Bonjour, Bonsoir. Les personnages nouvellement introduis sont, pour la plupart, inventés. C'était pour vous prévenir. Éclatez-vous et bonne lecture !
Chapitre 13 : Zendor
Le jour tant attendu était enfin arrivé. Le Roi s'était vêtu d'une tenue très élégante, mais avec des tissus peu chers. Depuis le bal masqué, il avait ordonné aux couturiers de ne plus utiliser des tissus hors de prix. C'est donc dans un apparat aux apparences couteuses, que Jellal s'avançait vers la province de Zendor. Le souverain devait normalement être transporté en carrosse. Mais celui-ci ne voulait pas se sentir supérieur aux quelques hommes qui l'avaient accompagné. Et à défaut de marcher, il avait négocié la monté à cheval.
Le voyage dura trois jours et c'est dans l'après-midi qu'ils arrivèrent dans la demeure du Seigneur de Zendor. Il les attendait dans la cour avant, avec un visage détendu et un sourire chaleureux.
-Bienvenu Roi Jellal dans les humbles terres de Zendor. Je me nomme Darick et je suis le Seigneur de cette province. C'est pour moi un honneur de vous accueillir ici.
L'homme devant Jellal était un homme âgé d'une cinquantaine d'années. Il avait fière allure pour son âge et semblait se maintenir en forme. Une barbe mi-longue ornait son visage et ses yeux rieurs lui donnaient une image bienveillante. Jellal l'apprécia tout de suite.
-Tout l'honneur est pour moi Seigneur Darick. Il me tardait d'arriver et d'enfin vous rencontrer. L'ambassadeur Zancrow n'a pas tari d'éloge vous concernant, répondit le Roi d'Edolas avec un sourire.
-Comme il me tardait de vous rencontrer Majesté. Zancrow m'a transmis un rapport très positif sur ses impressions vous concernant. Et en parlant de ce cher ambassadeur, le voilà qui arrive avec ma fille. Jellal tourna la tête dans la même direction que son hôte et vit arriver deux cavaliers, dont l'un assis en amazone. Celui-ci n'était autre qu'une femme d'une rare beauté. Elle respirait la douceur et la grâce. Son regard était rieur, au même titre que son père, et son sourire tellement communicatif que Grey et Jellal ne purent s'empêcher de faire de même. La fille du Seigneur Darick descendit de son cheval avec l'aide de l'ambassadeur, puis s'approcha d'eux. Seigneur Jellal je vous présente ma fille, la comtesse Meredy.
La dénommée Meredy avait, dès son arrivée, repéré les nouveaux venus et tout particulièrement le Roi. Elle avait d'abord salué d'une inclination de tête Grey, Erza et Juvia qui se trouvaient près de Jellal. Puis avait reporté son attention vers celui-ci. S'approchant lentement, elle semblait captivée par le souverain, qui lui souriait chaleureusement, et mit un moment avant de le saluer.
-Majesté, elle s'inclina timidement.
Jellal s'inclina en retour et suivit le Seigneur Darick vers sa demeure. Grey et Juvia, qui se tenait derrière leur souverain, s'échangèrent un regard discret et se mirent à sourire.
*…*
Il y avait en tout neuf Seigneurs, dont Jellal et le Seigneur Darick, assis autour de cette table ronde. Chaque souverain était accompagné de deux représentants de leurs pays qui se tenaient à l'arrière assis. Les Seigneurs étaient ainsi entourés par un cercle de chaise où étaient installés leurs plus proches conseillers.
-Mes amis, bienvenu à vous dans les terres de Zendor. C'est un honneur pour moi de vous accueillir cette année et ainsi perpétuer la tradition instaurée par nos prédécesseurs. Ces réunions sont l'endroit rêvé pour souder encore plus les relations entre nos provinces. Et je m'engage aujourd'hui, en tant qu'hôte, à être un médiateur à la hauteur. Le Seigneur Darick s'était levé et avait commencé son discours avec un grand sourire. Il parlait distinctement et avec un engouement communicatif. L'ambassadeur Zancrow et la comtesse Meredy se trouvaient respectivement à sa droite et à sa gauche.
-Merci de nous accueillir cette fois-ci Seigneur Darick. Et je suis satisfait de nous voir, pour la première fois en plusieurs siècle, tous réunis.
