Point de vue : Harry
Nous étions dimanche, il était 21h et j'étais confortablement installé dans le canapé quand j'entendais enfin Charlie rentrer de son voyage, sa valise en main.
"Hey ! Alors ce weekend ?", je le regardais entrer avec un air amusé. J'étais curieux d'avoir un peu plus de détails après les réponses évasives de Mia à mes messages. J'étais déçu de ne pas la voir d'ailleurs.
"Le meilleur de toute ma vie", Charlie s'était approché et m'avait empoigné la main en guise de salutation. Sa sincérité et son air heureux étaient sans équivoque mais concis. Je le regardais s'agiter entre le salon et la chambre sans plus de précision, puis reprendre la direction de la porte.
"Tu repars déjà ? Tu vas où ?".
"Dormir chez Mia. Je repasse demain !", je ne me formalisais pas de l'absence de politesse et de correction. Je comprenais facilement son euphorie mais je commençais à entendre cette voix indésirable qui me disait que je m'étais peut-être trop bien appliqué à les rapprocher. J'avais poussé ma meilleure amie et confidente dans les bras de mon meilleur ami et colocataire, sans soupçonner jusqu'où cette relation pourrait les mener. Il était encore sûrement trop tôt pour que je m'inquiète mais l'idée de me retrouver minablement seul en bout de chaîne mûrissait dans mon esprit et me contrariait royalement.
Mes craintes se confirmaient les semaines suivantes. Mia et Charlie s'étaient passés de toute confidence sur leur weekend. Il n'y avait rien d'étonnant concernant Charlie mais c'était la première fois que Mia se retenait avec moi en faisant preuve de pudeur.
Charlie et Mia filaient depuis le parfait amour à m'en donner la nausée. Rester dans la même pièce que ces deux-là était devenu insupportable. J'avais cette très désagréable sensation de me transformer en chandelier face à leurs débordements d'affection et leur complicité. Je me sentais aussi coupable de jalouser ce bonheur que j'avais perdu il y a plusieurs mois avec le décès de Victoria. Le deuil commençait à se faire bien sûr, je pensais toujours à elle mais j'arrivais maintenant à imaginer un avenir sans elle. Mais dans cet avenir, je voyais toujours Mia. Je pouvais me passer de Charlie mais je ne me passerai jamais de Mia, or, Mia brillait par son absence depuis son retour de Venise. Je commençais définitivement à m'impatienter et à voir cette relation d'un mauvais œil pour des motifs que je savais parfaitement égoïstes et puériles mais je m'en fichais.
Mia me manquait et je décidais sur cette pensée de quitter l'appartement avec la ferme intention de lui imposer une soirée avec moi. Charlie était très certainement encore au travail à cette heure ci et c'était bien ma seule fenêtre de tir avant qu'il ne se précipite également à sa porte. Je partais donc d'un pas décidé jusqu'au palier. La porte n'était pas verrouillée, comme souvent et j'entrais sans invitation comme d'habitude, mais cette fois je n'aurai jamais dû. J'étais catastrophé et interdit d'arriver au pire moment. Mia était allongée dans le canapé, ses seins complètement dénudés, ses cheveux lâchés, je voyais clairement ce désir violent sur son visage et j'entendais nettement ses gémissements de plaisir depuis mon emplacement. Le reste de son corps était caché par Charlie qui avait la tête entre ses cuisses et s'appliquait avec beaucoup de concentration à répondre à ses supplications.
"OH MON DIEU HARRY !", Mia venait de remarquer ma présence, elle amorçait un geste pudique en recouvrant d'une main sa poitrine et en éloignant de l'autre Charlie qui comprenait ensuite très rapidement la situation et se relevait d'un geste vif.
"Au revoir, Harry", Charlie s'était rapproché à une vitesse éclair et me repoussait sans ménagement de l'appartement, avec un air amusé face à mon visage choqué. J'étais entré dans un état de transe et une paralysie que je n'expliquais pas et qui m'en avait fait beaucoup trop voir. Je rentrais à l'appartement sous le choc mais plus encore, j'étais catastrophé de constater cette bosse protubérante sous mon pantalon. Beaucoup d'hommes auraient réagis de cette façon après ce moment de voyeurisme qui mettait en scène une femme aussi désirable que Mia, mais moi je n'en avais définitivement aucun droit. Ca ne m'était plus arrivé depuis onze ans et j'étais dégoûté et attéré par cette réaction primaire qui avait un arrière goût honteux assimilable à de l'inceste.
