Luxus : Papy ! Papy !

Makarov : Qu'y a-t-il mon garçon ?

Il releva la tête des feuilles présentent devant lui pour poser ses yeux sur son petit-fils, qui entrait joyeusement dans le bureau. Le jeune blond monta difficilement sur la chaise et s'assit en face de son grand-père.

Luxus : Qu'est-ce que tu fais ?

Makarov : Je remplis des papiers importants qui attendent depuis une semaine. Tu vois mon petit, « ne repousse jamais à demain ce que tu peux faire aujourd'hui ».

Il soupira et se frotta le haut du crâne. Luxus perdit son sourire et dit tristement :

Luxus : Tu veux que je te laisse te concentrer ?

Makarov : Non, tu peux rester. Tu ne me dérange pas...

Luxus : Papa ne veut jamais que je le regarde travailler.

Le vieil homme releva la tête et détailla le visage du garçon. Il remarqua que son œil gauche était rouge et qu'un bleu commençait à apparaître.

Makarov : Qu'est-ce que c'est ? Un cocard ? Tu t'es battu ?!

Luxus : Non, je ne me bats jamais ! De toute façon, les autres enfants ne veulent pas jouer avec moi...

Makarov : Mais alors...c'est ton père qui...

Le blond baissa la tête et retint difficilement ses larmes. Une grande douleur serra le cœur de Makarov en même temps que la colère montait en lui. Il s'efforça de reprendre son calme et dit le plus calmement possible :

Makarov : Tu as encore demandé des informations sur ta mère ?

Luxus : Il ne veut jamais rien me dire sur elle. Mais j'aimerais savoir, papy. Est-ce qu'elle était jolie, gentille, intelligente et forte ?

Makarov : Eh bien, elle était très intelligente et très puissante. Elle était aussi très mignonne. En revanche, on ne peut pas dire que la gentillesse était vraiment son fort...

Luxus : Ah...

Makarov : Mais ce dont je me souviens...c'est que le jour où tu es né, je voyais dans ses yeux tout l'amour qu'une mère pouvait éprouver pour son fils. Mais dès que ton père est entré, cette lueur a disparue de son regard et elle est devenue froide.

Il se leva et posa sa main sur l'épaule de son petit-fils.

Makarov : Mais je suis certain qu'en ta compagnie, elle pourrait être bien meilleure.

Luxus : Merci papy ! T'es le meilleur de tous !

Il sourit et repartit en courant. Makarov observa le ciel, se demandant où pouvait bien être Katia et ce qu'elle faisait.

Makarov : J'espère que tout va bien pour toi...


Chapati Lola : Bonjour à tous, nous nous retrouvons aujourd'hui pour le 3ème jour de ce duel ! J'ai à mes côtés, comme toujours, Monsieur Yajima !

Yajima : B'jour !

Chapati Lola : Pour commenter l'épreuve du jour, nous accueillons comme invité Jura Nekis de Lamia Scale.

Jura : C'est un plaisir.

Il inclina légèrement la tête en souriant.

Chapati Lola : Avant de passer à l'épreuve, rappelons les scores : les deux équipes sont à égalité avec 10 points. Qu'en pensez-vous Monsieur Yajima.

Yajima : C'est assez serré, et il ne reste plus que deux jours avant la finale. Quelle équipe prendra l'avantage, aujourd'hui ?

Jura : Les deux guildes sont puissantes, et les deux premières épreuves étaient fortes en émotions. Ce n'était pas quelque chose que l'on voyait tous les jours.

Chapati Lola : Le suspens est à son comble, alors que les deux participants de l'épreuve « Double Pandémonium » s'avancent !

Du côté de Fairy Tail, c'est Erza qui se démarquait des autres. Elle se tenait devant eux, fière et droite, un sourire confiant sur les lèvres.

Erza : D'après le nom de cette épreuve, elle ressemblera à celle du Pandémonium que j'ai remporté la dernière fois. J'en fais donc mon affaire.

Natsu : Raah, mais je ne vais jamais pouvoir participer ou quoi ?!

Gajeel : Arrête ton cirque ! Les choix ont toujours été justifiés, je te ferai savoir !

Natsu : Je m'en fiche, je veux participer !

Il sautait sur place, les dents serrés et les poings s'agitant dans tous les sens. Soudain, il sentit la main de Grey qui se posait sur son épaule. Il se calma et se retourna vers lui.

Natsu : Grey...

