Clause de non responsabilité: Les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de Shonda Rhimes
Note de l'auteur : Voilà c'est la fin de ce voyage, et c'est toujours un peu triste, mais il faut savoir mettre fin à une histoire. Donc c'est le dernier chapitre. Je voulais vous remercier à tous de m'avoir accompagnée là-dedans, c'était vraiment très sympa. Vos avis sont toujours bienveillants, quelques fois amusant d'autre fois préoccupant, mais toujours adorables, intelligents, et valorisant… un peu de douceur dans ce monde féroce. J'ai adoré nos échanges (surtout depuis que j'ai découvert qu'on pouvait répondre …j'ai mis un peu de temps, à le faire). En ce qui me concerne, les commentaires que laissent les lecteurs ne sont pas simplement une récompense pour le travail, mais aussi ils sont encourageants, stimulants et essentiellement moteurs. Ils aident à diminuer l'angoisse, face aux questions que l'on se pose tout seul devant son clavier, (certains d'entre vous ont dû sentir ça et merci d'avoir pris le temps de répondre à mes doutes). Ils aident quelque fois à trouver le chemin de l'histoire quand vous l'avez perdu, (ça m'est arrivé sur celle-ci), et tant d'autres choses. Bref, les commentaires, en tout cas pour moi, sont plus importants que ce que vous ne pouvez l'imaginer. Donc je vous remercie encore, très sincèrement, et j'espère vous retrouver tous en bonne santé, pour une autre histoire, bientôt. Prenez soin de vous.
Chapitre 12
Arizona n'avait pas pu fermer l'œil, elle gardait dans ses bras la femme de sa vie, comme si relâcher son étreinte, la ferait disparaître. De temps en temps, elle caressait tendrement sa joue avec le dos de sa main, doucement pour ne pas la déranger dans son sommeil, elle posait ses lèvres comme un plume sur son crâne, où quelques cheveux commençaient à repousser. Elle ne pouvait pas arrêter de l'embrasser.
Elle pensait à Sofia, au chagrin qu'allait devoir affronter son enfant. Quand elle avait perdu son père, elle était si jeune qu'elle n'avait pas souffert, elle n'avait aucun souvenir de Marc, mais comment allait-elle survivre à la perte de sa mama ? Elle avait supplié sa mommy de sauver sa mama, et elle avait échoué. Encore une fois elle avait échoué, encore une fois elle devait faire face à une perte, et encore une fois elle décevait quelqu'un qu'elle aimait. Elle pense avec amertume « le super héros a pris du plomb dans l'aile » Elle revoit la moue de son bébé lui affirmer « Mommy tu sauves des bébés qui ne sont pas encore nés c'est beaucoup plus difficile » « Est-ce que tu peux sauver mommy ?»
Ses yeux se plissent, ses sourcils se froncent, elle repose sa tête sur le montant du lit, fixant le plafond, un sourire lentement se forme sur ses lèvres, l'évidence se tient là dans son esprit fatigué. Pour atteindre la tumeur sans faire de dégâts, il fallait utiliser le type de fibre qu'elle utilisait en chirurgie fœtale. Pour le syndrome transfuseur- transfusé, un fœtoscope et une fibre laser passaient au travers d'un trocart de 2 mm introduit dans la cavité amniotique, elle atteignait les vaisseaux passant d'un fœtus à l'autre pour les coaguler, en évitant tout contact avec deux fœtus d'à peine 7 semaines. Il suffirait peut-être de modifier un peu l'instrument pour l'adapter à la neurologie et à la position de la tumeur de Callie. En tout cas l'idée méritait d'être approfondie.
Elle déplace avec précaution, la femme installée confortablement dans ses bras, la latine ronchonne dans son sommeil à la perte du contact. Arizona sourit et dépose un baiser sur sa joue.
- Où tu vas ? bredouille Callie la voix fatiguée
- Rendors -toi, je reviens, je t'aime.
Arizona sort dans le couloir et bipe Amélia 911. Quelques minutes après, une bande de médecins plus ou moins éméchés se précipitent dans le hall de l'hôpital, seule Amélia était heureusement sobre. A la vue de cette étrange équipe, Arizona pouffe de rire, elle n'ignorait pas pourquoi ils étaient tous ici à cette heure de la nuit, et dans cet état.
- Arizona qu'est- ce qu'il se passe ? Où est Callie ? s'inquiète Teddy
- Dans son lit, elle dort
- Tu as bipé Amélia 911 ? Reproche Meredith, montrant de sérieux signes d'anxiété ainsi qu'une très nette instabilité sur ses pieds
- Ouai, exactement Amélia, pas une bande de chirurgiens enivrés. Rigole Arizona
Elle se tourne vers la neurochirurgienne pour capter toute son attention, ignorant les regards choqués des autres médecin face à ce soudain changement humeur.
- Parce qu'imagine. Sofia m'a dit que c'était plus difficile de sauver des bébés qui ne sont pas encore nés que de sauver sa maman, et que je devais sauver sa maman, parce que je suis son super héros… un rire explose hors de ses lèvres souriantes…à Sofia bien sûr pas à Callie ! Elle partait de loin, son discours paraissait assez décousu. De l'extérieur, on aurait pu penser qu'elle avait participé à la soirée tequila …quoique … Elle pouffe de rire… avec l'idée que je viens d'avoir je pourrai bien devenir le super héros de Callie aussi…
- Arizona peux-tu en venir au fait, c'est deux heures du matin se plaint Amélia
- Ouai okay, doonc….
Secouant sa tête pour remettre ses idées en place, elle décrit scrupuleusement son plan, dans les moindres détails, l'instrument, les modifications éventuelles, l'enthousiasme qu'elle voulait faire partager à la chirurgienne neuro sortant par toutes les pores de sa peau. Elle sautillait pratiquement sur place. Amélia était la seule des médecins présents, qui était restée concentrée, les autres trop imbibés d'alcool se vautraient sur les chaises, acquiesçant de temps à autres au détour d'une phrase d'un air entendu, simulant qu'ils étaient attentifs afin de ne pas vexer leur amie un peu survoltée, mais ils avaient pratiquement tous abandonné à partir de « super héros », se promettant d'étudier le lendemain l'esprit clair, toute la procédure envisagée par le chirurgien fœtal.
