Hey !
Je sais, je publie en retard cette semaine Je suis désolée ! Ma correctrice AvauK était très prise et ne pouvait donc pas me rendre mon chapitre dans les temps !
En plus de cela, il a fallu couper mon chapitre en deux car là ou d'habitude j'ai environ entre 10 et 20 pages, celui-là en fait 62… Donc paf ! Coupé en deux ! Du coup encore plus de travail pour Avauk !
Donc je suis désolée de vous avoir fait attendre un peu plus qu'une semaine (mais c'est pour la bonne cause, non ? D'accord, d'accord, pardooonnn)
Comme vous devez le deviner, le chapitre 12 n'arrivera pas lundi mais sûrement un peu plus tard le temps de sa correction.
Désolée de l'attente, j'espère ne pas vous perdre en route =/
Toujours un grand merci à AvauK de prendre de son temps pour me corriger et à vous pour les magnifiques reviews dont j'ai droit chaque semaine !
Bonne lecture et n'hésitez toujours pas à me dire ce que vous en pensez, je vous réponds en fin de chapitre chaque semaine !
Chapitre 11 : Jour un. Lundi
Bip. Bip. Bip.
Le son familier du réveil m'hérissa les poils, me faisant me redresser en sursaut.
- « Lexa ! » balbutiais-je en tournant vivement la tête vers le côté du lit qu'elle devait occuper.
Aucune lumière ne filtrait et je cherchais à tâtons le téléphone qui sonnait encore son affreuse mélodie pour me donner un peu plus de lumière.
- « Hummmm… Clarke arrête le, bordel… je dors là ! » maugréais une voix masculine à côté de moi.
Un étau me resserra le cœur à l'entente de la voix de Bellamy faisant par la même occasion retomber les derniers espoirs qui s'étaient nichés en moi.
Qu'espérais-je en même temps ? Je savais pertinemment que ça ne pouvait être-elle.
- « P'tain Clarkeuh ! » reprenait-il alors que je sortais de ma léthargie pour finalement éteindre le boucan qu'émettait le téléphone.
Un soupir me sortait bruyamment alors que je restais quelques secondes dans le noir, toujours assise sur le lit, essayant de digérer mon retour à la réalité.
Mes pensées étaient confuses et fusaient dans tous les sens.
Le poids qui s'était niché en moi ne disparaissait pas et un léger mouvement de Bellamy dans le lit me procura un élan soudain pour m'extirper de là. Quitter rapidement cette chambre.
Je descendais les marches de mon appartement d'un pas lourd, découvrant mon salon comme si j'y mettais les pieds pour la première fois.
Mon regard faisait le tour de la pièce, détaillant tout ce qui pouvait la composer. Pourtant il n'y avait pas grand-chose à en dire, c'était une grande pièce à vivre dont la cuisine faisait partie. Seul le carrelage différait devant elle, délimitant le salon de celle-ci.
L'immense maison dans laquelle je venais de vivre une semaine me paraissait déjà bien loin.
Une semaine n'avait pas suffi à effacer mes routines journalières et mécaniquement je me dirigeais vers un placard pour en sortir des céréales, m'installant directement dans le canapé pour avaler mon petit déjeuner.
J'étais perdue.
Cette semaine était finalement finie et le retour à la réalité me donnait un grand coup dans la face alors que je mâchais, distraite, mes céréales, le regard perdu dans le vide.
J'avais tellement espéré ce retour à la normalité les premiers jours. Mon appartement, mes repères, Bellamy… Mais cette envie avait disparue rapidement et tout cela n'avait maintenant qu'un goût amer.
Par réflexe, j'allumais l'écran de mon téléphone en y apercevant directement une photo de Bellamy et moi. Je soupirais encore.
À quoi m'attendais-je en même temps ?
Quand les premières lueurs du jour filtrèrent par les fenêtres, je me rendais compte que j'étais resté un bon moment dans le vague, mon bol de céréales vide entre les mains.
Nous étions lundi. J'étais revenue sept jours et dix ans en arrière et malgré le fantastique de la chose, je ne pouvais pas rester plantée là. Mes obligations me sautèrent au visage alors que je réalisais que je devais aller en cours et que le temps filait beaucoup plus vite que prévu.
À quoi bon aller en cours ?...
Non, non, non ! Ne commence pas Clarke. Ne bousille pas tout. Tu ne peux pas tout changer du jour au lendemain pour… pour… pour un rêve ?
Après une courte mais intense bataille avec moi-même, je récupérais mes vêtements sous les protestations vagues de Bellamy que je gênais, m'habillant rapidement et sans même prendre le temps de me coiffer, je sortais, mes cours dans mon sac.
Vu l'heure j'allais clairement être en retard.
La descente des trois marches devant ma porte me faisait lever les yeux sur ma rue. Il faisait froid et l'air frais me brûla directement les poumons, me donnant un coup de boost pour me mettre en marche. J'accélérais le pas pour me retrouver quelques minutes plus tard, légèrement essoufflée, sur le quai de mon métro, ayant même deux minutes d'avance avant son passage.
Je me félicitais mentalement de ma performance.
Vu toutes les fois où je me retrouvais à courir pour attraper mes transports, il me faudrait rapidement réfléchir à me mettre au jogging. Je reprenais mon souffle, me maudissant encore une fois pour mon endurance digne d'un pingouin asthmatique.
Ricanant de ma propre blague, je donnais des coups d'œil furtifs autour de moi pour m'assurer que personne ne m'avait vu rire toute seule.
Mon regard finit par croiser l'affiche que j'avais oubliée, me faisant stopper tout sourire.
Des affiches j'en voyais des tas. Il y en avait tellement que je ne prêtais même plus attention aux trois quarts mais celle-ci était là depuis un moment maintenant et je la contemplais à chaque fois que j'attendais ma ligne.
Alors même que je l'avais regardée presque tous les matins depuis des semaines en pestant sur la phrase qui l'accompagnait, je ne me focalisais plus que sur elle.
Elle représentait Lexa, assise négligemment sur un banc, son bras appuyé sur le dossier, tenant son visage de son poing. Son regard émeraude transperçait tout, me fixant comme pour me transmettre un message.
« Prend ton destin en main »
Voilà maintenant que la phrase l'accompagnant me faisait sourire tristement et soupirer sans arriver à me retenir.
Trois semaines. C'était le temps qu'il restait avant les périodes de fêtes. Il fallait juste que je prenne mon mal en patience avant de la contacter.
Le bruit significatif des portes se refermant me fit tourner la tête brusquement mais je savais qu'il était trop tard, peut-importe le mouvement que je pouvais bien initier je venais de rater mon transport.
- « Nonnn ! » n'arrivais-je pas à m'empêcher de sortir désespérée.
Une dame assez âgée me regardait un air incrédule au visage. Je venais de rater mon métro en restant juste… devant ! Cela n'était pas passé inaperçu à celle-ci.
Le prochain passait dans plus de dix minutes et j'allais me retrouver complètement à la bourre pour le cours de Monsieur Kane.
Marcus Kane pensais-je. Son nom se répercuta dans mon esprit, les souvenirs de la soirée du gala me revenant.
Marcus Kane que j'avais retrouvé ce soir-là au bras de ma mère, m'appelant « chérie » et m'annonçant qu'il était fier de m'accompagner pour mon renouvellement de vœux. Même du champagne hors de prix n'avait pas suffi à faire passer la chose.
Ce prof était l'archétype du médecin pédant à souhait, prenant ses étudiants pour des chèvres et par-dessus tout : Il me détestait.
Le pire dans tout ça c'est que je n'en connaissais même pas la raison. Il m'avait pris en grippe dès la première année et depuis ses cours étaient un vrai fardeau pour moi. J'avais quand même une hypothèse quant à son aversion pour moi.
Par le passé, il avait effectué ses études avec ma mère et je restais persuadée qu'elle lui en avait fait voir de toutes les couleurs. Il passait donc ses nerfs sur une autre Griffin.
Pourtant, je n'arrivais pas à voir à quel moment il avait pu rentrer dans la vie de ma mère et surtout, devenir sympathique avec moi mais pour l'instant ma priorité n'était pas de penser à mon potentiel futur beau-père.
Plutôt juste d'arriver à l'heure à son cours car les retards étaient clairement ce qu'il exécrait.
Je franchissais les portes du petit amphithéâtre avec bien un quart d'heure de retard, essoufflée au possible, essayant de me faire la plus petite possible pour ne pas attirer l'attention.
- « Mademoiselle Griffin ! Vous nous honorez de votre présence. Que c'est fort gentil à vous. » m'apostrophait-il directement, faisant se retourner bon nombre d'étudiants.
Je ravalais ma salive dans un semblant de sourire désolé, essayant de prendre place rapidement.
- « Mes cours ne vous intéressent pas pour que vous ne preniez pas la peine d'être à l'heure ? » continuait-il.
- « Si, si, bien sûr, veuillez m'excuser… je… j'ai loupé mon métro. » exprimais-je assez fort pour qu'il puisse m'entendre, les joues rouges de honte.
Il me regardait prendre place, attendant que je sois installé pour reprendre son cours. Sa manière implacable à lui de mettre à chaque fois, l'étudiant en retard, mal à l'aise.
- « Vous savez les gènes ne font pas tout. Avoir une mère brillante ne fait pas de vous quelqu'un de brillant Mademoiselle Griffin. Alors apprenez à arriver à l'heure à mes cours si vous compter devenir médecin un jour. »
Des rires étouffés coururent un instant dans la salle avant qu'il ne reprenne son cours où il l'avait laissé.
Je ravalais ma fierté, baissant les yeux sur mes feuilles de prise de notes.
C'était toujours la même rengaine. Je n'étais que la fille de la célèbre Abigail Griffin et mon moindre petit faux pas me renvoyait cette bombe en plein visage. J'osais prétendre à une carrière de médecin et comme les études n'étaient aprioris pas assez dures, autant me rabaisser en plus.
Je ne comprendrais jamais pourquoi et j'avais cessée de me questionner depuis ma deuxième année.
La matinée passa extrêmement vite, ma semaine de « repos » futuriste ne m'ayant pas aidée pour mes cours. Je peinais à suivre et à prendre note lorsque midi retenti, me tirant un soupir de soulagement.
Je rangeais rapidement mes cours alors que mon téléphone me sortait de ma bulle. Un message de Bellamy m'annonçait qu'il ne pouvait venir manger avec moi ce midi mais qu'il se rattraperait vivement ce soir.
À la fois un soulagement et une angoisse monta en moi quasi au même moment.
Ce repas m'était complètement sorti de la tête depuis une semaine et cela m'arrangeait car je n'avais aucune envie de le voir pour l'instant.
Je n'avais aucune envie de voir mon petit ami. Je voulais même retarder l'échéance le plus possible.
Pourtant il me faudrait bien le voir à un moment donné et même si je ne rentrais pas ce soir, cela ne changerait pas la donne.
Je secouais la tête de mon idée idiote de ne pas rentrer ce soir.
La journée passait beaucoup trop vite et ne me laissait pas de temps pour réfléchir à tout ça. Tellement de questions me submergeaient. Des interrogations que j'avais pourtant envisagées pendant cette semaine.
Je me décidais d'acheter de quoi manger et me posais dans la cafétéria, grignotant mon sandwich sans faim.
C'était décidément plus fort que moi et je laissais pianoter mes doigts sur mon téléphone, tapant instinctivement le nom de Lexa Woods dans la barre de recherche. Après avoir regardée pendant plusieurs minutes toutes sortes de photos ou de news la concernant, je me connectais sur différents réseaux sociaux pour faire la même chose.
En voyant mes photos de profil, je me rappelais la conversation que nous avions eu la veille et je modifiais tout de suite celle-ci pour une photo plus correcte de moi-même. Ou plutôt une photo ou on distinguait clairement mon visage. Il était hors de question qu'elle passe à côté de mon profil à cause d'un coucher de soleil.
Je l'entendais déjà me faire la réflexion.
Mes pensées me tiraient un sourire et je me rendais compte qu'en moins d'une journée je me languissais déjà d'elle.
Toute cette histoire avait commencé brutalement par un réveil des plus comique et tout c'était fini brutalement par un réveil des plus désagréable.
Un réveil désagréable. Un réveil aux côtés de Bellamy ne me faisait penser qu'à des sensations désagréables. J'en étais donc arrivée là…
Je dissipais toutes mes pensées rapidement.
Focus. Il fallait que je reste focus.
Reprendre ma vie où je l'avais laissée car je ne pouvais rien y changer de toute façon. Laisser le temps au temps.
Ma journée reprenait sur d'autres cours, qui, comme les premiers ne me laissaient aucun répit, finissant celle-ci complètement lessivée.
Je rentrais chez moi en mode zombie. Prenant les transports et marchant, ma musique dans les oreilles et mon esprit complètement ailleurs.
Une fois devant la porte, des milliers de questions me rattrapaient.
Dois-je rentrer ? Ai-je vraiment envie de le voir ? Est-ce que j'arriverais à être naturelle ? Est-ce que tout va redevenir comme avant ?
J'inspirais bruyamment avant de franchir la porte.
Jour deux. Mardi.
Le réveil n'avait presque pas le temps de sonner que je l'éteignais. J'avais les yeux grands ouverts depuis un moment déjà.
Ma nuit avait été courte, mon esprit n'arrêtant pas de me harceler avec Clarke encore et encore. J'avais eu l'impression de dormir éveillée, ressassant ma semaine sans contrôler mes pensées. En somme, je n'avais pas dormi du tout.
La veille, le réveil s'était montré encore plus désagréable, me faisant me redresser en sursaut, allumant la lumière pour découvrir, que bien sûr, elle n'était plus là.
Je me levais sans grande motivation, prenant une douche pour m'aider sans conviction et je filais me préparer pour ma journée. Shooting photo et interview pour un magazine de mode. Exactement tout ce que je détestais dans ma carrière mais cela faisait partie du métier et c'était aussi une façon de se mettre en avant.
Un chauffeur venait me récupérer directement chez moi à 8h et je passais le temps du trajet à penser encore une fois à elle. Cette partie de moi commençait sérieusement à m'énerver.
Jamais je n'avais été dans cet état-là. Jamais je ne pensais à quelqu'un aussi souvent et de manière aussi idiote. Alors mon dieu pourquoi j'en revenais à penser autant à elle !
Je m'étais persuadée dimanche alors que je la sentais s'endormir à côté de moi, que je pouvais largement le faire. Attendre qu'on se rencontre. Attendre parce que de toute façon, j'avais énormément de travail et qu'une semaine ne devait pas changer autant ma vie.
Je me trompais. Ce n'était même pas un changement, c'était une tornade. Une tornade que je me prenais en pleine face et qui me secouait dans tous les sens.
Clarke Griffin me manquait. Son rire, ses yeux bleus magnifiques, son sourire.
Je secouais la tête de tant de vagabondage de mon esprit. Focus. Rester focus.
La voiture se garait dans une allée que je reconnaissais, à l'abri des passages. Je sortais de celle-ci pour directement rentrer dans un bâtiment qui de l'extérieur ne payait pas de mine.
Sobre mais joliment décorée, je traversais le hall d'entrée où la standardiste m'accueillait comme la veille avec un grand sourire. Deux jours de shooting pour deux magazines différents.
On m'installait dans une pièce très lumineuse où une maquilleuse m'attendait déjà. Après quelques phrases de convenance, elle commençait son travail.
S'en suivi plusieurs tenues et des montagnes de photos dans des positions différentes. J'avais l'impression que la matinée avançait à bonne allure alors qu'à mon grand dam ce n'était clairement pas le cas.
Midi arriva finalement et une multitude de gens m'entouraient, me demandant ce que je souhaitais manger ou si j'avais besoin de quoi que ce soit.
Mon esprit se perdait à repenser aux repas simples que j'avais pu prendre avec elle.
