XI. 6,66% de peur
Karin
La femme se réveilla entourée d'une odeur forte et inhabituelle. Elle s'appuya sur ses avant-bras pour se redresser un peu et grogna devant la lumière vive qui parcourrait la pièce. Elle se sentait dans un état déplorable, avec un mal de tête persistant. Se rendant compte qu'elle était en sous-vêtement dans le salon de Suigestu, elle s'entortilla dans le drap et essaya de reprendre ses esprits.
Il fallait qu'elle se redresse et qu'elle trouve ce dernier. Putain, elle avait vraiment été à côté de la plaque hier. Non seulement elle avait bu plus que de raison mais elle avait aussi mélangé les alcools et son corps le lui faisait payer. Ensuite elle était allée chez Suigestu pour tirer la situation au clair mais tout ce qu'elle avait réussi c'était aggraver son cas.
Déplorable.
Karin marcha jusqu'à la table à quelques mètres et saisit le bout de papier qui l'y attendait. Suigestu la prévenait qu'il avait dû aller faire quelques courses et qu'il revenait bientôt. Il avait fait couler du café avant de partir, qu'elle se sente libre de se servir. C'était très gentil de sa part, encore une fois il se montrait irréprochable alors qu'elle avait la sensation que sa vie partait en lambeau.
Elle se servit une petite tasse, attablée à la table du salon elle prit de petites gorgées en regardant l'espace dégagé et sali du salon. Hier Suigestu lui avait demandé s'il pouvait la peindre, et elle avait accepté avec un grand sourire. Il l'avait faite se déshabiller et s'allonger sur une bâche à même le sol et avait calligraphié son prénom de sa hanche à sous ses seins.
Elle avait adoré la sensation sur elle et la désinhibition accentuée par l'alcool l'avait poussée à provoquer Suigestu. Elle avait assez écarté les jambes pour qu'il soit contraint de se placer entre. Elle avait fait un nombre incalculable de blagues salaces mais évidement devant son état complètement grisé, Suigestu ne l'avait pas touchée. Alors elle l'avait chevauché en se déhanchant complètement. Elle se souvenait qu'elle avait incroyablement chaud : son clitoris pulsait sous ses vêtements et rien ne pouvait empêcher son entrejambe de sentir la chaleur qui émanait du paquet gonflant de son amant.
Il avait fini par se redresser pour échapper à son étreinte et proposer autre chose. C'était à ce moment là qu'il avait saisi des tubes plus imposants et lui avait annoncé qu'ils allaient peindre une toile ensemble. Karin avait été très enthousiaste, ils avaient réfléchi à la composition globale avant de se mettre au travail. Pas de pinceaux ou de rouleaux, seulement leur corps. Le calme et l'application que nécessitait cette activité avait eu raison de l'alcool et la jeune femme s'était sentie transporter.
Le résultat était beau et apaisant mais Suigestu n'était pas satisfait. Il disait que cela manquait d'audace, que ce n'était pas percutant. Qu'il fallait rajouter quelque chose. Et il lui avait dit de se charger de cet ajout. Bien entendu son premier geste avait été de refuser. Karin n'était pas une artiste, elle le savait bien. Elle n'avait rien à dire ou à transmettre alors que Suigestu était payé pour ce qu'il produisait. Quand elle voyait l'amas de matériel qu'il possédait, elle comprenait qu'il ne se contentait pas des tags monumentaux de la ville, il devait aussi exposer et vendre certaines œuvres.
Pourtant, il avait été tellement enthousiaste à cette idée, et tellement têtu aussi qu'elle avait cédé et avait ajouté ce vert si sombre à leur magnifique et chaleureux tableau. Suigestu l'avait tellement félicitée qu'ils avaient fini par baiser comme des chiens en rut. Elle était complètement surprise de la façon dont elle s'était laissée aller alors qu'elle aurait dû ralentir le rythme.
Suigestu revint alors qu'elle se maudissait une fois de plus. Il lui avait apporté des croissants alors ce n'était clairement pas le moment d'avoir une désagréable discussion. Il l'embrassa longuement avant de lui demander si elle avait bien dormi.
— Ça aurait bien être mieux, reconnut-elle. Est-ce que j'ai frontalement refusé de dormir sur un matelas ?
Le scientifique éclata de son rire rocailleux et hocha la tête :
— Si je me souviens bien, tu as affirmé qu'on devait dormir sur la toile pour « l'enfanter ».
