Titre :Amis par delà la mort
Raiting : M
Auteur : Bayla
Bêta correctrice :Resiliency6
Disclaimer :L'univers d'Harry Potter ne m'appartient pas, tout est à J.K Rowling ainsi que certaines références que je ferai sur certains films comme Twilight ou autres sont à leurs créateurs! Ulrich, Jay, Shia, Wonga, Kermitt le chef des oubliator, Naika, Mike, Annabelle, un stagiaire/recru, et Skita, personnages figurants, sont de moi.
Particularité : Cette fiction comporte des passages/mentions difficiles comme viol, scène de violence. Mais elle parle également de relation hétérosexuelle, mais aussi, et surtout homosexuelle! Donc homophobes et âmes sensibles, vous savez ce qu'il vous attend.
Note : Il s'agit d'une fiction longue à chapitres. C'est ma deuxième fiction et j'espère qu'elle vous plaira.
Je vous souhaite une bonne lecture!
Chapitre 24 : Les dés sont lancés
Haletante, elle avait l'impression de terminer un marathon.
Voyant qu'elle peinait de plus en plus à se concentrer, Remus d'un coup de baguette, plus discret et plus lentement que la dernière fois, changea l'air et la renvoya avant de convoquer Ron après avoir pris une petite pause.
27 janvier 2005
Depuis leur sortie, Ron se sentait beaucoup mieux, quitter le Cottage n'était pas l'apocalypse et ils s'en étaient bien tirés, bien qu'ils aient dû fuir, pris par surprise.
Il s'étonna même d'avoir réussi à dormir une journée complète sans cauchemars. C'était un tel soulagement, il allait peut-être enfin pouvoir tourner définitivement la page sur le kidnapping de Harry. En fait, il réalisa que se rendre sur le Chemin de Traverse avait aidé tout le monde.
Il ne savait juste pas si c'était dû au fait de sortir du Cottage ou qu'ils s'étaient octroyés une pause dans leur entraînement devenu physique depuis quelques semaines, en y incluant leurs humains qui leur servaient de distraction. Il devait toutefois avouer que sentir la nervosité de Blaise mélangée à sa peur la première fois qu'il s'était joint à eux, l'avait satisfait. Il se doutait du pourquoi et ça l'avait grandement tenté de laisser libre cours à sa colère. Puis, il y avait aussi Harry, dont le jeu à l'entraînement laissait à désirer et il se demandait bien la avait l'impression que son ami était pire qu'avant et commençait à craindre que ce soit dû à la présence de Draco et Blaise ce qui signifierait qu'il n'était pas prêt pour le terrain.
Il fronça les sourcils. Probablement était-ce un peu des deux. Et tout ça, malgré la menace des loups-garous.
Parce qu'ils avaient beau prendre leurs précautions, dès qu'ils se retrouvaient dans la cour, ils ne pouvaient pas toujours certifier à cent pour cent qu'ils effaçaient leur trace quand ils allaient en forêt. Surtout qu'un matin, en chassant un cerf pour faire un peu d'exercice, il avait oublié de couvrir son chemin. Combien d'autres fois l'avait-il oublié, lui ou les autres?
Au moins, en ce qui concernait leur magie, ils arrivaient à la garder cachée grâce à un vieux sortilège sur le domaine et la magie vampirique -quand ils y pensaient -, mais leur odeur corporelle, restait un problème surtout après l'effort et quand le vent s'en mêlait.
Une exclamation venant de sa compagne le fit sortir, en sursaut, de son introspection.
Qu'est-ce qui lui arrivait?
Comme toutes les fins d'après-midi, les vampires accompagnaient de leur présence les deux humains à leur premier repas de la nuit, mais ça n'expliquait pas la réaction d'Hermione.
Son regard se porta par réflexe vers la fenêtre au-dessus de l'évier. Avait-elle entendu quelque chose deho…. — Il l'observa à nouveau — . Elle tenait le journal.
La jeune femme, voyant une photo de Poudlard en première page sur la table, s'en empara et s'empressa de l'ouvrir. Elle chercha frénétiquement la section en question et laissa ses yeux parcourir rapidement l'article avant de laisser échapper un petit cri et de relever sa tête, abasourdie, sous le regard de ses amis.
– Poudlard vient de tomber, lâcha-t-elle médusée.
Oh, et bien ça explique pourquoi Lucius Malfoy n'est pas encore venu. C'est impossible qu'il n'envoie personne fouiller cette forêt. Songea Ron, sans vraiment réaliser sur le coup la porter de l'annonce. On devrait avoir un répit, le Lord doit concentrer une bonne partie de ses efforts à l'école pour un certain temps.
Avant de blêmir.
– Quoi? Souffla Blaise, choqué.
Comment cet endroit si majestueux, réputé sécuritaire et infaillible avait pu se retrouver aux mains ennemies? Ils y avaient vécu tellement de bons moments.
C'était là qu'il avait connu un Draco hautain, mais qui tentait de faire le brave dans la noirceur de leur dortoir la première nuit alors qu'il ne valait guère mieux que lui. Lui, il avait longtemps abandonné et avait laissé couler ses larmes parce qu'il s'ennuyait de sa maman qui ne pouvait pas venir le border. Comme leur lit se trouvait côte à côte, le blond avait tout vu et l'avait traité de bébé et ça avait vite dégénéré en bagarre. Pourtant au matin, une amitié avait commencé.
Blaise sourit légèrement au souvenir.
Ensuite, ils avaient croisé le trio bien qu'ils avaient été en mauvais terme avec ces derniers. Les conneries qu'ils avaient pu accomplir, les promenades nocturnes pour surprendre un élève hors du couvre-feu, où lui-même bravé les interdits pour tenter de savoir ce que les rouge et or cachaient. Merlin, combien de fois avait-il manqué d'être prit en flagrant délit par Miss Teigne?
Puis, il avait eu l'épreuve du Tournoi des Trois Sorciers avec son lot de peur, les profs de défense bizarres qui les faisait rire et dont sa maison se moquait, les rencontres amoureuses, les idioties de Slughorn et son club privé auquel il avait pourtant tous assistés – espionnage oblige –, les fantômes dont le baron sanglant, les escaliers qui bougeaient au gré de leur envie, les portraits…
Blaise revit rapidement tous les beaux moments et les moins bons – il en frissonnait encore en pensant aux Détraqueurs – qu'il avait connus à l'école, l'endroit où il se sentait comme chez lui. Surtout quand sa mère jetait son dévolu sur un homme fortuné. Nombreux ne furent pas enthousiastes à le savoir là, plusieurs étaient affiliés au mage noir. Et bien que Mme Zabini disait rester neutre, elle recherchait les hommes riches, les Sang Pur surtout, et dont le trois quart étaient des Mangemorts.
