Chapitre 12 Des Monstres ? Le mot est faible

- 18 novembre 1992 - Hôtel Intercontinental, Paris -

S'être réveillée pour la première fois aux côtés de Luc avait eut pour conséquence un certain stress d'Hermione qui au final s'était vu largement immodéré. Peut-être était-ce dû à l'effet qu'elle lui avait fait la veille mais elle avait craint qu'il ne soit au final comme Ron mais nulle caresse trop insistante n'eut lieu. À peine l'enlaçait-il tendrement se permettant néanmoins de lui effleurer le bras du bout des doigts et de l'embrasser en passant sa main dans ses cheveux une fois le matin venu. Elle avait été d'autant plus surprise qu'il lui laisse son intimité en se rendant de lui même, et sans invectives venant de la part d'Hermione, dans sa partie du logement pour se doucher et se changer.

Elle s'était ensuite installée dans sa salle à manger attendant son retour et ayant préparé quelque chose qui pourrait être utile à l'unité. Quand il était revenu et l'avait à nouveau embrassée, elle avait senti à nouveau cette odeur, ce doux mélange d'agrumes parsemé de cette touche mentholée, elle commençait même à adorer de plus en plus cette fragrance. Il avait avisé son activité avant de s'adresser à elle.

- Pas trop stressée ? lui avait-il demandé.

- Si énormément, avait-elle répondu.

- Puis je te demander ce que tu prépares ? avait-il alors demandé avec beaucoup d'intérêt.

- J'ai pensé que vous n'aviez pas de moyen de communication rapide, et j'ai pensé qu'ensorceler des bezants pour communiquer les uns avec les autres était une bonne idée.

- Une bonne idée ? C'est même génial... Continue comme ça et je vais tomber sous le charme.

- N'est-ce pas déjà le cas ?

- Si, avait-il fait avant de l'embrasser.

Par la suite, elle lui avait expliqué l'origine de cette idée : la marque des ténèbres. Puis elle lui avait expliqué avoir utilisé cette idée lors de sa cinquième année pour les gallions de l'armée de Dumbledore. Ceux-ci avaient encore une spécificité plus évoluée : elle permettait de choisir à quel autre bezant on envoyait le message. Luc était ébahi et plus tard l'équipe fut carrément aux anges, depuis près d'un an et demi, le service de recherche de leur ministère cherchait effectivement un moyen de communication rapide. Naturellement la complexité d'un sort protéiforme avait poussé le ministère à abandonner l'idée.

Par la suite, ils s'étaient préparés aux dernières touches de l'infiltration d'Hermione et Delphine. Celle-ci était désormais vêtue d'un tailleur pantalon noir et extrêmement simple. Hermione avait appris avant son départ que Luc serait posté dans la partie moldue de l'hôtel. Juste avant de partir, il lui avait assuré qu'il serait aux aguets et lui avait même effleuré le bout de ses doigts dans un petit geste tendre.

Hermione se trouvait, elle, actuellement dans la limousine de location, louée d'ailleurs par l'unité sur leurs deniers personnels afin de crédibiliser le personnage d'Agatha Doyle. Assise à l'intérieur, Hermione ne cessait de se remémorer son briefing sur le lieu de rencontre du Cercle du Livre Noir : l'InterContinental Paris le Grand. Cet hôtel, anciennement connu sous le nom de Grand Hôtel, est un hôtel de luxe, situé à côté de l'Opéra Garnier, plus précisément au deux rue Scribe et sur le boulevard des Capucines, au centre du neuvième arrondissement parisien. Le briefing avait été assez complet, lui précisant que sa construction avait eu lieu en dix-huit cent soixante et un pour l'exposition universelle qui aurait lieu six ans plus tard . Il aurait été inauguré par l'impératrice Eugénie. Cet hôtel avait à l'origine pour but d'accueillir essentiellement une clientèle étrangère et aisée. L'hôtel avait toujours été luxueux présentant toutes les dernières innovations diverses et variées qui hissaient cet hôtel parmis les plus modernes du monde. Elle savait surtout qu'elle devrait faire attention à l'affluence moldue souvent motivée par les boutiques luxueuses qui présentaient des produits à la mode moldue.