Le Seigneur des terres d'Isgarde semblait, au même titre que le Seigneur Darick, très sincère. Mais sa remarque ne fut pas prise comme il l'espérait. En effet, les autres dirigeants, qui semblaient beaucoup moins enthousiastes, se murèrent dans le silence en échangeant des regards entre eux. Erza eut un très mauvais pressentiment à cet instant et se dit que cette réunion n'était pas une si bonne idée en fin de compte. Et c'est après l'intervention de l'un d'eux qu'elle se dit qu'elle n'avait peut-être pas tort :
-Je suis en tout point d'accord avec vous mon Seigneur. C'est toujours un plaisir de revoir nos alliés de toujours en pareil lieux. D'autant plus qu'un nouveau membre nous fait l'honneur de sa présence. Seigneur Jellal, comment se portent les terres d'Edolas ? Nous n'avons plus eu de nouvelles de cette magnifique province depuis un moment. J'imagine qu'elle a dû affronter des épreuves périlleuses pour se maintenir en équilibre. Derrière son faux sourire, le Seigneur Lasay, des terres de Platz, avait un objectif précis. Et les autres Seigneurs semblaient, eux aussi, vouloir atteindre le même but.
Jellal garda le silence un long moment. Il avait les coudes sur la table et les mains croisées qu'il avait ramenées au niveau de ses yeux. Il adoptait une expression de réflexion et observait, chacun leur tour, les Seigneurs présents. Le Roi d'Edolas finit par se redresser sur son siège et par parler avec douceur, mais avec une pointe d'autorité :
-Mes Seigneurs, en tant que nouveau membre de ce conseil, tout l'honneur est pour moi. Pour répondre à votre question, Seigneur Lasay, les terres d'Edolas se portent à merveille. La force même de notre beau pays, c'est sa capacité à se tenir en équilibre, comme vous le dites si bien. Il aura beau changer incessamment de souverains ou de régimes, il restera toujours droit, stable et fort. Vous pourrez en témoigner si jamais vous passez par chez-nous.
Grey camouflait un sourire et Erza avait levé un sourcil. Oui, le Roi Jellal avait du répondant. Et les Seigneurs s'en rendirent rapidement compte. Mais une intervention étrange, surprit l'assemblée en entier. En effet l'un des Seigneurs s'était mis à rire. D'un rire condescendant et sinistre.
-Je n'aurai pas espéré mieux comme réponse, Roi Jellal. Il faut dire, vous êtes le digne descendant de la famille royale d'Edolas. Un homme d'une trentaine d'années, les cheveux noirs, attachés en une longue queue de cheval. Une attitude désinvolte, un regard malicieux et son poing appuyé contre sa joue. Le Seigneur Mald Gheel, des terres de Tartaros, provoquait un sentiment de malaise chez les membres venus d'Edolas.
-Vous dites cela comme si les membres de ma famille ne vous étaient pas inconnus. Pourtant je n'ai aucun souvenir d'un quelconque lien entre votre province et la nôtre. Jellal camouflait de son mieux la sensation étrange que le Seigneur lui provoquait.
-Il n'y en a aucun, rassurez-vous. Ou du moins, il n'y a jamais rien eu d'alarmant par le passé. J'ai toujours apprécié les contrées d'Edolas, elles regorgent de merveilles et j'ai l'espoir onirique de les parcourir un jour. Mald Gheel gardait toujours ce sourire sinistre, qui fit frissonner beaucoup de monde dans la grande pièce.
Voyant que la conversation pouvait dégénérer à tout instant, le Seigneur Darick décida d'intervenir :
-Je vous en prie mes amis, faisons un meilleur accueil à notre nouveau venu. Je peux comprendre vos ressentiments sur les événements passés. Mais le Roi Jellal n'en est pas la cause, au contraire, il est celui qui a déjoué les plans de l'homme qui nous a causé tant de torts. Il est là aujourd'hui, parmi nous, en assumant fièrement les responsabilités qui l'incombaient. Le Roi Jellal à autant de mérite à se tenir ici que nous. Et ce n'est pas avec pudeur que j'exprime fièrement mon espoir de construire des relations saines et durables entre nos différentes contrées. Seigneur Jellal, vous êtes ici le bienvenu, quoi qu'en dise mes camarades expérimentés, mais toutefois rabat-joie.