Tout le monde s'agitait autour de moi, essayant pour beaucoup de capter mon attention mais je ne parlais presque pas, seulement pour répondre poliment à quelques questions.
J'avais toujours trouvée le milieu dans lequel j'évoluais très faux mais ce retour à mon quotidien était même criant de tant de fausseté.
Je n'avais qu'une hâte : que cette journée finisse, que je retrouve mon lit et mes pensées qui me torturaient.
L'après-midi se déroula plus rapidement avec mon interview pour un magazine. Beaucoup de questions sur ma carrière, mes envies professionnelles et mes futurs projets mais comme à chaque fois une question tombait forcément sur ma vie affective.
Je l'éludais rapidement, restant toujours vague sur toutes les questions me concernant plus intimement même si je ne me cachais pas dans ma vie de tous les jours avec mes conquêtes.
Elle n'est pas qu'une conquête…
Cette pensée me traversa d'un seul coup et il me fallut lutter contre moi-même pour la faire fuir. Je finissais par quitter le journaliste, légèrement perdue et distraite sur les dernières questions.
Une fois rentrée chez moi, je m'étalais de tout mon long sur le canapé, me laissant tomber bruyamment et sans retenue.
Je venais de passer une journée en mode « pilote automatique ». À la fois longue, barbante et pourtant déjà en train de s'effacer de mon esprit.
Les restes d'emballages de dimanche soir trônaient toujours sur la table base, vestige de mon incroyable expérience. Le petit papier de ma folle prédiction était lui aussi présent.
T'aurais pu ranger Lexa sérieux…
- « Hum… » m'apostrophais-je toute seule pour contredire mes pensées. Aucune envie de faire quoi que ce soit.
J'avais même une folle envie de rester là, couchée sur ce canapé à ruminer et attendre que le temps passe.
Diiing… Dooonng !
Personne ne voulait donc me laisser tranquillement déprimer dans mon coin. Je me levais en soufflant alors qu'on appuyait sur la sonnette une seconde fois.
- « Ça va, ça va… J'arrive ! » pestais-je assez fort en fronçant les sourcils du bruit qu'émettait la sonnette.
J'ouvrais la porte brusquement, pensant que plus vite je l'ouvrirais, plus vite je pourrais retourner « larver » sur mon canapé.
Une sueur froide me montait directement.
- « Shay ?! Qu'est-ce que tu… » n'arrivais-je pas à finir alors qu'elle se jetait dans mes bras.
Nous restions dans cette position un moment, elle, m'enlaçant plus que de raison et moi complètement figée, n'osant pas faire un mouvement de peur d'accentuer la chose. Mes bras ne la touchaient pas, restants ouverts dans le vide sans l'enlacer.
Que se passait-il ? Elles ne revenaient jamais. Jamais une seule de mes ex-conquêtes n'était revenue vers moi et pour une fois que je souhaitais qu'elle ne le fasse pas… Elle était là, me serrant encore et encore dans un léger mouvement de balancier.
- « Shay… Qu'est-ce que tu fais là ? » arrivais-je enfin à sortir, la repoussant doucement pour la regarder et par la même occasion m'extirper de ses bras.
- « J'ai beaucoup réfléchi depuis ces trois jours… » sortait-elle timidement en m'attrapant le visage ente ses deux mains, souriant et se rapprochant une nouvelle fois.
- « Réfléchit à quoi ?! » lançais-je le plus rapidement possible, voulant qu'elle parle pour la faire s'arrêter de se focaliser sur mes lèvres.
Mes mains venaient dans le même temps de se placer sur ses poignets pour faire retomber les siennes de mon visage.
- « À nous voyons ! » répondait-elle amusée, essayant de remonter ses mains vers moi.
J'esquivais un pas en arrière et ma tête basculait plus que de raison dans la même direction que mes pas. Elle captait mon refus et se figea d'un seul coup, ses yeux remontant jusqu'aux miens.
Un air perplexe se dessina sur son visage.
- « Je ne comprends pas Lexa… Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu n'es pas contente de me voir ? »
- « Tu m'as quittée et tu reviens. Ça ne marche pas comme ça. » essayais-je de sortir dans un ton que je voulais aimable.
- « Je sais mais je regrette… ça fait trois jours que je ne pense qu'à toi ! Je sais que ta carrière est importante et je n'aurais pas dû te dire tout ça mais j'étais en colère ! » argumentait-elle, un sourire se redessinant sur son visage.
J'avais beau faire un effort je ne me rappelais même plus ce qu'elle m'avait dit. Une semaine s'était déjà écoulée pour moi, contre seulement trois jours pour elle et mon « expérience de vie » ne m'avais pas donnée le temps de penser à elle.
Non, rectification : je n'avais même pas pensée une seule seconde à elle et cette semaine n'y était pour rien.
Je ne pensais pas à elle parce que je ne l'aimais pas.
Je ne pouvais me permettre de lui balancer aussi brutalement cette information au visage. Lui dire que n'avais jamais vraiment eu de sentiments pour elle et qu'elle n'était qu'un petit passage de ma vie.
Déjà parce que je n'étais pas aussi monstrueuse, je détestais faire pleurer les filles mais aussi parce que je n'avais pas l'envie, ni la force, de me lancer dans l'engueulade qui suivrait forcément mes paroles.
- « Je suis désolée Shay. J'ai beaucoup réfléchi moi aussi et je pense que c'est mieux comme ça. Tes paroles m'ont vraiment touchées et il vaut mieux qu'on en reste là. » annonçais-je prenant un air sûr mais triste.
Merci à mon talent d'actrice pour arriver à paraître convaincante.
- « Mais je t'aime, ça ne peut pas finir comme ça ! » ne laissait-elle pas tomber.
Je soupirais, sachant pertinemment que je n'arriverais pas à m'en sortir avec quelques pirouettes et n'ayant pas franchement envie de faire d'effort.
- « Je suis désolée. » abrégeais-je.
Elle me regardait perplexe, me fixant pour essayer de lire en moi mais je savais que rien ne filtrait de mon faciès à ce moment-là. Pourtant sans aucun changement de ma part, son visage commença à se déformer pour laisser place à de la colère, elle releva les épaules et croisa les bras sur sa poitrine.
- « Tu as déjà rencontrée quelqu'un c'est ça ? » questionnait-elle sans plus aucune sympathie dans la voix.
- « Quoi ? Non ! » enchainais-je surprise de sa question alors qu'une image subliminale de Clarke faisait son apparition.
- « Alors pourquoi me repousser autant ? Tu es clairement passée à autre chose en un claquement de doigt ! Tu n'attendais que ça que je parte ou quoi ? »
- « Non rien de tout ça ! Je n'ai pas de sentiments ! Ou plutôt je n'ai plus de sentiments pour toi Shay, c'est tout. »
- « Foutaise ! Putain j'y crois pas ! Tu te tapes déjà une autre meuf alors que je viens à peine de partir ! » s'énervait-elle toute seule.
- « Je ne me tape personne. » sortais-je le plus posément possible sans desserrer la mâchoire alors que ma patience atteignait déjà ses limites.
- « Elle s'appelle comment ? Je la connais ? Elle est en train de t'attendre sagement à poil dans le salon c'est ça ?! » s'emportait-elle de plus belle alors que je secouais la tête de consternation.
- « C'est bon t'as fini ton petit numéro ? » m'agaçais-je alors que j'amorçais mon mouvement pour rentrer chez moi mettant déjà la main sur la poignée.
- « Tu sais quoi ?! » m'apostrophait-elle alors que j'entendais dans le son de sa voix que les larmes lui montaient. « Je lui souhaite bien du courage et j'espère qu'elle ne sera pas assez conne pour croire qu'elle est l'amour de ta vie ! Parce que Lexa Woods n'aime personne. Tu laisses rentrer des gens dans ta vie, tu les laisses se désarmer face à toi et tu les jettes quand tu n'en as plus besoin ! Tu n'as aucun cœur. » finissait-elle alors que je refermais ma porte en la claquant, m'appuyant de dos contre celle-ci, attendant de digérer ses dernières paroles.
Jour cinq. Vendredi.
Mon dieu que cette semaine était longue et exténuante. Je venais d'enchainer autant de cours sans discontinuer et la fin de la semaine arrivait comme mon sauveur.
Je rentrais lasse chez moi, ouvrant la porte en pensant au repos bien mérité qui m'attendait.
- « T'es là ?! » lançais-je assez fort.
Pas de réponse.
Parfait, je n'avais aucune envie de parler et je pourrais être tranquille pendant un moment. J'ouvrais le frigo pour me prendre une bouteille d'eau. Celui-ci était plein de nourriture.
Bellamy avait donc fini par aller faire les courses. Toute la semaine, j'avais passé mon temps à ouvrir le frigo en rentrant tard le soir pour voir qu'il était toujours dans le même état que celui dans lequel je l'avais trouvé la veille.
D'habitude j'aurais fini par lui faire une remarque ou même simplement aller faire les courses moi-même mais j'avais passé la semaine entière en cours, sans une seule seconde de répit et je n'en avais finalement rien à faire. À chaque fois, mon seul réflexe était de le refermer et de commander à manger.
Mes finances ne devaient pas être fantastique mais tant pis.
Je me posais avec ma bouteille sur le canapé, saisissant directement mon téléphone et après quelques minutes à flâner sur toutes sortes de sites, j'en revenais à me trouver sur le profil de Lexa sur différent réseaux sociaux. Depuis lundi, dès que je saisissais mon portable, j'en arrivais toujours à la même finalité : Les différents profils de Lexa.
Je restais bloquée dessus, faisant le tour encore et encore de ses photos pour finalement regarder le bouton « ajouter » pendant plusieurs minutes, m'harcelant de milliers de pensées.
Ça ne sert à rien de l'ajouter maintenant ! Trois semaines on a parlé d'attendre trois semaines.
Mais ça n'engage à rien de juste l'ajouter !
Et c'est un compte professionnel, sûrement géré par une tierce personne.
Mais elle verra que je suis dans ses followers, moins de difficulté à me retrouver.
Si elle te cherche…
Une clef s'agitant dans la serrure de la porte me faisait sortir de mes pensées.
Bellamy rentrait de sa journée au Rock and Coffee. Il m'avait annoncé lundi soir, très fier de lui, qu'il bossait maintenant dans le même bar que son meilleur ami ! Et de sa sœur par la même occasion.
Ça ne va pas aider Octavia à passer plus de temps avec Lincoln ça… avais-je pensé sur le moment.
Même si je n'éprouvais pas la même euphorie que lui pour ce travail, je devais reconnaitre que c'était bénéfique. Bien sûr pour les finances de l'appartement mais surtout nos « retrouvailles » avaient été bien moins bizarres que je pouvais le croire grâce à ça.
Il avait passé la soirée à ne me parler que de ses retrouvailles avec ses collègues et comment il en était venu à travailler avec Linc'.
Je l'avais écouté d'une oreille distraite, fatiguant rapidement de ma journée avant de lui annoncer que je montais me coucher.
Le reste de la semaine j'essayais de reproduire le même schéma, me fourrant dans mes cours dès que possible, discutant légèrement avec lui sans jamais initier de contact. Je savais pourtant que ce petit manège ne pourrait durer.
Il posa ses affaires avant de venir s'asseoir à côté de moi, s'approchant pour me saluer et j'amorçais le mouvement le plus rapidement possible pour pouvoir m'y soustraire plus rapidement encore.
Un simple baiser de salutation m'arrachait tous les efforts du monde. Depuis mon retour j'évitais tout contact physique avec lui, fuyant ses bras mais encore plus ses baisers.
À chaque fois qu'il posait ses lèvres sur les miennes je sentais monter une angoisse en moi et faisait mon possible pour m'y soustraire sans l'alarmer.
Je ne pouvais plus le réfuter.
J'étais tombée amoureuse de Lexa Woods et tout mon être me le faisait savoir. Je n'arrivais plus à me sentir à ma place aux côtés de Bellamy et chaque fois qu'il m'embrassait ou simplement me frôlait, je paniquais.
J'avais cette sensation horrible de tromper Lexa. C'était complètement absurde car nous n'étions pas ensemble mais je n'arrivais pas à penser différemment.
Je tentais le plus possible de m'extraire de ces sensations à chaque fois qu'il faisait un geste vers moi mais la panique montait d'un seul coup sans me laisser la chance d'essayer.
- « Dure journée princesse ? » engageait-il la conversation alors que j'avais le plus grand mal à paraître naturelle.
Même les petits surnoms qu'il me donnait commençaient à m'exaspérer.
- « Oui, encore et toujours du grattage de papier. Et toi ? » répondais-je en refocalisant mes yeux sur mon téléphone dont je n'avais pas fermé les applications, bloquée sur la même page.
- « Ça va s'était sympa, j'aime beaucoup bosser avec mon meilleur pote ! » continuait-il alors qu'il s'approchait de moi, m'entourant de ses bras pour regarder ce que je faisais.
Je me crispais quasi instantanément de par son geste et retenais bêtement ma respiration.
- « C'est qui ? Oh ! C'est Lexa Woods. Fais voir ! » reprenait-il en se saisissant de mon téléphone relevant sa posture et par la même occasion se détachant de moi, me faisant expirer doucement l'air que je retenais bloqué. « C'est vrai qu'il faut le reconnaitre, elle est vachement belle mais c'est pas du tout mon type ! Et puis heureusement vu qu'elle est gay ! » rigolait-il avant de reprendre. « Tiens d'ailleurs, j'crois qu'elle joue dans le film que j'ai téléchargé, on devrait se le mater ce soir ! » enchainait-il à une vitesse phénoménale alors qu'il jetait mon téléphone négligemment sur le canapé, se levant pour ouvrir le frigo.
Je récupérais celui-ci pour fermer toutes les applications ouvertes, n'ayant pas franchement envie de discuter de Lexa avec Bellamy.
- « T'en dis quoi princesse ? » me questionnait-il en cherchant sûrement quelque chose à grignoter dans le frigo.
- « Euh oui… oui si tu veux… » coupais-je court alors que je me levais pour aller prendre ma douche.
Si même lui se mettait à me faire penser à Lexa, je n'étais pas sorti de l'auberge.
Jour treize. Samedi.
Mes jambes commençaient sérieusement à tirer mais je ne m'arrêtais pas pour autant. Je regardais ma montre.
Midi.
J'étais parti courir assez tard mais peut-importe, rien ni personne ne m'attendait et je pouvais user de mon temps comme je le souhaitais.
La semaine d'avant, après le départ de Shay, je n'avais cessé de me torturer sur les paroles qu'elle avait pu prononcer. Me privant de sommeil, ma fatigue en prenait un coup.
Pourtant le mercredi je me réveillais plus combative que jamais.
Ce jour-là j'avais eu ma matinée, mes rendez-vous professionnels n'ayant lieu que l'après-midi. J'en profitais pour enfiler mon jogging et aller courir.
Je ne courais jamais sans bonne raison et franchement depuis plus d'une semaine, des raisons, j'en avais des tas. Pourtant ça me faisait un bien fou.
Plus les jours avançaient et plus je me retrouvais à courir longtemps.
Nous étions samedi et presque deux semaines étaient passées depuis que je m'étais réveillée sans elle. Clarke inondait mon esprit chaque jour et je ne courrais plus pour essayer d'occulter tout ça. Non je courrais pour accepter ce qui s'immisçait doucement en moi. Pour accepter d'être tombée pour elle.
J'accélérais le pas et me retrouvais devant la porte d'entrée de mon appartement. J'incérais la clef mais je me rendais compte que la porte était ouverte.
Doucement j'ouvrais celle-ci, méfiante, persuadée que je l'avais fermé à clef en partant courir. Un bruit dans la cuisine me fit monter un vent de panique alors que sans réfléchir je me saisissais de la seule chose pouvant me servir d'arme dans mon entrée : un parapluie. Je rentrais dans la pièce en trombe, espérant me donner un avantage de surprise sur l'intru, brandissant mon arme de fortune.
