12- Le Gouffre de Helm
Je quitte précipitamment les souterrains du Gouffre de Helm afin de rejoindre le corps de garde. D'ici quelques minutes, la bataille commencera. J'arrive, essoufflée, près d'Aragorn, prête à décocher mes flèches dès l'ordre donné.
« Vous pensez que cela va fonctionner ? » Me demande-t-il, anxieux.
« Il n'y qu'une façon de le savoir… » Je lui réponds sur le même ton.
Un coup de tonnerre se fait entendre et très vite, la pluie.
« Vos ancêtres sont avec vous Aragorn. » Dit Legolas.
« Pourvu qu'ils passent la nuit… » Répond Gimli.
Les Uruk-Hai arrivent et se mettent en place pendant que le rodeur clame un discours d'encouragement en elfique. Les Uruk se mettent à crier et grogner, cherchant à nous effrayer -ce qui fonctionne très bien il faut bien le dire.
« Que se passe-t-il ? » Demande Gimli en sautant, essayant de voir au-dessus du mur.
« Dois-je tout vous décrire ou vous trouverez un marchepied ? » Lui répond Legolas d'un air narquois, ce qui me fait rire.
Nous encochons nos flèches, attendant les ordres. Un vieillard n'arrive plus tenir et lâche sa flèche qui finit sa course dans le visage d'un Uruk et qui s'effondre, mort. Un silence pesant règne durant quelques secondes avant que l'armée ne s'élance vers nous.
« Aragorn ! Attendez ! » Je cris avant qu'il ne lance l'ordre de tirer.
Quelques secondes plus tard, une déflagration retentie et la terre se met à trembler. A des centaines de mètres de nous, le sol se soulève et engloutit les Uruk-Hai dans une explosion. Le feu de couleur verte illumine les remparts alors qu'une grande partie de l'armée ennemie se retrouve propulser de toutes parts.
« Et ça fait bim, bam, boom… Et ça fait pschhh, et ça fait vroum. Ça fait bim, bam, boum, dans ma tête y'a tout qui tourne. » Je chante, fière de mon coup d'éclat.
Les Uruk ayant évité l'impact restent sans voix, sans faire un mouvement, choqués de ce qu'il vient de se passer.
« C'est efficace… » Commente Aragorn, d'un coup beaucoup plus détendu.
Gimli éclate de rire, heureux de la tournure des choses tandis que le feu ravage toujours le sol.
« Je vous avez prévenu que la dose suffisait. »
« Et comment s'appelle cette terrible arme ? » Me demande le rodeur.
« Du feu grégeois… Comment avez-vous eu l'idée ? » Lui répond Legolas.
« Game of Thrones... Et Naya. »
Les Uruk-Hai finissent par reprendre leurs esprits et foncent droit sur nous.
« Encochez ! » Cri Aragorn.
Quelques secondes plus tard, il baisse son bras et une pluie de flèches s'abattent sur les armées de Saruman. Je lance un regard autour de moi et aperçois Théoden sourire, je savais que je pourrais être utile ici.
« Vous en avez touché ? » Demande Gimli, toujours aveugle.
Une seconde pluie de flèches s'abat sur les Uruk, puis une troisième. Nombre d'entre eux tombent avant d'arriver au bas des murailles, malheureusement, certains sortent également des arbalètes pour nous répondre. Je peux d'ici sentir le regard fier de Théoden sur son peuple avant de dire :
« Est-ce tout ? Tout ce que votre magie peut faire Saruman ? »
Je range mon arc et sors mon épée au moment où les Uruk mettent en place des échelles dans l'optique d'envahir le fort.
« Dites, je gagne quoi si je tue plus d'Uruk que vous ? » Je demande à Gimli et Legolas.
« Il n'y aucune chance ! » Me répond Gimli.
« Vous pariez ? »
« N'oubliez-pas de rester en vie, vous n'êtes qu'une humaine après tout… » Lance Legolas, piqué par mon défi.
Les Uruk débarquent sur le corps de garde : j'en abats un directement, puis un deuxième. Plus ils arrivent, plus ma lame se fait tranchante.
« Cinq ! » Je crie à Gimli.
« Huit ! » Me répond-t-il en abattant sa hache sur le neuvième.
Toute culpabilité me déserte, je frappe encore et encore les Uruk sans aucune pitié, c'est eux ou moi. Et mieux vaut eux que moi.
« Dix-sept ! » Nous cri Gimli.
« Et moi j'en suis à vingt-et-un ! » Lui répond Legolas.
« Ah ! Je ne laisserai pas d'oreilles pointues me dépasser ! »
« Dis donc les gars, je vous trouve peu efficace. Moi j'ai dégommé la moitié de l'armée hein ! »
« Ça ne compte quand même que pour un ! » Me répond Gimli, vexé.
Nous continuons ce stupide concours -qui néanmoins permet rester en alerte- tandis qu'une partie de l'armée adverse se dirige vers l'entrée du Gouffre.
