Batman se sentait épuisé.
Il ne ressentait que rarement le besoin de se débarrasser de son armure, mais à cet instant, il aurait donné cher pour se dévêtir même au beau milieu de la chambre glaciale.
C'était plus fort que lui : il ne supportait plus le poids de son attirail.
Malheureusement, la nuit continuait. Le détective devait chercher, comprendre, déduire.
Batman ramassa un à un les ordinateurs et les disposa sur les tables. Les écrans présentaient des fissures en toile d'araignée, un chaos délicat qui ne reflétait pas la violence qui s'était déroulée ici.
La moquette gelée par la brise craquait sous ses pas comme de la neige authentique, et quand il s'agenouillait pour inspecter la pièce, Batman apercevait plus de flocons que d'indices.
Un pistolet avait été projeté dans le coin de la chambre, juste derrière un ordinateur brisé. Le magasin de l'arme était vide, et le sang sur la crosse prouvait que le pistolet avait également servi d'arme contondante. Peut-être à la fin du combat, peut-être par amour de la violence, dans tous les cas, elle n'avait pas été utilisée dans la chambre 312.
Batman n'apprit rien de plus au sol.
Il posa le pistolet sur le rebord d'une des tables et s'intéressa à un détail qui avait attiré son regard plus tôt : un trace de sang sur la surface dessinait un impact et, après une analyse, le détective nota que la composition du sang était surprenante : plasma, globules rouges, fer… et une quantité minime de sulfure de zinc !
Si l'histoire de la chute dans le bain chimique était vraie, alors Batman imaginait facilement à qui ce sang appartenait.
Il y avait aussi une infime trace de salive : le sang devait provenir de la bouche.
Le Joker s'était battu ici ; son adversaire l'avait désarmé et l'avait blessé sur la table — en lui frappant la tête contre la surface — et…
Et quoi ?
Il avait été kidnappé ? Pour combien de temps le garderaient-ils en vie ?
Il est peut-être déjà mort.
Mais Bane ?
Les ennemis assommés dans le couloir pourraient parler une fois qu'ils se réveilleraient.
En sortant de la chambre pour les ligoter, Batman fut surpris par Jell-O, Anong et un grand musclé entièrement tatoué.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? »
La transpiration avait fait couler le maquillage de la femme et une odeur métallique émanait de son justaucorps. Quand elle s'approcha, Batman remarqua qu'elle boitait, mais ça ne semblait pas être très grave.
« Je ne sais pas. » Répondit la chauve-souris en empruntant un ruban sur un des paquets cadeaux : s'il était assez long pour entourer cette boîte gigantesque, il ferait l'affaire pour attacher les quatre hommes en même temps.
Anong insista, s'avançant :
« Myshtsa a vu que l'hélicoptère partait avec une nana qui pendait juste en-dessous !
— Je ne sais pas ce qui s'est passé.
— C'est vous qui étiez dans la pièce, pourtant ! »
Batman s'immobilisa et fixa Anong. Il n'avait pas le temps pour toutes ces questions, et encore moins l'envie.
L'hélicoptère éloigné, la musique de fête foraine reprenait ses droits, accentuant ses ribambelles de notes.
« Je suis arrivé trop tard et je n'ai pas pu empêcher la femme de l'hélicoptère de fuir. »
En retrait, le colosse, Myshtsa, triturait ses mains. Comment ne pouvait-il pas avoir froid en étant simplement vêtu d'un débardeur et d'un collant de forain ?!
« Personne a vu Joker ? » Demanda-t-il enfin, son accent russe faisant trembler sa question.
Chacun resta silencieux, confirmant les doutes : Joker avait bien disparu.
« On a été attaqués et notre attention a été détournée. Bane savait que nous les attendions, » souffla Batman, puis il pesta : « mais il n'est pas venu pour moi.
— C'est ça,qui vous inquiète ?! » S'alarma Jell-O avant de plaquer sa main sur sa bouche. Il n'avait pas voulu se montrer familier, mais son exclamation lui avait échappé. « Écoutez, on se demande tous ici pourquoi vous êtes l'allié du Joker : entre votre réputation et vos gadgets, vous n'avez pas besoin de lui, mais nous, on a personne… On sort de gangs différents, et… avec Joker, on espérait survivre.
— Survivre ?! Il élimine ses propres hommes sans raison ! Il aurait pu vous éliminer ce soir par caprice !
— C'est vrai que la patron n'a pas toute sa tête.
— Il est dingue. » Confirma Anong en se mettant du côté de Jell-O. « Mais Batman, vous savez combien de personnes sont venues ici en portant du maquillage juste pour s'attirer les bonnes grâces de ce taré ? Des centaines. En moins d'une semaine. Parce qu'on est certains que le Joker peut apporter une différence. Merde, il est différent de tout ce qu'on a vu jusqu'à maintenant ! »
Incapable de la contredire sur ce dernier point, Batman s'était à nouveau agenouillé, faisant du ruban de soie des menottes solides pour les hommes de Bane toujours inconscients.
