Bonjour, bonjour !

Je sais, nous ne sommes que mardi et j'ai pris l'habitude de publier le jeudi, mais cette semaine, je trouvais que mon chapitre 14 était plutôt court, alors pour vous faire plaisir, chers lecteurs et lectrices, j'ai décidé de publier 2 chapitres cette semaine (le 14 aujourd'hui et le 15 jeudi) !

Sur ce, je vous laisse avec ce chapitre et on se retrouve jeudi pour la suite !

Lilas


Chapitre 14

Un temps de réflexion

– Erin. Attends. S'il te plait. Entendis-je dans mon dos en passant près de la chambre de Sam et d'Emily.

Puis, rapidement, je vis ma petite-cousine sortir de sa chambre et me suivre.

Une fois en bas de l'escalier, je me tournai vers Emily pour lui dire :

– Tu étais au courant de… la condition de Jacob ?

Mon ton de voix était légèrement plus froid que je l'aurais voulu. Emily, par contre, ne s'en offusqua pas et me lâcha de son éternelle voix douce :

– Oui. Parce que Jacob n'est pas le seul, Erin. Sam et tous les autres qui viennent à la maison, ils ont le gène. Ça ne fait pas d'eux des gens mauvais ou des monstres… Ils sont seulement… différents… Et ce que Jacob t'a confié… C'est l'un de ces plus gros secrets et s'il te l'a révélé c'est qu'il… a assez confiance en toi pour te le dire. Ce secret… Il n'a pas le droit d'en parler à n'importe qui. Je sais que ça peut paraître complètement fou, mais il n'y a pas vraiment de bonne façon d'annoncer ce genre de chose à une personne qui nous ait cher.

Tout se bousculait dans ma tête. Je me sentais envahi d'un tas de sentiments ; la peur, la curiosité, le doute, la surprise, l'insécurité, la confusion, et surtout ravis qu'il m'ait fait assez confiance pour me révéler cet énorme secret. Mais, je ne comprenais pas…

– Mais… ça ne fait que six jours que je le connais… Comment peut-il me faire confiance à ce point ?

– Il arrive à un moment dans la vie… où on sait que la personne en face de nous… est simplement la bonne.

Emily, comme Jacob, prenait un malin plaisir à jouer avec les mots et y dissimuler des choses. Pourquoi ? Pouvait-on simplement dire les choses au lieu de jouer aux devinettes avec moi ?

– La bonne personne ? Tu parles d'une sorte d'âme-sœur ?

– Oui, Erin. Et, dès votre premier regard, tout le monde savait que vous étiez fait l'un pour l'autre.

– Euh… D'accord. Euh… Et qu'est-ce que je suis censé faire maintenant ?

Emily posa une main sur mon épaule, me sourit doucement et me dit :

– Garde précieusement son secret. Maintenant que tu es au courant, tout va être beaucoup plus facile. Un énorme mur vient de tomber, laisse-toi du temps pour t'adapter à ce changement de décor et profite de cette lumière. Tu vois, moi aussi, je sais jouer avec les mots…

Incapable de résister davantage, je pouffai de rire et je regardai ma petite-cousine dans la pénombre.

– D'accord… Merci, Emily, pour tes sages paroles, encore une fois.

– De rien, Erin. Passe une bonne nuit.

– Merci. Dis-je en regardant Emily remonter les marches de l'escalier.

Une fois seule, je soupirai avant de me mordre la lèvre inférieure.

-O-O-O-

Au bout d'une quinzaine de minutes, après le départ d'Emily, je décidai de retourner à ma chambre pour discuter sérieusement avec Jake. Pendant mon petit moment de recul, j'avais évalué les choses et j'avais pris la décision de laisser toutes ses chances à Jacob. J'étais une personne assez ouverte d'esprit et dans ma tribu à moi aussi il y avait quelques légendes traitant du surnaturel, quoique je n'y avais jamais été vraiment confronté. Jake avait été si honnête avec moi, en m'ouvrant son cœur de la sorte… Je ne voulais pas le faire souffrir… Et puis, j'avais promis de ne pas le détester et de ne pas le rejeter… Sans dire que tout ce que je ressentais pour lui n'avait pas disparu en claquant des doigts… J'étais toujours follement attiré par lui.

Bref, j'étais prête à le croire et à l'écouter.

Donc, en retournant à ma chambre, je sentis les pulsations de mon cœur se faire beaucoup plus intense. J'avais les mains moites et j'étais nerveuse de lui poser certaines questions…

En passant le seuil de la porte, je vis Jacob assis au bout du lit, dos à moi, la tête dans les mains. Cette vision me rendit… triste. Il semblait réellement souffrir et je savais que c'était de ma faute…

– Hey. Dis-je doucement.