La remarque du Seigneur des terres de Zendor provoqua un esclaffement de l'assemblée. Le dirigeant d'Isgarde répliqua :
-Ne nous jetez pas la pierre ainsi Darick, nous paraitrons peu crédibles face aux jeunes parmi nous. Je suis d'accord avec vous sur un fait cependant, le Roi Jellal mérite sa place ici et ce n'est pas nos esprits étriqués qui doivent juger ce qu'il représente.
Jellal sourit sincèrement et échangea une inclination de tête avec le Seigneur Darick. Il comprenait qu'il avait encore du chemin à faire, pour prétendre atteindre leur expérience. Mais fut heureux de voir que des alliés étaient présents pour le soutenir.
Les conversations dérivèrent sur divers sujets, économiques, commerciaux, puis géopolitiques. Jellal ne participait que légèrement, n'ayant aucune alliance avec les autres provinces. Mais il prit toutes les informations nécessaires pour la suite de cet événement, sachant que Grey et Erza faisaient de même.
La conversation allait tellement bon train, que les Seigneurs oublièrent certaines convenances et abordèrent des sujets sans réels liens avec la réunion organisée.
-Si on y réfléchit, la perte de la magie dans nos provinces n'était pas si grave. Même si en tant que hauts placés nous étions privilégiés et que par conséquent, nos vies tournaient autour de cette ressource perdue aujourd'hui. Les retombés n'ont pas été si conséquentes en fin de compte, déclara la dirigeante de la province d'Undible.
-En effet, le peuple n'en a pas du tout souffert. Il faut dire, ils ont été amenés à se débrouiller sans magie très tôt. C'est donc une chance pour nous de voir que privatiser la magie pour les hautes instances n'étaient pas si injuste que ce qu'il parait, continua le Seigneur Repcal des terres de Geyland.
Jellal fronça les sourcils, il n'était pas sûr de ce qu'il venait d'entendre, il demanda alors :
-Je ne comprends pas, que voulez-vous dire par là, Seigneur Repcal ?
C'est le Seigneur Lasay qui pris la peine de lui répondre : -C'est vrai que vous ignorez la totalité des conséquences dû au règne de votre père. Je vous explique Roi Jellal. Nous n'avons jamais eu aucun moyen de déjouer l'armée d'Edolas, et durant son ancien régime nous aurions grandement préféré le contraire. En effet, l'ancien Roi avait pris des mesures pour que la magie soit majoritairement dirigée vers Edolas. Ce qui expliquait notre utilisation plus que restreinte de cette ressource. Et après avoir organisé une réunion comme celle-ci, nous avons décidé que seuls les plus hauts placés seraient habilités à l'utiliser. Le peuple a dû affronter la disparition de la magie avant nous tous, c'est pourquoi il est si bien organisé aujourd'hui. Il en est de même pour nos armées, qui ont eux aussi été privée de la magie et ont donc réétabli tout une stratégie visant le combat basique.
Lasay avait un mélange d'arrogance et d'orgueil dans son regard. Il était sûr d'avoir heurter Jellal en accusant Edolas d'avoir privé le peuple des autres provinces de magie. Le Roi n'eut aucune réaction et se cala contre le dossier de son siège. Les autres reprirent alors leur conversation :
-Mais en parlant de cela vous omettez de dire que lorsque la magie a subitement disparu de ce monde, vous vous êtes tous, à l'exception du Seigneur Mald Gheel et de mon très bon ami le Seigneur d'Isgarde, précipité vers nos provinces pour nous demander de l'aide. Je savais qu'utiliser la magie n'était pas une bonne idée, d'autant plus lorsque l'ancien Roi Faust nous a contraint d'abandonner son utilisation. Alors n'oubliez pas que vos décisions égoïstes de garder la magie pour vous ont été sauvées par l'intervention miraculeuse de Zendor et d'Isgarde, s'emporta presque le Seigneur Darick.
