Camarades !
Et maintenant la suite !
Edit : J'ai oublié de préciser que le chapitre répondait également aux défis discord de l'Enfer de Dante : Un baiser passionné et Un baiser sur la joue.
Bonne lecture !
15 et 16 décembre
Victor et Jefferson se séparèrent à regrets, toutefois leurs visages restaient proches, et tous les deux souriaient, sans doute un peu bêtement mais ce qu'il venait de se produire leur avait paru si merveilleux qu'ils se moquaient bien d'avoir l'air un peu niais. Le silence les enveloppa de nouveau, mais aucun d'eux ne semblait ne vouloir le briser, tant ils étaient heureux et gênés à la fois. Aucun d'eux ne semblait vouloir parler ou savoir quoi dire. Puis finalement Jefferson prit la parole.
« Je suis heureux d'avoir pu t'avouer la vérité… enfin d'avoir pu être sincère avec toi et que ce soit réciproque.
- Je suis content aussi. C'est idiot mais j'avais peur que tu ne ressentes pas la même chose. J'avais peur de tout gâcher en venant te parler mais je tenais à être sincère avec toi. Je crois que je n'aurai pas aimé faire semblant ou continuer à me voiler la face.
- Moi non plus. Tu es vraiment spécial pour moi, même si on ne se connaît pas depuis longtemps, j'ai l'impression qu'il y a quelque chose entre nous de particulier. Tu vas me trouver idiot mais j'ai ressenti ça presque dès le début.
- Pas du tout. J'ai ressenti ça aussi pour tout t'avouer. J'ai eu l'impression qu'il y avait quelque chose dès le départ mais je t'avoue que je n'imaginais pas quelque chose comme ça… . »
Ils approchèrent une nouvelle fois leurs visages l'un de l'autre et échangèrent un nouveau baiser, beaucoup plus passionné dans lequel chacun se perdit. Aucun ne voulait s'emballer ni aller trop vite, ils étaient bien conscients qu'ils avaient encore beaucoup de choses à découvrir l'un sur l'autre et d'avoir énormément de soucis personnels à régler mais pour le moment il leur était bien difficile de ne pas penser à autre chose que la sensation des lèvres de l'autre sur les siennes, de la chaleur qui les enveloppaient ou de la sensation de leurs mains sur leur peau.
Ils renouaient avec des sensations, des émotions qu'ils avaient enfouies, oubliées depuis des années et le tout leur procurait une sensation enivrante, réconfortante mais un peu terrifiante également. Pour le moment il n'y avait qu'eux, confortablement installés sur le canapé du salon, avec en toile de fond le sapin et les décorations de Noël, les guirlandes qui clignotaient, la neige qui tombait dehors, c'était un joli tableau, mais il y avait aussi des ombres auxquelles ils devraient s'affronter. Mais s'ils devaient le faire, ils le feraient ensemble et c'était encore plus réconfortant et encourageant de penser à ça, surtout qu'ils savaient qu'ils seraient soutenus par leurs amis, leurs proches, ils n'étaient pas seuls. Ils n'étaient plus seuls.
oOo
En arrivant dans le salon, Grace trouva qu'il y avait quelque chose d'étrange. Les guirlandes lumineuses qui décoraient le sapin et les murs n'avaient pas été éteinte et elle trouva ça étrange, parce que d'ordinaire elle et son père faisaient toujours attention à bien les éteindre avant de monter se coucher. Elle savait que son père avait été stressé la veille et qu'il avait pu oublier certaines choses, mais c'était tout de même bizarre venant de lui. Prudemment, la jeune fille s'avança un peu plus, en prenant garde à ne pas trop s'appuyer sur sa cheville et s'approcha su sapin pour aller éteindre les guirlandes. Mais si il y avait bien quelque chose à laquelle elle ne s'était pas attendue, c'était de trouver son père allongé sur le canapé. Ou plutôt son père et le docteur Whale allongés tous les deux l'un contre l'autre. Elle fut tellement stupéfaite qu'elle en resta immobile, la bouche légèrement entre-ouverte. Puis elle se ressaisit et fila dans la cuisine, manquant de se relancer la douleur de sa cheville.
