L'amour d'un père

Chapitre 13

*Le petit coin des reviews*

Miss MPREG : Je vais essayer de ne plus être absente aussi longtemps maintenant mais c'est vrai que poster régulièrement s'est avéré plus compliqué que prévu ^^' Hagrid ça aurait été intéressant aussi mais malheureusement il est né en 1928 donc pas encore à Poudlard ! Alors en fait c'est cocasse, j'avais prévu de dire dans le chapitre qui était responsable, mais j'ai oublié ! Je vais rattraper ça dans celui-ci du coup xD Merci beaucoup beaucoup pour tes encouragements !

Jessiluck : Merci, ça fait plaisir :D Je pense que l'histoire en est déjà à peu près à la moitié, même si j'hésite encore à prolonger !

Rayan du Griffoul : Merci, j'espère que tu as passé de bonnes fêtes aussi ^^

LiRoniC678P : Non ne t'inquiète pas, le geste était sincère, je préfère faire un gentil ami plutôt qu'un piège :)

Shadow : Ah, ça tombe bien, Dumby apparait dans ce chapitre ! Pour Cécilia, franchement je pense qu'elle va rester un personnage secondaire, elle sert à Tom Sr à faire la paix avec son passé mais je ne veux pas trop qu'elle ait un rôle déterminant donc la magie restera sûrement toujours un secret pour elle. Merci pour ta review en tout cas ^^

Petite-Licorne-Arc-en-Ciel : Oui, totalement fan de ces films ! En fait, Tom était censé l'apprendre au chapitre précédent, mais l'étourdie autrice que je suis a totalement oublié d'ajouter ce passage :') Mary j'avoue que c'est un personnage que j'adore, un peu envahissante mais pleine de bonnes intentions ! Merci pour ton commentaire et à bientôt ;)

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Tom Junior ferma sortit de la salle de classe de Sortilèges au milieu des autres deuxièmes années et chercha Lysander dans la foule. Il trouva rapidement son ami aux cheveux blonds, sorti un peu avant lui et qui se laissait bousculer sans grande réaction par les élèves pressés qui passaient en parlant avec animation. Tom se faisait souvent la réflexion qu'il ne devait pas vivre dans le même monde que les autres, mais au fond cette excentricité l'amusait.

-Ça a été ? s'enquit celui-ci en voyant Tom arriver.

-Je crois, même si j'ai à peine eu le temps de développer la question sur l'utilisation du sortilège de lévitation…, soupira Tom. On était déjà en décembre – cela faisait trois mois qu'il était retourné à Poudlard et honnêtement, il n'avait pas vu le temps passer. Néanmoins, ces fichus examens de mi- semestre l'empêchaient de se réjouir pleinement des vacances de Noël à venir. Surtout en étant aussi perfectionniste.

Si Tom n'était absolument pas revenu à l'école avec l'idée de se faire des amis, il devait admettre que la compagnie du Serdaigle n'était pas si désagréable. Franchement, sa maison était même assez intéressante. Tom comprenait et approuvait totalement la soif de savoir qu'avaient la plupart de ses membres, même si en l'occurrence, certaines de ses anecdotes sur des créatures loufoques ou des forces dont Tom n'avait jamais entendu parler laissaient le jeune serpentard perplexe. Enfin, il avait plus ou moins compris que les « joncheruines » apparaissaient pile les jours où il était de mauvaise humeur ou préoccupé. Il ne demandait même plus à l'autre garçon des éclaircissements, après avoir remarqué qu'absolument aucun livre de la bibliothèque ne mentionnait de telles choses.

Bref, faire la connaissance de Lysander s'était avéré plutôt positif de toute façon ; mais le plus amusant dans cette histoire était qu'il avait plutôt envie de remercier les crétins qui partagaient son dortoir. Il s'était avéré que c'était Lestrange qui lui avait arraché son cache-oreille lors de ce stupide cours d'herbologie – sans aucun doute avec toute l'approbation et la complicité de Nott et d'Avery. Au final, cette énième manœuvre pour faire un enfer de la vie du 'sang de bourbe' s'était retournée contre eux : non seulement Tom n'était plus aussi isolé depuis l'incident qui avait précipité sa rencontre avec Lovegood, mais en plus le professeur Beery avait retiré trente points et mis deux semaines de retenue à Lestrange, passablement énervé non seulement par le fait qu'il ait délibérément envoyé Tom à l'infirmerie mais aussi parce que dans l'incident, le pot de la mandragore avait été explosé sur le sol et la plante n'en était pas vraiment sortie en bon état. Forcément, Lestrange s'était attiré les foudres des années supérieures de Serpentard qui n'avaient pas hésité à lui manifester leur mépris. Tom se félicitait intérieurement d'avoir quasiment regagné le même montant de points en l'espace de quelques semaines; non seulement cela lui attirait l'approbation de ses aînés mais il appréciait assez les regards assassins de cet idiot de Lestrange qui n'osait plus trop tenter quoi que ce soit contre lui, s'étant visiblement attiré suffisamment d'ennuis pour le trimestre.

