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Épilogue
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Mercredi 19 avril, 12h47
Derek poussa la porte du café, une boule solidement logée au cœur de sa gorge, ou peut-être était-ce directement son cœur qui était dans sa gorge. Peu importe. Ses mains étaient moites et malgré de nombreuses profondes inspirations, il n'arrivait pas à garder son calme.
C'était la deuxième fois qu'il entrait dans un café pour y attendre Stiles. C'était la quatrième fois qu'ils avaient prévu de se rencontrer. C'était la troisième fois qu'il paniquait à cette idée. Et s'il l'avait rencontré la première fois, il ne se serait certainement pas intéressé à lui, et Stiles n'aurait eu aucune chance de s'intéresser à lui non plus. Peut-être que ça valait l'attente.
Derek parcourut la salle des yeux pour trouver une table libre. Son regard s'immobilisa sur un jeune homme brun qui le fixait, ses yeux légèrement écarquillés, sa lèvre inférieure prisonnière de ses dents. Il avait l'air d'avoir le souffle coupé. Ou alors, c'était seulement Derek.
Pendant un instant, ou peut-être dix minutes, les deux hommes restèrent figés. Puis, la lèvre de Stiles se libéra et sa bouche s'orna d'un petit sourire timide. Derek avait peur de faire un seul pas vers lui et de briser le charme. Puis il le fit quand même.
« Tu es en avance. »
Stiles ne répondit pas immédiatement. Puis, après un rire soufflé, « Je pense plutôt que je suis très en retard. »
Sa voix.
Mon dieu, sa voix.
Comment avait-il pu penser que Derek n'aimerait pas sa voix ?
Cet homme était un idiot.
« En fait, j'avais tellement peur qu'il se passe un truc que je suis arrivé il y a une demi-heure, juste pour être sûr d'y être et j'ai éteint mon téléphone parce que le monde peut exploser s'il en a envie, c'était hors de question que je ne sois pas là cette fois. »
Stiles parlait en agitant ses mains. Derek l'aurait parié.
« Merci. »
Stiles pinça nerveusement les lèvres. « Alors … tu – tu vas t'assoir ou … ? »
Derek sourit, mais peut-être était-ce le cas depuis le début, et s'assit. « Je suis content que tu sois là.
- Moi aussi, » dit Stiles, d'une voix essoufflée. Ses doigts jouaient ensemble et Derek ne savait plus où regarder.
Il se força à parler. « Donc tu es réel.
- Très, très réel. Et content de savoir que tu n'étais pas juste une hallucination de mon cerveau alcoolisé.
- Ça aurait été une hallucination très poussée.
- Je suis certain d'en être capable.
- Vous voulez boire quelque chose ? »
Le serveur repartit avec leur commande, et Stiles et Derek en étaient revenus à se fixer. « Et … je n'ai aucune idée de quoi dire, » avoua Stiles et Derek fut obligé de rire. « Ce qui – vraiment – est super étrange. Je sais toujours quoi dire. Je parle beaucoup, beaucoup, très souvent, c'est un miracle, vraiment, ce à quoi tu assistes je, » il finit sa phrase dans un toussotement. Il se passa la main sur la nuque en détournant rapidement le regard. Son visage rougissait et Derek devait physiquement se retenir de tendre la main pour toucher sa joue.
« Pourquoi tu t'arrêtes ?
- Je ne sais pas de quoi parler.
- Ca n'a pas d'importance. Parle du fait que tu ne sais pas de quoi parler.
- Tu as tant envie que ça d'éviter le silence ?
- Non. Je veux mémoriser le son de ta voix pour pouvoir relire tes messages en t'entendant les prononcer. »
Est-ce qu'il venait réellement de dire ça ?
Stiles cligna rapidement des yeux, sa bouche dessinant un o.