Prenant appui sur une des chaises, elle hésitait entre le choc et la joie. Après tout elle n'avait pas du tout été préparée à trouver son père dans les bras de quelqu'un d'autre, elle pensait même que ça n'arriverait jamais, mais elle ne pouvait s'empêcher de se sentir heureuse pour lui. Si ils étaient dans cette position, c'était qu'il s'était passé quelque chose. Elle regretta aussitôt de ne pas avoir pris son téléphone portable avec elle pour prévenir Henry et Violet de ce qu'elle venait de voir. Piégée dans la cuisine parce qu'elle n'osait pas retourner dans le salon et risquer de les réveiller et n'ayant aucune envie de faire le tour et d'aller dehors pour retourner dans sa chambre, Grace ne savait pas quoi faire quand son regard se posa sur le frigo et une petite idée germa dans sa tête.
oOo
N'ayant pas entendu le réveil sonner, Victor ouvrit les yeux brusquement, se demandant à quel point il allait être en retard avant de se souvenir qu'il était en vacances. Il fallut quelques secondes avant de reconnaître l'endroit où il se trouvait, puis son visage se fendit d'un énorme sourire en sentant le poids contre lui. Il passa affectueusement une de ses mains dans les cheveux bruns de Jefferson qui ne tarda pas à émerger de son sommeil. Bien que ses yeux soient encore ensommeillés, il sourit en reconnaissant Victor.
« Hey. Tu as passé une bonne nuit ?
- Excellente et toi ?
- Je n'ai jamais aussi bien dormit. Je me demande grâce à qui.
- Je crois que j'ai ma petite idée... »
Jefferson laissa échapper un rire avant de se redresser et d'embrasser Victor sur la joue. Celui-ci tourna la tête pour venir s'emparer des lèvres de Jefferson en souriant avant de l'enlacer.
« Je meurs de faim. Tu veux que je te prépare quelque chose ?
- Pour le moment j'ai surtout envie de rester avec toi, mais je n'ai rien contre un petit café.
- Parfait. Et je dois aussi préparer quelque chose pour Grace, j'espère qu'elle va mieux.
- Moi aussi. Je viens t'aider, on pourra lui porter au lit si tu veux.
- Tu es vraiment parfait, merci. »
Il attira Victor vers lui pour l'embrasser de nouveau avant de se lever du canapé, un peu à contre-coeur et de se diriger vers la cuisine, suivis de près par Victor. Qui lui rentra dedans quand il s'arrêta brusquement dans l'embrasure de la porte.
« Qu'est-ce que... »
La table de la cuisine avait été dressée par Grace qui était occupée à finir de déposer des morceaux de pomme dans des assiettes. En entendant la porte s'ouvrir, elle avait lever les yeux, d'un air un peu coupable, comme si elle avait été prise la main dans le sac en train de faire une bêtise.
« Oh, tu es déjà réveillé… et vous aussi.
- Que se passe… tu ne devrais pas être au lit ?
- Je sais, mais je m'ennuyais. Et j'ai fais attention, je le promets. Je voulais juste préparer un petit-déjeuner pour nous trois.
- Pourquoi ? – demanda Jefferson bien qu'il ait déjà une idée de la réponse
- Et bien… vous êtes ensemble non ? »
Tous se sentirent devenir aussi rouge que le costume du Père Noël. Comprenant qu'ils avaient été surpris, Jefferson et Victor ne savaient plus où se mettre ni quoi dire et Grace donnait l'impression d'avoir envie de se cacher dans un trou de souris.
« Et bien… oui. Victor et moi sommes ensembles. Je… nous voulions te l'annoncer nous-même tu sais, pas te laisser le découvrir seule.
- Je m'en doutais un peu tu sais papa, après ce que je t'ai dis la dernière fois.
- Tu n'es pas fâchée ?
- Pas du tout ! Je suis contente pour vous deux. Vraiment. C'est pour ça que je voulais faire le petit-déjeuner, pour nous trois. Et aussi pour vous remercier de m'avoir soignée hier. »
Victor s'approcha d'elle, l'air ému, bien qu'il tâchait de le cacher.
« Merci Grace, c'est très gentil à toi. Tu peux m'appeler Victor si tu veux…
- C'est d'accord… Victor. »
Encore un peu gênée, elle se contenta de sourire avant de leur désigner la table où attendait le petit-déjeuner qu'elle avait préparé.
« Ça a l'air délicieux.
- Merci. Je voulais faire des œufs mais je ne voulais pas faire de bruit et vous réveiller…
- Ce n'est pas grave. Je vais m'en occuper, reste assise, tu dois encore te reposer. Je vais aussi faire du café mais je suppose que tu préfères du chocolat ? »
Tandis que Jefferson se chargeait de préparer le reste du petit-déjeuner, Victor entreprit d'aider Grace à couper le reste des pommes. Une fois que tout fut prêt, ils s'installèrent à table et commencèrent à manger, dans un silence encore un peu gêné. Finalement Victor décida de briser le silence.
« Au fait Grace… je me disais… si jamais tu as besoin d'aide pour tes devoirs en sciences ou en maths, je serai ravis de t'aider tu sais.
