Hey,
Un énorme merci pour vos reviews, vos lectures.
Merci au guest de me laisser votre ressentie sur chaque chapitre.
Merci Delicity de ta présence et tes encouragements.
Bonne lecture.
Oliver monta au grenier de sa maison pour y trouver ce dont il aurait besoin pour le camping. Sans surprise tout était là. Il hésita un long moment à prendre la tente puis finalement la laissa là. Elle serait de toute façon bien trop grande pour lui seul. Son sac de couchage semblait encore en très bon état, de même que le matelas gonflable. Il descendit son package au rez-de-chaussée, gonfla le matelas afin de s'assurer qu'il n'y avait pas de fuite puis ensuite il plaça le tout dans la voiture.
Il embarqua également la glacière qu'il avait chargé de boissons et de salades qu'il partagerait avec les autres convives au moment du barbecue. Il rajouta un pain de glace. Il fallait que le tout reste bien au frais surtout qu'il allait finalement voir le match complet de Lucas. Mia l'avait appelé le vendredi matin au réveil pour lui dire qu'elle irait finalement avec John. Que c'était mieux de cette façon et que ça lui éviterait de faire trop de route. Il lui avait assuré qu'il pouvait le faire, que ça ne le gênait pas mais sa fille lui avait seulement fait promettre qu'il viendrait après le match de son petit frère.
Il inspecta la maison, vérifiant qu'il n'avait rien oublié. Il activa l'alarme, puis monta dans son SUV en direction du terrain de football de Starling. C'était l'avant dernier match de la saison et il savait que l'équipe de son fils était sous pression. Si elle gagnait ce match, l'équipe évoluerait dans un championnat supérieur l'an prochain. Lorsqu'il arriva sur le parking il vit que Felicity était déjà arrivée. Il se stationna à côté de sa voiture qui était à l'ombre. C'était parfait.
Il parcourut rapidement les mètres le séparant du terrain. Les petits étaient déjà en train de s'échauffer. Il fut un peu déçu, il aurait voulu encourager son fils avant que le coup d'envoi ne soit donné. Il repéra Felicity assise dans les gradins. Un sourire fleurit sur ses lèvres en la voyant. Elle était supportrice de l'équipe jusqu'au bout, portant leurs couleurs. Par contre son sourire s'estompa rapidement quand il vit qu'elle était entourée des papas des autres joueurs. Elle discutait et riait avec eux et ça lui fit quelque chose de la voir ainsi avec d'autres hommes. Il aurait voulu s'asseoir à ses côtés, mais malheureusement il n'y avait plus de place. Il gravit tout de même les marches, il y avait de la place sur la rangée de dessus. Il ne serait pas à ses côtés mais au-dessus d'elle.
-Queen ! Ça alors c'est une surprise !
Les autres papas se retournèrent à l'exclamation de Nick le papa de Léo. Tous le saluèrent
-Tu nous avais caché que monsieur serait là !
L'un d'eux donna un coup d'épaule à Felicity tout en lui parlant, ce qui fit monter la jalousie d'Oliver. Il connaissait très bien Max Fuller. Il était divorcé depuis trois ans maintenant, et cherchait à refaire sa vie. Il était hors de question que ce crétin lui pique sa femme.
-Bonjour, Max. Elle n'en savait rien. Je voulais lui faire une surprise.
-Pour une surprise s'en est une. Tu as enfin quitté ton bureau pour le grand air. Tu as eu raison. Ça va être un sacré match.
Nick lui donna une tape dans l'épaule. Il semblait heureux de le voir. Oliver serra toutes les mains qui se présentèrent devant lui, puis déposa un baiser dans les cheveux de Felicity. Elle releva le visage vers lui et lui fit un petit sourire.
-Est-ce que tu veux que je t'apporte quelque chose avant que le match commence ?
-Non merci. Ça ira. Les gars s'en sont occupés.
-Oh... d'accord. Je... je serai au-dessus, si jamais tu as besoin n'hésite pas.
Il s'installa sur son siège après avoir été se chercher une bière bien fraîche. Le stade était plein. Bon il ne pouvait pas accueillir beaucoup de spectateurs, une centaine mais ça n'empêchait pas que le monde se soit déplacé pour le match des poussins. Il y avait encore deux sièges de libre à côté du sien. Il espérait que personne ne viendrait le déranger, mais en vain, pas moins de deux minutes plus tard deux femmes vinrent s'asseoir à ses côtés non sans s'extasier d'être assises à côté du maire.