— La nuit me fait définitivement plus d'effet que l'alcool, reconnut Karin d'une voix atterrée. Désolée pour tes miches.
Suigestu déposa un simple baiser sur sa tempe avant de disparaître dans la cuisine ce qui la mit bien mal à l'aise. Ou était passé son sens du contrôle ? Elle le laissait constamment dans un coin quand son collègue était dans les parages. Quand il eut fini de ranger ses courses, il vint la tirer de sa chaise pour s'installer dans le canapé.
— Aucun respect pour ton canapé. Il y aura des résidus de peinture partout, prédit Karin en observant son corps encore barbouillé.
— Qu'est-ce qui s'est passé hier soir ? T'étais encore plus folle-dingue que d'habitude.
Karin grogna sans vraiment répondre, elle ne voulait pas en parler et préférait même profiter de son vigoureux câlin. L'homme la secoua doucement pour la faire parler mais elle ne livra rien, elle était encore déstabilisée de ne pas avoir obéi à son plan. Il la laissa à son silence alors qu'il lisait un article sur son portable. Ils furent coupés de ce moment paisible par la sonnerie de Karin.
Suigestu lui tendit son téléphone qui indiquait « Sasuke » en gros, la femme se précipita dessus pour répondre. Avait-il enfin fini d'être en colère contre elle ? Voulait-il recoller les morceaux ? Elle trépignait d'impatience à l'idée de lui parler. Dès qu'elle entendit sa voix, son cœur fit un salto arrière en reconnaissant le ton concerné de son mari :
— Je tenais à m'assurer que tu étais au courant, Orochimaru a fait appel et un nouveau procès va avoir lieu.
— Quoi ?! Mais cela fait déjà cinq ans... Pourquoi ?
— Il doit vouloir se reconstituer un peu d'argent. Il a eu une bonne conduite ces dernières années et s'il parvient à faire passer ses travaux d'utilité public, il serait libéré sous contrat.
Karin hoqueta douloureusement et se laissa mollement tomber sur le canapé. Son cœur battait fort et elle avait définitivement froid sur chaque parcelle de son corps. Suigestu dut s'en rendre compte parce qu'un plaid apparut d'un coup sur ses épaules.
— Est-ce que je vais être citée ? On a cherché à me joindre ? s'inquiéta Karin qui essayait désespéramment de comprendre la situation.
— Non, mais je vais prendre contact avec notre avocat au cas où. Reste calme, je voulais juste que tu l'apprennes avant que les journaux n'en parlent.
— Bon et bien merci d'avoir appelé.
Sasuke resta silencieux à l'autre bout du fil puis il finit par la saluer sobrement et raccrocher. Il n'était pas question de pardon de toute évidence, il ne l'avait contactée que parce qu'il avait eu pitié d'elle. Elle sentit brusquement les larmes s'accumuler alors qu'elle avait la sensation de s'être faite larguer en public. Rien ne pouvait retenir ses pleurs, pas même la présence de Suigestu.
Et le pire, c'est qu'il la réconforta.
Hinata
La jeune femme reçut un coup de fil de son cousin Neji dès huit heures du matin. Elle était aussi surprise que ravie, ils n'étaient pas très effusifs mais tenaient beaucoup l'un à l'autre. Ils échangèrent rapidement au sujet de leur travail respectif, Neji faisait beaucoup de biochimie et de valorisation des déchets. Il faisait toujours parti du clan malgré les nombreux points de désaccord.
— Hanabi m'a dit que tu fréquentais quelqu'un, énonça-t-il avec méfiance.
— Oui, c'est vrai. C'est quelqu'un de bien, garantit-elle.
Elle ne le voyait pas mais elle savait qu'il hochait la tête. Il ne chercha même pas à la contredire, et tant mieux, elle n'avait pas autant d'énergie à dépenser. Elle demanda des nouvelles de leur clan mais il ne fut guère bavard. Il n'appréciait pas grand monde et n'était pas aussi bienveillant qu'elle.
Il lui proposa simplement de se voir dans le courant de la semaine, ce qui ravit Hinata. Ils convinrent d'une date et raccrochèrent. Cette journée commençait bien. La jeune professeure prit son classeur de préparation de cours puis partit petit déjeuner dans le salon. Armée de son café et d'une omelette, elle se préparait pour la semaine à venir.
