu changé la donne. Pour la première fois de sa vie, il avait rendu un homme heureux en lui permettant de pouvoir voir ses enfants. Étrangement cela lui avait beaucoup de bien. Stone avait beaucoup d'argent de côté, il avait largement de quoi prendre sa retraite du barreau et il avait envisagé d'offrir son talent aux victimes. Harlock en était une tout comme son ami. Le Consortium était revenu et tenait plus que tout que ces deux hommes soient ses premières victimes. L'avocat s'endormit devant la télévision. Le lendemain matin, le flash spécial le réveilla. Les journalistes annoncèrent que le procès serait filmé et diffusé sur toutes les chaînes de la galaxie. Pour Stone, les aristocrates tenaient vraiment à clouer Harlock au pilori. Le capitaine allait payer très cher sa grande noblesse d'âme. Au démarrage du procès, il commença à enregistrer pour garder un fichier vidéo de toute cette mascarade. Il entendit les différents chefs d'accusation qui lui firent grincer des dents puis il entendit le témoignage du duc de Péhant qui le fit bondir de son siège tant celui-ci sentait la comédie. Lorsque les caméras se tournèrent vers le capitaine, il zooma pour voir son regard. Son cœur se serra, l'œil d'Harlock était d'une tristesse infinie. Le capitaine semblait blessé au plus haut point, ce n'était pas tant le témoignage que quelque chose qu'il gardait caché. Stone le regarda attentivement, il diminua le zoom et remarqua que Kimura semblait vouloir soutenir son ami. Ce fut lorsque l'accusation de viol tomba qu'il comprit.

- Mon Dieu, Hans ! Murmura-t-il. Pourquoi ne m'aviez-vous rien dit lorsque vous êtes venu me parler de vos petits ? Quand je pense que c'est ce monstre qui a été votre témoin de moralité. Comment avez-vous fait pour supporter sa présence à vos côtés ? En tout cas c'est brillant faire accuser la victime de ce que son bourreau lui a fait. Bien vu monsieur le procureur.

Harlock et son ami furent condamnés sans surprise. Stone écœuré, réserva un billet pour le prochain vol pour Amos. Il assista comme tout le monde à l'évasion des deux condamnés à la télévision. Il fut le seul à bondir de joie et à applaudir. Les autres passagers le regardèrent, inquiets, mais l'avocat n'en n'avait cure, Harlock et Kimura allaient s'en sortir et c'était tout ce qui importait à ses yeux. Sans qu'il ne se soit aperçu de rien, un homme le surveillait pour le compte des aristocrates. Il retourna le cœur léger à son bureau où sa secrétaire lui remis le pli d'une convocation pour subir le vaccin annuel. En la voyant, l'avocat eut des doutes. Le vaccin annuel était destiné à combattre le virus crée par Sylvidra, il l'avait subi son injection dès l'année précédente, il ne comprenait pas pourquoi il devrait en subir une nouvelle. En voyant le logo du Consortium, il comprit que ses membres mijotaient encore un nouveau plan contre la population aussi décidât il de prendre certaines précautions avant de s'y rendre. Il se rendit dans un grand magasin de la ville où il acheta une boîte pour enfant destinée à réaliser des farces pour Halloween. Le matériel qui se trouvait à l'intérieur permettait de faire des membres humains plus vrais que nature. Il rentra chez lui, sortit les différents éléments qu'il installa sur la table de sa cuisine. Il prépara ensuite de la peau qui était presque identique à celle d'un être humain, suffisamment absorbante pour pouvoir garder en son sein le fameux vaccin. Elle était l'exacte réplique de la sienne que ce soit en aspect ou au toucher. Il recouvrit toute la surface de son biceps avec elle ci. L'injection se faisant par pistolet injecteur, les médecins ne s'apercevraient même pas de la supercherie. Le lendemain, il se rendit au rendez-vous à l'heure indiquée. Il attendit patiemment son tour puis entra dans le cabinet où une charmante infirmière lui fit l'injection. Elle le fit ensuite patienter une demi-heure dans une salle de repos avant de le laisser partir. Stone sortit, descendit les escaliers, traversa le parc puis remonta l'avenue afin de prendre le transport en commun. Il circulait tranquillement tout en faisant un peu de lèche-vitrine. Il s'arrêta près d'une boutique d'art chinois où il remarqua un très joli vase. Ce fut là qu'il le vit pour la première fois grâce au reflet de la vitrine. Un homme le suivait. Son regard était dur, il était très musclé et ses cheveux coupés en brosse. Il ne fut pas long à deviner sa provenance. Il s'agissait d'un des miliciens du Consortium. Stone garda son calme, observant le vase, puis il entra dans la boutique afin de l'acheter. Il surveillait du coin de l'œil le militaire pendant que la vendeuse encaissait la vente et lui faisait un joli paquet. Il sortit, en regardant droit devant lui comme si il ne voyait pas cet homme qui l'observait fixement.