J'avais très mal dormi cette nuit et j'étais dans la cuisine ce matin, torse nu, à me préparer un déjeuner de champion pour émerger et affronter la journée. J'entendais la porte d'entrée s'ouvrir derrière moi et je m'évertuais à ne pas me retourner, encore trop gêné pour affronter le regard de Charlie. Mais contre toute atteinte, je ressentais un corps mince dans mon dos et des mains douces sur mon torse, que j'aurai reconnu entre mille.
"C'est très impoli d'entrer sans frapper aux portes, Harry", Mia me narguait sans gêne ni pudeur malgré la gravité et le caractère récent de mon intrusion.
"Crois moi, ça n'arrivera plus jamais", je lui répondais en continuant de préparer mon déjeuner, sans réagir à son élan de tendresse et son ton joueur.
"Vraiment ? C'était si désagréable à regarder ?", je paniquais à cette réplique diabolique de Mia qui savait que c'était tout à fait le genre d'activité à laquelle j'aimais me prêter, elle connaissait tous de mes lubies car le sexe n'avait jamais été un sujet tabou entre nous, bien au contraire, c'était un de nos sujets préférés, mais je n'arrivais pas à prendre part ce matin à cet échange banal. Je sentais en plus à l'instant et avec beaucoup de gêne ses seins contre mon dos, que j'avais eu tout le loisir d'admirer la veille au soir. Ce souvenir et ce contact me mettaient profondément mal à l'aise et je me décidais à repousser doucement ses mains et son corps en feignant de me libérer pour mieux poursuivre mon déjeuner.
"Je suis traumatisé", Mia éclatait de rire face à mon aveu simple et sans appel et je la regardais voler sans vergogne la tartine que je venais de préparer très péniblement. Je me giflais mentalement de l'intérêt que je portais à sa bouche et à ses lèvres en la voyant croquer ce morceau de pain et lécher la confiture qui le recouvrait.
"Harry, il t'en faut beaucoup plus pour être choqué. Si tu veux mon avis, il faut que tu reprennes vite du service", je regardais Mia quitter l'appartement sur cette dernière réplique après une bise légère sur ma joue et une tape amicale sur mon torse nu.
Mia venait de me ramener sur terre et d'apaiser mes angoisses et mon trouble par cette seule réplique. Je mettais enfin une explication sur l'origine de toute cette agitation : j'étais abstinent depuis près de 9 mois. C'était atrocement long du point de vue de Mia qui connaissait parfaitement mes penchants pervers habituels, à la limite de la nymphomanie. Tout s'expliquait et c'était évident que ma réaction n'avait rien à voir avec elle. Je soupirais de soulagement en le réalisant et me promettait de remédier au plus vite à cette situation.
J'avais vu Charlie revenir à l'appartement ensuite dans la matinée avec un air tourmenté et contrarié sur son visage. Je m'étais attendu à ce qu'il me reparle de la veille également mais il n'en faisait rien et s'agitait dans l'appartement pour des raisons inconnues.
"Ça va ?", j'osais l'interrompre.
"Je dois aller à Londres en urgence. Problème de famille", j'étais inquiet de sa réponse.
"C'est grave ?", je n'osais pas lui en demander plus dans son état.
"Je ne sais pas encore…", je le laissais terminer et lui adressais une embrassade amicale en le regardant partir. Mia était venue sonner à ma porte ensuite le soir même.
"Bonjour belle inconnue, qui êtes vous ? C'est pour quoi ? Non merci je n'ai pas besoin de calendrier", le voyage de Charlie avait du bon. J'étais heureux de voir enfin Mia frapper à ma porte. Mis à part sa venue de ce matin, ça n'était pas arrivé depuis 3 semaines et ce weekend à Venise.
"Idiot, laisse moi entrer", Mia attendais sagement sur le pas de porte. Elle ne voulait pas passer la soirée seule. Son air autoritaire et vexé était mignon.
"Non", je faisais mine de lui refuser l'accès et elle se mettait à me bousculer de tout son corps pour entrer dans l'appartement. Je la laissais bien sûr faire sans plus de comédie.