Attristé, il tourna la tête vers le bruit de page ouvert brusquement. Harry tenait le Chicaneur.
– Qu'est-ce que les nôtres racontent? Demanda Hermione. Ici, c'est soit impartial, soit pour relater la victoire du Lord. Davantage ce dernier point, d'ailleurs.
– Hum… Attaque massive… eu raison des boucliers des Aurors et de Poudlard… Minerva et Kingsley renforçaient les barrières de l'école quand ils ont débarqué… les élèves ont évacué en urgence… Lu rapidement l'article Harry… vingt-trois elfes de maison tués en retardant les Mangemorts… les fantômes ont tenté de ralentir l'ennemi, surtout Peeve avec ces farces… Hagrid a été blessé… vont s'en sortir… quatre Aurors morts… Mangemorts blessés… deux jeunes corps avec la marque…
– Pourquoi donner l'assaut maintenant? L'interrompit Ron.
– Aucune idée! Le regarda Harry, amer. Peut-être que Vous-Savez-Qui craint quelque chose… Faut pas oublier que les gens sont contents de notre retour… Il souhaite probablement garder l'avantage en s'attaquant à ce pilier avant que le peuple magique se rebelle en entier. Il a perdu du temps en envoyant tous ses Mangemorts à notre recherche au début, il peut vouloir se rattraper…
– Comme ça peut cacher autre chose, il aurait obtenu un beau lot d'otages, fit remarquer Hermione.
– Vrai.
Désirant diminuer la tension, Blaise s'adressa à la seule femme de la maison.
– T'as relevé autre chose?
Hermione lui jeta un coup d'œil avant de retourner feuilleter son journal et lui répondre un peu distraite par ce qu'elle lisait, tentant de décortiquer le vrai du faux.
– Pas encore. Harry?
– Non plus, mais il me reste quelques pages à regarder, dit-il lui-même la tête dans le Chicaneur.
…
– Ah, tiens, j'ai autre chose, releva finalement Harry. Le corps d'un scientifique porté disparu vient d'être retrouvé.
– C'est pas bon signe ça. Marmonna Hermione en retournant frénétiquement fouiller dans le journal. Mais je ne vois rien à ce sujet, pas même un micro article dans la section nécrologie… à moins qu'ils l'y ont mis comme anonyme…
Ils portèrent à peine attention à la présence qui s'était faufilée dans la maison aux premières lueurs du soir et qui s'était arrêtée dans l'encadrement de la cuisine, trop absorbés par les nouvelles du journal. Ils étaient frustrés de toutes ces attaques auquel ils ne pouvaient participer pour aider la population magique.
Sans prévenir, Harry se leva brusquement en tapant sur la table qui protesta en un crac.
– Merlin, je savais pourtant que ce n'était qu'une question de temps avant que ça arrive! Si je n'avais pas négligé ma formation en tant que vampire avec mes mentors, je serais déjà sur le terrain à l'heure actuelle! Le nombre de Mangemorts serait réduit et Poudlard serait encore entre de bonnes mains!
Voyant leur sens exacerbés, la présence, qui n'était autre que Remus, changea ses plans et décida de lancer la discussion sur l'actualité et dans cette cuisine. Discrètement, il lança un sort pour le protéger et aima l'idée de les savoir à cran ce qui s'accentuerait devant un loup-garou. Cette nouvelle dans le journal tombait à pic. Il était persuadé que ça leur serait béné é, mais bénéfique. Les Mangemorts ou des crétins au ministère risquaient fort de leur balancer des mensonges justes pour qu'ils laissent leur rage les envahir et les faire commettre des erreurs pour pouvoir les placer à Azkaban ou l'aile psychiatrique de Sainte-Mangouste, ou même encore les tuer.
En se servant de cette nouvelle comme entraînement, au lieu de leur habituelle rencontre, ces trois-là auraient un aperçu dans une autre circonstance que celle de la guerre. Le loup espérait en profiter pour que le trio puisse tirer parti de cette expérience afin de garder la tête froide en de nombreuses circonstances, apprendre à devenir plus diplomate. Autant qu'ils découvrent maintenant qu'il n'y a pas que la guerre durant laquelle ils devront se montrer prudents et qu'ils devront avoir quelques entraînements même après.
– Non, restez à l'écart! leur somma Remus.
Il les vit sursauter et se tourner vers lui, les vampires en position défensive, prêts à attaquer.
– Remus?! S'étonna Harry avant de jeter un coup d'œil à l'horloge murale et se détendre.
– Même si je conçois que c'est difficile, c'est le mieux que vous puissiez faire.
Ron lâcha un grondement sourd, avertissant le loup de surveiller ses paroles et qu'il n'accepterait pas d'ordre venant d'une personne extérieure à son clan. Mais Remus n'y prit pas garde.
– J'ai obtenu quelques informations.
Le changement radical de sujet dérouta tout le clan qui prit un instant avant d'enregistrer ce que Remus venait de dire.
– Une d'Arthur : quelques Aurors sont venus lui parler au boulot. Ils se posent des questions sur vous puisque personne ne vous voit sur le terrain et que vous ne faites rien, à aucun moment, même quand vous avez été aperçu il y a cinq jours. Chose qui fait jubiler Maugrey, il utilise cet argument pour continuer d'avancer que vous êtes allié avec le Lord noir… ce qui semble fonctionner.
– Il ne manquait plus que ça, grommela Blaise face à cette soi-disant preuve.
Combien allaient gober cette histoire? Combien allaient tenter de les mettre hors état de nuire? Mais pourquoi devaient-ils sans cesse affirmer leur valeur, leur allégeance? Pourquoi toutes leurs actions passées comptaient pour du beurre? Les sorciers ne pouvaient-ils pas se montrer reconnaissants des sacrifices que le trio et leurs espions avaient accomplis? Ne pouvaient-ils pas pour une fois apprécier que des gens essayent de sauver leur peau alors qu'ils restaient bien au chaud dans leur maison à attendre que tout leur tombe dans l'assiette?
