L'humeur de Harry n'avait fait que de remonter tout le reste du week-end, certainement le sentiment d'un devoir accomplit après que tous ces élèves aient placés leurs foi en lui et acceptés d'apprendre à se défendre. Mais surtout, et Hermione l'avait bien deviné, sa bonne humeur était due à la présence et le soutient que Cho Chang lui avait apporté, ainsi que le commentaire anodin qu'Hermione lui avait fait en rentrant au château après leurs sortie : « Cho ne t'as pas lâché du regard une seconde de toute la réunion. »
Hermione savait bien que ce petit commentaire avait boosté la confiance de Harry, et elle en était bien heureuse car cela lui permettait de tricoter tranquillement ses chapeaux et écharpes pour les elfes tout son dimanche sans aucun commentaire de Ron ou de Harry. Tandis qu'eux, avaient été surpris et presque effrayés de la soudaine bonne humeur de la brune dès leurs retrouvailles aux Trois Balais du samedi.
Mais tous ces élan de bonne humeur furent totalement écrasés après que, le lundi matin un nouveau décret de Dolores Ombrage avait été accroché au panneau d'affichage :
PAR ORDRE DE LA GRANDE INQUISITRICE DE POUDLARD
Toutes les organisations, associations, équipes, groupes, clubs d'élèves sont dissous à compter de ce jour.
Une organisation, association, équipe, groupe ou club se définit par le rassemblement à intervalles réguliers de trois élèves ou plus.
L'autorisation de former à nouveau de tels rassemblements doit être demandée à la Grande Inquisitrice (professeur Ombrage).
Aucune organisation, association, équipe, groupe ou club d'élèves ne peut exister sans l'approbation de la Grande Inquisitrice.
Tout élève fondateur ou membre d'une organisation, association, équipe, groupe ou club qui n'aurait pas été approuvé par la Grande Inquisitrice serait immédiatement renvoyé de l'école.
Les mesures ci-dessus sont prises conformément au décret d'éducation numéro vingt-quatre.
Signé : Dolores, Jane, Ombrage, Grande Inquisitrice
Hermione était déjà entrain de prendre son petit déjeuner dans la Grande Salle quand ses deux amis l'avaient rejoint, lui demandant si elle avait vu le nouveau décret. Mais vu la mine noire que tirait la jeune fille, Ron aurait pu s'abstenir de poser la question.
- Oui j'ai vu Ron. Dit-elle en feuilletant la Gazette du Sorcier comme chaque matin.
- Tu crois... que c'est une coïncidence ? Demanda Harry avec inquiétude.
Fred et George prenaient part à la conversation et même eux, avaient l'air plutôt sérieux.
- Non, ce n'est pas une coïncidence. Quelqu'un à dû lui rapporter notre petit réunion de samedi, dit-elle d'un air lourd.
- Mais qui ? Demanda George à voix basse.
- Tu penses que c'est ce petit idiot de Zacharias Smith ? continua Fred en cherchant l'accusé des yeux dans la Grande Salle, déjà prêt à agir.
Hermione y avait déjà tout réfléchit.
- Oh non ce n'est pas lui, dit Hermione en jetant un œil au blond tranquillement assit à la table de Poufsouffle. Et si c'était quelqu'un d'autre du groupe de samedi, nous le sauront bien assez tôt.
Fred et George s'étaient penchés vers Hermione, tout deux assit de chaque côtés d'elle, comme deux enfants soupçonnant leurs mère d'avoir acheté un ticket pour un parc d'attractions en douce.
- Hermione Granger... commença George d'une voix lourde de soupçons.
- Notre préfète préférée... continua Fred avec un grand sourire aux lèvres.
- Qu'est ce que vous avez manigancé ? Reprit George.
Hermione ne lança même pas un regard aux deux frères qui l'entouraient et qui lui mettaient une pression toute particulièrement en l'encerclant de leurs deux bras. Ni même à ses deux meilleurs amis qui la regardaient avec des yeux ronds, redoutant que la raison de sa bonne humeur du week-end ne se soit déjà plus qu'un lointain souvenir.
- Rien de spécial, j'ai simplement ensorcelé le parchemin sur lequel nous avons mit nos noms, pour sceller une sorte de pacte entre nous. Si la personne qui a fait fuiter l'information à Ombrage est une des personne qui était à la réunion de samedi et qui a signé le papier, et bien, disons que l'acné d'Éloïse Midgen ne passera que pour de ravissantes petites tâches de rousseurs en comparaison.
- C'est machiavélique Hermione ! S'extasia George qui s'était carrément relevé de stupeur.
- Je suis tellement fier de toi Mione ! Reprit Fred en encerclant Hermione de ses deux grands bras avant de se relever et de taper dans la main de son frère jumeaux.