- Tu es parée, fit Delphine à côté d'elle.

- Oui... je pense.

- Non j'affirmais Hermione. Rassure toi, tu as bien mémorisé le plan.

- Tu crois?

- Vas y donne moi la description des niveaux.

- En sous-sols, les services de l'hôtel ; au rez-de-chaussée se trouvent des salons communs, les salles à manger, des fumoirs et des boutiques et la réception bien-sûr. Il y a des salons privés dans plusieurs étages et plus de quatre cents chambre.

- Bien... les sorties maintenant.

- L'entrée principale et sa cour d'honneur, il y a une verrière au troisième... non quatrième étage pour protéger des intempéries. Selon les photos il y a des colonnes digne des palais italiens. Puis en face à l'entrée, on accède à un perron. Il y a deux escaliers sur les côtés et des ascenseurs.

- Il y a quoi au bout?

- Une première pièce puis la salle à manger en hémicycle. Elle est conçue pour être transformée en salle de spectacle.

- Tu as mémorisé ce genre de détails ?

- Et encore je parle pas de la coupole vitrée et des lustres ni des milliers de girandoles.

- Ok ok... Et plus loin?

- Une cour de service pour l'éclairage du sous-sol et l'approvisionnement. La meilleure échappatoire si on ne peut pas transplanner.

- Ce qui sera peu probable vu leur clientèle.

- Y a quoi comme salles communes ?

- Des galeries, des salles de lecture et des salons.

- Sur quoi donnera ta suite ?

- Ben euh... l'Opéra Garnier, Jean sera posté dans la rue en faisant la manche. Coralie dans la voiture.

- Où sera Luc?

- Dans le café restaurant le Café de la paix. Au milieu des journalistes qui séjournent pour couvrir la première de demain à l'Opéra. Il est déjà sur place.

- Parfait, tu as tout mémorisé. N'oublie pas surtout, même avec tes bezants, aucun contact inutile.

- Je sais.

- Même avec Luc.

Hermione tourna brusquement la tête surprise, il va sans dire, et regarda Delphine à travers les verres fumés bleus.

- Pourquoi même avec Luc?

- Je l'ai vu en train d'effleurer ta main. Rien ne m'échappe... et le langage du corps encore moins.

- Je... je...

- Je ne dirai rien au capitaine. Vous vous amusez juste ou c'est plus que ça ?

- Je... euh...

- Hermione, je m'en moque mais c'est plutôt pour toi. Pas te déconcentrer de ta mission.

- C'est que le début... fit Hermione.

- Tu ne dois surtout pas t'inquiéter pour lui.

- Quoi?

- Pendant l'infiltration. Tu dois oublier tes proches. Il sait ce qu'il fait. Il est professionnel.

- Je sais...

Delphine se pencha alors amusée pour murmurer un:

- Je suis contente pour toi...

- Merci...

- Tant que vous faîtes rien sur mon bureau, fit Delphine avec un rire cristallin.

- Pff...

La voiture se gara et il était temps pour les deux femmes d'entrer dans leurs personnages : Agatha Doyle, sorcière hautaine et adepte de la cruauté ; et Griselda, son employée au style proche d'un Alfred Pennyworth de la culture moldue. Delphine descendit la première tenant la portière à Hermione. Celle-ci descendit de voiture et à peine un pas plus loin se tordit la cheville à cause des cuissardes à hauts talons.

" Saloperie de bottes, j'ai pas l'habitude d'être aussi perchée".

Elle vit le regard de Delphine et, perchée sur ses talons de quinze centimètres, apparût alors Agatha.

- Fichu moldus, incapable de faire quelque chose correctement...

D'un port altier et d'une démarche chaloupée un peu accentuée elle pénétra dans l'hôtel.

