L'arrière-boutique de Farces pour sorciers facétieux


La musique battait son plein dans la boutique des frères Weasley. Constance n'était pas vraiment habituée aux grandes fêtes comme celles-ci, et elle était un peu nerveuse étant donné qu'une bonne partie des invités étaient de la famille de James.

Ils avaient eu du mal à se trouver un moment seul à seul ces derniers jours, étant chacun prit par leur travail, ainsi Constance ne savait pas vraiment comment allaient se dérouler les choses entre eux. Elle ne regrettait rien, et elle était presque sûre que James non plus, mais bon qui sait… Surtout, elle était un peu condamnée à ressasser ses pensées dans son coin, sachant qu'ils avaient décidé que les moments qu'ils avaient partagés la semaine précédente seraient pour l'instant leur petit secret. Si seulement elle pouvait s'ouvrir à Octavia et Polly, tout cela serait bien moins stressant… Bon d'accord, sa sœur était au courant, ainsi qu'Alex, l'un de ses proches amis du Japon, mais ils n'étaient pas vraiment à ses côtés pour appréhender la situation dans son ensemble.

Elle avait revu James durant le weekend au Chaudron Baveur avec le reste de la bande, ils avaient échangé quelques discrets sourires et regards en coin, et au moment de partir, James avait effleuré le creux de ses reins avant de Transplaner. Il allait falloir qu'elle travaille sur ses talents d'actrice car Edgar leur avait alors lancé un regard suspicieux… Constance espérait juste qu'il n'allait pas poser de questions auxquelles elle ne saurait pas répondre.

Fred les avait tous invités ce soir à la fête organisée pour le lancement de la collection de potions-surprises à laquelle il avait collaboré - intitulée "Ani-moisis" - , et qui serait bientôt mise en vente dans la boutique de son père et de son oncle. Octavia avait bien entendu conseillé à Constance de se tenir le plus loin possible desdites potions-surprises, à moins qu'elle ne compte passer le reste de la soirée avec des serpents à la place des cheveux ou une queue de cochon entre les fesses… Et effectivement, les courageux qui s'étaient aventurés à essayer les pseudos potions d'Animagus de Fred Weasley avaient maintenant tous une apparence un peu… étrange, avec leurs oreilles de farfadets ou leur sourcils aussi poilus que ceux d'un loup garou.

Edgar arborait déjà une crinière semblable à celle d'un lion quand Polly et Constance étaient arrivées à la soirée après avoir fermé la boutique.

"Non mais incroyable, je n'aurais jamais du boire une de ces potions, maintenant je ressemble à un Gryffondor tout pimpant, là… Je suis sûr que Fred l'a fait exprès, ce fourbe." Il était incroyablement grognon ces derniers temps, Octavia affirmait que c'était parce que les choses n'avaient pas vraiment fonctionné avec son petit ami moldu.

Roxanne était là également, cela faisait longtemps que Constance ne l'avait pas vue. Apparemment le gros dossier ultra important et top secret sur lequel elle bossait depuis des mois pour le Ministère venait d'être clôturé, et elle paraissait bien plus souriante que ce dont se rappelait Constance. Elle discutait avec son père, une sorcière aux cheveux châtains broussailleux et Fred depuis quelques minutes, qui était extatique d'être au centre de l'attention ce soir. Depuis quelques heures, il se pavanait d'un invité à l'autre, vantant les qualités de SA collection comme il aimait l'appeler, et rappelant à tout le monde que ses potions seraient parfaites pour Halloween dans un peu plus d'un mois.