Raven hurla en me voyant.
- « Putain Reyes ! Tu m'as fait peur ! » criais-je en baissant mon bras.
- « Sérieusement ! C'est moi qui t'ai fait peur là !? » reprenait-elle ses esprits une main sur le cœur et l'autre tenant le plan de travail.
- « Tu peux pas rentrer chez moi comme ça sans me prévenir et t'attendre à ce que je ne réagisse pas comme ça ! » essayais-je de me calmer, regagnant mon souffle par la même occasion.
- « Je t'ai prévenu ! Je t'ai envoyé un message je te ferai dire ! »
Je saisissais mon téléphone en même temps, découvrant en effet un message de sa part m'annonçant qu'elle débarquait.
- « Si tu m'as donné ta clef, c'était aussi pour que je puisse rentrer à ma guise non ? » continuait-elle se mettant à sourire, sa frayeur passée.
- « Oui d'accord, c'est vrai ! » rechignais-je à admettre.
- « Tu le poses maintenant ce parapluie avant de blesser quelqu'un ? » rigolait-elle.
Mon arme de fortune rangée et mon rythme cardiaque revenu à la normale, je rejoignais Raven qui fouillait dans mon frigo.
- « Tu n'as donc rien d'intéressant à manger ou quoi ? » soufflait-elle à mon encontre.
- « Je n'ai pas vraiment pris la peine d'aller faire les courses depuis un moment non. »
- « Shay n'est plus là pour les faire alors on se laisse aller ! » rigolait-elle.
- « Tu as retenu son prénom et tu ne l'appelles pas par un numéro ?! Mais où est passée Raven Reyes ?! Qu'avez-vous fait d'elle ?! » m'étonnais-je.
- « Oh c'est petit ça ! Et puis il faut bien que je sois là pour ma meilleure amie pendant sa rupture ! »
- « Tu ne connaissais pas son prénom pendant que j'étais avec elle mais tu le retiens quand je la quitte. » m'amusais-je.
Elle me regardait un air espiègle au visage.
- « Quoi ? » sortais-je ne comprenant pas ce qui l'animait.
- « Ce n'est pas elle qui t'a quittée aux dernières nouvelles ? »
- « Si, c'est vrai ! Mais vu qu'elle est revenue en force mardi dernier et que j'ai dû trancher net sur notre relation, on peut dire qu'en définitif c'est moi qui l'ai quittée. » répondais-je amusée de sa remarque.
- « Oh c'est bien ce que j'ai cru comprendre oui ! »
- « Ce que tu as cru comprendre ? » m'étonnais-je.
- « Oui, être contactée par numéro 13 je dois dire que ça m'a fait bizarre ! Je ne savais même pas qu'elle avait mon téléphone. »
- « Shay t'a contactée ?! » restais-je perplexe de ce qu'elle m'annonçait.
Notant par la même occasion qu'elle avait remplacé son nom par un numéro.
- « Oui. » coupait-elle pour sortir une boisson énergétique de mon frigo en me regardant de travers.
- « J'aime bien en boire une de temps en temps tu le sais ! Mais ce n'est pas le moment-là ! Quand et pourquoi t'a-t-elle contactée ? » m'impatientais-je directement sachant parfaitement le degré de concentration de Reyes.
- « Pour savoir qui est numéro 14. » me souriait-elle.
- « Que… quoi ?! »
Je secouais la tête de tant de gamineries. Elles n'ont pas été beaucoup à contacter Raven par le passé pour avoir des informations sur moi mais celle-là c'était la meilleure. La contacter pour savoir si j'étais avec quelqu'un d'autre. C'était pathétique.
- « Elle ne manque pas de culot. » pouffais-je en venant récupérer la boisson que Reyes m'avait montré quelques secondes plus tôt.
- « Et du coup ? » interrogeait-elle en me regardant ouvrir ma canette.
- « Non mais sérieusement ? Tu la crois en plus ? » soupirais-je en buvant une grosse lampée de la boisson.
- « Hum… disons qu'il n'y a eu aucune news sur toi dans la presse à scandale. Et en plus je te retrouve en train de faire ton jogging au lieu d'être affalée dans ton canapé saoule alors je me pose franchement la question oui. »
- « Tu as tellement une piètre opinion de moi Reyes. » levais-je un sourcil de consternation.
- « Tu admettras que c'est suspect. »
- « Une fois. Une seule fois, je suis allée faire un tour dans un bar après une rupture et par malchance un journaliste était présent mais c'est tout ! »
- « Lui casser la gueule était un accident aussi ? »
- « Non de la légitime défense. » répondais-je au tac au tac.
- « Hum… » trouvait-elle seulement à répondre.
- « Quoi ? »
- « D'accord ! Tu n'as fait aucune bêtise digne de Lexa Woods cette semaine mais ça ne répond quand même pas à ma question ! Qui est numéro 14 ? »
- « Personne. Il n'y a personne. » me défendais-je n'ayant pas envie de lui raconter ma folle histoire.
Lors de cette semaine, mon reflexe d'appeler Reyes pour qu'elle nous porte secours m'était venu naturellement mais maintenant, revenue de tout cela, je trouvais que cette histoire sonnait d'un air grotesque.
Peut-être parce que c'était Clarke qui lui avait expliquée toutes nos péripéties, pensais-je.
Ou simplement que je détestais l'idée de me mettre à nue même devant ma meilleure amie. Parce qu'il n'était plus seulement question de lui raconter que j'avais fait un bond dans le futur pour me retrouver mariée à une inconnue.
Non, maintenant il me fallait lui expliquer que j'étais tombée amoureuse de cette inconnue pendant ce laps de temps.
- « Donc pas de numéro 14 ? » me sortait-elle de mes pensées.
- « Elle n'est pas un numéro... » clamais-je bêtement avant de me rendre compte de mon incroyable stupidité.
Un immense sourire se dessina sur le visage de la latino alors que je levais les yeux au ciel de ma propre bêtise.
- « Et elle s'appelle comment alors ? » reprenait-elle sans enlever son indécrottable sourire.
Je soupirais, pesant le pour et le contre de toute la discussion qui m'attendait si je me mettais à parler.
J'en avais déjà trop dit de toute façon alors autant lui dire et me libérer du poids que j'avais sur le cœur.
- « Clarke… elle s'appelle Clarke. »
Jour quatorze. Dimanche.
J'étais affalée sur le canapé, dans une tenue qui se voulait plus que confortable : sweat à capuche, bas de jogging et grosses chaussettes.
Une tenue parfaite pour étudier dans le confort et sans avoir froid.
Etudier.
C'était à la base ce que je devais faire de toute ma journée mais rapidement je dérivais en allumant la télé et en lançant une série.
En ambiance de fond bien sûr, m'étais-je persuadée. Sauf que je n'avais pas lancée n'importe qu'elle série et je finissais par laisser mes cours de côté pour regarder passionnément le show.
La semaine précédant, le vendredi soir, Bellamy avait mis son satané film où Lexa y tenait un rôle et il ne m'avait pas fallu longtemps pour sombrer totalement dedans. Profitant de chaque instant d'apparition de la belle brune.
Alors le lendemain, je lançais une série pendant mes révisions, une, ou bien sûr, elle jouait dedans.
Mes cours s'étaient transformés en une après-midi à ne faire que regarder la télé, ou plutôt ne faire que regarder Lexa. La soirée et la semaine s'enchainèrent en suivant le même rythme.
Aujourd'hui ne dérogeais pas à la règle. Je m'étais forcée un moment à me concentrer sur mes cours mais c'était plus fort que moi et j'avais un besoin viscéral de la voir.
Il devait être plus de 18h quand Bellamy rentra du boulot. Je me relevais légèrement de ma position mais ne prenais pas la peine de faire semblant de réviser.
- « Woooh ! Toujours sur cette série ! Tu vas la finir en même pas une semaine ou quoi ! » rigolait-il en déposant ses affaires négligemment sur une chaise.
Il venait s'asseoir sur le canapé, alors que je me recroquevillais dans un coin de celui-ci pour lui laisser de la place.
- « Toujours pas de motivation à bosser hein ? » reprenait-il dans un sourire taquin.
- « Non toujours pas… » soupirais-je en reposant mon regard sur ma série.
- « Mais tu sais quoi !? Moi je suis là pour t'en donner… » venait-il vers moi en se saisissant de la télécommande pour mettre la série sur pause.
Sans que je n'aie vraiment le temps de réagir, il se retrouva sur moi, m'obligeant à détendre les jambes sous son poids. Il se cala au-dessus de moi, mettant ses mains sur mes hanches et plongea sa tête dans mon cou. Ses jambes se mêlèrent aux miennes.
Je paniquais immédiatement, me tendant sous ses gestes et tournant le plus possible la tête au cas où il relèverait la sienne pour m'embrasser.
Je frissonnais de dégout en sentant ses lèvres sur ma peau, mon rythme cardiaque s'emballant et mon esprit me criant de dégager de là.
Mes mains étaient posées sur ses épaules depuis le début et sous la panique je me mettais à le pousser.
- « Non Bell… Non je… » essayais-je alors qu'il me coupait directement.
- « Ça fait tellement longtemps qu'on n'a pas passés de temps ensemble princesse… » susurrait-il continuant ses baisers sans forcer le moins du monde pour rester à sa place.
Je n'avais pas assez de force dans les bras pour paraître convaincante dans mes gestes et ce constat me fit monter une sueur froide.
- « Non Bell, s'il te plait je n'ai pas envie ! » exprimais-je sans arriver à cacher la panique dans ma voix.
Il releva la tête de mon cou, relevant le torse et me dévisageant d'un air triste.
- « Qu'est-ce qu'il y a Clarke ? »
- « Rien ! Je n'ai pas envie c'est tout ! » arrivais-je à sortir plus calmement en poussant sur mes bras pour me relever en position assise, le forçant à se dégager totalement de moi.
- « C'est tout, tu es sûre ? » interrogeait-il plus froidement.
- « Oui. » soufflais-je sans arriver à sortir autre chose, mon regard le fuyant.
- « Ça fait deux semaines que tu m'évites comme la peste alors je ne suis pas sûr que ça soit tout comme tu dis. » reprit-il en s'asseyant de l'autre côté du canapé.
J'ouvrais la bouche pour lui répondre mais rien ne sortait. Depuis mon retour, je savais que cette conversation devait avoir lieu mais je la repoussais encore et encore car malgré le fait qu'elle soit plus que nécessaire, elle annonçait aussi la fin de quelque chose.
Cela m'arrachait le cœur mais il le fallait. Il fallait que je sois honnête avec Bellamy.
En amorçant la conversation je tournais une page définitive de ma vie pour en ouvrir une autre très incertaine.
J'allais quitter un confort et une simplicité pour quelque chose de totalement hypothétique. Pourtant je le voulais, plus que tout.
Tout mon être ne voulait plus qu'une chose : Lexa Woods.
Je soupirais en baissant les yeux sur mes mains.
- « Alors Clarke, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que j'ai fait pour que ma copine ne dorme même plus avec moi ? » questionnait-il abattu.
- « Je révisais Bell. »
- « Non tu ne révises pas ! Tu passes ton temps sur ton téléphone ou sur ta série ! Ne me fait pas croire que tu t'endors sans t'en rendre compte sur le canapé. Tu fais exprès de rester dessus. » s'énervait-il presque instantanément.
- « Bell… » essayais-je avant qu'il me recoupe.
- « Non ! Ça suffit Clarke donc maintenant tu m'expliques. »
Je relevais les yeux vers lui. Cette situation ne devait plus durer.
- « Je suis amoureuse de quelqu'un d'autre. » sortais-je simplement alors que je pouvais lire de la surprise dans son regard se muant rapidement en une froideur triste.
Il hochait doucement la tête.
- « Je le connais ? »
- « Non… Enfin si… mais… tu ne la connais pas vraiment… elle… » essayais-je de continuer alors qu'il me coupait directement.
- « Elle ?! Tu me quittes pour une meuf en plus ?! » s'emportait-il les yeux grands écarquillés.
- « Ça n'a aucune importance que ce soit une fille ou un garçon... »
- « Aucune importance ?! Ma copine est en train de me quitter et pour une fille en plus ! Mais bien sûr, ça n'a aucune importance voyons ! »
- « Juste parce que c'est une fille ça a de l'importance ? Parce que ça touche ton égo ?! » ne pouvais-je m'empêcher de répliquer à sa remarque sarcastique.
- « Ouais carrément ! Deux ans qu'on est ensemble pour que je me fasse remplacer par une putain de meuf quoi ! Je ne te satisfais pas ? »
- « C'est pathétique Bell… Tu sais très bien que ça n'a aucun rapport ! Et tu savais en te mettant avec moi quelle était ma sexualité ! » ripostais-je dans un air lassé.
- « Ouais mais je ne pensais pas que tu irais voir ailleurs ! »
- « Je ne suis pas allée voir ailleurs ! Je n'ai pas voulu ce qui est arrivé figure toi ! J'ai essayé de m'y soustraire mais je n'ai pas choisi ce que je ressens pour elle ! C'est arrivé, c'est tout ! » explosais-je en me levant du canapé, mon corps voulant d'un seul coup m'aider à évacuer l'énergie de mes paroles.
- « Tu as dit que je la connais, qui c'est !? » vociférait-il n'ayant plus l'air d'écouter ce que j'avais à dire.
Je posais mon regard sans le vouloir sur l'image qui était figée sur la télévision depuis qu'il avait mis pause. Il fallait que ce soit sur elle qu'elle se soit figée bien sûr.
Un immense sentiment de tristesse m'envahit.
Quoi que je dise, je savais pertinemment qu'à partir du moment où j'énoncerais son nom, il ne me croirait pas.
- « Clarke ! Réponds moi bordel ! » s'impatientait-il.
- « C'est Lexa Woods. » sortais-je beaucoup trop bas, ma voix s'étranglant dans ma gorge à sa prononciation.
- « Qui ?! » répétait-il en se levant et tendant son oreille pour mieux capter ce que je venais de dire.
- « Lexa Woods. Je suis amoureuse de Lexa Woods. » sortais-je alors que sans me contrôler des larmes commençaient à couler sur mes joues.
L'énoncé à voix haute pour la première fois rendait tout cela réel. J'avouais enfin hors de mes pensées que je l'aimais.
Deux semaines étaient déjà passées et plus le temps s'allongeait plus toute cette histoire me paraissait comme un doux rêve qui m'échappait.
- « Pardon ?! » ricana-il avant de reprendre. « Tu es amoureuse d'elle ? C'est une blague ? » montrait-il l'écran de la télévision en ayant le plus grand mal à garder son sang-froid.
« Non, ce n'est pas une blague. » ravalais-je ma fierté en contemplant l'écran, les larmes ne s'arrêtant pas.
« Tu es amoureuse… d'une actrice ? » reprenait-il les yeux toujours grands ouverts de surprise, un léger rictus à la bouche comme attendant la fin de ma blague.
Pourtant je ne changeais pas de faciès et comprenant que je ne rajouterais rien il s'emporta une nouvelle fois.
- « Ce n'est pas possible Clarke, c'est une blague ?! Mais dis-moi que c'est une blague ? »
Pour seule réponse je secouais la tête, essayant de ravaler mes larmes.
- « Je ne te crois pas ! Tu n'as rien trouvée de mieux que ça pour me plaquer ? C'est pathétique ! »
- « Je ne te mens pas Bellamy ! Je suis vraiment amoureuse d'elle. » répondais-je seulement ne sachant même pas quoi rajouter.
Il me regardait la bouche entrouverte, ne trouvant apriori pas ses mots lui non plus, passant son regard de la télévision à moi.
- « Mais comment ?... mais… Putain !... mais tu te rends compte que c'est ridicule ?! Tu ne la rencontreras jamais de ta vie ! Tout ça, là, ce n'est pas vrai ! » hurlait-il presque en me montrant la télé, ses mains faisant de grands gestes d'énervement.
