Chapitre 11

J'avais déjà reçu des râteaux auparavant (je sais, c'est extrêmement surprenant). Mais désormais, je pouvais monter celui-là au pinacle ! C'était bizarre de prendre un vent de la part de Ron Weasley. Je pense que j'étais vexée. Peut-être même furieuse. Contre moi-même et contre lui.

J'eu du mal à lui cacher ma déception mais son air inquisiteur me força à conserver une expression neutre. Bien sûr, il n'était pas totalement dupe et j'avais envie de lui arracher son froncement de sourcils. Qu'il arrête de prendre des pincettes inutiles.

« Ok, répondis-je en haussant les épaules.

— Ok ? interrogea-t-il avec désarroi. »

Je ne répondis pas. Il était idiot ou quoi ?

« Je suis d'accord avec toi, ça ne marcherait pas entre nous, repris-je. Alors autant continuer comme d'habitude et conserver une relation… professionnelle.

— J'aurais préféré que tu dises amicale, remarqua le roux. »

Ouais ben moi j'aurais préféré que tu partages mon attirance. Mais on ne peut pas tout avoir dans la vie mon cher Weasley.

« Reprenons là où est resté, le rassurai-je tout de même. »

Il avait l'air déçu. D'habitude, j'étais un peu plus obstinée mais je savais choisir mes combats et je ne pouvais décidément pas gagner celui-là. C'était déjà un miracle que je puisse être amie avec un Weasley, alors je n'allais pas tout foutre en l'air pour des questions hormonales. Je ne lui avais même pas demandé s'il avait quelqu'un dans sa vie. Peut-être que la place était prise. Et les histoires d'adultère et de maîtresse cachée, non merci. Je valais tellement mieux que d'être la personne dans l'ombre.

Je décidai donc de ne pas lui laisser le temps de poursuivre cette conversation malaisante.

« La liste avec les noms qu'on a trouvée chez Nicole, elle indique que toutes les personnes inscrites sont liées. »

L'expression sur son visage se durcit. Tout d'un coup, je n'étais plus dans les bras de Ron Weasley, je dansais dans ceux du chef des Aurors.

« Qu'est-ce qui vous lie ? interrogea-t-il.

— L'Accident de Copenhague, répondis-je. »

J'approchai mes lèvres contre son oreille pour que les autres ne nous entendent pas. Je ne fis pas attention aux frémissements qui le parcoururent.

« Nous pensons qu'il s'agissait d'un attentat. »

Sa prise sur ma taille se raffermit.

« Putain, jura-t-il entre ses dents. Ça complique tellement cette affaire. »

Il s'écarta de moi pour pouvoir me regarder à nouveau.

« On n'a pas encore réussi à retrouver Paige Taylor, avoua-t-il. Était-elle sur la liste ?

— Non, pas à ma connaissance. »

Paige était la sœur de Nicole. Cette dernière l'avait mentionnée avant d'être froidement assassinée dans une ruelle. J'avais demandé à Ron s'il pouvait se renseigner un peu plus sur elle. C'était un élément clé de notre enquête et il me fallait absolument mettre la main sur cette jeune femme.

« Je vais continuer à chercher de mon côté, assura-t-il.

— Et nous, on va aller rendre visite à certaines des victimes de l'accident, poursuivis-je. Je veux savoir ce qu'ils deviennent. »

Il acquiesça.

« Tu es sûre que ça va ? Ton affaire est liée à ton accident et…

— Je vais très bien, Weasley, le coupai-je. Ne t'inquiète pas, je sais me débrouiller. »

Au même moment, la chanson se termina et je me dégageai doucement de ses bras.

« Allons retrouver les autres, arguai-je en faisant un signe de tête vers nos amis. »

Il ne dit mot. J'avais envie de le frapper et je ne comprenais pas pourquoi je réagissais si brutalement. Bon sang, ce n'était qu'un homme après tout ! Il y en avait des milliers d'autres à New York. Drago m'observait bizarrement mais je fis comme si tout allait bien et entamai une discussion avec Tim. Je sentais le regard insistant de Ron mais je faisais semblant de ne rien remarquer. Je n'avais vraiment pas besoin de sa pitié.

« Je vais rentrer, déclara Drago. Tu veux que je te ramène Pansy ? »

J'hochai la tête. Je dis au revoir à tout le monde avant de m'emparer de la main de mon meilleur ami.

