Bonjour tout le monde !

Et oui, me voilà ! Je suis vraiment désolé pour mon inconstance de ces dernières semaines.

Comme je le fais ces derniers temps, je vais publier deux chapitres en même temps pour me faire pardonner !

Bonne lecture.


Chapitre 14


Harry se réveilla et s'étira dans le lit avec un sourire de bonheur. Drago n'était déjà plus là, mais ça n'avait rien d'étonnant, celui-ci se levait toujours le premier. Sa joie matinale, il la devait au souvenir de la veille. Drago lui avait fait l'amour et il avait adoré ça. De plus, se réveiller chez son petit-ami le rendait toujours heureux.

Jamais il n'aurait cru se sentir aussi bien au Manoir Malefoy après ce que lui et ses deux meilleurs amis y avaient vécu pendant la guerre. Pourtant, il s'y sentait parfaitement à l'aise. Drago n'avait jamais entrepris de lui faire visiter toutes les pièces de tous les étages, mais celles qu'il avait déjà vues lui plaisaient. Surtout la chambre de son petit-ami.

Le parquet était en bois clair, assorti aux meubles, et les draps de lit ainsi que les rideaux étaient d'un bleu ciel. En fait, la pièce respirait la sérénité et s'y réveiller était un vrai plaisir.

Après un bâillement sonore, Harry se décida à s'extirper du lit et fouilla dans le sac d'affaires qu'il avait ramené la veille pour en sortir de quoi s'habiller. Il fila ensuite sous la douche et se prépara avant de se rendre dans la salle à manger où il savait que Drago devait l'attendre pour prendre le petit-déjeuner.

- Salut, dit-il en entrant dans la pièce.

- Salut, répondit Drago en levant les yeux de son journal pour le regarder.

L'ancien Serpentard replia le quotidien et le posa sur la table avant de se lever pour venir embrasser Harry. Ensemble, ils s'installèrent et Drago servit une tasse de café à Harry avant de s'en resservir une pour lui-même.

- Prêt pour le programme d'aujourd'hui ? s'enquit Harry en prenant un toast.

- Comme toujours lorsqu'on prévoit de s'aventurer dehors : pas le moins du monde, avoua Drago avec un rire nerveux.

- Ça va aller, lui promit Harry en s'emparant de sa main.

Drago acquiesça, le doute clairement visible sur son visage, mais ne dit rien de plus. Ils prirent leur petit-déjeuner dans le silence et ils se levèrent une fois terminé. Ensemble, ils sortirent de la propriété et Harry fut admiratif de voir Drago le faire sans hésitation. Il avait tellement fait de progrès depuis qu'ils avaient commencé à sortir !

Ils se stoppèrent une fois de l'autre côté des grilles et là, Harry put voir la panique s'emparer de son petit-ami.

- Comme je sais précisément à l'endroit où je veux nous emmener, je pense que le plus simple serait que je nous fasse transplaner, déclara Harry, comme s'il n'avait rien remarqué.

Sa psy lui avait donné quelques conseils depuis la première fois où Harry lui avait parlé du problème de Drago. Selon elle, pour éviter que l'angoisse augmente, il était parfois préférable de parler d'autres choses, pour le distraire. Harry avait fait ainsi à plusieurs reprises et il devait avouer que ça marchait plutôt bien.

- Oui et de toute façon, je ne pense pas qu'il serait raisonnable que je transplane par mes propres moyens, souffla Drago.

En effet, il était si nerveux que les risques de désartibulement étaient trop grands. Harry se rapprocha donc de Drago et le serra contre lui, plus que nécessaire avant de transplaner ensemble. Ils réapparurent dans un petit coin entouré de rochers, non loin d'une plage. C'était un des lieux qu'il avait repéré lors d'une de ses visites et où il pouvait transplaner sans risquer d'être vu par des Moldus.

Harry se sépara de Drago mais prit rapidement sa main pour ne pas rompre tout contact.