- « Je ne suis pas débile. Et je ne suis pas tombée amoureuse d'une actrice dans une série. J'ai passé du temps avec elle et c'est arrivé. »
- « Quoi ?! Mais quand ? » questionnait-il à la fois énervé et horrifié de mes propos, comme si j'avais pu lui cacher une deuxième vie.
- « Ça serait trop compliqué à t'expliquer mais j'ai passé une semaine entière à ses côtés et… et c'est arrivé, c'est tout. »
- « Mais ce n'est pas possible, je suis en train de rêver ! C'est un cauchemar, je vais me réveiller ! Tu as passé une semaine entière avec Lexa Woods ? Tu ne vas plus en cours ? Et tu comptais me le dire quand tout ça ? » argumentait-il en se tenant la tête, toutes les expressions possibles défilant sur son visage.
- « Je suis désolée Bellamy… »
- « Comment tu as pu passer une semaine avec elle ? Pourquoi tu ne m'as rien dit dès le premier jour ? » se reprenait-il.
- « Ce n'est pas aussi simple que ça. Je ne peux pas t'expliquer, tu ne me croirais pas. »
- « Parce que tu crois que là, c'est simple ? Et que j'arrive à te croire ? Tu m'annonces que tu me quittes et en plus pour une actrice avec qui tu as fricotée dans mon dos pendant plus d'une semaine ! »
- « Il ne s'est rien passé. » essayais-je de me justifier comme si cela avait vraiment une grande importance.
- « À d'autres Clarke ! S'il ne s'était rien passé, tu m'en aurais parlée directement ! »
Je secouais la tête en soupirant, je ne pouvais pas lui expliquer la réalité des choses.
- « Tu as couchée avec elle ? » voulait-il savoir.
- « Non. »
- « Parce que tu n'as pas eu l'occasion de le faire ou parce que tu éprouvais des remords à me tromper ?! » fulminait-il.
- « Parce que je ne suis pas comme ça ! »
- « C'est allé jusqu'où entre vous alors ? »
- « Il ne s'est rien passé je te dis… »
- « Vous ne vous êtes même pas embrassées ? » enchaina-t-il sans me laisser de temps.
J'ouvrais la bouche pour répondre mais rien ne sortit, je baissais juste la tête, le rouge me montant aux joues.
- « Donc tu l'as embrassée. »
- « Oui… »
- « Et tu oses me dire que « tu n'es pas comme ça ». La bonne blague. » persiflait-il alors qu'il reprenait son manteau qu'il avait jeté sur une chaise en arrivant.
Je le regardais le mettre en silence. Cela ne servait à rien d'ajouter quoi que ce soit.
- « Je viendrais récupérer mes affaires dans la semaine. »
- « Bell c'est encore chez toi et… »
- « Non. C'est hors de question que je reste ici. Comme ça, tu auras tout loisir de sauter le pas avec elle ! Je t'affranchi de tout remords ! Fait ce qu'il te plaît maintenant qu'il n'y a plus rien qui te retient. » finissait-il avant de claquer la porte.
Je restais quelques instants à regarder la porte dans le silence.
Bellamy était sorti de ma vie. Je venais de le quitter pour avoir vécu un rêve éveillé duquel je ne voulais plus me défaire.
Je soupirais en me remettant sur le canapé, regardant Lexa qui me fixait d'un air combatif.
Le retour à la réalité était beaucoup plus difficile que je ne le pensais, en tous points.
Jour dix-neuf. Vendredi.
Presque une semaine encore était passée et je ne rencontrais toujours pas Clarke.
Je regardais la neige tomber depuis l'une des grandes baies vitrées du café dans lequel nous étions, perdue dans mes pensées.
La serveuse nous rapportant nos cafés me tira de ma léthargie.
- « Tu penses encore à elle ? » demanda Reyes en ajoutant directement du sucre dans son café.
- « Hum… » répondais-je seulement.
- « Tu finiras bien par la croiser hein ! Sois patiente. » ajouta-elle en me souriant.
- « Je commence à ne plus en être si sûre… »
- « Alors on passera au plan B. »
- « Le plan B ? » notais-je.
- « Oui les réseaux sociaux ! On va bien la trouver ! »
- « On ? À partir de quel moment tu t'es retrouvée autant impliquée dans la chose ? » me moquais-je un peu, m'aidant à moins réfléchir.
- « Quand j'ai compris que tu étais réellement amoureuse d'elle ! Pas juste un crush comme j'ai pu en voir des tonnes ! Non, la seule fois que je t'ai vue comme ça c'était avec Co… » se stoppait-elle en réalisant qu'elle allait parler d'un sujet tabou.
- « Oui c'était avec Costia. » complétais-je.
Raven me dévisageait comme si elle avait vu un fantôme.
- « Quoi ? » questionnais-je en portant mon capuccino à mes lèvres en la regardant d'un air suspect.
- « Tu prononces son prénom comme si de rien n'était ! Depuis quand ? »
- « Depuis que la revoir dans ce futur ne m'a pas fait autant peur que je l'aurais cru. »
- « Non ? Tu as aussi vu Costia et tu n'as pas jugée bon de m'en parler ? » s'étonnait-elle alors que j'haussais les épaules.
- « Il y aurait tellement à te raconter de cette semaine mais Costia n'était clairement pas le plus important. »
- « Non clairement le plus important c'est que tu t'es rendu compte de ton incroyable handicap sentimental. »
- « Je n'ai aucun handicap ! »
- « Si ! Parce qu'à t'écouter j'ai tout fait et mon dieu on sait combien je peux être convaincante… tout ça pour que tu t'ouvres et ça fini comment ? Tu l'as à peine embrassée. »
- « Je n'aurais vraiment pas du tout te raconter en détails. » soupirais-je, voyant qu'elle n'avait retenu que ce qui l'intéressait de cette semaine.
Pourtant rien n'était gagné quand le samedi précédent je m'étais engagée dans le récit de mes aventures. J'avais eu le plus grand mal à expliquer sans me sentir ridicule tout ce que j'avais pu vivre et surtout comment sans comprendre, j'en étais arrivée là.
Pas une seule fois elle ne m'avait coupée, m'écoutant en grignotant une pomme. À la fin, j'avais marqué un temps de pause, pensant qu'elle allait maintenant rire de tout cela mais il n'en fut rien.
Elle m'avait posée beaucoup de questions, beaucoup de questions sur Clarke et sur son double du futur à elle.
Quand je lui avais demandé si elle me croyait, elle m'avait simplement dit que oui parce que jamais d'après elle je n'aurais eu la force d'inventer une histoire aussi longue pour me justifier de sortir avec une fille.
Elle n'avait pas tort, je devais le reconnaitre. Le reste de la journée n'avait tourné qu'autour de mes péripéties et me connaissant je n'aurais jamais tenue autant pour une simple blague.
Contrairement à ce que je pensais, parler à Reyes de tout cela m'avait fait le plus grand bien.
- « Tu comptes lui offrir quoi du coup ? » demandait-elle alors qu'en même temps je regardais autour de nous, espérant que personne ne nous reconnaisse et essayant d'apercevoir Clarke par la même occasion.
- « De quoi tu parles ? »
- « Du cadeau de Noël que tu comptes offrir à Clarke bien sûr ? Ne me dit pas que tu n'as rien prévue ? »
- « Reyes. Je ne sais même pas quand je vais la revoir et si je vais la revoir… encore plus si elle voudra de moi… alors je ne vais pas lui acheter quoi que ce soit. »
- « Mon dieu, ce que tu n'es pas romantique ! Ce que tu peux tellement être… toi des fois ! » s'exaspérait-elle.
- « Merci du compliment. » lui souriais-je me replongeant dans mon café.
- « Ce n'est pas un compliment ! Bordel Lexa fait un effort ! »
- « Mais un effort de quoi ? » répondais-je calmement sachant pertinemment que Raven Reyes adorait dramatiser les conversations, les rendant plus épiques à son goût.
- « Si elle est aussi importante pour toi, elle mérite une attention particulière de ta part non ? »
- « Je pense à elle toute la journée Reyes. Tu ne crois pas qu'elle attire assez mon attention comme ça ? »
- « Ça pourrait être tellement romantique si tu ne sortais pas ça d'un air aussi blasé ! » s'apitoyait-elle.
- « Désolée mais j'ai du mal avec tout ça. Déjà que la Raven du futur a passé une semaine à me gonfler pour accepter mes sentiments, maintenant que c'est bon, c'est toi qui me saoules parce que je ne suis pas romantique. »
- « Mais heureusement que tu as eu une Raven pour t'aider sinon tu serais revenue de tout ça sans rien avoir appris ! » clamait-elle fière en se désignant.
- « La seule chose que j'apprends pour l'instant c'est que j'ai toujours eu raison de me protéger des sentiments. » soupirais-je en me focalisant sur la neige tombant à l'extérieur pour lui signifier que je ne souhaitais plus continuer cette conversation.
Aucun mot de sa part ne suivit. Focaliser mon regard ailleurs aurait-il suffit à faire stopper la latino ?
Je reportais mon attention sur elle au bout de quelques secondes pour l'apercevoir occupée sur son téléphone.
- « Ça, ce n'est pas mal comme cadeau non ? » complétait-elle en me montrant l'image d'un bijou en forme de cœur.
- « Tu ne lâches jamais l'affaire en fait… » m'exaspérais-je en faisant une mine de dégout quant à sa proposition.
- « Hum… trop cash pour un début tu as raison… » ne prenait-elle-même pas en compte mes paroles.
Autant me battre contre du vent avec elle. Je secouais la tête de désespoir fasse à sa ténacité.
Elle reprenait, toujours fixé sur son téléphone, scrollant sûrement sur d'immondes cadeaux potentiels.
- « Elle aime quoi Clarke ? »
- « Me jeter des trucs dessus. » répondais-je au tac au tac, amusée, en repensant aux nombreuses choses que la blonde avait pu me balancer.
- « Quoi ?! » levait-elle les yeux du téléphone.
- « Rien. Oublie. » continuais-je ne cessant de penser en même temps.
Un léger sourire devait être collé à mon visage car Raven ne me lâchait plus du regard.
- « J'ai vraiment hâte de la rencontrer. » sortait-elle.
- « Pourquoi ça ? » m'étonnais-je.
- « Pour la remercier. »
Je soupirais ne cherchant même pas à lui répondre. Demander « pourquoi » m'engouffrerais encore dans une tirade à la Reyes.
- « Allez vient ! On n'a encore pas mal de cadeaux à trouver. » annonçais-je en me levant de ma chaise, ne laissant aucune chance à la demoiselle de continuer sur le sujet.
Il me fallait bouger pour m'aider à penser à autre chose. Mes sentiments me malmenaient et je voulais les fuir le temps d'une après-midi.
Jour vingt. Samedi.
Une semaine de plus sans elle. Mon dieu ce que cette semaine avait été pénible.
Sûrement autant que la précédente, pensais-je.
Je continuais sans réellement savoir pourquoi, à suivre mes cours. Ma routine reprenait le dessus, pourtant je ne cessais de penser à elle, révisant beaucoup moins.
Je lâchais beaucoup trop prise et je savais que sans même réfléchir à ce que je faisais, ma vie prenait un tournant considérable.
Bellamy était passé plusieurs fois dans la semaine lorsque je n'étais pas là. Je le découvrais à chacun de mes retours en constatant la disparition progressive de ses affaires.
Cela me faisait de la peine mais me soulageais énormément.
Ma patronne ne m'avait toujours pas rappelée et je savais qu'il me faudrait rapidement faire un pas vers elle si je ne voulais pas perdre mon emploi. Mes finances dégringolaient et je devais réagir.
Je commençais à composer le numéro du diner mais on frappa à ma porte, me faisant raccrocher avant même d'avoir pu faire retentir la première sonnerie.
Mon sourire à la découverte de la personne à qui j'ouvrais se défit rapidement. Octavia se tenait devant moi sans aucune sympathie dans le visage.
Sans rien dire je l'invitais à rentrer d'un geste.
Je savais déjà pourquoi elle était là mais je ne pouvais me contenter de le mentionner alors je feintais l'étonnement.
- « Qu'est ce qui t'amène ? »
- « Mon frère n'a pas eu droit à des explications correctes alors je viens chercher la vérité pour l'aider à passer à autre chose. Si tu pouvais m'éviter tes mensonges dès le début ça serait sympa. » commençait-elle très sèchement sans passer par quatre chemins, me faisant savoir qu'elle n'allait pas y mettre les formes.
- « Je ne lui ai pas menti Octavia. »
- « Sérieusement Clarke ? Tu vas me faire croire à moi aussi que tu es amoureuse d'une actrice ? »
- « Je ne veux rien te faire croire du tout, c'est la vérité, c'est tout. »
Elle me dévisageait, cherchant à démêler le vrai du faux dans le peu de mots que j'avais pu sortir.
- « Comment tu l'as rencontrée et quand ? Comment c'est arrivé ? » questionnait-elle en croisant ses bras sur sa poitrine.
Je soufflais en baissant la tête, c'était beaucoup trop compliqué.
- « Je ne peux pas t'expliquer, tu ne me croirais jamais… »
- « Et bien tu vas essayer parce que tu lui dois bien ça. »
- « Je ne serais même pas par où commencer O'. C'est une histoire à dormir debout. »
- « Alors commence par le début Clarke. » répondait-elle méchamment.
Son regard était plein de persévérance et je savais qu'elle n'en démordrait pas. Même si c'était dur, il me fallait lui raconter. J'en avais désespérément besoin. Il fallait que je parle à quelqu'un de tout ça.
Peut-être allais-je perdre ma meilleure amie pour une vérité criante d'absurdité.
Je commençais mon récit le dimanche où tout avait commencé essayant de ne rien omettre d'important mais abrégeant certains passages. Sans me demander mon avis, elle avait pris place sur le canapé, me dévisageant, les bras croisés et l'air sévère.
Elle ne me coupa pas une seule fois, ponctuant tout de même mon récit de petites répliques cinglantes. Pourtant son visage se durcissait de plus en plus, ses yeux dépeignaient sa colère et sa bouche se crispait à mes paroles.
Je finissais sur mon retour à cette vie et comment j'en étais venue à quitter Bellamy. Elle fulmina d'une immense expiration avant de secouer la tête violement.
- « Franchement Clarke ? Tu n'as pas une histoire plus grosse encore ? Tu penses vraiment que je vais te croire ? » explosait-elle.
- « Pourquoi m'escrimerais-je à vous mentir ? » soupirais-je ma voix laissant deviner un désespoir naissant.
- « Je ne sais pas mais j'aimerai vraiment le comprendre ! »
- « Je ne mens pas ! Mon dieu qu'est-ce que je peux faire pour te convaincre ?! » demandais-je désespéré.
- « Je ne sais pas. Me la présenter ? » ricanait-elle presque.
- « Mais je ne sais même pas comment la retrouver… »
- « Oh comme c'est bizarre ? C'est tellement facile comme finalité ! »
Tout mon corps voulait m'aider, compensant le peu de paroles en me faisant faire les cents pas dans mon appartement.
D'un coup une évidence me sauta au visage. Comment ne pouvais-je pas y avoir pensée avant ?
Je me plantais devant elle, essayant de cacher le léger sourire qui me montait.
- « Quoi ? Tu vas inventer quoi cette fois-ci ? » pestait-elle en voyant que je me préparais à sortir quelque chose.
- « Tu travailles au Rock and Coffee pour bosser avec Lincoln. »
- « Quoi ? Non ! C'est le seul boulot que j'ai trouvé et je ne vois pas le rapp… »
- « C'est faux. Des propositions d'emplois tu en as des tonnes. Tu es amoureuse de lui et personne n'est au courant. » lançais-je sûre de moi.
Elle me dévisagea un moment la bouche entrouverte, surprise de ce que j'annonçais.