Les lumières avaient été rallumées et elles rendaient visibles les traces de coup encore rouges sur les visages des opposants. Demain, elles deviendraient de larges ecchymoses bleues.
« Depuis Noël, les truands de Gotham font dans leur froc à cause de lui !
— Joker n'est pas un héros. » Rétorqua Batman en reportant son attention sur Anong, mais elle haussa les épaules :
« Ça ne fait rien : ce n'est pas ce dont Gotham a besoin. Ce n'est pas un royaume de conte de fées où les héros viennent sauver le pauvre petit peuple ! »
La femme qui n'avait jamais cru au prince charmant sortit une cigarette et l'alluma en tremblant : l'adrénaline disparue, elle devenait sensible au froid et à l'épuisement.
Sa jambe lui faisait mal et elle s'appuya contre un mur, mais Myshtsa avait esquissé un geste pour l'aide sans qu'elle ne le remarque.
Avec leur déguisement, Myshtsa, Jell-O et Anong formaient un trio festif qui contrastait malgré tout avec un réalisme sale. Ils ressemblaient à des personnages d'un livre pour enfants — à condition d'oublier leurs armes —, blasés et fatigués de faire rêver les innocents.
Car il n'y avait plus d'innocents à Gotham. Depuis bien longtemps.
« Vous nous connaissez Batman ? Non ? Alors attendez : Myshtsa, ici, a été arrêté l'an dernier après avoir servi d'appât pour le G.C.P.D. Comme les photos le montraient en train de discuter avec Sal Maroni, il a été arrêté en même temps que lui à la demande de Carmine Falcone. Myshtsa parlait encore moins bien anglais l'an dernier, et le juge a dit que son origine russe le rendait suspect. Ils regardent trop les films d'Hollywood… Mais bref. Quand Myshtsa a demandé à s'entretenir avec le commissaire Loeb, celui-ci a menacé de le faire exécuter s'il lui attirait des problèmes avec Falcone. Personne ne s'est bougé pour l'aider. Myshtsa est sorti quand Joker a provoqué l'émeute à Blackgate. Quant à Jell-O, il était encore à l'armée en août dernier, mais son homosexualité a été découverte et il a été foutu à la porte comme un mal propre, comme si aimer les hommes rendait inapte au combat. L'armée lui a coupé tous ses revenus et lui a repris son appartement de fonction. Que faire quand on a plus ni boulot, ni famille ? Aucune aide ? Hein ?
— Vous ne comprenez pas. » Soupira Batman en se relevant. Il savait que ces gothamites survivaient comme ils pouvaient, mais il y avait un fossé entre commettre des petits délits par contrainte et tuer pour faire régner sa loi ou, pire, épouser le chaos. Il le savait, puisque lui-même avait franchi cette limite… N'y avait-il personne à Gotham pour résister à ces accès de violence ? « Ni vous, ni moi ne savons de quoi le Joker est capable, ni quelles sont ses intentions. Il ne vous protégera pas de Gotham, il…
— Il nous protégera des autres ! Avec lui, plus personne ne viendra nous faire chier ! » Insista Anong.
Pour elle, s'associer avec le Joker, c'était appartenir à une troupe. Pas une grande famille comme les cirques d'antan, non, mais au moins un univers fermé qui ferait horreur aux autres gangsters. Un freak show pour les marginaux qui en avaient assez d'être usés par les puissants de Gotham, et ils participeraient à un règne de chaos pour opposer leur indépendance.
Et s'il fallait avoir un fou pour roi, autant que ce dernier assume pleinement sa folie.
Les traits d'Anong frémissaient. Ce bouillonnement aurait pu passer pour de la fièvre, du délire.
« Qu'est-ce que Gotham, Batman ? Ce n'est qu'une ville qui est façonnée par ceux qui ont le pouvoir, et même si vous avez débarqué, elle est devenue pire que Chicago ! »
Excédé, Batman secoua la tête, songeant que ces partisans étaient aussi fous que leur leader. Ou bien étaient-ils des innocents bernés par un espoir qu'ils pensaient entrevoir ?
« Joker a éliminé deux grands, le soir de Noël.
— Et des innocents. » Rappela Batman, lugubre. « Arrêtez de prêter des intentions nobles à Joker, Anong.
— Je ne lui prête rien du tout ! J'établis des faits : Joker s'affranchit des contrats et des relations, et il fera peur à…
— D'accord, il fera peur à toute Gotham. Et ensuite ? Qu'est-ce qui se passera quand toutes les rues seront jonchées de victimes de son gaz hilarant ? Quand il deviendra maire et qu'il fera exploser des tours au hasard ? »
Anong croisa les bras, refusant de répondre, mais Jell-O observa sur un ton calme :
« Il a l'air de vous écouter.