Grey : Ne t'en fait pas, Natsu. Je suis sûr que ton heure de gloire viendra.

Erza : Aller, j'y vais.

Elle leur fit un petit signe de main et s'avança dans l'arène. Tous les spectateurs retinrent leur souffle, n'ayant pas oublié l'exploit prodigieux qu'elle a réalisé aux Grands Jeux Intermagiques. Ils sentaient que l'épreuve du jour serait extraordinaire, et qu'ils avaient ainsi bien fait de venir.

En face de Titania, c'est Dounia qui s'avance. Elle souriait de toutes ses dents, adressant des signes à la foule. Elle était sûr d'elle, persuadée de sa victoire et aucunement méfiante. A l'inverse, la rousse restait sur ses gardes, se demandant si Katia avait prévu une quelconque tactique pour gagner.

Chapati Lola : Ce sera donc un combat opposant Erza de Fairy Tail à Dounia de Black Unicorn.

Jura : Erza participe, alors. Ça promet d'être intéressant...

Yajima : Sa première performance avec le Pandémonium est encore gravée dans nos esprits. Je me demande comment ça va se passer.

Chapati Lola : Sans plus attendre. Matoh va nous énoncer les règles.

L'arbitre s'avança donc en sautillant vers les deux participantes. Celles-ci se défiaient du regard.

Matoh : L'épreuve a laquelle vous allez participer est donc le « Double Pandémonium ». Vous entrerez chacune dans un Pandémonium, où se trouvent 100 monstres. Jusque là, rien d'exceptionnel. Mais sachez tout d'abord que c'est la prouesse d'Erza Scarlet qui nous a donné cette idée.

Erza : Nous allons devoir abattre le plus de monstre possible, c'est ça ?

Matoh : Exact ! Il y a 50 monstres de rang D, 30 de rang C, 15 de rang B, 4 de rang A et bien sûr, 1 de rang S.

Dounia : Comme la dernière fois...

La citrouille hocha la tête et leva les bras. Les deux grands châteaux apparurent, projetant une ombre sur les spectateurs. Les filles se placèrent chacune face aux portes de leur château respectif.

Matoh : Vous devrez battre le plus grand nombre de monstre, et si possible, les 100. Dès que vous êtes vaincue par un monstre, vous êtes automatiquement expulsée du château, sans moyen d'y retourner. Celle qui aura vaincu le plus de monstres aura gagné.

Erza : On ne peut pas faire plus simple.

Dounia : Ah, ça va être du gâteau.

Elles firent chacune apparaître un sabre et s'exclamèrent d'une seule et même voix :

Erza et Dounia : En avant !

Matoh : Que l'épreuve commence !

Elles s'élancèrent à l'intérieur et les lourdes portes se refermèrent sur elle. Dounia fonçait vers le centre du palais, toujours se sourire confiant aux lèvres. Ses capacités au sabre associées à sa magie ne pouvaient que la faire gagner. Erza, elle, avançait doucement et sans bruit. Elle arriva au centre d'une grande pièce, qu'elle inspecta. Il y avait ça et là des morceaux de tissus et des tâches de sang. il y avait encore des cadavres de monstres, et des traces d'épée et de griffes sur les murs.

Erza : Hum...il semblerait que je sois dans le même Pandémonium que la dernière fois. Je ne pense pas que Katia ait pu le piéger, en revanche, il reste peut-être quelques traces de mon odeur. Inutile de me cacher, les monstres me connaissent bien, et ils sauront me retrouver. Il ne me reste plus qu'à les affronter en face.

Elle entendit une démarche lourde dans son dos. Nullement effrayée, elle se retourna et apperçut un monstre de 10 mètres de haut. Sur son torse, un grand « S » était inscrit, d'une couleur rouge sang. Elle sourit et changea son armure pour en prendre une plus légère.

Erza : Je commence avec du lourd, alors ? Tant mieux pour moi...

Chapati Lola : Incroyable ! A peine entrée, Erza Scarlet tombe déjà sur le monstre de rang S !

Yajima : Elle est encore débordante d'énergie, elle pourra le battre assez aisément.

Jura : Mais n'oublions pas qu'il en restera encore 99 après celui-là. Aura-t-elle assez d'énergie ?

Yajima : C'est sûr qu'elle doit faire attention à ne pas gaspiller inutilement sa magie.