Ça ne ressemblait pas à Derek de dire ce genre de chose, encore moins la première fois qu'il rencontrait quelqu'un. Mais tout était différent. Parce qu'ils se connaissaient déjà et que Stiles avait cet effet sur lui, même au travers d'un écran. Ce n'était pas comme une première rencontre, mais ça l'était. C'était confus.
« Si tu comptes dire d'autres choses comme ça, tu devrais me prévenir, car n'étant pas derrière mon écran, je vais avoir beaucoup de mal à te donner l'impression que je suis quelqu'un de normal. »
Il y avait de la panique dans sa voix, et Derek sourit. « Je sais que tu n'es pas normal. » Et c'est ce que j'aime chez toi.
« Non, vraiment, » reprit Stiles dans un souffle, à la fois amusé et inquiet. « Quand j'écris des messages, la plupart du temps, avant d'envoyer, j'ai le temps de me reprendre avant de dire quelque chose de trop horrible – ok pas tout le temps, mais parfois. Crois-moi. C'est bien parfois et – pourquoi tu souris comme ça ? »
Derek souriait car Stiles était parfaitement comme il l'avait imaginé. Car il pouvait entendre ces messages qu'il avait relu des centaines de fois avec la voix de cet homme. Car il était là. Il voulait savoir si sa peau était aussi douce qu'elle en avait l'air, s'il pouvait mordre les lèvres de Stiles comme celui-ci le faisait.
Derek ferma les yeux. Il avait besoin d'une minute.
« Wow, j'ai réussi à ce que tu en aies marre de moi en deux minutes. Je suis vraiment incroyable.
- Il faut que tu arrêtes de penser que je ne vais pas t'apprécier, » dit Derek avant d'ouvrir les yeux. « Parce que c'est tout le contraire. »
Il vit Stiles cligner des yeux à nouveau et mal retenir un sourire. Le plus jeune baissa les yeux sur ses mains avant de parler. « Je ne suis pas le seul à être arrivé en avance.
- Je crois que j'ai été clair sur le fait que je n'en pouvais plus d'attendre, » répondit-il en souriant. Et pourquoi devrait-il rester l'être monosyllabique qu'il était habituellement alors que l'homme en face de lui savait déjà presque tout ce qu'il y avait à savoir de lui. Pourquoi y aller doucement ? Il voulait parler à Stiles pendant des heures, et dans le même battement, il voulait l'entrainer à l'autre bout du monde, s'isoler avec lui et ne plus jamais revenir.
Stiles secoua lentement la tête. « Je vais foirer tous mes exams.
- Comme si tu n'étais pas du genre à tout apprendre la veille pour le lendemain.
- Justement. Comment veux-tu que je me concentre maintenant ?
- Eh bien … je peux toujours partir.
- N'ose même pas. » Un autre silence flotta entre eux, quelques secondes avant que Stiles ne demande si « Tu crois qu'on arrivera à arrêter de se regarder comme si … comme ça ?
- Comme si quoi ? Comme quoi ?
- Tu sais comme quoi ! Tu me vois te regarder. Tu te connais assez pour savoir comment tu me regardes.
- Tu veux que j'arrête de te regarder comme ça ?
- Jamais, » souffla Stiles avant de se mordre l'intérieur de la lèvre. « On a l'air désespérés.
- Je dirais incrédules.
- D'accord Monsieur Littéraire, incrédules. » Stiles mordit à nouveau sa lèvre et Derek songea qu'il avait besoin qu'il arrête de faire ça. « Tu sais que je suis réel quand même, hein ?
- Tu as une preuve ? »
Stiles ouvrit la bouche avant de réaliser qu'il n'avait rien à dire, de grimacer, de fermer la bouche et froncer les sourcils. « Comment je prouve que je suis réel ? Je peux appeler un ami qui te dira que je suis réel. Eh attends, tu as déjà rencontré mes amies. C'est à moi de savoir si les tiens sont réels. » Il pointait du doigt le plus âgé, puis lui-même, puis le plafond et les yeux de Derek ne faisaient que descendre sur sa main.