– Et… je ne devrais pas vous dire ça, mais Bill est venu me parler sans trop que ça se sache. Alors qu'il relisait une dernière fois son dossier et confirmait l'adresse, qui requérait ses compétences de briseur de sorts, il a entendu une conversation à côté de lui. Deux sorciers attendaient que leur gobelin revienne et ils se sont mis à parler à voix bassedu ministère, dans lequel l'un des deux travaillait là-bas. De surprise, Bill avait relevé la tête avant de replonger dans son dossier, mais il avait eu le temps de voir que l'un des deux l'avait regardé avec insistance un court moment. Il a donc porté plus attention aux paroles, sans que ça se voie. Des employés du ministère prévoyaient de capturer Arthur. En gros pour vous faire sortir de votre cachette, mais aussi pour donner un coup à l'Ordre. Bill a profité du fait que votre père avait l'habitude de sortir sur l'heure du dîner pour le rejoindre à sa sortie et une fois éloignés, il lui a tout raconté. Arthur ne retournera plus travailler ce qui devrait rassurer un peu Molly. Il avait beau traîner un portoloin d'urgence sur lui, elle avait toujours peur qu'il ne puisse l'activer à temps.
Ron le regarda avec des yeux ronds songeant déjà à de nombreuses conséquences. Comment sa famille allait survivre sans argent qui rentrait? C'était déjà compliqué de joindre les deux bouts alors maintenant… En plus, bien que les enfants soient grands, Ginny et les jumeaux ne travaillaient pas. Ça faisait des bouches en plus à nourrir. Sans parler des allées et venues de l'Ordre qui n'était pas sans prendre un repas ou une collation avant de repartir, même s'ils donnaient une maigre contribution…
De petits coups à la fenêtre lui fit tourner la tête. Un hibou s'y tenait avec un parchemin.
Étrange. L'heure du courrier était terminée. Qui ça pouvait bien être?
Mais avant de pouvoir se lever et le laisser entrer, sa compagne le devança et délivra le volatile de sa missive.
La femme lança quelques sorts sans baguette de détection par habitude et une fois sécurisée, l'ouvrit. Aucun nom ne figurait sur l'enveloppe. Reconnaissant rapidement l'écriture de Percy, elle songea au risque que son futur beau-frère prenait si quelqu'un qui le connaissait assez interceptait la lettre, mais la lut tout de même à voix haute.
Ron.
Un scientifique est mort, Snape a reçu l'ordre de se débarrasser du corps. Les chercheurs ont été kidnappés pour trouver un moyen de contrôler les vampires. Mais Snape laisse sous-entendre qu'il pourrait y avoir plus.
– Ah, il me semblait bien que j'oubliais quelque chose. Marmonna Remus.
Harry le regarda curieux alors qu'une petite rougeur apparaissait sur les joues de son parrain de cœur.
– Sev t'en a parlé?
– Oui, quand je l'ai interrogé sur comment il l'avait su, il m'a dit qu'il avait pris le risque de demander à son maître pourquoi il les avait en sa possession. Le mage noir s'est un peu moqué de lui en croyant à de la jalousie avant de le rassurer, disant qu'il se tenait toujours dans ses favoris et qu'il avait des projets plus intéressants pour lui et qu'il ne pouvait pas se permettre de le perdre pour cette recherche qui promettait d'utiliser tout son temps. Mais qu'il commençait à regretter au vu de la lenteur… Severus n'a toutefois pas échappé à quelques Doloris pour avoir demandé et donc mettre en doute ses agissements.
Savoir que Severus se trouvait encore une fois blessé rajouta à la colère d'Harry en plus de percevoir celle de Draco qui réclamait vengeance. Le maître des potions n'avait pas mérité de se faire battre pour une simple petite question. Une colère qui se diffusa rapidement au reste de son clan.
Seul le bruit du bois qui craquait un peu plus fort dans la cheminée ramena Draco, ainsi put-il voir la réaction de ses amis et que si le Survivant ne se reprenait pas, il risquait de le voir transplaner au QG ennemi pour affronter son ancien maître.
– Harry! Appela Drago qui se força à rester rationnel.
Il était un Serpentard par Merlin!
Le brun se tourna vers lui en un grognement qu'il ravala rapidement et se calma un peu.
– Je sais que tu as hâte, comme nous tous, mais tu n'es pas encore prêt pour affronter le Lord, ni ses favoris. Vaincs mon parrain et là tu auras une chance, mais avant j'en doute. Ce n'est pas le temps de vous faire prendre à nouveau. Vous ne pourrez pas vous évader une deuxième fois! Et vous êtes tous les trois le dernier espoir pour triompher de ce monstre. Des sorciers uniquement restent insuffisants, surtout pas avec le nombre que nous sommes!
– Il a raison, approuva Remus. Je comprends votre envie d'attaquer maintenant, mais se montrer impulsif ne vous mènera à rien de bon.
Continuant de suivre son plan, Remus échangea encore un moment avec eux, tentant de trouver des sujets d'actualité qui pourraient les fâcher. Ron et Harry lui grondèrent même dessus, mais avaient réussi à se retenir d'attaquer. Ce qui le rendit fier et qui fut aussi pour lui le signal de mettre fin à cette rencontre. Les vampires ne se le firent pas dire deux fois et s'empressèrent de se rendre dehors le laissant retrouver la sortie tout seul.
Mais juste avant que la jeune femme ne parte, se trouvant la dernière, le loup l'arrêta.
– Hermione?
À son nom, la vampire se crispa avant de se retourner lentement.
– Ne t'inquiète pas, je ne te retiendrais pas longtemps, passe juste le message aux autres. Je voulais seulement vous féliciter. J'ai su que ça s'était plutôt bien passé sur le Chemin de Traverse avec la population.
Hermione le regarda un peu de travers, oubliant un bref instant le type de créature qu'elle avait devant elle. Il appelait ça bien, se faire courser par les Mangemorts?
– Si on oublie le clan des ténèbres, oui. Je suis étonnée de leur réaction, j'étais persuadée que les sorciers auraient crié au meurtre ou tenté de nous attaquer, mais rien.