Dans les gradins, la tension est à son comble, alors que le départ a été donné il y a tout juste cinq minutes. Gérald s'était avancé jusqu'à la rembarde, se moquant bien du fait que tout le monde pouvait le voir. Il s'inquiétait pour Erza, et pour une fois, il ne le cachait pas.

Gérald : Aller Erza...on croit tous en toi...

Mavis : Je suis sûre qu'elle va y arriver ! Après tout, elle n'a pas perdu en puissance depuis la dernière fois !

Luxus : Au contraire, elle en a gagné.

Son regard croisa celui de Katia, et il lui fit un petit sourire moqueur. Ceci n'était pas un noir souvenir d'Erza, au contraire. Elle pouvait revivre une de ses plus belles expériences.

Dounia, de son côté, avait déjà éliminé les 15 monstres de rang B. Elle sentit que ses bras commençaient à fatiguer, mais elle ne perdait pas espoirs. Erza affrontait le rang S, donc même si elle arrive à ne battre que 99 monstres, Erza n'aura jamais la force de tous les battre après s'être occupée du plus fort. Il ne fait aucun doute que la puissance des monstres à un peu augmenté depuis la dernière fois, où ce serait trop facile. Reprenant une bouffée de courage, elle fonça sur les monstres de rang D.

Erza venait de venir à bout du monstre de rang S. Elle avait difficilement allong son combat, attendant que les montres de rang D s'approchent pour ensuite proter le coup fatal au géant, qui écrasa les plus petits sous son poids. La guerrière retomba sur le sol et souffla, fière de son coup.

Chapati Lola : Quelle stratégie étonnante ! Erza vient d'éliminer 50 monstres de rang D en même temps que celui de rang S ! Elle prend ainsi l'avantage du nombre !

Dounia : Impossible !

Natsu : Vas-y Erza, tu es la meilleure !

Erza : Vous ne gagnerez pas, Black Unicorn ! Je ne le permettrai pas ! Nous ne le permettrons pas ! Jamais !

Elle changea d'armure et choisit l'armure céleste, faisant ensuite apparaître une trentraine d'épée.

Erza : Je vaincrai tous ces monstres et remporterai la victoire pour ceux qui me sont chers ! C'est comme ça que l'on fonctionne à Fairy Tail ! La guilde qui ne recule devant rien !

Elle écarta les bras et toutes ses épées partirent sur les monstres qui arrivaient. Ses épées transpercèrent les monstres de rang C.

Jura : Elle a fait apparaître juste le bon nombre d'épée afin de ne pas gaspiller de magie.

Yajima : Elle se défend bien, la petite.

Chapati Lola : Que c'est beau !

Les supporters hurlaient de joie, agitaient les bras et en redemandaient toujours plus. Mais ce sont bels et bien les mages de la guilde Fairy Tail qui faisaient le plus de bruit. Hurlant à leur héroïne de ne pas lâcher et de tenir le coup, ils dansaient sur place, heureux de la voir progresser si rapidement. Néanmoins, du côté du reste de l'équipe, le stresse monte.

Lucy : Dounia est tout aussi forte qu'Erza.

Grey : Oui. Elle a battu plus de monstre qu'Erza. Elles ont vaincu toutes les deux les rangs D et C, mais l'ennemi a vaincu le rang B également.

Gajeel : Ne vous faites pas de soucis. Erza n'a plus à craindre le rang Sn contrairement à l'autre, qui l'affrontera à bout de force et probablement à court de magie. Erza conserve donc un avantage pour le moment...

Natsu : De toute façon, Erza va gagner, ça ne fait aucun doute !

De bruits de lames retentirent tandis que le dernier monstre de rang A tombe aux pieds de Dounia. Ça y est, il ne lui reste plus que celui de rang S. Et enfin, elle pourra rentrer victorieuse auprès de ses coéquipiers. Thalia et Ryan la jalouseront, car elle, elle aura gagné, et tout seule. Elle rit et s'avança plus loin dans le château. De son côté, Erza avait également mit à terre les 4 monstres de rang A. il lui reste les 15 de rangs B.

Erza : Plus que 15, même s'ils sont d'un niveau plutôt élevé. Elle affronte le rang S, c'est ça...

Gérald : Aller Erza, tu peux le faire !

Elle sursauta en entendant sa voix, ne se doutant pas une seconde qu'il l'encouragerait haut et fort. Elle sourit et se rééquipa, reprenant son armure légère.

Erza : Ne vous inquiétez pas pour moi, mes amis. Je ne vais en faire qu'une bouchée.

