Je vous souhaite à tous la bonne année ! En espérant qu'elle soit bien meilleure que la précédente !

Encore et toujours merci pour les reviews !


Lorsque Tris se réveilla, elle entendit tout d'abord deux bips constants mais à intervalle différent, correspondant à son rythme cardiaque et celui de sa fille. Elle sentit l'odeur aseptisée des hôpitaux et tenta de se remémorer ce qui lui était arrivé. Elle plissa les yeux, éblouie par la lumière blanche artificielle de la chambre d'hôpital. Son corps était endolori mais elle comprit qu'elle avait probablement des côtes meurtries car sa respiration était douloureuse et sa tête la faisait aussi atrocement souffrir. Elle regarda autour d'elle et vit Tobias, inconfortablement assit sur une chaise, endormi. Elle voulut s'asseoir mais le simple fait de bouger la fit gémir, ce qui réveilla le jeune homme. Il rapprocha la chaise du lit, se frotta les yeux et appuya sur le bouton pour appeler une infirmière :

- Comment te sens-tu ? demanda-t-il.

- Comme si on m'avait roulé dessus, répondit-elle en voulant se redresser.

- Non, ne bouge pas, insista-t-il en se levant et en posant une main rassurante sur son épaule. Une infirmière va arriver.

- Comment va mon bébé ? dit-elle presque paniquée.

- Elle va bien, tu entends ? C'est son rythme cardiaque. Elle va bien Tris, continua-t-il en s'asseyant à ses côtés sur le lit. Je veux que tu te calmes.

- D'accord, rétorqua-t-elle. Que s'est-il passé ?

- Je pensais que tu pourrais me le dire. Quand je suis arrivé dans l'allée j'ai vu un homme debout devant toi qui s'apprêtait à te frapper. J'ai hurlé et il a filé. J'ai préféré t'emmener à l'hôpital plutôt que de le poursuivre car tu m'as dit que tu avais mal au ventre. Je t'ai pris dans les bras et nous voilà.

- Merci.

- Miss Prior, vous êtes réveillée, commença le médecin. Nous vous avons mis sous monitoring pour nous assurer que votre bébé était en bonne santé et c'est le cas, je vous rassure. Vous, par contre, avez des hématomes sur les côtes du côté droit et une belle bosse sur votre tête. Un peu de repos et ce devrait aller. Vous pourrez sortir dans l'après-midi. Est-ce que vous travaillez ?

- Oui.

- Alors je vous fais un arrêt maladie de deux semaines et je veux que vous voyiez votre médecin d'ici là. C'est entendu ?

- Oui.

- Vous avez des questions ?

- Non, merci.

- Dans ce cas, je vous laisse, dit-il en partant.

- Tu vois, elle va bien.

Tris lui sourit, soulagée quand elle le vit se rasseoir sur la chaise mais il semblait pensif.

- A quoi tu penses ? demanda-t-elle.

- Tu connais celui qui t'a fait ça ?

- Non. Quand je suis tombée à terre, j'avais la vue brouillée. Je n'ai pas vu son visage et il n'a rien dit.

- N'y pense plus, tu dois te reposer.

- J'ai eu tellement peur de la perdre, commença-t-elle en passant sa main sur son ventre, les larmes coulant sur ses joues.

- Hey, c'est fini, tu ne crains rien, réagit-il en s'asseyant sur le lit et en la prenant dans ses bras. Calme-toi, c'est fini…

Instinctivement, elle le prit dans ses bras même cela n'était pas sans douleur pour elle mais c'était là qu'elle se sentait le mieux. Elle pouvait sentir ses pectoraux se contracter car il n'était pas familier de ce genre de proximité mais elle préféra les ignorer et profiter de ce sentiment de sécurité qu'elle avait lorsqu'elle se trouvait dans ses bras. Tobias se laissa faire, même si d'instinct il s'était raidi lors du contact de Tris contre son torse. Il savait qu'elle avait besoin de se sentir bien alors il posa ses bras protecteurs autour d'elle et la serra doucement. Après quelques instants dans le silence, Tris relâcha son étreinte et se sépara de Tobias. Ce dernier la laissa se détacher à contrecoeur, appréciant ce moment de plénitude.