- Tu viens de gagner ta place dans la confection des farces et attrapes Weasley !
Puis Fred et George passèrent plusieurs minutes à se féliciter gracieusement d'avoir réussit à élever si bien leurs petite Hermione, tandis que Hermione elle, ne pouvait s'empêcher de fulminer.
Drago Malefoy lui avait demandé ce qu'ils faisaient à la Tête de Sanglier ce samedi là. Il les avaient vu, et même si Hermione avait au fond d'elle un espoir que Malefoy n'avait rien à voir avec tout ça, elle devait être rationnelle, c'était une possibilité que ce soit lui, qui soit allé les dénoncer au professeur Ombrage.
- Mais Hermione, tu penses que quelqu'un aurait pu nous écouter au bar en cachette ? Demanda Harry visiblement inquiet.
- Je ne sais pas Harry, tous les gens de ce bar étaient encapuchonnés ou extrêmement bizarres, ça aurait pu être n'import qui.
Sur ces mots, Ron et Harry commencèrent une discussion animée concernant la personne qui aurait pu les écouter, dressant une liste de suspects passant du professeur Rogue jusqu'à Aragog.
Le cœur d'Hermione se tordit un peu en imaginant Malefoy sous une longue cape noir, écoutant les moindres détails de leurs réunions, et suivant ensuite Hermione chez Scribenpenne pour se moquer d'elle avant d'aller tout raconter au professeur Ombrage. Il devait s'être bien amusé, à la prendre pour une idiote, et elle était tombée dans son piège. Elle aurait dut s'en douter, le marché qu'ils avaient passé ne tenait pas en dehors de la salle des potions. Comme disait le dicton, trop bonne trop...
- Hermione, à quoi tu penses ? Demanda doucement Fred, se cachant avec elle derrière son grand exemplaire de la Gazette du Sorcier que Hermione faisait semblant de lire depuis plusieurs minutes.
- À Malefoy.
La mine de Fred s'était décomposée en un visage que Hermione n'avait jamais vu.
- Euh je veux dire, je pense au fait que c'est peut-être lui qui nous as écouté samedi ! Te fais pas d'idées bizarres... Je ne pense pas à Malefoy comme ça...
- Tu n'as pas besoin de t'expliquer Hermione, pouffa Fred dont toute la bonne humeur était revenue d'un coup. Mais je ne pense pas, George, Lee et moi on l'a croisé sur le chemin de la Tête de Sanglier, il se dirigeait vers l'auberge qui est au bout de la rue avec Parkinson...
- Ces petits coquins, glissa George en chuchotant accompagné d'un petit clin-d'oeil entendu avant de reprendre le fil de sa conversation avec Ron et Harry.
« Oh », c'est tout ce que Hermione réussit à répondre, avant de se tourner presque inconsciemment vers la table des Serpentards, accompagnée du regard de Fred, pour chercher le blond des yeux. Comme pour trouver une preuve que c'était faux, comme pour avoir la confirmation qu'ils se trompaient. Mais ce n'était pas le cas, Drago Malefoy était encore une fois assit avec Pansy Parkinson, elle ne pouvait s'empêcher de remarquer la proximité entre eux, et de se souvenirs ce que Drago lui avait confié la semaine passée, ils étaient promis l'un à l'autre. Une nouvelle fois, Hermione croisa le regard de Drago, qui devint directement très froid et presque bestial à la vue d'Hermione. Elle en ressentit un petit pincement au cœur qu'elle préféra oublier très vite, le remplaçant par de la haine.
Avant que Pansy Parkinson n'ait pu assener un geste obscène de la main vers les deux Gryffondor, Fred posa une main réconfortante sur l'épaule de Hermione et la fit se retourner.
- Ne fais pas attention à eux Hermione.
- Bien sûr que non.
Après ça, il fut impossible pour qui que ce soit de converser avec Hermione Granger. Autour d'elle il y avait comme une aura de haine qui gardait quiconque ayant un minimum de bon sens le plus loin possible d'elle. Elle avait rejoint avant tout le monde son premier cours de la journée, Histoire de la Magie, agrippant ses livres d'une poigne bien supérieure à la moyenne.
Mais Hermione elle même semblait plus perdue quant à la raison de sa soudaine mauvaise humeur que quiconque. Aucun de ses amis la rejoignant à la table n'osa poser de question, il fut même difficile pour Ron de s'asseoir à côté d'elle, de peur de s'attirer ses foudres par sa simple présence.
Elle était perdue, et pour la première fois de l'année, Hermione Granger avait du mal à prendre des notes pour son cours d'Histoire de la Magie, et le cours soporifique du professeur Binns n'y était pour rien –pour une fois–.