- « Comment tu… »
- « Parce que je ne t'ai pas menti ! Parce que dans ce futur j'étais certes mariée avec Lexa Woods mais tu étais avec Lincoln et tu m'as racontée tout ça ! »
Toujours sur la défensive, elle me dévisageait perplexe.
- « Tu l'as juste devinée c'est tout. » tentait-elle pas très sure d'elle.
- « Ah bon et comment ? Et quand ? On ne se voit que quelques fois par an Octavia parce que mes études me prennent un temps fou et tu ne laisses rien filtrer ! Pire encore, le peu de fois où l'on se voit tu l'ignores et vous êtes chien et chat ensemble ! Alors quand est-ce que j'aurais bien pu comprendre ? »
- « Bellamy travaille avec nous depuis une semaine, il a très bien pu comprendre et te le dire. »
- « Ton frère est comme Lincoln, il ne voit rien. Si je n'avais pas fait le premier pas avec lui on ne se serait jamais mis ensembles ! »
- « Au moins il n'aurait pas à souffrir autant maintenant… »
- « O'… Je suis désolée de lui faire subir ça et je te jure que je n'ai pas voulu tout ça. J'ai essayé de ne pas ressentir quoi que ce soit mais… je… » n'arrivais-je pas à savoir comment finir ma phrase.
- « Mais tu es amoureuse d'elle. » finissait-elle pour moi.
Je me bloquais relevant mon regard vers elle.
- « Tu me crois ? » demandais-je alors qu'un fol espoir se nichait en moi.
- « Je n'ai pas dit ça… Je trouve toute cette histoire beaucoup trop impossible ! D'ailleurs c'est impossible ! Rien n'est logique… Mais en même temps tu sais quelque chose que je n'ai jamais dit à personne. »
- « Je sais aussi que tu pensais qu'en travaillant avec lui, il finirait par te remarquer mais ça ne change rien. Il est tellement aveugle qu'il ne verrait même pas son nez en plein milieu de sa figure. » développais-je me rappelant ce que l'Octavia du futur avait pu me raconter.
Un léger sourire se dessina au coin de sa bouche alors que ses bras se décroisaient.
- « Alors il s'intéresse à moi ? » questionnait-elle timidement.
- « Oui. » souriais-je de sa question.
- « Tu dois penser que je suis débile de faire ça non ? »
- « Non, je trouve ça même très mignon ! Mais je sais que tu ne m'en as jamais parlée parce que tu te trouvais débile justement. » rajoutais-je.
Elle hocha timidement la tête sous mes propos.
- « Alors… tout ce que tu viens de me raconter va finir par se réaliser ? »
- « Non pas forcément… Enfin je crois… Ce n'est qu'une possibilité parmi tant d'autres. Il ne tient qu'à nous de faire nos propres choix. » répondais-je d'une moue triste en sachant que je pourrais passer à côté de Lexa.
- « Tu aurais donc pu ne pas quitter Bellamy et moi ne rien dire à Lincoln c'est ça ? »
- « Oui… mais sache que dans ce futur là ce n'est pas toi qui fais le premier pas. »
- « Je n'y crois pas, Lincoln à fait le premier pas vers moi ? » s'étonnait-elle.
- « Oui, enfin non pas vraiment. Enfin pas tout seul quoi… »
- « Quoi ? Je ne comprends pas. Comment c'est possible ? »
- « C'est Lexa qui lui a fait remarquer qu'il ne devrait pas passer à côté de toi. » souriais-je en m'imaginant la belle brune faire la remarque à ce grand gaillard.
Un silence suivit ma phrase, la latino continuant à me fixer mais beaucoup moins suspicieuse et en colère que lors de son arrivée.
- « Tu fais chier Clarke ! Même avec ton histoire à dormir debout je n'arrive pas à te faire la gueule ! Mais sache quand même que je ne te pardonne pas pour ce que tu as fait à mon frère… Même si je comprends mieux pourquoi ton explication envers lui était vague… Il lui faudra du temps pour aller mieux... » m'expliqua-t-elle, essayant de paraître rude mais son visage ne suivant pas le même mouvement.
Elle secouait la tête devant moi, un sourire naissant de plus en plus sur ses lèvres.
- « En plus, il va falloir tout faire pour que tu retrouves cette Lexa parce que je ne me sens vraiment pas prête à faire le premier pas vers Lincoln ! » rigolait-elle en rougissant, m'entrainant dans le mouvement.
Jour vingt-deux. Lundi.
Nous étions le 24 décembre. La neige se tenait mais elle ne tombait plus.
Je franchissais le seuil de ma porte, frigorifiée, rentrant du boulot et enlevant directement mes gants et mon écharpe alors que je me dirigeais sur un radiateur pour me réchauffer les mains.
Travailler la veille de Noël ne me faisait rien. Je n'appréciais plus franchement cette période, ayant perdue mes parents assez jeune. Mon oncle et ma tante nous ayant élevés mon frère et moi, cette célébration faisait quand même partie de nos habitudes mais je ne l'appréciais sûrement pas à sa juste valeur.
Cette année s'annonçait pire que les autres car je n'avais nullement la tête à ça. Ce mois de décembre trainait en longueur et chaque jour semblait plus long que le précédent.
J'avais quand même accepté deux jours avant d'accompagner Raven faire ses courses de Noël, ayant grandement besoin de me changer les idées.
Sa stupide idée de me faire acheter un cadeau à Clarke me faisait encore plus penser à elle.
Je me changeais rapidement, mettant des vêtements plus chauds et surtout beaucoup plus confortables. Il n'était que 14h mais ma journée était déjà finie pour permettre au staff de passer les fêtes en famille.
J'avais une folle envie de courir mais vu le froid glacial qu'il faisait dehors, je me ravisais rapidement.
Aucune envie particulière ne m'animait et je m'installais dans mon canapé, passant le temps sur mon téléphone.
En me saisissant de la télécommande pour mettre un fond sonore, mon regard croisa le paquet qui trônait sur ma table basse.
Raven avait fini par gagner pensais-je.
Deux jours plus tôt, en passant devant une boutique j'étais restée bloquée devant la vitrine, admirant ce qu'elle renfermait. Des pinceaux et autres matériels de peinture l'habillait.
Reyes essaya de me forcer la main mais rien n'y faisait, nous avions continuées notre route sous mes réprimandes. Il était hors de question que j'achète quoi que ce soit à Clarke.
Pourtant plus l'après-midi avançait, plus je ne pensais qu'à ça.
C'est juste une attention…
Ça ne veut rien dire ! Et puis ça lui fera plaisir.
En retournant vers la voiture nous étions repassés devant la boutique et j'avais fini par y rentrer et prendre un lot de pinceaux à Clarke.
Moi qui n'avais jamais honte de rien, je rougissais à n'en plus finir sous le regard amusé de Raven.
C'est digne du comportement d'une adolescente...
Je fixais le paquet, soupirant en pensant à la belle blonde.
Plus de trois semaines étaient largement passées et nous ne nous rencontrions pas. Bien sûr nous avions parlé d'attendre. C'était complètement débile d'ailleurs !
Comment avais-je pu penser que je pourrais tenir trois semaines ? Tout cela parce que ma carrière me prenait un temps fou et que mon emploi du temps était surchargé ?
Je ne verrais sûrement pas le temps passé, avais-je pensé sur le moment.
Tu parles. Que de conneries.
Mon travail était toujours passé avant tout et ça ne me gênait pas le moins du monde dans ma vie de tous les jours. Mais j'avais largement omis un point essentiel lorsque j'avais annoncé qu'il valait mieux attendre.
J'avais omis de m'avouer que j'étais amoureuse d'elle et qu'elle occuperait toutes mes pensées une fois revenue dans ma temporalité.
Instinctivement, je reportais mon attention sur mon téléphone et mes doigts tapaient son nom dans la barre de recherche d'une application.
Tu sais très bien que ça ne fonctionnera pas…
Je tombais sur le profil de Clarke, un sourire naissant timidement sur mes lèvres à sa vue. J'inspirais profondément et j'appuyais sur le bouton « ajouter ».
L'application fit apparaitre un chargement avant de m'afficher « Une erreur est survenue. Merci de retenter ultérieurement. »
Un soupir me sortait naturellement alors que je laissais tomber mon téléphone à côté de moi.
Cela faisait maintenant plus d'une semaine que je tentais en vain d'ajouter Clarke sur tous les réseaux sociaux possibles.
Rien ne fonctionnait. À chaque fois un message d'erreur apparaissait. J'avais tout essayé : L'ajouter, la contacter, publier un message pour qu'elle puisse le voir. À chacun de mes essais, peut-importe sur quelle application, ou sur quelle plateforme j'essayais, cela ne marchait pas.
J'avais même demandé à Reyes de me prêter son téléphone pour essayer avec ses comptes à elle. Même rengaine.
Tout cela me désespérait.
J'étais restée un moment sans rien faire alors qu'une idée farfelue me traversa la tête et je me relevais d'un seul coup de ma position avachie. Je récupérais mon téléphone et commençais à chercher sur internet.
Comment n'avais-je pas pu y penser avant !?
- « Allez Lexa fais un effort ! Il s'appelait comment ce café déjà… Le coffee Rock un truc comme ça. » réfléchissais-je à voix haute.
Il ne devait pas y avoir mille cafés avec le mot « rock » dans son nom à New-York.
Google me sortait dix correspondances. Je les analysais une par une, attendant un « ding » de mon esprit à la vue d'un d'entre eux.
- « Le Rock and Coffee ! C'est ça ! » m'exclamais-je fière de moi en trouvant le bon nom dans la liste.
Après avoir rentrée l'adresse dans mon téléphone, j'attrapais mon manteau et filais assez pressée.
Il était plus de 16h et même si le café ne fermait pas avant 19h, nous étions la veille de Noël et une fermeture exceptionnelle était sûrement à prévoir.
Le lendemain, il serait fermé à coup sûr pour Noël et je n'avais aucune envie d'attendre.
Après un trajet qui me parut interminable, j'arrivais devant l'enseigne. Les vitres me permettaient de distinguer l'intérieur. C'était un café des plus banal, dans un style cuir et bois. Il ne faisait pas vieillot mais on sentait qu'il n'était pas tout jeune.
Néanmoins, il semblait assez plein.
Je franchissais le seuil de la porte et une odeur agréable de café me revenait, se mêlant au brouhaha du lieu. En partant précipitamment, je n'avais pas pris la peine de me grimer pour qu'on me reconnaisse moins. Après un rapide coup d'œil, m'assurant que personne ne s'intéressait à moi, je m'avançais au bar.
Un homme bedonnant me fit un signe de tête en sortant de celui-ci, un plateau rempli à la main alors qu'il apostrophait en même temps sa serveuse qui me faisait dos, occupée à préparer des cafés.
Celle-ci se retourna amorçant sa phrase avant même de me distinguer.
- « Bonjour, qu'est-ce que je vous… » se stoppait-elle net à ma vue.
C'était parfait, je tombais directement sur la personne que je souhaitais.
Octavia se tenait devant moi. Je n'avais passée qu'une seule soirée avec elle mais je la reconnaissais parfaitement et au vu de son blocage, elle aussi me reconnaissait.
- « Bonjour. Je sais que cela va vous paraître bizarre mais j'aurais besoin que vous m'aidiez. » annonçais-je dans un sourire qui se voulait rassurant.
- « Oh bordel… » arrivait-elle juste à sortir me dévisageant complètement choquée.
- « Oui je sais. Je suis bien qui vous pensez. » reprenais-je doucement, ne voulant pas la brusquer en sachant quel effet cela faisait à certaines personnes.
- « Clarke ne m'a pas menti… » sortait-elle sans me lâcher du regard.
- « Clarke t'a parlée de moi ?! » comprenais-je tout de suite mon cœur s'accélérant d'un coup.
- « Euh… oui… Oui, elle m'a tout raconté… Mon dieu c'est complètement fou. » ne s'en remettait-elle toujours pas.
- « Oui, cette histoire est complètement folle. C'est pour ça s'il te plait, il faut que tu m'aides à la contacter. »
- « Oui bien sûr ! Je… laissez-moi juste quelques secondes je vais chercher mon téléphone pour vous donner son numéro. » s'enjouait-elle en s'essuyant les mains avec un torchon avant de franchir une petite porte battante derrière le bar sans arriver à me lâcher du regard, totalement stupéfaite.
Je n'arrivais pas à arrêter de sourire.
Comment n'avais-je pas pu y penser avant ?
J'allais enfin pouvoir contacter Clarke.
La porte par laquelle Octavia avait disparu s'ouvrit sur un jeune homme, les bras chargés de paquets, qui croisa mon regard. De l'étonnement apparut dans ses yeux, me faisant supposer qu'il me reconnaissait et je tournais la tête vivement, espérant qu'il ne viendrait pas à ma rencontre.
Le bar était bondé et je ne voulais pas créer un agglutinement de gens qui m'obligerait à sortir sans avoir eu le numéro de Clarke.
- « Lexa Woods ? » m'interpelait une voix masculine que je comprenais venir du jeune homme.
C'était raté. Je retournais la tête vers lui et lui souriais en hochant de la tête.
- « Comment oses-tu venir ici ? » questionnait-il dans une expression qui n'avait rien de sympathique en venant déposer ses paquets de cafés non loin de moi.
- « Je vous demande pardon ? » m'étonnais-je de sa familiarité soudaine.
- « Tu ne me remet pas ? »
- « Non désolée. Je ne vous remets pas. » adoptais-je le même ton sans y enlever la politesse, mon visage se refermant complètement de la joie qui m'envahissait quelques secondes auparavant.
- « Pourtant tu devrais savoir de qui tu gâches la vie en… »
Il n'eut pas le temps de rajouter quoi que ce soit qu'Octavia revenait en l'interpelant directement.
- « Bellamy ça suffit. Elle n'y est pour rien, je te l'ai déjà expliquée. »
Bellamy, répétais-je dans ma tête.
Comment n'avais pas compris tout de suite alors que cela tombait sous le sens ?
- « Si on t'écoute, personne n'y est pour rien dans cette histoire ! Elle a débarquée dans sa vie et pof ! Magie c'est arrivé ! Foutaise ! Elle savait exactement ce qu'elle faisait en draguant ma copine ! » reprenait-il sans perdre son énervement.
Je digérais toutes les infos qu'il était en train de m'apprendre et je comprenais rapidement que Clarke lui avait racontée.
Au degré d'énervement qui semblait émaner du jeune homme, il était fort possible qu'elle l'ait quitté. Cette pensée me donna un espoir nouveau, un bien être s'installant sans que je ne le contrôle.
- « C'est beaucoup plus compliqué que ce que vous ne pouvez imaginer et je n'ai jamais voulu draguer Clarke. » voulais-je m'expliquer pensant à tort le calmer.
- « Ah bon ?! Et tu pensais à quoi en l'embrassant ? À l'aider à me rester fidèle ? » rebondissait-il, commençant à largement hausser le ton.
- « Bellamy ça suffit maintenant ! Tu ne peux pas juste étaler des faits sans un contexte. » coupait court Octavia alors que j'apercevais le papier qu'elle tenait dans la main.
- « Depuis quand tu te permets de la défendre ?! »
- « Je ne la défends pas ! Tu ne sais pas ce qu'il s'est passé et moi non plus. » insistait-elle en agitant les mains devant lui.
- « Lexa Woods se tape ma copine ! Cela devrait être largement suffisant comme argument pour toi ! »
Le ton de la conversation montait beaucoup trop et des regards commençaient à se tourner vers nous.
J'entendais murmurer mon prénom alors que certains me montraient du doigt.
Il me fallait absolument mettre un terme à cette conversation qui prenait des proportions allant bientôt me dépasser.