Elles n'arrêtèrent pas de jacasser avant le début du match, lui procurant un début de migraine. L'une d'elle lui demanda même s'il pouvait prendre des dispositions sur son quartier. Ce à quoi il répondit qu'il était en week-end et qu'il ne voulait pas entendre les plaidoiries des citoyens. Ça devrait attendre lundi. Elle semblait un peu déçue de sa répartie, mais il était là pour voir le match, et non pour parler travail. Ce temps-là était révolu même si c'était vrai qu'il fût un temps, il aurait été intéressé par les demandes et aurait écouté attentivement chaque requête.
Felicity se sentait mal à l'aise avec les papas autour d'elle. Pourtant elle ne faisait rien de mal et surtout elle était habituée. Mais avec Oliver au-dessus d'elle, la regardant, elle n'était pas du tout à l'aise et ne savait pas quel comportement adopter. Elle avait vu le regard que leur avait porté Oliver un peu plus tôt. Et si Max était toujours en vie c'était bien parce que son mari n'était pas un assassin. Elle n'aspirait qu'à une chose, que le match commence et rapidement.
Elle regarda sa montre. Plus que dix minutes avant le coup d'envoi. Autrement dit une éternité dans sa position. Elle prit une gorgée de son soda et envoya un message à Lila pour faire passer le temps mais bien sûr celle-ci ne lui répondit pas alors elle tendit l'oreille pour voir de quoi discutait le groupe au-dessus d'elle. Les deux femmes arrivées plus tôt venaient de se faire rembarrer par Oliver. Wow ça c'était une première qu'il ne s'intéresse pas aux maux de ses citoyens. Quand Mia disait que son père faisait des efforts, elle ne rigolait pas. Max son voisin posa une main sur son épaule et se pencha vers elle.
-Est-ce que tout va bien Felicity ? Je te sens un peu tendue !
Elle se crispa à ce geste. Jamais Max n'avait eu de gestes déplacés envers elle. Enfin celui-là ne l'était pas, il ne touchait que son épaule, mais ça n'empêchait pas qu'il la touchait quand même. Elle posa sa main sur la sienne et la chassa avec gentillesse.
-Tout va bien Max. Je suis juste stressée pour l'équipe.
Elle ne mentait pas, c'était en partie vraie. Elle avait attrapé mal au ventre juste avant d'emmener Lucas au stade, ayant peur que l'équipe n'arrive pas à gagner ce match. Elle savait que si cela venait à arriver Lucas serait inconsolable. La tête d'Oliver vint s'interposer entre eux.
-Fuller, tu touches encore une fois ma femme et t'auras à faire à moi.
-Wow ! Doucement mec. Je m'assurais juste qu'elle allait bien.
-Elle va bien, alors fiche lui la paix.
Felicity haussa les yeux au ciel. Elle n'aimait pas du tout qu'Oliver se mêle de ça. Elle avait toujours su gérer les hommes un peu trop insistants seule, et n'avait jamais eu besoin de lui pour les éconduire. Ceci dit, elle se tue. Elle lui en ferait part plus tard. Elle n'allait pas faire une scène au milieu de tous ces inconnus.
Les garçons se mirent enfin en place et le coup de sifflet retentit. C'était le moment. Felicity était une sacrée supportrice, elle encourageait chaque porteur de balle, et chaque fois que Lucas avait le ballon, elle lui hurlait qu'il pouvait avancer ou devait le passer. Oliver ne l'avait jamais vue de cette façon. Elle ne tenait absolument pas en place, se levant et se rasseyant sans cesse.
Au premier but que mit Lucas elle explosa de joie, sautant et hurlant. Elle n'était pas la seule à être euphorique, mais Oliver n'avait d'yeux que pour elle. À la mi-temps, l'équipe était menée 3-1. Les gamins n'avaient pas trop mal joué mais il leur manquait un petit quelque chose. Les actions étaient toujours bien menées mais Lucas n'arrivait jamais à percer la défense qui était très solide. Pourtant son petit garçon essayait. Felicity descendit les marches avec une rapidité déconcertante. Elle s'était levée et l'instant d'après elle était déjà au bas des marches, courant vers Lucas.
-Hé mon champion, ça va
-On perd maman...alors non ça ne va pas.
-Je me doute chaton mais écoute-moi, tu vas le gagner ce match d'accord. Je le sais, je le sens au fond de moi. Tu vas arriver à passer. J'en suis certaine.