Il se rappela de répondre, « Tu as rencontré Isaac.
- J'ai finis saoul, » déclara-t-il. « Alison aurait pu amener n'importe qui et le payer pour me faire croire que c'était Isaac. Qui n'existe pas. Ce pourrait être une mauvaise blague de votre part à tous les deux, » avança Stiles en pointant un doigt accusateur vers lui. « Après tout, tu l'as vu avant alors vous auriez – » Derek attrapa sa main au vol.
Il prit son index entre deux de ses doigts, faisant cesser les mots, faisant exploser un autre de ses sens. Il tendit le reste de ses doigts contre la peau douce. La main contre la sienne était immobile. Puis elle ne l'était plus.
Stiles entrelaça leurs doigts.
L'un comme l'autre se contenta de regarder leurs mains, perdu dans ses propres pensées.
Stiles sourit en secouant la tête. « C'est un truc de film ça. Personne ne fait ça dans la vraie vie, personne ne peut donner l'impression de – c'est …
- Toute cette histoire ne semble pas réelle, » répondit Derek.
« Tu crois que c'est un complot contre nous ?
- J'espère qu'ils continueront dans ce cas. » Stiles n'avait pas seulement un belle voix, mais aussi des yeux que Derek ne se sentait pas de quitter.
« Tu as des ennemis qui auraient pu vouloir te faire ça ?
- Après ça, je ne pense pas que ce serait des ennemis.
- Tu es niais, » sourit Stiles. « J'aime ça.
- Ca aurait été un très mauvais moment pour réaliser que tu ne m'apprécies pas. »
Submergé. Derek était submergé.
« C'est à ça que serve les premières rencontres, non ?
- C'est le risque. »
Il ne voulait jamais remonter à la surface.
Un sourire et « J'aime le risque. »
Derek souffla un rire. « J'ai remarqué ça à tes habitudes alimentaires. »
Stiles lâcha sa main et recula dans son siège. Une expression faussement vexée orna son visage. « Alors je te signale … »
Le soleil déclina et avec lui, les clients quittèrent le café, les laissant seuls face à leurs tasses vides, seul avec l'autre. Derek admirait les mouvements des mains de Stiles autant qu'il se régalait de ses mots. Stiles perdait ses idées face un sourire calme sur des lèvres captivantes.
On leur demanda de partir, car on fermait. « Tu veux aller manger quelque chose ?
- Ton fameux sushi, il fait aussi du sur place ?
- Oui. Tu veux y aller ?
- Évidemment, j'en n'ai jamais des aussi bons ! » Derek rit. « Tu sais qu'ils sont délicieux. » Ils se serrèrent sur le trottoir pour laisser un groupe passer à côté d'eux. Leurs mains se frôlèrent. Elle se retinrent. Ils continuèrent à marcher, main dans la main, comme s'ils l'avaient fait un millier de fois, seulement trahis par la légère rougeur de leurs joues.
Et le diner se passa tout aussi bien que l'après-midi, et que toutes les heures de messages qu'ils s'étaient échangés. La gêne avait disparu. C'était comme s'ils s'étaient vus des dizaines de fois déjà, mais ils s'émerveillaient à chaque mot.
Puis, ils sortirent du restaurant et n'osèrent plus se regarder. Stiles sentait l'appréhension saisir son estomac et le bruler de l'intérieur. Il avait peur de dire au revoir. Il avait peur de proposer autre chose. Il leva les yeux sur Derek lorsque celui-ci fit de même. Il y vu la même angoisse.
Derek demanda, « Tu veux marcher un moment ? », au même moment où Stiles demanda, « Tu veux venir boire un café chez moi ? »
Ils restèrent figés.
« Ok, oui, aller macher c'est génial, j'aime marcher, marcher c'est bon pour la santé, surtout quand on vient de manger et –
- J'aimerais bien un café, oui, » l'interrompit Derek calmement. Stiles resta la bouche ouverte, à articuler des mots sans voix. Puis il ferma la bouche et hocha lentement la tête avant de faire un pas en arrière en direction de chez lui.