Sans plus attendre, elle s'élança. Les créatures se jetèrent toutes sur elle, mais cela ne la fit pas reculer. Elle tandit ses sabres de chaque côté et donnait des coups tout en en esquivant. Malheureusement, il y en a une qu'elle ne vit pas, et elle se prit un coup dans le dos. Elle vola plus loin et se cogna contre un mur. Elle cracha du sang et se releva en tremblant.

Erza : Tu es un lâche. Attaqué dans le dos, c'est vraiment nul comme tactique. Moi...je préfère attaquer de face, qui que soit mon adversaire !

Elle ré-empoigna son arme et courut vers lui, lui assenant un coup violent sur le haut du crâne. La bête se fendit en deux. Il ne restait plus que 5 monstres. Dounia, elle, usait de ses dernières forces pour mettre KO le rang S, et elle était sur le point d'y parvenir. D'un coup, elles mirent toutes deux leurs adversaires au tapis. Un silence de plomb s'installa, tandis que les corps des vaincus tombaient lourdement sur le sol. Puis, les applaudissement retentirent, ainsi que des cris de félicitations.

Chapati Lola : C'est impensable ! Les deux filles ont vaincu les 100 monstres, et tiennent encore debout !

Yajima : Nous sommes face à deux monstres.

Jura : C'est impressionnant.

Chapati Lola : La question qui se pose à présent est : comment les départager ? Devons-nous annoncer un match nul ?

Les châteaux disparurent alors que les deux jeunes femmes revenaient dans l'arène. Matoh s'avança jusqu'à eux.

Matoh : Non d'une citrouille, vous nous avez offert des combats extraordinaires !

Erza : Nous sommes à égalité...

Dounia : Ils vont probablement nous faire nous affronter. Je te garantis que tu ne gagneras pas.

Matoh : En réalité, nous vous avions caché une règle, qui a été mise en place pour ce genre de cas.

Natsu : Une nouvelle règle ?!

Deux ombres planèrent sur le stade. En levant les yeux, ils purent s'apercevoir qu'il s'agissait de deux énormes chronomètres.

Gajeel : Elles ont été chronométrées ?!

Matoh : Ils se sont lancés à l'instant même où les portes se sont fermées derrière vous. Et ils se sont arrêtés dès que le dernier monstre a été vaincu.

Lucy : Ça alors ! On n'a rien remarqué du tout !

Matoh : Nous allons dévoiler vos temps chacune votre tour, et celle qui aura mis le moins de temps remportera les 10 points. Sans plus attendre, voici le score de Dounia...

Tous regardèrent un des chronomètres, dont les chiffres avaient commencé à changer. Personne ne disait rien, ils étaient tous scotchés à la machine.

Matoh : Dounia a vaincu les 100 monstres en 1 heure, 42 minutes et 5 secondes.

Gajeel : Elle a fait ça en presque 2 heures seulement, c'est incroyable...

Lucy : Erza ne doit pas être loin...

Matoh : Le temps d'Erza est de...

Le deuxième chrono fit à son tour défiler les chiffres. Les spectateurs retenaient leur souffle. Le suspense est à son comble : laquelle des deux a gagné ? Laquelle a fini avant l'autre ? A qui reviendra la victoire et les 10 points ? Soudain, le chrono se stoppa, mais le silence persista. La voix de Matoh s'éleva soudain, forte, trahissant son étonnement :

Matoh : Une heure, 42 minutes et 3 secondes !

Les cris de joie retentirent, alors que les supporters de Fairy Tail se levaient pour faire une ovation. Les membres de la guilde sautaient de bonheur en se serrant dans les bras. Erza souffla de soulagement et leva son bras, pointant le soleil de son sabre.

Erza : 10 points de plus pour nous, mes amis ! Ne baissons pas les bras, nous gagnerons !

Tous : Oui !

Elle rejoignit son équipe, tout comme Dounia. Ainsi donc, elle avait perdu. Serait-elle punie ? Elle arriva aux côtés de ses coéquipiers. Elle les regarda un à un et s'exclama en haussant les épaules.

Dounia : De toute façon, on peut bien leur laisser ces 10 points. Nous gagnerons demain, et après-demain aussi.

Lydianna : Il y aura surtout intérêt que tu ne te fasses pas éliminer le jour de la finale.

Elle soupira et regarda l'arène d'un air mauvais.

Lydianna : Pas le choix, je vais devoir rattraper vos bêtises à l'épreuve de demain.