-Tu retournes chez toi à Noël? interrogea à voix basse Lysander alors qu'ils pénétraient dans la bibliothèque dans le but de préparer leur examen d'histoire de la magie du lendemain - le dernier!

Tom acquiesça silencieusement.

-J'ai hâte! continua son ami. Maman m'a dit qu'elle avait découvert un tas de nouveaux thés, et puis je dois l'aider à se débarrasser du gui dans le jardin avant de recevoir le reste de la famille, il est sûrement infesté de nargoles.

Le plus jeune des Jedusor avait hâte aussi - surtout après la lettre pleine d'enthousiasme qu'il avait reçue de son père quelques jours auparavant. Celui-ci avait apparemment tenu à lui dire de faire de son mieux pour ses examens (comme s'il avait besoin qu'on le lui dise!); qu'il était sûr de toute façon qu'il excellerait (oui, Tom en était à peu près sûr aussi); et qu'il était impatient de le voir à l'issue de cette semaine. Tom s'était senti étrangement content de lire ça. Noël à Poudlard l'année précédente avait été plutôt agréable mais solitaire et Tom devait admettre que la compagnie de sa famille ce jour-là ne serait sans doute pas si terrible - bel euphémisme pour dire que les trois lui manquaient de plus en plus à mesure que le temps passait. Il soupira en se renfonçant dans un passage platonique de la quatorzième guerre des gobelins. Aussi qui avait eu l'idée de laisser un fantôme leur enseigner? Binns espérait-il les faire mourir d'ennui pour se sentir moins seul au pays des non-vivants-mais-pas-morts-non-plus?

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Les Jedusor avaient eu une mauvaise surprise ce matin-là. Cela avait commencé quand leur servante leur avait apporté le courrier du jour ; et une lettre était adressée à Tom Senior. Le courrier qu'il recevait arrivait la plupart du temps par hibou dorénavant, aussi en fut-il un peu étonné. Le seau officiel tamponné sur l'enveloppe par contre, l'avait vite inquiété. Aussi l'avait-il ouverte sans attendre.

-Qu'est-ce que c'est? avait demandé le patriarche d'une voie bourrue.

-Une convocation. Pour la guerre., avait répondu son fils, fixant le papier d'un air absent.

-Tu ne peux pas y aller! s'était écriée Mary, horrifiée, qui voyait déjà son fils unique mourir s'il s'engageait dans ce conflit.

-Et pourquoi pas? avait rétorqué celui-ci en relevant finalement la tête pour croiser les yeux effrayés de sa mère.

-Parce qu'on peut payer, tout simplement., avait aboyé Thomas. Inutile d'aller mettre ta vie en péril quand on peut facilement l'éviter, nous ne serons pas les premiers à choisir cette solution dans la région. Rien que les trois fils de Barrington...

-Si vous croyez que je n'en suis pas capable...

-Il ne s'agit pas de cela, avait protesté la vieille femme. Simplement, nous ne voulons pas prendre le risque qu'il t'arrive quelque malheur - et as-tu seulement pensé à Junior? Cet enfant vient à peine de faire ta connaissance, tu ne vas pas l'abandonner pour aller faire la guerre!

-Tom se débrouillerait parfaitement bien si je m'absentais quelques mois, car sûrement aurons-nous vite gagné. Et il ne s'agit pas que de se battre; c'est prouver que je ne suis pas un couard en défendant l'honneur de la patrie!

-Cela peut aussi bien durer des années comme la dernière, l'avait rabroué son père. Tu choisirais ton devoir envers la patrie au profit de ton devoir de père que tu n'as déjà que trop négligé?

Cette discussion avait remué Tom Senior. Furieux contre ses parents, les Allemands, le monde entier et y compris lui-même, il avait de ce pas ordonné à leur chauffeur de préparer la voiture pour aller à Londres. Uniquement dans le but de se servir de cette longue virée pour se calmer et réfléchir au calme à la meilleure décision à prendre. En plus, il comptait bien en profiter pour trouver un cadeau de Noël à son Tom. Il avait bien passé au peigne fin toutes les boutiques de Great Hangleton, mais rien ne lui avait semblé convenir et il ne lui restait à présent plus que quelques jours. Aussi se trouvait-il à présent au milieu du Chemin de Traverse, qu'il avait retrouvé avec un peu de mal, avec l'espoir de trouver enfin une idée plus adéquate directement dans le monde de son fils.