-C'était votre choix, et uniquement votre choix Seigneur Darick. Pas tout le monde n'a pris la décision d'interdire la magie dans son pays. Il était impossible pour nous de l'annihiler du jour au lendemain. Et il est vrai que nous nous sommes énormément appuyés sur vous. Mais c'est ce que font des alliés entre eux. Dans une situation inversée, nous aurions fait exactement la même chose. Même si je dois dire que vous avez été plus présent pour votre peuple que nous l'avons été. Cela restera mon seul regret. Sans mauvaise fois apparente, le Seigneur Bitay parla pour la première fois avec beaucoup de sincérité.
La dirigeante d'Undible ne put s'empêcher de rétorquer :
-Il n'y a aucun regret à avoir, le peuple a toujours eu largement les capacités de gérer ce genre de changement. Au contraire, il est important qu'il soit persuadé que sans les hautes instances, il n'est pas grand-chose. La magie nous était nécessaire, car nous sommes la nécessité du pays et par extension celle du peuple.
-Je suis d'accord avec mon amie, nous ne pouvons regretter notre choix aujourd'hui, même si celui-ci nous a déséquilibré grandement. Et puis il n'y a pas mort d'homme, la quantité de magie que nous utilisions était beaucoup trop mince pour en faire une affaire d'état, poursuivit le dernier Seigneur, celui des terres de Cadrem.
-Comme vous dites. Pour ma part je l'utilisais lors de banquets ou de représentations. Certains théâtres avaient l'exclusivité de l'utiliser si l'envie me prenait d'aller voir une pièce. Rien de bien extravagant en réalité, continua nonchalamment le Seigneur Lasay.
La conversation se poursuivit, chacun continuait de déblatérer ses idioties immondes d'un côté puis d'un autre. Jellal n'y faisait plus attention, il était dans sa bulle. Sentant une pression telle, qu'il voyait le monde autour de lui au ralenti. Alors voilà ce que représentait la souveraineté pour eux ? Être pétris d'orgueil et de suffisance ? Jellal était amer, il avait envie de vomir face à cette bêtise humaine. Il se disait que son père avait eu raison de rejeter leur invitation. Celui-ci avait été plus malin que lui. Dire qu'il voulait faire mieux que son père ! Il s'était bien fait avoir. La tension montait de plus en plus. Jellal était tellement perdu dans ce flot désagréable, qu'il ne fit même pas attention à l'agitation de Grey derrière son dos à droite, ni à l'aura meurtrière que dégageait Erza. Le Roi d'Edolas était simplement seul face à une immoralité naturelle. Il ne pouvait tolérer cela, pas alors qu'il avait l'autorité de tout changer. Mais comment faire ? Il ne voulait pas de conflits, encore moins une guerre. Alors que faire ? Jellal devait agir, mais impossible alors que la colère montait en lui. Impossible alors qu'il s'accrochait de toutes ces forces à son siège pour ne pas se lever. Impossible alors qu'il était la figure même d'Edolas. Que faire !? QUE FAIRE !?
-Jellal.
Un murmure. Un simple murmure venant de derrière son épaule gauche. Elle avait dit son prénom avec une douceur qu'il ne lui connaissait pas. Mais ce simple fait, métamorphosa le souverain du tout au tout. Ses muscles se détendirent, ses poings se desserrèrent et sa respiration reprit un rythme normal. La simple prononciation de son prénom le remis d'aplombs et il reprit son assurance de Roi.
-Je suis venu en cette province avec un désir ardent de lier mon pays avec d'autres. En ayant parfaitement conscience que mon père, l'ancien Roi d'Edolas, vous avait humilié injustement. J'ai donc, en conséquence, accepté les reproches que vous m'avez fait. Mais voilà, l'inévitable est arrivé. Moi qui pensais ne pas être à la hauteur, je me rends compte que ce sont les provinces voisines qui ne le sont pas. Je suis venu pour le changement, mais comment l'espérer si ceux qui sont censés le détenir n'ont pas évolué ? Je suis jeune, inexpérimenté, c'est une réalité sans équivoque. Mais je porte en moi des valeurs que ma terre natale m'a enseignées. Et je ne peux qu'être dégouté de voir que mes ainés n'ont aucun respect pour la morale. Ce n'est pas le souverain qui fait un pays, mais son peuple. Si un souverain est jugé comme mauvais par ses sujets, il doit s'en aller. Et comprenez-moi bien, si je ne peux obtenir le changement ici, je l'imposerai de moi-même. J'annihilerai l'injustice de mes terres par la force de la volonté. Et lorsqu'elle aura complètement disparu d'Edolas, je viendrai jusqu'à chez vous.