– Oh! tout ça, vous le devez aux rebelles. Dès votre première rencontre, ils ont parlé en bien de vous. Ensuite, après l'annonce de Vous-Savez-Qui, ils ne parvenaient pas à le croire puisque vous auriez pu les livrer depuis longtemps. Et après la création de cette pièce d'étude pour la magie pratique, quand ils entendaient des commentaires de haine et de peur, ils vous ont louangé, continuant d'arguer que le Seigneur des Ténèbres ignore toujours où ils se cachent et que vous leur offrez une occasion de s'entraîner au combat… Bon je m'arrête là, je vous laisse tranquille pour ce soir. Essayez de vous reposer malgré tout.
– Oui… Répondit-elle lentement, déconcertée. Merci, bonne soirée à toi aussi!
28 janvier 2005
Marchant dans la forêt, le ventre plein, Harry songeait à ce qui les attendait cette nuit. Après mainte demande de Molly pour que le clan vienne leur rendre visite, ils avaient finalement cédé, non sans crainte.
La dernière fois qu'il y avait mis les pieds remontait à avant Noël et il n'en avait pas un très bon souvenir. Et il ne parlait même pas de Blaise qui avait soi-disant livré le Terrier. Ni lui ni ses amis ne savaient comment se comporter avec la femme. Ils voulaient tenir informé le reste des Weasley, mais ils avaient si peu de preuves qu'ils se demandaient si c'était une bonne idée de leur en faire part maintenant. Cependant, avant de leur rendre visite, ils devaient voir le loup.
Quelle nuit chargée, j'espère que ma rencontre avec Remus sera assez relax. Mon cerveau commence à surchauffer entre les travaux magiques, ces rencontres, Blaise qui marche sur des œufs quand ça concerne Ron ; qui lui se remet doucement à lui adresser la parole, ma fixation sur Draco…
Il remarqua à peine qu'il arrivait à l'orée de la forêt.
J'adore ce blondinet, mais c'est épuisant de surveiller ses gestes, ses mots et penser en sa présence. Surtout quand je l'ai dans mon champ de vision ou qu'il se trouve assez proche et que je sens son odeur plus forte ou qu'il parle, ou dans le pire des situations, les trois à la fois…
Il entendit vaguement un bruissement de pas sur le gazon.
Je dois lutter continuellement pour ne pas me montrer trop envahissant pour Draco, lui laisser le temps et à moi par la même occasion, mais le lien me chante toujours ces louanges, difficile de réfléchir correctement…
Qui avait dit que les A.S.P.I.C.S étaient épuisants?
En sentant une main lui agripper le bras, il sursauta et revint au présent, tendu, pour croiser des yeux gris.
– D – Draco?
Médusé, il se laissa entraîner vers un arbre sans un mot où il se fit accoter, légèrement à l'abri des regards et observa, encore confus, son petit-ami lancer un sortilège informulé de silence.
– Bonne chasse?
– E-Oui…
Le vampire avait l'impression d'avoir manqué une grande partie de la conversation. Il fit fonctionner son cerveau à vive allure, avant de dire un truc qu'il pourrait regretter. Mais qu'est-ce que le blond avait dit? Il n'était quand même pas parti si loin dans ses pensées pour ne pas entendre sa voix pendant qu'il s'approchait, pas lui…
Une caresse joueuse sur son torse, lui fit perdre le fil de sa réflexion.
– Dans ce cas pourquoi ne t'essayerais-tu pas sur moi?
– Mais…
Collé contre lui, Draco continua son geste tout en relevant la tête pour le regarder dans les yeux avec une lueur taquine.
– Ton estomac est comblé, ça va bien aller. J'ai confiance et puis, tu as plus de facilité à te contrôler depuis que tu utilises la coupe.
Il pencha sa tête, montrant son cou, sa jugulaire et le vampire se sentit perdu, il ne pouvait plus détacher son regard. Tout en l'humain lui criait de le prendre.
– Sers-toi, ça va t'aider pour cette nuit.
C'était une chose de lutter contre le lien, mais si en plus Draco s'y mettait. Merlin, il percevait la détermination du blond, prêt à se blesser pour l'attirer. Malheureux…
– N – Ton… poignet, mentionna-t-il difficilement et cédant à sa demande.
Après un dernier regard, croisant ses yeux gris pleins de confiance et de chaleur, le vampire prit délicatement son bras et remonta sa manche. Avec un soupir tremblotant, il laissa ses crocs s'allonger et perça la chair tendre qu'il tenait entre ses doigts.
Merlin, aidez-moi!
Il avait si peur de déraper.
Doucement, il aspira le délicieux sang. Dès la première gorgée, il se crut au paradis, c'était si bon, si onctueux, chaud, affectueux… Sien!
Hmmmm. Malgré ce petit goût d'il-ne-savait-quoi, un peu désagréable, provenant sûrement de la potion anti-calice, il avait la sensation de flotter… Mais il devait se montrer prudent, trop en prendre et il perdrait définitivement l'humain. Il devait ralentir, se concentrer sur les battements de cœur, la force qu'il sentait faiblir dans le bras de Draco. Quelque chose lui tapotait le bras.
Draco.
Retirant ses crocs, terrifié à l'idée d'avoir été trop loin, Harry donna un dernier coup de langue sur la plaie pour la refermer et l'observa attentivement, le ventre noué. Le blond semblait un peu plus blême et fatigué, mais ses yeux brillaient encore de vivacité.
Ça s'était bien déroulé… pour cette fois.
– Rentrons, tu as besoin de te reposer et de prendre une potion de régénération sanguine.
Le gardant accoté à lui pour l'aider à marcher et ravi de le tenir plus longtemps contre lui, Harry enleva le sortilège qui les entoura et ils se dirigèrent vers le Cottage. Marchant tranquillement, Harry à la dernière seconde se souvint de quelque chose de très important : cacher le chemin qu'il avait emprunté dans la forêt et retirer son odeur. Mieux valait rester prudent en cas de loup-garou.
La fin de son trajet se trouvait un peu loin, l'idéal aurait été qu'il le camoufle au fur et à mesure, mais avec sa puissance, ça devrait faire l'affaire ou du moins atténuerait le sentier et son parfum, laissant planer le doute sur la date de sa venue.
XxX
Le ventre un peu trop plein et lui donnant une impression de lourdeur assez désagréable, Harry se dirigea tranquillement à son bureau avec un sourire repu. Il avait beaucoup trop mangé, le sang de Draco était si riche. Il n'aurait pas dû lui en prendre autant. Il avait juste envie de bouger, courir, se battre, faire quelque chose, peu importe quoi, mais certainement pas rester assis.