Ryan : Tu...tu vas participer ?

Lydianna : Non, je vais gagner. Aller, rejoignons dame Katia. Elle nous attend à l'hôtel.

Sur ce dernier point, ils partirent, Lydianna devant ses camarades. Erza aussi avait atteint son équipe, qui la félicita chaudement. Wendy était là aussi pour soigner ses blessures. Elle ne perdit d'ailleurs pas une seconde avant de lui prodiguer les soins nécessaires.

Natsu : Tu as tout déchiré, Erza !

Lucy : Bravo, Erza !

Erza : Allons, allons, calmez-vous. Ça ne s'est joué qu'à 2 secondes.

Grey : Le principal, c'est qu'on est 10 points de plus. On est de nouveau en avance sur eux.

Il sourit, mais tous avaient compris qu'il s'en voulait encore. Ils retournèrent vers les autres, Grey poursuivant Natsu car ce dernier avait menacé de dire à Juvia qu'il se détestait pour sa défaite de la veille. Enfin, c'est tout de même de bonheur qu'ils fêtèrent tous ensemble la victoire d'Erza.


Iwan marchait loin de l'arène dans une direction bien précise. Il devait aller parler à Katia. Il sait qu'il se met en danger comme ça, mais les trois premiers jours du tournoi l'ont décidé : elle fait trop de mal à Fairy Tail. Est-il normal qu'ils finissent dans cet état-là ?! Sont-ils obligés d'être blessés à ce point à chaque épreuve ?! Doivent-ils mourir pour qu'enfin elle laisse tomber ?! Cela ne doit pas arriver ! Makarov ne le lui pardonnerait pas ! Il a déjà bien trop pardonné...

Polyussica : Luxus te cherche à l'arène, il se demande où tu es passé.

Le noir se tourna vers la rose. Elle le fixait d'un regard provocateur. Il garda un air neutre et répondit comme si c'était une évidence.

Iwan : Eh bien, dis-lui que je me balade un peu pour me dégourdir les jambes.

Polyussica : Je mentirais si je disais que je ne connaissais pas ta destination...

Iwan : Et quelle est-elle ?

Polyussica : Tu vas chez les Black Unicorn.

Il ne répondit rien, mais ne la regardait plus dans les yeux. Il en avait assez de ne plus osé soutenir le regard des autres ! Mais depuis le retour de Katia, toutes ses mauvaises actions remontent à la surface, lui rappelant à grands coups dans le cœur à quel point il a été un ami, un fils et un père horrible. Finalement, le projet « Noirs Souvenirs » ne concerne pas que les membres de Fairy Tail. Lui serait-il spécialement dédié ?

Polyussica : N'y vas pas.

Iwan : Je me doute que tu ne dis pas ça par amour. Puis-je savoir pourquoi je ne pourrais pas y aller ?

Polyussica : Il ne te le pardonnerait jamais.

Elle soupira et tourna son visage vers l'arène.

Polyussica : Il arrivait à Luxus d'échapper quelques pensées qu'il tenait pourtant à garder secrètes. Mais je peux t'affirmer avec certitude qu'il n'a jamais souhaité que tu ne sois pas son père ! Il voulait juste ne pas être ton fils !

Iwan : Je ne vois pas grande différence entre ces deux phrases. Qu'est-ce que ça change...

Polyussica : Ça change tout ! Il s'est jugé comme étant le seul coupable de sa douleur ! Il lui semblait normal que tu ne l'aimes pas et il pensait que sa fragilité était une erreur de sa part ! Il aurait aimé que tu ais un autre fils que lui pour que tu sois plus heureux...

Ils se défièrent du regard un instant. Puis, Iwan se dirigea vers elle et s'arrêta juste à ses côtés.

Iwan : Je n'irai pas ce soir, mais je ne te promets rien pour demain. Nous verrons comment se passe le 4ème jour, et là je prendrai la décision d'aller la voir ou non.


Tous les mages fêtaient la victoire d'Erza dans le hall avec un somptueux repas. Ils dansaient, chantaient et buvaient plus que d'habitude, heureux d'avoir repris la tête de la compétition. La vieille, elle, se plaignait de la stupidité des mages à faire la fête pour un oui ou pour un non. Néanmoins, elle avait tout de même bien félicité la mage chevalière. Cette dernière sortit prendre un peu l'air dehors, car elle avait chaud entourée ainsi de ses amis.

Gérald : Erza, ça va ?

Erza : Oui, tout va bien.