Et autant dire qu'il n'était pas forcément à l'aise dans cette grande allée au milieu de sorciers qui visiblement faisaient comme lui leurs emplettes de Noël, surtout sans la présence de son fils à ses côtés cette fois-ci. Pour se distraire, il examina absolument toutes les boutiques qui l'entouraient. Le magasin de Quidditch semblait attirer pas mal de monde, mais Tom se rappelait bien que le petit brun avait affirmé avoir détesté les cours de vol obligatoires en première année. Franchement, son père le comprenait, il n'aurait pas non plus fait confiance à un morceau de bois pour le soulever du sol. Il avait fait un détour par la librairie mais avec hésitation - certes offrir un livre au garçon était une valeur sûre, mais pas originale, pas aussi spécial que ce que voulait l'homme. Boutique de confiseries, de vêtements, d'ingrédients, magasin spécialisé dans les potions capillaires et beauté, papeterie, bagagerie... Tom Sr découvrait que le monde magique n'était pas si différent de ce qu'il connaissait, à sa manière. Il n'avait pas autant pris le temps de s'intéresser à ce qu'il voyait lors de sa première venue ici et découvrait cette fois vraiment une autre culture avec cette curiosité dont son fils avait hérité. Il avait finalement trouvé une idée qu'il jugeait satisfaisante et avait couru de porte à porte faire ses achats. Fier du cadeau de Noël qu'il tenait dans ses mains (il remerciait toutefois ces "sortilèges de réduction temporaires"), il se motiva à se mettre à la recherche d'un cadeau d'anniversaire aussi. Quel genre de présent pouvait être suffisamment significatif pour les treize ans de Tommy? Pour la première fois de sa vie qu'il pourrait fêter la naissance de son fils, il voulait que ça soit parfait.

Il avait fait le tour de toute l'allée deux fois et se décourageait quand il repéra un étroit passage vers une autre rue en retrait. Allée des Embrumes, indiquait un panneau en bois abîmé par le temps accroché sur le mur d'une maison à l'intersection des deux rues. Elle semblait peu fréquentée, mais haussant les épaules, Tom Senior décida d'aller voir s'il ne pouvait pas y trouver quelque autre boutique supplémentaire.

Alors qu'il s'enfonçait dans cette allée, il se fit la réflexion qu'elle semblait plus sombre, dénuée d'animation, et d'une ambiance plutôt inquiétante. S'il n'était déjà pas très à l'aise dans cette partie sorcière de Londres, il était carrément sur ses gardes ici. Il commençait à envisager de faire demi-tour lorsqu'il fut distrait par une boutique à la vitrine étrange. Intrigué, il observa une sorte de poupée vaudou, d'épais tomes aux gravures dorées, un curieux collier serti de diamants dont l'éclat avait inexplicablement quelque chose de menaçant. Sans vraiment en être sûr, Senior sentit alors vraiment qu'il venait de découvrir un de ces aspects moins beaux de la magie. Il pouvait presque sentir le danger qui émanait de ces objets, comme une force noire, maléfique, ensorcelante. Comme elle. Il avait du mal à en détacher son regard mais revint soudainement à la réalité lorsqu'il entendit des rires - qu'il trouva sinistres. Et qui se rapprochaient. Il fronça les sourcils en observant les nouveaux arrivants. Trois personnes en robes noires montaient l'allée vers lui, parlant avec animation. Il y avait une femme, et deux hommes aux épaules baraquées. La femme le remarqua lui sourit. D'un sourire carnassier qui découvrit deux dents blanches étincelantes et... pointues? Il n'eut pas plus de temps pour réfléchir à cette question car il sentit brusquement une main lui agripper fermement l'épaule par derrière et le tirer en arrière.

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Après quelques heures d'étude à la bibliothèque, Tom et Lysander se séparèrent pour retourner dans leurs salles communes respectives. Comme la bibliothèque se trouvait au quatrième étage et l'antre des serpents dans les cachots, Tom avait un certain nombre d'escaliers à emprunter et cette fois-ci, ils ne semblaient pas du tout coopératifs. Comme si c'était fait exprès, ils changeaient de direction pile au moment où Tom arrivait, le laissant bêtement attendre le retour des marches pendant un temps interminable. Tom ne put retenir un grognement quand il se retrouva encore une fois face au vide en arrivant au deuxième étage.