- Comment tu te sens ? demanda-t-il doucement.

A dire vrai, il savait que ça n'allait pas, son amant était tendu comme un botruc, en dehors de ses mains qui tremblaient comme des feuilles. De plus, il était plus pâle qu'à l'accoutumé.

- Je sens mon cœur qui s'emballe, j'ai chaud et j'ai l'impression que je vais vomir, répondit Drago. Mais en dehors de ça, comme un charme.

Harry serra un peu plus fort la main qu'il tenait en signe de soutien.

- Déjà, rien que le fait qu'on soit ici, c'est un grand pas. Nous pouvons repartir de suite ou simplement rester là le temps que tu voudras. Nous ne sommes pas obligés de nous promener, le rassura Harry.

Drago ne répondit rien, gardant les yeux fermés, comme il les avait depuis leur arrivée. Harry se contenta de rester auprès de lui sans rien dire, lui laissant le temps de gérer son stress comme il l'entendait puis il se dit que s'il parlait, ça aiderait peut-être Drago à penser à autre chose.

- Tu sais, ce matin, quand je me suis réveillé, j'ai pensé à quel point j'aimais passer mes nuits chez toi, auprès de toi, commença-t-il.

- J'aime ça aussi, lâcha Drago au bout d'un moment, toujours les yeux fermés. En plus, je dors mieux quand tu es là.

- Tu as des soucis quand je suis absent ? s'inquiéta Harry.

- Non, je dors bien mais je me lève toujours à sept heures tapantes, tu sais, par rapport à ce que je t'avais raconté quand le Lord vivait chez moi…

- Ah oui, je vois ! Je ne savais pas que ma présence t'aidait à ce niveau-là.

- Ta présence m'aide sur tellement de choses…, dit-il avec de la lassitude dans la voix.

- J'en suis heureux. Tu sais, moi, pendant de longs mois après la guerre, c'était la présence d'Hermione, plus que celle de Ron qui m'aidait. Pendant un bon moment, nous n'étions que tous les deux sous la tente et une fois la guerre terminée, j'ai eu besoin de sa présence jour et nuit. Je crois que c'était pareil pour elle, d'ailleurs… Bref, tout ça pour dire qu'il n'y a pas de honte à se raccrocher à quelqu'un, surtout quand on sait que cette personne ne compte pas nous lâcher.

Harry se rapprocha un peu jusqu'à le serrer contre lui.

- Je serai là pour toi le temps qu'il faudra. Pas parce que tu en as besoin mais parce que je le veux. Combats d'abord tes peurs, ensuite, tu pourras faire le nécessaire pour ne plus avoir besoin de ma présence comme je l'ai fait pour Hermione. Maintenant, notre relation est saine. Je n'ai plus besoin d'elle pour vivre mais j'aime qu'elle soit là, juste parce qu'elle est ma meilleure amie. Enfin si, j'ai besoin d'elle dans ma vie… Je ne sais pas comment expliquer ça…

- Je comprends ce que tu veux dire. La dépendance à une personne n'est pas bonne pour une relation, qu'elle soit amicale ou amoureuse. J'ai saisi la nuance, assura Drago.

Avec un sourire, Harry se sépara un peu de Drago, juste pour pouvoir regarder son visage avant de l'embrasser tendrement. Il sentait que son petit-ami tremblait un peu moins fort, son anxiété semblait être un peu retombée.

- Tu devrais ouvrir les yeux pour regarder le paysage, il est magnifique, finit par dire Harry.

- Décris-le moi, demanda Drago en se blottissant contre Harry.

- Alors, nous sommes sur du sable, entourés de rochers. La mer est à bonne distance, mais tu peux l'entendre. Elle est agitée et le ressac sur les rochers est beau à voir. Le ciel est gris mais je trouve que ça donne un charme certain dans la région des Cornouailles. Si tu te sens prêt à bouger, j'aimerais bien t'emmener au bord d'une falaise où la vue est encore plus belle.