Il s'approcha et se posa à côté d'elle. Il observait la ville et les lumières qui la rendait brillante. La rousse soupira et déclara d'une voix douce :

Erza : Ce serait un beau décor...

Gérald : Hein ?

Erza : Pour une demande en mariage.

Il rougit instantanément, et se donna des baffes mentales. Elle ne pensait pas à lui en disant ça, n'est-ce pas ?! Elle disait ça comme ça !

Erza : J'aimerais bien me marier.

Gérald : Tu veux que je lui en parle ?

Erza : A qui ?

Gérald : A Simon.

Elle tourna lentement la tête vers lui, et il en eut presque peur.

Erza : Non.

Gérald : C'est clair et net.

Erza : Hum.

Gérald : Tu ne sors pas avec lui ? Vous étiez pourtant très proche l'autre soir alors je croyais...

L'autre soir ? Erza s'en souvient de cet autre soir. Ah ça oui. Elle se souvient de ses mots exacts, les mots de Simon pour elle : « Erza, explique-lui ton point de vue. Ne le laisse pas t'interrompre ni avoir le dernier mot. C'est en voyant la force de votre amour qu'il cessera de lutter contre ». Et bien, il n'est peut-être pas là pour voir ça (puisqu'il était allé rejoindre sa sœur alors qu'on s'entrainait), mais il était grand temps qu'elle lui parle (crie) et lui dise ce qu'elle pense. Elle se tourna donc vers lui.

Erza : Gérald !

Gérald : Oui ?

Erza : Je ne suis pas amoureuse de Simon, d'accord ?!

Gérald : Mais tu...

Erza : Je le sais mieux que toi ! Je ne suis pas dupe, je sais lire mon cœur et j'ai toujours su de qui j'étais amoureuse !

Gérald : Erza...

Erza : Et ce n'est pas Simon, ok ?! C'est toi, Gérald ! Sache que ça a toujours été toi ! Et ce sera toujours toi ! Toi ! Toi ! TOI !

Gérald : Écoute...

Erza : Si on n'est pas ensemble, ne rejette pas la faute sur moi ! Tu as le droit de ne pas m'aimer, je ne t'en blâmerai pas ! Mais ce n'est certainement pas moi qui dit « non » !

Elle s'arrêta pour respirer. Le bleu, lui, ne disait plus un mot non plus. La rousse replaça une mèche de cheveux derrière son oreille.

Erza : Voilà, c'est tout ce que j'avais à...

Gérald : Alors, c'est à moi de parler.

Elle leva son regard vers lui. Il affichait un air sérieux : il allait faire quelque chose qu'il savait être une bonne idée. Il s'approcha encore, posa ses mains sur les joues de la rousse et unit ses lèvres aux siennes. Elle rougit, s'affola un peu, mais quand elle se rendit compte qu'elle ne rêvait pas, elle ferma les yeux et répondit au baiser. Il se retira trop vite à son goût. Ou plutôt, à leur goût.

Gérald : Je t'aime aussi, Erza. Ça a toujours été le cas, et comme pour toi, ça le sera toujours. J'avais simplement peur de ne pas être pour toi. Tu es lumineuse et forte, moi, je suis dans les ténèbres. Mais, si ta guilde est prête à m'accueillir, si tu es prête à passer ta vie avec moi, alors je me donne à toi. Et je sais que ta lumière saura éradiquer mes ténèbres sans difficultés.

Erza : Je suis prête, Gérald. Je me porterai garente de toi auprès du conseil, je me battrai pour ta liberté, et je vivrai avec toi toute ma vie !

Gérald : Je serai irréprochable, tu n'auras pas honte de moi.

Ils scellèrent leurs lèvres de nouveau, trop heureux de pouvoir enfin en profiter. Depuis une fenêtre, Natsu et Grey les avait vu. Cette vision les avait fait sourire, et ils avaient ensuite pariés sur la date de leur mariage et le nombre d'enfants qu'ils auraient. Puis, Grey était partit rejoindre sa fiancée, laissant son meilleur ami seul. Ce dernier balaya la pièce des yeux et constata qu'il manquait quelqu'un, une fois de plus. Il savait cependant où le trouver. Depuis qu'il est gamin, il l'a toujours su...

Il monta à l'étage et se dirigea à pas de loups dans la chambre de Luxus. La pièce était plongée dans le noir, la seule faible lumière venait de la lune. Il renifla l'air et sentit une odeur de larmes venant d'un coin de la pièce. Il s'y dirigea et dit doucement pour ne pas le surprendre :

Natsu : Je savais que tu serais là, Luxus.

