Fandom : Le Prince des Ténèbres / Waltz

Ship : Iwanishi/La Cigale

Rating : T

Résumé : Alors qu'il rentre chez lui sous un froid automnal en compagnie d'Iwanishi, La Cigale pense à la relation qui les unit et aux sentiments qui se bousculent en lui...


Me voici sur un petit fandom que j'aime beaucoup. J'espère que ça vous plaira ! Je vous souhaite une bonne lecture :)

J'en profite pour te remercier, Mio, tes cinq reviews m'ont touchée ! Merci pour tes compliments ! Ça m'a fait super plaisir aussi que tu lises mon OS sur Fruits Basket alors que tu ne connais pas le manga. Sincèrement, merci pour tous tes avis ! :)


Jour 11 : Promenade sous les feuilles d'automne

Sous le froid glacial de l'automne, Iwanishi marchait d'un pas tranquille. Les mains dans les poches, il souriait férocement, visiblement ravi par les derniers événements. Il fallait dire qu'il avait enfin réussi à avoir un nouveau commanditaire après le fiasco de l'histoire du Briseur de nuques. À ses côtés, La Cigale était, pour une fois, plutôt silencieux. Dès que La Pêche avait dévoilé l'identité de l'homme qu'il devrait tuer, La Cigale avait senti l'excitation monter en lui. Mais il s'était vite rendu compte que ce n'était pas la hâte de tuer qui l'animait. Non... c'était plutôt la hâte de pouvoir rendre fier Iwanishi... Leur alliance sur le long terme était enfin officielle et La Cigale ne voulait pas tout faire rater. Il souhaitait tant qu'Iwanishi soit content de lui, qu'il le complimente, qu'il... Ouais, il était là le problème ! Depuis quand est-ce que La Cigale se souciait de ce qu'on pensait de lui ? Il n'en avait toujours rien eu à foutre de ces gens qui osaient lui donner des ordres ! Mais Iwanishi... Iwanishi était différent. Et La Cigale ne voulait surtout pas le décevoir. Alors, il se voyait déjà achever sa cible et appeler Iwanishi pour lui raconter en détail la façon dont il s'y était pris. Seulement cette vision... La Cigale ne l'aimait pas du tout. Il se sentait complètement perdu. Ces sentiments qui montaient en lui... ça lui faisait un peu peur... Toutes ces pensées le plongeaient dans un silence qu'il avait pourtant presque oublié depuis qu'il était avec Iwanishi.

Presque mécaniquement, il continua pourtant sa marche aux côtés de l'autre homme. Toujours pensif, La Cigale laissa ensuite son regard se perdre un instant sur les feuilles qui s'entassaient sur le sol. Elles étaient immobiles, inutiles. Elles semblaient se résigner à l'absence du vent qui aurait pu les déplacer à sa guise. Elles étaient juste déjà mortes... Comme lui, il n'y avait pas si longtemps... Comme lui, avant qu'il ne rencontre Iwanishi. « Ne vis pas comme si tu étais déjà mort. » C'était l'une des nombreuses phrases qu'il lui avait dites. Mais celle-là l'avait tant marqué. Et ces mots revenaient souvent dans son esprit. La Cigale le savait bien. Il avait déjà perdu bien trop d'années en ne vivant pas. En étant immobile, comme ces feuilles. Tout ce temps où il avait eu l'impression de ne pas exister... À se laisser uniquement porter par le vent quand il daignait se montrer. Mais c'était fini maintenant. Il se sentait enfin vivant, seulement c'était uniquement grâce à Iwanishi. Et c'était effrayant... Parce que, sans lui, que deviendrait-il ? Serait-il mort, à nouveau, sans sa présence auprès de lui ?

En y réfléchissant, il se sentait de plus en plus incertain. Pourtant, il n'aurait pas dû s'attacher autant à cet imbécile en premier lieu ! Iwanishi l'énervait beaucoup trop ! Non, vraiment, il le saoulait ! Sa vision sur l'argent, ses citations stupides sur Jacques Crispin, l'odeur de ses cigarettes, ... Oui. La Cigale avait détesté Iwanishi, c'était un fait ! Et s'il avait gardé ses distances, rien de tout ça ne serait arrivé. Alors pourquoi... ? Pourquoi avait-il dû se mettre à penser à l'autre homme en permanence ? Pourquoi avait-il commencé à sentir à ce point sur son cou le poids du collier qu'Iwanishi lui avait offert ?

Le pire, c'était que La Cigale aimait ce collier... Il ne passait pas un seul jour sans le porter. Il aimait tout ce qu'Iwanishi lui avait donné. Mais, plus que tout, il aimait le fait qu'Iwanishi soit là, à ses côtés, tout simplement. Jusqu'ici, La Cigale avait toujours été seul, il n'avait eu aucune existence. Il avait dû apprendre à l'accepter. Sa propre essence avait fini par s'effacer. Jusqu'à ce qu'il devienne une simple feuille sur le sol. Mais aujourd'hui... aujourd'hui, quelqu'un l'avait remarqué. Quelqu'un lui avait redonné un nom, lui avait redonné un souffle de vie. Il avait fallu que ce soit un mec aussi détestable qu'Iwanishi. Et lui, au lieu de faire demi-tour tant qu'il était encore temps, il s'était bêtement attaché à lui. Maintenant, c'était trop tard. Parce qu'Iwanishi était devenu son seul lien qui le rattachait à son existence nouvellement acquise. Et ça lui était insupportable. Il ne savait pas comment le gérer !