- Qu'est-ce que tu en penses ? L'air exagérément enjoué, laissait difficilement à Amélia, la possibilité de refuser au moins d'étudier l'idée
- J'en pense que ça aurait pu attendre demain matin.
- Tu rigoles ? Non, non, non on va étudier les scans et se mettre au boulot maintenant ! Il faut réfléchir à la façon dont on doit modifier l'instrument, et tu dois t'entrainer, je vais préparer des de la gelée pour que tu t'entraines. Non April va en faire, elle fait ça très bien.
La rousse qui s'était assoupie sur l'épaule d'Owen sursaute en entendant son nom, levant le doigt comme si elle était à l'école primaire interrogée par son institutrice. Le regard interloqué de Jackson la replonge dans la réalité du moment. Gênée, elle s'empresse de baisser son bras et de répondre en secouant la tête sans trop savoir ce qu'elle venait d'accepter.
Amélia se retourne vers ses amis, quémandant du regard un soutien face à la chirurgienne fœtale surexcitée, hélas, un amas de corps presqu'inertes, affalés sur les chaises du hall lui fait face. Elle hoche la tête envisageant les longues heures à venir.
- Okay les gars, je m'y colle, vous prendrez le relai demain, on ne sera pas assez de tous pour faire face à toute cette … joie …cet ...enthousiasme et cette terrible autorité. Désignant Arizona, elle faisait des cercles avec son doigt pour englober la silhouette frêle de la blonde.
- Compte sur moi j'ai l'habitude du Robbins en mode monstre, l'hyper contrôle et tout ça, je te relève de tes fonctions demain matin assure Alex moqueur
- Ouai, je l'ai pratiquée quelques fois aussi, je peux prendre le tour après Karev. Insiste Bailey, en riant un peu plus fort qu'elle en avait l'habitude, d'ailleurs elle ne riait vraiment que lorsqu'elle avait bu.
Arizona s'impatientait, elle trépignait, se balançant d'un pied sur l'autre
- Hey, vous savez que je suis juste là ?
- Ouai alors moi j'apporte la tequila ? demande April semblant sortir d'une autre histoire
- Non ! s'exclament tous les médecins en chœur. Toi tu fais des cerveaux en gelée, lui chuchote Teddy pour la remettre à flot, je n'ai pas tout compris, mais ça à l'air une mission de la plus grande importance. La cardiologue et la traumatologue pouffent de rire. Je ne m'attendais pas à moins je suis sa meilleure amie, pardon une de ses meilleures amies. Précise April confuse d'avoir oublié que Teddy était aussi une grande amie d'Arizona
- Je veux bien la partager. Lui concède Teddy. Surtout quand elle est dans cet état.
- Okaayyy ! Tu prends le haut ou le bas ?
-April, je crois que cette conversation sonne un peu inappropriée. Les deux médecins riaient comme des enfants, ils n'avaient pas tout suivi, l'espoir envisagé par Arizona suffisait à leur rendre la joie.
- Bon vous avez fini là ? On perd du temps avec tous vos bavardages. Allez dormir. Ce n'est pas comme si vous pouviez être utile à quelque chose dans votre état de toute façon. Arizona tirait sur le bras d'Amélia pour l'entrainer.
- Elle a quelque chose d'Herman non ? Questionne Meredith voyant s'éloigner Arizona agrippant sa belle-sœur pour ne pas qu'elle lui échappe Tu crois que ça peut marcher ?
- C'est Robbins et c'est pour Torres. Répond Alex avec confiance
Callie s'était réveillée de nombreuses fois cette nuit-là, habituée à sentir le corps de la blonde qui se serrait contre elle toutes les nuits, quelque chose manquait ou plutôt quelqu'un. Ces derniers mois, elles s'étaient très peu quittées, Arizona dormait dans son lit, car depuis l'épisode de la fièvre et des hallucinations, elle avait fait valoir qu'elle ne pouvait pas s'éloigner, afin, bien sur, d'être prête à intervenir si besoin, point qu'avait accepté Callie sans la moindre envie de le discuter.
Les premières nuits, laissant entre elles un espace conséquent elles avait fait très attention d'éviter tout contact, mais progressivement, la maladresse s'était estompée pour disparaitre totalement, et les deux femmes avaient, repris naturellement leurs habitudes. Elles s'endormaient dans leur position préférée, Callie était souvent la grande cuillère, mais si d'aventure, elle s'éloignait dans son sommeil, Arizona recherchait immédiatement son contact, passait sa jambe entre celles de Callie et posait sa main sur son sein droit. Callie n'était pas certaine que c'était absolument inconscient, surtout depuis qu'elle l'avait avoué à la blonde, mais elle aimait cette proximité intime, pour rien au monde elle n'aurait bougé.
La latine souri tristement, elle abandonnerait bien sa place au paradis, pour un peu plus de temps sur cette terre, mais les choses étaient apparemment écrites autrement. Elle n'avait pas trop peur, elle était triste, mais surtout inquiète. Inquiète pour Arizona, et pour Sofia, si elle avait suivi son plan initial, ça aurait été moins douloureux pour tout le monde. Elle colle un sourire sur son visage, prenant la façade des jours heureux, lorsqu'elle devine les bavardages de sa fille dans le couloir qui mène à sa chambre.
Sofia était venue avec sa Granma, rendre visite à ses mamans, avant d'aller à l'école. Elle grimpe sur le lit pour faire un câlin
- Hey ma puce, tu es prête pour l'école ?
- Quand vas-tu rentrer à la maison mama ?
- Je ne sais pas encore ma douce. Tu as vu Mommy ce matin ?