Luxus : Que fais-tu là ?

Natsu : Tu pleures, n'est-ce pas ? Tu pleures encore...

Il s'assit à côté de lui et replia ses genoux contre lui. Le blond ne bougeait pas : que pouvait-il faire ? Ça ne sert plus à rien de cacher ses larmes, il l'avait déjà repéré. Et puis de toute façon, il n'avait plus la force de le faire.

Natsu : Je sais que ce n'est pas la première fois que tu pleures.

Luxus : Tu m'as espionné hier soir ?

Natsu : J'étais sous ta fenêtre. Mais ça fait des années que tu t'isoles pour pleurer. Je t'ai vu une fois, sans faire exprès, parce que je sentais l'odeur de tes larmes. Mais je n'ai jamais rien dit.

Luxus : Pourquoi ?

Natsu : Parce que, si je le disais, tu aurais été au courant et tu aurais arrêté de pleurer pour plus qu'on te voit le faire. Mais Ignir m'a toujours dit qu'il ne fallait pas garder sa peine à l'intérieur de soi, sinon ça nous détruit.

Luxus : Tes mots te rendent plus mature mais tu dis ça avec une telle voix de gamin...

Natsu : Hé !

Luxus : C'est étonnamment apaisant...

Il essuya une nouvelle larme et se tourna vers son ami pour lui faire un sourire rassurant.

Luxus : Je pleure tout seul dans un coin depuis plus longtemps que tu ne le penses...

Natsu : Tu pleurais déjà avant de naître ?!

Luxus : Euh, non, parce que je n'avais pas de raisons de pleurer. Et puis, je crois que je ne savais pas comment faire...

Natsu : Ah...

Luxus : En tout cas, je ne saurais te dire avec précision depuis combien de temps je le fais. Je crois que c'est devenu naturel chez moi, un truc quotidien et normal. Même si ça m'est déjà arrivé de ne pas le faire pendant une longue période. Quand je vais mieux et que rien ne me rappelle ma triste histoire...

Natsu : Ah...du coup tu fais que ça depuis quelques jours ?

Luxus : Ouais...

Natsu : Et tu ne voudrais pas me donner un peu de ta peine ?

Le 7ème maître le regarda, étonné. Etait-il sérieux ? Ou bien juste trop innocent pour se rendre compte que ce n'est pas possible ?

Luxus : Je suis censé faire comment pour te la donner ?

Natsu : Euh...je ne sais pas...peut-être que tu pourrais me parler d'un truc qui te rend triste, comme ça je pleurerai pour toi ! Ça te fera moins de larmes à verser...

Luxus : T'es vraiment sérieux ?

Natsu : Oui !

Il se redressa un peu et se hissa sur les genoux de Luxus. Ce dernier essaya, bien sûr de l'en empêcher, mais c'était peine perdue.

Natsu : Aller, j'écoute mieux comme ça !

Luxus : Mais d'où t'as eu confirmation que j'allais te parler ?!

Natsu : Si tu ne veux pas que je dise à Mirajane que t'as pleuré tout seul dans ton coin, tu ferais mieux de le faire...

Luxus : Depuis quand on fait du chantage à son maître ?!

Natsu : Moi, j'en fais depuis toujours !

Il sourit, fier de lui. Luxus soupira mais dû reconnaître qu'il n'avait pas le choix.

Luxus : Bon, tu te souviens du jour où j'ai été banni ?

Natsu : Oui, je m'en souviens ! Je me suis énervé parce que je ne voulais pas que tu partes alors que je ne t'avais pas encore battu !

Luxus : Eh bien, ce jour-là, le vieux m'a dit quelque chose...

"Makarov : Pour moi, te voir grandir était ma raison de vivre...tu n'avais pas besoin d'être fort...si tu étais en forme, ça me suffisait largement !"

Luxus : Tu vois, Natsu, c'est le genre de choses que dises les parents, tu es d'accord avec moi ?

Natsu : Hum...

Luxus : Mon père, il ne me l'a jamais dit. Ce que tu ressens quand tu veux à tout prix montrer à Grey que tu es le plus fort, c'est ce que je ressentais chaque jour envers mon père.

Natsu : Tu voulais le ratatiner ?!