-Mais il court tous plus vite que moi. Je ne suis pas flash moi.
Felicity rit de sa répartie. En ce moment il passait une vieille série à la télévision. Un gars vêtu de rouge qui courait à une vitesse impressionnante.
-Je le sais, mais tu es Lucas Queen. Le meilleur attaquant de cette équipe. Puis tu as vu. Elle montra les tribunes du doigt. Papa est là chaton. Il a tenu sa promesse.
Lucas regarda dans la direction que lui indiquait sa mère et fit un signe à son père
-Queen ! Au vestiaire !
-Vas-y champion. Et n'oublie pas. Je crois en toi.
Elle embrassa le haut de sa tête et le laissa rejoindre les autres en trottinant. Elle était tellement fière, et croyait en lui de toutes ses forces. Elle savait qu'il n'avait pas encore montré de quoi il était vraiment capable. Il n'avait pas donné le meilleur de lui-même et elle espérait que la seconde période serait meilleure.
Le coup de sifflet final retentit dans le stade et le public se leva pour applaudir l'équipe de Starling qui était revenue dans le match et avait fini par gagner. Six buts à trois. Lucas s'était réveillé et avait marqué cinq buts. Il avait dribblé ses adversaires comme jamais. Il avait donné des coups d'épaules, avait taclé proprement pour récupérer les balles hautes. Bref il avait montré de quoi il était capable et maintenant il virevoltait au-dessus de ses coéquipiers qui venait de le soulever et scandait son nom.
Le petit garçon riait à gorge déployée. Il avait réussi. Sa mère avait eu raison de croire en lui. Il avait mené l'équipe à la victoire, la poussant en première place, les faisant gagner le championnat. Même s'il perdait le match suivant, avec le nombre de point qu'ils avaient, ils étaient sûrs de passer.
Oliver descendit la tribune. Il n'avait qu'une envie prendre son fils dans ses bras et lui dire à quel point il était fier de ses performances. Il joua un peu des coudes pour passer puis il le trouva enfin dans les bras de sa mère. Il la bombardait de bisous, heureux.
-Tu me l'avais dit maman.
-Je le savais Lucas. C'est toi le meilleur mon chaton.
-Papa !
Il se détacha de sa mère et se jeta sur son père.
-Tu as vu ça ? Le plus beau match de ma vie.
Oliver rit à ça. Sa vie ne faisait que commencer. Des supers matchs il en ferait encore beaucoup vu le niveau qu'il avait.
-J'ai vu ça champion. Six buts. C'est super.
-Monsieur Queen. Une photo avec la star du jour ?
Un journaliste s'approcha d'eux, appareil en main. Oliver ne refusa pas. Il posa avec son fils avec fierté. Mais il stoppa le journaliste avant que celui-ci ne prenne la photo.
-Ma femme est là aussi. C'est elle qui emmène Lucas à ses entraînements depuis des années maintenant, ce serait normal qu'elle soit aussi sur la photo.
-Oui bien sûr. Je ne l'avais pas vue.
Le journaliste s'excusa. Il voulait juste une photo du champion et du maire de la ville mais il n'insista pas sur ce point. Il ne voulait pas le froisser alors il accepta que sa femme soit sur la photo.
-Felicity !
Il la chercha des yeux et la trouva un peu plus loin, discutant avec d'autres parents.
-Felicity. Un journaliste veut nous prendre en photo avec Lucas.
-Oh. J'arrive.
Oliver passa un bras autour de son épaule et la ramena contre lui. Ce qu'il ressentit à cet instant était indescriptible. Un sentiment de plénitude et de bien-être l'envahit et il aurait voulu la garder contre lui plus longtemps que ces vingt secondes que dura la photo. Il avait l'impression que ça faisait une éternité qu'il ne l'avait pas touchée. Elle lui manquait jusque dans ses chairs.
Felicity s'écarta dès que le journaliste laissa tomber son appareil photo. Elle fit un pas de côté pour s'éloigner d'Oliver. Elle n'avait plus été aussi proche de lui depuis des mois si elle ne comptait pas les fois où ils avaient été intimes. Ils étaient là, côte à côte ne se parlant pas. Si les personnes autour d'eux n'avaient pas été aussi heureuses de l'issu du match, ils auraient vite remarqué qu'il y avait un malaise entre eux. Personne n'était au courant de leur situation, excepté John. Mia et Lucas avaient assuré leur mère qu'ils n'avaient parlé de leur séparation à personne. Pas même à leurs amis. Aucun d'eux ne voulaient que ça se sache. Ils espéraient trop que tout redevienne à la normale rapidement. Et l'exprimer à voix haute rendait les choses trop réelles selon eux.