Chez lui.
Derek venait chez lui.
Le plus âgé glissa à nouveau sa main dans la sienne en arrivant à sa hauteur. « C'est étrange, » dit Stiles. « C'est naturel d'être avec toi. Comme si je te voyais pour la centième fois, alors que … ce n'est pas habituel. Mais ça l'est.
- Je vois ce que tu veux dire, » répondit Derek, un sourire léger et insouciant aux lèvres.
« Donc … tu … je veux dire, est-ce que tu te sens pareil ?
- Oui. » Un instant. « J'aimerai que tu deviennes une habitude. Si tu le veux aussi. »
Lorsque Stiles s'arrêta de marcher, Derek se demanda s'il venait de tout gâcher. Trop tôt, trop rapide, un défaut de rythme. Mais Stiles se tenait là, une expression que Derek ne comprenait pas sur le visage. Il voulait avoir le temps de le déchiffrer.
Stiles s'approcha et, « Je peux ? » Une main sur sa joue et Derek hocha lentement la tête, sa barbe de trois jours rappant contre la paume. Un pas, une autre main sur son autre joue et Derek se pencha pour finir le mouvement de Stiles.
C'était naturel et parfait. Ça n'avait rien de l'implosion que Derek avait anticipée. Tout, absolument tout, chaque partie de lui, chaque pensée, chaque émotions se calma instantanément. C'était arriver chez soi quand il y a de l'orage dehors. Les mains de Stiles montèrent dans ses cheveux, l'ancrant plus encore sur place, dans l'instant, dans chaque exquise sensation que l'homme lui procurait. Il ne le laisserait jamais s'enfuir.
Lorsque Derek l'embrassa en retour, augmentant la pression de leurs lèvres et y ajoutant celle de leurs corps l'un contre l'autre, Stiles perdit pied. Il était loin de cette rue quand ses bras s'enroulèrent dans le creux de son dos. Il se pencha en arrière, emporté par le mouvement de l'homme qui s'approchait encore de lui, comme s'il restait un seul centimètre entre leur corps.
Et ils perdirent le fils des secondes et des minutes, celui du monde aussi. Ils s'embrassaient, réalisant ce qu'il se passait et perdant toute notion de sens en même temps.
Le dos de Stiles heurta quelque chose et seulement alors, il remarqua que leur baiser n'avait plus grand-chose de calme. « Contre quoi tu m'as poussé ? » demanda-t-il, essoufflé. Derek avait, sans perdre une seconde, dévoué son attention sur sa joue droite.
Il s'écarta un bref instant. « Une boite aux lettres.
- Ok, » dit Stiles avant de ramener d'une main le visage de Derek face au sien pour l'embrasser.
« Pourquoi ?
- Je croyais… » Stiles embrassa l'angle de sa mâchoire, « que c'était … » Derek l'embrassa, coupant ses mots et son souffle. Un instant plus tard, Stiles s'écarta pour finir, « que c'était une poubelle.
- Je ne t'aurais pas attiré contre une poubelle, » dit Derek dans son cou, ses lèvres frôlant sa peau en une dizaine de baisers avortés.
« Hmhm, » fit Stiles, déconcentré. Il soupira, puis attirer à nouveau les lèvres de Derek à lui. « Ça aussi tu voudrais en faire une habitude ?
- Si ça ne te dérange pas ? » Stiles souffla un rire contre ses lèvres et Derek y répondit.
« Ça ne me dérange vraiment pas.
- Tant mieux. » Les sourires se rencontrèrent. Et lentement, ou rapidement, qu'est-ce que la notion du temps, leur baiser s'accéléra. D'un peu plus passionné à intensément plus passionné.