Hermione avança lentement, vérifiant qu'elle posait ses pieds correctement pour éviter de s'affaler sur le sol dans une position ridicule. Ses yeux cachés par les lunettes lui permirent de remarquer Luc, installé à une des tables du Café de la Paix, tapotant sa tempe d'un stylo doré, signal que c'était dégagé. Le savoir dans l'hôtel la rassurait et elle avança vers la réception. Elle choisit de s'adresser alors à la réceptionniste en forçant son accent anglais qu'elle avait pourtant gommé depuis un moment.

- Doyle... une suite, fit elle en imitant du mieux qu'elle pouvait Lucius Malefoy.

- Bien Mademoiselle Doyle, je vérifie, fit elle en tapotant sur un clavier.

Hermione appréciait cette technologie moldue qui permettait d'assouvir la soif de connaissance qui l'habitait toujours. Mais elle se concentra longuement pour reprendre son personnage. Elle se regarda les ongles d'une manière snobinarde en patientant.

- Et bien... il ne faut pas être pressée... L'hôtel perd de son efficacité.

- Veuillez nous en excuser Mademoiselle, le programme a été mis à jour récemment.

- Des excuses... les incompétents ont toujours des excuses.

Hermione se serait giflée elle même quand elle a vu le regard gêné et blessé de la réceptionniste qui, au vu de sa jeunesse était sans doute une étudiante qui travaillait pour payer ses études.

- Voilà la clef de votre chambre, fit la réceptionniste lui tendant.

- Griselda...

Delphine prit alors la clef en regardant Hermione qui était assez convaincante.

- Oh Mademoiselle Doyle, j'ai une note pour vous. Elle dit que la séance aura lieu au troisième dans une demi-heure. Voici une invitation.

- Parfait... Je suis pressée.

Nul ne savait comment mais l'unité avait réussi à obtenir une place pour le Cercle et sa vente aux enchères. La fameuse vente d'ailleurs, ils n'en connaissaient nullement le contenu et cela en serait l'inquiétude première.

Hermione et Delphine se rendirent alors dans la suite qu'elles occuperaient cette nuit. Cette suite était réellement sublime, d'un luxe qu'Hermione n'avait jamais vu. Delphine lança rapidement un specialis revello pour vérifier qu'il n'y avait aucune technique d'espionnage magique ou moldu et fit signe à Hermione que c'était sûr, comme ils l'avaient prévu.

- Pfiou... fit Hermione.

- Les incompétents ont toujours des excuses ? Pas mal du tout.

- La pauvre...

- Mais c'était parfait.

- Mouais... parfaitement dégueulasse surtout.

- Tu dois penser comme eux.

- Je sais. Tu crois qu'ils remarqueront que nous n'achetons rien?

- Qu'importe, les séances d'enchères sont juste des animations. Notre demande devra être faite directement à un responsable. Si tout se passe bien, nous obtiendrons une liste de spécialistes dès le lendemain. Et là nous pourrons demander pour Leblanc.

Elles patientèrent peu de temps avant de se rendre au salon privatif. Il y avait déjà trois gardes devant et Hermione ne réussit pas à deviner si des moldus étaient parmi eux.

- Votre autorisation Mademoiselle ?

- Mon autorisation ? fit Hermione. Pour qui me prenez vous?

- C'est la procédure...

- Griselda... autorisation, fit elle accompagnant sa phrase d'un geste dédaigneux.

Delphine sortit l'autorisation d'accès et elles purent pénétrer à l'intérieur du salon au milieu du panier de crabes, juste après que les gardes passèrent une baguette sur elles afin de vérifier qu'elle ne possédait nulle autre arme que leurs propres baguettes. Hermione avait cru qu'on ne leur laisserait pas et en fut surprise d'ailleurs.

Hermione observa la foule depuis derrière ses lunettes, elle était visiblement assez internationale et clairement pas constituée de gens biens. Elle avait l'impression de voir, à cause de leur comportement, une multitude de Drago Malefoy et de Pansy Parkinson, tous accompagnés de leur Vincent Crabbe et Grégory Goyle, en moins stupides et plus compétents visiblement. Ils semblaient tous de nationalités différentes mais sans doute étaient-ils tous versés dans les arts sombres. Hermione profita du buffet qui présentait des mets d'un goût exquis et vida d'un coup une flûte de champagne pour se calmer. En même temps, elle observait alors une femme d'une beauté qui semblait inégalable, aux courbes divines et au style clairement important. Elle portait une robe fine et très proche du corps, ne laissant visiblement que peu de place à l'imagination. Et elle transportait un calepin avec une plume à papote voletant à côté d'elle

- C'est Sofia Barzinni, fit Delphine avec stupéfaction.