Les Seigneurs s'étaient figés, ils n'arrivaient pas à sortir un mot. Le monologue de Jellal était tellement autoritaire que même le Seigneur Mald Gheel perdit, quelques secondes, son sourire sinistre. La menace était claire pour tous, le Roi d'Edolas s'en était assuré.
Jellal leur laissa quelques instants puis se leva. Grey et Erza, qui affichaient le même air détaché mais sévère que leur souverain, avaient fait de même. Le Roi finit par incliner la tête, et prit congé des Seigneurs en sortant dignement de la salle de réunion, suivi de ses deux conseillers, l'allure fière.
Lorsque la porte fut fermée, après que les membres d'Edolas l'ait traversé, un soupire synchroniser s'échappa de la bouche des Souverains. Ils s'étaient tous arrêtés de respirer – y compris leur seconds – trop intimidés par le jeune Roi. Aucun n'osait parler, trop honteux de s'être laissé faire. Les Seigneurs Lasay et Repcal ainsi que les dirigeants d'Undible et de Cadrem affichèrent des airs de colères et de frustrations. Contrairement à l'énigmatique Seigneur Mald Gheel, des terres de Tartaros, qui souriait encore plus que précédemment. Le Seigneur Bitay et les dirigeants d'Isgarde et de Zendor regardait la table, la tête baissée. Ils culpabilisaient beaucoup et comprenaient l'intervention miraculeuse du Seigneur Jellal, qui avait plus fait preuve d'honnêteté et de justice qu'eux-mêmes. Mais la réaction qui était la plus étrange de toutes, encore plus que celle de Mald Gheel, ce fut celle de la comtesse Meredy. La fille du Seigneur Darick, lui-même souverain des terres de Zendor, fixait toujours la porte, celle emprunté par le Roi il y a quelques minutes. Une étrange lueur brillait dans son regard et un sourire discret mais emplis d'une profusion de sentiments était accrochée à ses lèvres. Le Roi Jellal avait fait forte impression lors de ce conseil, dans une mesure que personne ne pouvait pressentir.
*…*
Jellal quitta la salle de réunion en avançant avec détermination, mais se stoppa brusquement lorsqu'il entendit les portes se fermer. Les trois membres d'Edolas restèrent dos à la porte un instant, en fixant le vide droit devant eux.
-Je suis…
-Tu n'as aucunes raisons de t'excuser, tu as fait preuve de justice et d'une honnêteté digne de ton rang. Je suis fier de toi. Grey avait coupé son ami avec une voix rassurante mais directe.
Le silence se prolongea un petit moment où aucun d'eux ne bougea. Puis Jellal inspira longuement, il inclina légèrement la tête vers sa gauche, comme s'il allait se tourner mais sans faire le geste complet. Il murmura alors :
-Merci. Et il se remit à marcher, se dirigeant vers ses appartements qui lui ont été consacrés.
Erza n'avait pas réagi. En vérité, son instinct l'avait surprise elle-même et même après avoir quitté les autres Seigneurs, elle ne pouvait toujours pas expliquer pourquoi appeler le Roi par son prénom lui paraissait comme une évidence à cet instant.
Le lendemain, Jellal se réveilla avec un fort sentiment de culpabilité. Il avait injustement placé le Seigneur Darick dans le même sac que les autres. Alors qu'il était son hôte et qu'il ne faisait pas parti de ceux qui prenaient de haut son peuple. Jellal se serait bien donné une gifle. Il se promit de s'excuser dignement devant lui.
Et c'est dans la matinée que l'occasion se présenta à lui. Le Roi d'Edolas se trouvait dans le bureau qu'on lui avait attribué avec Grey, Juvia et Erza. Ils préparaient leur départ lorsqu'on toqua à la porte. Ce ne fut autre que le Seigneur Darick accompagné de l'ambassadeur Zancrow et de la comtesse Meredy.