Les rencontre parents-profs étaient présentées comme des occasions de renforcer les liens parents-profs pour mieux encadrer l'élève. Mais ce serait idiot de penser qu'elle n'allait pas être passer au crypte afin de déterminer si elle était ou non une bonne professeure. Elle avait deux classes de sixième à qui elle faisait découvrir la musique et une classe de quatrième qui suivait ses cours d'histoire. Ce n'était finalement pas énorme.
Pourquoi se sentait-elle aussi stressée ? Elle était pourtant parvenue à prendre un peu de distance avec ce que pensaient ses élèves. Elle savait qu'elle ne pourrait passer pour une prof cool ou sympathique et qu'ils riraient toujours de ses rougissements. Mais au moins elle parvenait à retenir leur attention pour cinquante-cinq minutes et c'était déjà une victoire.
Hinata travailla plusieurs heures, elle se prit tout de même cinq secondes pour demander à Karin si elle allait bien. Elle fignolait les corrections déjà effectuées et préparait ses notes sur ses élèves. Grâce aux aménagements d'horaires possibles, elle pourrait voir de nombreux parents.
Elle était en train de se demander ce qu'elle allait manger ce midi quand Naruto lui demanda s'il pouvait passer en vitesse pour le déjeuner. Elle répondit oui et quand elle lui demanda ce qu'il voulait manger, il lui répondit « toi ». Elle eut bien du mal à se concentrer après ça, elle choisit de faire un plat simple : des pâtes avec des légumes sautés en sauce. Naruto arriva au moment où elle servait les assiettes.
Elle alla lui ouvrir avec un grand sourire. Ils s'embrassèrent langoureusement sur le pas de la porte. Naruto la serrait contre lui en pressant le bas de son dos, un geste qui lui semblait désormais bien familier. Hinata s'accrocha à ses épaules, encore perturbée par sa hauteur et sa force.
— Je suppose que tu n'as pas beaucoup de temps, murmura-t-elle en s'écartant de lui.
— Assez pour te faire ta fête, répliqua-t-il avec un sourire joueur.
— Mangeons d'abord, décida Hinata. Je m'en voudrais que tu t'évanouisses au travail.
Leur repas fut vite englouti, ils avaient tous les deux autres choses en tête. La main de Naruto ne cessait de remonter sur ses cuisses et si elle aurait dû être agacée, elle se retrouvait échauffée et flattée. Hinata dut se résoudre à se débarrasser de son gilet pour faire baisser sa température. Elle se saisissait de sa fourchette quand la voix énervée de Naruto la surprit :
— C'est quoi ça ?
Elle avait pensé à une tâche mais il aurait été curieux de se mettre en colère pour si peu. Elle baissa les yeux sur son buste mais ne vit rien d'anormal.
— Sur ton bras, le bleu.
C'était la première fois qu'elle entendait un timbre aussi sec dans sa voix. Hinata regarda son bras droit et y vit une marque bleu qui enlaçait son membre. Elle passa un doigt dessus et ressentit une petite douleur. C'était la première fois qu'elle voyait cette marque. Et pourtant, elle y reconnaissait une poigne comme si elle avait été violentée.
— C'est moi qui t'es fait ça, comprit Naruto d'une voix blanche.
La jeune professeure se tourna vers son petit-ami et fut surpris de voir son visage tordu en cette horrible grimace. Pas qu'il ne soit pas du genre à grimacer, mais habituellement c'était d'un ton bon enfant pour la faire sourire. Là il avait l'air effaré et dégoûté en même temps. Sans doute était-ce compréhensible, il l'avait blessée.
Bon sang, quand est-ce que c'était arrivé ?
— Jeudi dernier, répondit Naruto comme s'il avait lu dans ses pensées. Je t'ai fait une ecchymose en couchant avec toi.
Karin
Ses larmes avaient fait des pâtés avec la peinture qui maculait encore son visage. Suigestu avait attendu que ses pleurs cessent pour la convaincre de prendre une bonne douche bien chaude pour se détendre et se débarrasser de toute cette peinture. Avant d'accepter, Karin l'avait supplié de la prendre en photo pour qu'elle se souvienne toujours de ce tag en son nom qui s'étalait sur son ventre.