Partout où il allait dans la boutique, que ça soit dans la première ou deuxième coursive, sur la grande mezzanine, ou bien dans les recoins du rez-de-chaussée, il gardait un œil sur Grace, qui elle riait à gorge déployée avec ce qui semblait être un autre des cousins Weasley. Elle ne se rendait compte de rien, ou alors, elle, elle était vraiment bonne actrice…

D'ailleurs, Constance ne pouvait s'empêcher de scruter la foule de temps en temps, le nez dans sa bièraubeurre, cherchant un certain Mr. Potter des yeux. Pourquoi est-ce qu'il n'était même pas présent à la fête donnée en l'honneur de son cousin favori et meilleur ami ? Elle devait absolument lui parler ce soir, car en relisant ses notes concernant l'affaire des baguettes folles, elle avait esquissé une théorie farfelue mais intéressante, et si elle avait raison alors tout s'expliquait sur le pourquoi du comment de la réaction étrange et globale de ces baguettes.

Tiens, quand on parle du loup…

Quelqu'un attrapa le bras de Constance, l'arrachant à sa conversation avec Edgard et Polly, pour l'entraîner à travers la foule jusque dans une petite pièce derrière le comptoir, qui semblait être une sorte d'arrière-boutique.

"James ?" Ça devenait presque une habitude, qu'il la surprenne comme ça. "Mais qu'est-ce que tu…? Où est-ce que t'étais passé ?"

Il l'interrompit en pressant ses lèvres contre les siennes, ses mains contre les joues de Constance, le dos de la jeune sorcière pressé contre la porte derrière elle. Elle mit quelques secondes à comprendre ce qu'il se passait, et à peine commençait-elle à répondre à son baiser qu'il s'éloigna dans un grand sourire.

"J'ai trouvé ! Tu ne devineras jamais où est-ce que j'ai trouvé ça, c'est dingue je me disais que c'était peine perdue de chercher là-dedans, mais bon ça fait des jours et des jours qu'on était bloqués alors je me suis dit qu'il fallait tenter le coup, et j'ai trouvé ! J'en reviens toujours pas Connie, tout est lié je pense, c'est incroyable, je n'avais pas du tout vu ça venir, et toi tu as été incroyable, franchement sans toi jamais je n'aurais pensé que…"

Constance mis sa main sur la bouche de James pour l'empêcher de continuer sur sa lancée. Un sourire aux lèvres, les yeux écarquillés, elle attendit quelques secondes, puis reprit.

"Shhh, on se calme. Ça va mieux ? On reprend depuis le début ? Parce que je t'avoue que je n'ai pas tout suivi là." James hocha la tête frénétiquement, elle écarta ses doigts, James reprit son souffle, puis alla s'asseoir sur l'un des tabourets présents dans la petite pièce poussiéreuse.

Il se releva presque immédiatement, pas calmé du tout.

"Est-ce que Hugo est là ? Il faut absolument qu'il entende ça. Tu as vu mon père aussi ?"

"James, vraiment, qu'est-ce qu'il se passe ?"

Constance dû se contenter de lever les bras au ciel alors que James ressortait en trombe de l'arrière-boutique, la laissant seule dans le noir.

Elle sortit à son tour, et croisa le regard d'Edgard à l'autre bout de la pièce, qui haussait un sourcil amusé en sa direction. Elle lâcha un soupir, puis s'élança à la suite de James. Le sorcier était en pleine conversation.

"Albus, vraiment, c'est pas le moment pour tes blagues, là, tu sais quand est-ce qu'il va arriver ou pas ?" Le garçon en face de lui lui ressemblait étrangement se dit Constance, même s'il était plus petit, plus fin, et arborait une paire de lunettes écaillée sur le nez.

"Jamesie, tu lui as parlé il y a deux jours, qu'est-ce qu'il y a de si urgent ? Tu veux lui présenter ta nouvelle copine, c'est ça ?" fit Albus en montrant Constance d'un signe de tête, un sourire rieur accroché aux lèvres. Sa blague fit rire le jeune homme blond à ses côtés, ainsi qu'une autre jeune Weasley derrière lui qui se cachait dans sa main pour étouffer un gloussement.

Le bout des oreilles de James se mit à rougir. "Va te faire voir Albus, y a aucun rapport, c'est pour le boulot. Et fais gaffe à ce que tu dis sinon Maman sera bien vite au courant d'où tu passes tes samedis soirs…" Il appuya ses propos d'un regard lourd de sens, que le dénommé Albus soutint quelques instants, avant d'abandonner.