Voilà un moment qu'il ne s'était pas senti aussi en forme. Comme si les quelques heures et jours plus tôt n'avaient pas existé. Et le lien qui semblait s'être mis en sourdine lui apportait le plus grand bien.
Je pourrais probablement jeûner demain, songea le vampire en s'assoyant.
Il se sentait plus confiant que la dernière fois, mais il avait besoin d'une pause, ils avaient assez discuté de lui. Et il savait déjà sur quoi porterait la conversation de ce soir qu'il comptait bien mener. De plus, il avait bon espoir de repousser sa limite, ne serait-ce que deux minutes, et ce grâce à la veille. Peut-être que ça ne fonctionnerait à peine plus longtemps que d'habitude, mais il savait qu'il pourrait y arriver avec de la pratique. Même s'il ne voyait que peu d'amélioration sur le coup.
– Il y a un truc qui me chiffonne… amorça d'emblée Harry après que Remus soit entré et qu'il l'observa prendre place derrière le bureau.
À l'écoute, Remus se redressa plus sur sa chaise.
– Quoi?
– Je croyais les transformations mensuelles lupines douloureuses et vous amenaient à vieillir plus rapidement, par une mauvaise qualité de vie, et que vous pouviez vous blesser une fois en animal, que le gouvernement s'arrangeait pour que vous ne travailliez pas! Pourtant tu sembles assez en forme autant physiquement que moralement.
De plus, Harry avait constaté depuis longtemps que le lycan portait de jolis habits, même s'il n'allait sûrement pas au même endroit que Lucius Malfoy. Il possédait également un beau teint, signe qu'il se nourrissait bien et qu'il dormait assez.
L'aîné sourit.
– Ça arrive lorsque l'on rejette sa nature. J'ai eu la chance de pouvoir raisonner autrement, et de m'accepter avant d'être trop âgé pour le regretter. Parfois, je me dis que j'aurais aimé comprendre ça bien plus tôt, mais bon… Depuis que je me suis résolu, ma condition se trouve bien plus facile à vivre et ça m'a aussi apporté plus de confiance en moi… À moins que ce soit parce que je suis plus mature… mentionna Remus, pensif.
Ça, et grâce à la potion tue-loup de Severus avec laquelle il ne craignait plus de blesser quelqu'un, il mangeait beaucoup mieux et il s'épanouissait pleinement dans sa relation avec son vampire, ce dernier l'ayant toujours encouragé. Mais ce n'était pas une information qu'il voulait livrer à Harry. Pas maintenant en tout cas et surtout pas du fait que c'était douloureux de sentir ses os changer de forme. Il n'était pas animagus lui, le processus demeurait forcé et surtout obligatoire. Mais ne pas lutter contre la transformation aidait beaucoup. Inutile d'attrister son jeune ami contre quelque chose à laquelle personne ne pouvait remédier, même si Severus s'y essayait avec la potion tue-loup.
Harry lui rendit son sourire, content pour lui, avant de croiser les jambes dans l'autre sens une nouvelle fois et bascula son poids comme s'il n'était assis que sur une fesse. Il n'arrivait pas à trouver une position confortable.
– Je me demandais… commença Harry avant de s'éclaircir la gorge.
Quelle puanteur! Et cette colère qui s'emparait de lui et montait progressivement. Il avait beau se sentir bien à son entrée et plus détendu, il n'en était pas encore rendu à ne pas remarquer cette odeur. Elle lui semblait toujours aussi désagréable et forte qu'à leur première rencontre. Quoique légèrement plus facile à supporter… pour le moment.
Il gigota un peu sur sa chaise.
– Avec ta lycanthropie, tu arrives à te trouver du boulot? Je sais que le ministère est loin de vous aider.
Il s'inquiétait de la condition de vie de Remus qui lui rappelait également la sienne et de toutes les créatures magiques qui étaient plus persécutées qu'autre chose dans le monde sorcier. Même s'il était l'élu, la population était tellement changeante, à l'aduler une journée et la suivante vouloir le jeter au bûcher, qu'il en venait à se demander ce qui se passerait une fois la guerre terminée. Allait-il pouvoir se montrer en public comme n'importe qui et avoir un travail décent?
Il avait certes un gros héritage et, en étant vampire, n'avait pas besoin de travailler pour se nourrir, mais tous n'avaient pas d'héritage conséquent. De plus au fils des ans, des siècles, il risquerait de s'ennuyer à ne rien faire. Sans parler, et ce point le dérangeait beaucoup, qu'il ignorait toujours comment la population les traitera une fois la guerre terminée et que tous seraient au courant de leur condition de vampire et que ce ne soit plus une simple rumeur.
Et Draco, comment serait-il traité par les sorciers? Pourra-t-il travailler s'il le voulait? Sera-t-il reconnu pour ses compétences? Ou sera-t-il regardé et traité avec mépris et personne ne voudra travailler avec lui parce qu'il ferait parti d'un clan en plus de porter son nom de famille? Et si le gouvernement le privait de son héritage, de ses biens à cause de ses parents? Il savait que le blond était capable de travailler très fort pour se dissocier de son père, et ce même si ça prenait du temps, mais si c'est à cause du fait qu'il côtoyait des vampires… Ça risquait de compliquer les choses. Surtout s'il devait affronter ces deux problèmes de front.
Draco n'endurerait pas ça très longtemps.
Personne de sensé ne pourrait, même avec toute la bonne volonté du monde… Comment pourrait-il le lier à lui à vie en sachant ça?
Pourraient-ils être heureux? Et ce si ça ne changeait pas en mieux, avec le ministère incompétent? Ce dernier allait forcément s'interposer entre Draco et lui, quelque chose qui nuirait à son couple… et si le lien était complet à ce moment, Draco lui en voudrait beaucoup, assez pour qu'un fossé entre eux se creuse et ne se verraient que pour accomplir leur rôle. Soit un moment dans ses bras pour le rassurer et le blond pour le nourrir… deviendraient des étrangers l'un pour l'autre…
Peut-être devraient-ils rompre maintenant avant que ce soit trop sérieux. Il pourrait facilement mettre ça sur le dos de la guerre. En s'entraînant plus, ou le prétextant, Draco n'aurait rien à redire. Cet éloignement forcé mettrait une grande distance entre eux et il pourra plus facilement rompre par après. Le blond serait forcément triste et en colère un certain temps, mais finirait par comprendre que c'est pour le mieux. Pour qu'il puisse vivre une meilleure vie, sans regret . Draco pouvait encore revenir en arrière.