Luxus : Non, mais je voulais être le plus fort de tous pour qu'il soit fier de moi. Pendant toute mon enfance, je n'ai vécu que pour ça, sans même me rendre compte qu'il y avait quelqu'un pour qui je comptais plus que tout qui avait juste besoin que je sois heureux et en bonne santé.

Natsu : Luxus...

Luxus : Et tu sais Natsu, le pire dans tout ça, c'est qu'il est parti alors que je ne l'avais pas remercié. Il a tant fait pour moi, je n'ai fait que le blessé. Et maintenant, je ne le verrais plus jamais ! Je n'arrive pas à m'y faire...

Il baissa la tête et gémit de douleur. Natsu ne savait pas quoi faire pour le consoler, et il commençait à paniquer. Finalement, il posa doucement sa main sur la tête de son maître pour lui caresser les cheveux.

Natsu : De là-haut, je suis sûr que le vieux est fier de toi, et qu'il souhaite que tu arrêtes de pleurer pour lui.

Luxus : Je veux qu'il revienne...

Natsu : Je sais...mais c'est impossible...il est parti...

Il se mit à pleurer lui aussi. Il passa ses bras autour du cou du blond et ils restèrent ainsi pendant de longues minutes, évacuant leur peine, même si elle ne faisait qu'augmenter à chaque larme versée.

Quelques heures après, on les retrouva endormis dans la même position, des traces de leurs larmes encore présentes sur leur visage. On les coucha, priant pour que le lendemain ne soit pas trop horrible.


A la guilde, terré dans un coin du bureau du maître, un petit garçon profitait de l'absence de ce dernier pour lâcher sa peine. Voulant devenir fort, Luxus préférait ne pas montrer ces moments de faiblesse devant les autres mages. Et alors que ses larmes coulaient sur ses joues, il récita d'étranges paroles :

Luxus : « Ne t'inquiète pas, mon bébé. Un jour, je reviendrai et je détruirai tout ton mal. »

Makarov, qui passait par là, entendit ces mots. Il s'approcha de son petit-fils et lui demande gentiment, faisant sursauter le garçon :

Makarov : Qu'est-ce que tu racontes, mon garçon ?

Luxus : Papi ! Je...c'est...

Makarov : Allons, n'ait pas peur. Tu peux me le dire...

Luxus : C'est...c'est maman qui me l'a dit...quand j'étais bébé...

Makarov : Ah oui ? Et tu t'en souviens ?

Luxus : Je ne me souviens pas de son visage, seulement de sa voix et de cette phrase.

Il sécha ses larmes, sourit à son grand-père et partit en courant dans le hall. Le vieux, en le voyant, se mit à souhaiter que celle qu'il considérait encore comme son enfant il y a quelques minutes, malgré son départ, ne revienne pas. Car il sentait au fond de lui que, le jour où elle reviendra, car il pense malgré tout que c'est inévitable, il risquera de perdre toute sa famille, de cœur ou de sang.

Et il se mit à appréhender ce jour...


Le flash-back de ce chapitre explique donc un peu comment Luxus vivait le fait qu'il n'ait jamais connu sa mère. Petite info bonus pour ceux qui lisent le mot de l'auteur : c'est la 1ère fois que Iwan a frappé son fils.

Le flash-back du chapitre prochain vous fera probablement avoir des envies de meurtres...

J'espère que vous avez apprécié l'épreuve. J'ai galéré pour l'écrire, parce qu'il fallait que ce soit assez détaillé sans que ce soit ennuyeux. Donnez-moi vos avis, ça me fera très plaisir !

De base, il ne devait pas y avoir de Gerza dans ce chapitre. Puis, j'en ai rajouté, mais ils ne devaient pas être en couple. Puis, je me suis dis pourquoi pas. Je souhaite que vous ayez aimé ! Laissez-moi vos critiques, fan de Gerza !

Concernant la scène entre Natsu et Luxus, je tenais ABSOLUMENT à la mettre, et j'espère que vous la trouvez bien. Je voulais mettre un petit moment de complicité entre eux. J'en ai déjà mis quelques-uns, mais je voulais qu'il y en ait un plus long et je suis plutôt contente de ce passage.

Dans le prochain chapitre, ce sera la dernière épreuve avant la finale. Cette dernière se déroulera en 2 parties, donc en 2 chapitres. Comme prédit dans ce chapitre, c'est effectivement Lydianna que vous découvrirez pour la prochaine épreuve. Je n'en dis pas plus !

Laissez-moi vos avis en commentaire !