-Les escaliers te donnent du fil à retordre, Tom? fit une voix amusée derrière lui.

Tom fit volte-face pour croiser les yeux pétillants de son professeur de métamorphose derrière ses drôles de lunettes en forme de demi-lune.

-Bonjour, professeur, répondit poliment Tom, masque en place, sans toutefois daigner répondre à la question un peu moqueuse de Dumbledore - il ne l'aimait pas, il n'allait pas davantage lui faire la discussion! Malheureusement, les escaliers ne semblaient pas pressés de retourner sur ce palier pour qu'il puisse vite s'échapper.

-J'ai vu que, contrairement à l'an dernier, ton nom n'était pas inscrit sur la liste des élèves restant au château pour les vacances de Noël, poursuivit Dumbledore comme si de rien n'était. -Tout est en ordre, j'espère?

Tom soupira intérieurement mais savait que cette fois, l'attente d'une réponse était claire, et que ne pas répondre serait impertinent.

-Oui, c'est normal, professeur.

-Tu retournes donc à Londres pour les fêtes? voulut s'assurer le chef de maison des Gryffondor, sui haussa un sourcil incrédule; après tout il avait vu de lui-même que Tom ne semblait pas apprécier l'orphelinat plus que cela, étant donné l'enthousiasme manifeste qu'il avait eu à le quitter et sa réticence à y retourner aux dernières vacances d'été.

-Non, dans le Derbyshire, chez mon père., admit Tom en triturant la manche de sa robe avec nervosité.

Heureusement pour lui, il vit ces fichues pierres arriver devant ses pieds avec soulagement; et après un rapide au-revoir au sous-directeur de l'école, il ne perdit pas de temps pour redescendre en espérant ne pas tomber une énième fois sur des escaliers fuyants. Si cela continuait comme ça, il n'aurait même pas le temps de déposer ses affaires dans le dortoir avant l'heure du repas dans la Grande Salle.

Quelques étages au-dessus, Tom avait laissé un sorcier à la barbe grisonnante et à la robe excentrique en pleine réflexion. Albus n'aurait pas donné quelques années au jeune Tom pour qu'il tombe dans les arts noirs. Tout allait dans ce sens, de ses origines familiales évidentes de par sa capacité de fourchelangue; de l'environnement de vie que représentait l'orphelinat - c'est-à-dire, il fallait l'avouer, tout sauf idéal ; jusqu'à l'attitude méfiante voire agressive qu'exprimait alors l'enfant de onze ans. Le changement chez Tom depuis cette rentrée était discernable toutefois, il l'avait vite remarqué. Moins de tension dans ses épaules, et finalement il se liait aux autres, s'il se fiait à toutes ces fois où il l'avait vu en la compagnie du jeune Lovegood au cours de ces dernières semaines. Ce changement qu'il n'aurait pas cru possible, chez l'enfant qu'il aurait juré déjà irrécupérable, était-il dû, tout simplement, au fait que l'enfant ait retrouvé sa famille? Si le professeur de métamorphose était certain de par le récit de Mrs Cole que la mère du jeune Jedusor était morte, il avait ainsi donc toujours son père. Mais enfin, songea-t-il en secouant avec amusement la tête; ne l'avait-il pas déjà constaté à de nombreuses reprises, ce fameux pouvoir de l'amour?

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Tom Jedusor Senior qui face à l'homme qui venait de le trainer à l'intérieur de la boutique devant laquelle il se tenait auparavant. C'était un homme aux yeux gris-bleu et aux épais cheveux noirs.

-Vous êtes fou? siffla l'homme. Sr trouva qu'il avait du culot. -Un moldu comme vous n'a rien à faire dans l'allée des embrumes, avez-vous seulement une idée de ce qu'auraient pu vous faire ces vampires?

Ainsi les vampires existaient. Tom eut un rire nerveux. Bien sûr, après les gobelins et les balais-volants, il y avait les vampires.

-Dans ce cas... je suppose que je dois vous remercier, admit-il gêné. -Comment pouvez-vous savoir si facilement que je suis un moldu? Qu'est-ce que des vampires faisaient-ici? Est-ce une rue exprès pour eux? En êtes-vous un? ajouta-t-il, s'écartant avec méfiance.

-Votre tenue vous trahit, fit l'homme en levant les yeux au ciel. -Et la rue est sorcière, simplement mal famée. Mieux vaut ne pas y traîner si vous n'avez pas les moyens de vous défendre. Et rassurez-vous, je ne suis pas un vampire.

-Sorcier, alors? voulut s'assurer Tom Sr.