"Des nouvelles de Charlie ?", je me décidais à entamer la discussion en la rejoignant dans le canapé. Je soulevais ses jambes pour les poser sur mes genoux.
"Pas encore. Sa mère est à l'hôpital et son frère a refusé de lui donner des détails par téléphone. C'est mauvais signe. Je me sens tellement mal pour lui", j'avais un peu plus de détails maintenant et effectivement j'espérais que tout irait bien pour Charlie.
J'avais dévié de sujet ensuite pour changer les idées de Mia. Nous avions passé ces sketchs qui nous faisaient toujours nous tordre de rire. L'ambiance était reposée et je m'autorisais de nouvelles curiosité, après quelques verres de vin.
"Tu ne m'as jamais raconté ton weekend à Venise et tu es un vrai courant d'air depuis 3 semaines", Mia me connaissait suffisamment pour savoir que le reproche était sincère malgré mon ton léger, et elle se cachait le visage avec des airs de comédiennes en guise de fausse culpabilité.
"Je sais et je suis désolée".
"Alors raconte moi ?"
"Quoi ? Tu vas me dire que tu n'en as pas déjà parlé avec Charlie ?"
"Tu rigoles Mia ? Cet homme est une tombe et une vraie prude, je n'aurai jamais sû pour votre partie de jambe en l'air sur l'Ile si tu ne me l'avais pas avoué au Mexique"
"Mmh. Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Le weekend à Venise était parfait et ces dernières semaines aussi".
"Oui ça je l'ai bien compris vous me l'avez répété un milliard de fois chacun. Bon sang, je t'ai connue plus loquace. Quoi, Charlie est un mauvais coup c'est ça ?", je commençais à vraiment m'agacer de toutes ses manières et je choisissais la provocation pour lui tirer les vers du nez.
"Loin de là, et tu as pu le vérifier de tes propres yeux pas plus tard qu'hier...", j'étais gêné et amusé d'entendre ma petite dépravée me répondre et retrouver un peu de sa superbe. Le sujet n'était plus sensible depuis que j'avais identifié l'origine de mon trouble. Elle riait de ma réaction et reprenait.
"Tout était génial. Les balades, la ville et tout le reste. Charlie est un amant très attentionné si c'est ce qui te tracasse, tu n'as pas à t'en faire pour moi de ce point de vue là", l'utilisation du mot "attentionné", d'apparence flatteur, était un mauvais point de la bouche d'une femme comme Mia. Je la connaissais par cœur, ses envies et ses fantasmes n'avaient aucun secret pour moi non plus et je savais que ce n'était pas la meilleure des réponses.
"Outch. Attentionné ?!"
"Oh ne me regarde pas comme ça et surtout ne me fais pas dire ce que je n'ai jamais dit ! Charlie est prodigieux, vraiment ! Beau comme un dieu, passionné, tendre et romantique à la fois"
"Mais ...?", je la voyais lutter contre un flot de paroles.
"Trop romantique, Harry, je meurs ! ", Mia se lançait finalement dans une grimace de frustration qui me faisait éclater de rire. Elle allait enfin se mettre à table. Je gardais le silence pour l'inviter à d'autres confidences.
"Pourquoi est-ce que je suis comme ça ? C'est insupportable. Je devrais être comblée, cet homme est absolument parfait. Mais j'en veux toujours plus quoi qu'il fasse ces derniers temps".
"C'était comme ça avec Victoria aussi. Je te rassure. C'est difficile je suppose de tout avoir. C'est nous qui sommes "trop" et tu le sais très bien. Essaye de lui en parler, il fera sûrement quelques efforts, c'est dans son intérêt aussi", j'avais l'impression de me revoir avec Victoria, je comprenais tout à fait et comme Mia, j'avais aussi décidé de me faire à l'idée que je ne serais jamais complètement comblé mais j'avais fait ce sacrifice en considérant qu'il n'existait pas d'autre femme qui tiendrait la cadence ou qui aurait autant d'autres qualités.