Elle ressentait en elle de la rage, mêlée à un sentiment... de trahison ? Pour quelle raison ? Mais Hermione Granger étant trop butée pour remettre en question ses sentiments, elle eut du mal à mettre un mot dessus ou même à chercher la raison exacte de ce qui la mettait dans cet état. Était-ce la possibilité que Malefoy ait été dénoncer au professeur Ombrage la réunion qu'ils avaient eu pour l'AD ? Ou même, le fait que Malefoy s'était certainement moqué d'elle lors de leurs petite entrevue à Scribenpenne ? Qu'il lui avait choisie une plume, et que elle aussi ? Et surtout, qu'elle avait été assez bête pour apprécier ce moment ? Alors, qu'en vérité quelques minutes avant de voir Hermione, Malefoy était dans une chambre d'hôtel avec Pansy Parkinson, faisant des choses « coquines » selon George ?
Était-ce le tout ? Hermione, pour une fois n'en savait rien, et si seulement cette fichue plume noire et argentée qu'elle tenait si furieusement n'était pas si... agréable ! Si seulement elle ne grattait pas parfaitement le parchemin, libérant juste ce qu'il fallait d'encre pour une écriture propre, qu'elle ne tenait pas si bien dans la main d'Hermione ! Si seulement, elle n'était pas si douce contre les lèvres de la jeune fille... Tout cela aurait été beaucoup plus facile. Ça aurait été beaucoup plus facile, si seulement Hermione avait une raison valable d'en vouloir à Drago Malefoy.
Mais en réalité, elle n'en avait pas, il ne lui devait rien, il ne lui devait pas fidélité, d'aucune manière que ce soit. Et au fond, la jeune fille le savait bien mais pourtant, c'était justement ça qui la contrariait tant.
Le double cours de potions de la matinée fut le plus difficile. Les gloussements incessant des Serpentards, et surtout de Pansy Parkinson avaient le dont d'exaspérer au plus haut point Hermione, qui avait presque du mal à préparer la potion demandée par le professeur Rogue. Ce dernier n'hésita pas à le faire remarquer.
- Quelque chose ne va pas Miss Granger ? Demanda Rogue, un petit rictus moqueur sur les lèvres. C'est extrêmement médiocre.
Un gloussement suraigu provenant de Pansy Parkinson s'éleva derrière elle.
- Si seulement il était possible que certains élèves daignent arrêter leurs ricanements incessants alors peut-être que je pourrais me concentrer sur ma potion... professeur.
- Êtes-vous entrain d'insinuer que je ne sais pas tenir ma classe, Miss Granger ? Dit Rogue d'un ton de défi. Cinq points en moins pour Gryffondor, et tâchez dorénavant savoir tenir votre langue, comme vous en aviez l'habitude. À moins que ce ne soit pas écrit dans votre livre ?
Sur ces mots, le professeur Rogue se tourna vivement d'un geste théâtrale, signe que la conversation était terminée. Et le gloussement sans fin de Pansy reprit de plus belle, malgré le fait que Hermione lui lança un de ses regards noirs dont elle connait si bien le secret. Hermione ne rata pas la vision d'un Malefoy arborant son implacable sourire en coin. La fin du cours sonna rapidement et Hermione fut la première à en sortir, n'attendant pas ses deux amis pour se diriger directement vers la salle commune de Gryffondor et de s'enfermer dans son dortoir, elle n'ira pas manger ce midi là.
Le cours de Défense Contre les Forces du Mal de l'après midi n'était pas là pour la consoler. Dolores Ombrage leur faisaient recopier une partie de leur exemplaire de Théorie des stratégies de défense magique par Wilbert Eskivdur. Tandis que le professeur Ombrage s'était installée tranquillement à son bureau, sirotant sa tasse de thé, regardant les élèves de son air dédaigneux tout en feuilletant un dossier de l'autre main. Dans le silence le plus total, Hermione eut rapidement finit de recopier son texte, et eut le temps de ruminer sur sa journée, sa mauvaise humeur était loin d'être totalement partie même si elle s'était un peu calmée. L'ambiance dans la salle de classe était lourde, entraînant l'assoupissement de la moitié des élèves sur leurs livres, et le bruit récurrent des plumes grattant le parchemin n'aidait à rien. Le soleil bas de fin de journée tapait sur les vitres poussiéreuses presque à l'horizontal amenant une atmosphère reposante dans la pièce. Mais la simple présence de Drago Malefoy dans la même classe était difficile à supporter, étant au premier rang, elle ne pouvait que l'imaginer, son sourire en coin plaqué sur le visage, fier de lui comme à son habitude, elle ne le supportait plus. Bientôt Hermione ressentit cette envie si pressante de se retourner, de le voir de ses propres yeux, de le regarder pour raviver sa haine.