-Seigneur Jellal, si je suis venu c'est pour vous présenter mes plus plates excuses, les miennes et celles de mon ami venu d'Isgarde. Nous connaissions bien les vices des autres Seigneurs et c'est uniquement pour assurer la sureté de nos pays respectifs, que nous leur avons laissé agir de cette immonde manière. Mais votre intervention nous a fait réaliser que nous étions dans l'erreur depuis le début. Veuillez me pardonner pour la lâcheté du pauvre souverain que je suis.
Le Seigneurs Darick avait appuyé ses dires par une prosternation, ses deux conseillers faisaient de même et les membres d'Edolas en restèrent bouche bée.
Jellal fit de son mieux pour se reprendre et intervint avec douceur :
-Mon Seigneur relevez-vous car jamais je n'ai pensé que vous étiez lâche. Bien au contraire. Vous êtes celui qui m'a approché, vous êtes celui qui nous a tous réuni. Vous et uniquement vous. Ne vous excusez pas alors que les fautes qui ont été commises ici ne sont pas de votre fait. Vous êtes l'un des seuls qui ait réussi à interdire la magie dans son pays. Vous n'êtes pas lâche mais incroyablement brave. Dites-vous alors, en tant qu'aîné, que vous avez le souverain d'Edolas comme admirateur. Et mon unique souhait aujourd'hui est de lier mon pays au votre.
Le dirigeant de Zendor avait relevé la tête, il semblait touché par tant de bonté et de noblesse. Et même si la culpabilité existait toujours dans ses yeux, un autre sentiment s'y mêla avec conviction.
-Et cela serait un honneur pour moi d'avoir Edolas pour allier. Je vais demander à mes conseillers de rédiger un traité liant nos deux pays sur le champ, ainsi vous rentrerez fièrement dans votre province.
-Je vous fait confiance mon Seigneur. Et mon conseiller vous sera d'une grande aide, je vous le laisse autant de temps que vous le souhaitez.
Le Seigneur Darick inclina la tête puis sortit du bureau suivit de son ambassadeur et de Grey. Mais voyant qu'elle ne bougeait pas, Jellal fixa la comtesse qui semblait vouloir lui parler, il attendit alors qu'elle commence.
-Mon père est venu s'excuser et moi pour vous remercier. Vous avez redonné vie au conseil des Seigneurs et en plus de m'avoir fait rire vous avez dit tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas. J'en faisait malheureusement partie. Cela me rassure de savoir qu'Edolas et Zendor seront bientôt alliés. Car en plus du soutien militaire que votre pays pourrait nous apporter, il est clair que nous serions amenés à nous voir souvent. Meredy semblait être une femme confiante et sincère. Jellal en fut très heureux et répondit :
-En effet, et vous êtes bien évidemment les bienvenus à Edolas. Mais ne me remerciez pas pour cela. Il était aisé pour moi d'intervenir de la sorte. Je n'avais aucun lien d'aucune sorte avec les Seigneurs, d'autant plus qu'aucun d'eux n'oserait s'attaquer directement à Edolas. Ma situation était à l'opposé de la vôtre. C'est plutôt à moi de m'excuser, j'ai eu l'horrible prétention de m'attaquer à tous les Seigneurs, votre père y compris. C'est un homme bon et généreux, je n'avais aucun droit de l'accuser comme je l'ai fait.
Jellal souriait et la comtesse le fixait… ou le contemplait, Juvia n'aurait su le dire. Mais ce qui fit rire la seconde se fut l'incrédulité de son souverain qui voyait cette situation d'un œil innocent. Meredy se remit à parler, mais cette fois-ci en s'adressant à Erza :
-Dites-moi commandante Knightwalker, votre souverain est-il toujours ainsi ?
Erza gardait son air indifférent mais répondit tout de même :
-C'est horripilant n'est-ce pas ?
-Et bien, sur la longue je pense que ça peut l'être. Même si c'est la dernière chose qui nous donne envie de nous plaindre.
La comtesse s'inclina ensuite et sortit de la pièce sans ajouter un mot, laissant les deux femmes avec un léger sourire et un Roi dans l'incompréhension.
Jellal, et les membres d'Edolas qui l'avaient accompagné, partirent une semaine plus tard, avec un traité signé et une satisfaction nouvelle d'avoir accompli quelque chose de bien pour leur pays.