- Tu te sens mieux ?

- Oui, merci, dit-elle en se rallongeant doucement.

- Je voudrais te parler de quelque chose.

- Je t'écoute.

- Lorsque je t'ai pris dans mes bras, je me suis rappelé de quelque chose.

- Quoi donc ? demanda-t-elle, enthousiaste.

- J'étais ton instructeur et tu t'étais faite agresser il me semble. De colère, j'avais frappé tes attaquants et apparemment, il y en a un sur lequel je m'étais bien défoulé.

- C'était Drew.

- Oh. Les autres se sont échappés mais je t'ai pris dans mes bras et je t'ai ramené chez moi, je crois.

- Oui, c'était ton appartement. Tu m'as soigné. Tu te rappelles d'autre chose ?

- Non, c'est tout.

- Oh mon Dieu ! dit Christina en entrant. Comment te sens-tu ? Est-ce que tu as mal ? Je veux tout savoir ? Tu étais là ? demanda-t-elle à Tobias.

- Euh… tenta-t-il de répondre.

- On se calme, dit Tris. Nous allons bien et Quatre m'a sauvé.

- Tu sais qui t'a fait ça ?

- Non, j'étais trop sonnée pour voir quoi que ce soit et le temps que Quatre arrive, mon agresseur s'était enfui.

- Tu es sûre que tout va bien ? insista Christina.

- Oui, ne t'inquiète pas.

- Je vais me chercher un café, vous voulez quelque chose ? demanda Tobias.

- Non, merci, répondirent les deux amies.

- Tu reviens après ? questionna Tris.

- Oui bien sûr. Ecoute, je vais revenir à ton appartement, il n'est pas question que tu restes seule dans ton état.

- Je ne veux pas que tu te sentes obligé de…

- C'est avec plaisir Tris, finit-il en sortant.

Le jeune homme se dirigea vers la cafétéria, se prit un café noir puis s'installa à une table. Il repensa à tout ce qu'il s'était passé aujourd'hui quand il entendit qu'on l'appela :

- Quatre ?

- Oui.

- Je suis Matthew, je suis venu te voir quand tu étais dans le coma mais tu ne pouvais pas le savoir !

- Oh, oui, Tris m'a parlé de vous.

- On se tutoie ! Je peux ? dit-il en montrant la chaise à la table de Tobias.

- Bien sûr, répondit-il alors que Matthew s'y assit.

- Que fais-tu ici ? Tu as des problèmes de santé ?

- Non, Tris s'est faite agressée et je l'ai amené pour qu'elle soit prise en charge aux urgences.

- Oh mon Dieu, comment va-t-elle ? Et le bébé ?

- Elles vont bien, merci de t'en inquiéter.

- Elle reste jusqu'à quand ?

- Je la ramène cet après-midi.

- Oh, très bien. A vrai dire, cela tombe bien que je tombe sur toi.

- Pourquoi ça ?

- Où en es-tu de tes souvenirs ? La mémoire t'est-elle revenue ?

- Par légères bribes mais ça ne revient pas assez vite à mon goût.

- Et si je te disais que j'ai peut-être un moyen de t'aider à te rappeler ?

- Que veux-tu dire ?

- Je suis revenu à Chicago car on m'a proposé de financer des recherches en psychiatrie sur la mémoire. J'ai toujours été dans la recherche et j'ai décidé de me spécialiser dans ce domaine.

- En quoi je peux t'aider ?

- Et bien nous travaillons avec mon équipe sur un nouveau type de sérum qui a pour base le sérum d'oubli. Nous avons réalisé des modifications de ce sérum afin d'obtenir l'effet inverse et donc de stimuler ton cortex cérébral et de « réveiller » certains souvenirs qui sont enfouis.

- Dis comme ça, cela semble être exactement ce dont j'ai besoin. Je sens que c'est presque trop beau pour être vrai.

- En effet. Je ne te cache pas que nous n'avons pas pu le tester encore.

- Donc, tu veux que je sois ton cobaye.