La jeune fille tourna doucement sa tête vers la droite, et presque comme si ses yeux avaient toujours recherché sa présence, ils trouvèrent directement le blond. Presque affalé sur sa table, de l'autre coté de la classe. Ne copiant que par coupures de plusieurs minutes son texte d'une moue las, sa tête reposant dans la paume de sa main nonchalamment. De son autre main, il tenait la plume, rouge et dorée que Hermione lui avait choisit, la couleur semblait encore plus vive à la lueur du soleil, comme du sang, semblant presque se projeter sur son menton qu'il titillait du bout de sa plume, la faisant vagabonder sur son visage, errer sur sa peau cristalline.
Hermione ne pouvait détacher ses yeux de lui, comme si elle le voyait pour la première fois, suivant les mouvements lents et presque sensuels de sa plume des yeux. Lui faisant prendre conscience de chaque recoins de son visage qu'elle n'avait jamais réellement remarqué, ses longs cils, son petit nez en trompette, ses pommettes et elle eut la terrible et trop plaisante impression –ou irrépressible envie– d'être cette plume, comme si elle effleurait le garçon du bout de ses doigts. Délicatement, Drago passa sa plume sur sa joue d'une belle couleur blanche immaculée, jurant particulièrement avec sa couleur rouge si vive. Presque charnellement, la plume se dirigeait sur ses lèvres rougies, et s'y attarda quelques instants, dans des aller retours incessants sur sa lèvre entre-ouverte. Le jeune homme ferma les yeux un instant, titillant ses lèvres de sa plume et Hermione sentit un pincement étrange dans son ventre, qui la fit se retourner brusquement. Comme si elle venait d'apercevoir quelque chose d'intime.
Perturbée, ses joues en feu, son cœur battant plus fort qu'à l'ordinaire, son souffle étrangement lourd, Hermione se concentra sur ce qui se trouvait sur son bureau. Son parchemin emplit de son écriture fine, sa plume, noire et argentée, que Drago Malefoy lui avait choisit et qu'elle serrait dans sa main trop fort, comme si elle avait peur qu'elle s'échappe. La jeune fille souffla un grand coup, fermant les yeux comme pour reprendre l'emprise sur elle même. Et presque sans y penser, quasiment inconsciemment, la jeune fille fit balader sa propre plume sur sa joue.
Telle une caresse tendre qui la fit frissonner, qui la chatouillait. Le souffle plus court encore, elle fit balader la plume sur son menton, divagant vers ses lèvres, son corps entier semblait réagir à ce touché subtil. Que faisait-elle ? Elle tremblait presque, et quand la plume noire chatouilla ses lèvres, voletant sous le coup des difficiles respirations de la jeune fille, Hermione eut cette envie irrépressible d'amour, un amour tendre et passionné qui l'enveloppa toute entière.
Un peu honteuse, haletante à cette idée, elle se retourna à nouveau vers Drago Malefoy, sa peau blanche semblait presque briller là où le soleil de l'après-midi le touchait. Illuminant une partie de son visage, ses yeux étaient toujours fermés, comme s'il absorbait entièrement la chaleur du soleil contre sa peau. Il semblait si paisible. La jeune fille enfouit son visage dans ses bras sur la grande table en bois. Le soleil touchait somptueusement sa peau froide, caressait ses joues en feu, et réussit à la calmer un peu. Que lui arrivait-il ? Hermione se surprit à sourire, son regard divaguant dans le grand parc de Poudlard, où les rayons du soleil transperçaient difficilement la cime des arbres. Éclairant l'étendue du lac, faisant étinceler les petites vaguelettes qui arboraient sa surface, signe d'un petit vent qui caressait doucement l'eau.
L'eau et l'air, les mouvements brusques de l'un mouvait l'autre d'une façon si douce, et parfois l'un était si enragé qu'il forçait l'autre à se défouler violemment, impossible de ne faire qu'un et pourtant ils semblent se compléter si bien quand tout est simple et paisible. L'eau semblait calme et étincelante, comme le garçon assit de l'autre côté de la salle. Tout les séparaient d'une certaine façon. La jeune femme se surprit à se demander si un jour, ils arriveraient à se mettre sur la même longueur d'onde, si l'un arrêterait de se déferler sur l'autre, l'obligeant à se brusquer, à se rétracter. C'était comme si, à chaque pas en avant qu'ils faisaient, le lendemain quelque chose les ferait reculer violemment, les séparant encore bien plus qu'il ne s'étaient rapprochés. Hermione se releva sur sa chaise, un petit sourire presque mélancolique sur le visage, qu'est ce qu'ils pouvaient être idiot, se disait-elle. Et elle entreprit de reprendre sa lecture, l'esprit étrangement plus tranquille dorénavant. Comme si elle avait percé le secret de ce qui pouvait bien les arracher l'un à l'autre. Elle l'acceptait, c'était ainsi qu'ils étaient.