- « Je ne me tape personne. Je ne te demande pas de me croire et franchement, je n'ai aucune envie de t'en convaincre. Je suis désolée pour toi mais ce n'est pas avec moi que tu dois t'expliquer. Maintenant ne t'inquiète pas, je vais partir et tu ne me reverras plus. » finissais-je froidement en tendant la main vers Octavia pour qu'elle comprenne.
Elle leva la main de manière légèrement saccadée, ne s'attendant pas à ce revirement de situation avant de me tendre ce qu'elle tenait.
Son mouvement était lent et contre toute attente Bellamy s'en saisit avant qu'elle n'ait fini son geste, dépliant le papier directement.
- « Sérieux ?! Tu comptais lui donner son numéro en plus ? Mais t'es dans quel camp ? » s'exaspérait-il.
Je commençais à perdre patience et plus rien de sympathique n'émanait de moi.
- « Donne-moi ce putain de papier. » sommais-je.
- « Ou quoi ?! Tu vas draguer ma sœur en plus de ma copine ? » s'amusait-il.
- « Bell' ne fait pas l'enfant… Clarke est malheureuse de ne pas la voir… » essayait de le raisonner la latino.
- « Qu'est-ce que j'en ai à foutre ? Et moi, tu crois que je suis heureux ?... Non mais attend ? Tu… tu t'es tapée ma copine pendant une semaine et tu n'as même pas pris son numéro ?! » continuait-il son petit manège se mettant même à rire.
Il ne devait pas connaître toute l'histoire pour supposer ça mais je me contre foutais de ce qu'il pouvait bien comprendre ou même savoir.
Je serrai la mâchoire d'énervement sachant qu'il m'était impossible de m'emporter, distinguant clairement des clients qui commençaient à me prendre en photo.
Octavia et Bellamy le remarquèrent aussi.
- « Je crois que ta petite virée dans notre bar va bientôt tourner en séance d'autographes. » s'amusait-il en haussant des sourcils.
- « Je veux juste ce papier et je disparais. » tendais-je la main vers lui alors qu'une demoiselle commençait à se diriger vers nous.
- « C'est con hein, mais ce n'est pas ici que tu obtiendras son numéro. » souriait-il de manière triomphante avant de déchirer devant moi le papier qu'il tenait dans les mains.
Un pic de tristesse m'envahissait alors qu'il jetait les bouts devant lui. Je n'en montrais rien.
- « Mademoiselle Woods, je suis une grande fan de ce que vous faites. Je peux prendre une photo avec vous ? » m'interpelait quelqu'un alors que je ne lâchais pas Bellamy des yeux.
Des bruits de chaises me tiraient de ma léthargie et je me reprenais.
Si je prenais le temps de donner mon numéro à Octavia, en supposant que l'autre débile ne lui arracherait pas des mains, j'allais me retrouver complètement bloquée par tout le bar.
- « Merci c'est très gentil mais je dois partir. » répondais-je brièvement à la demoiselle dans un sourire très commercial avant de me retourner vers le bar.
- « Octavia, s'il te plait dit lui que je la cherche. » terminais-je avant de me diriger rapidement vers la sortie.
Le retour à mon domicile me laissait un goût amer et après cet épisode chaotique, je devais me rendre à l'évidence. Je ne pourrais pas forcer le destin à me faire rencontrer Clarke Griffin.
Jour vingt-trois. Mardi.
Le froid me faisait presque claquer des dents en attendant mon métro alors que je tenais le cadeau de Noël de ma mère entre mes mains.
Mes mains que je ne sentais d'ailleurs plus malgré les gants qui les recouvraient. Avec ce froid de canard, je n'étais même pas sûre que cette pauvre plante que j'allais lui offrir tienne le coup.
J'attendais mon habituelle ligne de métro pour rejoindre ma mère en ce jour, pestant mentalement sur l'attente interminable de celui-ci.
Un coup d'œil furtif sur l'affiche qui devait représenter la belle brune ne me procura aucun bien être car la semaine précédente j'avais eu la désagréable surprise de découvrir que Lexa n'était plus là.
Un homme était en train de recouvrir la publicité du parfum qu'elle promouvait par une autre.
Ma réaction avait été totalement immature, les larmes me montant et éprouvant une tristesse profonde alors que je la voyais disparaître sous mes yeux.
Au moins je ne risquais plus de rater mes transports par excès de contemplation, pensais-je en montant dans la rame qui venait d'arriver.
Ding-Dong…
Mon regard se fixait sur la plante que je tenais entre mes mains en attendant que ma mère vienne m'ouvrir. Le papier cadeau qui recouvrait seulement le pot émettait un bruissement sous mes doigts.
Etions-nous devenues à ce point des inconnues pour que j'offre une banale fleur à ma propre mère comme cadeau de Noël ? pensais-je.
Je n'eus pas le temps de pousser la question que la porte de l'immense demeure de mon enfance s'ouvrait.
- « Ma chérie ! Tu es radieuse, entre ! » m'accueillait-elle en me serrant dans ses bras.
- « Merci maman toi aussi. » répondais-je poliment en lui tendant mon cadeau et pénétrant dans l'entrée en même temps.
- « Oh elle est magnifique ! J'adore ! »
Elle me remerciait tout en m'annonçant qu'elle allait la mettre avec les autres cadeaux, disparaissant de ma vue vers le salon.
Mon manteau déposé, je me dirigeais vers celui-ci pour découvrir un immense sapin de plus de trois mètres qui illuminait la pièce de sa présence.
Ma mère ne savait rien faire dans la demi-mesure. La pièce était remplie de décorations et je souriais à la découverte de tous ce qu'elle avait mis en place. Ce lieu débordait d'énergie de Noël.
Pour quelqu'un comme moi qui adorait cette fête depuis toute petite, tout cela aurait dû m'emplir de joie mais cette année je n'avais pas le cœur à ça.
Depuis mon retour de cette semaine riche en couleurs, des milliers de questions sur ma vie m'assaillait et je sentais un vide se creuser au fur et à mesure.
Il était évident que l'absence de Lexa me minait considérablement. Le fait de ne pas arriver à la contacter commençait à me ronger et Noël était clairement passé en second plan.
Je n'avais même pas décoré mon appartement, moi qui tannais Bellamy depuis deux ans pour ne pas louper ce moment que j'affectionnais tant.
Bellamy. Rien qu'à penser à lui de la colère me montait.
Comment avait-il pu se mêler de ce qui ne le regardais pas et déchirer mon numéro pour que Lexa ne l'ai pas ?
La veille, après avoir passée plusieurs heures à essayer d'ajouter désespérément Lexa sur différents réseaux sociaux sans succès, je m'étais résolue à étudier.
C'était le moment qu'avait choisie Octavia pour m'appeler, hystérique, me racontant ce qu'il lui était arrivée.
À la surprise de ses paroles j'avais bondi de mon canapé, mon cœur s'emballant d'un coup, mon esprit ne sachant plus quoi faire et je déambulais dans mon appartement, complètement surexcitée de ce qu'elle m'annonçait.
J'avais vite déchanté quand elle m'apprenait que son frère s'était interposé et que Lexa avait dû partir sans mon numéro. L'espoir qui tout du long de son récit ne cessait de monter, se transformant même en euphorie, s'était effondré à une vitesse vertigineuse.
Lexa me cherchait et malgré la tristesse qui m'avait envahie, j'étais profondément heureuse de l'apprendre.
- « C'est tellement dommage que Bellamy ne soit pas là » me délogeait ma mère des réflexions dans lesquelles je m'étais perdue, le regard dans le vague devant le sapin.
- « Hum… » sortais-je sans aucune envie de répondre.
- « C'était un gendre vraiment mignon. » continuait-elle en me tendant une coupe de champagne.
- « Sûrement. Mais ce n'est plus d'actualité. » cherchais-je à couper court.
- « Ah ? Je dois supposer qu'il y a déjà un autre jeune homme ? » questionnait-elle.
- « Non… maman il n'y a pas… Attend pourquoi il y a deux assiettes de plus à table ? On attend du monde ? » demandais-je, changeant de sujet en butant mon regard sur la table.
Malgré une carrière démesurée qui la rendait aussi célèbre que certains acteurs, elle n'avait pourtant jamais transformé ce moment familial en quelque chose de pompeux et commercial.
Nous l'avions toujours fêté en famille même lorsque mon père était décédé, continuant nos célébrations toutes les deux.
La présence de deux couverts supplémentaires me surprenait donc.
- « Oui ! Nous avons deux invités qui ont bien voulu passer Noël avec nous. »
- « Et qui sont-ils ? » essayais-je de lui faire finir sa phrase avec tous les éléments m'intéressant.
La sonnette de la maison retentissant quasi au même moment, lui fit naître un énorme sourire.
- « Tu vas le découvrir tout de suite ! Tu peux sortir deux autres flûtes du buffet le temps que j'aille leur ouvrir ma puce s'il te plait ?! »
J'étais curieuse de savoir qui elle avait pu inviter qui la mettait autant en joie mais je m'exécutais. Sûrement sa collègue de travail Indra et son mari dont elle ne cessait de me parler à chaque fois au téléphone.
Ou alors…
Était-il possible qu'Octavia lui ait parlée de Lexa et que ma mère ait pris la décision de l'inviter ? Et le deuxième couvert ? Raven ?!
Non, c'est impossible Clarke ! Reprends-toi.
Les bruits de voix qui me revenaient n'étaient pas clairs et je ne distinguais pas bien mais j'avais l'étrange impression de les connaître.
Je récupérais ma flute et la finissait d'une traite quand ils apparurent dans mon champ de vision.
Pour la deuxième fois depuis moins d'un mois, je m'étouffais avec une coupe de champagne et je devais dire que ce n'était pas plus agréable que la première fois.
Je me remettais tant bien que mal de mes émotions, tendant ma main à la personne qui me présentait la sienne.
- « Monsieur Kane. » arrivais-je finalement à sortir dans un son qui n'avait rien de naturel.
- « Clarke ! Je suis content de te voir ! Mais appelle moi Markus aujourd'hui voyons, c'est Noël ! » annonçait-il d'un air chaleureux que je ne lui connaissais pas.
Si je n'avais pas fini de m'étouffer avec mon champagne, cette seule phrase aurait pu elle aussi me faire avaler de travers.
- « Tu dois te rappeler de son fils Wells. » rajoutait ma mère tout sourire.
Comment pouvais-je oublier Wells ? En plus d'être le fils adoptif de Markus Kane, il était désespérément amoureux de moi depuis que nous étions gamins.
Quasiment toute notre scolarité, nous l'avions faite ensemble et je ne l'avais pas revu depuis le bal de promo. Ce jour-là j'avais acceptée de l'accompagner pour être sa cavalière. Nous étions justes amis mais par gentillesse et sous ses insistances, j'avais cédé pour lui faire plaisir.
Grossière erreur.
La déclaration d'amour qu'il m'avait faite à genoux n'avait pas eu l'effet escomptée et repousser ses avances devant toute une salle pleine avait un tant soit peu brouillée notre amitié.
Alors comment pouvais-je l'oublier ?
- « Wells ! Ça fait si longtemps qu'on ne s'est pas vus ! » l'apostrophais-je en lui faisant la bise.
- « Oui, ça a fait 7ans en juin. Le temps passe vite n'est-ce pas ? » annonçait-il légèrement amer.
Je répondais tant bien que mal dans un sourire de convenance, me rendant compte qu'il m'en voulait toujours et qu'en plus de cela il tenait les comptes du temps passé.
Cette journée de Noël promettait d'être haute en couleur. La passer avec un professeur m'en faisant baver à longueur de temps et qui possiblement deviendrait mon futur beau-père était déjà pas mal.
Rajouter à cela, son fils que je n'avais pas revu pour de bonnes raisons et qui semblait toujours avoir une dent contre moi ne m'enchantait pas le moins du monde.
Après plusieurs minutes de discussions de convenance, ma mère me demandait de venir l'aider en cuisine pour rapporter les mignardises qu'elle avait préparée.
Je commençais à récupérer les plats qu'elle me montrait alors qu'elle se rapprochait de moi, baissant d'un ton.
- « Alors, tu ne le trouves pas craquant ? » demandait-elle d'un sourire malicieux alors que je me sentais vaciller de cette annonce.
- « Maman ! » répondais-je seulement en faisant les gros yeux, d'un ton accusateur.
- « Quoi ? Ne soit pas aussi coincée Clarke ! »
- « C'est de mon professeur qu'on parle ! » essayais-je de ne pas hausser le ton alors qu'un frisson me parcourait sans que je parvienne à cacher une moue dégoutée.
Allait-il devenir mon beau-père beaucoup plus vite que je ne l'aurais voulu ?
Un nouveau frisson me gagnait en imaginant les futures réunions de famille.
- « Quoi ?! Marcus ?! Mais non voyons ! Je parle de Wells qui te dévore du regard ! » se mettait-elle à rigoler doucement avant de reprendre. « Mais c'est vrai que Marcus a un certain charme avec son regard ténébreux ! »
Super. Si ma mère ne pensait pas à lui, elle allait peut-être l'envisager différemment à cause de moi.
- « Alors tu en penses quoi ? » ne lâchait-elle pas.
- « C'est pour ça que tu les as invités ? Pour me coller à Wells ? » questionnais-je perplexe de ses questions.
- « Mais non voyons ! Tout ça s'est fait au dernier moment et je ne me serais pas permise. Mais à le voir te regarder comme ça, je me suis rappelée qu'il a toujours eu un faible pour toi. »
- « Un faible ? Maman, il a fait une thérapie après notre dernière année de lycée parce qu'il était obsédé par moi ! »
- « Roh tu exagères ! Il avait du mal à se détacher émotionnellement parlant c'est tout et puis il était jeune ! Regarde le beau jeune homme qu'il est devenu maintenant. C'est un athlète de haut niveau tu sais. Il participe même au championnat du monde cette année. Il faut avoir la tête sur les épaules pour gérer la pression. »
- « Tu es en train de me le vendre là ? » m'exaspérais-je de ses réflexions.
Je récupérais encore plus de choses dans mes mains n'ayant pas envie de faire trop d'allers-retours pour couper court aux éventuelles remarques qu'elle pourrait faire à ce moment-là.
- « Tout va bien ? Vous désirez de l'aide ? » nous revenait la voix de Monsieur Kane depuis le salon.
- « Non merci c'est gentil ! Tout va bien, on arrive ! » répondait ma mère d'un ton enjoué avant d'ajouter plus bas. « Qu'est-ce que tu as Clarke ? Tu as l'air sur la défensive ! Je pensais que tu avais envie de te remettre en selle rapidement en ayant rompue avec Bellamy. »
- « Être seule n'est pas un drame ! Mais surtout tu ne t'es jamais dit que si j'ai rompu avec Bellamy c'est peut-être pour quelqu'un d'autre ? »
- « Ah, voilà ! C'est ce que je t'ai dit tout à l'heure et tu m'as dit que tu n'étais avec personne ! »
- « Je ne suis effectivement avec personne mais ce n'est pas ce que tu m'as demandée ! Non, tu m'as demandée s'il y avait un autre jeune homme. Or il n'y a pas d'autre jeune homme mais il y a effectivement quelqu'un. » coupais-je ma phrase en sortant de la cuisine, laissant ma pauvre mère à ses réflexions.
Le coup théâtral dont je pensais avoir fait preuve ne resta spectaculaire que dans ma tête. Il ne fallut pas longtemps à ma mère pour sortir de la cuisine et nous rejoindre.
- « Je peux savoir ce que cela veut dire Clarke ? » demandait-elle sans aucune discrétion.
- « Pas maintenant maman… » lui faisais-je les gros yeux en continuant à positionner les denrées sur la table.
- « Quelque chose ne va pas Abby ? » questionnait Monsieur Kane alors que je frissonnais, ne sachant même plus si c'était à cause de la familiarité dont il usait envers ma mère ou de la discussion qui tournait en ma défaveur.