Ils patientèrent sur le côté, le temps que Lucas revienne avec ses affaires. Il sortit du vestiaire quinze minutes plus tard, habillé. Ses lacets n'étaient pas faits ce qui n'étonna pas Felicity. Il savait pourtant les faire, mais il préférait que ce soit sa mère qui s'en charge. Selon lui ses chaussures tenaient mieux quand c'était elle qui s'occupait du laçage. Elle se baissa quand il se pointa devant elle et laça ses chaussures. Elle se redressa prête à y aller mais un vertige la saisit. Elle vacilla et s'accrocha à la clôture pour ne pas tomber. Oliver vit qu'elle n'était pas bien et la tînt par la taille pour la stabiliser.
-Felicity ! Ça va ?
-Oui... j'ai de me relever trop vite.
-Tu es sûre ? Tu es pâle.
Elle inspira et expira. Non, elle n'était pas sûre. Elle voyait tout tourner et se sentait faible. Ça ne lui était jamais arrivé.
-Tu devrais t'asseoir.
Il l'aida à descendre sur la pelouse. Elle plaqua son dos contre grillage et posa sa tête entre ses jambes.
-Lucas. Tu restes avec maman le temps que j'aille lui chercher une boisson sucrée d'accord ?
-J'en ai une dans mon sac papa.
Lucas fit tomber son sac sur le sol et l'ouvrit avec précipitation. Il en vida le contenu et l'éparpilla jusqu'à trouver la petite boite de jus de fruit. Oliver s'en saisit, perça le trou avec la paille et la donna à Felicity qui la prit d'une main tremblante. Elle but quelques gorgées, mais ça ne lui fit rien. Elle se sentait toujours aussi faible et un mal de tête commença à lui vriller les tempes. Elle posa le briquette sur le sol et se les massa. Que lui arrivait-il ? Elle avait été bien toute la journée. Peut-être le stress de ce match qui était retombé. Elle espérait que ce soit la cause de ce malaise. Oliver était agenouillé devant elle, les mains sur ses genoux. Il la regardait avec un mélange de douceur et d'angoisse. Il se faisait du souci pour elle.
-Tu as mal à la tête ?
Elle lui fit un signe de tête positif. Elle avait l'impression que sa tête était enserrée dans un étau. C'était horrible et surtout ça ne lui était jamais arrivé auparavant.
-Tu es peut-être déshydratée. Tiens, finit là.
Elle prit la briquette et la termina. Elle était sûre d'une chose c'est qu'elle n'était pas déshydratée contrairement à ce que pensait Oliver. Elle avait bu deux sodas durant le match plus une petite bouteille d'eau.
-Comment tu te sens maman ?
-Pas vraiment bien chaton.
-On ne pourra pas aller au camping alors ?
-Si, bien sûr qu'on va y aller. Ta sœur nous attend. Laisse-moi juste quelques minutes Lucas.
-Je ne te laisse pas conduire dans cet état Felicity. Vous allez monter avec moi.
-Non. Ça va aller Oliver. Je peux conduire.
Le pouvait-elle ? Elle n'en savait fichtrement rien mais elle ne voulait pas passer une heure trente en voiture avec Oliver.
-Hors de question que je te laisse prendre le volant dans cet état Felicity. Ça serait inconscient.
-Papa a raison maman. C'est dangereux. Tu peux te lever maintenant car les gens commencent à nous regarder.
Lucas n'était pas un gamin timide mais il détestait tout de même attirer l'attention sur lui. Plus tôt lorsque ses amis l'avaient porté et scandé son nom pour célébrer leur victoire, il avait laissé sa joie exploser avec eux, mais maintenant que la pression de ce match était retombée, il détestait être au cœur de l'attention.
Felicity releva la tête et vit que son fils avait raison. Beaucoup de regards étaient braqués sur eux, les fixant. C'était gênant. Oliver lui tendit une main qu'elle prit, puis il l'aida à se relever. Elle semblait stable, la sensation de vertige avait disparu, seul son mal de tête persistait. C'était déjà un bon point.
Lucas vérifia qu'il n'avait rien oublié sur le sol puis ferma son sac. Il prit la briquette vide puis la jeta dans l'une des poubelles qui se trouvait autour du stade.