- Tu pourrais nous y faire transplaner ? demanda Drago, d'une toute petite voix.

Harry hésita quelques secondes. Il lui était déjà arrivé d'y croiser quelques moldus, mais il voulait vraiment y emmener Drago.

- Ok, allons-y mais je t'avertis tout de suite, si jamais je vois du monde, je vais être obligé de te laisser le temps de lancer des oubliettes.

- Il vaut mieux éviter alors, non ?

- Je pense que c'est plus sage, en effet, avoua Harry.

Drago soupira de lassitude et Harry en eut mal au cœur. Il n'aurait pas dû parler de cette falaise. Au final, il n'avait fait qu'accroître le malaise de son petit-ami.

- On aura d'autres occasions, le rassura-t-il.

Le jeune homme acquiesça et après quelques secondes, il ouvrit les yeux. Il regarda autour de lui et esquissa un petit sourire.

- Je n'avais plus vu la mer depuis… l'été d'avant ma troisième année je crois bien, confia-t-il. C'est vrai que c'est magnifique.

Les deux amoureux restèrent un moment à profiter de la vue, dans les bras l'un de l'autre, avant de s'embrasser. Harry était tellement fier de Drago. Il le sentait toujours tendu mais ses mains tremblaient moins et son cœur s'était un peu calmé. Il n'était clairement pas serein, mais la crise d'angoisse ne semblait pas d'actualité.

- On y va ? proposa Harry, une dizaine de minutes plus tard. La prochaine fois, on pourra essayer de marcher le long de la plage.

- Oui, j'ai envie de rentrer, confirma Drago.

.

Harry arriva chez lui en fin d'après-midi. Après être rentré de la mer avec Drago, il était resté un moment avec lui, partageant le repas du midi ensemble et quelques heures après. Ensuite, il s'était rendu au Ministère pour récupérer son agrément l'autorisant à officier en tant que marieur.

Il alla trouver Hermione, dans le salon, qui semblait concentrée devant un parchemin. Elle le salua vaguement lorsqu'il entra dans la pièce et, curieux de savoir ce qui la captivait autant, il se pencha par-dessus son épaule pour lire. C'était une liste de noms, dans des colonnes différentes. Harry comprit vite qu'il s'agissait de la liste des invités pour leur mariage.

- Je croyais que tu laissais l'organisation à tes parents et à ceux de Ron, s'étonna Harry.

- Ça, c'est ce que pensait faire Ron, pour me soulager, mais il est hors de question que je les laisse décider de tout ! s'exclama-t-elle. C'est moi qui gère la liste des invités, bien sûr, autant Molly que ma mère pourront nous suggérer des noms qu'on aurait oubliés ou de la famille éloignée, mais ce sera à nous, Ron et moi, d'accepter ou non. Ensuite, je m'occuperai du plan de table une fois qu'on aura choisi le lieu du mariage, expliqua-t-elle.

- Vous savez où vous comptez le faire ?

- C'est compliqué…, se lamenta Hermione. Ma mère aimerait qu'on le fasse dans un lieu moldu pour qu'on puisse y convier tout mon côté, mais même si on le faisait dans une salle de réception, ce serait difficile de protéger le secret magique. Tu sais comment sont la plupart des sorciers et encore plus après quelques verres…

En effet, Harry ne savait pas comment elle allait pouvoir faire pour donner entière satisfaction à sa mère. Bien sûr, il comprenait le désir de Madame Granger de marier sa fille entourée de leur famille, surtout qu'Hermione était leur fille unique.

- Et faire un mariage moldu en plus de celui que vous prévoyez ? proposa Harry.

- Deux mariages ?! Tu veux nous tuer ?!

- Hey ! J'essaies juste de t'aider à trouver une solution, se défendit Harry en levant les mains.

Hermione soupira et se prit la tête entre les mains.