- Je veux surtout que nous nous entraidions. Si mon sérum fonctionne, tu auras tes souvenirs qui reviendrons et moi, j'aurais fait une percée majeure dans mes recherches.

- Y a-t-il des risques ?

- Comme dans tout test lorsqu'il n'y a pas de précédent ! Ecoute, je ne veux pas de réponse immédiatement mais je te demande d'y penser. Qu'en dis-tu ?

- Je vais y réfléchir.

- Bien, voici ma carte et tiens moi au courant, dit-il en se levant. Prends soin de toi Quatre, et de Tris !

Tobias le salua puis le regarda s'éloigner de lui. Bien sûr, il ne se rappelait pas de Matthew mais Tris lui avait dit qu'ils pouvaient lui faire confiance cependant, il ne pouvait s'empêcher d'être méfiant, c'était dans sa nature. Il retourna donc dans la chambre de Tris et attendit patiemment l'autorisation des médecins pour la ramener chez elle. Le chemin du retour se fit dans un silence plutôt inconfortable. Tris sentait bien que quelque chose devait le déranger mais elle ne parvenait pas à mettre la main dessus. Une fois qu'ils entrèrent dans l'appartement, Tobias installa confortablement la jeune femme sur le canapé puis lui dit qu'il reviendrait rapidement, le temps de récupérer ses affaires chez Zeke et Shauna. Quelques instants plus tard, elle le vit revenir et lui proposer de faire du thé. Elle accepta et attendit tranquillement qu'il revienne à ses côtés.

- Tobias ?

- Oui.

- Que se passe-t-il ? Je te sens préoccupé.

- Oh, comment le sais-tu ?

- Et bien pour la plupart des gens qui te côtoient, ils penseraient que tu es simplement Quatre, quelqu'un de fermé, froid presque sans sentiment mais moi, je te connais et là, je sais que quelque chose te tracasse.

- Tu me connais trop bien, ce n'est pas juste.

- Je t'écoute.

- Et bien à l'hôpital, j'ai rencontré Matthew.

- Comment va-t-il ? Que faisait-il à l'hôpital ?

- En fait il fait des recherches à l'hôpital… sur la mémoire.

- Oh, répondit-elle, méfiante. Continue.

- Et bien il a élaboré un nouveau sérum qu'il a créé à partir du sérum d'oubli et dont il a inversé les effets.

- Et il veut l'essayer sur toi ?

- Il me l'a proposé, en effet.

- Que comptes-tu faire ?

- Je suis fatigué de ne pas savoir ce qu'il s'est passé ces deux dernières années.

- J'imagine que ce n'est pas sans danger ?

- Il est resté assez évasif à ce sujet mais je ne suis pas naïf à ce point Tris.

- Ce n'est pas ce que j'ai dit.

- Mais tu l'as pensé très fort. Tu ne sais pas ce que c'est de devoir avancer dans la vie sachant qu'il t'en manque une partie. C'est très difficile pour moi de me reconstruire dans ces conditions.

- Oui mais le prix à payer pour te souvenir avec ce sérum sera peut-être élevé et je ne veux pas que tu te mettes en danger…

- Avec tout le respect que je te dois, il s'agit de ma vie.

- Oui, je sais mais j'ai surtout très peur pour toi.

- Ne t'inquiète donc pas pour moi.

- Je m'inquièterais toujours pour toi. Ce que je crains c'est que tu sois submergé par ces souvenirs et donc toutes ces émotions. Tu as déjà tellement souffert…

- Je serai prudent.

- Ta décision est prise, peu importe ce que je dirais ?

- En effet, répondit-il avec la froideur dont seul était capable Quatre.

- Alors je viendrai avec toi.

- Tris, tu es en pleine convalescence et dans ton dernier trimestre.

- Tu tiens vraiment à vouloir essayer de me convaincre de te laisser aller seul pour prendre ce sérum ? dit-elle en croisant ses bras.

- Oh… euh… je…

- Nous sommes d'accord. Je viendrai avec toi, point barre.

- Il est inutile de…

- Demande à Zeke, il répondra à ta question.

- Maintenant je comprends pourquoi il a tellement peur de toi ! Tu es redoutable.