Heureusement que je connais l'art d'ignorer l'éléphant qui se trouve dans la pièce, pensa-t-il.

Il reprit sa route, sans se presser. A sa grande surprise l'homme ne se cachait plus. Il ne s'était aperçu de rien en allant à la clinique ce qui ne pouvait signifier qu'une seule chose, l'homme s'était montré discret, aussi ne comprenait-il pas pourquoi ce n'était plus le cas. Quelque chose avait dû changer. Il toucha machinalement le faux biceps qui avait subi l'injection. Il commençait à se demander s'il n'y avait pas un lien avec ce mystérieux traitement. Son cœur battait de plus en plus vite dans sa poitrine, l'angoisse le rongeait. Il ne devait surtout pas céder à la panique. Il continua sa route comme si de rien n'était. Il prit la première navette de transport qui l'amena à sa maison qui se trouvait dans un des quartiers chics de la capitale. Il entra, verrouilla derrière lui puis observa dans l'œilleton de la porte son mystérieux suiveur. Il se rendit ensuite au salon où il retira le faux biceps. Il découpa la zone où avait été faîtes l'injection, la trancha en petits morceaux, en plaça plusieurs dans un tube a essais qu'il empli d'eau distillée puis il le mit dans l'analyseur offert par un trafiquant de drogue qu'il avait sorti d'affaire.

- Un jour ça te servira, avait affirmé Romero Scarpieri

Il avait gentiment accepté le cadeau en se disant que cela était une idée absurde mais à présent il comprenait l'intérêt d'une telle machine et remerciât silencieusement l'ancien mafieux, exécuté par le Consortium une semaine plus tard. Son corps fut retrouvé dans un terrain vague et l'avocat fut convoqué pour l'identifier.

L'analyse fut longue. L'appareil indiqua finalement la présence de modules inconnus dans l'échantillon ce qui inquiétât l'avocat. Il sortit l'éprouvette qu'il plaça près d'une source lumineuse Il y avait d'étranges particules en suspension dans le liquide. Stone alluma alors son microscope ainsi que l'écran tridimensionnelle. Il plaça un peu de liquide sur une plaque de verre qu'il glissa sous la lunette de l'appareil. Ce qui s'affichât à l'écran le cloua sur place. Pour être certain de ce qu'il voyait il augmenta la résolution puis resta plusieurs minutes à regarder les modules se promener dans le liquide, se heurter à sa limite puis rebrousser chemin pour tenter leur chance de l'autre côté.

- De la nanotechnologie, murmura Stone.

Il réalisa toutes les implications de cette découverte. L'ordre de vaccination provenant du Consortium, il était évident qu'ils savaient ce qui était injecté. Stone récupéra l'échantillon, le rapport d'analyse, se précipita au sous-sol avec le tout afin de l'enfermer dans son coffre à double tour. C'était en ce lieu qu'il conservait certains dossiers sensibles. Il était indétectable, parfaitement dissimulé derrière un pan de mur. Une fois les preuves en sécurité il remonta afin de jeter un œil dans l'œilleton, son mystérieux suiveur était toujours là, installé dans une voiture à surveiller la maison. L'inquiétude gagnait l'avocat. Il s'assit dans son fauteuil, alluma la télévision puis réfléchit longuement.

Que sont censées faire ces choses ? S'interrogea-t-il. Apparemment elles sont actives dès leur injection….Que dois-je faire ?...Si mon espion ne s'est plus caché dès qu'elles m'ont été injectées c'est qu'elles doivent probablement agir sur le cerveau mais dans quel but ?

Il finit par s'endormir dans son fauteuil. Il se réveilla le lendemain matin après un cauchemar terrifiant. Il prit une douche, se rasa puis passa un costume impeccable. Il descendit à son garage afin de prendre sa voiture dans le but de se rendre à son bureau à l'heure habituelle. Pendant tout le trajet, il observa les gens qui circulaient dans la rue, vaquant à leurs occupations quotidiennes. Personne ne semblait affecté par les modules. Stone commença à se dire que ce traitement de faveur devait être réservé qu'à certaines personnes, peut-être que les aristocrates et le Consortium tenaient à mettre que quelques personnes sous contrôle et étant donné qu'il avait tenté de défendre Harlock pendant son procès, il était plus que probable que les nouveaux maîtres de la galaxie le trouvant dangereux aient décidé de le contrôler. Il ne comprenait pas pourquoi est-ce qu'ils le laissaient en vie, il suffisait de le faire abattre, le Consortium disposait de suffisamment d'hommes pour exécuter ce genre de tâche. Il arriva finalement à son bureau, salua sa secrétaire puis repris les affaires en cours comme si de rien n'était. Les jours suivant la vie avait repris son cour pour l'avocat, il y avait toujours l'homme chargé de le surveiller mais l'avocat se contenta de l'ignorer. Stone était désormais certain que les nanos injectées auraient dû agir sur son cerveau en rendant cet homme parfaitement invisible à ses yeux. Il se rendit aux dîners d'affaire, où l'homme le suivit, s'installa à une table proche de la sienne. L'homme de loi, rusé, lui fit exactement croire que le plan avait parfaitement fonctionné. Stone poursuivit son petit manège pendant plus d'un mois puis peu de temps avant le départ de la Résistance en exil, il assista à un étrange phénomène. Il finissait sa journée de travail, lorsqu'il vit sa secrétaire se lever, préparer ses affaires alors qu'il restait encore une heure de travail. Surpris, il la rejoignit dans le hall et l'appela.