« Ils vont forcer la porte ! » Je préviens Aragorn, trop occupée pour regarder.
Aussitôt, il donne l'ordre aux elfes de tirer vers eux. La plupart touchent leur cible mais l'armée est bien trop grande. Même avec la moitié en moins, nous sommes quelques centaines et eux des milliers.
« Si je m'en sors vivante, je ne veux plus une remarque sur ma position de femme, c'est clair ? »
« Oui et bien pour l'instant ce n'est pas gagné alors battez-vous ! » Me répond Haldir.
« Toujours aussi aimable celui-là. » Commente Gimli.
En bas, à l'un des égouts du fort, je vois un Uruk courir avec une torche enflammée. J'avais totalement oublié ce passage, quelle conne.
« Haldir ! Abattez-le celui-là ! » J'ordonne au capitaine.
Quelques secondes plus tard, Legolas et Haldir tirent sur l'Uruk mais ce dernier arrive tout de même jusqu'à sa destination. Une partie du corps de garde explose, je suis obligée de me baisser pour éviter les projectiles. Mon répit est de courte durée puisque déjà les Uruk s'aventurent à l'intérieur. Au niveau de la porte, la situation n'est guère mieux : les Uruk foncent en masse dessus, essayant de la défoncer. Les prochaines heures vont être bien longues. Aragorn et Gimli se jettent en bas, affrontant les Uruk au cœur du gouffre. Je saute à mon tour et me réceptionne avec une grâce qui m'était alors inconnue. Mon épée en main, j'aide les deux hommes accompagnés de l'armée elfique. Legolas au brushing parfait décide à ce moment d'inventer le skate-board en lançant un bouclier au sol et en sautant dessus pour descendre les escaliers. Quelques secondes plus tard, le bouclier vient se loger dans la gorge d'un Uruk et il nous rejoint.
« Mais qu'il est énervant ! » Je soupire.
« Et moi qui pensais être le seul à le penser ! » Me répond Gimli d'un air entendu.
Nous formons tous une barrière protectrice, abattant les Uruk à la pelle. Etonnement, je ne ressens aucune fatigue, l'adrénaline est vraiment une drogue formidable ! Gamelin nous demande de nous replier. Alors que je traverse la ligne pour rejoindre Haldir, j'entends Gimli grommeler :
« Qu'est-ce que vous faites ? Pourquoi on arrête de se battre ? »
Le chef des armées de Lothlorien informe ses soldats de l'ordre avant d'être assailli de tous les côtés. Avant que je ne puisse frapper, il se prend un coup.
« Haldir ! » Je cri, inquiète pour mon maître Jedi.
Il contrattaque mais est frappé par derrière une seconde fois. Je cours vers lui avec Aragorn pour le voir rendre son dernier souffle. Les larmes emplissent mes yeux alors que je vois des centaines de morts autour de moi. Elrond avait raison : tout est ma faute. Je me reprends rapidement, je n'ai pas le temps pour la culpabilité, pas maintenant. Je repars au combat avec Aragorn. Malheureusement, accablée par la tristesse, un Uruk arrive à me déstabiliser et à me désarmer, me faisant tomber au passage. A genoux au sol, je vois les Uruk s'approcher de moi, prêts à en découdre. Voyant la fin arriver, je hurle en tendant la main pour me protéger, les yeux fermés. C'est alors que l'anneau à ma main se met à vibrer et une sensation étrange se fait sentir dans mon bras. Quelques secondes plus tard, une onde de choc en sort et envoie les Uruk loin de moi. Comprenant vite que l'anneau a un pouvoir dont Galadriel ne m'a pas parlé, j'en profite pour balayer les Uruk restant vers le trou béant provoqué par mon explosion quelques heures plus tôt. Un vent violent s'abat sur eux, les faisant basculer dans les dernières flammes restantes. Je me redresse et prend la main que me tend Aragorn, encore sonnée par ce qu'il vient de se passer. Une partie des Rohirrims s'échappe vers les portes au moment où nous y arrivons, essayant d'empêcher la catastrophe. Je suis obligée de me poser quelques minutes, soudain très faible avant de sentir un liquide couler de mon nez, en y passant la main, j'y trouve du sang. Je n'ai jamais saigné du nez et il n'est pas cassé, j'en déduis donc que l'anneau a des effets secondaires. Je n'ai pas le temps d'y penser : il faut empêcher les Uruk-Hai d'entrer, l'adrénaline doit reprendre le dessus.
« Combien de temps vous faut-il ? » Demande le futur roi du Gondor à Théoden.
« Autant que vous pourrez m'en accorder. »
Aragorn interpelle Gimli pour que nous passions par un chemin secret.
« Vous ne venez pas avec nous ! » Me dit Aragorn au moment où je passe la porte.
« Sérieux ? On en est encore là ? » Je réplique en haussant les sourcils.