— Pardon ?
— Joker a l'air de vous écouter. Enfin, de vous considérer comme un égal au moins. Vous êtes le seul à pouvoir monter aux derniers étages et, tout à l'heure, quand vous vous disputiez, il s'est radouci. Peut-être que… »
Le dompteur ne savait vraiment plus où il allait et il cherchait encore ses mots, mais maintenant qu'ils sortaient de sa bouche, il redoutait d'être jugé comme dingue — même de la part d'un homme d'un mètre 90 qui portait un costume de chauve-souris.
Jell-O baissa les yeux vers Agnès, mais elle s'était couchée sur la moquette, croisant ses lourdes pattes et attendant.
Ce fut Anong qui coupa le silence gênant :
« Sans Joker, on est vulnérables, Batman.
— Pour l'instant, essayons de comprendre ce qui s'est passé. » Proposa le détective. « Si vous voulez vous rendrez utiles, cherchez les survivants, et si vous trouvez des hommes de Bane encore vivants, interrogez-les. Par tous les moyens possibles. » Malgré lui, Batman jeta un œil à Agnès. « On avisera ensuite. »
Ce que Batman voulait comprendre avant tout, c'était pourquoi Bane s'en était pris uniquement au Joker sans chercher à l'affronter lui aussi. Est-ce que cela faisait partie d'un plan que le clown n'avait pas prévu ?
Si Joker avait été enlevé par Bane, Batman serait le seul qui oserait partir à sa recherche, or, il n'était pas encore certain de le faire.
Après tout, sa mort l'arrangeait.
Mais…
Il pouvait faire les deux.
En remontant la piste, il mettrait la main sur le clown et le mercenaire.
Sans surprise, Batman constata que le téléphone portable avait volé en éclats après sa chute haute d'une cinquantaine de mètres. Sur la route et le trottoir, il chercha dans les débris une carte, une puce ou un élément qui aurait survécu aux dégâts, mais à la place, il trouva des traces de pas encore récents : quelqu'un était déjà venu. Quelqu'un l'avait devancé.
Étouffant un juron contre les forains qui lui avaient fait perdre du temps, Batman se risqua à suivre les traces de pas qui le conduisaient jusqu'au bout de l'avenue, mais après le virage, elles étaient remplacées par des empreintes longilignes de pneus.
Il ne pouvait pas partir dans l'inconnu sans avoir ce qui l'attendait.
Surtout si c'était ce que Bane voulait.
Au Royal, les hommes du Joker soignaient leurs plaies, se réjouissant de faire partie des survivants. Quant aux morts, ils étaient pour l'instant cachés sous des nappes arrachées des tables du restaurent.
Est-ce que les employés de l'hôtel oseraient revenir demain ? Sans Joker, ils n'avaient plus peur et ne reviendraient plus…
Par téléphone, Batman questionna Anong sur l'avancée des interrogatoires, mais elle répondit qu'ils triaient encore les morts et les vivants ; ces derniers seraient retenus dans un des frigos du sous-sol. Elle s'était dit que le froid ne représentait pas un grand danger vu qu'ils étaient tous habillés pour supporter l'hiver.
Les frigos de restauration sont toujours une prison de choix : ils ne pouvaient être ouverts que de l'extérieur et les murs étaient aussi épais qu'un coffre de banque.
Pour les séquestrations, Anong avait été à bonne école avec Black Mask.
« Est-ce que vous les avez fouillés comme je vous l'ai demandé ?
— Oui, mais tous leurs appareils de communication sont brouillés. Je sais pas si quelqu'un pourra trouver la source…
— Laissez tout au salon vert, Anong, je les récupérerai et je verrai ce que je peux faire.
— Vous avez retrouvé Jok… ? »
Batman raccrocha avant qu'elle ne posa la fin de sa question. Il n'avait pas envie l'entendre insister pour qu'il le retrouve.
Mais l'information lui donna une idée : si les portables des hommes de Bane avaient été coupés, il restait celui du Joker. Batman y trouverait peut-être des messages qui l'aiguilleraient ?
Dans la précipitation, il n'avait exploré que sommairement la chambre 312. Il devait y retourner.
Batman avait déjà inspecté le sol, sous le lit, sous l'armoire. Par acquis de conscience, il poussa même la porte de la salle de bains, mais il n'y avait rien d'autre à part deux ballons de baudruche qui pendaient sur le rebord de la vasque en marbre. Leur note rouge attirait le regard, ravivant un souvenir qui semblait déjà loin.
Peut-être que le portable avait été laissé dans la suite ?
Si Joker l'avait conservé, il y avait fort à parier qu'il était déjà détruit, peut-être jeté à la mer par Bane depuis l'hélicoptère, mais Batman devait vérifier.