Hier soir les deux mères n'avaient pas évoqué Sofia, elles n'avaient pas eu le courage d'envisager le pire, elles avaient juste profité l'une de l'autre. Elles devaient en parler, Callie comptait sur Arizona pour préparer l'enfant, elle saurait faire ça mieux qu'elle, même si elle ne pouvait pas se voiler la face, il faudrait dire au revoir. Elle secoue sa tête pour chasser cette idée et faire face à son enfant.
- Non je voulais lui parler, Granma a téléphoné, elle n'a pas répondu.
Callie interroge du regard la mère d'Arizona qui répond par un sourire embarrassé.
- Et que voulais-tu lui dire ? Sofia baisse les yeux, évitant le regard de sa mère, elle hausse les épaules sa lèvre inférieure ourlée, elle avoue timidement
- Juste lui demander si elle pouvait venir me chercher à l'école… Comme avant
- Tu sais quoi? Je vais la trouver pour toi et le lui faire savoir. Je suis sûre que si elle le peut, elle le fera, et peut-être même qu'elle t'amènera manger une glace !
Le visage de la petite s'illumine, alors que les larmes commençaient à piquer les yeux noirs de la latine adulte. Barbara consciente de l'émotion qui traversait la mère, met fin à la visite.
- Allez mademoiselle, tu vas être en retard à l'école, tu reviendras ce soir ou demain matin, voir maman.
- D'accord Granma !
Rassurée, toute au plaisir d'avoir enfin ses deux mamans auprès d'elle, l'enfant dépose un baiser bâclé sur les joues de Callie et saute du lit. Dis à mommy que je fais un bisou Okay ? Au revoir Mama à ce soir !
- Je le ferai. Bonne journée ma chérie.
Le cœur en charpie, l'estomac serré, Callie regarde sa fille et son ex- belle-mère sortir de la chambre. Sofia avait été plus que raisonnable pendant tous ces mois, elle s'était adaptée à la situation, faisant taire ses propres besoins mais elle avait manifestement manqué de l'attention de ses mères. Il était temps qu'Arizona puisse être libre d'en prendre soin, il était temps pour elle de lui rendre sa liberté. Cette pensée déjà vécue tord un peu plus les boyaux, mais pour la latine, cela ne fait aucun doute, c'est ainsi qu'il faut que ce soit. Elle prend son téléphone et déterminée elle envoie un texto
« Tu es où ? J'ai perdu l'habitude de me réveiller seule. Tu me manques. »
« Ça va ? »
« Non puisque tu me manques »
« Donc rendors toi…Je viendrai plus tard, et je te réveillerai de la meilleure façon qu'il soit. En tout bien tout honneur j'entends. Pas de fausses idées Dr Torres. Je t'aime »
« Est ce que j'ai le droit de le dire aussi ?»
Arizona sourit, la crainte que ça ne marche pas entre elles, la peur de souffrir paraissent tellement insignifiantes maintenant.
« Tu as tous les droits, Calliope »
« Alors viens, je veux t'embrasser et te le dire »
« Bien essayé, Torres. Mais on n'apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces »
Callie fait la moue à la lecture du texto, elle a besoin de la faire venir et d'avoir une conversation de vive voix. Elle sourit elle a encore un atout dans sa manche pour arriver à ses fins.
« Sofia vient de venir, elle te cherchait, elle voulait te faire un bisou »
Arizona regarde l'heure sur sa montre, elle a été si occupée que le temps a filé sans qu'elle s'en aperçoive, la petite fille devait être en route pour l'école, elle téléphonerait à sa mère pour s'assurer que tout va bien.
« Okayyy, je la verrai ce soir. Ce n'est cependant pas très fairplay d'utiliser notre fille, Calliope ! »
« Viens ! J'ai envie de me blottir dans tes bras »
« Callie, sois raisonnable, je ne peux vraiment pas maintenant. Je viendrai dès que je le pourrai. Repose -toi, bébé »
Callie essaie de trouver des tas de bonnes raisons justifiant l'absence d'Arizona. Elle commence par envisager qu'elle a une consultation, elle a été absente longtemps de son service, et peut-être que ça lui manque, quand elle ne va pas bien Arizona a l'habitude de se jeter dans le travail à corps perdu. Son esprit s'emballe, bien sûr, Arizona va mal, elles ont joué à faire semblant, mais ni l'une ni l'autre n'était dupe, ce n'était que de la comédie, une façon puérile de ne pas affronter ce qui fait peur, et maintenant elle panique dans une chambre de garde ou dans un placard.
« Toi ça va ? »
« Super ! Repose toi Calliope. »
« Tu me le dirais si ça n'allait pas ?»
« Je vais bien ! Calliope pose ce téléphone et repose toi SVP. Je reviens dès que je peux ! »
Callie n'était pas plus rassurée, c'est quoi cette fausse joie, car compte tenu des circonstances, ça ne pouvait être que faux, et franchement qui parle de cette façon à une mourante, elle aurait bien envoyé un texto dans ce sens à Arizona, mais à la réflexion elle avait de moins en moins envie de plaisanter. Arizona avait-elle décidé d'occulter la réalité et de continuer à jouer à « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes » ?
Assise dans son lit, elle observait le regard fuyant des infirmières, son ex belle -mère avait eu un comportement bizarre ce matin, mais peut-être Arizona s'était -elle confiée à sa mère, et celle-ci ne savait pas quelle attitude avoir, surtout devant Sofia ?
Toute la journée, elle avait vu défiler dans sa chambre, des infirmières, des collègues médecins, les uns venaient juste la saluer, les autres passaient un moment racontant des banalités et surtout ne la regardant jamais vraiment dans les yeux. Quant à Teddy, qui était venue partager le repas avec la brune elle paraissait carrément être en mission, envoyée par son amie, mais incapable de lui dire où était Arizona. Callie ne pouvait s'empêcher de se sentir grincheuse, elle sentait que quelque chose lui échappait, il manquait des pièces à son Puzzle, elle était seule dans cette chambre avec uniquement des questions et aucune réponse. Si au moins April était venue, elle était sure qu'elle aurait pu la terroriser, la faire paniquer et lui tirer les vers du nez, mais bizarrement la rousse était la seule qui n'était pas passée par sa chambre, c'était très intriguant. Devenait-elle paranoïaque? Tout ce qu'elle voyait autour d'elle, lui paraissait bizarre, incohérent et faux. Elle gémit de dépit, elle avait besoin d'Arizona maintenant ! Elle devait lui faire comprendre toutes les décisions qu'elle avait prises. Elle avait besoin d'elle et elle n'était pas là. Bailey passe la tête par la porte.
