Chapitre 13 - La révélation
« Papa, Maman, j'ai quelque chose à vous dire ! s'exclama Molly d'une voix claire.
— Oui, ma chérie, on t'écoute ! lui lança sa mère, les sourcils haussés, se demandant pour quelle raison sa fille avait pris un air sérieux.
— Mes études se passent très bien à Poudlard. J'ai de bonnes notes et même les félicitations de mes professeurs...
— Pas besoin de te vanter, Molly, on le savait déjà ! répliqua Fabian, d'un air ironique.
— La ferme, Fab, arrête de me couper ! Et vous savez que je prends très à cœur mes études. Mais en même temps, vous connaissez ma passion pour le football. D'ailleurs, depuis le début de la saison, notre équipe n'a perdu aucun match que ce soit à domicile ou à l'extérieur. Il y a plusieurs semaines, j'ai été contactée par deux équipes pro.
— Wow ! émit Gideon.
— Laisse ta sœur parler, s'écria Monsieur Prewett, légèrement irrité.
— Ils m'ont proposé de venir les rejoindre à la fin de mes études et je pense accepter l'une des propositions.
— Comment ? »
Le père de Molly s'était mis debout et la regarda les yeux noirs.
« Tu ne peux pas accepter !
— Chéri... tenta Madame Prewett en le calmant.
— Non, il en est hors de question ! Elle va gâcher sa carrière en acceptant. Sais-tu à quoi tu t'engagerais, ma fille ?
— Oui, bien sûr ! reprit Molly d'une voix ferme. J'aurais un régime alimentaire strict, je ne pourrai pas faire d'écarts, je m'entraînerai tous les jours, je sais que ce sera dur pour mon corps mais j'en suis capable.
— Tu ne sais pas ce que tu racontes ! Et qu'arrivera-t-il à ton corps quand il sera brisé après dix années de sport intensif et de blessures répétées ? De plus, être pro, ça demande aussi une attitude exemplaire de ta part. Des milliers de fans compteront sur toi. Si tu perds ou tu les déçois, seras-tu prête à accepter leurs commentaires rageurs ? En plus, ta vie privée ne t'appartiendra plus ! Ton club pourrait même réduire ta liberté avec un contrat. En es-tu bien consciente ?
— J'y... j'y ai réfléchi... Ma vie privée ne regardera que moi... je compte signer des clauses avec mon club pour qu'il ait le moins possible d'emprises sur moi. De toute façon, je n'ai rien à cacher. Mes fans m'accepteront comme je suis !
— Comme si c'était aussi simple...
— J'ai déjà rencontré un avocat et il m'assure que c'est possible...
— Tu vis clairement dans un rêve !
— Papa, s'il te plait, réfléchis-y un peu...
— C'est déjà tout vu ! Et tes études ?
— Je terminerai mes études à Poudlard, comme prévu. »
Monsieur Prewett eut un petit rire sarcastique.
« Et tu crois pouvoir revenir à une carrière de prof d'histoire après dix ans ?
— Bien sûr, Papa !
— Pff ! » termina son père et il sortit de table.
Molly avait la gorge nouée et n'osait plus parler. Sa mère se leva et posa une main rassurante sur son épaule.
« Je vais aller lui parler, ne t'inquiète pas, ma chérie. Mais tu sais qu'il est très protecteur. Lui aussi est passé par là... Il n'a pas envie que tu subisses la même chose.
— Je sais... »
Molly soupira longuement et lança un regard humide à Narcissa. Celle-ci lui sourit et lui tapota la main. Molly la prit subitement dans la sienne et la serra.
« Allons marcher, j'ai besoin de prendre l'air !
— Oui, bien sûr ! »
La blonde la suivit dans le couloir. Elles prirent leur veste et sortirent. Pendant plusieurs minutes, elles restèrent silencieuses, traversant le lotissement dans lequel vivait les Prewett. Finalement, elles arrivèrent devant un parc de jeux pour enfants. Le lieu était désert. Elles s'installèrent sur les balançoires. Elles se balancèrent légèrement, toujours dans leurs pensées. Narcissa ne voulait pas être celle qui briserait le silence. Les peurs de son père étaient compréhensibles. Monsieur Prewett avait été un ancien rugbyman professionnel et sa carrière qui n'avait duré que quelques années s'était terminée par une grave blessure, de laquelle il n'avait jamais réellement récupéré. Ses peurs pour sa fille étaient fondées.
Finalement, Molly prit la parole.
« Merci d'avoir été là, Cissy ! Cela m'a vraiment aidé, » lui dit Molly en lui souriant faiblement.
Le cœur de Narcissa se serra. Son amie était tellement déçue.
« Je t'en prie. C'était normal pour moi de venir. Et je n'ai pas fait grand-chose, tu sais.
— Mais si ! Tu étais là et c'est le principal ! »
Narcissa sentit son ventre se nouer. Molly ne se rendait pas compte de l'effet de ses propos qui étaient à double tranchant. D'un côté, elle aimait les entendre et au fond d'elle, espérait que cela signifiait quelque chose. Mais de l'autre, elle savait que ses sentiments étaient vains et ne voulait pas qu'elle lui parle ainsi afin de pouvoir étouffer son amour une bonne fois pour toute.
« Ne t'inquiète pas, je suis sûre que ta mère sera capable de raisonner ton père !
— Impossible ! Il est têtu comme une mule !
— Et si tu décidais d'accepter la proposition sans son accord, tu en as le droit ! Tu es majeure !
— Je pourrai mais je ne veux pas. Je souhaite qu'il accepte ma décision, son avis est important pour moi. J'ai besoin de son soutien.
— Je comprends mais peut-être qu'avec le temps, il changera d'avis... Quand il verra que tout se passe bien pour toi...
— Tu as peut-être raison... »
Molly soupira longuement et regarda dans le vague pendant quelques instants, puis, releva la tête vers Narcissa. Elle semblait angoissée, peut-être même plus que lorsqu'elle avait annoncé à ses parents qu'elle voulait devenir une footballeuse professionnelle. Elle ne savait pas comment dire ce qu'elle avait sur le cœur.
Narcissa l'observa, surprise par son silence et son regard intense mais inquiet. Elle aussi avait quelque chose à révéler à Molly mais ne savait pas comment lui dire. Finalement, elle mit au second plan son déménagement pour lui demander ce qui n'allait pas.
« Que se passe-t-il, Molly ? Tu m'as l'air soucieuse.
— C'est que... je dois t'avouer quelque chose.
— Euh... vraiment ? »
Narcissa était intriguée mais comme prise d'un pressentiment, son cœur battit plus fort dans sa poitrine. Pourtant, ce n'était pas possible. Ou alors, c'était tout autre chose et elle se montait la tête toute seule ?
« Cissy, euh... je sais que c'est impossible entre nous... mais voilà, je ne peux plus garder ça pour moi, cela devient trop dur... euh... »
Elle se mordit la lèvre inférieure mais continua sans perdre le courage qui l'avait envahi pendant cette dernière heure.
« J'ai des sentiments pour toi ! »