"Je ne pense pas qu'il puisse changer. J'ai essayé subtilement mais c'est profondément ancré dans sa nature. Cet homme n'est pas capable de déconnecter le sexe de ses émotions. Je vais le faire fuir à la vitesse grand V si je lui en demande plus, j'en suis convaincue. J'essaye de calmer mes pulsions et de me répéter que j'ai suffisamment profité. Je suppose qu'il est temps de se ranger comme tu dis…", je comprenais mieux que personne son sentiment. J'étais fou amoureux de Victoria également, elle ne m'avait jamais refusé aucun moment charnel mais j'avais toujours eu honte de lui en demander plus et de l'initier à mes envies. Je n'avais jamais osé lui montrer mes plus sombres désirs. Je pinçais les jambes de Mia au même moment, en signe de soutien, avec ce même sourire avenant et compatissant sur mon visage.
"Dieu, heureusement que Ricardo est passé par là avant. J'aurai fini frustrée et pleine de regret pour le restant de mes jours"
"Ce Ricardo ! C'est très bien que tu abordes le sujet ! Parlons-en !"
"Oh non, ne m'oblige pas à y repenser", j'éclatais de rire face à son gémissement et ses gestes de frustration. Mia était tellement obscène. Cette femme était mon double féminin dans tous les domaines et je me reconnaissais encore une fois en elle sur ce sujet aussi intime. Je ne me lassais pas et m'émerveillais toujours autant de cette amitié fusionnelle avec elle.
"Ok pour Charlie, je peux respecter tes manières de vierge effarouchée par respect pour lui ou je ne sais quoi mais Ricardo ? Sérieusement ? Mia, je t'ordonne de m'en parler. Ce mec était ton jouet, il m'a fallu une seule soirée pour le deviner", j'étais beaucoup trop curieux depuis que je les avais espionné sur la terrasse de sa villa le jour de leur rupture.
"Bois, ce sera plus facile. Fais le parce que crois moi, tu ne repartiras pas de chez moi sans avoir tout déballé", je remplissais de force son verre vide et je la regardais avec beaucoup d'amusement se torturer et hésiter.
"Pas maintenant alors que je fais tous les efforts du monde pour me sevrer. Tu es diabolique, Harry !", oui je l'étais, elle le savait mieux que personne et je n'avais absolument aucune honte ni gêne à l'avouer devant elle. C'était un autre côté tordu de notre amitié, ce type de confidence était bien sûr définitivement réservé à ces moments absolus d'intimité. Je vidais mon verre en soutenant son regard pour l'obliger à en faire de même. Mia le vidait d'une traite et je voyais ses airs enivrés lui redonner contenance.
"Je suis allée au Mexique avec l'idée ferme de faire une pause de tous nos drames et de toutes mes relations chaotiques. J'étais vraiment sauvage, je refusais les conversations, j'étais incapable de me faire de nouveaux amis ou de discuter avec tous ces étrangers. Je ne sais même pas pourquoi le Mexique en particulier, je voulais voir la mer, je voulais le soleil et les airs de musiques latines. Je m'étais décidée ce jour-là à partir en vadrouille en solo. Mes envies m'ont poussé jusqu'à Tulum et j'ai été amoureuse immédiatement de cet endroit. C'était là que j'avais envie d'être", je buvais ses paroles religieusement.
"J'ai fini sur cette plage ensuite et je suis tombée instantanément sous le charme de cette villa. Elle avait ce panneau à vendre sur le portillon et je n'ai pas hésité une seconde avant de passer un coup de fil. J'avais reçu les fonds du protocole et j'étais certaine de la vouloir. L'agent immobilier m'avait répondu qu'il habitait juste à côté et qu'il arrivait dans la minute pour me la faire visiter. J'ai senti très vite les problèmes arriver en le rencontrant, Ricardo. Dieu Harry, tu sais à quel point je suis faible face aux bruns ténébreux dans son genre", oui je le savais. Mia avait toujours eu sa préférence pour les bruns, elle n'avait jamais eu de cesse de me répéter que j'étais le plus bel homme du monde et toutes ses conquêtes étaient du même profil. La blondeur de Charlie et la rousseur d'Adrien étaient les seules exceptions en onze ans.
"Le pire dans tout ça c'est que cet homme était l'ange de satan. Jamais un type ne m'avait fait autant de rentre-dedans. C'était complètement déstabilisant et incorrect. La visite de la villa était insoutenable et j'ai eu toutes les peines et les hontes en réalisant qu'il me plaisait. Pile au moment où j'étais révoltée d'imaginer Charlie tranquillement à Paris avec Catherine".