« Tu veux aller chez Malia ? souffla-t-il pour que seule moi puisse l'entendre.

— Oui, gémis-je. »

Il nous fit transplaner juste devant la petite maison de ville de la famille Nilsen. Drago avait un appartement à New York. Lui et Blaise séjournaient là-bas quand ils venaient me voir. Généralement, je prenais quelques bricoles chez moi et je passais plusieurs jours avec eux. Mais la visite de Drago était exceptionnelle. Il venait pour prêter main forte au Mediator et dans quelques jours, il partirait pour retrouver sa famille à lui.

« Tu t'es prise un vent, hein ? me questionna-t-il. »

Il n'y avait aucune moquerie dans sa voix. Généralement, Drago Malefoy ne rigolait pas avec les histoires de cœur. Surtout avec moi.

« Comment t'as deviné ? reniflai-je.

— Tu avais la même tronche la première fois que tu avais demandé à Theo de sortir avec toi, me rappela le blond. »

Encore un autre qui m'avait éconduite. Je fis une grimace. Mes meilleurs amis m'avaient vue dans des états déplorables. Mais ils avaient toujours été là pour me remettre sur les rails.

« Les hommes ont des goûts de chiotte, me plaignis-je. »

Il explosa de rire.

« Tu es de très mauvaise foi Pansy Parkinson, me sermonna-t-il en enroulant un bras autour de mes épaules. Si je n'étais pas marié et heureux en ménage, je te demanderais de m'épouser sur le champ.

— Tu dis ça pour me réconforter, contestai-je. Puis de toute façon, je ne voudrais pas me marier avec toi, blondinet. »

Il mit une main sur son torse en prenant un air blessé.

« Tu me brises le cœur, Parkinson, déplora-t-il. »

Je ris et Drago vint embrasser ma tempe.

« T'as intérêt à avoir un mec qui te fasse rire comme ça en permanence, admonesta-t-il. Ou je lui envoie Torie. Il ne fera pas le malin très longtemps. »

En effet, il se pisserait dessus devant Astoria Malefoy.

« Bonne nuit, Pansy, me sourit le maître de potion. Ne broie pas trop du noir, tu vaux mieux que ça : tu es le putain de Mediator du MACUSA. »

Sa confiance en moi me réchauffa le cœur. Je lui offris une étreinte avant de me diriger vers la porte d'entrée. Il y avait de la lumière dans le salon : Malia devait être encore en train de lire. Je toquai timidement à la porte. En pyjama, elle vint m'ouvrir, surprise de me trouver devant elle, en robe de soirée.

« Wow, Pansy tu es incroyablement belle, s'exclama-t-elle. »

Elle remarqua soudain mon expression.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? On dirait que tu viens de te faire larguer.

— C'est tout comme, marmonnai-je.

— Comment t'as deviné ? lança Drago un peu plus loin avec amusement.

— Oh bonsoir Drago, le salua-t-elle avec un grand sourire, pas étonnée de sa présence pour un sou.

— Salut Malia, lui sourit-il.

— Je le sais parce qu'elle toque toujours à ma porte quand ça va pas, lui apprit-elle. La dernière fois, c'est quand elle et Melissa se sont séparées. Elle avait du mascara qui avait coulé sur tout le visage et elle avait le nez qui coulait.

— Je vois l'image en effet, se moqua le blond.

— Non mais ça va oui ?! me révoltai-je. Je crois que vous devriez parler plus fort, les voisins ont pas tous bien entendu. »

Ils pouffèrent de rire.

Ces deux-là s'étaient toujours super bien entendus. Peut-être parce qu'il n'y avait jamais eu aucune autre fille dans la bande à part moi. Avec Blaise, qui était avocat, c'était un peu différent. Notre ami partait toujours en débat interminable avec Malia sur tel ou tel sujet. Le mouvement des droits civiques américains ? L'afro-féminisme ? Les mariages mixtes sorciers-Non-Maj' ? On avait droit à de longues discussions qui pouvaient durer des heures. Ensemble, ils étaient insupportablement brillants. Drago, moi et même Gustaf, avions l'air de gros incultes à côté.

« Je te la confie, lui dit le blond.

— Je m'occupe du colis, chef, promit la jolie métisse en posant ses mains sur mes épaules pour m'attirer à elle et m'offrir un câlin. »

J'entendis mon meilleur ami transplaner. Il avait préféré m'emmener à Malia parce qu'il savait que je me confierais avec plus de facilité à elle. En Angleterre, il m'aurait confiée à Luna. Les présences féminines m'apaisaient davantage. Rien qu'à l'odeur de son parfum, ma tension s'évanouit en quelques secondes.

