Thème du jour : Automne

Contexte : Ce texte est une fiception de Juste la fin du monde de House of the Lion, une sublime histoire sur la relation entre Cersei et Tyrion que je vous ne peux que vous recommander, elle est véritablement superbe.


Le cimetière est silencieux lorsque Tyrion y entre. C'est une belle journée, le ciel est bleu et le soleil allume des reflets sur les feuilles rousses que le vent emporte en tourbillons dorés. Il pousse un petit soupir et fait quelques pas, marche presque au hasard entre les tombes, peut-être espère t-il que celle qu'il est venu visiter ne soit plus là, que tout ceci ne soit qu'un cauchemar particulièrement déplaisant dont il ne va pas tarder à se réveiller, sans doute prie t-il encore que sa sœur soit encore en vie, même s'il n'a jamais été particulièrement croyant.

Ses pas le guident vers sa destination au parfum de mélancolie et de deuil. Il s'accroupit devant la pierre tombale où sont gravés deux noms.

Jaime Lannister

Cersei Lannister

C'est lui qui a demandé à ce que Cersei soit enterrée avec Jaime, qu'ils partagent leur dernière demeure pour l'éternité, il sait que c'est ce qu'elle aurait voulu, ce qu'ils auraient voulu.

Il pose une main sur la pierre, ferme les yeux et essaie de sentir la présence des jumeaux tandis qu'une pluie de nostalgie s'abat sur lui.

« Vous me manquez... » murmure t-il.

Il plonge l'autre main dans sa poche et en sort une pièce d'échecs.

« Je possède toujours l'échiquier que tu m'as offert, Cersei, » sourit-il avec un léger vague à l'âme. « Je l'ai posé sur la table du salon... comme ça, je l'ai très souvent sous les yeux, et je pense à toutes les parties que nous avons disputées... ça me rend heureux. »

Son sourire s'efface, aussi fugace qu'un courant d'air, aussi éphémère que les feuilles mortes qui se désagrègent sous ses pas. Ce qui le rend heureux finit inexorablement par le rendre triste, il se souvient de leurs anciennes parties et pense ensuite qu'il n'y en aura plus jamais d'autres, quelque chose qui est juste à crever le cœur.

Tyrion ne jouera plus jamais aux échecs.

Parfois, il songe qu'il ne sourira plus jamais non plus, sauf en pensant à Cersei et Jaime.

Des larmes – pas de sourires.

Il étouffe un sanglot.

« C'est dur, vous savez, » dit-il, les dents serrées. « J'ai l'impression que c'est un peu plus dur chaque jour. »

Il attend une réponse, un signe, quelque chose qui ne viendra jamais – mort, c'est mort, c'est fini, c'est perdu, comme une goutte de pluie qui s'écrase sur le sol, comme une feuille qui se fane, comme un cœur qui se brise.

« Je reviendrai, » promet-il en se redressant.

Les échos passés des rires des jumeaux le suivent alors qu'il quitte le cimetière et se met à pleurer.