- Je… non ça va aller. Je me débrouille bien toute seule.
- Oh ? D'accord. Mais si tu ne comprends pas quelque chose n'hésite pas à me venir me voir, ça me ferait plaisir de t'aider.
- D'accord. »
Pourquoi avait-il l'impression d'avoir dit quelque chose de travers. Il jeta un coup d'oeil vers Jefferson, qui lui fit signe discrètement qu'il lui expliquerait plus tard. Ce dernier tenta de faire diversion.
« Je me disais qu'on pourrait regarder un film ensemble tous les trois aujourd'hui. Un film de Noël. Ça vous dit ?
- Vraiment ? »
Grace regarda son père comme si elle ne le croyait pas. Depuis combien de temps n'avaient-il pas regardé de films comme avant ? Ensembles ?
« Tu es sérieux ?
- Bien sûr. On te laisse le choix du film en plus. Je ne suis pas sûr que Victor s'y connaisse en films de Noël.
- Ah bon ?
- J'ai bien peur que ton père aie raison. Je ne fête pas Noël d'habitude.
- Mais vous… tu as au moins du voir Le Grinch ou Maman j'ai raté l'avion une fois ?
- Non…
- Même pas La vie est belle ou Miracle sur la 34ème rue ?
- Aucun. En vérité je ne regarde pas vraiment la télé et je ne vais jamais au cinéma. »
Cette fois-ci Grace le regardait comme si il s'agissait d'un extra-terrestre.
« Et les Harry Potter ?
- Ah ça je connais quand même ! C'est un petit garçon qui m'a fait découvrir quand il était à l'hôpital. Il avait eu un accident de voiture et il était resté plusieurs semaines à l'hôpital. Comme il s'ennuyait ses parents lui avaient apporté les livres et il n'arrêtait pas d'en parler.
- Quand même ! Et les Disney ?
- J'ai du en voir quelques uns quand j'étais petit… j'aimais bien Mary Poppins et Dumbo. »
Grace continuait de le regarder de travers, comme si il venait d'un autre monde. Après le petit-déjeuner, elle décréta qu'elle allait choisir le film qu'ils regarderaient, comme si il s'agissait d'une mission de la plus haute importance.
Pendant ce temps là, Jefferson et Victor débarrassaient la table.
« J'ai l'impression qu'elle me prends pour un homme des cavernes…
- Tu connais au moins Harry Potter, c'est un bon point pour toi.
- Tu m'en vois rassuré... au fait, pour tout à l'heure, qu'est-ce que j'ai dis de travers ? Je ne voulais pas m'imposer ou quoi que ce soit…
- Tu n'as rien dis de mal. C'est juste que c'était Priscilla qui l'aidait pour les devoirs de sciences avant. J'ai toujours été mauvais et quand elle… est partie, elle a du se débrouiller seule ou bien demander de l'aide à ses professeurs.
- Je vois.
- Ne t'inquiète pas. Peut-être qu'elle viendra d'elle-même te demander de l'aide plus tard. »
Un peu plus rassuré, Victor termina de ranger la cuisine en compagnie de Jefferson. Il avait eu si peur que Grace ne le rejette. Il sentait bien qu'elle ne se sentait pas encore tout à fait à l'aise avec sa présence mais se promit de tout faire pour qu'elle se sente à l'aise et surtout qu'elle n'ait pas l'impression qu'il ne veuille prendre la place de sa mère.
Revenant dans le salon, ils constatèrent que Grace avait apporté plusieurs DVD avec elle.
« Il faut absolument voir tous ces films au moins une fois dans sa vie. On va commencer avec Maman j'ai raté l'avion et sa suite et si on a le temps on regardera Le Pôle Express.
- A vos ordre chef ! »
Alors qu'ils regardaient le film, Jefferson et Victor lovés l'un contre l'autre, Grace, installée un peu à l'écart à cause de sa cheville, se détourna de l'écran.
Elle était réellement heureuse pour eux, elle était sincère et elle avait été contente de pouvoir préparer le petit-déjeuner pour eux. Et Victor avait été gentil de proposer son aide, il ne pouvait pas savoir que c'était sa mère qui l'aidait avant. Mais juste l'espace d'un instant, elle avait eu peur que tout aille trop vite. Mais quand son regard se posa sur son père et son nouvel amoureux, cette crainte s'envola. Son père était heureux, elle avait l'impression de le voir revivre et c'est tout ce qui comptait. Victor était celui qui le faisait sortir d'un monde terne, sans joie et pour ça, elle ne pouvait que lui en être reconnaissante.