L'eau s'écoulait multicolore par le siphon et Karin ne voulait pas sortir. La salle de bain était spacieuse comme le reste de l'appartement finalement et elle s'y sentait bien. Elle parvenait à ne pas se détester d'avoir fondu en larmes comme une vraie gosse. Après tout, c'était une nouvelle pour le moins fracassante. C'était normal qu'elle ne l'ait pas pris calmement.
Une fois propre, elle se glissa dans un des tee-shirt de Suigestu. Il n'était pas beaucoup plus grand ou plus épais qu'elle, alors elle était contente de ne pas avoir eu peur de demander un caleçon en plus. Elle ne voulait pas être la petite dépravée qui se baladait les fesses à l'air, en tout cas pas maintenant.
Dès qu'elle fut changée, elle rejoignit Suigestu qui jouait à un jeu de voiture en l'attendant. Elle l'approcha en marchant sur le canapé comme une enfant sans surveillance. Il rit quand elle se laissa tomber à ses côtés en faisant le plus de bruit possible. Il lui proposa un jeu de coordination pour s'occuper un peu ce qu'elle accepta avec plaisir.
Se concentrer sur ce qu'elle devait faire l'empêchait de ressasser l'annonce de Sasuke. Il avait été tellement impersonnel, elle en était encore frustrée. Elle préférait se concentrer sur l'ordre des plats et rigoler du tissu en trop qui pliait entre ses jambes. Ce n'était qu'un mauvais moment à passer voilà tout.
Suigestu était adorable, débordant de patience et vraiment pas collant. Il était hors de question de mettre en péril leur relation, son petit cœur égoïste n'y survivrait pas. Surtout qu'il la laissait choisir leur repas ce midi. Il grimaça quand elle lui commanda un gâteau mais il se mit directement à la pâtisserie.
Karin se sentait bien entourée ainsi, d'autant plus qu'Hinata avait pris de ses nouvelles. Elle qui se pensait trop vieille pour nouer ce genre d'amitié avait eu une belle surprise. Elle lui répondit rapidement et se dit que si Naruto n'était pas débordé, elle pourrait le questionner sur Orochimaru et son nouveau procès.
Suigestu et elle grignotèrent tout l'après-midi alternant entre leur jeu et des séances de discussion sur tout ce qui leur passait par la tête. Karin était toujours surprise de voir comme leurs différences ne semblaient jamais poser soucis.
Alors qu'elle lui faisait une liste ordonnée et détaillée de ses gâteaux préférés (Suigestu n'était clairement pas transporté), il changea brusquement de sujet :
— Tu as parlé d'Orochimaru tout à l'heure, fit-il observer, et ça t'a perturbé.
Karin avait perdu son sourire et observait maintenant son compagnon avec une crainte tapie au creux de son ventre. Elle ne voulait pas parler.
— Le laisser pas entrer dans ta vie, continua-t-il avec une tension palpable. Si tu le laisses avoir le moindre impact, il va tout bousillé. Souviens-toi que tu as enfin la vie que tu veux.
Ses paupières se fermèrent quelques instants. Ce conseil la prenait de court mais elle avouait qu'il l'apaisait curieusement. Suigestu avait raison, peu importe que les choses ne soient pas exactement comme elle le voulait, elle avait la belle vie. Sa belle vie.
Elle était libre comme l'air, aucun soucis d'argent, entourée de personnes bienveillantes. Elle découvrait qu'elle aimait être prof. Elle avait renoué avec son amour des jeux de société au sein d'un petit club. Elle lisait de nouveau en quantité.
Peu importe donc que sa vie sentimentale ne soit pas au beau fixe. Elle ne laisserait pas son cauchemar ambulant ruiner tout ce qu'elle avait construit.
Avant même qu'elle n'y réfléchisse, ses lèvres se fendirent en un immense sourire rien que pour lui. Elle avait l'impression de ne jamais s'être sentie aussi bien. Elle lâcha un « ok mec » qui sembla plus lui faire plaisir que de raison.
L'instant d'après, elle était assise sur lui et l'embrassait à en perdre le souffle. L'idée ne l'avait pas effleurée plus tôt, quand elle était encore angoissée, mais plus maintenant. Et Suigestu dut bien sentir la différence puisqu'il ne perdit pas de temps pour empoigner ses fesses et mordre sa lèvre.
Karin s'arracha brusquement à cette étreinte et lui fit signe de se lever. Ils se rendirent dans la chambre du scientifique et la belle rousse prit les rennes.
