Ok, ça faisait un moment que je n'avais pas updapté cette fic et dernièrement, j'avais même dû en supprimer les chapitres déjà postés parce que : je ne m'en sortais vraiment pas avec ses corrections, j'avais peur de devoir modifier considérablement ses premiers chapitres une fois la relecture de cette première partie terminée et... je ne pensais tout simplement pas que je trouverais le courage de retravailler tout ça aussi vite, haha !
La bonne nouvelle (?) c'est qu'il n'y a pas eu de grosses modifications dans les chapitres que j'avais postés jusqu'ici. Quelques broutilles ont été revues, mais sans doute rien de bien important.
Aussi, on s'en doute, cette première partie est entièrement écrite, elle fait en tout 28 chapitres et je suis dans la dernière étape de ses corrections (Celle où je sais que le tout tient plus ou moins la route et qu'il faut juste que je revoie ici et là certains trucs dans les chapitres qu'il me reste à poster).
Partie 12
26
La portière du coffre ouverte, Yazoo est assis là, son regard braqué en direction de l'horizon. Ils se sont garés près de la clôture qui sécurise l'avancée où est situé le commerce se faisant appeler « La cabane à glaces ». Un large choix de parfums y est disponible et, pour l'heure, sa terrasse est occupée par bien peu de monde – un homme solitaire, un groupe de jeunes, ainsi que deux femmes d'âge moyen venues sans doute se détendre pendant leur pause. Plus bas, la plage. L'île étant toutefois assez peu touristique, ceux à s'y rendre appartiennent principalement aux locaux.
La brise qui souffle est chaude et ne parvient pas vraiment à lui apporter de réconfort. Dans son dos, sa moto, bâchée, a été attachée comme ils l'ont pu pour l'empêcher de tomber pendant le trajet.
— Ça va toujours ?
Yazoo cligne des yeux, avant de les tourner en direction de Sephiroth qui, venu s'asseoir près de lui, ôte à présent la chemise à carreaux qu'il portait pour l'abandonner sur ses cuisses.
— Ça va, répond Yazoo. Il n'y a pas grand-monde, aujourd'hui…
Et puis de là où il est, ceux qui déambulent sur la plage ne sont que des silhouettes. Quant aux clients installés à la terrasse, il lui suffit de se reculer un peu pour ne plus les avoir dans son champ de vision. Il se sent un peu nerveux, mais ne devrait heureusement pas être trop fatigué en rentrant.
Un peu plus loin, Angeal et Loz font la queue et, connaissant ce dernier, il risque de mettre un moment à faire son choix.
Le silence s'étant installé entre eux, Yazoo reporte son attention sur Sephiroth et remarque que celui-ci a l'air contrarié.
— Tu penses à Kadaj ? questionne-t-il.
Car il devine combien l'absence de ce dernier doit lui peser. Kadaj adorait venir ici… et l'adore sans doute toujours, bien qu'il doive davantage fréquenter l'endroit avec Todd ou ses autres amis, aujourd'hui.
— Pas exactement, le détrompe toutefois Sephiroth.
Puis, après une hésitation, il ajoute :
— En fait, c'est à toi que je pensais.
Et à Yazoo, étonné, de le fixer.
— Comment ça ?
Un « Mhhh… » échappe à Sephiroth. Celui-ci continue de paraître contrarié et, l'espace d'un instant, Yazoo craint d'avoir fait quelque chose qui lui ait déplu – sans pour autant parvenir à mettre le doigt sur ce dont il s'agit.
Et alors que son frère pose ses yeux sur lui, Yazoo sent son cœur manquer un battement. En fait, si. Il voit bien quelque chose, mais…
Il ne peut pas savoir pour Genesis !
Car à moins que le concerné ne soit venu directement lui en parler, il est impossible qu'il ait eu vent de ce qu'il se passe entre eux !
— C'est juste, commence Sephiroth, incertain. Que j'ai parfois l'impression que tu vas mal…
Et comme Yazoo secoue la tête, l'air de dire qu'il ne voit pas ce que cela a d'étonnant, Sephiroth précise :
— Je ne te parle pas de tes problèmes de santé… plutôt… il m'arrive de te trouver abattu… ou déprimé. Je sais que tu fais de ton mieux pour que ça ne se voit pas, mais…
Et à Yazoo de secouer à nouveau la tête. Pas pour nier, mais plutôt pour signifier son étonnement.
— Grand frère… ? commence-t-il.
Et à Sephiroth de lui faire un petit sourire désolé.
