La semaine était passé à une vitesse incroyable, et Stiles n'avait pas eu une minute à lui. Fort heureusement, il n'avait eu qu'un seul entraînement cette semaine, le coach ayant été indulgent face à la montagne de devoirs qu'ils avaient. Stiles n'étais pas allé traîner à la bibliothèque, et il avait seulement aperçu Derek de loin. Nous étions vendredi soir, et la meute avait rendez-vous chez Scott pour fêter les vacances. Scott avait également invité Derek, mais le brun avait vaguement marmonné qu'il passerait peut-être. Le plus jeune s'était fait la réflexion qu'il était très grognon depuis quelques jours.

Les jeunes avaient commandé des pizzas, et ils pouvaient faire autant de bruit qu'ils le souhaitaient puisque Melissa McCall avait, apparamment, un rendez-vous galant. Le jeune hyperactif était surexcité de voir tout le monde réuni, et Lydia avait décidé de l'emmener le lendemain au centre commercial pour qu'il s'achète une tenue pour le bal d'automne.

Sur les coups de 22h, une voiture noire s'arrêta devant chez Scott : c'était Derek. La meute était étonnée qu'il soit finalement venu. Il était vêtu de son éternelle veste en cuir et se dirigeait d'un pas leste vers la porte de la maison de Scott.

- Salut les louveteaux, fit-il en entrant, un léger sourire planant sur ses lèvres.

Tous étaient estomaqués de son comportement, et se lançaient des regards peu assurés.

- Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait à Derek Hale ? demanda Malia, sarcastique.

Le plus vieux attrapa une part de pizza et se laissa tomber sur un fauteuil.

- Ben quoi ? dit Derek, alors que les autres le dévisageaient toujours. Vous avez jamais vu quelqu'un manger une pizza ?

Les adolescents pouffèrent et reprirent leur conversation.

- Alors, Derek, commença Lydia, mielleuse. Tu viens au bal d'automne ?

- Euh… quelle drôle d'idée, jugea le brun, pris de court.

- Oh oui, allez viens ! le pressa sa sœur Cora.

- Oui, on y va tous : Scott avec Malia, Liam avec Cora, Isaac avec moi, et Stiles avec Théo, énuméra Lydia, satisfaite.

Derek écarquilla les yeux pendant une fraction de seconde, mais se reprit bien vite.

- Théo… ?

- Théo Raeken, précisa la rousse.

Le brun tourna lentement son regard vers Stiles, d'un air interrogatif, et le plus jeune lui fit un sourire un peu contrit.

- Ah ok, dit mollement Derek avant de reprendre une part de pizza.

Lydia fulminait. Sa stratégie ne fonctionnait pas !

- Oui, il avait l'air enchanté que tu lui proposes, n'est-ce pas Stiles ? rajouta-t-elle.

- O-ouais, murmura l'intéressé.

Sentant le malaise venir, Liam détourna la conversation. Ce que Lydia n'avait pas pu entendre, c'est que le coeur de Derek avait loupé un battement à cette annonce. Il garda le visage fermé pour le reste de la soirée, avant de proposer à Stiles de le ramener chez lui, ce qu'il accepta.

Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que Scott leur réservait une belle surprise pour le lendemain soir, enfin, surtout à Lydia.

Lorsqu'ils furent en train de rouler, Stiles se rendit rapidement compte que Derek ne se dirigeait pas du tout vers la maison Stilinski, et qu'il avait même pris l'autoroute.

- On va où ? demanda-t-il curieux.

- Dans un endroit que j'aime bien, répondit simplement Derek. Tu devrais dire à ton père que tu rentreras tard. Ou très tôt…

- Tu me kidnappes ? feignit de s'offusquer Stiles. Lydia va être furieuse demain matin, on devait aller au centre commercial.

Derek haussa les épaules, l'air de dire qu'il s'en fichait, avec un petit sourire en coin.

Stiles se sentait bien sur le siège passager, il faisait chaud dans la voiture, la musique était douce et agréable. C'était une belle soirée un peu fraîche, mais le ciel était dégagé, et Stiles pouvait voir les étoiles à travers le pare brise.

Stiles devenait de plus en plus curieux à mesure que Derek s'éloignait de Beacon Hills, trépignant presque. Il n'était pas du tout fatigué, et pourtant il était 23h passé.

Enfin, Derek prit la sortie d'autoroute et s'engagea sur une petite route. Au bout de quelques minutes, Stiles s'exclama, émerveillé :

- C'est l'océan !

Le brun acquiesça avant de détailler le jeune homme, autant qu'il le pouvait en conduisant.

Finalement, il se gara au bord d'une route de plage, avant d'annoncer :

- Voilà.

L'endroit était en effet très beau. C'était une toute petite plage de sable fin reculée dans une baie, ce qui était plutôt rare en Californie. Quelques palmiers bordaient la route, déserte.

Stiles et Derek sortirent de la voiture pour aller voir la mer de plus près. Le plus jeune toucha l'eau froide, et ne put s'empêcher d'asperger Derek, qui grogna.

Il s'assirent tous les deux sur le sable, contemplant la vue, jusqu'au moment où Stiles eut froid. En homme galant, Derek lui prêta sa veste.

Stiles n'en revenait d'avoir sur le dos la mythique veste en cuir du mythique – et très sexy – Derek Hale. Il soupira de bonheur, sentant l'odeur et la chaleur résiduelle du brun l'entourer.

Stiles engagea la conversation, et ils parlèrent de tout et de rien, du ciel, de musique, des cours, de poésie, de l'emploi de Derek.

Il était plus d'une heure du matin, et malgré la pizza, le ventre de Stiles se mit à gargouiller assez fortement dans le silence seulement troublé par le bruit des vagues.