« Allez viens, ma sorcière bien aimée, fit-elle en m'entrainant à l'intérieur. Malia va te préparer un petit thé anglais comme tu les aimes. »

Je souris devant son côté maternel. Parfois, quand je l'observais avec Hazel, j'avais l'impression de voir ma mère avec moi quand j'étais petite. Ma maman était quelqu'un de très aimant et je l'adorais. Elle était l'une des raisons qui me pousseraient à rentrer en Angleterre. Mais pour le moment, ça ne faisait pas partie de mes plans.

Gustaf et Malia avait une chambre d'ami qu'il avait nommée moqueusement Pansies' bedroom, la chambre des pensées. Dans les tons violets et clairs, on aurait dit qu'elle sortait tout droit d'un cottage anglais. Bien sûr, c'était ma chambre attribuée depuis qu'ils vivaient ici. J'y avais très peu séjourné mais j'aimais bien l'atmosphère. J'y dormais toujours comme un bébé ici. Surtout quand j'avais passé une soirée à garder Hazel et que la petite m'avait vidée de toute énergie.

Désormais en pyjama et sous ma couette, je sirotai mon th, broyant du noir comme jamais. Mais comment j'avais pu m'enticher un tant soit peu de Weasley ? Et seulement en quelques semaines ? Ce n'était pas comme si je l'avais eu en horreur toutes mes années d'études et que j'avais toujours espéré ne pas le revoir.

« Tu as l'air tellement déçu, lança soudain Malia. »

Je tournai les yeux vers elle. Elle se tenait dans l'embrasure de la porte.

« Je crois que je le suis un peu, avouai-je. Mais c'est sûrement une question d'ego qui en prend un coup.

— Tu ne supportes pas que les gens te résistent, hein ? s'amusa-t-elle en venant s'allonger avec moi. »

Je haussai les épaules, les pensées confuses. J'avais toujours réussi à avoir ce que je voulais vraiment avant mon accident : j'avais obtenu mon poste de journaliste en travaillant fort, j'avais réussi à construire les fondations d'un avenir radieux avec mon compagnon de l'époque et je réussissais à concilier ma vie personnelle avec tout le reste. Mais quand j'avais perdu mes pouvoirs, j'avais aussi vu s'envoler une part de moi que j'avais pu consolider pendant des années : ma confiance en moi. Contrairement à ce qu'on pouvait penser, la confiance en soi-même ne tombait pas du ciel. Je n'étais pas née avec et j'avais dû faire beaucoup d'efforts pour l'acquérir. D'ailleurs, mon entêtement n'y était pas pour rien dans le processus.

« Je ne sais pas, admis-je. Je pensais qu'il y avait quelque chose de spécial chez lui, mais je suppose qu'on n'a pas besoin d'être amants pour apprécier pleinement le personnage.

— Tu sais quelle est l'une de tes plus belles qualités, Pansy ? »

Je fis signe que non.

« Tu vois le bon dans chacun. Les gens finissent toujours par s'attacher à toi, répondit-elle. Toujours. D'une façon ou d'une autre, tu arrives à t'immiscer dans leur bulle pour leur permettre de faire de grandes choses. »

Je laissai échapper un rire sans joie.

« Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

— Tu as aidé pas mal de tes amis : Drago, Blaise, Theo, moi…

— Ce n'est pas pareil, soupirai-je. Je vous aime.

— Et tu aimes la communauté sorcière, remarqua la brune. Malgré ce qu'elle t'a fait endurer. Sinon, tu n'aurais jamais accepté le poste de Mediator. »

Je ne savais pas si c'était un élan de bravoure ou plutôt d'égoïsme. J'avais eu envie d'être réacceptée dans le monde magique malgré mon « handicap ». Et j'avais saisi la première occasion qui s'était présentée.

« Tu peux dormir avec moi ce soir ? demandai-je en chuchotant. »

Malia rit avant de se mettre sous la couette. Quand nous vivions ensemble, avant qu'elle ne se marie avec Gustaf, il nous arrivait de dormir ensemble pendant les coups de blues. J'avais toujours trouvé ça rassurant. Elle était comme une sœur pour moi.

Je posai ma tasse avant d'éteindre la petite lampe de chevet.

