31 décembre

Tout le monde fit la grasse matinée au-dessus de la boulangerie. La boutique était fermée ce jour-là et le lendemain pour des vacances bien méritées par le couple de propriétaires.

C'est, cette fois, Marinette qui réveilla Adrien. Mais, elle n'avait pas apporté de plateau-repas avec elle. Elle ne voulait pas le laisser seul. Ils descendirent donc tous les deux en pyjama, lui en gros pilou, elle en shirt-débardeur-veste pour rejoindre ses parents habillés de façon similaire.

Tous quatre partagèrent lentement un bon repas réconfortant et Adrien leur raconta toute l'histoire en mangeant ses crêpes. Comment ses supposés amis l'avaient piégé, le fouillis qu'ils avaient laissé derrière eux, jusqu'aux moqueries qui l'avaient étrangement blessés malgré sa carrière de héros et sa partenaire à ses côtés.

Même si elle n'était pas sensée connaître tous les détails avant qu'Adrien ne les leur raconte, Marinette avait prévenu sa mère qu'elle souhaitait aider Adrien à ranger le manoir des retombés du cambriolage lorsqu'elle était descendue plus tôt aider sa mère à préparer le repas.

Donc, lorsqu'Adrien arrêta son récit, elle l'informa immédiatement qu'elle irait avec lui pour l'aider.

Intérieurement, elle se disait qu'elle lui devait bien cela et même beaucoup plus. Elle savait aussi que si elle ne prenait pas les devant, ses parents offriraient également leur aide à Adrien mais que malgré leur générosité, ses parents avaient si peu de temps pour se reposer de leurs heures de travail le reste de l'année, ils méritaient bien de profiter de ce congé.

Tom et Sabine acceptèrent de les laisser se débrouiller et aussi qu'ils passent quelques jours et quelques nuits seuls au manoir. Ils promirent par contre d'aller les rejoindre en fin d'après-midi le lendemain pour les aider à terminer de ranger si le nettoyage leur prenait trop de temps, eux aussi avaient droit à des vacances.

Après le repas, Marinette remonta donc à sa chambre préparer une valise pour quelques jours et Adrien la rejoint après s'être changé dans la salle de bain.

Par la trappe ouverte sur la cuisine, le garçon entendait les parents rigoler et discuter agréablement et mesurait le contraste entre ce couple et celui qu'avait été ses propres parents. Eux aussi avaient travailler ensemble dans l'entreprise qu'ils avaient fondée mais Adrien ne se rappelait que de peu de scènes où ses parents auraient interagie ensemble comme il voyait les parents de Marinette le faire.

«Ça ressemble à quoi, en vrai, d'après toi de travailler toute la journée ensemble pour un couple?» demanda-t-il si rêveusement qu'il réalisa à peine qu'il avait posé la question à Marinette. «Est-ce que tes parents sont tous les jours comme ça, tu sais, unis?»

La froideur avait réglé entre son père et sa mère. Ils avaient l'habitude de s'échanger les rôles. Parfois, c'était sa mère qui s'occupait d'Adrien pendant que son père travaillait à l'extérieur et parfois, sa mère sortait travailler et son père restait à la maison pour faire la même chose et surveiller les gardes d'enfant qui s'occupait de son fils.

«Comment étaient tes parents? Ils travaillaient aussi ensembles non?» se rappelait-elle d'avoir lu dans un vieil article.

«Ils travaillaient tous les deux pour la compagnie mais pas ensemble. Ma mère s'occupait plus de moi qu'il ne le faisait et je n'ai que très peu de souvenir d'eux en couple. Je me souviens seulement de quelques conversations tard le soir dans leur chambre que j'allais écouter à travers la porte si je faisais un cauchemar. Je ne sais même pas si ce que je crois être la bonne façon d'être en couple est réelle.»

«Tu n'as jamais joué au papa et à la maman lorsque tu étais petit?» taquina-t-elle gentiment pour le sortir de ses pensées trop profondes.

«Oui, mais c'était avec Chloé» répondit Adrien avec un sourire en coin. «Alors, je me dit que c'est probablement moins pire dans la réalité que ce que j'imagine.» plaisanta-t-il à demi et elle se mit à en rigoler doucement.

«Je crois qu'ils sont vraiment heureux.» répondit-elle finalement avec un agréable sourire en se référant à ses propres parents avec tendresse.

«Mais, tu sais quoi? On pourrait totalement le faire!» s'enthousiasma-t-elle tout à coup ensuite.

«Quoi?» fit Adrien en levant un sourcil d'incompréhension.

«Jouer au papa et à la maman.» précisa-t-elle avec une sourire juvénile. Je vais habiter chez toi pour quelques jours. On pourrait prétendre qu'on est mariés, on peut décider d'être d'autres personnes et même faire semblant que ce n'est pas chez toi!» proposa-t-elle.

«Surtout qu'on est déjà... qu'on fait déjà...» bafouilla-t-il maladroitement en traçant une ligne invisible qui les reliait entre eux. «Ce serait vraiment chouette.» compléta-t-il rêveusement.