"Et quoi ? Il t'a fait visiter la suite principale et tu as écarté les cuisses comme dans un bon porno ? ", Mia m'envoyait un premier coussin à mon intervention vicieuse et je riais.
"Non, pervers ! J'ai tenu le choc et ne me demande pas comment. Il a frappé à ma porte absolument tous les jours ensuite sans exception quand j'ai aménagé. C'était terrible, il était plus collant encore que Julia. Et il m'a demandé un jour si j'aimais danser et si je voulais le rejoindre à un de ses cours à Playa. Et là Harry c'était plié !", en effet, ce n'était pas le genre d'invitation que Mia pouvait refuser et j'avais compris à leurs danses au feu de camps qu'ils avaient ce passe-temps en commun.
"Il ne te faisais pas danser aussi bien que moi", c'était un constat et une réaction puérile. Je me souviens d'avoir été agacée de la voir partager cette passion avec un autre que moi.
"Non et tu sais très bien que personne ne me fera jamais danser aussi bien que toi !", je faisais mine de me toucher le cœur avec reconnaissance face à cette parole rassurante de Mia.
"Mais si tu savais tout ce que cet homme a fait de plus que toi…", notre fou rire après cette réplique sortie de nulle part était inarrêtable.
"Tu prends la pente glissante Mia, trop de suspense, je meurs d'anticipation. Est-ce que je vais enfin savoir quel genre d'amant était ce type ?"
"Oh Harry. Tout sauf le genre attentionné...", Mia se vidait encore plus de vin, avec des rougeurs très vives à ses joues et continuait de boire.
"C'était vraiment obscène. Il assumait complètement ses préférences, il trouvait toujours les mots et les gestes pour me convaincre. Je me suis laissée aller comme jamais avec cet homme. Ce type est un charmeur de serpent." , son récit collait tout à fait avec l'image que je m'étais faite de lui après quelques verres agréables en sa compagnie au feu de camp. Cet homme avait un relationnel et un charisme assez singulier et la facilité avec laquelle il touchait et parlait à Mia laissait penser à une liaison des plus torrides, ce que n'avait pas manqué de remarquer Charlie non plus, pour son plus grand malheur.
"Je l'ai fait avec lui Harry, il a réalisé mon plus gros fantasme...et c'était complètement dingue. Ca c'était le pire mais je t'assure qu'il y a encore plein d'autres choses à dire de cette liaison interdite", Mia mordait un oreiller au même moment pour extérioriser ses aveux et j'étais complètement scié.
"Dis quelque chose", elle regardait mon air choqué avec appréhension. J'étais absolument incapable de bouger car je connaissais trop bien le fantasme numéro 1 de Mia et j'étais encore très loin de me douter qu'elle en aurait eu le cran malgré son audace légendaire. J'étais estomaqué par cette information et je luttais pour la deuxième fois du weekend contre le flux de pensées absolument inavouables et interdites qui me traversaient l'esprit.
"Seigneur Dieu Mia ! Avec qui ?"
"Un de ses meilleurs amis. Aussi bien bâti, moins entreprenant mais tout aussi habile".
"Et c'était comment ?", je ne pouvais pas faire mieux que des monosyllabes, je la regardais respirer profondément et chercher ses mots.
"Absolument dévastateur…", je recevais l'information de plein fouet. Mia s'était faite prendre, en même temps, sous la chaleur torride du Mexique par deux dieux du sexe, dans un plan à trois à l'encontre totale des bonnes moeurs et des tabous. C'était son fantasme le plus inavouable, je le savais depuis plusieurs années et cet homme l'avait poussé au vice. Ça m'en disait long sur la force de persuasion et l'expertise de son Ricardo car Mia avait toujours écouté et questionné les détails salaces de ma vie sexuelle avec beaucoup d'intérêt sans jamais passer le pas, certainement à cause des amants ordinaires et non non-initiés qu'elle avait rencontrés.
J'avais très chaud malgré moi en imaginant la scène, mon cœur battait à cent à l'heure, je le sentais pulser et envoyer des torrents insoutenables vers mon sexe. J'étais de nouveau catastrophé par la gaule infernale qui était en train de me gagner.