Lorsqu'il se retourna, mon cœur se serra violemment. Il avait manifestement pleuré, car ses yeux étaient légèrement rouges et encore humides. Lorsqu'il croisa enfin mon regard, il sembla incroyablement surpris.

Puis, doucement, je décidai de m'approcher du lit et je pris place près de lui afin d'essayer de le rassurer. Je n'avais pas peur de lui, ce n'était pas pour cela que j'étais partie, mais j'avais eu besoin d'un moment pour bien intégrer l'information.

Une fois assise à sa droite, je lui jetai un petit sourire.

– J'aimerais tout d'abord m'excuser, pour…

– Non. Tu n'as pas besoin de t'excuser, Erin. Ta réaction… Je l'avais envisagé… De mille et une façons et celle-ci était l'une des moins mauvaises que ce à quoi je m'étais attendu… En tout cas, tu ne sais pas à quel point je suis soulagé et heureux que tu… sois revenu… Tu ne sais pas combien, il me serait douloureux de te perdre…

À ses mots, mon cœur se gorgea d'émotions. Délicatement, je glissai ma main sur la sienne question de lui prouver que je n'avais pas peur de lui, et, je lui confiai, même si cela me rendait timide de m'ouvrir autant a quelqu'un :

– Je t'avais promis… de ne pas te juger, te haïr ou te rejeter… Je sais qu'on ne se connaît pas beaucoup, mais je suis quelqu'un qui tient ses promesses, Jake. Et puis… même si je le voulais… à moi aussi ça me serait douloureux de te perdre…

Sentant mon visage s'enflammer, je me mordis la lèvre en souriant devant son regard intense et son énorme sourire qu'il me jeta suite à ma confession.

-O-O-O-

Étendu sur le côté, les lumières closes, je regardai Jacob dans le noir, sans vraiment le voir. Nos corps enlacés, je profitais de ses caresses et de son parfum qui me chatouillait les narines.

Ça devait faire une bonne demi-heure que nous étions installés de la sorte. Il devait être près de 23 heures et je commençais à sentir le sommeil me gagner, mais je n'avais pas envie de dormir tout de suite, même si... J'allais clairement regretter le manque de sommeil le lendemain. Je donnais des cours dans la matinée, mais pas en après-midi.

Depuis tout à l'heure, Jacob répondait à toutes mes questions et la discussion était des plus intéressantes. Les lumières closes, je me sentais, également, plus à l'aise de l'interroger sur tout un tas de choses, alors d'un commun accord nous avions décidé de discuter dans le noir. Je savais à présent que la chaleur intense qui émanait de son corps était due à sa condition de modificateur, que grâce à sa condition il était aussi plus fort (la raison pour laquelle il n'avait pas bronché quand le serveur l'avait frappé à son tour), que dans sa « meute » il était un bêta (deuxième à pouvoir donner des ordres, Sam étant le premier), qu'il aurait pu commander, mais, il avait abdiqué, ne se sentant pas prêt à diriger sa propre meute et qu'une fois transformé il prenait l'apparence d'un très gros loup au pelage roux.

L'absence de lumière aidait aussi à dissimuler les énormes rougeurs sur mes joues et mon sourire béat.

– Bon, une toute dernière question, et après, je vais devoir dormir… Demain, je dois donner des cours. Alors… humm… Toi… Tu as déjà rencontré des vampires ou ce ne sont que tes ancêtres qui les ont rencontrés ?

Brusquement, je sentis Jacob se tendre et, d'une main, je caressai son flanc et son dos. Il frissonna et finit par répondre :

– Oui. J'en ai rencontré plusieurs, malheureusement… Je ne t'ai pas dit, mais, si je n'avais pas croisé ces immondes créatures, jamais je n'aurais muté… Ce gène est déclenché que parce qu'ils représentent une menace pour notre territoire.

– Et, ils vivent tout près ?

C'était plus fort que moi. J'étais immensément curieuse. Par contre, mes questions semblaient agacer, Jake. Il semblait réellement détester parler d'eux, des vampires. Ça s'entendait au ton de sa voix et tout son corps était crispé.

– Plus maintenant. Ils ont quitté Forks, i ans…

– Bon… Je crois qu'on devrait dormir… Dis-je avant de bâiller.

– Tu as raison. Bonne nuit, Erin. Dit-il avant de planter un baiser sur mon front.

Doucement, je l'embrassai dans le cou et mon baiser lui provoqua une pléiade de frissons en plus de légèrement l'exciter.

– Bonne nuit, Jake. Dis-je en souriant, amusée.

-O-O-O-

Lorsque mon réveille-matin sonna, comme à son habitude, je tendis le bras pour atteindre le bouton de l'alarme, mais, en m'étirant, je sentis quelque chose ou plutôt quelqu'un me retenir. Effectivement, en ouvrant les yeux, je vis le bras de Jacob par-dessus mon abdomen, et me coller à lui.

