Thème du jour : Logique

Contexte : AU S2


Le comportement de Tyrion n'avait rien de logique.

Il savait que Cersei entretenait une liaison incestueuse avec Jaime. Il le savait probablement depuis des années et le fait qu'il n'en ait jamais soufflé un mot à Père dans l'espoir de récolter enfin un peu de reconnaissance était déjà un exploit en soi, mais ceci était en fait parfaitement logique. Tyrion n'aurait jamais pris le risque de lui attirer des ennuis en sachant que cela retomberait également sur Jaime.

Ce n'était pas ça qui l'empêchait de fermer l'oeil, le soir, alors qu'elle contemplait le plafond en essayant d'oublier que son autre moitié était loin, très loin d'elle, en essayant d'oublier qu'il était peut-être déjà mort.

Tyrion savait, il savait que Jaime était le père de Joffrey, Myrcella et Tommen, il savait que les baisers et les étreintes qu'ils échangeaient n'avaient rien de fraternel et si Cersei ignorait comment il l'avait deviné, elle ignorait surtout pourquoi il n'était pas dégoûté en les regardant.

Ce n'était pas logique.

On apprenait à tous les enfants que l'inceste était un crime répugnant qui ne produisait que des abominations, quelque chose qui ne devrait même pas exister, il savait tout ça et pourtant il l'acceptait comme si c'était la chose la plus naturelle au monde.

Un soir, alors qu'ils songeaient avec anxiété à l'arrivée imminente de Stannis Baratheon, Cersei se tourna vers lui et croisa les bras sur sa poitrine.

« Pourquoi ? »

« Tu sais, je suis peut-être intelligent mais j'ai besoin de plus qu'un simple mot pour saisir de quoi tu parles... »

Elle claqua la langue avec agacement.

« Pourquoi est-ce que ce que Jaime et moi faisons ne te dégoûte pas ? »

Pourquoi ne veux-tu pas me donner une raison supplémentaire de te haïr ? semblait-elle dire.

Tyrion la regarda longuement avant de soupirer.

« Je ne sais pas. Jaime t'aime et tu aimes Jaime. Ça semble juste... bien. Naturel. Tu sais que j'aime Jaime plus que tout. Rien de ce qu'il fera jamais ne me dégoûtera ou ne me fera le haïr. »

Leur amour pour Jaime. Sans aucun doute leur plus grand point commun.

« Et moi ? » se surprit-elle à demander.

Un sourire triste étira ses lèvres.

« J'aimerais t'aimer, Cersei. Mais tu ne me laisses pas faire. »

Complètement troublée, elle se détourna et se replongea dans le silence.

.

Quelques jours plus tard, alors que la bataille était sur le point de commencer, Cersei fit une apparition dans la salle du trône et rejoignit Tyrion. La pensée qu'il ne verrait peut-être plus jamais le soleil se lever lui fit un drôle d'effet.

Si le monde entier apprenait la vérité sur Jaime et elle, Tyrion serait le seul à les soutenir et à ne pas leur jeter la pierre.

Ce n'était pas logique, mais c'était comme ça.

« Ne meurs pas, » finit-elle par lâcher. « Je détesterais devoir expliquer à Jaime pourquoi tu n'es pas là pour l'accueillir. »

Elle voulut ajouter quelque chose mais ne trouva rien. Après un imperceptible signe de tête, elle s'éloigna rapidement.

Tyrion sourit malgré lui.

Il y avait peut-être quelque chose à espérer.