«Par contre, si on veut que ce soit réaliste, j'ai besoin de ma machine à coudre. Je n'envisage pas d'être une épouse ou une mère sans être la couturière de la famille.»

Tom leur suggéra de prendre un taxi pour une fois puisqu'ils avait une bonne quantité de bagage. Entre la valise de vêtement, la machine à coudre, un projet de couture, les équipements de nettoyage et la boite de victuaille qu'il leur avait préparé.

En sortant du taxi, Adrien qui était d'humeur joueuse après avoir commencé sa journée chez Marinette lui suggéra : «Si on joue à être mari et femme, aussi bien bien faire ça dans les règles!» s'exclama-t-il.

Pendant que le chauffeur allait ouvrir la valise de sa voiture, Adrien bascula Marinette pour la soulever dans ses bras et elle en cria de surprise avant de rigoler pendant qu'il la portait comme une jeune mariée et entrait habilement le code d'ouverture de la porte avant de traverser le seuil.

Mais la première chose qu'il vit de l'état du manoir en regardant à l'intérieur, fut tous les objets volés rassemblés dans le hall en belles piles droites. Sûrement l'œuvre de Ladybug.

Il avait presque oublié les tristes événements de la veille. Il avait rigoler avec Marinette dans le taxi, la neige avait effacer les traces à l'extérieur et le camion avait été sortie de la cour, remorqué par les policiers.

En voyant les objets qui avaient failli être volés, tout revint vivement en mémoire à Adrien. Mais au milieu de tout cela, il y avait la touche de sa partenaire.

Elle avait dû tout sortir du camion appartenant au père d'un des garçons et tout installer avec délicatesse pour que cela paraisse moins glauque.

Aurait-il seulement un jour l'occasion de la remercier pour avoir été à ses côtés la veille?

Sous les piles de jeux vidéo, le plancher de marbre était toujours sale à cause des bottes enneigées des vandales. Ces traces rappelaient douloureusement à Adrien combien il s'était laissé affecter par ce stupide cambriolage finalement pas très violent. Et pourtant, elle avait ne l'avait pas juger. Elle avait simplement été présente et réconfortante. Elle l'avait même défendu bien mieux que lui-même n'avait pu le faire.

Le sortant de sa rêverie, Marinette lui glissa «Je suis contente que tu n'ait pas été là.» Il la posa au sol avant de répondre.

«Ils ne m'auraient rien fait si j'avais été là.» la rassura-t-il. «Ce sont des garçons de mon école. Si je n'étais pas du tout sortie, ils n'auraient même pas tenté de faire ce qu'ils ont fait. D'une certain façon, c'est aussi ma faute. J'étais sensé garder la maison pendant l'absence de mon père.»

Adrien retourna aider le chauffeur en s'en voulant de l'avoir laissé descendre les bagages seul. Il attrapa la machine à coudre pour la poser sur une console et ajouta un bon pourboire au paiement de la course pendant que Marinette poursuivait la conversation.

«N'empêche» fit-elle timidement et sincèrement avec les joues très rouges après le départ du chauffeur «Je suis soulagée qu'il ne te soit rien arrivé.»

Pour dissiper le malaise, elle alla ranger la nourriture au frigo pendant qu'Adrien montait les bagages moins les produits d'entretien sur le palier de l'étage entre sa chambre et la chambre d'ami.

Ils firent ensuite ensemble la tournée de la résidence pour voir tout ce qu'il y avait à faire pour réparer les dégâts.

Dans la chambre d'Adrien et celle de son père, les vêtements, comme les lits avaient été retournés. Les plantes de l'entrée, tout comme celles du bureau avaient été brutalisées. La serrure de la chambre de son père avait été forcée.

Des bouteilles de vin du cellier étaient sortie de leur rangement et placées dans des boites de transport. Au moins, celui qui avait fouillé cette partie de la maison s'y connaissait. La plupart des bouteilles entreposées sur place valaient quelques milliers de dollars.

Par contre, des pots de jus et des plateaux repas de luxe avaient été basculés en-dehors du frigo et le tout formait une pile au sol devant la porte de l'électro-ménager.

C'était un simple geste gratuit, il n'y avait rien à voler à cet endroit. Les adolescents avaient simplement voulu s'amuser à saccager et se servir au passage parmi ce qui ne leur appartenait pas mais, à l'exception de quelques rares objets de valeur bien rangés, le manoir ne contenait pas beaucoup d'objets monnayables. C'était un endroit très épuré.

Il en allait autrement de la chambre d'Adrien. À cet endroit, les élèves de l'école de l'adolescent avaient trouvé des objets de valeur moindre mais qui les intéressaient plus. C'était l'endroit où il y avait eu le plus de dégâts.

Adrien avait sentit la veille que ces garçons était jaloux de la richesse qu'ils considéraient être son quotidien. Pourtant, à l'exception d'un peu d'électronique, Adrien appréciait une vie plutôt simple en comparaison de ce qu'il pourrait se permettre.

Mais les garçons s'étaient acharnés sur sa chambre pour se venger. Beaucoup de ses objets personnels, comme des trophées et son jeux de flipper étaient cassés. Sans compter les traces de pas comme un peu partout dans la maison.