- Qui est-ce? demanda Hermione.

- Une bienfaitrice... elle a ouvert plusieurs orphelinats pour moldus et sorciers, elle participe à pas mal d'oeuvre de bienfaisance et lutte pour l'égalité des droits.

- Qu'est ce qu'elle fait ici alors?

- Vu comment elle passe d'un convive à l'autre en notant des choses, je crois qu'il s'agit de notre hôte.

- Sérieusement ?

- Une image parfaite pour un reflet sombre.

La fameuse Sofia Barzinni s'approcha d'Hermione.

- Bonsoir, vous devez être une de nos nouvelles convives, fit Sofia Barzinni d'un ton assez snob.

- Tout à fait, j'en suis assez honorée, fit Hermione sur le même ton. Agatha Doyle, ajouta-t-elle alors en forçant son accent.

- Honorée également, vous été britannique ?

- Cela s'entend à ce point là ?

- Un petit accent sexy je dirais...

" Oulala... ça commence à déraper... reste concentrée Hermione... pense Agatha".

- Bien moins que votre robe, fit elle en la reluquant allègrement.

- Merci... Je viens vous importuner peut-être ?

- Nullement je dégustais quelques coupes.

- Parfait alors. Je venais déjà voir si vous désiriez être membre ou si c'était pour un contrat.

- Un contrat pour commencer, de son résultat en dépendra mon adhésion.

- Que recherchez vous? fit Sofia Barzinni, tapotant sa plume à papote.

- Des spécialistes en dissimulation.

- Quelques petits secrets honteux pour le nouveau gouvernement ? fit Barzinni avec un clin d'œil.

- Plutôt... des choses qu'on préfère réserver à un public initié.

- Je vois... nous avons quelques spécialistes. Une préférence sur l'origine ou le curriculum vitæ ?

- Très compétents. Le genre de professionnels qui gardent les secrets dans la mort.

- Cher... je préviens.

- Les fonds ne sont nullement un problème pour les Doyle, malgré ces nouvelles lois de ce ministre Shacklbolt, fit elle éructant presque le nom pour se donner de la consistance.

- Je comprends. Je vous recontacterai dès demain matin avec un petit listing d'adhérents. N'hésitez pas à profiter des services.

- Services?

- Oui nous avons de tout... pour satisfaire tous les besoins. Homme, femme, jeune, vieux, enfant, vierge et puceau, créatures magiques...

- Créatures magiques ? fit Hermione surprise.

Naturellement elle était surprise en plus du dégoût précédent sur le mot enfant.

- Oui, vous n'imaginez pas le nombre de sorcières qui aiment chevaucher du centaure. Les loups-garous et leurs bestialités sont aussi en bonne place. J'ai une préférence personnelle pour les sirènes, elles aiment aussi les piscines...

- Je vois.

- Et aucune crainte pour la discrétion, nous les soumettons tous à l'Imperium. Bons achats aux enchères, elles commenceront rapidement. Nous nous reverrons demain?

- Avec plaisir et je songerait à votre conseil.

- Les sirènes ? N'hésitez pas un seul instant.

Sofia Barzzini s'éloigna alors vaquant à ses occupations.

- Cela s'est passé simplement, fit Delphine.

- Des enfants... l'Imperium...

- Ce sont des monstres.

- Et le mot est faible.

- Dire qu'on en a pour un moment. Je me demande ce qu'il y a dans ces enchères.

- Je crains le pire.

- Au fait, si tu vois un bien qui attire l'attention, surenchérit.

- Quoi?

- Donne l'impression de participer mais uniquement quand il y a de l'intérêt comme ça tu ne gagneras pas.