Elle plaça une chaise au centre de la pièce devant le lit et ordonna à son étalon de se déshabiller puis s'installer. Peut-être ne devrait-elle pas l'appeler ainsi, même dans son esprit. Son sourire de canaille n'apprécierait pas.
Karin prit les cordes dans la penderie et commença à attacher les bras de son homme puis ses mollets. Elle ne cessait de lui demander si ça lui allait, s'il n'avait pas trop mal, et devait lui administrer une tape à chaque fois qu'il ricanait pour toute réponse.
Elle recula de deux pas pour observer le résultat. Parfait. Même attaché, Suigestu parvenait à lui faire mouiller sa culotte comme si c'était les grandes eaux. Elle n'arrivait pas à savoir si ça venait de son regard fixe, de ses dents pointues et découvertes sous son sourire aussi insolent que taquin. À moins que ce soit ses muscles bandés. Ou sa queue dressée. Karin n'était pas d'humeur à choisir.
Elle se déshabilla doucement, prit le temps de savourer son regard sur elle. Il refusa qu'elle enlève ses lunettes parce qu'il « aimait baiser la bibliothécaire ». Elle se rapprocha pour déposer des nuées de baisers sur ses joues lisses, son buste, ses cuisses, son pubis, sa hampe et son gland.
Elle le laissa la supplier de le prendre en bouche un long moment avant d'obtempérer. Il grogna sous le traitement alors que ses mains se refermaient sur sa chaise. Sa langue glissa le long de sa queue jusqu'à l'avaler presque. Ses dents se joignirent à la gâterie ce qui fit remuer son bassin comme s'il voulait la prendre davantage.
Karin recula directement et chercha son regard trouble. Avant qu'il ait le temps de se sentir gêné, elle posa un doigt menaçant sur sa jugulaire.
— Monsieur prends ses aises hein. Je vais te faire payer ça mec.
Elle s'installa à même le sol et commença à se toucher sous son regard brutal. Elle faisait rouler son teton entre ses doigts d'un geste expert en même temps qu'elle cajolait son clitoris gonflé.
Elle se tortilla brusquement, elle sentait la chaleur monter et la pression s'accumuler à une vitesse surprenante. Elle entendit juste Suigestu grognait son prénom et il ne lui en fallut pas plus pour venir brusquement. Apparemment ce fut aussi le cas pour son amant puisqu'elle fut rapidement couverte de sperme.
Son homme s'excusa directement presque aussi surpris qu'elle. Karin vint le délivrait de ses liens alors qu'il prit une serviette pour l'essuyer tendrement. Elle sentit une vive et plaisante émotion la saisir quand il l'embrassa.
Hinata
La Hyuga se laissait porter par son petit-ami. Ses jambes étaient trop longues comparées aux siennes, elle avait du mal avec le rythme soutenu qu'il lui imposait. Mais ça ne servait à rien de lui dire de se calmer, il voulait se rendre à la pharmacie la plus proche afin qu'elle puisse se soigner correctement. Il marmonnait pleins de trucs sur les ecchymoses et les hématomes en tout genre, Hinata avait cessé de l'écouter depuis un moment.
Son état de stress était parvenu à déteindre sur elle et quand ils arrivèrent à la pharmacie, elle se sentait aussi nerveuse que lui. Elle ne devrait pas pourtant. Dans les faits, elle n'était pas en tort. Personne ne l'accuserait de cette marque immonde sur son bras. Mais la position était très inconfortable tout de même.
Sans doute parce qu'elle savait exactement ce que l'on allait penser d'elle. Tout ceux qui verrait la poigne incrustée sur son bras penseraient qu'elle fréquentait un homme violent et rien de ce qu'elle pourrait dire ne les ferait changer d'opinion. Si elle cherchait à défendre Naruto, elle passerait pour une pauvre petite femme engluée dans une relation toxique ou bien pour une peureuse qui craignait les représailles. Est-ce que cela pourrait nuire à Naruto ? Après tout ça ferait mauvais genre qu'un politicien se trimbale une réputation de conjoint violent.
Avant même de s'adresser à elle, la praticienne demanda à Naruto de s'éloigner. Ce dernier hocha simplement la tête et sortit de la boutique. Il ne lui dit même pas qu'il l'attendait dehors, pensant sans doute que cela pourrait être mal interprété. Encore plus mal à l'aise, Hinata laissa la femme observer son avant bras et la marque bleue qui s'y étendait.