Marinette s'occupa rapidement des plantes et il décida ensuite de ramener chacun des objets du hall à sa place. Mais le premier souci d'Adrien fut de s'assurer que le bac de plastique dans lequel il rangeait les cadeaux que Ladybug avait fait à ChatNoir était bien dissimulé tout au fond de son walk-in. La personne qui avait fouillé sa chambre avait basculé la boite de carton devant mais n'avait pas été jusqu'à ce bac.

Adrien s'avança parmi tous les vêtements qui avaient été arrachés des cintres et replaça proprement cette boite de carton pour que Mari n'ait pas l'idée d'aller voir à l'intérieur du bac. C'est qu'il voulait lui cacher le t-shirt qu'elle avait offert à ChatNoir durant le printemps précédent.

Marinette ignorait bien sûr la date anniversaire du héros mais lui avait fait un cadeau la semaine de son propre anniversaire pour le remercier de l'avoir sauvé d'un type un peu étrange dans le métro quelques semaines plus tôt.

Après avoir nettoyer la cuisine, ils empaquetèrent ensuite toutes les literies pour les porter au nettoyage. Il était prévu que l'entreprise envoi quelqu'un s'occuper du ramassage et du rafraîchissement des draps avant le retour de Monsieur Agreste pour que sa chambre soit fraîche à son retour mais il valait mieux ne pas attendre et laisser les taches s'incruster. De plus, il y aurait certainement plus de vêtements à nettoyer et demander ce travail le plus tôt possible évitait que quelques questions gênantes ne soit posées directement au père d'Adrien.

Parlant vêtements, ils se mirent ensuite au travail ensemble. Alors qu'Adrien commençait par inspecter minutieusement chacun des items de sa garde-robe provenant des collections de son père à la recherche de tâches ou de déchirures, Marinette s'occupait d'enlever avec le fer à vapeur de l'assistante de Monsieur Agreste le moindre pli sur les vêtements propres avant de les remettre en place.

Ils empaquetèrent les vêtements d'Adrien et ceux de Monsieur Agreste qu'ils devraient porter au nettoyage avec les literies et les quelques vêtements déchirés finirent dans une autre pile pour que Marinette les répare ensuite.

Entre eux, la conversation qu'ils échangeaient en travaillant était plaisante et simple. Ils se trouvaient réciproquement de bonne compagnie. Ils parlaient de tout et de rien. Adrien, pour profiter de la présence de Marinette pour avoir une vraie conversation pour une fois et celle-ci ne laissait jamais mourir la discution pour éviter qu'Adrien ne se mette à cogiter sur l'origine des dégâts qu'ils étaient en train de réparer.

Ils avançaient si bien dans le travail qu'ils décidèrent de faire un bon repas avec les parents de Marinette lors de leur visite prévue plutôt que de les mettre à l'ouvrage le lendemain soir. Sans le dire ouvertement, ils avaient travailler efficacement dans le but d'avoir terminé avant l'arrivée du couple.

L'idée plaisait beaucoup à Adrien et s'insérait très bien avec ce jeux de rôle de petit couple marié qu'ils jouaient supposément.

L'un comme l'autre étaient plutôt doués pour le ménage. Adrien, parce qu'il était soigné et organisé et Marinette parce qu'elle avait l'habitude de ranger le désordre qu'elle créait. Aussi eurent-ils le temps de terminer tout le travail avant la fermeture des laveries.

Ils prirent encore un fois un taxi pour tout apporter jusqu'au service de blanchisserie. Ils décidèrent ensuite de passer immédiatement faire les emplettes pour les repas du lendemain.

Il était fort probable que ce soit la première fois qu'Adrien entrait dans une supérette mais, c'était assurément la première fois qu'il devait planifier ses achats en vu d'un repas.

Ils optèrent pour un bon ragoût réconfortant et Adrien mentionna qu'il aimait bien quand les ragoûts étaient servis dans des pains plutôt que dans des bols.

«Voudrais-tu apprendre à faire du pain également? Ce serait une bonne occasion pour moi de te le montrer.» proposa-t-elle un peu surprise.

«Ça ne ferait pas un trop gros inconvénient pour toi de m'apprendre?» s'inquiéta-t-il «Je te l'ai dit, je ne connais rien en cuisine.»

«Dans ce cas, si tu veux, on peut prendre un peu plus d'aliments et je te montrerai à cuisiner lorsque nous en aurons terminé avec le ménage.»

«Tout pour avoir une bonne occasion de passer plus de temps avec toi!» assura-t-il avec conviction et un brin flatteur.

Marinette ne fut pas dupe. Elle se doutait que même s'il ne le disait pas, Adrien était intéressé par tout ce qui l'aiderait à devenir indépendant ou a ''s'émanciper.'' Et elle était bien prête à l'aider sans arrière pensée, elle lui était encore très redevable.

Alors pourquoi avait-il fait la remarque qui laissait sous-entendre qu'elle l'intéressait?