Il continua alors à se triturer l'esprit de longues minutes sans même remarquer qu'Iwanishi avait posé ses yeux calculateurs sur lui.

« Tu es bien silencieux pour une cigale, se moqua-t-il alors tout en le faisant sursauter. N'essaye pas de réfléchir, ce n'est pas fait pour toi.

—Ferme-là ! s'énerva aussitôt le jeune homme. J'ai un cerveau et je sais m'en servir ! »

Sous le regard passablement énervé de La Cigale, Iwanishi ricana. Puis, il avança une main vers lui et la posa dans ses cheveux. Aussitôt, La Cigale se troubla. Il n'y pouvait rien, c'était plus fort que lui. Il n'arrivait pas à résister à ce genre de gestes. Il se sentait perdu et vulnérable lorsqu'Iwanishi montrait une quelconque forme d'affection envers lui. Et il se mettait stupidement à espérer. À espérer quoi, exactement ? Il ne le savait même pas. Mais ce foutu espoir faisait battre son cœur à tout rompre. Il devait avoir l'air parfaitement stupide ! Heureusement, Iwanishi ne commenta pas son comportement et continua sa marche, en sifflotant.

Ce ne fut qu'à ce moment-là que La Cigale se rendit compte qu'ils ne prenaient pas le chemin habituel pour retourner à l'appartement. Ils passaient par le parc au lieu d'emprunter les grands boulevards. La Cigale lança alors un regard interrogatif à Iwanishi, qui ricana à nouveau.

« Comme Jacques Crispin l'a dit, si tu dois prendre à droite, prépare-toi à tourner à gauche.

—... Hein ? Mais ça ne veut rien dire du tout ! »

Evidemment, comme toujours, Iwanishi ne prit pas la peine d'expliquer sa citation. Ce qu'il pouvait être énervant ! Mais, dans le fond, La Cigale n'était pas mécontent par ce changement d'itinéraire. Il devait bien reconnaître que l'endroit était plutôt joli. Les arbres aux couleurs de l'automne les entouraient. Le vent se mit alors à souffler et La Cigale regarda, fasciné, les feuilles tomber des arbres et venir tourbillonner au-dessus de lui. Elles ne semblaient pas vouloir se poser sagement sur le sol. Elles lui donnaient l'impression de se débattre, pour rester encore en vie. Et, au bout d'un moment, elles semblaient décider toutes seules de la direction qu'elles prenaient. Comme si elles étaient libres. Comme si elles se détachaient de la volonté du vent. Cette vision fut comme un déclic pour La Cigale. Peut-être que c'était ça, ce qu'il devait faire. Se détacher. Il s'était débattu pour se sentir pleinement en vie. Et maintenant, il pouvait être libre. Il pouvait être libre s'il parvenait à laisser toutes ces réflexions derrière lui. S'il continuait à se prendre autant la tête, comment pourrait-il se sentir aussi léger que ces feuilles qui dansaient ?

Au final, la vérité ne changerait pas. Iwanishi l'avait aidé à virevolter à nouveau. Et rien ne pourrait jamais effacer ça. Pour le reste... La Cigale ne pouvait pas enlever la peur que ses sentiments lui inspiraient. Il ne savait pas non plus quelle réponse leur donner. Sans doute qu'il ne le saurait jamais. Parce qu'Iwanishi n'avait pas tort. Il n'était pas fait pour réfléchir. Mais il pouvait s'en tenir aux faits. Ses sentiments étaient là et ils ne disparaîtraient pas. Et si les accepter sans se poser de question lui permettait de voler comme ses feuilles, il le ferait sans hésiter. Il ferait tout pour se sentir aussi libre qu'elles.

Pour l'instant, il pouvait se contenter de marcher aux côtés d'Iwanishi. Les feuilles dansaient autour d'eux, comme pour l'encourager. Et La Cigale se sentit apaisé. Il savait où ils se rendaient. Bientôt, il serait à l'abris dans leur appartement... chez eux... Parce qu'il avait enfin un chez lui... parce qu'Iwanishi voulait bien de lui dans sa vie. Alors si La Cigale n'avait peur ni du trajet, ni de la destination, ça ne servait à rien de penser à autre chose. Après toutes ces années qu'il avait vécues en étant mort, il se devait de simplement profiter du moment présent. Cette conclusion lui fit un bien fou...

Comme s'il pouvait entendre ses pensées, Iwanishi tourna son regard vers lui et lui sourit, un peu plus gentiment. Oui. À ses côtés, La Cigale le savait, il virevolterait toute sa vie. Et jamais plus il ne serait une feuille morte attendant désespérément la moindre brise...


Et voilà, merci de m'avoir lue :) À demain !