« C'est bon, on peut les avoir ! » Enchaine Gimli en regardant vers le pont.
« Ils sont très loin… » Constate Aragorn.
Gimli semble réfléchir quelques secondes avant de dire :
« Lancez-moi. »
« Pardon ? »
« Je ne peux pas sauter aussi loin alors lancez-moi ! Mais… Euh… Ne le dites pas l'elfe ! »
« Pas un mot… »
Les deux hommes s'élancent vers le pont, faisant un peu de ménage au passage. Je les rejoins quelques secondes plus tard, amusée par cet échange. Je peux presque entendre la musique de Howard Shore dans ma tête. A nous trois, nous abattons des dizaines et des dizaines d'Uruk devant les portes du Gouffre de Helm. C'est alors que les Uruk lancent une énorme corde -bon d'accord, j'aurais peut-être dû apprendre les noms des engins de siège- afin de monter vers une autre entrée. Ils lancent de nouveau l'assaut à l'aides d'échelles vers le corps de garde. Legolas empêche l'une des échelles d'arriver à destination en coupant les liens d'un tir de flèches.
« Gimli, Aragorn, Eleanor ! Ne restez pas là ! » Nous cri Théoden à travers le trou béant de la porte.
Legolas interpelle le rodeur pour lui lancer une corde, nous nous y accrochons tous les trois tandis que l'elfe nous ramène.
« Nous n'en viendrons jamais à bout… » Je commente, désespérée.
« Nous allons nous en sortir, tous ! » Me répond Legolas, encourageant.
« Repliez-vous ! Repliez-vous ! » Cri Gamelin tandis que les Uruk continuent d'affluer.
« Au bastillon ! »
Le ciel s'éclairci lorsque les Uruk cherchent à entrer au bastillon. Je profite de ces quelques minutes de répit pour reprendre mon souffle tandis que les hommes tentent de les en empêcher en bloquant les portes tandis que Théoden dit d'une voix grave :
« La forteresse est prise. Tout est fini. »
« Vous avez dit que la forteresse ne tomberait pas tant que vos hommes défendraient, ils la défendent encore ! Ils sont morts en la défendant ! » Réplique Aragorn d'un ton dur, avant de reprendre :
« N'il-y-a-t-il pas un autre moyen pour les femmes et les enfants de sortir de ces cavernes ? Il y a-t-il une autre issue ? »
« Il y a un passage… Il conduit dans les montagnes. Mais ils n'iront pas loin, les Uruk-Hai sont trop nombreux. » Intervient Gamelin.
« Faites dire aux femmes et aux enfants de passer par les montagnes. Et barricadez l'entrée ! » Ordonne Aragorn avant de rejoindre les hommes.
« Autant de morts… Mais que peuvent les hommes face à tant de haine ? » Dit tristement Théoden.
« Oh mais qu'il m'énerve ! » Je me plains tandis qu'Aragorn tire une tronche de trois pieds de large.
« Venez avec moi… Venez à leur rencontre. » Dit Aragorn, défait.
« Pour la mort et gloire… » Lui répond Théoden.
« Pour le Rohan. Pour votre peuple. » Je réplique en faisant face au roi avec Aragorn.
« Le soleil se lève… » Commente Gimli.
« Gandalf… » Je murmure, prête à sortir pour assister à l'une des plus belles scènes du cinéma.
« Oui… Oui… Le cor de Helm mes amis, va retentir dans le gouffre… Une dernière fois ! » Dit Théoden emprunt de courage.
Gimli s'exclame avant de partir pour dépoussiérer le cor tandis que nous montons nos chevaux.
« Voici venu l'heure de tirer l'épée ensemble. » Dit Théoden en posant une main sur mon épaule et l'autre sur celle d'Aragorn.
« Cruauté réveille-toi. Qu'importe le courroux, qu'importe la ruine, et que l'aube soit rouge ! Pour Eorlingas ! »
Le cor retentit et l'espoir avec alors que nous fonçons droit sur les Uruk. Motivée par une force nouvelle, nous descendons les marches du bastillon jusqu'à l'entrée. Une fois sur le pont, nous faisons un massacre jusqu'à ce qu'une silhouette se fasse voir en haut de la colline.
Tiens, un marcheur bla- Euh non pardon. Gandalf !
« Rohirrims ! Pour le roi ! » Cri Eomer tandis que l'armée dévale la colline d'une manière spectaculaire.
Les Uruk se tournent tous vers eux et sont éblouis par la lumière et décontenancé, ils se font engloutir par les cavaliers.
« VICTOIRE ! VICTOIRE ! »
J'observe la scène avec des étoiles dans les yeux : bien fait pour vous bande de nazes !
« La guerre pour le Rohan s'achève, celle pour la Terre du Milieu ne fait que commencer. » Annonce Gandalf tandis que des cris résonnent de la forêt.
Je ne cesse de scruter l'anneau tandis que les Uruk fuient vers la forêt de Fangorn.