- C'est noté.

- Mes chers invités, fit la voix de Sofia Barzinni accrue magiquement sans aucun doute, veuillez passez à la salle d'enchères, nous avons des produits rares aujourd'hui. Très très rares.

Hermione était installée à côté de sa domestique, Delphine en l'occurrence, observant les enchères. Cela avait surtout commencé simplement, par une main de la gloire. Puis quelques armes enchantées, dont une qui éveilla des soupçons chez Delphine : une technique pour incorporer des sortilèges à des munitions moldues, acte assez dangereux et dont Delphine mémorisa les fonctionnalités convaincue de retrouver cela dans la rue prochainement. Le tout pour durer plusieurs heures. Hermione avait tenté d'enchérir un peu mais observait attentivement le déroulement des enchères. Delphine lui avait conseillé cela car ils utiliseraient une pensine pour tenter malgré tout des poursuites contre les différents sorciers qui achèteraient des objets gravement délictueux. Mais les sommes dépensées étaient énormes. Hermione n'avait jamais entendu parler d'autant d'argent de toute sa vie.

- Parfait mes chers invités, cette séance d'enchères est surprenante n'est-il pas? Mais nous arrivons déjà à nos dernières pièces de choix.

Quelques applaudissements eurent lieu et Hermione suivit par souci de réalisme.

- Je crois que c'est là que cela va devenir glauque.

- J'en ai peur, fit Hermione.

- Allons y pour l'anté-penultième pièce. Voici un recueil de magie.

Hermione fut surprise, elle s'attendait plus à des armes que réellement à cela. Mais forcément si le contenu du livre était assez pointu, il allait intéresser. Hermione regrettait même de ne pas avoir d'argent.

- Ceci est le recueil d'une des fondatrices des Sorcières de Salem.

Un petit murmure résonna dans la salle, il était clair que cet objet valait une fortune et Hermione l'aurait bien voulu pour sa collection personnelle.

- Je vois que cela vous intéresse n'est-ce-pas ? Imaginez le contenu... Enchère de départ : QUINZE MILLE BEZANTS.

Hermione écarquilla les yeux, c'était une belle somme, c'est clair, des maisons valaient ce prix là. Et la vitesse de la vente allait être surprenante.

- Quinze mille.

- Dix-sept.

- Vingt.

- Trente.

- Cinquante.

- Deux cents mille.

Hermione tourna la tête rapidement, comme toute la salle en fait.

- Ho... le recueil risque de répartir en Amérique... Deux cents mille, qui dit mieux ? Personne ? Adjugé.

La pièce fut vendue à un américain donc.

- Ils se démerderont entre eux, fit Delphine.

- Ouais.

- Ensuite un petit bien d'Angleterre. Il aurait pû être notre tête d'affiche. Une fiole de sang... pas n'importe quel sang... celui d'un mage noir tombé assez récemment.

- Voldemort ? fit Hermione tout bas.

- Vous ne devinez pas? Il est mort devant l'école britannique... Ha ça y est... Naturellement je vous laisse deviner la difficulté à le récupérer et ce que l'on peut en faire.

- Qu'est-ce qu'on pourrait en faire ? demanda Hermione à Delphine.

- Des rituels principalement pour accroître son propre pouvoir.

Les enchères grimpèrent alors rapidement jusque trois cents cinquante mille bezants. Une menace pouvait ressurgir de cela mais Hermione ne sut nullement dans quel pays ce sang partirait. Déjà choquée et surprise, la suite allait être pire.

- Parfait, voici le clou de la soirée, l'objet que tous les collectionneurs désirent... la puissance à l'état pur. Et voici... Giselle.

Les rideaux derrière Sofia Barzinni tombèrent dévoilant une cage. À l'intérieur de cette cage, Hermione discernait une forme possédant des cheveux et recourbée sur elle même.

- C'est une enfant, fit elle choquée et dégoûtée.

- Garde ton calme.

Hermione essayait de se calmer mais elle nota alors que même Delphine serrait les poings de colère. Elle allait vendre une enfant. Hermione vit un des gardes forcer l'enfant à se lever et elle découvrit une petite fille noire liée par plusieurs entraves magiques pour la priver de ses pouvoirs.