- Oui, je sais, merci mais ça n'est pas du tout une bonne idée même si, oui, sur le papier, faire deux mariages avec pour l'un, les sorciers et pour l'autre, les Moldus réglerait tout… Mes études, ma grossesse et organiser deux mariages… Ce serait trop.

Harry posa ses mains sur les épaules de sa meilleure amie et les massa légèrement, la faisant gémir de plaisir.

- Dans ce cas, explique à ta mère que c'est impossible d'inviter tout le monde à cause du secret magique. Dis-lui que vous ne pourrez inviter que la famille proche qui est déjà au courant. Je crois qu'il y a tes grands-parents et une de tes tantes, c'est ça ?

- Oui, c'est ça et aussi le fils de ma tante du coup, le reprit-elle.

- Eh bien voilà, tu lui dis que vous ne pouvez inviter qu'eux mais que tu l'autorises à organiser une réception avec tous les autres. Ron et toi, vous n'aurez qu'à faire comme si vous vous étiez mariés à Las Vegas et que vous fêtez ça après coup.

Hermione parut songeuse un moment avant de se lever pour embrasser la joue d'Harry.

- Oui, c'est un bon compromis et je serais moins pointilleuse sur la réception que sur le mariage ce qui fait que je pourrais sans soucis déléguer totalement son organisation à ma mère, approuva la jeune femme avec un grand sourire. Merci mille fois Harry. Décidément, tu mérites vraiment ton titre de sauveur !

Harry secoua la tête en riant et finit par sortir son agrément pour le montrer à la sorcière. Elle le regarda quelques secondes, le temps de lire le titre du document et laissa échapper une exclamation ravie.

- Tu l'as ! Ça y est, tu vas pouvoir nous marier ! s'extasia-t-elle.

- Je t'avais dit que je m'en occuperais aussi vite que possible, lui dit-il avant de lui faire un clin d'œil.

Elle l'étreignit fortement avant de se rasseoir, toujours le sourire aux lèvres.

- Je suis tellement contente que tu ais eu cette idée ! s'exclama-t-elle.

- C'est Drago, moi, je ne savais même pas que c'était possible, rappela Harry.

- Tu le remercieras encore de ma part.

Harry acquiesça simplement.

- Comment ça se passe entre vous ? s'enquit-elle ensuite.

- Très bien, répondit Harry. C'est fou comme les choses me semblent naturelles, évidentes…

- Pourquoi tu trouves ça fou ? s'étonna Hermione.

- Eh bien, j'ai passé un et demi avec Dean et presque autant avec Ginny et… Je ne sais pas, ce n'était pas pareil. J'étais bien et je suis sûr de les avoir sincèrement aimés, mais…

- Mais pas autant, conclut-elle à sa place.

- Oui et du coup, je dois t'avouer que ça me fait un peu peur.

C'était la première fois qu'il se confiait à ce point sur sa relation avec Drago et ça lui faisait un bien fou d'en parler.

- Qu'est-ce qui te fait peur ?

- Ça ne fait même pas un mois qu'on est ensemble, Hermione, et on s'est déjà dit je t'aime ! Et le pire, c'est que je voudrais vivre avec lui parce que je n'aime pas m'endormir ou me réveiller sans lui… Je n'arrive pas à comprendre comment on peut devenir accroc à une personne en si peu de temps et ça me semble encore plus bizarre puisqu'il s'agit de Drago et moi…

- Je déteins sur toi on dirait, s'amusa Hermione.

Harry fronça les sourcils, ne comprenant pas ce qu'elle voulait dire.

- Tu réfléchis trop Harry et ça c'est plutôt mon truc, lui expliqua-t-elle. S'il y a bien une chose que j'ai apprise et que tu devrais déjà savoir, c'est que l'amour est tout sauf logique ou rationnel. Si tu es sûr de l'aimer et que tu es certain de vouloir vivre avec lui, alors pourquoi attendre ?

Harry garda le silence, perplexe. Il avait du mal à se dire qu'Hermione était en train de le convaincre de ne pas réfléchir. C'était tellement peu… Hermione.