- Bailey, j'ai besoin de toi
- Torres, est ce que c'est une raison médicale ? Car tu sais que je ne fais toujours pas dans le personnel. La petite chirurgienne d'ordinaire confiante, s'avance vers la brune le pas hésitant.
- Hey je suis allée chercher des préservatifs pour toi.
- C'est vrai, mais j'ai officié à ton mariage.
- J'ai été ta demoiselle d'honneur.
Bailey affichant un sourire vainqueur à la remarque, fait un clin d'œil entendu à Callie
- Puis-je ajouter, juste pour le plaisir, que tu as été la pire demoiselle d'honneur de tous les temps ?
La latine pouffe, elle l'avait vraiment été, mais c'était pour la bonne cause. Le souvenir de leur escapade pendant le mariage, alors qu'Arizona avait réservé une chambre pour elles, les efforts d'acceptation de son handicap qu'elle tentait de dépasser pour essayer de se reconnecter physiquement avec sa femme, l'attriste cependant. Ouai elle avait eu une femme exceptionnelle, cette femme s'était battue comme une tigresse pour revenir, et elle était revenue au top dans tous les domaines de sa vie. « Note à moi-même, lui dire et lui répéter avant de partir, l'être humain exceptionnel qu'elle est. »
- Okay, tu as gagné. Tu as fait beaucoup de personnel en fait avec moi. Ricane Callie en tapant sur le bras de la femme noire, dooonc, tu peux en faire encore un peu.
- Beaucoup plus que je ne l'aurai souhaité. Miranda lève la tête la regardant de ses yeux vifs et perçant. Je le pensais quand j'ai dit qu'entre vous il y avait selon moi quelque chose de magique. Callie renifle, les larmes se formant dans les yeux chocolat, elle se souvient aussi de cette magie.
- Je savais qui je voulais à mes côté pour sauter de joie, quand Sofia marquerait son premier but. Elle secoue un peu la tête à ce souvenir déchirant, et au choix qu'elle avait fait, par défaut. Mais à ce moment-là, j'avais l'impression que plus rien ne la ferait jamais sauter de joie, et surtout pas à mes côtés.
- Je sais Callie, elle a été longtemps dans un mauvais endroit, mais elle est guérie.
- Ouai et elle va retomber, encore une fois et encore par ma faute. Une larme coule sur sa joue. Et je ne serai là ni pour l'aider à se relever, ni pour sauter de joie avec elle pour le but de Sofia.
- Callie, nous sommes médecin, nous gardons la foi dans la médecine. La chirurgie ne fonctionne peut-être pas, mais tu dois garder l'espoir.
- Miranda. Callie l'appelait rarement par son prénom, elle ne le faisait que lorsqu'elle partageait un moment d'émotion avec la femme, elle faisait comprendre ainsi à son amie, que le discours d'encouragement était inutile maintenant. Elle avait déjà dépassé l'étape de l'espoir, de la colère, pour parvenir à l'acceptation et il était temps d'affronter le réalité. J'ai besoin de toi pour prendre soin d'elle. J'ai peur qu'elle…
- Tu feras ça toi-même ce ne sont pas mes affaires Torres, et assure toi de ne pas déconner cette fois.
Sur ces paroles prononcée avec une apparente froideur, la petite femme avait quitté la pièce, frottant ses joues en marchant dans le couloir en maugréant contre Arizona qui lui avait intimé l'ordre de tenir compagnie à Callie, et de lui cacher ce qu'il se passait, alors qu'elle, Miranda Bailey, détestait les ordres, détestait mentir, encore plus que se mêler des affaires personnelles. Elle avait certainement fait le mauvais choix en venant faire sa résidence dans cet hôpital qui n'était qu'un immense incubateur d'émotions, de sentiments et de drames, mais aussi d'amour, d'amitié et de soutien. Malgré tout, ils étaient sa famille, et elle les aimait.
Il était 15 heures, Arizona n'avait pas quitté le laboratoire, depuis deux heures du matin. Amélia était parti pendant l'heure du déjeuner pour faire une pause et s'éclaircir les idées. Seule dans le laboratoire, elle continuait à tout vérifier, encore et encore. Elle n'avait aucun appétit, aucune envie de faire une pause, son cerveau en ébullition l'empêcherait de dormir de toute façon. Elle avait besoin de Callie, elle aurait besoin de l'avis de Callie pour lui dire qu'elle n'était pas folle, qu'elle ne délirait pas et que c'était une bonne idée, l'idée du siècle en fait. Mais elle ne pouvait décemment pas, aller voir Callie, lui donner un espoir et la décevoir encore. Alors elle restait là dans ce laboratoire reprenant encore et encore les données et se convaincant que c'était une idée géniale. Alex passe la tête dans l'ouverture de la porte.
- Arizona, je peux aider ? La blonde sautille de joie, l'avis d'Alex ferait l'affaire
- Alex ouai, étudie ça et dis-moi que je ne suis pas en train de délirer, dis-moi que ça va marcher !
Meredith, April et Jackson les avait rejoints. Alex restait concentré sur les notes essayant d'ignorer son mentor impatient, qui faisait les cent pas et regardait toutes les 30 secondes par-dessus son épaule pour voir où il en était. La blonde attendait son verdict comme si …eh bien comme si la vie de Callie en dépendait et en fait c'était exactement le cas. La vie de Callie, la sienne et celle de Sofia, dépendait de ça, la vie de sa famille. Elle renifle à cette pensée, elles étaient redevenues une famille, sans même en parler, comme ça naturellement, une évidence. Alex lève enfin la tête des notes, d'une voix calme et neutre il annonce admiratif.