- Allez viens, j'ai de la bouffe dans la voiture, dit Derek.

Stiles le regarda comme si c'était un Dieu vivant avant de sautiller vers la voiture.

- T'avais tout prévu ! Espèce de… de… galopin ! s'exclama Stiles, mort de rire de sa propre trouvaille.

Derek le regarda d'un air « tu veux jouer à ça ? » avant de proférer clairement :

- Sacripant !

- Fripouille !

- Foutriquet !

- Crapule !

- Cuistre !

Stiles ne se laissa pas démonter, s'approcha et lui fit à la figure, en détachant bien les syllabes :

- Gougnafier !

Derek ne put contenir son fou-rire en voyant l'hyperactif utiliser de tels mots. Ils finirent écroulés contre la voiture.

Lorsqu'ils se furent calmés, Derek alla chercher dans le coffre des chips, des donuts, une bouteille de soda, un sweat pour Stiles et une immense couverture bien chaude. Les yeux de Stiles brillaient, mais il rendit à regret sa veste à Derek pour enfiler le sweat. Ils s'installèrent dans la voiture, rabattant les dossiers des sièges, picorant des chips, jusqu'au moment où les yeux de Stiles commencèrent à se fermer. Derek arrêta de parler, et l'observa. Il voulait graver cette image dans son esprit à tout jamais. Le jeune homme lui faisait ressentir une explosion d'émotions, et ce depuis plusieurs semaines. Il avait eu très peur de le perdre à cause de Chris, et profitait d'autant plus de sa présence.

Derek ferma les yeux également, serein, se promettant de le réveiller lorsque le soleil se lèverait.

Quelques heures plus tard, l'astre apparut dans leur dos, illuminant la scène et les réveillant tous les deux. Leurs yeux papillonnèrent, et ils sourirent lorsqu'ils virent la bouille de l'autre encore dans le gaz.

- Bon matin, souffla Derek avec sa voix du matin.

Stiles lui rendit son salut, et ils regardèrent la mer, cette fois-ci en plein jour. C'était le deuxième lever de soleil auquel ils assistaient ensemble. Deuxième d'une longue série… j'espère.

Le paysage était tellement apaisant, le jeune homme ne pouvait s'empêcher de sourire.

Mais la fraîcheur du matin le rattrapa vite, et il grelotta malgré la couverture. Derek était bien embarrassé, lui n'avait presque jamais froid, et il n'avait pas pensé qu'il caillerait autant au bord de l'eau.

- Viens là si t'as froid, proposa-t-il finalement, un peu gêné, en lui faisant de la place sur son siège.

Le plus jeune accepta de bon coeur, se réfugiant contre Derek sous la couverture, puis il soupira de bien-être, alors que le brun le prenait dans ses bras.

Ils restèrent silencieux encore un moment, puis Stiles demanda :

- Dis, Derek, pourquoi tu m'as emmené ici ?

- Parce que je trouve que c'est un bel endroit.

- Non, mais je veux dire, pourquoi moi ?

Derek ne répondit pas de suite, cherchant ses mots, ne voulant pas trop en dévoiler d'un coup.

- Je… je sais pas. Je me voyais pas emmener quelqu'un d'autre.

Stiles sourit et se cala contre le torse du brun, satisfait de sa réponse.

- C'est un beau sujet de haiku.

- En effet, approuva Derek. Je te l'enverrai quand j'aurai réfléchi. Pour l'instant je veux juste… profiter, termina-t-il dans un souffle.

Quelques temps plus tard, Derek s'était arrêté à un diner pour qu'ils puissent prendre un petit déjeuner. Stiles avait commandé des pancakes et un chocolat chaud, et Derek des toasts et un café.

- Je sais pas comment tu fais pour boire ça, grimaça le jeune homme. C'est dégueulasse.

- Goûte.

Stiles s'exécuta de mauvaise grâce, et trouva que c'était finalement pas si mauvais, beaucoup moins fort que les minuscules tasses que s'enfilait son père.

- Ça va, j'aime bien en fait, avoua-t-il, avant de boire plusieurs gorgées de la boisson de Derek.

- Ehhh mon café ! s'offusqua le brun en riant.

Ils finirent leur petit déjeuner tranquillement, Stiles regardait l'océan au loin.

- T'avais jamais vu l'océan ? demanda Derek.

- Si, si, on y allait parfois quand j'étais petit. Mais depuis que ma mère est morte, papa n'a plus eu vraiment le temps ni l'envie de m'y emmener, se confia le plus jeune.

- On reviendra alors, promit le plus vieux. Je serais bien resté jusqu'à ce soir pour voir le coucher du soleil sur l'eau, mais il y a le bal.

Il roula des yeux d'un air agacé, ce qui fit rire Stiles.

- Tu viens alors ? En plus maintenant que tu travailles au lycée, t'es invité !

Derek fronça le nez.

- Allllllllllez, dis oui ! insista Stiles en faisant les yeux doux.

- Bon… d'accord. Mais pas toute la soirée, céda le brun.

Il ne pouvait décidément rien lui refuser. Il le dévorait des yeux, ne pouvant s'empêcher de sourire en le voyant dévorer ses pancakes au nutella. La lumière du matin caressait son visage fin constellé de grains de beauté. Ses yeux ambrés au soleil filtrés par un rideau de cils émurent profondément Derek. Il ne s'était jamais senti aussi bien depuis de nombreuses années, dans ce minuscule restaurant donnant sur la mer, devant un Stiles comblé.

N'importe quelle créature surnaturelle passant par là aurait pu assister au spectacle d'un lien qui se créait entre les deux jeunes hommes. Un fil invisible s'était déployé entre Derek et Stiles, et ils eurent tous les deux un sursaut en sentant cette nouveauté, ne sachant pas très bien ce qu'il s'était passé.