- Regarde Ron et moi, au final, on n'a jamais vécu séparément du moment où on s'est mis en couple…

- Oui mais Ron et toi, c'est un peu spécial. On vivait déjà ensemble pendant la guerre et après, on n'arrivait pas à se séparer, tous les trois, objecta Harry.

- Oui, peut-être, mais ça ne change rien à ce que je te dis. Si tu es sûr de toi, alors, il n'y a pas à hésiter, conclut-elle.

Harry garda le silence un moment, réfléchissant à ce qu'Hermione venait de lui dire. Il avait envie de suivre ses conseils mais dans tous les cas, il ne pouvait pas emménager chez Drago dans l'immédiat. Déjà, il ne savait pas du tout si son petit-ami serait partant mais surtout, il y avait Andromeda et Teddy.

Il ne voulait pas abandonner son filleul, c'était inenvisageable. Et même en imaginant que Drago soit d'accord pour accueillir l'enfant chez lui, il restait Andromeda. La priver de Teddy maintenant serait cruel et ça aussi, Harry ne voulait pas l'envisager. Non, qu'importe ses envies, il allait les mettre de côté.

Dans tous les cas, s'il ressentait le besoin de vivre auprès de l'ancien Serpentard, cette envie serait toujours là lorsque le moment serait plus propice.

.

Drago se réveilla seul dans son lit, à sept heures tapantes et soupira. Au final, il ne s'était pas couché bien tard la veille, donc il avait suffisamment dormi pour se sentir en forme, mais le simple fait de se lever à cette heure précise le contrariait. Maintenant qu'il savait que c'était dû au séjour du Lord chez lui, il ne considérait plus ça comme quelque chose qui n'avait pas d'importance. Il s'agissait d'un traumatisme, certes moins handicapant que d'autres, mais il voulait guérir de ça aussi.

Sachant très bien qu'il ne se rendormirait pas, il se leva et alla se laver et se préparer pour sa journée. Il n'avait pas vu Harry depuis leur sortie sur la plage, mais ils devaient se voir aujourd'hui pour que Drago lui raconte les derniers événements avant la chute du Seigneur des Ténèbres. Ils passeraient ensuite le reste de la journée ensemble et la nuit aussi puisque Teddy resterait chez Ginny Weasley.

En sortant de sa salle de bain, il tomba sur un tee-shirt appartenant à Harry. Il avait certainement oublié de le ranger dans le sac d'affaires qu'il ramenait toujours lorsqu'il prévoyait de passer la nuit au Manoir. Drago le prit entre ses mains avec un sourire. C'était complètement idiot mais il adorait voir des affaires d'Harry chez lui. Peut-être qu'il serait bon de lui faire de la place dans ses placards pour qu'il puisse en laisser ici. Au moins, il n'aurait pas besoin de prendre un sac à chaque fois.

Le jeune homme reposa le vêtement là où il l'avait pris puis se rendit dans la salle à manger où son Elfe avait déjà préparé son petit-déjeuner. Il s'attabla et prit le journal après s'être servi une tasse de café.

Il fut surpris de voir une photo de Goyle à la page sportive. Bien sûr, Drago savait que celui-ci était parti pour les Etats-Unis après avoir été libéré de ses six mois à Azkaban et qu'il avait démarré peu après une carrière dans le catch sorcier. Cependant, il l'avait appris grâce à Astoria. La presse n'avait jamais parlé de lui, enfin, jusqu'à maintenant.

L'article annonçait que Gregory Goyle avait gagné l'avant-veille au soir la Ceinture de Champion du Monde de la FMIC, la Fédération Magique Internationale de Catch. La Gazette mettait l'accent sur le fait que c'était le premier champion issu de Grande-Bretagne et qu'il y avait de quoi être fier de leur catcheur.