« Désolée de te priver d'une nuit de jambes en l'air avec Gus, m'excusai-je avec amusement. »

Elle pouffa de rire.

« Vu le sommeil profond dans lequel il est actuellement, je doute qu'on aurait pu faire quoi que ce soit, sourit-elle. »

Il travaillait dur en ce moment et sa librairie était bondée toute la journée. Pas un moment pour se reposer.

« Dis-lui que Pansy a ordonné qu'il dorme et qu'il se pose un peu, dis-je.

— Je te rappellerai ton propre conseil quand tu seras submergée par ton travail, Mediator, prévint-elle. »

Je souris. J'avais le don pour offrir des conseils aux gens que je ne suivais même pas moi-même.

« Qu'est-ce que dirait Pansy Parkinson à une amie éconduite par un homme et qui a besoin de réconfort ? m'enquis-je.

— Elle lui dirait sûrement que le mec a très mauvais goût et qu'elle n'a pas besoin de lui pour accomplir ce qu'elle veut, répondit-elle sans réfléchir. »

Oui, ça me ressemblait assez. Pour une fois, il valait mieux que j'écoute mes propres préconisations. Si Ronald Weasley voulait une relation professionnelle, alors il aurait une relation strictement professionnelle.


Le lendemain, je quittai la maison des Nilsen avec un objectif bien en tête : coincer le type qui nous en faisait voir des vertes et des pas mures. Je retrouvai mon équipe au MACUSA pour donner mes directives de la journée. J'étais ravie de pouvoir avoir un bureau personnel dans lequel nous pouvions poursuivre notre enquête. Merci Hortensia pour la petite attention !

Bien entendu, hormis les Aurors, les sorciers ne savaient pas encore que le Congrès Magique avait élu un nouveau Mediator. Et que le job, c'était moi qui l'avais. Après tout, ça faisait quand même un bon siècle que les Etats-Unis n'avaient pas eu de Mediator. Autant dire qu'il n'y avait pas plus révolutionnaire : une femme, ancienne sorcière, Anglaise et Serpentard, meilleure amie de Drago Malefoy. Franchement, je pouvais déjà voir les gros titres à la une du Fantôme de New York. Qu'ils essaient, j'étais prête.

« Salut la compagnie ! fit Tim, en arrivant le dernier. J'ai apporté des muffins ! »

A première vue, Tim n'avait absolument pas l'air d'un Auror. C'était peut-être ce qui le rendait redoutable : on ne s'attendait pas à ce qu'il sache se défendre et combattre.

Quincy, qui était arrivé en premier comme toujours, sourit en se servant un muffin.

« Il faut que tu déjeunes le matin, le grondai-je.

— Pas le temps, boss, s'excusa-t-il. C'est pour ça que Tim est là, il me nourrit. »

Je levai les yeux au ciel tandis que notre collègue gonflait fièrement le torse. On toqua à la porte et la tête blonde de Drago apparut dans l'encadrement.

« Bonjour, clama-t-il. J'ai laissé Allan Lloyd travailler sur la potion et je viens vous donner un coup de main. »

Il était habillé d'un costume noir et simple. Ses cheveux partaient dans tous les sens comme s'il n'avait pas eu le temps de les coiffer avant de partir de chez lui. Toutefois, lui et moi savions très bien combien de temps il avait passé à préparer ses cheveux…

Il vint s'asseoir à côté de Quincy qui lui offrit un des muffins rapportés par Tim. Je me levai, déposant ma tasse de café sur la table.

« Aujourd'hui, on va rendre une petite visite à Xin Jiang, déclarai-je. Pour rappel, c'est un reporter chinois qui était présent à Copenhague en 2004. Il est très connu en Chine mais on a de la chance car il réside à New York, sa femme étant américaine. J'ai envoyé un hibou ce matin et il m'a dit qu'on pouvait passer dans l'aprèm.

— Cool, souffla Quincy. Enfin une bonne nouvelle !

— Ron s'occupe des recherches concernant Paige Taylor, continuai-je. Je veux qu'on divise le groupe en deux pour aujourd'hui. Tim, tu restes avec moi et on va interroger Xin Jiang. Drago et Quincy, je vous demande de vous renseigner sur la mort de Dorothy Tamler. Ses parents habitent dans le Michigan, à Lansing. »

Dorothy Tamler était une des victimes inscrites sur la liste et c'était une ancienne camarade de la sœur de Quincy. Décédée deux ans auparavant, elle n'était pas une suspecte. Mais elle pouvait avoir laissé des indices derrière elle.