— J'aurais sans doute dû venir en parler avec toi… enfin, j'ai essayé, bien sûr, mais… comme chaque fois tu me répétais que tout allait bien, je n'ai jamais osé insister. Je sais ce que c'est que d'être déprimé et je n'ai pas toujours apprécié qu'on vienne mettre son nez dans mes affaires quand ça m'arrivait. Et comme tu ne te décidais pas à m'en parler… j'ai pensé…
— Qu'il valait mieux garder tes distances ?
Dans le ton de Yazoo, il y a davantage d'amusement que de reproche. Sephiroth hausse les épaules.
— Tu es grand, maintenant. Et j'ai le sentiment que je risque surtout de te déranger en me montrant trop… enfin, peut-être que tu risques d'avoir l'impression que j'essaye de t'étouffer ou…
— Je ne suis pas Kadaj, tu sais ?
— C'est vrai, reconnaît Sephiroth.
— Et je ne vais pas te repousser si tu insistes un peu parce que tu te fais du souci pour moi. Et même Kadaj, en vérité… (Yazoo incline la tête sur le côté.) Je sais qu'il n'en a pas l'air en ce moment, mais il a besoin de sentir que tu t'inquiètes pour lui… quant à moi…
Un petit sourire apparaît sur ses lèvres.
— Moi, je préfère que tu viennes me voir si tu penses que je vais mal.
— Et tu sais que tu peux venir me parler si tu en as besoin…, lui rappelle Sephiroth. Tu le fais de moins en moins et je ne comprends pas tellement pourquoi. Je veux dire… entre toi et Kadaj, je me demande parfois ce que j'ai pu faire de mal pour que vous vous éloigniez de moi de cette façon.
— Je ne cherche pas à m'éloigner de toi, tu sais, lui répond Yazoo. En vérité, c'est juste que…
Il pousse un soupir.
— En fait, je ne veux pas vous déranger avec mes problèmes, c'est tout.
Et à Sephiroth de froncer les sourcils.
— Tu ne me déranges pas.
— Je sais, grand frère. Disons que je m'en suis convaincu tout seul et…
— Dans ce cas, je préférerais que tu te retires ces bêtises de la tête. Parce que pour moi… (Il marque un temps d'arrêt et prend une inspiration.) Tout ce qui m'importe, c'est que toi et tes frères soyez heureux. Et je ferai tout ce qu'il faut pour vous y aider et vous soutenir. (Un sourire pâlot vient étirer ses lèvres.) Même si je ne suis pas toujours très doué, je sais.
Et à Yazoo de laisser entendre un petit rire.
— C'est vrai que parfois…
Avant de passer ses bras autour de Sephiroth et de le serrer contre lui.
— Merci, grand frère.
Et à Sephiroth de lui rendre son étreinte, d'abord maladroitement, puis avec plus de naturel.
— Et donc, fait celui-ci. Qu'est-ce qui ne va pas… ?
Laissant échapper un bruit de gorge songeur, Yazoo profite encore quelques secondes de leur embrassade, avant de se reculer.
— Pour résumer… disons que je me sens parfois à l'étroit chez nous.
— Je peux comprendre, lui répond Sephiroth, comme s'il ne lui apprenait rien de nouveau. En vérité, il m'arrive d'y penser… de me demander si cette vie ne finira pas par te rendre malheureux.
Et à Yazoo de hausser les épaules.
— Tant que je suis avec vous, je pourrai être heureux, mais… j'aimerais bien… enfin… des fois, j'aurais vraiment besoin de voir autre chose. Parce que pour l'instant, j'ai un peu l'impression de passer à côté de ma vie. Surtout qu'en dehors des corvées ou de nos séances d'entraînement, je n'ai pas grand-chose à faire de mes journées et je crois que ça va finir par me rendre dingue. (Puis, inclinant la tête, il ajoute :) Un peu comme toi quand on a commencé à vivre ici.
— Tu avais remarqué ? s'étonne Sephiroth.
— Toi aussi tu faisais de ton mieux pour qu'on ne le voie pas, mais je sais bien que tu as eu du mal à te faire à cette vie. Ce n'était pas assez mouvementé pour toi.
— Oui… et non. En vérité, il y a aussi que d'un seul coup je me suis senti terriblement inutile. (Et comme Yazoo l'interroge du regard, il porte son attention en direction de la Cabane à glaces où Loz semble encore hésiter sur la composition de sa glace.) J'ai été sollicité de toutes parts depuis que je suis enfant… et j'étais très jeune quand on m'a envoyé au combat. À la Shinra, mes compétences avaient une utilité. Mais ici… dans la vie réelle… disons qu'être une machine de guerre n'est pas ce dont le monde a le plus besoin. (Un sourire sans joie apparaissant sur ses lèvres, il ajoute :) Et puis être Sephiroth, l'ancien héros de la Shinra… comment dire ? Ça peut vite vous isoler.