- Arizona tu n'es pas en train de délirer, ça peut marcher.
- Ça va marcher! Se jetant dans les bras d'Alex en riant. Meredith et Jackson éclatent de rire nerveusement. Ils étaient tous terrorisés à l'idée de perdre encore l'un dès leur, mais la tête d'Alex qui se laissait câliner par son mentor était une pépite, qui allait faire leur bonheur, pour les décennies à venir, chaque fois qu'ils allaient l'évoquer pendant leurs soirées trop alcoolisée.
- Je vais convoquer le conseil, on va faire débloquer les fonds et faire fabriquer cet instrument au plus tôt informe Meredith enthousiaste
- Peu importe ce que ça coute Meredith, cet instrument sera fabriqué. J'appelle Carlos, il se mettra en relation avec le conseil. Tel un colonel sur le champ de bataille, elle ordonnait, distribuant à chacun sa tâche. April commence à préparer de la gelée, tu fais des cerveaux en gelée, la tumeur sera un grain de raisin, Amélia doit commencer à s'entrainer dès maintenant. Mais où est-elle ? Que quelqu'un bipe Amélia.
Je dois allez voir Callie pour lui expliquer, elle n'arrête pas de m'envoyer des textos ! Elle doit être morte d'inquiétude, Oh putain c'est fou le nombre d'expression qu'il y a avec le mot morte. « Morte de peur », « Morte d'inquiétude », « C'est ma mort » « Je l'aime à mourir ».
Elle gémit comme si la réalisation venait réellement de s'imposer à son esprit. Expirant toute l'angoisse qu'elle avait retenue depuis des heures, dans un sanglot elle affirme plus pour elle que pour quiconque était dans la pièce
- Callie ne va pas mourir
Tous pouffent de rire. Arizona saoule était très drôle, mais Arizona excitée et débordante d'enthousiasme, valait largement une Arizona enivrée. Témoins de tant d'amour ses amis la regardent avec tendresse et admiration. Arizona avait toujours été un peu différente. Elle était plutôt secrète, ne laissait pas rentrer beaucoup de gens dans sa zone privée. Cependant chacun d'entre eux avaient pu compter sur elle au cours de ces années. Elle avait toujours répondu présente quand ils en avaient eu besoin. Alors ils l'aimaient tous sincèrement comme ils aimaient Callie, et voir autant d'amour resurgir entre les deux femmes, les rendait tous extatiques, elles étaient la preuve vivante que l'amour, le vrai, ne meurt jamais.
- Arizona j'étais inquiète, où étais tu ? Ça fait des heures que je t'attends, personne ne savait où tu étais
- Waouh, waouh que d'exigences ! Je vais devoir réfléchir à deux fois avant de t'épouser ! Plaisante la blonde dont l'enthousiasme était incompréhensible pour Callie et même d'une certaine façon, dérangeant. Elles avaient appris à être plus sincères entre elles, et là tout paraissait tellement feint.
- Ce n'est pas drôle j'étais folle d'inquiétude. Pourquoi tu n'es pas revenue ? Les yeux noirs s'emplissent de larmes
- Hey, hey, arrête. J'étais au laboratoire. Elle avait cette lueur dans les yeux, qui avait pourtant disparu depuis les dernières heures. On a trouvé une solution, enfin presque et je ne voulais pas te donner de faux espoirs, en fait je ne voulais pas t'en parler avant d'être sûre, et ça remplissait tellement ma tête que je n'aurai pas pu me taire mais maintenant je suis sûre.
Elle commence à raconter à Callie le récit de cette nuit n'oubliant aucun détail et surtout pas l'origine de l'idée. Sofia, le super héros et le syndrome transfuseur transfusé. La brune buvait littéralement les paroles de son ex-femme, son visage s'illuminant d'un sourire ému.
- Alors… tu veux dire… tu veux dire que je ne vais pas mourir ?
- Je dis c'est que tu vas vivre ! J'avais promis. Je sais tenir mes promesses.
Arizona enlace la brune, la serrant fort partageant une joie que quelques heures auparavant, elle ne pensait ne plus avoir la chance de vivre. Callie se recule, ses yeux se posent sur les lèvres roses légèrement entrouvertes, faisant glisser sa main dans les cheveux blonds, elle se rapproche et effleure la bouche de la blonde. C'était juste pour sentir ses lèvres contre les siennes, se sentir revivre, lui dire les trois mots qu'elle avait au bout des lèvres depuis des mois. Arizona gémit dans le baiser, libérant la frustration d'envies retenues pendant des mois, d'angoisse de ses dernières heures. Poussée par le besoin irrépressible de partager plus d'intimité elle passe sa langue contre les lèvres ourlées de la latine. Leurs langues se trouvent, se redécouvrent, se livrent à une bataille sans fin. Le baiser devient passionné, et dangereusement chaud. S'éloignant un peu quand le souffle manque, Arizona reprend ses esprits.
- Callie… On ne peut pas…On est à l'hôpital
- Ce ne serait pas la première fois rit la brune, ses mains s'aventurant sous la chemise d'Arizona, elle caresse la peau dont la douceur fait vibrer toutes les cellules de son corps. Arizona rassemble ce qui lui reste de volonté pour protester
- Callie, n'importe qui pourrait rentrer. Chérie, non Elle halète au contact des mains de Callie sur ses seins dans un soupir…ne fais pas ça… je…je ne vais pas pouvoir…je ne pourrai plus t 'arrêter…
La brune recule, elle s'éloigne du corps qu'elle rêvait de posséder
- Ouai je suppose que tu as raison je ne suis pas très sexy, surtout que la moitié des lesbiennes de Seattle font probablement la queue pour toi.