-Non plus. Je suis cracmol. Mes parents sont sorciers mais pas moi, expliqua-t-il en voyant la mine perplexe qu'affichait l'autre homme.

-Mais vous vous promenez quand même ici?

-Oui. Ma famille est, disons, habituée à avoir des affaires dans cette rue... Nous devrions sortir à présent. Je doute que Messieurs Barjow et Beurk apprécient que l'on se serve de leur boutique comme refuge. Surtout nous, grimaça-t-il.

Tom Senior ne l'entendait pas de cette oreille et commença à déambuler entre les étalages, louchant avec incrédulité sur les étiquettes de certains artéfacts exposés comme "Main de la gloire" ;"Broche maudite" ;"Potion vert émeraude - douloureux" . Quelque peu vexé déjà de la façon dont il avait été forcé d'entrer dans cette boutique, il avait bien l'intention de l'explorer, même s'il n'y était prétendument pas le bienvenu. Il se rappelait ce que son fils lui avait raconté à propos de la façon dont était vus les gens sans magie par certains; mais c'était la première fois qu'il se trouvait confronté à cette réalité, ses expériences avec le monde sorcier s'étant jusqu'ici déroulées sans anicroche. Il se retourna vers l'inconnu qui maugréait dans sa barbe.

-Comment vous appelez-vous, au fait?

La question ne l'intéressait pas spécialement, puisque ce n'était pas comme s'il connaissait beaucoup de noms de familles sorcières; mais il l'avait aidé à sa manière, alors Tom jugea bon de lui faire la conversation pendant qu'il poursuivait son exploration de la boutique.

-...Marius Black. Avez-vous bientôt fini? Je pense que nous n'avons déjà que trop tardé...

-C'est bien mon avis aussi, fit une voix grinçante derrière eux. Monsieur Barjow - ou était-ce Beurk? - venait de surgir derrière le comptoir et les fixait d'un regard noir.

Marius lui avait aussitôt saisi le bras pour l'emmener de force, cette fois vers la sortie; mais Sr, pourtant cette fois disposé à le suivre sans broncher, se stoppa net à mi-chemin à la vue d'un éclat familier à sa droite. Ses yeux s'étaient posés sur un collier, un médaillon doré serti d'une émeraude qu'il ne connaissait que trop bien. Pour l'avoir vu, des mois durant, au cou de Mérope qui en était si fière.

-Ce médaillon, dit-il d'une voix blanche en pivotant vers le marchand qui le regardait avec impatience. Où l'avez-vous eu?

-On me l'a vendu, fit froidement l'homme.

-Une femme?

-Ah, oui, en effet. Il ricana. -Ou plutôt une pauvre sotte enceinte jusqu'aux yeux, qui en a accepté trois fois rien. Maintenant, sortez!

-Non, répliqua sèchement Tom Senior dont le sang n'avait fait qu'un tour. -Ne vous a-t-on jamais dit qu'il n'était pas correct de mettre un client à la porte?

-Pour être un client, il faut acheter, rétorqua l'homme. Et je doute que vous puissiez vous le permettre.

-Vous supposez mal. Cette sotte, comme vous l'avez décrite, était la mère de mon fils. Je le rachète, conclut-il en vidant une partie de sa poche de gallions sur le comptoir de cet homme détestable. Il avait bien fait d'en prendre plus que de raison à Gringotts, ayant un peu du mal avec les valeurs de la monnaie sorcière.

-Il vaut bien plus que cela, c'est l'héritage d'une des plus nobles familles de sorciers du pays, s'offusqua le commerçant.

-Vous ne l'avez pas acheté bien cher non plus, vu ce qui est arrivé à son ancienne propriétaire. Alors... 136 gallions, ça me semble être un prix suffisamment généreux pour qu'il retourne entre les mains d'un héritier légitime de cette famille.

-250, pas moins, cracha le marchand avec hargne.

-Très bien, conclut Tom en lui tendant la différence.

Quelques minutes plus tard, il marchait silencieusement avec Marius dans le Chemin de Traverse, qui le raccompagna jusqu'à la sortie du Chaudron Baveur. Il poussa un soupir de soulagement en retrouvant le Londres moldu. Il n'était pas fâché d'être loin de cet homme affreux, de cette boutique affreuse, de cette rue affreuse. Il allait pouvoir rentrer à Little Hangleton, avec quand même une dose de positif dans cette journée: il avait atteint son but en dénichant les présents idéaux pour son fils, et même peut-être... gagné une connaissance intéressante. Il se promit de revoir cet homme - au moins avait-il déjà le prétexte tout trouvé de devoir le remercier.