Merlin, plus il y pensait et plus ça l'inquiétait. Le monde magique n'était pas encore sorti d'affaire. Il allait devoir en glisser un mot à Hermione ; elle aurait de meilleures idées que lui pour trouver un moyen d'arranger la situation des créatures magiques. Il en était persuadé. Lui il ne saurait même pas par où commencer et peut-être qu'avec son aide, son couple prospérerait…
– En fait, les jobs se font rares et j'ai de la difficulté à les garder. Raconta Remus sans se rendre compte que le plus jeune avait la tête ailleurs. Mais avec les années, Severus et moi avons collaboré et quand il a compris ma situation, il a décidé de me donner un coup de main et me loger. Il vit à Poudlard le trois quarts du temps, alors il a amassé un bon montant. Et bien que ça me répugne de l'admettre, c'est lui qui s'occupe d'à peu près tous les frais, tout ce qui concerne la maison et la paperasse. Je me charge uniquement de la nourriture, puisque je suis le seul à manger.
Remus, dont le ton avait baissé plus il parlait, fixa les rainures du bureau tout en entendant la jambe du vampire tressaillir. Il avait soudainement envie de les retracer, honteux d'avouer cette faiblesse, malgré qu'il aidait comme il pouvait en termes de ménage, quand Kermitt ne passait pas avant lui, ce qui arrivait, malheureusement pour lui, trop souvent. Il réussissait toutefois à apporter sa maigre contribution pour rendre l'extérieur du manoir joli quand la belle saison revenait, réparait ce qui devait l'être. Ce n'était pas parce que la maison habitait un vampire qu'il fallait la laisser tomber en ruine.
– De toute façon, je vois mal Severus ne pas le faire, mentionna Harry en voulant briser le léger malaise qui s'était installé, et tentant de rester immobile le plus possible. C'est un vampire Alpha, c'est son rôle de prendre soin de son clan, ce qu'il n'a pas, donc je suppose qu'il compense de cette façon.
Il avait tellement envie de bouger. Et il ne parvenait pas à se décider si c'était dû à toute cette énergie qui courait en lui ou si c'était dû à son inconfort face au loup. L'envie d'attaquer était tolérable, mais celle d'être mordant, le contredire, gronder… il devait faire attention au choix de ses paroles et son ton s'il ne voulait pas aller trop loin et que Remus s'emporte à son tour. À coup sûr, son côté vampire en profiterait avec joie pour se battre.
– Et puis je ne sais pas, mais je doute vraiment que Severus laisse qui que ce soit travailler sur ses finances personnelles et toute la paperasse qui peut être reliée à son domaine. Je suis convaincu qu'il se montre très récalcitrant et hargneux quand il doit discuter avec un gobelin…
Harry fronça les sourcils en imaginant Severus invectiver un gobelin sur la façon de gérer son portefeuille.
– Les pauvres, je les plains.
Remus releva les yeux, soulagé de ne pas entendre ni apercevoir de pitié dans le regard de son louveteau et content du changement de sujet. Il sourit de dérision.
– C'est vrai que vu comme ça… Mais je déteste être redevable à ce point. J'espère qu'un jour ma situation s'améliorera et que je pourrais contribuer. C'est une simple question d'équilibre et de compromis… Nous sommes colocataires après tout, on se doit de partager les tâches. Je crois que c'est une chose qui évite beaucoup de dispute et où chacun y trouve son compte. Aucun des deux ne se sent diminué, aucune impression d'embarquer sur le dos de l'autre, de profiter de la situation ou si peu. Ce n'est pas juste unilatéral.
Remus s'arrêta un instant pour voir si Harry était toujours en état de comprendre ce qu'il lui racontait, mais aussi pour remettre un peu d'ordre dans ses idées.
Humm, mon odeur ne semblait pas trop le déranger et au ton utilisé, il n'a pas envie de me tuer. Je devrais pouvoir continuer quelques minutes, mais pas trop. Harry est peut-être parvenu à feindre qu'il était importuné par ma nature… faudrait que je pense à lui demander à notre prochaine rencontre de comment il se sent par rapport à notre premier rendez-vous. Songea-t-il avant de poursuivre.
– Au début, j'étais contre, mais on a réussi à trouver une façon de surpasser cet obstacle et me rentrer dans la tête que ce n'est pas de la pitié ou de la charité. Puis, avec la potion tue-loup que Severus a amélioré, les nuits de pleine lune passent inaperçues. Je ne le dérange donc pas quand il vient et je demeure inoffensif pour les environs.
– Améliorée? Releva Harry plus brusque qu'il le voulait.
Le vampire sentit qu'il allait devoir faire attention au ton qu'il allait utiliser avant que ça sorte agressif et que Remus s'emporte à son tour.
Oups! Pensa le loup.
– Eum… oui, mais on… il préfère attendre après la guerre pour en faire commerce et l'annoncer. Comme ça, Sev… verus, se reprit-il à temps — il avait l'impression de suer à grosse goutte, est-ce que Harry avait remarqué tous ses lapsus? –, aura un revenu de plus, au cas où on… il se retrouverait avec un problème d'emploi.
– J'espère que non.
XxX
Pendant que Harry se dirigeait vers son bureau avec Remus, Severus, lui, s'installa dans le salon pour échanger quelques mots avec les deux seuls humains de la maison. Il avait besoin de savoir ce qui se passait sur place. Comment ça avançait, ce que les vampires devraient plus travailler ou l'inverse, ce dans quoi ils excellaient ou se montraient corrects, mais doutaient de leur réussite. Il pourrait ensuite comparer ces informations avec celles de son loup et retoucher si besoin le programme d'entraînement.
Il voulait également voir si Draco avait aussi une obsession envers Harry. Ça l'intriguait tout ça. Ça ne lui était pas arrivé. Probablement, car son lien s'était complété rapidement et que leur connexion s'était créée après la transformation en calice. Le fait que Draco se trouvait un calice en sommeil et que Harry lui avait sauvé la vie avait dû renforcer le lien.