Un peu plus loin, Loz semble s'être enfin décidé. Angeal discute avec le commerçant et, sortant son portefeuille, désigne du doigt les canettes de présentation alignées sur le comptoir.
— Mais tout ça, c'est de l'histoire ancienne, reprend Sephiroth, qui se tourne vers Yazoo. Aujourd'hui, j'ai trouvé mon équilibre. Je travaille même de nouveau pour le SOLDAT et je pense pouvoir dire que j'ai l'existence que j'ai toujours souhaitée. Et ce que j'aimerais, à présent, c'est qu'il en soit de même pour toi.
— Tu fais déjà beaucoup pour nous au quotidien, lui rappelle Yazoo avec le sourire timide de celui qui a le sentiment qu'il ne mérite pas une telle attention.
— Mais il y a sans doute quelque chose que je peux faire pour t'aider à te sentir mieux.
Touché, Yazoo laisse entendre un bruit de gorge. Puis, il tend une main en direction de sa moto.
— Ça, lui dit-il. C'est déjà un pas en avant pour moi.
Et comme ses doigts se crispent sur la bâche qui la recouvre, il sent sa gorge se serrer. Il y a encore une semaine, il n'avait jamais osé parler de ses problèmes avec les membres de sa famille et, aujourd'hui, voilà qu'il en est à en discuter avec son grand frère lui-même. Et non seulement ça, mais il a également reçu du soutien à chacun de ses aveux, d'abord de Genesis, puis de Kadaj, et maintenant de Sephiroth. L'émotion présente en lui le chamboule complètement et il se demande si, dans le fond, il n'a pas été stupide. Car en gardant tout ça pour lui, par crainte d'être un poids pour les autres, il est parvenu à inquiéter et à faire de la peine à ceux qui comptent le plus pour lui.
— Mais je suis sûr qu'on peut faire encore plus, lui dit Sephiroth en lui posant une main sur l'épaule.
Sa gorge se serrant davantage, presque à l'étouffer, Yazoo ne répond pas. Les yeux humides, il se réjouit d'avoir sa casquette et ses cheveux pour faire écran et, ainsi, dissimuler son trouble.
Au même instant, Angeal et Loz les rejoignent enfin. Le premier tient leurs quatre pots de glaces, en plus d'un sac en plastique qui, pendant à son poignet, contient leurs canettes de soda. Loz, quant à lui, transporte une table par son pied, ainsi que deux chaises que les employés – les connaissant de longue date – ont bien voulu les laisser ramener jusqu'à leur camionnette.
— Désolé pour l'attente, Loz n'arrivait pas à se décider, leur lance Angeal, tandis que le coupable en question pose ses chaises à terre, avant d'en faire de même avec la table.
— C'est pas ma faute, se défend-il avec un air de petit chiot qui aurait fait une bêtise. Ils ont de nouveaux parfums et moi je savais plus du tout quoi choisir.
— C'était pas un reproche, Loz, lui dit Angeal en déposant les pots de glaces sur la table, avant de tirer une chaise à lui pour s'y installer.
La table positionnée face à leur coffre, Sephiroth et Yazoo n'ont qu'à tendre la main pour se saisir des leurs. Dans celui de Yazoo, trois boules – parfums chocolat, vanille, ainsi que nougat. Et décorant celles-ci, des éclats de cookies. Récupérant la petite cuillère qui y est plantée, il l'enfourne dans sa bouche et se sent fondre de plaisir. Pas seulement à cause du goût de ces glaces artisanales qui, comme à leur habitude, sont délicieuses, mais surtout parce qu'il peut à nouveau les savourer en famille.
Ça fait combien de temps que je n'étais pas venu ici, avec eux ?
Arrivé à un âge, il s'est en effet complètement renfermé sur lui-même. Encore une fois parce qu'il ne voulait pas être un poids pour les autres et qu'il savait que sa présence, même pour cette simple activité, pourrait leur causer du souci.
Et peut-être que j'ai fait ça aussi parce que je ne voulais pas me rappeler trop vivement ce à côté de quoi je passais…
Ce qui était sans doute une autre erreur de sa part. Parce qu'en définitif, ces instants, même ceux où il savait qu'il risquait de rentrer malade, lui ont terriblement manqué…
Près de lui, il peut entendre Sephiroth discuter avec Angeal. Loz, lui, a déjà englouti sa glace de moitié et a porté sa canette de soda à ses lèvres. Ne manque à ce tableau que Kadaj…
… et Genesis…
Pour qu'il soit complet.