« Ça marche ! Quand est-ce qu'on décolle ? interrogea Quincy en se tournant vers mon meilleur ami.

— Disons, fit-il en regardant sa montre, dans un quart d'heures ?

— J'appelle ma femme et je vous rejoins à la salle de transplanage, répondit l'inspecteur. Je voudrais que vous portiez ça le temps de votre séjour ici, Drago. »

Il lui tendit deux badges : un de la NYPD et celui du MACUSA. S'il fut surpris, il n'en montra rien et apposa tranquillement les insignes sur son costume. Nous nous levâmes prêt à courir à nos missions respectives.

« Si vous avez le moindre problème, on se téléphone, indiquai-je. Il faut que j'aille prévenir Ron de notre programme. Les Aurors doivent se tenir prêt à intervenir en cas d'incident.

— Je viens avec toi, prévint Drago. Je rejoindrai Quincy juste après. »

Ses yeux gris étaient fermes. Je savais qu'il voulait surveiller le comportement du roux et je m'empêchai de soupirer d'agacement. J'étais assez grande pour me défendre, non ? Mais je ne négociai pas, sachant que lorsque Drago Malefoy avait une idée en tête, on ne pouvait pas le faire changer d'avis.

Dans les couloirs, nous croisâmes Quahog, en route pour une réunion avec son conseil. Il était entouré de plusieurs assistants, dont la majorité était des sorcières. Elles semblaient beaucoup apprécier ses plaisanteries. Il fallait dire qu'avec son bronzage, ses cheveux blonds et son allure tout droit sortie de Californie, il faisait tourner la tête de beaucoup de femmes

« Pansy ! sourit-il. Où allez-vous comme ça ?

— Faire un rapport à votre Chef des Aurors, Mr. le Président, informai-je calmement.

— Oh, lâcha-t-il. Je ne crains que Ron ait eu une urgence. Mais Greg Limus est encore à son bureau si jamais.

— Merci, Samuel, dis-je en le saluant d'un geste de tête. Bonne journée à vous tous. »

Je n'avais pas le temps de faire causette avec tout le bon monde du MACUSA et nous reprîmes donc notre marche en direction du bureau de Greg.

« Tu le trouves comment Quahog ? me demanda le blond.

— Efficace, dynamique et apprécié par ses pairs, convins-je.

— Non mais physiquement, précisa-t-il. »

Je lui lançai un regard létal.

« Je crois que Sam t'aime bien, fit Drago sans se démonter. Si tu tiens à sortir avec un beau mec du MACUSA, autant lui proposer un rencard à lui. »

Je savais qu'il plaisantait mais ça ne me faisait absolument pas rire. Surtout sachant la réputation de tombeur du président du Congrès.

« Ecoute, je viens de me prendre un râteau de la mort qui tue hier et franchement j'ai eu autre chose à penser qu'inviter Quahog à dîner avec moi ! lui lançai-je.

— Qui a osé repousser les avances d'un si charmant Mediator ? s'enquit soudain une voix suave. »

Nous nous stoppâmes dans notre élan avant de tourner les yeux vers l'individu appuyé sur le mur sombre à côté. Il portait un costume deux-pièces, plusieurs bagues à ses doigts et il avait des cheveux noirs et bouclés qui lui tombaient jusqu'en bas de la nuque. Il avait le teint hâlé et il était grand. C'était le plus bel homme que j'avais jamais vu. Ses yeux mordorés me dévisageaient sans complexe. Je sus dès le premier regard qu'il était dangereux et je me tins aussitôt sur mes gardes. A mes côtés, Tim semblait mal à l'aise mais pas inquiet.

« Mediator, voici Santiago dei Macciavelli, m'informa-t-il.

— Vous êtes un vampire, murmurai-je en détaillant sa façon de se mouvoir jusqu'à moi. »

Il se pencha pour m'offrir une gracieuse révérence.

« Oui, Ms. Parkinson, confirma-t-il. »

Les vampires n'avaient rien à voir avec ceux qu'on décrivait dans les livres de Moldu. Autrefois, les vampires étaient des sorciers. S'ils étaient différents, c'était parce qu'ils avaient été en contact avec un virus qui les avait privés de pouvoirs mais qui leur octroyait une force physique surhumaine et une longévité exceptionnelle. En contrepartie, ils se nourrissaient de sang humain. Ils pouvaient se reproduire mais préféraient rester en dehors des affaires des sorciers. Ils pouvaient se balader en plein jour sans soucis et se fondre dans la masse. Cependant, ils n'étaient pas immortels et j'étais persuadée que leur enfoncer un pieu dans le cœur les tuait comme tout le monde. Ils pouvaient mourir même s'ils étaient plus difficiles à tuer.