Il secoua la tête, comme il aurait aimé que tout se passe bien pour eux deux, un rapprochement, puis une décision et la création du lien, sans cette attraction qui entre en jeu pour les pousser. Cela aurait été tellement plus simple pour eux à vivre au lieu de la faire à l'envers.
Ron pour les laisser discuter plus à leur aise, entraîna Hermione à sa suite pour se rendre sur la terrasse attendre leur tour. Terrasse qui heureusement se faisait entretenir par les elfes pour que la neige ne s'y accumule pas. Et en chemin, Hermione s'était mise à le féliciter. Elle était fière de voir qu'il fournissait un effort pour parler à Blaise, qu'il avait arrêté de lui en vouloir et pouvait le regarder sans vouloir le tuer à propos de cette histoire du Terrier.
Tous ces compliments, comme s'il venait de sauver une famille du feu, le rendirent mal à l'aise. Il avait plus l'impression d'avoir aidé une vieille dame à transplaner à bon port. Ce n'était en rien exceptionnel et ne sachant quoi dire, il garda silence en les conduisant à l'extérieur. Mais même une fois dehors, il ignorait toujours quoi dire pour briser le silence qui devenait inconfortable. Sans dire qu'il était épuisé par tous ces entraînements. Il n'arrivait même plus à se détendre songeant sans arrêt aux jours écoulés, la nouvelle situation de ses parents, ce qu'ils allaient devoir pratiquer lors de leurs prochaines leçons. Son cerveau refusait de prendre une pause.
Soudain, Ron se leva, aidé de ses mains qui claquèrent sur les accoudoirs de la chaise.
Le bruit amena Hermione à lui jeter un coup d'œil, surprise de voir une main tendue en sa direction.
– Viens!
Machinalement, après un regard sur cette main, elle l'attrapa, interloquée.
– E... où?
– Se promener, profiter de notre temps libre, l'entraîna-t-il loin de la maison, ça fait longtemps qu'on n'a pas passé un moment en tête-à-tête. On a besoin de souffler, de prendre une pause avant de virer fou. Regarde-toi, tu es tellement stressée que j'ai l'impression de revivre nos A.S.P.I.C.s.
Continuant de lui tenir la main, ils se dirigèrent tranquillement vers la forêt pour plus d'intimité. Ils se jetaient par moment de tendres coups d'œil, avant qu'Hermione lâche finalement prise, acceptant cette pause et s'agrippent à son bras pour s'accoter sur son épaule.
21 h.
Sept personnes venaient de transplaner à l'orée d'un domaine. Une fois reconnus par les barrières magiques, ils franchirent le reste de la distance à pied. Doucement, ils entrèrent dans la maison et l'un d'eux en profita pour sortir quelque chose de ses poches tandis que le dernier referma la porte en silence. Puis, ils se dirigèrent vers l'escalier en direction du salon. À mi-chemin, celui qui avait pris un objet cylindrique en métal s'en servit en l'apportant à sa bouche.
XxX
Molly lissa son chandail, hésitant un court instant à poser sa question qu'elle trouvait délicate. Était-ce le bon moment pour leur demander? Une douce ambiance régnait dans le salon et l'idée de la briser l'embêtait.
Et puis, c'était assez récent, trop peut-être pour revenir là-dessus. Mais si le trio légendaire n'allait pas bien? Ils semblaient avoir moins d'entrain. Elle avait sentit le regard inquiet de son cadet sur elle et son mari, même s'il avait tenté de ne pas le montrer à son arrivéé. Parvenaient-ils à dormir? Elle devait en avoir le cœur net ou elle ne trouverait pas le sommeil pas avant de connaître la réponse. Cherchant pour les bons mots, Molly parla lentement.
– Harry me racontait, avant l'incident d'avant Noël, que vous deviez… réapprendre à utiliser votre magie, vous la… réappropriez? Pour éviter de devenir cracmol. Ça se passe bien de ce côté?
À la question, Ron, sur ses gardes, jeta un coup d'œil à ses deux meilleurs amis avant de répondre. Qu'allait-elle encore inventer?
– Oui. On est tous arrivés à régler ce problème depuis la mi-janvier, nous n'avons plus à nous soucier de ce point. Maintenant, on apprend à se réhabituer au sort que nous connaissons. Ça fait longtemps qu'on a plus pratiqué de magie et on en assimile des nouvelles.
Une soirée sans se disputer, ce serait bien. Songea Hermione en entendant un craquement minime au rez-de-chaussée.
Une fois le malaise du début passé, elle avait fini par apprécier ce moment de détente et espérait que Molly ne fasse pas tout capoter encore une fois.
– Mais pourquoi êtes-vous si pressés? S'enquit la matriarche, vous avez toute votre vie pour ça! Allez-y doucement.
– Bien sûr que non! Répliqua cette fois Hermione. Tant que le mage noir va régner, on ne peut pas se reposer, nous devons nous préparer du mieux qu'on peut. On n'aura pas leur expérience avant longtemps. On peut juste se fier à quelque bonus de notre nature et encore.
– Comment? La regarda Molly, outrée et peinant à y croire. Ne me dites pas que vous comptez toujours participer? Vous êtes beaucoup trop jeune et sans expérience comme tu viens de le mentionner! Laisser les Aurors et l'Ordre s'en charger! Ça ne vous concerne pas, vous…
– Est-ce que tout va bien?
Interrompue grossièrement, Molly ouvrit grand les yeux de surprise et se tourna vers son mari.
– Ça fait près d'un mois que vous n'êtes pas venu. Ce qui se comprend, mais je me demandais si vous sortiez du Cottage sans les autres, pour décompresser, penser à autre chose. Vous vivez dans une demeure spacieuse de ce que vous dites, mais vous devez probablement perdre patience par moment.
– Arthur!
– Chérie! Ça avait bien commencé, c'était une ambiance bon enfant, je doute qu'ils soient venus ici pour discuter de guerre. Et même si c'est le cas, moi pas! On en parle tous les jours, mes oreilles n'en peuv….
Arthur s'arrêta en voyant les vampires grimacer de douleur.
Les yeux écarquillés et la bouche ouverte en un cri muet, Hermione amena ses mains à ses oreilles dans l'espoir d'atténuer le sifflement.
C'est pire que la vieille bouilloire de maman, songea-t-elle dans un gémissement.