«Je te laisse choisir ce que tu aimerais apprendre à cuisiner dans ce cas et je compléterai avec les ingrédients nécessaires.» lui dit-elle en se reprenant. «Je te suggère au moins un repas de pâtes c'est le plus facile et le plus utile.»

Marinette était plutôt brouillonne lorsqu'elle travaillait. Elle était désorganisée et ne s'en souciait pas, elle ne faisait que ranger ensuite lorsqu'elle sortait de son mode créatif pour entrer dans son mode efficacité.

Elle savait, pour avoir travailler au classement des dossiers de Nathalie avec Adrien, qu'il était tout le contraire. Elle ne doutait pas que ses devoirs soient impeccablement présentés. Il savait s'organiser tant dans son environnement qu'avec les échéances. Mais elle fut plus que surprise (et pour le moins agréablement ravie) par la routine qui s'installa entre eux dans les allées de la supérette.

Adrien pointait un aliment, principalement des fruits et quelques légumes, Marinette suggérait un plat et parcourait les rayons la la recherche des ingrédients pendant qu'Adrien trouvait une recette correspondante sur son téléphone pour lui servir d'aide mémoire.

Il leur fallu une bonne heure pour tout choisir avec cette méthode mais après cela, ils étaient certains de ne rien avoir oublié et leur panier était suffisamment rempli pour qu'ils aient de nouveau à prendre un taxi pour rentrer.

En s'y installant, Adrien se débarrassa aussitôt de son écharpe. Il n'avait pas voulu la retirer à l'intérieur pour rester anonyme comme il le faisait toujours en public mais, une heure plus tard, il avait trop chaud en cachant son visage.

De retour au manoir et fatigués tous les deux par les événements, ils s'attablèrent d'un repas assemblés avec les produits invendus de la boulangerie que Tom Dupain leur avait envoyés.

Depuis la veille du jour de Noël, Adrien avait largement abandonné l'idée de suivre sa désespérante diète de mannequin misérable et avait accepté qu'il serait réprimandé de toute façon pour ses écarts. Il savait que son taux de sucre ne serait pas au goût de son nutritionniste mais il savait aussi que toute l'exercice qu'il faisait la nuit lui assurait de ne pas prendre du poids qui nuirait à sa silhouette.

Il allait prendre une deuxième bouchée dans le premier et très appétissant éclair au chocolat qu'il se permettait en sept ans lorsque la sonnerie de la grille de façade résonna.

Il alla répondre dans le bureau, au poste de travail de Nathalie pendant que Marinette commençait à réunir et refermer les cartons de la boulangerie dans lesquels ils s'étaient servie sans protocole.

«Ouvre-moi tout de suite cette porte!» exigea la voix exaspéré de Chloé avant même qu'il n'ait pu répondre.

Elle était à pied, réalisa-t-il. Quelle que soit la raison pour laquelle Chloé avait décidé qu'elle devait faire des remontrances à Adrien cette fois-ci, elle était encore plus remontée par le fait qu'elle avait dû se présenter sans voiture à la grille.

Chloé habitait la porte voisine, l'hôtel de son père qui occupait la même superficie que le Manoir Agreste mais avec plus d'étages. Pourtant, même si elle n'avait qu'à traverser la rue pour se rendre au manoir, elle détestait l'image que cela donnait d'elle.

Durant leur jeunesse, Chloé, bien que deux ans plus jeune qu'Adrien, avait été la seule enfant que les parents d'Adrien avaient accepté dans son entourage. Malgré la différence d'âge, Chloé avait tellement apprit de ses parents à commander et exiger, qu'elle avait prit l'habitude de faire de même avec Adrien. Il lui avait fallu du temps pour donner un aspect plus sain à leur relation en étant un modèle de patience avec elle sans lui passer tous ses caprices, ce qu'elle n'avait nul part ailleurs.

Sans un mot, il ouvrit la grille avec une touche sur l'appareil du bureau et reposa le combiné du téléphone.

«Qui est-ce?» demanda Marinette en arrivant à la porte.

«Chloé. Et elle a l'air remontée. Elle ne sera sûrement pas très polie. Je m'excuse d'avance pour ce qu'elle pourrait te dire de déplacé.»

«Chloé?» réagit Marinette ses yeux s'agrandissant d'horreur. «Pas Chloé Bourgeois?» fit-elle incrédule. Elle savait que Chloé habitait à côté mais pourquoi Adrien accepterait-il d'ouvrir sa porte à une fille comme elle lorsqu'il n'y était pas obligé?

«Ben, si?» fit Adrien espérant encore très légèrement que Marinette saurait réagir à la situation avec maturité et sans envenimer la situation.

À sa grande surprise, la jeune femme partie en courant et dérapa sur le plancher du hall jusqu'à la porte de la salle à dîner où elle alla cogner sur le chambranle juste avant de refermer la porte au moment précis où Chloé ouvrait celle de l'entrée.

Fuir et se cacher était une façon comme une autre de réagir et en l'occurrence pas la plus mauvaise réalisa Adrien.