Drago ricana en repliant le quotidien. Goyle n'avait pas été traité mieux que lui par la communauté magique. La seule différence, c'était que lui était parti avant de se faire attaquer. Il n'avait eu qu'à subir les articles qui s'indignaient de la faiblesse de sa sentence et de quelques lettres menaçantes. Ça aussi, Drago l'avait appris d'Astoria.

Il était amusant de voir que maintenant qu'il avait accompli quelque chose pouvant apporter un peu de gloire au pays, il était présenté comme un Champion et non plus comme un paria. Enfin, au final, Drago était content pour Goyle, celui-ci avait bien réussi à se reconstruire apparemment.

Le catch magique était une discipline assez récente. Les Etats-Unis s'étaient ouverts au monde moldu une dizaine d'années avant l'Angleterre et la FMIC était née à ce moment-là. Sa popularité était grande chez les américains mais plutôt petite ici. Nul doute qu'avec un champion anglais, elle n'allait pas tarder à augmenter.

Le jeune homme sourit en entendant sa porte d'entrée s'ouvrir puis se refermer et il s'agrandit en voyant Harry pénétrer dans la pièce.

- Salut, dit-il en levant la tête pour embrasser son petit-ami.

- Bonjour, répondit-il après lui avoir donné un baiser.

Bobby apparut pour proposer et servir une tasse de café à Harry qu'il accepta de bon cœur et celui-ci s'installa face à Drago.

- Alors, quoi de neuf ? demanda Harry en désignant le journal.

- Rien de bien fou, répondit Drago. Goyle a gagné une ceinture de champion du monde apparemment.

- Oui, je sais, j'ai vu le match en rediffusion hier soir.

- Tu regardes le catch ? s'étonna Drago.

Non pas que ça avait quoi que ce soit de surprenant, mais il n'avait jamais entendu Harry en parler.

- Quand j'en ai l'occasion. Je ne suis pas un grand fan, mais j'aime bien de temps en temps. C'est le seul sport de combat que je peux apprécier, justement parce que la violence n'est qu'une mise en scène.

Drago acquiesça, il comprenait très bien. Certes, il ne s'était jamais intéressé à cette discipline, mais s'il devait choisir un sport parmi ceux de combat, ce serait celui-ci pour les mêmes raisons.

- Bon, tu es prêt ? demanda Harry une fois qu'ils eurent tout deux terminé leurs cafés.

- Autant que je puisse l'être, répondit Drago en se levant.

Comme à chaque fois qu'ils devaient aborder le sujet de la guerre pour les besoins du roman d'Harry, ils se rendirent dans le petit salon et s'installèrent à leurs places habituelles. Drago n'aurait pas su dire pourquoi ils faisaient toujours ça, c'était devenu une sorte de rituel.

Lors de leur dernière séance, Drago lui avait raconté la septième année à Poudlard avec Rogue comme directeur et les Carrow en professeurs. Harry avait été fortement intéressé par son récit de cette période car cela donnait un autre point de vue par rapport au récit de Neville et des autres résistants présents à Poudlard à ce moment-là.

Maintenant, ils allaient aborder le dernier jour avant la bataille.

- Ça a commencé comme tous les jours. Rien ne laissait présager un affrontement le soir-même. Les cours ont eu lieu puis ma mère m'a contacté par le miroir à double-sens que nous avions. Elle m'a annoncé que les deux autres et toi aviez cambriolé Gringotts, le coffre de ma tante plus précisément, et que le Seigneur des Ténèbres comptait arriver à Poudlard.

Drago se souvenait qu'il s'était demandé les raisons de cette venue. Il n'avait pas trouvé de rapport entre le coffre forcé et Poudlard.

- Elle m'a conseillé de quitter le château pour me mettre en sécurité, mais Pré-au-Lard était soumis au charme du Cridurut et je n'aurais pas pu partir sans être découvert. Alors, je suis resté puis j'ai croisé les Carrow qui avaient reçu des ordres du Lord. Apparemment, ils étaient tous persuadés que tu allais venir à l'école.