Stiles s'écarta, le souffle court. « J'habite à deux rues d'ici. » Il réalisa ses mots mais n'eut pas le temps d'en être gêné, car les yeux de Derek pétillaient. « Je veux me souvenir de cette expression, » murmura-t-il.
Derek sourit. « Je suis sûr que tu la reverras. »
Stiles repoussa doucement le plus âgé avant de prendre sa main et de partir en direction de chez lui. Il mourrait de chaud, extérieurement, intérieurement. Sa main était moite et il savait que Derek pouvait le sentir. Mais celui-ci marchait tout aussi vite que lui, alors Stiles savait qu'il n'était pas le seul à vouloir atteindre l'appartement. De sa main libre, Stiles se rogna un ongle. « On … on va pas trop vite, hein ? C'est, enfin, c'est – tu es –
- Cette situation me va parfaitement. » Derek ralentit. « Est-ce que toi, ça te convient ? »
Stiles explosa de rire et hocha la tête. « Oh. Oh oui. » Derek sourit en baissant la tête. « Là, » dit-il en montant les trois marches menant à l'entrée de l'immeuble.
Les mains de Stiles tremblaient alors qu'il déverrouillait sa porte. Derek voulait s'approcher de lui, couvrir son dos de son torse et prendre ses mains dans les siennes, aggraver et calmer ses tremblements d'un seul geste. Il ne le fit pas, car cela avait trop d'importance. Stiles avait trop d'importance. Il ne voulait pas se précipiter sur lui, dans son lit, en lui. Il avait si peur de tout gâcher.
La porte s'ouvrit et Stiles entra. Ses gestes avaient toute la précaution du monde. « Tu veux boire quelque chose ?
- De l'eau ?
- Parfait, » Stiles s'écarta et sortit deux verres d'un geste rapide, sa main ouvrit le robinet pendant que les doigts de son autre main jouaient nerveusement à battre le verre. Derek se rapprocha, s'apprêta à dire quelque chose pour le détendre quand Stiles se tourna précipitamment pour lui donner le verre. Verre qui heurta Derek et se renversa à moitié sur lui. « Oh putain. »
Stiles prit du sopalin pour éponger le t-shirt mouillé de Derek, pendant que celui-ci lui répétait que ce n'était rien. Puis, le plus jeune s'immobilisa en plein mouvement, réalisant qu'il tapotait les abdominaux de l'homme qui lui plaisait et qui se tenait actuellement debout à environs trois mètres de son lit.
« Stiles ? Est-ce que –
- Je suis désolé, je suis juste super nerveux. » Il rougit encore plus et releva lentement les yeux sur Derek. « Je te jure que j'ai déjà fait tout ça avant, c'est juste –
- Tu n'as pas à te justifier. » Derek le fixa droit dans les yeux pour s'assurer que Stiles le croit. « C'est important pour moi aussi, » ajouta-t-il. « Tu n'es pas le seul à être nerveux. »
Le plus jeune acquiesça et s'écarta pour jeter le sopalin mouillé. Il resta à un pas de Derek. « C'est juste que je … je n'ai pas envie de t'embrasser passionnément et de t'arracher tes vêtements et de te jeter dans mon lit et de te grimper dessus. »
Derek hésita une seconde. « Non ?
- Non. » Puis, rapidement, « Non mais ce que je veux dire, enfin c'est pas ça, c'est pas que j'en ai pas envie, c'est que je – » Soupir. « Je veux prendre mon temps.
- Alors prends ton temps. »
Stiles le regard, puis referma la distance entre eux, s'approcha lentement pour déposer ses lèvres à la base de son cou. Derek frissonna. « Je veux que ce soit doux.
- Alors soit doux, » souffla Derek quand les lèvres de Stiles se déposèrent de l'autre côté de son cou.
« Et toi, tu … qu'est-ce que tu veux ?