«Adrien, je veux des explications!» tempêta la riche blonde en furie sans le saluer. Elle portait une robe dorée à paillette sous un manteau de fourrure et des diamants qui avaient dû coûter une fortune à son père. Manifestement, même pour elle c'était une tenue trop habillée pour le quotidien et elle s'apprêtait à se rendre à un événement lorsqu'elle avait tout lâcher pour venir le réprimander.

Adrien sentait son poil métaphorique se redresser de l'entendre le prendre de haut comme son père le faisait en permanence. Donnait-il vraiment l'impression d'être un petit garçon qui refusait de grandir?

«Dis-moi tout de suite pourquoi tu as été photographié avec Dupain-Cheng dans ce taxi aujourd'hui!» exigea-t-elle en brandissant son téléphone où on les voyait tous les deux depuis la banquette avant. Le chauffeur avait dû poster quelque chose sur les réseaux sociaux.

«Rassure-moi. Elle n'est pas ici avec toi?» fit encore Chloé d'un air mauvais en allant vers la porte de la salle à dîner toute illuminée. Adrien fut plus rapide qu'elle et attrapa la poignée pour l'empêcher d'ouvrir le bâtant.

«Ah, tu parle de cette jeune femme?» fit innocemment Adrien avec un sourire lumineux et formidable. «Elle est charmante tu ne trouve pas?»

«Non, je ne trouve pas du tout. Elle est une horreur aussi sûrement que tous ce qui sort de cette boulangerie de dernière classe!» fit Chloé toujours méchamment en lâchant la poignée pour poser ses mains sur ses hanches : «J'attends toujours ta réponse.»

Adrien appuya nonchalamment son épaule contre la porte et prit un air de réflexion profonde. «Tu es certaine qu'on parle de la même personne? Peut-être que tu ne la connais pas très bien.» joua encore Adrien. «J'ai plutôt trouvé qu'elle était vraiment gentille, dévouée et elle semblait savoir de quoi elle parlait.» la défendit-il.

«J'ai dû supporter cette médiocrité depuis le début de ma scolarité! Crois-moi je connais cette insupportable miss je-suis-mieux-que-les-autres!» soupira la snob. «Avant, j'étais la reine au collège mais au début de l'année dernière elle a décidé d'ignorer sa place dans la société et incite les autres paysans à la révolte. Elle les a tous charmé et plus personne ne m'écoute maintenant.»

Un tendre sourire amusé se dessina sur le visage d'Adrien pour Marinette pendant qu'un sentiment protecteur et fraternel naissait en lui en voyant la peur de Chloé de se retrouver isolée.

«Tu n'as pas besoin de régner par la terreur, Chlo, tu es pleine de qualités et tu devrais les partager avec les autres, ils deviendraient de véritables amis pour toi.» assura-t-il.

«La patience n'est pas l'une d'entre elles, je te rappelle!» réclama-t-elle de nouveau en montrant son écran de téléphone «Est-ce qu'elle est toujours ici? Pourquoi protèges-tu cette porte?» demanda-t-elle très sérieusement.

«D'accord, d'accord.» se rendit Adrien. «J'ai eu un problème avec l'approvisionnement de mes repas et je suis allé dans une supérette chercher des aliments.» broda-t-il en se tenant au plus près de la réalité sans trop se commettre parce qu'il ne savait pas du tout ce que le chauffeur de taxi avait pu raconter. «Mais, j'étais vraiment perdu et heureusement elle était là pour m'aider à m'y retrouver, il y avait tellement de sortes de fruits et de légumes! C'était magnifique! Ensuite, je l'ai raccompagné en taxi pour la remercier. Et si je ne veux pas t'ouvrir c'est que je ne veux pas que tu vois ce qu'il y a sur la table parce que je n'ai finalement pas fait un choix très santé et que j'ai triché à mon régime.»

«Oh! Mon pauvre Adrichou! Tu aurais dû venir nous voir à l'hôtel de Papa, on t'aurait fournit tout ce qu'il te fallait avec plaisir plutôt que de t'abaisser à te mêler à la foule des plébéiens. Quand j'y pense! Tu n'aurais pas eu à consommer les horreurs qu'elle a dû te conseiller.» fit très mielleusement la blonde.

«Je ne savais même pas que tu étais là!» expliqua Adrien pour détourner la conversation. «Je te pensais en voyage."

«J'y étais.» raconta Chloé maintenant sur le ton de la conversation. «J'étais à la Barbade depuis le soir du 21 et je suis revenu uniquement pour passer la veille du jour de l'an avec mon père. Je repart demain pour Aspen jusqu'à la fin du congé. Et dès mon retour, on m'a demandé de participer à une exposition de bijoux très précieux. Je serai mannequin pour parader une couronne de diamant. Tu viendras n'est-ce pas?»

«Si je n'ai pas d'obligation, j'y serai sans faute. Quand y seras-tu?» accepta-t-il.

«Mardi, le 8 à 16h. Je compte sur toi!» demanda-t-elle alors qu'elle se dirigeait vers la porte d'entrée.

«Promis.» lui retourna-t-il content de la voir disparaître sans dégât.