Là aussi, Drago se rappelait très bien avoir trouvé ça idiot. Il n'y avait aucune raison pour que Potter, en cavale, se ramène dans un endroit aussi dangereux pour lui que Poudlard.

- Je n'y croyais pas trop, mais j'étais déterminé à te trouver si vraiment tu étais dans l'école. Je voulais récupérer ma baguette et… Et je dois avouer que je voulais simplement te voir, mais si tu pouvais éviter de noter ça…

- Promis, déclara Harry en souriant et en raturant sur son parchemin.

- J'ai attendu d'avoir une preuve concrète de ta présence, je ne me voyais pas parcourir le château au hasard en espérant tomber sur toi. A un moment, Slughorn est venu nous chercher pour qu'on se rende tous dans la Grande Salle. Là, j'ai su que tu étais bel et bien là et en effet, on t'y a vu. Tu te souviens comme moi de la déclaration du Lord et de l'intervention de Pansy pour te livrer à lui… Je ne l'ai jamais trouvée plus stupide qu'en cet instant-là, railla Drago.

De tout ce qu'il avait raconté à Harry au fil des semaines, cette partie était la plus facile. Même si elle avait été difficile à vivre sur le moment, la bonne issue de la bataille lui avait permis d'en garder un souvenir positif malgré tout.

- Bref, après ça, je t'ai perdu de vue mais j'ai fini par te retrouver, tu parlais avec le fantôme de Serdaigle et j'ai compris en vous écoutant que tu allais te rendre à la Salle sur Demande. Je voulais venir seul, mais Crabbe et Goyle ne voulaient pas me lâcher… La déchéance de mon père leur avait fait pousser des ailes… La suite, tu la connais. Crabbe est mort brûlé à cause de son propre sort et Goyle et moi, on vous doit la vie.

Drago fit une pause dans son récit, il avait beau ne jamais avoir considéré Crabbe comme son ami, sa mort l'avait affecté. Il l'avait connu d'aussi loin que remontait sa mémoire, ça n'était pas rien.

- Tout le reste de la bataille, je n'ai fait que tenter d'éviter de me faire tuer. Tu l'as vaincu et j'ai été soulagé. C'était la fin de son règne, la fin de la terreur. Je savais que j'allais avoir à répondre de mes actes et que je risquais une grosse peine mais au final, je m'en moquais. Mes parents étaient en vie, moi aussi et il n'était plus là pour nous tyranniser.

Drago se souviendrait toujours de la joie qui l'avait envahi au moment où il avait vu le Lord tomber au sol, vaincu.

- Si tu devais changer quelque chose dans toute ton histoire, ça serait quoi ? demanda Harry.

- J'aurais aimé agir autrement, aller demander l'aide de Dumbledore ou de Rogue. Faire preuve de plus de courage et prendre ma vie en main au lieu de la subir comme je l'ai fait. En fait, j'aurais simplement aimé être un peu moins con que je ne l'étais à l'époque, conclut Drago.

Harry continua à prendre des notes pendant quelques instants avant de lever son visage vers Drago.

- Je te remercie pour tout ce que tu m'as dit et je suis désolé d'avoir remué tant de choses, lui dit-il doucement.

Drago lui sourit tendrement. Jamais il ne pourrait regretter d'avoir accepté de se confier sur son vécu pendant la guerre. Ça lui avait apporté tant de choses.

- Et moi je te remercie d'avoir demandé mon aide, répondit simplement Drago.

Il se leva et tendit sa main à Harry pour qu'il en fasse autant. Une fois debout tous les deux, ils s'embrassèrent doucement.

Oui, il ne pouvait pas regretter car raconter les pires moments de sa vie lui avait permis de vivre les meilleurs.


Et voilà pour ce chapitre 14 !

Une fois encore, ça parle de catch XD

Sachez qu'en fait, j'adore le catch et que du coup, ça me faisait plaisir de caser ce sport dans ma fanfic XD

Je vous dis à tout de suite pour le chapitre suivant.

Bizzz.