Terrassée, ses iris alternant de sa couleur naturelle à rouge, elle s'effondra au sol.
Dans son champ de vision, elle pouvait voir Molly bouger des lèvres sans comprendre ce qu'elle racontait… Draco se leva et se précipita vers… Blaise, assis près d'elle et de Ginny, se tenait à présent à ses côtés dans une expression qu'elle ne parvenait pas à déchiffrer.
Qu'est-ce qui leur arrivait?
Elle devait partir d'ici.
Immédiatement!
Une pression sur son avant-bras la fit rouvrir les paupières qu'elle n'avait pas conscience d'avoir fermées.
Blaise.
D'un mouvement vif, elle lui agrippa le bras, y enfonçant ses ongles jusqu'au sang pour ensuite les faire transplaner.
Il ne se passa que quelques secondes avant que des membres de l'Ordre entrèrent dans le salon.
Les sept arrivants tenaient leurs baguettes, bien que non menaçantes, et scrutèrent la pièce sans apercevoir ceux qu'ils cherchaient.
– Où sont-ils?
Toujours secouée par ce qui venait de se dérouler sous ses yeux, Molly se leva à leur question.
– Qui?
– Les vampires! Perdit patience Maugrey avec un regard injecté de sang, où sont-ils? Ils devraient être là!
– Je ne comprends pas, répondit lentement Molly encore confuse.
– On savait qu'ils viendraient, reprit plus calmement Sturgis qui espéra obtenir plus d'information de cette manière, vous êtes loin de vous montrer discret. Y'avait de la fébrilité dans l'air, surtout vous Molly, ça se voyait que quelqu'un viendrait ce soir!
Arthur et Ginny blêmirent.
– Mais qu'est-ce que vous avez fait?
La voix de Molly tira dans les aigus vers la fin et ses instincts de mère refirent surface en force.
– On a utilisé un sifflet à ultrason, pour les déstabiliser, les faire rester à leur plac… ne remarqua pas le danger, l'homme qui tenait encore le petit tube de métal.
Molly rageait et le mot restait faible tandis que son mari et sa fille s'étaient levés à leur tour et les observaient de façon menaçante, la main prête à prendre leur baguette.
– Comment osez-vous!? De quel droit... Fulmina Molly, qui en perdait ses mots. Vous… ma famille…
Les arrivants sentirent soudainement le danger et penauds, ne purent résister à regarder le sol ; c'est vrai qu'ils auraient dû se montrer plus prudents, ils auraient pu mettre les Weasley en danger. Heureusement qu'aucun ne se douta que Molly était surtout très inquiète pour les vampires.
Finissant par se calmer, surtout lorsqu'elle ne vit plus ces idiots qui servaient de membres à l'Ordre du Phénix, la matriarche écrivit une courte missive. Son fils, sa future bru et leurs amis ne devaient plus revenir. Elle somma seulement à son cadet de lui donner régulièrement des nouvelles et s'excusa pour cet assaut qu'elle ignorait.
XxX
Dans un ancien hôtel, ayant appartenu à sa famille, Minerva, en chemise de nuit, venait tout juste de raccrocher sa cheminée raccordée uniquement à celle du Square Grimmraud. Elle irradiait de colère. Comme si elle avait besoin de ça en plus! Elle en avait assez à gérer avec les enfants turbulents!
Ils avaient beau être des professeurs et elle une directrice à présent, il était de leur devoir certes d'enseigner aux jeunes, mais aussi de les garder en sécurité, ce pourquoi, quand ce fut le temps, les élèves confinés dans leur maison s'étaient vus transplanés par groupe dans l'hôtel incartable. Malheureusement, elle n'avait rien pu faire pour les 7e années, majeurs qui ne désiraient pas suivre. Elle savait que certains allaient combattre à leur côté, d'autres contre eux ou encore allaient prendre le risque de retourner auprès de leur famille où la sécurité pouvait être précaire. D'ailleurs, elle et les autres professeurs avaient eu de la difficulté à rassurer les plus jeunes et remonter le moral aux plus vieux qui ne savaient pas quand ils pourraient voir leurs parents.
D'un coup de Patronus, elle contacta les membres de l'Ordre pour une réunion malgré l'heure et se changea.
Elle devait parler à la toile d'Albus!
Sortant de sa chambre, elle se dirigea d'un pas vif vers la chambre voisine qu'elle avait transformée en bureau directorial, réveillant ses deux tableaux sur son passage. L'hôtel était un peu plus petit que Poudlard, mais assez pour contenir tout les élèves en les groupant par chambres et avec un peu d'organisation pour leur enseigner.
Elle dut l'appeler à quelques reprises pour qu'il daigne ouvrir un œil et lui raconta sans attendre ce qui venait d'arriver au Square, en passant par le comportement odieux de Maugrey envers le trio rouge et or et de Draco, jusqu'au kidnapping du jeune Potter.
Écoutant sa tirade, qui le sortit plus vite de son état de sommeil qu'un thé au citron, Albus perdit le pétillement qu'il avait continuellement dans les yeux. Outré, malgré qu'il ne soit qu'un portrait, il exigea qu'une réunion s'organise sur le champ et être présent. À sa demande, Minerva eut un petit sourire et lui confirma que tout était déjà organisé et qu'elle n'était pas venue à cette heure tardive pour parler chaudron.
Le tableau sous le bras, elle utilisa la cheminée de sa chambre. Au Square, ses talons résonnèrent avec force sur le sol au gré de ses pas. Puis, en entrant dans la cuisine, tous les regards se fixèrent sur elle. Mais les membres ravalèrent leurs taquineries sur son retard en voyant le tableau.
En silence, elle installa son feu mentor sur la table, face à tous, alors que les sorciers se regardaient sans comprendre. Puis à la surprise de tous, Albus, une main sur sa poitrine et un peu vert, pria sa remplaçante de commencer. Restant ébahi un court instant, la veille dame se ressaisit et s'empressa de donner le ton en leur parlant de leur comportement inadmissible et qu'ils faisaient honte à l'Ordre et au peuple sorcier.
Ce n'est qu'après son monologue que le défunt directeur, en meilleure forme, leur rappela leur mission et leur rôle au sein de la communauté au lieu de se diviser, leur signalant que leurs agissements envers les créatures en particulier le décevaient grandement.
À suivre…