«Oh, et un conseil Adrien. Jette tous les desserts que tu n'as pas pu t'empêcher d'acheter à la boulangerie en y déposant Marinette. Ils sont vraiment caloriques et ton père va le remarquer si tu prends du poids. Le chocolat, ça ne pardonne pas.»

«Comment tu...?» se surprit Adrien.

«Tu as du chocolat sur le menton!» se moqua dédaigneusement la blonde avant de partir comme elle était venue.

Adrien entra dans la salle à dîner pour remarquer que Marinette avait effacé toute trace de son passage.

En cherchant encore un peu, il la trouva cachée derrière la porte des cuisines.

«Je n'arrive pas à croire ce que je viens d'entendre.» souffla Marinette ébahie. «Je ne pensais pas que Chloé pouvait avoir un lien avec une autre personne sans la tyranniser. Je ne savais même pas qu'elle pouvait parler sans crier ou se plaindre!»

«Il y a du bon en chaque personne. ...À un moment ou un autre de leur vie.» soupira philosophiquement Adrien.

«Tu considères toujours les garçons qui t'ont cambriolé comme tes amis, Adrien? Même si tu te sens seul, tu ne devrais pas fréquenter des personnes qui te font du mal.» s'inquiéta-t-elle. «Tu mérites tellement mieux.»

«Non, ce n'est pas ça. Mais ne t'en fait pas à leur sujet, je ne leur ferai plus confiance lorsqu'ils seront près de moi.» la rassura-t-il avec un sourire. «À mes yeux, même si une personne est méchante avec moi, cela ne signifie pas qu'il n'y a rien de bien en elle. Tout le monde n'est pas obligé de m'aimer. Je sais que mon père m'aime à sa manière même s'il ne me le démontre pas comme je le souhaite. Pour ces garçons, rien ne m'oblige à être amis avec eux. Et pour Chloé, je me doute qu'elle n'a pas dû être facile à vivre avec toi, mais elle a un bon fond. C'est simplement qu'elle ne fait pas confiance facilement. Elle ne se livre qu'à ceux qui ne lui ont pas tourné le dos dans des moments difficiles malgré ses actes. Si tu passes son test, elle devient ta meilleure amie et se bât pour toi.»

«Ne m'en veut pas mais, je vais me passer de son aide. Les conséquences de ses solutions sont toujours pires que les problèmes du départ.» grimaça Marinette.

Adrien rigola et avoua : «Sur ce point, je ne peux pas te donner tort.»

Peu après, Adrien prétexta le premier la fatigue pour se retirer tôt à sa chambre.

Il se comportait comme s'il venait juste de réaliser que c'était la veille du nouvel an et qu'il devrait la laisser seule. Il s'excusa sincèrement et proposa d'aller faire une sieste pour se relever et regarder le feux d'artifice de minuit avec elle.

Ils avaient déjà décidé que Marinette prendrait la chambre d'ami mais, comme elle l'avait dit elle-même pour le déculpabiliser de la tenir à l'écart, elle considérait que la chance de pouvoir utiliser la fantastique salle de bain de la chambre d'invité était sa récompense personnelle pour l'aider à remettre le manoir en état.

Le sachant si fatiguée, elle lui assura qu'elle ne voyait aucun inconvénient à conclure la journée aussi tôt. «Je suis claquée moi aussi. La journée à été longue. Je vais me mettre au lit comme toi. Ça me convient de faire l'impasse sur le décompte. On aura tout le temps de célébrer demain matin.»

Tout de même surprise qu'Adrien soit d'accord avec l'idée, elle se réjouit de ne pas avoir à utiliser l'excuse boiteuse qu'elle s'apprêtait à lui servir.

Dans les faits, vingt heures avait sonné depuis peu de temps, lorsque Ladybug et ChatNoir se rejoignirent sur la Tour Eiffel. Ils observèrent un moment les préparatifs des festivités et se répartirent la surveillance des points chauds mentionnés sur les réseaux sociaux.

Cette veille du jour de l'an s'annonçait particulièrement difficile. L'air était glaciale, aussi les gens s'entassaient-ils dans les bars et autres cabarets pour consommer de l'alcool en quantité. La liqueur douce comme la forte coulerait à flot ce soir-là.

La température était peut-être basse mais les héros n'eurent pas le temps de le remarquer.

Les accidents de la circulation ouvrirent le bal venant avec une déplorable quantité de piétons heurtés.

Ladybug trouva un sans-abri mort de froid et ChatNoir conduisit une jeune fille à l'hôpital. Elle semblait avoir été droguée et marchait par les ruelles sans chaussures ni veste, la jupe de jeans remontée sur les hanches.

Alors que minuit approchait, ils se retrouvèrent à la Tour Eiffel pour observer la population rassemblée à cet endroit depuis le haut des airs.

Ils attrapèrent bien quelques piques-pocket avant de repérer un homme armé d'un couteau qui obligeait une femme à l'accompagner, tenant discrètement l'arme contre ses côtes.

ChatNoir se plaça dans la foule sur son chemin. Il demanda aux gens autour de lui de laisser un espace dégagé. Lorsque l'homme et son otage entrèrent dans ce cercle, Ladybug arriva derrière lui et immobilisa son poignet. Des policiers arrivèrent rapidement pour s'occuper de l'homme et de sa victime.