- Quoi ? Je t'interdis de penser que…entre déception et tristesse, elle allait se fâcher quand ses yeux se posent sur le sourire espiègle de Callie
- Oh je te déteste tu ne vas pas plus pouvoir me faire longtemps le coup de la cancéreuse.
Elle attaque Callie, la poussant sur le lit et l'embrassant, réalisant qu'elles avaient atteint la sérénité qui permettait de plaisanter de tout, même des sujets les plus épineux c'est fini de profiter de toutes mes faiblesses
- J'ai fait une étude approfondie de toutes tes faiblesses, l'air suffisant rendait Calliope adorable…très approfondie même. Adressant un clin d'œil à la blonde. Je pensais que tu avais reconnu que j'avais été mise sur cette terre pour te conduire au septième ciel
Arizona, riait tout en embrassant les lèvres charnues, elle murmure à l'oreille de Callie, avec une voix qui ne pouvait cacher le désir qu'elle ressentait, et tous les efforts qu'elle faisait pour ne pas succomber.
-J'ai envie de toi, si tu savais… Elle prend une profonde inspiration. Mais je veux que notre deuxième première fois soit au moins aussi belle que notre première, et crois-moi ça ne va pas te laisser qu'un « assez bon souvenir » ! Souriante, ses yeux remplis de bonheur, comme ce jour où elle l' attendait au bout de l'allée. C'était peut-être aujourd'hui le plus beau jour de sa vie, ne doutant pas une seconde qu'elles allaient en construire beaucoup plus. Que dirais-tu d'un très gros câlin de lycéenne ?
- Mais un peu dévergondée quand même ?
Le gémissement émis par la blonde fut la seule réponse
- Je suppose que c'est un oui, sourit Callie dans le baiser. Seulement quelques minutes, tu as un rencard. La blonde qui s'approchait déjà pour s'adonner à des activités coupables, s'immobilise, deux points d'interrogation dans les yeux.
- Tu dois aller chercher ta fille à l'école, et je lui aurai peut-être promis que tu lui achèterais une glace
- Callie…Elle proteste, elle était fatiguée, et aurait voulu se reposer dans des bras aimants
-C'est ce que l'on obtient quand on ne répond pas à mes textos
- J'adore les glaces…et j'adore les manger avec notre fille de toute façon
Sautant du lit la blonde s'enfuit laissant Callie, un sourire d'une oreille à l'autre, malgré la frustration d'avoir été privée du câlin de lycéenne
Le lendemain, Arizona était dans le laboratoire surveillant tous les faits et gestes d'Amélia Shepherd, Callie qui prétendait s'ennuyer seule dans sa chambre l'a rejoint. Enlaçant son ex-femme par derrière, elle pose sa tête sur son épaule
- Quand je pense que tu considères que mon brillant cerveau, est comparable à de la gelée. Je me demande si je ne devrai pas me sentir offensée
Arizona tourne la tête juste pour lui donner un chaste baiser sur les lèvres, mais elle adore les lèvres de Callie, elle en a été terriblement privée ces dernières années, alors elle ne résiste pas à l'envie de déposer un autre baiser, mais les lèvres de Callie sont addictives alors elle picore les lèvres charnues encore une fois et puis une autre et une autre encore.
- Vous allez rester là à côté de moi, à vous bécoter comme des collégiennes ? Se plaint Amélia
- Pardon. Grimace Arizona en riant comme une enfant que l'on gronde. Elle s'éloigne un peu de Callie, ne se faisant pas confiance, pour rester de marbre. Je vérifie si tu as le bon geste , si tu as besoin de moi, je suis à ton entière disposition. Se forçant à prendre une posture professionnelle et essayant de se focaliser sur le travail de sa consœur.
- Et moi je vérifie qu'elle vérifie, se rapprochant à nouveau de la blonde, Callie l'embrasse dans le cou. Arizona ferme les yeux et penche un peu la tête pour lui donner plus d'accès, prenant une profonde inspiration, elle se laisse aller en arrière s'abandonnant dans l'étreinte. Elle sursaute aux cris de la neurologue.
- Okay, vous n'avez pas mieux à faire ? Je ne sais pas moi, enfermez-vous dans une salle de garde comme au bon vieux temps
- Pour qui nous prends tu ? Nous sommes des femmes respectables… objecte Callie se drapant dans son orgueil.
Virées par Amelia, elles sortent en riant comme des adolescentes, laissant la neurochirurgienne agacée, se concentrer sur sa pratique
Une semaine s'est écoulée, tout est prêt pour la chirurgie de Callie, c'est le jour J, le jour qui peut tout changer. Arizona rentre dans la pièce alors qu'Amélia penchée sur l'évier reprend mentalement toute les étapes de la procédure opératoire, avant de se préparer pour le rituel nettoyage consciencieux de ses mains et de ses ongles. Sans un mot la brune tourne la tête vers la blonde, levant les yeux au ciel.
- S'il te plait ne dis rien. Crois-moi, je le sais. Je sais que j'ai entre les mains la vie de Callie Torres, ce chirurgien exceptionnel, qui, si elle passe à travers ça, devrait faire une différence dans le monde de l'orthopédie, ton ex-femme géniale qui n'aurait jamais dû l'être, l'amour de ta vie, sans laquelle tu n'es que l'ombre de toi-même, la mère de cette adorable petite fille qui pourrait perdre ce sourire innocent, et apprendre trop précocement que la vie peut-être une pute, et crois moi là, je sais aussi exactement de quoi il s'agit. Alors ne dis rien Arizona, à part peut-être juste bonne chance !
- Je n'aurai pas pu mieux dire, j'aurai peut-être ajouté que personne ne me fait perdre la tête comme elle, au lit, mais ce serait déplacé n'est-ce pas ? Elle glousse déclenchant un sourire de la neurochirurgienne. Amélia, je ne vais pas te souhaiter bonne chance, car tout cela n'a rien à voir avec la chance, ça a juste à voir avec ton immense talent, et j'ai plus confiance en lui qu'en la chance.