- Je veux que tu me laisses t'aimer. »
Stiles sursauta et s'écarta pour plonger ses yeux brillants dans ceux de Derek. Il y avait tant d'émotions que Derek ne chercha pas à les comprendre, juste à s'en souvenir. Il espérait qu'il aurait tout le temps pour le comprendre. Il leva les mains pour prendre son visage en coupe, aussi précieusement qu'il le méritait. Avec révérence. Et il l'embrassa à nouveau, lentement, doucement, tendrement, assez pour faire fondre Stiles qui se retenait à ses épaules.
Un pas après l'autre, Stiles les guida jusqu'à son lit. Un geste après l'autre, ils retirèrent leurs vêtements. Une caresse après l'autre, Derek imprima Stiles sur ses paumes. Un soupir après l'autre, ils s'accompagnèrent jusqu'au matin. Un murmure après l'autre, ils tombèrent amoureux.
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[31/12 23h49]
Stiles : OU ES TU ?
Stiles : Je te jure que si tu me laisses seul à minuit je romps avec toi
Stiles : Ok pas VRAIMENT
Stiles : Sois là pour m'embrasser à minuit
Stiles : Sois là avant ça car tu me manques
Derek : Tu es si niais parfois
Stiles : Excuse moi Monsieur Post-it Romantique Dans la Salle de Bain au Réveil mais JE suis NIAIS ? ? ? ? ?
Derek : J'arrive
Stiles : OU ?
Derek : Tu sais que te répondre me ralentis ?
Stiles : Je vais me mettre à hurler si tu n'arrives pas ! ! ! !
Stiles : C'EST PRESQUE MINUIT DEREK
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Groupchat : UCLA4EVER (+1 NYkaise +2 toujours coincés là (sérieux le nom ?) dont 1 rabat-joie)
Miss Fields : [photo]
Golden Boy : Ah donc maintenant toi aussi tu nous spam avec eux ? Genre qu'ils polluent le groupe eux même avec leur mièvrerie c'est pas assez ?
Hawkeye : Ils sont trop chou
Hawkeye : Achète-toi un cœur chéri
Golden Boy : Rends moi le mien ? C'est toi qui l'as après tout
Grrrrrora : Et ILS polluent ce groupe avec leur mièvrerie ?
Miss Fields : Ca vous apprendra à me laisser seule avec eux pour le nouvel an
Hawkeye : Vient au RDC ? Qu'est-ce que tu fais à l'étage de toute façon ? ?
Golden Boy : Tu ferais mieux de redescendre avant que ça devienne -18
SuperCop : Vous réalisez qu'on est sur cette conversation ?
Grrrrrora : Tu réalises que ça ne nous gêne pas de t'insulter devant toi ?
SuperCop : Qu'est-ce que je t'ai fait ?
Grrrrrora : Tu fais des choses à mon frère
SuperCop : Logique
Golden Boy : Je serais prêt à parier que c'est plus ton frère qui lui fait des trucs …
[Woof Woof a supprimé Golden Boy de la conversation]
Hawkeye : Ca devient vieux comme blague …
Miss Fields : Attention où tu vas aussi te faire virer
Hawkeye : Isaac tient à vous dire que vous êtes des gamins
Grrrrrora : J'avais oublié que Derek était surnommé comme ça
Woof Woof : Comme quoi ?
Woof Woof : Qui est responsable de ça ?
Hawkeye : Czaaplplazdpl
Grrrrrora : Je crois qu'Isaac essaie de communiquer avec nous
Hawkeye : dfgkoop c'est
Hawkeye : ak
Hawkeye :
Hawkeye : l
Grrrrrora : Que quelqu'un me dise dans quelle pièce ils sont je veux voir le combat
Miss Fields : Cuisine
Miss Fields : Et je serais tentée de te dire la vérité Derek, mais comme ni Stiles ni toi n'avez lu les deniers messages, je pense qu'elle est déjà découverte …
Grrrrrora : Comme si Stiles savait avoir l'air innocent
Miss Fields : Il sait faire. Crois-moi
Grrrrrora : Explication ?