Les héros se regardèrent en haussant les sourcils. Les interventions s'enchaînaient à un tel rythmes depuis le début de la soirée que chaque minute où rien ne leur parvenait, ils craignaient qu'une victime reste sans secours.

À cinq minutes de la nouvelle année, des rapports inquiétants leur parvinrent d'un bar.

Deux femmes avaient réussit à mettre la main sur des armes à feu et avaient décidé de se venger de leur mecs qui les avaient trompés.

Elles étaient en train de les pousser, eux et leur équipe sportive de ligue amateur, à confesser toutes les aventures qu'ils avaient eu sur la route durant les tournois.

Les policiers étaient déjà sur place mais ils acceptèrent de laisser les héros intervenir en premier. Lorsqu'ils arrivèrent devant la porte, Ladybug se dit que ce n'était pas la meilleure idée d'envoyer un matou charmeur leur faire face.

«Peut-être que juste pour cette fois, tu devrais me laisser passer par devant, Chaton, tu ne penses pas?»

«Ok.» soupira-t-il. «mais garde ton yoyo en main au cas où elles tireraient.»

«Tu es conscient qu'il y a des tas de gens là-dedans et que les balles vont ricocher sur eux si on se protège comme on le fait normalement?

«Un lucky charm?» proposa-t-il.

«J'ai l'impression qu'on en sait pas encore assez.» répondit-elle en regardant par le coin d'une fenêtre. «Il va falloir que tu fasses diversion plus tard, si j'en ai besoin. Tu t'occupes de sortir les autres joueurs en particulier, s'il-te-plaît? J'ai peur que l'un d'entre eux ne disent quelque chose qui envenimera la situation.»

«Bien. C'est partie.» ChatNoir passa par-dessus le bâtiment et utilisa un cataclysme pour détruire la serrure électronique de la porte arrière.

«Vous savez, l'enfer dont on parle dans les vœux de mariage pour les hommes adultères, c'est à la fin de leur jour pas au moment où ils sont pris! Ils n'ont pas encore eu le temps de s'en vouloir!» disait Ladybug, répondant sûrement à un commentaire de la femme si avait décidé de communiquer.

«Ce sont juste deux gros flirts, j'avais juste dix-sept ans lorsque je l'ai rencontré et il était déjà un flirt à son âge.» reprocha la preneuse d'otage la plus remontée. «Il était avec une autre fille et il l'a quitté pour moi. Il n'a rien apprit depuis tout ce temps et il n'apprendra jamais de ses erreurs parce que sa vie s'arrête ce soir. Il ne mérite plus de vivre ce sale porc!»

«Hé!» se fâcha ChatNoir en s'avançant vers l'action. «On parle de sexe ici! De besoin physique et animal! Pas de problème de vie ou de mort ou qui menace l'existence de la race humaine! Ce que vous avez l'intention de faire est bien pire que ce qu'il a fait!»

ChatNoir ne suivait pas le plan mais, il était un peu fatigué et franchement, il y avait des limites aux stupidités qui pouvaient se dire! «Si vous saviez les horreurs que les gens peuvent vivre en se moment même dans Paris, vous verriez que la couchette c'est rien à côté!»

«J'ai trouvé un sans-abri mort de froid tout à l'heure.» dévoila l'adolescente. «Je suis certaine qu'il n'avait pas prévu de finir de cette façon lorsqu'il était un petit garçon.»

«Et moi, j'ai trouvé une fille qui a été droguée et violée.» ajouta le jeune héros «Et je me suis demandé toute la soirée combien il y en avait d'autres qui avaient subit la même chose et que je n'avais pas trouvé. S'il a trompé sa femme avec vous lorsque vous étiez plus jeune, alors vous saviez à quoi vous attendre, il n'a juste pas changé! Il est toujours tel qu'il était lorsque vous en êtes tombée amoureuse!»

«Mes enfants méritent un meilleur père!» pleurnicha la dame.

«Vos enfants, méritent certainement beaucoup. Et sûrement mieux qu'une mère en prison pour avoir tuer leur père.» la corrigea ChatNoir.

Le côté ridiculement démesuré de la situation le poussait a argumenté encore avec elle. Mais leur manège commençait à payer même s'il n'avait pas été planifié et la femme devenait étourdie et confuse. Elle n'avait plus d'argument à leur opposer.

«Ils méritent certainement que vous les quittiez.» reprit-il plus calmement en désignant les maris agenouillés au sol. «Vous méritez certainement de pouvoir reprendre votre vie en main et vos enfants méritent certainement une vie de famille plus paisible. Mais personne ici ne mérite de se prendre une balle perdue si quelque chose tourne mal.»

«Qu'est-ce qu'on peut faire alors?» demanda timidement l'autre femme qui soutenait un fusil trop lourd pour elle.

«Pourquoi ne pas engager un thérapeute familiale?» proposa Ladybug. «Laissez-nous simplement les armes. Vous avez été entendues et comprises.»