- Je sais... c'est étrange non? Giselle a trois ans mes chéris. Et si vous voyez ces entraves je vous assure qu'elle sont nécessaires. Elle n'a que trois ans mais a déjà passé l'épreuve du Manger-Lwa. Elle domine les esprits et est même une Béké de talent. Une prêtresse vaudou pour les moins cultivé. Une prêtresse d'Ogoun Badagris, le Guerrier Sanglant.

Hermione avait lu des choses sur le Vaudou qui était loin de ce que les moldus imaginaient mais la magie dite voodist était bien plus compliquée que la magie avec baguette, mélange de rituels, de possessions et de sacrifice. Une magie rare et puissante mais dont les plus puissants adeptes étaient des légendes.

- Je conseillerais à son acquéreur de conserver les ligatures magiques tant que son dressage n'est pas terminé. Voulez vous savoir pourquoi ? Observez.

Un écran de projection descendit du plafond avant de projeter une vidéo de surveillance. La petite était dans une pièce mais sans aucune ligature, un homme la surveillant attentivement.

- Pour information, cet homme est un loup-garou et c'est le grand soir, fit Sofia Barzinni un sourire aux lèvres.

Hermione vit la vidéo s'accélérer et alors l'homme muta peu à peu effrayant l'enfant. Elle tenta de se défendre alors que la mutation n'était pas encore finie et visiblement elle griffa le loup-garou. Hermione avait peur pour la petite-fille même si elle allait désormais plus ou moins bien. Et alors quelque chose se passa. Alors que loup-garou totalement muté se jetait sur l'enfant, celui-ci se figea. Les cheveux de la fillette ondulèrent alors et quelque chose se mit à flotter dans l'air, des plumes noires, celle d'un corbeau sans doute. Et puis d'un coup, le corps et les membres du loup-garou se tordirent dans tous les sens comme un vulgaire jouet avant... d'exploser dans des gerbes sanglantes qui couvrirent l'enfant. Celle-ci se retourna vers la caméra, les yeux intégralement noirs et tendit les bras psalmodiant quelque chose, avant que tout n'explose dans la pièce.

- La maîtrise de Giselle après cela fut compliquée. Gardez les entraves, c'est un vrai conseil. Pour ceux qui n'ont nullement compris, Giselle a griffé son gardien, et disposant du sang de celui-ci, elle a fait ce qu'elle savait faire de mieux. Inconsciemment cependant... Bon revenons aux enchères : prix de départ deux cents mille bezants!

Hermione était en état de choc sur sa chaise, surtout quand la pauvre petite fut vendue pour trois millions.

Après une nuit où le sommeil fut plus que léger pour les deux inspectrices, même après un certain débriefing, elles en avaient besoin, elle attendaient impatiemment la suite. Hermione avait du mal à croire qu'ils allaient laisser cette enfant être emmenée sans aucune difficulté par des sorciers qui utiliseraient sans doute ses talents de la manière la plus efficace sans doute. Hermione faisait les cents pas en attendant la liste et de pouvoir poser des questions. À son plus grand étonnement, quand on frappa à la porte, et que Delphine alla ouvrir, ce fut Sofia Barzinni elle-même qui venait avec un dossier et un garde, garde à qui elle ordonna d'ailleurs de rester dehors.

- Installez vous, fit Hermione.

- Merci, fit celle-ci en déposant ses fiches.

- Je vais avoir le choix visiblement.

- Oui mais peut-être avez vous déjà des noms?

" Autant y aller directement..."

- On m'a parlé d'une certaine Isabelle Leblanc.

- Je vois...

Sofia Barzinni posa alors sa pile de fiches et regarda Hermione et Delphine avec un magnifique sourire en coin.

- Le Docteur Watson et le Lieutenant Hastings vont bien?

- Quoi?

Hermione fut surprise et sa couverture avait déjà volé en éclat. Delphine se préparait à dégainer quand Sofia leva les mains.