Oui, ils auraient dû venir eux aussi…
Car il est certain que si l'un d'entre eux s'était donné la peine d'en faire la proposition à Genesis, ce dernier ne se serait pas fait prier pour accepter. Peut-être même que Kadaj, en voyant qu'il allait être celui qu'on laisserait de côté, se serait décidé à les accompagner également.
J'aurais mieux fait de lui demander de venir, au lieu de m'agacer contre lui…
Et sans doute n'a-t-il pas été tout à fait juste avec le Banoran tout à l'heure… et qu'il est temps pour lui de passer l'éponge.
— N'empêche, fait Loz en mâchouillant la petite meringue qui décorait son pot. Kadaj va être triste quand il va savoir qu'on est venus manger des glaces.
— Yazoo lui a proposé de venir, lui rappelle Angeal, qui en a presque terminé avec la sienne.
— Il ne savait pas qu'on passerait ici, rappelle Sephiroth. Je n'étais même pas sûr qu'on le ferait, mais…
Se tournant en direction du coffre, il tire à lui la glacière qu'il y a déposée avant leur départ et dont ils se servent en général pour transporter glaces et autres produits surgelés.
— J'ai tout de même prévu le coup !
27
— Je suis désolé. Je sais que j'aurais déjà dû vous envoyer mon texte, mais…
Genesis retient un soupir. Installé à son bureau, et son portable à l'oreille, il est en communication avec le directeur de la revue à qui il a promis sa dernière nouvelle. Et celui-ci n'est pas très enchanté qu'il ait déjà deux jours de retard sur la date estimée de sa réception.
— J'ai eu un petit contre-temps… une affaire de famille difficile à gérer. Mais je travaille actuellement dessus. Ne vous inquiétez pas, vous la recevrez avant la date butoir.
Étouffant cette fois un grognement, il repousse ses lunettes pour se masser les paupières. L'homme commence à lui taper sur le système avec ses plaintes qui n'en finissent pas. Croit-il sincèrement que c'est en lui faisant perdre son temps de cette façon qu'il aura ce fichu texte avant le bouclage de son numéro ?
— Écoutez, ce n'est pas dans mes habitudes de rendre mon travail en retard, d'accord ? Et je crois que j'ai encore quelques jours devant moi avant que ça ne soit vraiment un problème. Je vous donne donc ma parole que vous aurez ma nouvelle dans les temps. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser… je suis certain que vous devez être tout aussi occupé que je le suis moi-même.
S'ensuivent des adieux pas forcément très amicaux et, enfin, il peut laisser retomber ce fichu portable sur son bureau. Face à lui s'éparpillent les feuillets de sa nouvelle dont il a seulement commencé la rédaction du deuxième jet. La chose aurait pourtant déjà dû être terminée, mais avec ce qu'il s'est passé dernièrement, Yazoo n'a toujours pas pris le temps de lire son premier jet et, sans son avis, il a du mal à évaluer son travail.
Je suis persuadé qu'il n'y a pas de grosses maladresses… mais même si j'ai l'impression qu'elle tient la route, j'aurai besoin qu'il me le confirme.
Malheureusement, Yazoo n'est pour l'heure pas dans les meilleures dispositions du monde à son endroit. Il est donc certain que s'il se risquait à lui demander de bien vouloir lire son texte, celui-ci l'enverrait balader. Et il n'a pas envie de se disputer avec lui à cause de ça.
Qu'il continue de faire la tête si ça l'amuse. En attendant, moi, je suis adulte et j'ai mieux à faire que de me prendre le bec avec un gamin.
Ce qui n'arrange pas tellement ses affaires, en vérité, mais… il a lui aussi sa fierté.
Revenant à son deuxième jet, il jette un œil aux feuilles éparpillées près de son coude, tape trois mots, en efface un, prend le temps de la réflexion, avant de réécrire un paragraphe complet. Celui-ci ne lui plaît toutefois qu'à moitié et, conscient qu'il va également devoir se passer de l'expertise de Yazoo en ce qui concerne sa réécriture, il pince les lèvres – à deux doigts de taper une crise.
Depuis quand est-ce que je suis devenu aussi dépendant de lui dans mon travail ?
Mais avant qu'il n'en trouve la réponse, le bruit d'un moteur s'élève dans le jardin. Comprenant que ses amis sont de retour, il décide de faire une pause et referme son ordinateur portable, avant de repousser son siège.