— Est-ce que vous avez souvent ce genre de bleues ? questionna la pharmacienne. Sur les bras ou les jambes ?
— Non, du tout.
La pharmacienne hocha la tête et lui demanda sa carte vitale. Elle nota rapidement quelque chose avant de se tourner vers elle.
— Comment est-ce survenu ?
Hinata sentit ses joues rougir brusquement. Elle détestait tout ce qui était en train de se passer. Elle inspira lentement et s'obligea à garder son calme et à répondre le plus posément possible.
— J'étais avec mon petit-ami dans un... moment d'intimité. Je ne me suis pas rendue compte sinon je l'aurais arrêté, précisa-t-elle les yeux baissés. C'était il y a deux jours, je n'ai vu le bleu qu'aujourd'hui.
— Pas de douleur auparavant ?
— Pas que je m'en souvienne mais je n'avais pas mes horaires habituelles donc je n'ai pas été particulièrement active entre temps.
— Vous habitez toujours à l'adresse indiquée ? questionna ensuite la pharmacienne.
Hinata dut réfléchir un peu mais elle ne se souvint pas avoir mis à jour sa carte vitale donc elle dut donner sa nouvelle adresse. On lui demanda alors si elle habitait seule et si elle avait une source de revenu. Hinata comprenait qu'elle prenait la mesure de sa situation pour savoir si elle était dans une relation de dépendance économique ou non.
Elle répondit aux questions avec patience et essaya de faire fi de son sentiment d'humiliation. Après tout, cette femme ne faisait que son travail et elle le faisait très bien. C'était son boulot de s'assurer qu'elle ne courrait pas davantage de danger dans l'immédiat et c'était son devoir de prévenir les autorités compétentes si elle le jugeait nécessaire.
Mais ça la terrorisait complètement.
Elle n'était pas une petite chose. Et elle avait été blessée parce que tout à son plaisir, elle n'avait pas pris la réelle mesure de sa douleur. Cela n'aurait pas dû arriver certes mais ce n'était qu'une banale erreur. Elle ne voulait pas avoir à la subir pour le reste de sa vie.
— Votre ecchymose est bénigne, elle va disparaître en dix ou quatorze jours. Si cela gonfle, vous pouvez mettre du froid sur la zone. Est-ce que vous avez des questions.
— Oui, j'aimerais savoir si vous avez signalé mon cas ?
— Souhaitez-vous que je le fasse ? questionna-t-elle en retour avec un regard franc.
Hinata secoua immédiatement la tête, inquiète à l'idée qu'elle dise quoi que ce soit qui pourrait rendre son interlocutrice encore plus méfiante.
— Je n'ai pas fait de rapport. Il arrive que l'on se blesse, n'en faisons pas un drame. Et surtout, je ne suis pas là pour vous juger. Je suis là pour vous écouter et vous apporter mon aide donc je ne ferais aucun signalement sans vous en parler d'abord.
— Merci beaucoup. Et désolée pour...
La pharmacienne lui sourit doucement et fit un geste de main pour signifier que c'était oublié. Elles se saluèrent et Hinata put rejoindre Naruto sur un banc proche de l'entrée. Il la serra doucement dans ses bras et embrassa sa tempe doucement.
— Ça s'est bien passé ?
— Oui, très bien. Tu dois partir ? questionna-t-elle en le voyant lire un SMS.
— J'ai le temps de te raccompagner.
Hinata était contente d'avoir encore un peu de compagnie. Elle sentait que les dix prochains jours ne seraient pas de tout repos pour elle.
Bonjour, moi qui avais prévu de réapparaître dimanche, j'ai pris un peu de retard. Mais je suis contente, j'ai pu corriger tranquillement ce chapitre. J'espère qu'il vous aura plu. En tout cas, merci à ceux qui sont encore là et à ceux qui ont décidé de suivre cette histoire voire de l'ajouter en favoris, ça me fait plaisir.
A NaruHina82, merci de m'avoir laissé ton avis. La relation entre Sasuke et Karin n'a pas été frontalement exposée pour l'instant, ce développement viendra plus tard. Pour l'infidélité, je n'ai aucun problème à en voir les défauts et les risques, mais j'ai simplement choisi de traiter leur relation différemment.
Merci à toutes et bonne journée.