"Mon dieu Harry, tu m'enlèves tout de suite ces images de ta tête avant que je t'arrache les yeux ! Je n'aurai jamais dû te le dire", Mia me balançait tous les coussins qu'elle avait sous la main. Elle avait compris le fil de mes pensées à mon air abruti et je me dépêchais de répondre en riant fortement et en la charriant. Il était impensable qu'elle se sente gênée avec moi ou qu'elle se doute de mon état. Je répondais à ses hostilités en lui renvoyant ses projectiles et en la bloquant sous le canapé, son corps sous le miens, pour l'empêcher de riposter. La position était aggravante mais je m'appliquais à garder quelques centimètres entre son corps et le mien pour qu'elle ne remarque rien.
"Mmh, quand j'y pense, ça aurait été dévastateur aussi dans une autre vie", les paroles sortaient sans aucun contrôle de ma bouche. J'étais hypnotisé par son allure ravageuse et ses révélations. Mia était incroyablement belle et puissante à mes yeux en ce moment.
"De quoi tu parles ?"
"Toi et moi. Je suis sûre que j'aurai pu faire mieux que Ricardo dans un monde parallèle", je venais de franchir la ligne rouge. Je maudissais mes hormones d'avoir pris le dessus sur ma raison. Mia avait arrêté de respirer et avait la bouche grande ouverte de stupéfaction à ma réplique. Je devais très vite me sortir de cette situation casse-gueule et choisissais un rire faux et des chatouilles en bonne et due forme pour détendre Mia et l'inciter à oublier très rapidement ce faux-pas. Elle hurlait de rire, je lui en infligeais suffisamment pour qu'elle se désintéresse de ma précédente réplique et je reprenais l'air de rien.
"Mon dieu Mia, qu'est-ce qu'on va faire de toi ? Tu viens de me rejoindre du côté obscur de la force, tu vas le réclamer, encore, c'est inévitable. Tout ton corps va te supplier. Tu es condamnée", je ne faisais pas forcément référence à Ricardo mais plutôt à cet orgasme dévastateur et cette perversion dont elle parlait et qu'elle ne trouverait certainement plus jamais entre les bras jaloux, possessifs et romantiques de Charlie.
"Tu es censé me rassurer Harry, pas me faire paniquer", je lui riais au nez et elle en profitait pour me bousculer de toute sa force jusqu'à m'en faire tomber au sol. J'étais sereinement allongé au sol et Mia se rallongeait sur le canapé.
"Assez parlé de moi. J'étais très sérieuse ce matin Harry. Il faut vraiment que tu ailles te défouler", Mia me jetais un nouvel oreiller au même moment. Son changement de sujet me permettait de faire taire définitivement mon érection.
"Tu te dévoues ?", Mia me renvoyait un nouvel oreiller et je reprenais "Tu as raison, je vais m'en occuper. Bientôt. Ça devient douloureux".
"Tu vas y retourner ?", la référence de Mia me faisait un effet étrange. Cela faisait plus de cinq ans effectivement que je n'avais pas mis un pied dans ce club select de la capitale. J'avais arrêté après ma rencontre avec Victoria, au grand regret des habitués qui profitaient de ma présence tous les mois. Ce n'était définitivement pas le genre de mon ex-femme et je m'étais vite fait une raison. Maintenant que Mia le disait, je réalisais que plus rien ne me retenait.
"Peut-être à l'occasion mais pas maintenant. C'est sûrement un peu trop violent pour une remise en forme".
J'entendais au même moment le téléphone de Mia sonner.
"C'est Charlie. Je te laisse. Merci pour cette soirée. Bonne nuit, mon Prince", Mia m'avait rejoint au sol sur ces mots. Je recevais l'intégralité de son corps contre le miens sans aucune gêne et je l'enlaçais en retour en appréciant comme toujours ce surnom qu'elle me rendait. J'avais enfin eu droit à mon moment avec elle ce soir.
"Bonne nuit princesse. Tiens moi au courant pour Charlie. Et pour ce que ça vaut tu viens de gagner mon respect et mon admiration éternelle", je lui rendais un baiser tendre sur sa joue et je l'encourageais à partir après une claque rapide sur ses fesses. Mia riait de son surnom et du compliment. Je la regardais partir à regret, en restant toujours allongé sur mon tapis. Je pensais au fait que Charlie passait complètement à côté de la complexité et de la beauté de cette femme phénoménale.
