Ce chapitre a été écrit dans le cadre du défi Facebook ''Sur Votre 31'' :
- Invite : ''Roi/Reine''

Contexte : UA – Divergence de Canon – Pre-série

Tout l'univers de Game of Thrones appartient à GRR Martin, DB & DW.

Bonne lecture !


Jaime contemplait son épée, dégoulinante de sang.

C'était fini. Aerys Targaryen était mort. Le Roi Fou était mort.

Il regarda le Trône de Fer, grand, monstrueux, noir, qui semble prêt à engloutir quiconque s'assiérait dessus, quiconque tenterait de s'emparer du pouvoir.

Quand ils étaient petits, avec Cersei, il lui avait promis qu'il serait roi, et qu'elle serait sa reine. N'était-ce pas la promesse que tous les petits garçons faisaient à leurs amoureuses, quand ils ignoraient encore tout du monde qui les entouraient et de sa cruauté ?

Inconsciemment, il monta les quelques marches qui le séparaient à la fois de l'abominable silhouette du trône et de ses rêves les plus fous.

Quand il fut au-dessus de l'estrade, dominant toute la salle, plus qu'il n'avait jamais dominé quoi que ce soit, il n'hésita pas une fraction de seconde avant de prendre sa décision.

Il s'assit sur le Trône de Fer, s'ouvrant ainsi la porte qui le mènerait à sa la liberté, à leur liberté, à Cersei et à lui.

A leur liberté de s'aimer, à leur liberté de se marier, à leur liberté d'avoir des enfants ensemble et d'engendrer une dynastie qui durerait mille ans.

Après tout, les Targaryens s'étaient bien mariés entre frères et sœurs depuis plus de trois cents ans. Pourquoi les Lannister ne pourraient-ils pas faire de même ?

Et puis, leur père avait tellement voulu faire de sa fille une reine. Il ne refuserait pas cette opportunité, même si c'était son propre frère qu'elle devrait épouser. N'est-ce pas ?

Et si leur père tentait de les en empêcher, Jaime pourrait l'y obliger, d'une manière ou d'une autre. En tant que Roi des Andals et des Premiers Hommes, Suzerain des Sept Couronnes et Protecteur du Royaume, il aurait tout les droits.

Cersei n'aurait pas à épouser un seigneur qu'elle ne connaissait pas, et qui ne la verrait que pour les enfants qu'elle pourrait lui donner. Elle pourrait épouser Jaime, qui l'aimait et la chérissait plus que tout en ce monde, et, ensemble, ils pourraient avoir des petits princes et des petites princesses aux boucles d'or et aux yeux d'émeraude.

En songeant à cela, il se mit à sourire. Il ferait n'importe quoi pour Cersei. Si, pour pouvoir l'aimer au grand jour, il fallait qu'il devienne roi, alors soit. Il deviendrait roi. Et elle serait sa reine.

Il fut interrompu dans ses doux songes quand les lourdes portes de la salle du Trône s'ouvrirent à la volée sur Lord Eddard Stark et ses Nordiens.

Ned Stark le contempla longuement, silencieusement, comme s'il attendait que Jaime descende du Trône de Fer, qu'il revendiquait au nom de son ami qui l'avait entraîné dans une longue rébellion, Robert Baratheon.

Voyant qu'il n'amorçait pas le moindre mouvement pour se relever du trône où il était fièrement assis, le Nordien prit la parole :

''Ser Jaime Lannister. Vous n'avez rien à faire sur ce trône. Il appartient désormais au roi Robert, de la maison Baratheon, premier du nom, Roi des Andals et des Premiers Hommes et Protecteur des Sept Couronnes.''

Un sourire narquois naquit sur les lèvres du chevalier, qui ne bougea toujours pas d'un pouce :

''Et pourtant, je ne vois Robert absolument nulle part. Ou peut-être a-t-il jugé qu'il est indigne pour un futur roi de participer à la prise de sa capitale ?''

Eddard resta pantois pendant un bon moment, avant de finalement reprendre ses esprits :

''Il va bientôt arriver. Et au moment où il le fera, il vaudrait mieux qu'il ne vous trouve pas assis sur le Trône de Fer.''

Jaime continua à sourire, avec son air arrogant habituel en regardant Ned Stark en face de lui. Puis, mâchant bien ses mots, de manière à ce que le Nordien ne doute pas de ce qu'il disait, il annonça :

''Eh bien, Robert n'est pas là. Le trône est donc vacant, et je n'ai pas la moindre intention d'en descendre.''

Stark le regarda, sans paraître saisir ce que Jaime venait de lui dire.

''Qu'est-ce que…''

Mais Jaime le coupa avant qu'il n'ait eu le temps de terminer son objection, serrant dans ses mains les poignées des épées qui constituaient les accoudoirs du Trône de Fer :

''Je revendique ce trône. Je me proclame, moi, Jaime Lannister, premier du nom, Roi des Andals et des Premiers Hommes, Suzerain des Sept Couronnes et Protecteur du Royaume.''

Les compagnons d'Eddard Stark dégainèrent tous leurs épées, mais, au moment où ils s'apprêtaient à s'avancer vers Jaime, les soldats Lannister qui avaient envahi la ville quelques heures plus tôt entrèrent à leur tour dans la salle du trône.