Les suites royales proposées par l'hôtel étaient des penthouses, ces appartements terrasses de luxe qui improvisaient un coin de paradis au-dessus de Gotham. Une partie du plafond était en verre, invitant les visiteurs à lever le visage vers le ciel, mais l'effet pouvait être effroyable, rappelant aux riches que les étoiles étaient encore trop loin de leurs mains sanglantes.
Joker avait trouvé une solution à cette frustration : il avait placé une certaine quantité de guirlandes dans la chambre.
En fait, il avait tellement transformé l'endroit que même le véritable propriétaire de l'hôtel ne reconnaîtrait plus la pièce qui reflétait le clown délirant : entre des guirlandes, des masques de clowns avaient été accrochés en grappes de sourires. Des cartes étaient éparpillées en tapis de reines, de rois et de valets. Il n'y avait cependant aucun joker : ces cartes-là avaient été retirées des jeux pour être conservées par le diable de Gotham.
Des néons s'additionnaient aux guirlandes, mais les lumières seraient trop ambiguës au goût de la chauve-souris qui préféra alluma l'interrupteur. Une lumière lourde dégringola des lustres, éclairant la chambre comme en plein jour.
Batman avait été surpris de trouver près de l'immense lit en désordre un certain nombre de livres : un manuel d'allemand, un autre de russe — est-ce que Joker apprenait ces langues quand il n'arrivait pas à dormir ? —, mais également des roman, comme Ça dont une page avait été arrachée et dépassait de la tranche, Le Crime de l'Orient-Express et L'Homme qui rit. Les pages et les couvertures étaient usées, mais ces romans pouvaient être des emprunts à l'hôtel.
Dans le placard que le détective avait ouvert avec précaution étaient rangés des chemises et des vestons aux couleurs inhabituelles : il y avait du jaune, du rouge, mais le vert et le violet prédominaient.
Par prudence, Batman n'avait touché à aucun vêtement, se méfiant des pièges qui pourraient s'y cacher. S'il ne trouvait pas le portable, il y retournerait pour fouiller chaque poche, mais ce serait seulement en dernier recours…
Dans un recoin, une diseuse de bonne aventure se dressait dans son étal en bois, ses doigts en ébène suspendus au-dessus d'une boule en crystal — ou plutôt, en verre. Sa mâchoire inférieure avait été retirée et une cible, en cercles concentriques verts, s'étendait sur son front. Un couteau avait été lancé dans son œil droit.
À côté de la machine, un bureau croulait sous des journaux, certains vieux de plusieurs mois, d'un diable à ressort dans son coffret jaune aux étoiles bleues — que Batman n'avait aucune intention d'ouvrir —, et des grenades disposées dans un panier comme s'il s'agissait d'œufs de Pâques.
En explorant ce terrain piégé, Batman mesurait chaque geste, restait attentif à chaque élément. Au moins, les lustres apportaient une lumière impudique, mettant la chambre et ses objets en évidence.
Ce fut en soulevant la Gazette du 5 décembre que Batman découvrit le portable.
Enfin.
En s'allumant, l'écran lui demanda le mot de passe et, du pouce, Batman effleura quatre fois le zéro.
Mais au lieu d'arriver à l'écran d'accueil comme la dernière fois, le portable indiqua que le code était faux. Sans laisser de seconde chance, un immense smiley hilare apparut au-dessus d'un compte à rebours.
Il restait seize minutes.
Seize minutes ?!
Batman ne savait pas avant quoi, mais il ne voulait prendre aucun risque.
« Saleté de... »
Pendant un instant, il eut peur qu'une bombe ne soit dans le téléphone, mais un rapide scan lui confirma qu'il ne s'agissait que d'un détonateur.
Il devait tracer le signal, et rapidement.
La bombe allait-elle le mener jusqu'au Joker ?
Le signal se situa dans le sud de Park Row. C'était une sacrée distance !
Batman enfonça les portes qui donnaient sur le balcon et se rua vers la rambarde.
Bane avait une base à Park Row, et cette destination parut presque logique, mais rien ne confirmait que le point coïncidait avec la position du Joker. Et si Joker avait mis ce piège dans l'objectif que Bane tente de déverrouiller son téléphone et fasse exploser une bombe sur son propre territoire ?
Batman songeait à toutes ces possibilités en plongeant dans le vide. Ses ailes se déployèrent avec souplesse, lui permettant de glisser sur le vent, de se sentir léger.
Plus tôt, le vengeur aurait donné cher pour se débarrasser de son armure et passer quelques jours au calme, mais la chasse reprenait, et il aurait menti s'il avait prétendu ressentir de la crainte : c'était de l'excitation.
Dans sa tête, il maudissait le Joker à tout va, mais il l'injuriait avec passion et non avec regret.