"Ok, ok. Il est encore au Ministère je pense, il n'était pas rentré quand je suis parti de la maison."

A peine les paroles avaient-elles quitté la bouche de son frère que James était reparti à toute allure vers l'autre côté de la boutique. On entendit Albus dans le fond s'exclamer : "Hé ! Dire merci c'est pour les gnomes ?"

Mais James était déjà loin. Se frayant un chemin entre les invités, il finit par localiser sa cible : Hugo Weasley. Vérifiant que Constance le suivait toujours, il entraîna son cousin vers l'arrière-boutique. La plupart des yeux des invités étaient braqués sur eux maintenant, ce qui n'empêcha pas James de refermer la porte derrière eux.

Il s'accorda quelques secondes pour reprendre son souffle, releva la tête, puis annonça de but en blanc :

"Je sais qui a fabriqué les baguettes d'olivier."

Constance et Hugo, qui ne se connaissaient pas vraiment, échangèrent un regard confus.

"Oui enfin James, on le sait tous. C'est Ollivander." fit Constance doucement.

"Non, non, non, non, non, non !" James gesticulait dans tous les sens, frustré au point d'en paraître possédé. Il se força à se calmer, se pinçant l'arête du nez, puis alla s'asseoir sur le tabouret qu'il avait occupé plus tôt.

"Je sais d'où provient le bois qui a servi à faire les baguettes. Je sais qui était le fournisseur, et je sais exactement où il est en ce moment même."

Un silence s'installa dans la pièce sombre. Hugo s'éclaircit la gorge. "Tu veux dire qu'on pourrait aller le questionner là maintenant ? S'il sait pourquoi le bois produit cet effet-là et s'il a une idée de qui vole les baguettes d'olivier existantes depuis des mois… ça nous permettrait de clôturer l'affaire. Susan est encore au bureau, on devrait y aller tout de suite."

"Attendez, attendez. James, c'est qui ce fournisseur ? Tu l'as trouvé comment, ça fait des semaines qu'on épluche les archives de la boutique ? Et pourquoi est-ce que t'es autant sur les nerfs comme ça ?"

James se releva et attrapa les épaules de Constance, se baissant légèrement pour la regarder droit dans les yeux.

"Tu te souviens de ma tante Muriel ? J'ai réussi à mettre la main sur son journal, qui date de quand elle était enfant. Elle y a retranscrit toute sa rencontre avec Ollivander, Gerbold donc, et apparemment il lui a parlé de son bon ami qui lui avait fourni le bois d'olivier ayant servi à créer sa baguette. Elle a tout écrit dans son journal, c'était là sous nos yeux depuis le début. Et cet homme n'est autre que Giovanni Tribbioni !"

James secouait presque Constance vu comme il était excité par son annonce. Les yeux d'Hugo semblaient être sur le point de quitter leurs orbites. La jeune Australienne, elle, ne comprenait rien.

"Qui ?"

"Constance ! Le sujet que je suis depuis des mois à la Gazette, le le le chef de la mafia argentine en quelque sorte, l'un des plus grands règlements de comptes entre familles sorcières de ces dernières années, enfin tu sais…!" La réalisation s'installait peu à peu sur le visage de Constance.

"Si ce que tu dis est vrai, James, on a intérêt à alerter le Ministère immédiatement, car on fonce droit vers un conflit international." conclut sombrement Hugo. "Et je vous préviens tout de suite, ça s'annonce mal pour nous si on va fouiller dans les affaires de Nino Tribbioni."


Bonsoiiir,

J'espère que ce chapitre vous aura plu, comme d'habitude je m'amuse à caser certains personnages que l'on connait bien... D'ailleurs pour la semaine prochaine, préparez-vous à voir the one and only Harry Potter, du raffut au Ministère, et qui sait, peut être une mystérieuse disparition...

On arrive déjà presque à la fin de cette histoire, ça me fait bizarre ! Enfin bref, sur ce je vous souhaite un bon weekend :)
Emma