Arizona la regardait en souriant, elle savait, que ce que faisait Amélia aujourd'hui était encore plus difficile que ce qu'elle faisait tous les jours. Elle tentait une nouvelle procédure, sur une patiente qui était une amie, un membre de sa retournant pour sortir de la pièce, elle entend la neuro chirurgienne, murmurer : « merci »
Dans la salle d'opération, Arizona s'assied à côté de Callie, déjà allongée alors qu'autour d'elle, l'équipe médicale finissait de tout préparer, pour l'intervention.
- Arizona tu sais ce que tu as promis ?
- Oui, je reste avec toi jusqu'à ce que tu t'endormes
- Et…
- et je sors de cette salle
- Et tu ne vas pas dans la galerie…
- Et je ne vais pas dans la galerie. C'est bon j'ai bien appris ma leçon. De plus il semblerait qu'il y ait une conspiration. Richard m'a demandé de le rejoindre dans son bureau.
- Waouh ton ailier ! Attention qu'il ne t'engage pas dans une partie de trivial. Plaisante Callie
- Aucun risque, les seules parties que je veux jouer, c'est avec toi comme partenaire, et j'ai de nombreuses idées pour les rendre beaucoup plus amusantes que le Trivial
- Eh bien, je vais aimer m'endormir avec cette idée.
- C'était le but. Rigole Arizona, levant la tête sur l'anesthésiste qui se plaçait sur son siège, prêt à injecter les produits qui allait plonger la latine dans un profond sommeil.
- Okay, Calliope c'est maintenant. Tu dois faire confiance à Amélia maintenant. Tu fermes les yeux, tu t'endors et tu crois en Amélia Okay ?
- Ça va aller Arizona, tu as tout vérifié, tu as tout contrôlé, j'ai confiance en Amélia, je crois en toi et je me dépêche de me réveiller pour profiter de toutes tes idées amusantes
La blonde sourit et des yeux, elle fait un signe à l'anesthésiste, pour qu'il injecte le produit.
Les yeux noirs se connectent aux yeux bleus, les lèvres de la latine prononce silencieusement « je t'aime » ce je t'aime qu'elle n'avait pas encore dit, mais qu'elle ne pouvait plus retenir, car tumeur ou pas elle avait aimé elle aimait et aimerait cette femme, il n'y avait aucun doute. Arizona, cligne les paupières, Moi aussi, moi aussi. La latine, s'endort.
Dans la chambre, seul le son des moniteurs étaient audibles, selon Amélia tout avait fonctionné parfaitement, elle avait pu retirer la tumeur entièrement, les scan post opératoires étaient excellents, il ne manquait plus que la brune se réveille, mais malgré la diminution de la sédation, celle-ci ne montrait aucun signe de conscience, depuis plusieurs jours.
- Tu dis que tout s'est bien passé, pourquoi elle ne se réveille pas Demande Arizona, montrant des signes d'inquiétude et de désespoir
- Elle va se réveiller, elle a peut-être besoin de temps. Suggère Meredith en posant une main amicale sur l'épaule de la blonde, Tu te souviens après l'accident, il lui a fallu beaucoup de temps, mais elle s'est réveillée.
- Arizona, Torres a subi beaucoup ces derniers mois, elle a besoin d'un peu de repos. Ajoute la neurochirurgienne
- Ouai…Mais elle devrait ouvrir les yeux et se rendormir après, juste pour me dire que tout va bien
- Vraiment ? Tu es sûre que c'est toi ce chirurgien génial dont on vante les exploits ? Rigole Amélia, essayant de convaincre son amie qu'elle n'était pas inquiète, alors qu'elle le devenait de plus en plus au fil des jours. La situation lui rappelait la chirurgie de Nicole, et elle espérait juste que le réveil de Callie ne la confronterait pas à un handicap qu'elle aurait provoqué.
- Elle va se réveiller, va manger un peu, va voir Sofia, mais sort de cette chambre Arizona. Je reste avec elle jusqu'à ce que tu reviennes, et je promets de te prévenir s'il y a un changement. Propose Meredith amicalement
Arizona avait fait installer un lit dans la chambre et passait jour et nuit depuis une semaine, attendant le réveil de Callie. Les traits de son visage reflétaient l'immense fatigue et le désarroi qui l'avait envahi.
- Non je ne bouge pas de là. Je vais appeler ma mère pour qu'elle amène Sofia. Peut-être que si elle entend Sofia, elle se réveillera.
- On appelle la sécurité, on bipe psy, ou tu la prends pour un scan ? demande Meredith à sa belle-sœur, levant les yeux au ciel face à l'entêtement de la chirurgienne fœtale.
- Je ferai bien un scan de son cerveau pour démarrer une étude que j'intitulerai « De l'action d'un amour fou sur l'aire de la compréhension ! » Déclame Amélia pompeusement telle une tragédienne jouant le répertoire shakespearien
- Et sur l'hygiène, parce que je ne sais pas si elle a pris seulement une douche. Ajoute Meredith en riant
- Il faudrait que vous perdiez cette manie de parler de moi, en ma présence. C'est non seulement impoli, mais très…
- Ah elle peut nous entendre, on pensait que…
- C'est quoi ce…La phrase est interrompue par une toux rauque et un raclement de gorge… Bordel. Faites-moi penser à parler au conseil, de ses médecins irrespectueux qui plaisantent au chevet du patient presque mort.
Les trois femmes se retournent, pour faire face à deux yeux noirs, grands ouverts. Amélia se précipite pour faire son examen, alors qu'Arizona reste figée, seul le sourire sur ses lèvres laissait penser qu'elle avait réalisé que Callie venait de se réveiller.
Toute la journée, Callie avait eu des visites Carlos qui était à Seattle depuis plusieurs jours, avait accouru avec les parents d'Arizona et Sofia, dès qu'ils avaient appris la bonne nouvelle, tous leurs amis médecins étaient venus pour dire bonjour.