– Jake. Râlai-je avec amusement.

Brièvement, il desserra sa prise, me donnant assez de mouvement pour que je puisse fermer, l'alarme du réveille et je fus rapidement tiré vers lui lorsque le silence revint.

Une fois mon dos collé à son torse, Jake déposa un baiser dans mon cou, ce qui me fit rigoler doucement. En me tournant sur le dos afin de pouvoir le regarder, je constatai que, pendant la nuit, il avait retiré sa chemise et qu'il était à présent torse nu devant moi, seulement vêtu de son jeans noir de la veille. Puis, en baissant le regard vers ledit pantalon en suivant le chemin de ses abdominaux bien dessiné, un autre détail me sauta au visage, mais je détournai les yeux, faisant comme si de rien était.

– Bonjour. Dis-je en rougissant, malgré moi.

Malheureusement, il dut remarquer mon trouble évident et brusquement il se leva, ramassa sa chemise en s'excusant, avant de courir en dehors de ma chambre, le visage aussi rouge qu'une pivoine.

Passant mes mains sur mon visage, j'essayai de cacher mon amusement, mon excitation et mon bref malaise. Je savais (grâce à mes frères et à leurs amis que j'avais, malheureusement, croiser en sortant de la salle de bain) que les hommes pouvaient se réveiller en érection le matin, mais de le voir chez un garçon qui me plaisait me rendait toute chose.

Bref, en me levant du lit à mon tour, je me dirigeai vers ma commode et attrapai un ensemble de sous-vêtements noir, un jeans, un chemisier noir et un cardigan gris foncé. Mes vêtements choisis, je décidai d'oublier la douche, pour ce matin et simplement enfiler mes vêtements, brosser mes cheveux pour les attacher et me maquiller un peu. Cela me laisserait plus de temps avec Jacob…

Cela fait, je me rendis à la cuisine où je retrouvai Emily et Sam, qui discutaient, assis à la table de la cuisine.

– Bonjour, Erin ! Tu as bien dormi ? J'ai fait des crêpes, si tu en veux. Elles sont au réfrigérateur. Lança Emily, en me voyant descendre la dernière marche de l'escalier.

Cherchant du regard Jacob, je constatai le bruissement de l'eau en provenance de la salle de bain et j'en conclus qu'il avait décidé de prendre sa douche.

– Bon matin à vous deux. J'ai très bien dormi, oui. Merci. Dis-je en rougissant.

J'avais merveilleusement bien dormi, collée contre Jacob. Par le passé lorsque j'avais dormi avec quelqu'un, mes grands frères, le plus souvent, la personne me volait toujours la couverture, mais pour une raison bien précise, je n'avais aucunement eu besoin de me couvrir d'un drap… Du corps de Jacob, il émanait une chaleur si confortable que je n'en avais pas eu besoin.

En allant m'assoir à la table avec ma crêpe, j'entendis la serrure de la porte de la salle de bain cliqueter et je vis Jacob sortir de la pièce. En croisant mon regard, il sembla rougir et passa sa main dans ses cheveux encore humide.

Sans un mot, Jake se dirigea vers le réfrigérateur et je le regardai se servir des crêpes.

– On va aller faire un tour chez toi, voir ce qui est récupérable et évaluer les dégâts. Ensuite… Tu choisiras l'option qui te convient le mieux. Lâcha Sam.

– Hier soir, Erin m'a parlé d'un ami de son frère, un entrepreneur de la réserve Makah. Je vais surement faire détruire cette vieille maison et en construire une nouvelle.

– Et reste autant que tu veux, ici, Jacob. Notre porte t'est grande ouverte. Ajouta Emily en me jetant un petit regard qui ne passa pas inaperçu.

Étrangement, Jacob aussi me jeta un regard et je le vis me sourire. À ça, je baissai les yeux et engloutis le reste de ma crêpe, avant de me lever pour aller laver mon assiette.

En lavant mon assiette, j'entendis Jake me dire tout bas :

– Désolé de m'être sauvé, tout à l'heure, mais…

Évidemment, mon visage s'empourpra davantage en repensant à la situation qui s'était produite un peu plus tôt.

– Ne t'en fait pas. Ça restera entre nous. Dis-je en pouffant dans ma barbe inexistante.

Sur ce, j'embrassai discrètement la joue de Jacob en lui chuchotant un : « À tout à l'heure. » Puis, je me tournai vers Sam et Emily pour leur souhaiter une bonne journée et cela fait, je m'apprêtai à marcher vers la porte d'entrée, mais je sentis une main se poser sur mon ventre pour me retenir d'avancer.