- Inutile chers agents de l'UMEC.

- Comment savez-vous ? fit Hermione en gardant son calme.

- La politesse conviendrait de dire merci pour l'invitation.

- C'était vous ?

- Et oui... J'ai des oreilles et des yeux partout.

- Vous savez ce que nous voulons alors?

- Oui, que je confirme ce que faisait Isabelle ? Elle était assez haut placée dans le Cercle. Sa mort m'attriste d'ailleurs.

" C'est dingue, j'ai dû mal à le croire."

- Mais le travail pour lequel elle avait été embauchée m'est malheureusement plutôt inconnu. Je sais juste que le sorcier qui s'en est pris à elle est extrêmement dangereux et selon les rumeurs semble ne pas user de baguette au premier abord.

- Quoi?

- Et il n'a pas finit de chercher ce qu'il recherche. La quantité de cadavres qu'il sème est supérieur à ce que vous pensez. Vous n'êtes restés que sur vos "cas particuliers".

- Il y en a beaucoup d'autres ? demanda Delphine.

- Oui mais il se contente de leur arracher la tête ou de leur briser la nuque, vos cas ont droit à un traitement différent.

- Vous sauriez ce qu'il cherche ? demanda Delphine.

Forcément, elles furent déçue de la réponse, qui s'avéra négative mais selon Sofia Barzinni digne des plus grands secrets de la magie noire. Mais Hermione désirait poser une question de plus, qui n'avait pas de lien avec l'affaire.

- Vous désirez me demander autre chose?

- L'enfant, où a-t-elle été envoyée ?

Hermione savait que cela ne servirait pas à grand chose de le savoir mais peut-être cela pourrait aider des enquêteurs. Mais ce fut plus qu'étonnée qu'elle entendit la réponse.

- Dans votre pays d'origine Miss Granger.

- Quoi? Comment savez-vous ?

- Vous avez assisté à l'enchère non? Le sang de Jedusor. Il était un de nos membres, enfin avant sa mort et son retour... tout ce spectacle.

- C'était une guerre.

- Oui oui, bref un de nos hommes le suivait, un animagus corvidé précisément. Et il nous a transmis ses souvenirs par pensine.

- À quoi cela servait il?

- À trouver des adhérents, de futurs professionnels et les recruter. Vous étiez sur ma liste personnelle.

- Moi? Mais pourquoi ?

- Votre instinct de survie, joli le coup du Duro sur une tapisserie. Mais vous êtes trop penchée.

- Trop penchée ?

- Vers la bonté bien-sûr. Je ne pense pas que ceci vous plairait énormément.

- Je ne suis pas un monstre.

- Moi non plus.

- Vous avez vendu une enfant !

- Une femme d'affaire, qui a du cœur.

- Ha oui en quoi?

- En vous laissant partir en vie vous et la Lieutenante Albin.

- Vous savez aussi qui je suis.

- J'ai des fiches sur chaque membre de l'UMEC. Ne vous en faites pas, la suite est payée et vous pouvez partir. Mais attrapez ce tueur.

- Nous comptons le faire, fit Hermione.

- Il élimine un peu de trop de spécialistes... Je commence à avoir des complications à maîtriser le Cercle. Ils vont finir par envoyer des professionnels à ses trousses. L'UMEC risque de se retrouver entre deux feux.

Delphine fit signe à Hermione de sortir de la suite mais avant de passer la porte, Sofia Barzinni s'adressa à elle une dernière fois.

- Au fait Granger.

- Quoi? fit Hermione mauvaise.

- Si vous cherchez du travail, frappez à ma porte.

- Plutôt crever.

- Ça risque d'arriver rapidement si vous ne faites pas attention.

Hermione et Delphine quittèrent alors l'hôtel. Hermione tremblait même, concluant que depuis son arrivée en France, l'unité était en danger car Le Cercle savait qui elle était. Et elle savait où avait été envoyée la petite prêtresse vaudou.

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Katymyny: je précise que je n'ai pas vécu à Paris surtout mais j'essaye de le faire vivre bonne lecture. Bonne réflexion pour le surnom lol

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