-Alors maman ?
-Ça va chaton. On peut y aller.
Lucas lui donna la main tandis qu'Oliver resta près d'elle ne la touchant pas même si ça le démangeait. Il avait envie de passer un bras autour de ses épaules et de la ramener contre lui. Le trajet jusqu'au parking se passa sans incident.
-Je vais transférer tes affaires dans le SUV.
-Je peux conduire Oliver. Je t'assure. Je vais mieux.
-Écoute, peut-être que tu te sens mieux mais ce n'est pas prudent Felicity. Le trajet est long, les routes sinueuses avec des ravins de chaque côté. C'est dangereux.
Felicity était d'accord avec lui sur tous les points. La route était dangereuse, pas autant qu'en hiver puisqu'il n'y avait pas de neige, mais ça n'empêchait pas qu'il y avait des virages serrés. Après tout, ils allaient en montagne. Le camping se situait à mille huit cent mètres d'altitude. Felicity détestait conduire sur ces routes, c'était d'ailleurs pour cela qu'elle n'emmenait jamais les enfants skier l'hiver. Elle avait trop peur de finir dans un ravin.
-Qu'est-ce que tu fais ?
Elle questionna Oliver qui était au téléphone.
-Thea va venir prendre ta voiture. Je ne veux pas qu'elle reste sur le parking du stade tout le week-end.
-Ça n'arrivera pas puisque je vais monter avec au camping.
Oliver souffla. Ce qu'elle pouvait-être têtue. Ça ne l'avait jamais dérangé. Elle avait besoin de ça pour s'imposer dans le monde où elle évoluait, mais à cet instant ça l'embêtait. Elle était capable de tout pour lui prouver qu'elle allait bien, même mettre sa vie en danger. Elle vacilla de nouveau et s'accrocha à la carrosserie de sa voiture pour ne pas tomber. Mais que lui arrivait-il ? Elle ne comprenait absolument pas. Peut-être n'était-il pas raisonnable d'aller au camping. Peut-être vaudrait-il mieux qu'elle laisse Lucas et Oliver y aller seul. Mia serait déçue mais comprendrait. Puis ça éviterait les situations maladroites avec Oliver.
-Felicity !
Oliver fut sur elle en moins de trois secondes. Il la prit par les hanches et la mena au SUV où Il l'aida à s'asseoir sur le siège passager.
-Thea arrive. Avec le père d'Alex.
Le père d'Alex était le médecin de la famille Queen depuis plus de vingt-cinq ans. Il avait vu grandir Oliver et Thea.
-Mais pourquoi ? Je veux dire c'est le week-end. Il est avec sa famille.
-Il était chez Thea et Alex. Quand j'ai dit à Thea que tu avais fait un malaise, elle m'a demandé si je voulais que Trenton l'accompagne. Je n'ai pas refusé. Je veux être sûr qu'on puisse aller au camping Felicity.
-Et s'il ne veut pas que j'y aille ?
-Dans ce cas on restera ici.
-Mais tu as promis à Mia papa.
-Je sais Lucas. Mais c'était avant que maman soit malade.
-Lucas si le médecin ne veut pas que j'aille au camping je resterai ici. Mais rien ne vous empêchera d'y aller papa et toi.
-Et te laisser seule ici. Aucune chance Felicity.
-Juste au cas où tu l'aurais oublié Oliver, toi et moi ne vivons plus ensembles. Tu n'es pas responsable de moi.
Oliver ouvrit la bouche et la referma. Il était sidéré qu'elle lui rappelle ce point alors qu'il ne voulait qu'une chose, prendre soin d'elle. Il ne savait pas comment s'y prendre pour combler le fossé qui s'était creusé entre eux. Quand il avait l'impression d'avancer, elle le rabrouait et il faisait non pas trois, mais dix pas en arrière. Elle lui semblait inaccessible.
-Je n'aime pas quand vous vous disputez.
Felicity tourna la tête vers son fils qui était appuyé sur sa voiture. Il avait les bras croisés sur sa poitrine, les yeux larmoyants.
-Je suis désolée chaton. Viens.
Lucas fondit en larmes dans ses bras.
-Je ne veux pas que vous vous disputiez maman. Papa veut juste être gentil.
-Je sais trésor. Je n'ai pas été sympa. Je suis désolée. Je n'aurais pas dû crier sur papa.