- « Figure toi que ma fille ne cesse de me surprendre depuis quelques semaines. » sortait-elle en me dévisageant alors que mon regard envers elle se voulait suppliant de ne pas continuer sur cette pente savonneuse.
- « Cela ne peut avoir que du bon alors ! » rigolait mon professeur en me regardant, levant sa coupe de champagne à ma santé.
- « Et qu'est-ce que tu fais pour surprendre ta mère ? » demandait Wells curieux.
- « J'ai quitté mon copain. » annonçais sobrement alors que mon ami d'enfance hochait doucement la tête en léger sourire.
- « Remets-toi en Abby ! Jolie comme elle est, elle te trouvera un gendre plus à ta hauteur je n'en doute pas ! Tu auras sûrement de belles surprises à l'avenir. » enchaînait Monsieur Kane alors que je m'étonnais d'autant de gentillesse et de compliments qu'il déroulait en ma faveur.
- « Hum… Oui. La surprise va sûrement être de taille. » ponctuait ma mère ne me lâchant toujours pas du regard.
- « Et puis ce n'est pas comme si elle t'annonçait qu'elle arrête ses études de médecin, voyons ! »
Un rire non contrôlé sortait de ma gorge alors que je me resservais du champagne, engouffrant un toast pour m'aider à cacher ma gêne qui prenait une ampleur considérable.
Lexa était déjà un sujet que j'avais du mal à appréhender mais là c'était le pompon.
Je ne savais toujours pas si je souhaitais arrêter mes études mais j'avais espéré profiter de ce jour pour parler tranquillement de mes nombreux doutes avec ma mère, en tête à tête.
Rien ne se passait comme j'avais pu le prévoir.
Marcus Kane avait rebondi pour enchaîner sur un sujet barbant mais néanmoins très éloigné de ma petite personne et pour cela je l'en remerciais mentalement.
Wells qui n'avait pas l'air intéressé le moins du monde par leur discussion se rapprocha de moi, attrapant un apéritif en même temps qu'il engageait la conversation.
- « En tout cas tu es toujours aussi belle Clarke. »
- « Merci du compliment… je… Il parait que tu es athlète de haut niveau maintenant ? » essayais-je de rebondir tout en ayant du mal à paraître naturelle.
- « Oui l'athlétisme ça a toujours été mon truc ! Courir c'est ce que je fais de mieux. Et puis ce n'était pas dur de trouver ma voie, vu le temps que j'ai passé à te courir après ! » rigolait-il de sa blague.
Ce repas de Noël promettait d'être long. Très long.
Jour trente-trois : Vendredi.
J'avançais, talonnée par Raven dans le couloir de l'avion à la recherche de nos places.
Après avoir placé mon bagage à main dans l'espace lui étant réservé, je m'installais dans mon fauteuil, m'écrasant presque dedans dans un soupir de soulagement.
Les fêtes étaient finalement passées depuis plus d'une semaine pour mon plus grand plaisir.
Autant mon Noël m'avait laissé un goût amer de ma défaite cuisante pour obtenir le numéro de Clarke, autant mon premier de l'an n'avait été qu'un enchainement de situations gênantes et désastreuses.
Reyes m'avait entrainée dans une soirée pour je cite : Te faire penser à autre chose.
Ça pour penser à autre chose, j'avais pensé à autre chose. J'avais passé ma soirée à refuser les avances de filles complètement bourrées quand ce n'était pas celles des hommes et les discussions que j'avais pu avoir ne volaient clairement pas haut.
Sans parler de l'épisode où j'ai dû retenir Raven de danser nue sur une table.
J'étais clairement soulagée que ces fêtes soient derrières moi.
- « Je suis tellement excitée par cette convention ! » s'extasiait Raven en s'asseyant à côté de moi.
- « Hum… »
- « Oh allez Lexa ! Ça t'aidera à penser à autre chose qu'à Clarke ! » me réprimandait-elle.
- « Déjà si tu arrêtais de me parler d'elle à longueur de temps peut-être que j'aurais moins de mal. » annonçais-je dans un sourire assassin pour lui faire comprendre.
- « Ça va être de ma faute maintenant ! Ce que tu peux être bougon ! » se renfrognait-elle en fouillant son sac à main alors que je reportais mon attention à travers le hublot en attendant maintenant le décollage.
Bien sûr que cette convention allait être bénéfique pour m'aider à penser un peu moins à Clarke mais cela ne m'empêchait pas de désespérer doucement un peu plus, chaque jour passant.
Il m'avait fallu me faire violence pour ne pas annuler ma présence à cette convention et me convaincre d'y aller.
Je me devais d'y être car jamais je n'avais bâclé mon travail et je ne commencerais pas maintenant.
Pourtant les inquiétudes ne cessaient de m'accabler.
Comment pourrais-je avoir mes chances de rencontrer Clarke si je quittais New-York, même juste pour trois jours ? Et si cette convention me faisait louper notre seule rencontre ?
Il fallait que je me rende à l'évidence : même à New-York je ne la croisais pas. Je ne la rencontrerai peut-être même jamais.
Cela faisait maintenant plus d'un mois et rien ne changeait dans mon quotidien.
Jamais je n'avais autant pensée à quelqu'un dans ma vie et la découverte de cette partie de moi ne m'enchantait pas le moins du monde.
Je détestais être dépendante de quoi que ce soit.
Comment une seule semaine avec cette fille, exaspérante au possible, bornée et susceptible m'avait fait tomber aussi bas ?
Parce qu'elle n'est pas comme ça…
Même en essayant de penser à mal d'elle je finissais par sourire et tout le reste m'envahissait.
Cette situation était désespérante au possible.
Sans ajouter à tout ça que je risquais plus que fortement de croiser Costia à cette convention.
Rien que d'y penser, toute ma détermination à être présente s'effondrait.
Cela faisait plusieurs mois que j'avais accepté de participer à une grosse convention réunissant des acteurs d'anciennes séries. Je ne pensais pas que ce soap opéra dans lequel nous tournions adolescentes avec Raven avait tant de fans que ça mais apriori je me trompais.
Nous étions très attendues.
J'allais principalement passer trois jours à ne faire que signer des autographes et prendre des photos en parlant avec des fans. Ce n'était pas ce pourquoi j'étais la plus à l'aise, ayant du mal à sourire à outrance mais j'appréciais quand même ces moments.
- « Tu penses qu'elle sera là ? » questionnait Reyes alors que je regardais depuis plusieurs minutes un homme en gilet orange faire de grands gestes dehors.
- « Qui, Costia ? » reportais-je mon attention sur elle.
- « Oui… »
- « Franchement ça m'étonnerait. Son personnage n'était pas récurrent et elle n'est pas restée longtemps. » essayais-je de me persuader en même temps.
- « Mais peut-être qu'ils ont demandés à tout le monde. »
- « Ahhh, c'est pour ça que tu es là du coup ? » me moquais-je en la pointant du doigt.
- « Tsss ! J'étais très appréciée du public je te ferai dire ! » s'engouffrait-elle directement dans ma raillerie.
Ma petite pique eut plus d'effet que prévu et Reyes enchaîna les démonstrations pour me prouver qu'elle avait tous ses droits d'être l'une des principales personnalités présentes ce weekend.
Il était tellement facile de la faire tourner en bourrique et je m'amusais un bon moment avant que les instructions de l'hôtesse de l'air ne la fassent finalement taire.
Une fois en l'air nous en avions pour plus de trois heures de vol et au bout d'une heure, mes jambes n'en pouvant plus, je me levais pour me dégourdir.
Un petit tour aux toilettes clôturait mon escapade.
- « C'est bien ce que je me disais ! J'avais bien reconnu la ténébreuse Lexa Woods ! » m'apostrophait-on à ma sortie des toilettes.
Mon sang ne fit qu'un tour.
- « Costia ! » annonçais-je sans arriver à enlever de la surprise dans ma voix.
- « C'est bien moi, oui ! » rigolait-elle de mon étonnement.
- « Qu'est-ce que… tu fais là ? » demandais-je en me reprenant alors que j'étais déjà sûre de sa réponse.
- « La même chose que toi, voyons ! Je viens participer à la convention ! »
- « Alors ils n'ont pas réussi à avoir plus d'acteurs récurrents pour se rabattre sur toi. » sortais-je sans aucun humour.
- « Apriori je dois être plus demandée que tu ne le penses. » rebondissait-elle dans un sourire.
- « Si c'est ce que tu souhaites penser. »
- « Toujours aussi taquine ! Oh mais j'y pense, Raven est là aussi ? On va pouvoir rattraper le temps perdu toutes les trois ce weekend ! » continuait-elle d'un ton beaucoup trop enjoué pour moi.
- « Ne t'emballe pas. Je suis là pour le travail. Je ne passerai pas un seul instant en dehors de la convention à tes cotés. »
- « J'ai hâte de cette convention alors. » me souriait-elle en rentrant dans la pièce d'où je venais de sortir.
Je retournais à mon siège en colère, bousculant Raven sans ménagement pour me rasseoir.
- « Oh ! Doucement Hulk ! » sortait-elle en se poussant le maximum pour me laisser passer.
Je m'asseyais sans m'excuser et sans perdre l'énervement présent sur mon visage.
La latino me dévisageait incrédule en enlevant un écouteur d'une de ses oreilles.
- « Qu'est-ce qui se passe ? Y'a la queue aux toilettes ou quoi ? » raillait-elle.
- « Costia est dans l'avion pour la même raison que nous. »
- « QUOI ?! » hurlait-elle presque en enlevant cette fois-ci son deuxième écouteur.
- « Moins fort Reyes ! » la sommais-je en faisant les gros yeux.
- « Pardon mais quoi ?! »
- « Costia est là et ça ne va pas du tout ! »
- « Ok ok ! On se calme et on respire ! On va gérer ça ensemble ! Elle va passer un sale weekend c'est moi qui te le dis ! » reprenait-elle dans un ton combatif et un regard de braise.
- « Je m'en contre fou de ce weekend et encore plus de Washington ! » m'emportais-je tout de suite.
- « Ah ?! Et c'est quoi le souci alors ? »
- « Si Costia est là, ça veut dire que je l'ai rencontrée avant le gala qui aura lieu dans dix ans ! »
- « Euh oui et alors ? »
- « Et alors dans le futur que j'ai vécu, je ne l'avais jamais revue avant ce putain de gala ! »
- « Je suis désolée chérie mais je ne vois pas le soucis… »
- « Peut-être que je ne suis jamais allée à cette convention parce que j'étais avec Clarke à ce moment-là ! »
- « Oui et… » ne voyait-elle toujours pas ou je voulais en venir.
- « Et alors je suis peut-être en train de rater ma seule chance de rencontrer Clarke… » finissais-je dans un soupir mêlé de désespoir et de rage.
Ayant d'habitude toujours quelque chose à redire, Reyes ne pipait pas un mot, me regardant d'un air triste en comprenant mes inquiétudes. Au bout de quelques secondes de silence, elle reprit.
- « Mais… tu as dit que ce n'était pas obligé de se passer exactement pareil non ? »
- « Oui mais… je ne suis plus sûre de rien. Et si… et si cela devait se passer exactement pareil pour réussir ? » sortais-je désespérée.
Elle hocha du menton, semblant étudier mes paroles.
- « Non, je ne pense pas. » me souriait-elle au bout d'un instant.
- « Pourquoi donc ? » m'étonnais-je de sa remarque.
- « Parce que tu contrôlerais tout et rien ne serait naturel. »
- « Hum… » réfléchissais-je perplexe en même temps.
- « Lexa… Laisse toi porter par ce que tu ne contrôles pas et arrêtes de réfléchir. Tu as revu ton démon plus tôt que prévu et à la vue du peu de choses que cela te fait, ce n'est pas une insignifiante convention avec Costia Washington qui t'empêchera de rencontrer Clarke. » finissait-elle dans un magnifique sourire avant de remettre ses écouteurs et de se replacer dans son siège.
Je ne décolérais pas, les bras croisés, alors que mon esprit filait à toute vitesse.
Le vrombissement constant de l'avion pour seul son me faisait partir dans toutes sortes de réflexions.
Me laisser aller.
Sans m'en apercevoir, je sombrais progressivement, mes pensées s'engouffrant dans mes questionnements, se transformant en rêve.
Je dormais le reste du trajet et lorsque Raven me réveilla, j'étais plus combative que jamais.
Ce weekend ne serait qu'un tremplin j'en étais persuadée.
Jour trente-quatre. Samedi.
Je me tenais devant l'immense entrée, mon ticket dans la main et mon rythme cardiaque plus rapide que d'habitude.
Un coup d'épaule me fit sortir de mes réflexions, avançant légèrement alors que le jeune homme qui m'avait bousculé s'excusait en filant tout droit. Il était déguisé comme un acteur d'une série dont je ne me souvenais même plus le nom.
Des dizaines de gens pénétraient par les portes du bâtiment, habillés comme tous les jours, ou arborant des tee-shirts de leur série préférée ou encore totalement grimés dans des costumes représentants leurs idoles.
Ils étaient tous joyeux ou euphoriques alors que moi, j'étais totalement paniquée.
Lors des fêtes de Noël, Octavia m'avait appris qu'une convention allait se tenir prochainement où Lexa était annoncée parmi les têtes d'affiche. J'avais d'abord rigolé à son idée folle de m'y rendre, n'ayant pas les moyens financiers d'y aller en lui précisant que sûrement plus aucune place n'était disponible.
C'était sans compter sur la détermination de ma meilleure amie qui depuis qu'elle avait rencontrée Lexa Woods me soutenait dans ma quête de la revoir.
Elle avait raccroché sans plus chercher à me convaincre et je la découvrais le lendemain à poireauter devant chez moi en rentrant de cours.
Son sourire en menait long sur la folie qu'elle avait faite.
Non seulement elle avait trouvé une place qu'elle avait achetée mais en plus de cela, elle m'avait réservée un vol aller-retour pour m'y rendre. C'était selon elle, un cadeau de Noël pour plusieurs années à venir avec obligation de présentation.
Me voilà donc dans une autre ville, devant l'entrée de la convention, où j'étais sûre que Lexa était présente.
Mon vol avait quasiment eu lieu de nuit et malgré les heures de vol et de taxi pour arriver jusqu'ici, aucune fatigue n'émergeait de moi. J'étais à la fois impatiente et angoissée.
Je me décidais à franchir une des nombreuses portes vitrées qui faisaient office d'entrée. La convention n'avait ouvert que depuis trente minutes et le hall était déjà noir de monde.
Après avoir présentée mon billet pour franchir la sécurité, une demoiselle me tendait une brochure sur le programme du weekend.
L'analyse fut rapide, je le feuilletais seulement à la recherche des heures auxquelles je pourrais apercevoir Lexa aujourd'hui.
Malgré sa générosité, Octavia n'avait pu m'offrir qu'un pass pour ce samedi et mon vol repartait ce soir à 23h. Il était hors de question que je rate Lexa.
Une séance d'autographes avait lieu dans environ une heure. Je décidais de ne pas perdre de temps pour être dans les premières et je me rendais sur le lieu indiqué par des numéros sur la brochure.
Le lieu de cette convention était énorme et il me fallut bien dix minutes de marche pour me retrouver dans le bon bâtiment.
Une immense affiche en hauteur annonçait la série qui m'intéressait.
Ma joie fut de courte durée quand je compris que j'étais loin d'être la seule venue pour ça.
Il y avait déjà une queue interminable ! Au moins une cinquantaine de personnes attendaient en file indienne, délimitée par des cordons devant une barrière empêchant l'accès à une table tout en longueur. Celle-ci était en moitié dissimulée derrière des paravents, sûrement pour obliger les gens à faire la queue dans l'espoir d'apercevoir les acteurs.
Je me rangeais dépitée en bout de file, derrière un homme d'une quarantaine d'années qui me sourit lorsque que je me plaçais, en levant le nez de sa brochure.
Un petit panneau quelques mètres devant lui annonçait « deux heures d'attente à partir d'ici. ».