Tris rit mais ses côtes meurtries la rappela à l'ordre et la firent gémir. Tobias se leva aussitôt et s'accroupit devant elle.

- Hey, ça va ?

- Oui, j'avais oublié à quel point ça faisait mal.

- Je vais te faire à dîner et ensuite, tu iras te coucher.

- Merci Tobias.

- Je vais appeler Matthew et je reviens, finit-il en se dirigeant vers sa chambre.

Tris soupira car même si elle avait appris à faire confiance à Matthew, elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour Tobias puisque cela était tout simplement viscéral. Elle savait que Matthew ne blesserait jamais son homme intentionnellement mais il était aussi un chercheur, avide de découverte et cela l'effrayait au plus haut point. Tobias, lui, ne pouvait être objectif car ce qu'il voulait plus que tout, c'était de se rappeler ces deux années manquantes de sa mémoire. Egoïstement, Tris sourit, pensant que peut-être, il pourrait enfin retrouver la mémoire avant la naissance de leur fille mais elle sentait tout de même au fond d'elle que cela était risqué. Avant qu'elle ne puisse continuer à cela, on frappa à la porte d'entrée. Tris se leva douloureusement et lentement, pensant qu'il s'agissait de Christina mais lorsqu'elle ouvrit la porte, elle se figea.

Tobias raccrocha, satisfait que Matthew lui ait donné un rendez-vous pour le lendemain après-midi. Il avait beaucoup d'espoir en ce sérum qui lui permettrait peut-être enfin de le sortir du brouillard dans lequel son esprit divaguait en permanence. Il retourna dans le salon, désireux de partager cela avec Tris quand il l'entendit parler, visiblement tendue :

- Je ne suis pas certaine que ce soit le meilleur moment, dit Tris.

- Qui est-ce ? demanda Tobias.

Tris se retourna vers lui, surprise. Elle le regarda un instant puis se décala et ouvrit plus la porte afin qu'il voit qui était venu leur rendre visite : il s'agissait d'Evelyn. Tobias se tendit à son tour, complètement mal à l'aise face à sa mère.

- Est-ce qu'on peut parler ? demanda Evelyn.

Tobias ne répondit pas immédiatement, se demandant s'il pouvait éviter cette discussion puis il vit que Tris ne dit pas un mot, lui laissant l'entière responsabilité de sa réponse. Il savait qu'elle ne voulait pas interagir dans ses relations avec sa mère et l'en remercia silencieusement. Tobias ferma les yeux une fraction de seconde, soupira puis accepta qu'elle entre. Il lui proposa de s'asseoir dans le fauteuil tandis qu'il observait Tris qui commençait à se diriger vers le couloir.

- Tris, s'il te plait, ça ne te dérange pas de rester avec nous ? dit-il, la suppliant presque.

- Non, pas du tout, répondit-elle, surprise de sa demande.

- Je t'en prie, assieds-toi dans le canapé, continua-t-il en l'aidant à s'installer.

- Que t'est-il arrivé ? demanda Evelyn.

- Une personne mal intentionnée, dirons-nous, répondit Tris.

- Evelyn, pourquoi es-tu venu ici ? questionna Tobias en s'asseyant à côté de Tris, la frôlant intentionnellement comme pour se donner du courage.

- J'avais besoin de te voir. Depuis notre dernière… rencontre, je n'ai plus eu de nouvelles de toi et je suis inquiète.

- Et est-ce que tu as été inquiète ces dernières années lorsque Marcus me corrigeait et m'enfermait dans le placard ? demanda-t-il, irrité.

- Tu m'en veux, et je le comprends mais je ne peux pas changer le passé, même si c'est ce que je désire le plus au monde. Tu m'as demandé de choisir entre toi et le pouvoir, et j'ai voulu te suivre, pour renouer des liens avec toi.

- Je m'en rappelle maintenant, dit-il, troublé de s'en souvenir. Mais je t'avais dit qu'il me faudrait du temps, n'est-ce pas ?

- Oh… euh, en effet.

- Et tu croyais que le fait que je sois amnésique effacerait ce que j'ai subi à cause de ton absence ?