Au rez-de-chaussée, il peut entendre la voix de Kadaj qui, provenant de la cuisine, se plaint :
— Mais y en a une deuxième ! Pourquoi vous voulez pas la filer à Todd ?
Et à son ami de répliquer d'un ton plus que gêné :
— Arrête, Kadaj. Je t'ai dit que j'en ai pas envie.
Passant le nez dans la cuisine, Genesis découvre Kadaj installé à table avec, devant lui, un pot de glace. Todd est assis près de lui et ne semble pas forcément très à l'aise. Refermant la porte du congélateur, Sephiroth lance :
— Tu sais où sont rangés les bols. Partage avec ton ami au lieu de vouloir celle des autres.
Puis son regard se pose sur Genesis et il ajoute :
— D'ailleurs, voilà celui à qui elle est destinée.
Et à Kadaj de grommeler en se levant pour aller chercher un bol à Todd.
— Pfff ! Genre il a encore l'âge pour manger des glaces, celui-là !
— Si tu étais un peu moins idiot, tu saurais qu'il n'y a pas d'âge pour ça, lui rétorque Genesis, avant de se tourner vers Sephiroth. Plus sérieusement, vous en avez vraiment pris une pour moi ?
Dans sa voix, l'étonnement le plus sincère. Ce n'est en effet pas tellement le genre de ses amis de penser à lui dans ces moments-là.
Tout en remplissant la bouilloire d'eau, Sephiroth lui répond :
— Yazoo a tenu à ce qu'on t'en ramène une.
— Oh !
Pas certain de savoir ce qu'il convient de faire de cette information, il ouvre le congélateur pour y trouver effectivement un pot de glace au milieu des moutons de Yazoo. Et s'il était déjà touché par le geste, découvrir que celui-ci lui a également commandé ses parfums favoris – pommesotte en tête – ne fait qu'ajouter à son émotion.
Et lui qui semblait encore m'en vouloir il n'y a pas quelques heures…
À croire qu'il s'est finalement décidé à enterrer la hache de guerre.
— Il est déjà remonté ? s'enquiert-il en revenant à Sephiroth.
Et à son ami, qui sort à présent plusieurs tasses pour les déposer près de l'évier, de lui répondre :
— Dans le jardin avec Angeal et Loz. Ils sont en train de décharger sa moto.
Le remerciant d'un signe de tête, Genesis sort dans le jardin – ignorant au passage Kadaj qui continue de pester sur son compte – et ne tarde pas à apercevoir ceux qu'il cherche. Marchant dans leur direction, il peut entendre Angeal qui, évoluant en tête avec un Gold surexcité par leur retour, dit :
— On va la mettre dans le débarras.
Derrière lui viennent Loz et Yazoo, le premier jetant régulièrement des regards à son frère – qui pousse sa moto à leur suite. Et si celui-ci semble un peu fatigué, Genesis lui trouve surtout l'air heureux.
Comme il s'arrête à leur hauteur, Yazoo se crispe. Lui offrant un sourire, Genesis lève son pot de glace.
— Merci d'avoir pensé à moi. (Avant de se tourner vers Angeal et d'ajouter :) Ça me touche beaucoup, vraiment. D'autant plus qu'une certaine personne ici présente et qui se prétend pourtant mon ami d'enfance n'aurait pas eu la même attention.
— Tu es grand, 'Gen !
— Ce qui ne m'empêche pas d'avoir des sentiments, 'Geal !
Loz laisse entendre un petit rire, amusé comme chaque fois qu'ils commencent à se chamailler. Yazoo, lui, hausse les épaules. Et sa voix, quand il ouvre la bouche, tient presque du murmure :
— Je me suis juste dit que tu serais triste si on ne t'en ramenait pas… (Et, le regard étonné de Genesis se posant sur lui, il ajoute, sans vraiment oser tourner le sien dans sa direction :) Et j'avais pas envie de ça.
Puis ils le dépassent et Genesis reste là, son pot de glace en main. Quelques secondes s'écoulent sans qu'il ne fasse le moindre geste, comme figé, avant que sa conscience ne daigne s'ébrouer et…
Est-ce que je viens de le trouver mignon ?
Et pire encore…
Est-ce que je suis sérieusement en train de rougir ?!
Secouant la tête, il laisse entendre un ricanement.
— Non. Mais non ! Ho, ho ! Bien sûr que non.
Et tout en ignorant sa gorge serrée et l'espèce de phénomène qui est en train de lui tordre les entrailles, il revient sur ses pas en continuant de pousser des « Ho, ho ! », « Mais non ! », « Ho… », « Allons… ! ».