Miss Fields : Et si on allait profiter du nouvel an ?
Grrrrrora : Tu n'y échapperas pas Lydia …
Miss Fields : Est-ce une menace ?
Grrrrrora : Et si c'en était une ?
Miss Fields : Je te dirais de me la faire en face. Peut-être que tu arriverais à attirer mon attention comme ça
Grrrrrora : J'ai mieux pour attirer ton attention
Miss Fields : Suis-je censée être intéressée ?
Grrrrrora : Ne t'inquiète pas tu vas l'être
Miss Fields : Je crois que ce n'est pas moi qui m'inquiète
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[01/01 2h34]
Stiles : [photo]
Derek : Je l'ai déjà enregistrée quand Lydia l'a envoyé tout à l'heure
Stiles : Non regarde bien
Stiles : C'est mon fond d'écran
Derek : Tu viens d'atteindre un nouveau niveau de niais
Stiles : Tu aimes mon niais
Derek : Je t'aime tout court
Stiles : Je t'aime tout grand
Derek : Tu es saoul
Stiles : Non czst faux
Derek : Tu es assis sur moi, sur ce fauteuil et tu ris à chaque message que tu envoies ou reçois
Derek : Oui exactement comme ça
Stiles : Arrête d'être drôle
Derek : Et si tu posais ce téléphone ?
Stiles : Pourquoi ? Tu es tombé amoureux de moi à travers ce téléphone
Derek : Et je préfère t'aimer en entendant ta voix, avec ton regard et tes mains sur moi et tes lèvres …
Stiles : Mes lèvres ?
Derek : Pose ton téléphone et je te montrerai
Stiles : Embrasse-moi si tu l'oses
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Stiles releva la tête, un sourire idiot de bonheur sur le visage. Derek leva les yeux vers lui, un faux soupir d'exaspération passa ses lèvres, anéantis par un sourire. Stiles haussa les sourcils, attendant son dû pendant que le plus âgé secouait lentement la tête de droite à gauche.
Derek posa son téléphone sur la table adjacente au fauteuil, puis, il prit celui de Stiles de ses mains. Les doigts du diplômé s'aimantèrent à son bras, suivant son mouvement. En plongeant son regard dans le sien, Derek leva la main pour frôler sa joue. La respiration de Stiles trembla, ses pupilles s'écarquillèrent. Il se redressa juste un peu, attirant son visage vers le sien et distrayant ses lèvres d'un baiser.
Il pourrait faire ça toute sa vie.
Lentement, il s'écarta, observa le visage de Stiles, ses lèvres laissées entrouvertes par les siennes, ses paupières closes. Sa langue passa sur ses lèvres juste avant qu'il n'ouvre les yeux. Puis, il sourit et l'observa attentivement. « Est-ce que tu viens de mettre un mot dans ma poche ? »
Derek sourit. « Peut-être. »
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Et voilàààà ! J'espère que cet épilogue vous aura plus et que vous n'aurez pas été déçu par leur rencontre (je déteste la pression du dernier chapitre ET écrire les premières rencontres, c'était grave la joie d'écrire le début de cet épilogue (non)).
Cette histoire est donc officiellement terminée ! MAIS (parce que oui, il y a un mais) au vue de la situation de PLS dans laquelle je me trouve avec ce nouveau confinement, j'ai un peu pas mal besoin de réconfort, donc je risque d'écrire des chapitres bonus à cette histoire (parce que si vous n'avez pas lu ce que j'écris d'habitude, disons que c'est moins drôle et léger que ça, alors mes projets angsty vont devoir attendre). Je ne promets pas monts et merveilles, mais il y a des chances que je poste encore quelques petites choses à la suite de ça.
Encore une fois merci pour vos commentaires. J'ai été très heureuse de savoir que le chapitre 9 a pu vou faire du bien :) Courage à tous/toutes.
A bientôt !
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