Point de vue : Mia
Les nouvelles de Charlie étaient vraiment mauvaises. J'avais eu une peine immense pendant ce coup de fil. J'aurais voulu être près de lui, pour le soutenir et soulager son fardeau mais je ne pouvais pas. J'étais condamnée à attendre qu'il rentre demain midi.
J'entendais frapper à la porte au même moment.
"Hello !", Harry était à la porte. Son sourire était contagieux et me réconfortait.
"Tu es de bonne humeur dis donc"
"Oui, j'ai reçu la visite d'une vieille amie hier soir, j'ai passé une excellente soirée !"
"Ah oui ? Tu me la présenteras à l'occasion", je continuais l'échange en mettant un peu d'ordre dans la cuisine.
"On sort ce soir ?", j'hésitais face à sa proposition soudaine.
"Mmh, je ne sais pas trop, je ne suis pas trop d'humeur, ce ne serait pas cool non plus d'aller m'amuser alors que Charlie est en pleine déprime à Londres"
"C'est sur ton conseil que je suis là. C'est toi qui m'a ordonné de sortir pour faire des rencontres. Viens au moins boire quelques verres et tu rentres ensuite, s'il te plaît ?!", Harry me lançait son regard le plus adorable pour me faire céder.
"Tu ne peux pas proposer ça à tes autres amis ?"
"Si je pourrai mais d'une, c'est toujours bien mieux avec toi, et de deux, Charlie rentre demain, c'est ma dernière chance de profiter encore un peu de toi avant que tu n'ais plus d'yeux que pour lui encore une fois", il jouait sur la corde sensible. Il me faisait culpabiliser pour me faire céder et ça marchait.
"Très bien. Mais un verre seulement !"
"Et un repas ! Je repasse à 20h"
"OK, va pour le repas aussi", j'avais un faux air blasé en le regardant sortir après une dernière bise sur ma joue.
Nous avions passé la soirée dans ces endroits dont nous étions habitués. J'avais tenu ma promesse et je finissais en ce moment mon dernier verre au bar pendant que Harry se laissait approcher par cette blonde pulpeuse.
"Salut. Vous êtes ensemble ?", c'était direct, elle s'était rapprochée de nous, avec une démarche chaloupée et un mouvement de chevelure assez caricatural mais plutôt efficace. Son corps et sa beauté parlaient pour elle.
"Bonsoir. Et absolument pas, la dame est prise malheureusement. Pourquoi cette question ?", je souriais derrière mon cocktail, c'était amusant de regarder Harry répondre avec assurance, avec ce regard appréciateur et ce ton charmeur. Je ne l'avais pas vu séducteur depuis de très nombreuses années et il n'avait rien perdu de ses atouts charme. C'était un maître en la matière. Je n'étais pas surprise pour un sous de l'intérêt que lui portait cette femme et elle était inversement une cible tout à fait acceptable pour un tour de chauffe.
"C'est bien dommage", je m'étouffais et avalait de travers ma gorgée face la réplique de cette femme. Je comprenais immédiatement le sous-entendu au regard insistant qu'elle portait sur ma poitrine décolletée. Harry comprenait aussi vite, mais contrairement à moi, ce démon n'était pas choqué mais soudainement très intrigué et émoustillé. L'entrée en matière était directe, cette femme n'avait pas froid aux yeux et c'était tout à fait ce que Harry aimait. J'allais vite être de trop.
"Bonne soirée", je choisissais ce moment pour me lever et déposer un baiser sur la joue de Harry. Il me rendait ma bise et me laissait partir, sans jamais quitter sa proie des yeux.
...
Je suis restée un certain temps sur la terrasse en rentrant, à échanger quelques messages avec Charlie. Je lui manquais, je lui répondais qu'il me tardait également de le retrouver et que je comptais les heures avant de le revoir. Il devait être minuit quand j'entendais la porte sonner. C'était encore Harry pour la millième fois de la journée.
"Déjà ? C'était rapide !", Harry avait une allure très sauvage, il était décoiffé, sa chemise était désordonnée, ses lèvres étaient brillantes et ses yeux pétillants. Il était diablement beau et j'étais contente de savoir qu'il avait passé une bonne soirée.
"Ne te moque pas de mes performances, ça faisait beaucoup trop longtemps", je riais en le laissant entrer et en retournant sur la terrasse.