Quand ils virent Jaime sur le Trône de Fer, ils ployèrent tous le genou dans un mouvement uniforme.

C'est à ce moment-là qu'il sut que c'était gagné.


Pour la première fois de sa vie, Jaime entra dans le bureau de son père dans la Tour de la Main sans demander son autorisation ni attendre d'invitation.

Il a décidé de garder son père à ce poste, non seulement parce qu'il a toujours réussi à faire un bon travail, mais aussi parce qu'il n'y a personne d'autre à qui il pourrait bien le proposer. L'idée de nommer Tyrion lui avait traversé l'esprit, mais son frère était encore trop jeune.

De toute manière, pour le moment, il avait un autre problème à régler.

Son père était bel et bien assis à son bureau, occupé à écrire une lettre, probablement.

Il leva à peine les yeux lorsque son roi de fils entra.

Il posa néanmoins sa plume lorsque Jaime fut posté juste devant lui, les mains appuyés sur le bureau.

Comme il ne disait rien, ce fut Jaime qui entama la conversation :

''Je suis venu vous parler de mon mariage.''

A ces mots, Tywin daigna enfin lui accorder sa pleine attention, et le regarda dans les yeux :

''Je suis fort aise de t'entendre le dire. Mais maintenant que Lysa Tully est mariée à Jon Arryn, il me semble que tu dois avoir une idée en tête pour prendre les devants de cette manière.''

Jaime se demanda comment lui annoncer, puis préféra lui dire de but en blanc.

''Je vais épouser Cersei.''

Les pupilles vertes mouchetées d'or de Lord Tywin se plissèrent, comme s'il n'avait pas bien compris le nom de sa fille sortir de la bouche de son fils.

''Je te demande pardon ?''

Alors, Jaime répéta :

''Je vais épouser Cersei.''

La bouche de son père ne formait plus qu'une ligne mince, maintenant, tant il pinçait les lèvres :

''Non.''

A cette réponse, Jaime se redressa :

''Je ne suis pas venu demander votre permission. Je suis venu vous annoncer mon mariage, pas vous demander l'autorisation pour pouvoir épouser la femme que j'ai choisi.''

Voyant que son père ne disait toujours rien, il ajouta :

''Je suis le roi. Je fais ce qui me plaît. Et vous avez toujours voulu que Cersei soit reine : elle le sera. Les Targaryen se sont bien mariés entre frères et sœurs pendant plus de trois cents ans. Les Lannister peuvent bien faire pareil. Après tout, le lion ne se soucie nullement de l'opinion des moutons, et ...''

Tywin réfléchit longuement : pour imposer la dynastie Lannister, s'assurer qu'elle était bien assise, sur le Trône de Fer, et que les gens ne pensaient pas qu'elle était inférieure à celle des Targaryen. Si ces derniers avaient pu transgresser les lois des dieux et des hommes en faisant de mariages incestueux, alors, les Lannister devaient suivre le mouvement.

''Bien'' souffla-t-il.

Jaime s'interrompit dans sa tirade, et regarda son père :

''Pardon ?''

''J'ai dit : bien. Tu as ma permission d'épouser ta sœur. Et, de toute manière, je sais que même si tu ne l'avais pas, tu le ferais quand même. Tu l'as dit toi-même. Tu es le roi. Le roi fait ce qu'il lui plaît.''

Jaime acquiesça silencieusement, puis quitta la pièce.


La nuit était fraîche à Port-Réal.

Couchés sous les draps de soie de la chambre de Jaime, ils étaient tous deux essoufflés par leur étreinte, dont ils venaient juste de se dénouer.

Ils ne disaient rien, laissant un silence confortable les envelopper, alors que Cersei fermait les yeux, commençant presque à s'assoupir, la tête posée sur la poitrine de Jaime, blottie contre lui, pendant qu'il caressait ses cheveux, lui posant de temps à autre un baiser sur le sommet de la tête ou sur le front.

Alors qu'il se penchait plus près d'elle, pour embrasser la peau juste derrière son oreille, il murmura :

''J'ai parlé à Père, aujourd'hui.''

''Hmmm…'' marmonna-t-elle, sans même se donner la peine d'ouvrir ses paupières.

Jaime rit silencieusement, sachant exactement quoi dire pour faire réagir sa sœur :

''Oui… '' il l'embrassa sur la joue. ''De ton futur mariage, notamment.''

Dès que ces mots eurent franchi ses lèvres, Cersei se releva brusquement, le regardant dans les yeux.

Il put lire la tristesse, et quelque chose qui ressemblait à la peur dans ses belles iris émeraudes.

''Tu te maries dans quinze jours.''

Il la sentit se mettre à trembler contre lui.

Il enroula ses bras autour d'elle, et elle se blottit instinctivement contre lui, comme un chaton, non, comme une lionne, et, en l'embrassant à nouveau sur sa joue, lui souffla à l'oreille :

''Vous ne pourrez plus être la maîtresse du roi, Lady Lannister… Ou plutôt, vous ne pourrez plus être la maîtresse du roi, Votre Majesté devrais-je dire …''

Lorsque ses yeux se relevèrent pour le regarder, il n'y avait plus de peur.

Non, seulement de l'amour. De l'amour et de l'espoir. Tout comme dans le baiser qui s'ensuivit.


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