C'était difficile pour elle de se laisser aller avec Oliver. Elle avait tellement peur que tout s'arrête du jour au lendemain. Qu'il redevienne celui qu'il était depuis deux ans. Elle avait du mal à lui faire confiance. Il avait déjà essayé de changer tant de fois, et chaque fois elle y avait cru, puis ça avait été la douche froide lorsqu'il reprenait petit à petit ses mauvaises habitudes.
Cette fois les choses semblaient différentes parce qu'il suivait une thérapie mais quand bien même, il pouvait l'arrêter à tout moment et repartir dans ses travers. Ça ne faisait réellement que deux semaines qu'il avait changé ses habitudes et il était encore trop tôt pour dire que c'était pour du long terme.
Oliver regardait Felicity consoler son fils. Il ne savait pas quelle attitude adopter après cette dispute. Devait-il se joindre à elle et consoler Lucas à son tour où devait-il la laisser gérer seule ? Il se posait beaucoup de questions alors que quelques années en arrière il n'aurait pas réfléchi, il aurait enlacé sa femme et son fils et l'aurait consolé de la même façon que le faisait Felicity.
Une portière claqua derrière lui. Il se retourna et vit sa petite sœur descendre de voiture. Trenton ouvrit la portière arrière et prit son sac médical posé sur le siège arrière.
-Lucas. Tatie est arrivé avec le docteur. Est-ce que tu veux m'aider à transférer les affaires de camping dans le coffre de ma voiture ?
-Oui papa.
Il essuya les dernières larmes qui coulaient sur son visage puis suivit son père qui ouvrait le coffre de la voiture de Felicity.
-Hé ma belle, alors tu nous as fait un malaise ?
-C'était deux fois rien. Ton frère s'est inquiété pour rien.
-Hé bien nous allons vérifier que c'était bien pour rien.
Trenton arriva derrière Thea. Il posa son sac sur le sol et en sortit le tensiomètre.
Felicity détestait cette situation. Avoir une visite médicale sur un parking, assise dans une voiture. C'était une première. Oh, elle n'avait pas peur des regards qui pourraient leur porter les gens venus récupérer leur voiture. Personne ne pouvait voir ce qui se passait réellement. Oliver avait ouvert la porte de sa voiture rouge. Créant ainsi une intimité.
-Holà. Ta tension est basse. Pas étonnant que tu aies des étourdissements.
Il écouta son cœur, vérifia la sphère ORL, lui fit bouger son cou, sa tête de gauche à droite, de haut en bas. Il regarda ses yeux, la fit suivre la lumière.
-Bon hé bien je pense que tu es fatiguée. D'où la baisse de tension. Chère madame il va falloir vous reposer et laisser Oliver vous chouchouter.
Le médecin disait ça avec sérieux. Thea n'avait pas dû parler de leur récente séparation. Felicity n'en était pas étonnée, Thea n'était pas du genre à moucharder et malgré sa colère contre son frère, elle voulait que le couple se remette ensemble. Elle ne voyait pas Oliver sans Felicity et l'inverse était vrai aussi. Puis le dire à des personnes extérieures à leur famille rendrait les choses vraiment plus concrètes.
-Tiens je t'ai prescrit des vitamines. Tu en prends deux fois par jour. Dans quelques jours tu seras requinquée.
-D'accord. Merci docteur.
-Je t'ai déjà dit de m'appeler Trenton.
Il lui fit un clin d'œil puis rejoignit Oliver à l'arrière de la voiture. Felicity entendait les hommes parler sans comprendre la conversation.
-Felicity ?
-Oui Thea.
-Tu... tu ne serais pas enceinte par hasard.
-Non... non c'est impossible j'ai un implant.
-Oh oui c'est vrai. J'avais oublié.
Le coffre claqua.
-C'est tout bon maman. Le docteur a dit à papa que tu pouvais aller au camping, mais que tu devais te reposer. Alors je vais aider papa à monter la tente.
-D'accord chaton. Alors on va aller camper.
-Youpi. Je suis content. On sera tous ensemble. Ça va être super.
Felicity n'en était pas aussi sûre que son fils, mais elle ne voulait pas le décevoir alors elle lui sourit et ébouriffa ses cheveux.
-Merci Trenton. Thea, tu mets la voiture chez papa et maman ? On la récupérera à notre retour.
-Bien sûr. Amusez-vous bien.
J'espère que ce chapitre vous aura plu.
Hate de le lire vos impressions.