Je pestais intérieurement. La séance de dédicaces n'ouvrait que dans une heure et j'avais déjà plus de deux heures d'attente avant mon tour.
Je voyais déjà le fou rire que Lexa allait avoir en comprenant que j'avais fait plus de trois heures de queue pour la voir.
Rien qu'à cette pensée je secouais la tête d'amusement avant de prendre mon mal en patience.
Lorsque l'annonce de l'ouverture des dédicaces fut faite par un membre du staff, mon cœur repartit de plus belle, me réveillant de la somnolence dans laquelle l'attente m'avait plongée.
Plus du double des gens devant moi se tenaient maintenant derrière moi.
De la place que j'occupais dans la file, je ne distinguais pas un seul acteur et ce constat me faisait rager.
Doucement mais sûrement, j'avançais d'un pas après l'autre, succédant ensuite à plusieurs longues minutes d'attente avant de reproduire le même schéma.
L'homme devant moi était beaucoup plus enthousiaste et excité que moi. Dès que nous avancions, il souriait de plus belle, se penchant de chaque côté de la ligne, espérant apercevoir ses idoles.
Moi, l'attente m'exaspérait et je gardais mes bras croisés, le regard souvent dans le vide.
Cela devait faire plus d'une heure depuis l'ouverture que j'attendais et je ne distinguais toujours personne, la queue étant faite de manière à effectuer un coude au dernier moment pour ne permettre qu'aux premières personnes attendant de distinguer les acteurs.
Les gens discutaient entre eux pour faire passer le temps, tous le sourire aux lèvres de leur future rencontre.
L'homme devant moi avait grandement envie de partager sa joie et après l'avoir fait avec la personne devant lui, j'étais maintenant la mieux placée pour y avoir droit.
- « Vous aussi, vous venez pour voir Raven Reyes ?! » s'enthousiasmait-il.
- « Je suis plutôt là pour voir Lexa Woods. » répondais-je dans un léger sourire en reportant mon attention loin devant moi.
- « Ah oui oui, Lexa Woods, j'aimais moins son personnage ! Trop une peste ! Même si avec Tony il faisait une sacrée paire de farceurs ! » rigolait-il de sa remarque alors que je lui souriais une nouvelle fois sans entrain.
Je me rendais compte que je ne me rappelais plus très bien la série, ne voyant même pas qui était Tony. C'était un feuilleton humoristique que je regardais avant d'aller en cours le matin et grande matinale que j'étais, je ne suivais pas grand-chose.
- « Elle est magnifique vous ne trouvez pas ? » reprenait-il en me tendant une photo de Raven qui était seulement habillée d'une très grande chemise mouillée, laissant apparaître ses courbes. Elle transperçait la photo d'un regard sensuel.
- « Euh oui ! Elle… elle est très belle. » accordais-je un peu déstabilisée de la photo qu'il me présentait sachant qu'il allait sûrement la faire signer à Raven.
- « Je suis fan depuis des années ! » continuait-il en me montrant cette fois-ci le magnifique tee-shirt à l'effigie de la latino.
Je lui souriais de plus belle en hochant la tête, ne sachant pas comment réagir.
Je trouvais cela légèrement malsain mais qui étais-je pour juger ? Chacun occupait son temps comme il le souhaitait.
Reporter mon attention sur mon téléphone pour prétexter un message le fit se retourner après quelques secondes à m'attendre. C'était un peu égoïste de ma part mais je n'avais aucune envie de parler avec qui que ce soit, même si cela pouvait faire avancer plus vite mon attente.
Une nouvelle heure venait de passer et je franchissais enfin le virage qui me dévoila la table entière des acteurs.
Raven était la première, suivie par quatre personnes que je reconnaissais vaguement et j'apercevais enfin Lexa en bout de table à côté d'une jeune femme blonde qui m'était vaguement familière.
Mon cœur s'emballa à la vue de la belle brune. Je n'étais même pas à plus de cinquante mètres d'elle.
Elle était en train de discuter avec une fan, lui souriant vaguement et s'intéressant probablement à ce qu'elle lui racontait.
Je n'arrivais pas à ôter mon regard d'elle pendant plusieurs minutes, espérant qu'elle lève la tête pour m'apercevoir mais je savais que c'était peu probable.
Il fallait que je prenne mon mal en patience. Il ne restait plus que dix personnes avant moi et je pourrais lui parler.
Le seul bout de table apercevable avant le virage regorgeait de photos des acteurs présents et il était possible d'en acheter à une dame pour les faire signer.
Je comprenais que j'allais devoir passer par chacun des acteurs avant Lexa et je me saisissais d'une photo de groupe du casting que je réglais rapidement.
On avançait encore d'un pas.
Tout mon corps était en ébullition, impatiente de mettre un terme à cette attente interminable et pas seulement de mes trois heures dans cette file d'attente.
Non. Tout ce mois qui venait de passer ou rien de ce que je pouvais entreprendre pour essayer de seulement communiquer avec elle n'avait abouti.
Un nouveau pas, me fit encore plus gagner en rythme cardiaque.
Je trépignais d'impatience mais c'était sûrement beaucoup moins impressionnant que le quarantenaire toujours présent devant moi. Il passait d'un pied à l'autre en essuyant ses mains moites sur son pantalon.
Il marmonnait dans sa barbe.
Je souriais en pensant que je n'étais pas la seule stressée à l'idée de rencontrer quelqu'un d'important même si nos situations n'avaient vraiment rien de comparable.
Il sortit quelque chose de sa poche et je reconnaissais LA petite boite. Ce genre d'écrin qui sans jamais en avoir forcément eu nous-même, on connaît tous. Celle qui renferme une bague.
J'éprouvais le plus grand mal à ne pas rire en me pinçant les lèvres.
Comment pouvait-il espérer faire sa demande à Raven Reyes et que celle-ci dise oui ?
Je me disais qu'il allait avoir lieu une scène mémorable mais une partie de moi trouvait cela tellement triste.
Sans réfléchir plus longtemps je l'apostrophais en posant une main sur son épaule. Il se retournait, le visage trempé de sueur et complètement métamorphosé par l'angoisse.
- « Ne faites pas ça. » annonçais-je dans un sourire en désignant du regard sa main qui tenait la boîte.
- « Et pourquoi ?! » répliquait-il plus virulent que je ne l'aurais pensé, comprenant tout de suite de quoi je parlais en resserrant sa prise dessus.
- « Voyons, vous savez très bien qu'elle ne vous dira pas oui… » continuais-je d'un ton que je voulais amical.
- « Qu'est-ce que vous en savez ?! » demandait-il de plus en plus stressé, son regard passant sur tout ce qui se trouvait autour de nous.
- « Elle ne vous connait même pas et… »
- « Bien sûr que si ! C'est la cinquième fois qu'on va se voir et elle s'était souvenue de moi les deux dernières fois ! » montrait-il du doigt la latino alors que je voyais du coin de l'œil, deux membres du staff qui nous regardaient avec insistance à cause des grands gestes qu'effectuaient l'homme.
- « D'accord, d'accord ! Calmez-vous ! Ce n'est pas méchant, c'est un conseil… je… faites ce que vous souhaitez… » essayais-je d'apaiser l'homme en voyant que mon intervention n'avait fait qu'alourdir l'angoisse qui semblait l'emparer.
Les deux membres du staff s'étaient rapprochés de nous en se plaçant les bras croisés à quelques mètres. Un frisson m'empara et je décidais de ne plus me mêler de ce qui ne me regardait pas.
La tête baissée, je donnais un coup d'œil furtif à Lexa qui était toujours concentrée avec cette fois-ci un jeune homme.
Il ne restait que six personnes.
- « Je sais ce que vous croyez hein ! Vous me prenez pour un débile ! » reprenait l'homme en à ma faveur.
- « Je… non non ! Je désolée, je ne voulais pas vous vexer… » répondais-je calmement en mettant les deux mains en avant en signe de capitulation.
- « C'est la femme de ma vie ok ! Et personne ici ne m'empêchera de le penser ! »
- « Non bien sûr... » annonçais-je, ne sachant plus du tout quoi répondre alors qu'il haussait beaucoup trop la voix à mon goût.
- « Ça été le coup de foudre quand on s'est rencontrés la première fois ! Et je sais que pour elle aussi ! Ce sont des choses qui ne s'expliquent pas ! » continuait-il dans de grands gestes.
Il y avait des milliers de personnes ici et il avait fallu que je tombe sur le seul cinglé de cette convention.
Pourquoi je ne m'étais pas retrouvée juste derrière des gens qui souhaitaient simplement un autographe ?
Les deux membres du personnel venaient forcément à notre rencontre.
- « Il y a un souci ? » demandait le premier, un jeune homme brun à la carrure assez imposante.
- « Non, non ! J'attends juste mon tour… » répondais-je en reportant mon regard sur Lexa comprenant que la tournure des choses partait en ma défaveur.
- « Et vous monsieur tout va bien ? » continuait-il en s'adressant au quarantenaire.
- « Oui, je… oui. » annonçait-il pas du tout serin en regardant ses pieds.
- « Très bien alors. Essayez de vous tenir tranquilles tous les deux, c'est bientôt à vous ! Ça serait dommage de vous faire sortir si près du but. » reprenait le brun de manière ferme en nous souriant.
Sortir si près du but. Ses paroles faisaient l'effet d'un boomerang dans ma tête et j'essayais de me calmer.
Je soufflais lentement de soulagement en les regardant s'éloigner, mon cœur tambourinant dans mes tempes.
Mon regard allait se relever vers Lexa encore une fois alors que j'entendais murmurer.
- « Je l'aime, il faut que je lui dise… Personne ne m'empêchera de lui dire. » sortait l'homme devant moi le regard focalisé sur la latino.
Je pouvais y voir une détermination qui n'avait plus rien de censée.
- « S'il vous plait ne faites pas ça… » suppliais-je alors qu'il reprenait plus fort.
- « Raven mon amour ! Je t'aime ! » cria-t-il, faisant lever la tête des acteurs dans notre direction.
Ce qui s'en suivi était le début de la fin pour moi.
Il commença à courir vers elle et un stupide réflexe de protection me fit lui courir après pour m'interposer alors qu'il se rapprochait d'elle.
Je me rendais bien compte que je ne devais ce réflexe qu'au fait que je m'étais énormément attachée à Raven lors de ma semaine futuriste et il était hors de question qu'il puisse faire du mal à mon amie.
En moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, il était devant elle, lui saisissant le bras pour la tirer vers lui alors qu'elle affichait un regard horrifié. La scène était tellement irréaliste que personne n'avait eu le temps de réagir, les conversations s'étant juste arrêtées alors que tout le monde nous regardait plein d'incompréhension.
Sans réfléchir je lui attrapais le bras avec lequel il la tenait, essayant de le repousser d'elle.
- « Raven je t'aime ! » lui hurlait-il dessus en tentant de l'enlacer.
- « Lâche-là espèce de taré ! » le sommais-je vainement en tirant son bras de toutes mes forces pour l'empêcher de la toucher.
D'un seul coup mes pieds se détachèrent du sol.
Une force colossale me soulevait par la taille dans mon dos, m'arrachant de ma position comme une brindille. Je fus tellement surprise que je lâchais ma prise, mes yeux croisant ceux de Raven qui ne savait pas comment réagir à tout cela.
Une deuxième personne que je reconnaissais comme étant le brun baraqué du staff arracha l'homme de la latino en le clouant au sol.
Les acteurs s'étaient levés de leurs chaises dans la panique de cet esclandre et je croisais le regard de Lexa alors que je me débâtais pour qu'on me lâche.
Si le temps avait pu s'arrêter à ce moment-là, et je jurerais qu'il venait de le faire, alors nous nous serions passé tous les messages du monde.
Je pouvais lire de la surprise, de la joie et du désespoir rien que dans cette fraction de seconde ou notre vision se rencontrait.
Je sais ce vous allez dire « Tu pouvais pas couper à un autre moment sérieux ? » xD
J'espère que malgré la frustration qui est montée en même temps que le stress de Clarke, ce chapitre vous a quand même plu !
À bientôt pour le chapitre 12 !
Wounaya : Hey ! Elles ont enfin avoué ressentir quelque chose pour l'autre mais la semaine est finie. Avec le temps qui passe et ne les aide pas, ça doit être frustrant ! Tu avais raison, elles se sont souvenues de tout (et oui sinon, le gâteau n'aurait servi à rien) Et tu as encore plus raison car les deux cherchent des solutions chacune de leurs côtés.
Oros Olympe : Hey ! J'espère que tu as eu les réponses aux nombreuses questions ;) ou au moins à certaines ! Toujours hâte de tes impressions !
RiviereNoire86 : Hey ! Merci beaucoup :) Ahhh heureusement qu'il y a Raven parce que sans elle, elles sont vraiment deux handicapées des sentiments ! Merci beaucoup en tout cas pour ta review :)
: Alors ? C'était plutôt la voie où elles se sont réveillées en gardant leurs souvenirs ! Pas trop déçue que je n'ai pas choisi l'autre voie ?
Serieslover44 : Hey ! Enorme xD Ta petite pause entre deux exos aura duré plus que prévu du coup ;) ! Contente que mon histoire t'ait captivée, j'espère que ce chapitre aussi t'as plu et au final tu auras quand même moins attendu que tout le monde :3 J'espère avoir tes impressions !
Vaness : Si cette explication te va alors on va garder celle-là ;) ! Mdr pour ta tête au moment des baisers xD Mais comme tu dis, c'est toujours à la fin qu'on regrette les non-dits ou de ne pas avoir plus profité. Il fallait prendre en compte Bellamy mais je dirais que la chose est réglée non ? Emballé, pesé, expédié. Allez hop. Pour le travail de Clarke tu auras bientôt ta réponse :) Merci beaucoup en tout cas pour toutes tes reviews et j'espère que la fic te plaira jusqu'au bout !
Lunedore : Hey ! Nous voilà dans la dernière ligne droite en effet ! Elles ne se sont finalement pas réveillées sans se souvenir de rien mais pour l'instant, rien ne les aide à se retrouver
The100forever8 : Pire qu'une semaine en plus tu as dû attendre et dire que ce chapitre fini encore plus sur un suspense xD Suis-je horrible ? Oui on peut le dire. Ohhh… c'est tellement choupy, tu as pleurée sur la fin de mon chapitre =o Déjà elles se souviennent l'une de l'autre ! Maintenant, se retrouver c'est plus compliqué que prévu apriori ! Merci en tout cas et à bientôt j'espère !
Fannyolga : Merci beaucoup, en espérant que la suite te plaira !
Skippy1701 : Les retrouvailles sont explosives non ? =D Comme tu souhaitais !
Morgane : Hey ! Merci beaucoup alors, ça fait plaisir ! Je suis contente que les émotions ressortent et se ressentent :) Merci à toi et à bientôt !
M.L Casper : Hey ! Je suis contente de voir que tu as tout lu d'un coup et que mon rendu des personnages t'ait plu :) Merci beaucoup pour ta review en espérant avoir tes impressions pour la suite !
Amaguiz : Hey ! Oui ça y est tu es à jour ! Au moins tu as eu plus à lire d'un seul coup ! Je suis contente du petit effet nounours qu'a eu Lincoln sur le chapitre 9 ;) J'espère que ce chapitre-là t'a plu ! A bientôt !
DroDroV : Hey ! Hé oui tu es en retard mais j'ai l'impression que du coup tu continues à lire juste un chapitre par semaine ! Tu te refreines ? xD
Admiratif : Hey ! Merci beaucoup, c'est très gentil ! Je suis contente de voir que le rythme de mon histoire n'est pas trop rapide ou barbant ! J'aime beaucoup écrire avec humour mais je pense que ce dernier chapitre ne l'a pas franchement été ;)
Fanny : Hey ! Désolée du retard, j'espère que le chapitre t'a plu =)