- Non, bien sûr que non mais je ne voulais pas te perdre définitivement ! Alors je suis désolée si je te brusque mais je voulais simplement voir mon fils, c'est tout.

- Oh, tu voulais juste voir ton fils !

Tobias commença à perdre patience, aveuglé par les années de souffrance infligées par son père en l'absence d'Evelyn. Tris décida alors de poser sa main sur le genou de Tobias, ce qui l'apaisa immédiatement. Ce dernier s'arrêta de hausser le ton et regarda la main de Tris. Il ferma les yeux, comme pour se remettre les idées en place. Dernièrement, il s'était rappelé de sa dernière conversation avec Evelyn mais pas des précédentes. Il était donc confus, ne sachant pas vraiment comment gérer la situation.

- Tobias, ce n'est pas toi mais tes émotions qui parlent actuellement, dit doucement Tris. Tu dois te laisser le temps de pardonner. On n'a qu'une mère, crois-moi.

- Je suis désolé Evelyn mais j'ai encore besoin de temps, tu peux le comprendre ?

- Bien sûr mon grand. Je voulais simplement que tu saches que chaque jour que Dieu fait, je regrette de t'avoir laissé à ce monstre et je m'en voudrais toute ma vie pour ça. Je te demande simplement d'y penser et que tu puisses me laisser une petite place dans ta vie. Je sais que c'est beaucoup demander mais une chose est sûre, peu importe ta réponse : je t'aime et tu seras toujours mon petit garçon… Je vais vous laisser.

Tobias et Tris ne bougèrent pas tandis qu'Evelyn se leva et se dirigea vers la porte mais avant de partir, elle se retourna vers eux.

- Merci Tris. Et prends le temps dont tu auras besoin Tobias, ajouta-t-elle, les larmes aux yeux. Je t'aime.

Evelyn resta un instant à regarder son fils dans les yeux alors que les larmes commencèrent à tomber sur ses joues. Tobias respira bruyamment et ferma les yeux pendant que sa mère passa la porte. Une larme coula, ce que remarqua Tris immédiatement. Elle le prit alors dans ses bras et ce dernier se laissa faire, profitant de cette plénitude dont il avait tant besoin à cet instant. Il se laissa alors aller, comme jamais ça ne lui était arrivé. A vrai dire, il s'était toujours interdit de craquer à cause de ses sentiments, quels qu'ils soient mais cela était trop pour lui. Heureusement Tris était encore et toujours là, pour le consoler. Après quelques instants, il se calma et se rassit, essuyant ses larmes.

- Excuse-moi, je n'aurais pas dû…

- Tobias, dit-elle en prenant son visage dans ses mains. Tu n'as pas à t'excuser avec moi, jamais, termina-t-elle en lui souriant.

- Merci, ajouta-t-il en posant ses mains sur les siennes.

Le temps se retrouva alors comme suspendu. Chacun regarda dans les yeux de l'autre et s'y perdit. D'un côté, Tris retrouva dans le regard de Tobias cette petite flamme qui ne le quittait pas lorsqu'il l'observait, qui la faisait tant craquer et se sentir unique. Le jeune homme, quant à lui, avait des papillons dans l'estomac, tellement heureux que quelqu'un l'apprécie tout simplement puisqu'il avait manqué de ce sentiment tout au long de sa vie. Soudain, il aperçut le ventre arrondi de Tris et se crispa, ce qu'elle remarqua immédiatement. Il se sépara alors d'elle, se levant :

- Au fait, Matthew m'a donné rendez-vous dans son labo à l'hôpital demain à quatorze heures.

- Très bien, j'y serai.

- Ok… Que veux-tu que je te prépare à dîner ?

- Je ne sais pas, surprends-moi.

- Très bien, je m'en occupe et toi, tu ne bouges pas de ce canapé.

Il n'attendit pas la réponse de la jeune femme et se dirigea dans la cuisine puis s'appuya sur l'évier. Il avait le cœur qui battait fort car il était complètement ensorcelé par cette jeune femme. Ses doigts se crispèrent alors que des flashs lui revinrent en mémoire : il se vit prendre soin de Tris, après son agression et il se rappela avoir eu exactement les même papillons qui lui avaient chatouillé les tripes.