« Pour qui travaillez-vous ? demandai-je d'une voix neutre mais ferme.

— Mais pour vous, Mediator, répondit-il avec amusement. »

Je restai de marbre.

« Pardon ?

— Tim ne vous a rien dit ? s'étonna-t-il en baissant les yeux vers mon équipier. »

Je tournai un regard inquisiteur vers lui. Je pris soin de ne pas afficher de mine accusatrice. Déjà que les commentaires foireux de Drago Malefoy m'avaient énervée. La dernière chose que je voulais était de retourner ma colère contre lui.

« Tim ? l'interrogeai-je.

— Il avait abordé le fait qu'il voulait travailler avec nous et j'ai dit que j'en parlerais d'abord avec toi, expliqua-t-il. Mais on n'a pas eu l'occasion d'en discuter plus tôt. Et je ne m'attendais pas à ce qu'il débarque à l'improviste.

— Mille excuses, cher ami, fit mine d'en être désolé le vampire. »

Mon acolyte grommela quelque chose d'inaudible. Ils avaient l'air de bien se connaître. Je reportai mon attention sur le vampire.

« Santiago, c'est ça ?

— Tout à fait, Pansy, approuva-t-il avec cette politesse extrême qui me donnait envie de lui arracher les yeux. »

Auparavant, j'ignorais que les vampires m'insupporteraient autant. Du moins celui-ci.

« Qui peut vous recommander à nous ?

— Beaucoup de personnes haut placées, Ms., répondit-il.

— Et plus précisément ? »

On ne me la faisait pas à moi. La seule personne que j'avais acceptée sans ciller était Tim. Et seulement parce que Quincy me l'avait recommandé. Pour le moment, je n'avais jamais eu à regretter ce choix. Il n'avait pas l'air d'être agacé mon insistance.

« Samuel Quahog, Carla Morrison, Garance Puydoux, Edward Balafray et Ron Weasley, pour n'en citer que quelques-uns, nomma-t-il. »

Je n'en connaissais que deux dans la liste et malheureusement pour moi, ils pesaient sur la balance. Je soupirai avant d'avoir une idée.

« J'ai une mission pour vous, déclarai-je en le regardant droit dans les yeux. »

Je refusais de me laisser intimider par un mannequin d'une centaine d'année.

« Tout ce que vous voudrez, Mediator, susurra-t-il.

— Ce sera pour vous une façon de me montrer que vous pourrez être utile à mon équipe, risquai-je. Je veux que vous retrouviez Paige Taylor. Sa sœur a été assassinée il y a quelques jours et l'équipe des Aurors n'arrive pas à mettre la main sur elle. »

Au vu du sourire réjoui qu'il m'offrit, c'était comme si je lui avais demandé la tâche la plus facile au monde. Lui faire faire la vaisselle n'aurait pas pu lui faire autant plaisir.

« C'est comme si c'était fait, boss, souffla-t-il avant de s'éclipser en un battement de cil.

— Par Merlin, qu'est-ce qu'ils ont tous à m'appeler boss ? me plaignis-je blasée.

— C'est un peu ce que tu es pour nous, s'amusa Tim. »

Quand est-ce que cette journée allait se terminer ? Drago n'avait pas sorti une seule parole de tout notre entretien avec Santiago. Peut-être que lui rabattre le clapet l'avait rendu muet.

« Macciavelli comme Nicolas Machiavel ? demanda le blond en fronçant les sourcils.

— C'est un de ses descendants, approuva Tim.

— C'est bien ma veine, soupirai-je.

— Ne le sous-estime pas, me conseilla le sorcier. C'est un combattant redoutable et un fidèle employé du MACUSA. »

Je retenais cette information qui pourrait s'avérer être une aide précieuse. Après tout, je ne savais absolument pas ce qu'allaient nous réserver les prochains jours.

« Redoutable à quel point ?

— C'est le meilleur que je connaisse, Pansy, fit-il avec gravité.

— Bien, murmurai-je. Parce qu'on va avoir besoin des meilleurs dans cette affaire. »