C'était toujours étrange, quand un matin, on vous appelait pour vous dire que votre paternel avait eu un accident et avait été amené à l'hôpital.

Sanji n'était pas un gars qui paniquait facilement, sûrement dû au fait que dès très jeune, il avait dû apprendre à tenir les rênes du restaurant et à gérer une équipe d'hommes et femmes. Le blond gérait son stress en général très bien et était celui qui calmait souvent quand le vent de panique se faisait.

Zoro avait vite remarqué que tout cet apprentissage disparaissait très facilement quand ça touchait les gens auxquels le cuistot tenait.

Bien sûr, il le cachait bien mais le policier avait l'habitude maintenant. Il voyait les petits gestes, les petits tics qui montraient que rien n'allait.

« Papy va aller bien ? » demanda la petite rose sur ses genoux alors qu'ils attendaient dans la salle d'attente des urgences. Elle n'était plus si petite à présent mais il n'arrivait pas à se faire à l'idée qu'elle grandissait.

« On saura ça quand le médecin reviendra. » répondit-il doucement, tout en ne lâchant pas des yeux son mari qui faisait les cent pas devant eux. Il aurait pu creuser une tranchée à lui seul si le sol n'était pas du carrelage dur.

Il savait que, techniquement, quoi qu'il se passe avec Zeff aujourd'hui, le vieux n'aurait plus aucuns réels droits sur le restaurant. Les assurances avaient déjà prévenus les BlackLeg plusieurs fois sur le fait que c'était le temps de faire passer la main à Sanji, bien que les deux hommes soient aussi têtus l'un que l'autre sur le fait que le vieux posséderai son bébé jusqu'à sa mort.

Les assurances, la banque et les fournisseurs n'allaient pas accepter que le vieux grincheux reste en tant que patron et associé après ça, quoique ce soit le ça. Les risques n'allaient qu'augmenter avec son âge, tous le monde le savaient. Sanji faisait déjà de gros efforts pour masquer les nombreuses choses qu'il faisait dans le dos de son paternel pour lui faire gagner du temps et ne pas le fatiguer outre mesure.

Il se levait également plus tôt depuis plusieurs mois pour superviser les livraisons et ouvrir le restaurant aux premiers employés de la matinée. Zeff n'était plus le premier arrivé, il était aidé par son fils adoptif et cela l'ennuyait fortement.

Zoro était presque sûr que le vieux savait très bien tout ce que le blond faisait dans son dos. Mais il devait sûrement lui aussi se rendre compte qu'il commençait à ne plus pouvoir gérer la vie de restaurateur.

Bien sûr, Sanji ne le virerai jamais des cuisines ou du Baratie si jamais son paternel décidait de passer mais c'était dur pour les deux hommes de se dire que les choses allaient changer.

« Monsieur BlackLeg. » la voix du médecin fit pivoter la petite famille et arrêter son homme dans ses pas multiples. « Vous pouvez rentre visite à votre père. Je vous explique ce qu'il a en chemin vers la chambre. »

Toko le regarda et il lui lança un sourit rassurant. Le grand-père allait survivre, il lui fallait plus que ça pour le mettre au sol.

« Ivankov va arriver dans la minute, je vais l'attendre là. » lança-t-il à son mari qui acquiesça difficilement. « Va, j'te rejoint. »

Il regarda sa fille prendre la main du blond tandis qu'il commençait à parler avec le docteur sur ce qu'il venait de se passer.

Ouais, pensa-t-il. Le Baratie n'allait bientôt avoir qu'un seul patron.