"Et donc tu cours à ma porte pour me raconter tes exploits comme si j'étais ton pote de chambrée"
"Parce que tu es mon pote de chambrée", c'est vrai. Ça avait toujours été le cas, avant Victoria. Harry me racontait tout et parfois trop.
"Ok. Alors combien d'orgasme tu as donné à cette fille chaude comme la braise ?", je le voyais s'amuser de mon répondant et faire mine de tenir les comptes.
"Je n'en ai aucune idée. Je dirai même que je n'en avais absolument rien à foutre. Mais c'était deux pour moi si ça t'intéresse ", c'était très drôle et réjouissant de partager de nouveau ces sujets intimes et de le revoir sous son meilleur jour. Car oui, de mon point de vue, c'est dans ces situations que Harry était le plus intéressant et le plus amusant. Je le regardais au même moment se déshabiller et plonger sans autorisation en boxer dans le jacuzzi.
"Oh non Harry, c'est dégoûtant, je t'interdis de laver tes fluides dans mon jacuzzi", je m'approchais de lui pour le sortir de force mais il restait ancré solidement sur la première place et me regardait lutter en vain en riant à gorge déployée. Il choisissait ce moment pour me tirer de force et toute vêtue dans le bain avec lui.
"Mais quel con !", je le voyais redevenir plus sérieux et laisser mourir mon insulte.
"Qu'est-ce qu'il y a ?", je n'avais pas besoin d'en voir plus dans son regard pour comprendre qu'il était tourmenté.
"C'est bizarre. Après toutes ces années, de le faire avec une autre. Ca me laisse un goût amer en bouche, je ne sais pas si c'était trop tôt ou trop tard", j'étais peinée de son aveu, je ne m'étonnais pas de ce contrecoup et je comprenais mieux pourquoi il s'était empressé de venir me voir à la fin de sa soirée. Ce n'était pas pour vanter ses exploits mais pour se réconforter.
"Je ne pense pas qu'il y ait un bon moment pour ça. Tu dois t'écouter, si tu l'as fait c'est que tu en avais envie, tu n'as rien à regretter. Ne regarde plus derrière, sinon tu risques de couler comme une pierre. La vie continue, tu le sais très bien, tu t'es assez autoflagellé. De mon point de vue, il est tout à fait temps", je restais à distance de lui pendant que je lui parlais. J'espérais très sincèrement qu'il se laisse convaincre et qu'il lâche enfin définitivement prise.
"Je sais, je l'ai compris à la crémaillère quand tu as invité toute la fine équipe. Je n'ai plus envie de rester bloqué sur cette Ile. C'est juste bizarre de passer le cap".
"Je m'en doutais, c'était mon intention en les invitant", Harry me regardait avec un air attendri face à ma confidence. Il marquait un temps d'arrêt puis m'attrapppais capricieusement dans ses bras. Je m'étais donné du mal pour lui changer les idées depuis mon retour et j'étais vraiment heureuse de constater ce soir que cela avait porté ses fruits.
"Tu es mon ange gardien. Qu'est-ce que je ferai sans toi ?"
"Oh ? Tu passerais le reste de ta vie à te taper toutes ces blondes siliconées et débauchées ", il riait encore et se remettait à me fixer de façon très sérieuse.
"Je t'aime infiniment et inconditionnellement. Tu le sais ?", ça faisait longtemps qu'Harry ne me l'avait pas dit de façon si sérieuse. C'était toujours aussi agréable et je profitais de son étreinte et de ses mots tendres pour recoiffer un peu mieux ses cheveux mouillés et débraillés.
"Et moi plus que n'importe qui et tu le sais aussi.", c'était vrai et je sais que c'était terrible mais je n'avais pas encore franchi cette étape avec Charlie. Harry me rapprochait davantage de lui, dans un soupir de bien-être. J'en profitais pour me lover un peu plus dans ses bras aimants.
"C'est nouveau ces reposes-têtes ?", il reprenait l'air de rien comme toujours. Il n'y avait rien d'étonnant et de perturbant à cet échange entre nous.
"Oui"
"Magnifique. J'adore. Je pourrais m'endormir dans la seconde, comme ça"
"Alors dors", Harry venait de faire un pas énorme ce soir. J'acceptais de rester dans ses bras pour qu'il se repose et s'endorme sur ces pensées positives.