- Ludivine ?

La secrétaire ne répondit pas. Il s'approcha en voyant qu'elle ne semblait même pas réagir à sa présence. Il se plaça devant elle, la regarda dans les yeux et comprit qu'il y avait un problème. Les yeux de la secrétaire étaient vides. Il passa devant la main devant mais il n'y eut aucune réaction à ce geste. Stupéfait, il la regarda terminer de se préparer puis sortir tel un robot. Stone l'accompagna jusqu'à l'ascenseur en l'appelant mais rien n'y fit. La secrétaire machinalement éteignit la lumière puis mit en route le système d'alarme avant de s'engouffrer dans l'ascenseur dont les portes venaient juste de s'ouvrir. Il était bondé, les gens avaient tous le même regard vide ce qui glaça l'avocat. Stone stupéfait recula, les portes se refermèrent le laissant là, perdu, à se demander ce qu'était cet étrange phénomène. Il retourna à son bureau, dont il éteignit la lumière avant de rejoindre la baie vitrée. Il regarda vers la rue où il aperçut une foule épaisse, continue, de piétons en train de quitter les bâtiments puis se rendre d'un pas mesuré à leur domicile, tout du moins, il supposait que c'était à leur domicile. Il prépara son attaché-case puis descendit à son tour en prenant l'ascenseur suivant qui était empli de personnes ressemblant à des zombis. Comprenant que finalement l'ensemble de la population était sous nanos, il décida de jouer le jeu. Tel un robot, il descendit au parking, prit sa voiture puis s'engouffra dans l'immense flot de véhicules qui noyait l'avenue alors que l'on était loin de l'heure de pointe habituelle. Lentement, progressivement, il quitta le centre-ville. Étrangement l'homme chargé de le surveiller n'était plus là, il devait être certain que tout se déroulait comme prévu. Stone arriva chez lui deux heures plus tard. Prenant soin de ne pas saluer ses voisins comme il le faisait d'habitude, il rentra chez lui et alluma la télévision. Les programmes suivaient relativement leur court, Mélina Church présentant son journal télévisé à l'heure habituelle.

- Apparemment tout le monde n'est pas sous nanos, grinça l'avocat.

Les gens restèrent chez eux pendant des jours, Le premier décembre, la télévision grâce aux satellites de surveillance filma la fuite des Résistants ainsi que le massacre des vaisseaux restés pour couvrir leurs arrières. Stone assista, impuissant, bouleversé, au massacre de l'Arcadia. Alors que les tirs s'acharnaient sur le vaisseau en perdition il bondit de son fauteuil.

- Mais arrêtez bande de montres ! Vous voyez bien qu'il est fichu ! Hurla-t-il en pleurant.

Il regarda la lente agonie de l'Arcadia, secoué d'explosions qui se crasha sur le premier astéroïde qui le croisa. Horrifié, en larmes, il retomba sur son fauteuil alors que Mélina Church chantait les louanges de l'armada du duc et sa brillante victoire sur le traître Von Harlock. En colère, il prit un vase qu'il jeta à la tête de la journaliste ce qui arrêta la télévision. Il pleura longtemps. Une fois Harlock vaincu, le lendemain, les gens sortirent de chez eux et reprirent une vie normale comme si de rien n'était. Stone, en sortant de chez lui, salua son voisin qui lui rendit son geste mais étrangement Stone eut l'impression que son regard était emplit de peur. Quelques jours plus tard, son voisin, Billy Masson vint le voir un soir et demanda à lui parler, ce fut là qu'il comprit la grande prévoyance de Ryo Kimura qui avait tenu plus que tout à protéger la population de ces monstres manipulateurs. Il sourit de gratitude et choisit ce soir-là de poursuivre dans une voie qui était à l'opposé de ses propres intérêts.