Les héros prirent chacun un fusils de chasse des mains des assaillantes et Ladybug conclu «Maintenant, si j'étais vous mes dames, j'irais me rendre sagement pour qu'on vous accorde de garder le contact autant que possible avec vos enfants.»

Ils sortirent alors par la porte avant en escortant les dames.

Les armes remises aux mains des agents, Ladybug et ChatNoir repartirent vers la Tour Eiffel, ChatNoir effectuant un arrêt pour nourrir Plagg. Le feux d'artifice continuait mais, ils avaient raté le décompte.

Les gens commençaient à quitter les lieux mais la présence policière sur le site, semblait suffisante pour assurer la sécurité, les gens ne semblaient pas vouloir s'attarder dans le froid.

«Aussi bien se séparer pour surveiller plus loin, je dirais...» fit Ladybug.

«D'accord» accepta ChatNoir qui se glissa rapidement tout près d'elle en ricanant : «Dis-moi, ma Lady. J'aurais droit à un baiser de minuit? On dit que ça porte chance. J'en prendrais bien une forte dose pour passer à travers la prochaine année.»

Toujours un peu perturbée par cette nuit, Ladybug l'observa. Malgré la remarque aguicheuse, son regard était sincère et si fragile. Il voulait désespérément ce baiser, ça comptait beaucoup pour lui.

Malgré le temps écoulé. Elle se rappelait de celui qu'ils avaient échangé l'année précédente. Son premier.

Et malgré ceux qu'elle avait récemment échangés avec Adrien, elle se souvenait encore combien celui de ChatNoir avait été agréable.

S'avançant rapidement, elle avait l'intention de lui donner un véritable mais très chaste baiser, quelque chose d'un peu plus long qu'à Noël où elle avait juste effleuré ses lèvres pour flirter.

Mais à peine eut-elle sentie sa bouche descendre contre la sienne, qu'il se recula, la laissant frustrée et interdite.

Il lui faisait des manières et le baisemain durant toute l'année et c'était finalement tout ce à quoi elle avait droit, un bécot timide?

Surprise, elle le découvrit rouge et embarrassé en se reculant pour voir son visage.

«Hé! Mais attend un peu!» protesta-t-elle «Tu ne t'en sortiras pas aussi facilement!»

Un peu perdu par sa réaction, il recula d'un pas mais elle attrapa son grelot pour écraser ses lèvres contre les siennes.

Elle allait mettre fin au baiser au bout d'une trentaine de seconde lorsqu'il referma ses bras sur elle dans une étreinte réconfortante et chaude et un brin possessive. Ses bras remontèrent vers la nuque de ChatNoir pour l'enlacer.

Le baiser devint sauvage, nourrit par toutes les inquiétudes, le stress, les blessures qu'ils avaient gardé en eux depuis si longtemps.

Pendant cet instant hors du temps, ils furent le refuge l'un de l'autre, se confiant toutes les émotions qu'ils n'osaient avouer à personne d'autre pour que la seule personne capable de tout comprendre les réconforte.

Elle émit un petit gémissement étranglé auquel il répondit volontairement pour blaguer et signifier qu'il était tout à fait d'accord avec elle.

Puis, elle relâcha le baiser avec un bruit de ventouse humide. Sans qu'elle ne le remarque, ses mains avaient remonté jusqu'aux joues de son partenaire, et elle les y laissa encore un instant pour le regarder au fond des yeux.

Lui la soutenait toujours avec ses bras et son regard.

Elle l'avait embrassé pour jouer et parce qu'elle voulait faire de ces baisers du nouvel an une tradition entre eux.

Mais elle vit dans les yeux de son partenaire qu'il voulait plus d'elle. Il y avait une étincelle dans son regard. Comme quelque chose de plus lumineux qu'avant le baiser, de plus heureux.

Une pensée pour Adrien traversa alors l'esprit de Marinette.

Alors, qu'elle se détachait doucement de ChatNoir, elle se sentie confuse. Elle avait deviner du début de sentiments pour elle dans le regard du héros quelque chose de plus fort qu'avant et se demanda tout à coup si elle l'aimait de cette manière en retour.

En vérité, elle et lui ne se connaissaient pas beaucoup, pas vraiment autrement que comme collègues. Mais si elle devait se questionner son cœur, elle devait admettre, qu'elle avait un faible pour lui.

Par contre, elle réalisa tout à coup qu'elle avait aussi de l'intérêt pour Adrien et se demanda lequel des deux étaient le plus profond.

«Alors, on se dit à demain?» demanda ChatNoir. «Je vais continuer ma tournée en complétant ma boucle vers l'est mais je te souhaite une très bonne nuit si on ne se reparle pas.»

Oui, parce qu'il y avait encore le lendemain soir, le sur-lendemain et probablement le jour suivant où ils devraient travailler encore ensembles dépendamment de l'ambiance de la ville avant que la période plus intense des fêtes ne soit terminée et qu'ils reprennent des horaires séparés.

Ladybug sentit un malaise grandir en elle. «Oui, à demain.» réussit-elle à saluer avant de partir sur son yoyo.