- Tu dois être fatiguée, tu seras plus au calme à la maison, Amélia te donnera l'autorisation de sortir dans deux ou trois jours, et je m'assurerai qu'elle le fasse
Depuis qu'elles étaient seules, Callie évitait le regard de la blonde, elle paraissait préoccupée.
- Il faut récupérer le reste de tes affaires pour les faire porter à la maison, j'en parlerai à ton père. Continue la blonde
- Arizona vient t'assoir s'il te plait, Il faut que je te parle
- Ah okay
Ces mots, ce ton, ce visage Arizona ne les aimait pas, ils n'auguraient rien de bon. Chaque fois que Callie avait pris ce ton ça avait fini par un drame. La blonde avançait doucement comme si la lenteur de ses pas pouvait repousser le moment
- Assieds-toi, Callie montre une place sur le lit et se positionne face à la femme blonde, elle prend un profonde inspiration
Doonc, il semblerait que je vais vivre, et vraiment, vraiment je peux te l'avouer maintenant, je n'y croyais pas…C'était assez… inespéré. Ces derniers mois ont été vraiment…vraiment difficiles pour moi, et je n'aurai pas pu le faire sans toi… Et je te remercie pour ça … non … des remerciements ne sont pas assez …. Je te suis infiniment reconnaissante. Je ne l'oublierai jamais.
- Tu n'as pas à faire ça Callie. Ce n'était rien… c'était normal. Répond la blonde, un demi sourire sur le visage, ne voyant pas très bien où cela allait les mener, mais le redoutant visiblement.
- Non Arizona, ce n'est pas rien, et ce n'était pas normal non plus. C'est beaucoup, énorme en fait. Tu as tout abandonné pour moi, tu t'es battue comme une folle pour moi qui ne suis rien. Enfin rien que ton ex-femme, la mère de ta fille dont tu te soucies beaucoup. Un rire embarrassé quitte sa bouche, l'autre femme renifle désorientée par l'attitude de la latine. Les yeux plissés, elle cherche à lire vainement son visage.
- Ce que je veux dire…ce que j'aimerai que tu comprennes…que tu saches…c'est que… ce qui s'est passé à Portland…
- Reste à Portland, n'est-ce pas ? interrompt la blonde désabusée. Dieu, tu es en train de rompre avec moi, avant même que...
La brune tend le bras vers la femme désemparée en face d'elle, elle pose sa main sur son épaule
- Non pas du tout, tu ne vas pas recommencer avec ça ? Arizona laisse-moi finir sinon je ne vais pas arriver au bout et tu vas paniquer ce qui va me faire paniquer encore plus, puis je vais perdre le contrôle, me mettre en colère et qui sait où tout ça va se terminer.
Elle prend les mains d'Arizona dans les siennes, ça sonnait comme un déjà vu pour les deux femmes. Arizona déglutit avalant la boule d'angoisse dans sa gorge.
- Doonc, à Portland, Tu ne m'as pas seulement aidée à traverser les traitements, et à combattre cette maladie, tu m'as aussi permis de guérir. Pas que du cancer… j'ai guéri de moi, de nos blessures, et même des blessures avant toi. Je sais que j'avais une tumeur, et que tout ce que je disais ou faisais pouvait être sujet à caution, mais aujourd'hui je suis sure Arizona… je veux dire… Je n'ai aucun doute, je sais exactement qui je veux voir sauter de joie à mes côtés quand Sofia marquera le but.
Frappé de stupeur, Arizona la regarde les yeux écarquillés prouvant son incompréhension. Les randonnées verbales d'une Callie émue faisaient partie de ses moments préférés, mais là elle ne la suivait pas du tout, et elle se demandait même si médicalement tout était bon.
- Sofia ne joue pas au foot, elle fait de la danse.
- C'est une métaphore Arizona
- Ah ?
- Mais, je ne veux pas faire les mêmes erreurs, et si tu as besoin de temps, je comprends…et peut-être que je devrai emménager ailleurs que chez toi.
- Non ! Callie non ! Arizona s'exclame ne réalisant même pas qu'elle avait haussé la voix. Euh…Je veux dire ça fait beaucoup de temps, on a pris énormément de temps, comme… plusieurs mois…et ce n'est vraiment pas de temps dont j'ai besoin !Euh... Sauf si …Toi ? Tu as besoin de temps ? Murmure la blonde timidement
Un grand sourire se dessine sur le visage de la latine soulagée
- Arizona Robbins accepteriez-vous…
- Oui, Oui, oui … La brune soupire
- Arizona, j'essaie de faire les choses bien là. Donc, Arizona accepterais- tu, un rendez -vous avec moi ?
- Un rendez- vous ? Euh… Quand ?
S'attendant à un autre style de proposition, la blonde déçue à l'idée de devoir passer par le chemin des rendez-vous avant de retrouver enfin une connexion intime avec la femme qu'elle désirait depuis des mois ne montre pas un enthousiasme débordant.
-Ce soir
-Okay
La latine prend son téléphone et la porte s'ouvre instantanément sur un Carlos au regard complice, chargé de sacs avec de l'excellente nourriture qu'il dépose sur la table de la chambre, il disparait aussi vite qu'il était rentré.
- Waouh, le pouvoir Torres. On dirait que tu étais assez sûre de toi !
Callie confirme en hochant la tête, un sourire malicieux sur le visage.
- Dans combien de jours tu dis qu'Amélia me laisse sortir ?
- 2 ou 3 jours
- Super ! un rendez- vous par jour, et on est dans le bon timing pour la règle des trois rendez-vous, dés mon retour à la maison !
Les deux femmes éclatent de rire, à l'allusion de Callie. Enlacée, dans les bras l'une de l'autre, elles rêvent du troisième rendez-vous.
- Callie la prochaine fois que tu auras une grande déclaration à me faire, pourrais-tu me l'écrire plutôt ? Ne te méprends pas tu étais vraiment très mignonne, et c'était absolument charmant, mais j'ai failli avoir un A. V. C
Des éclats de rire pouvaient s'entendre dans tout l'étage de l'hôpital,
-J'ai vraiment eu peur quand tu as parlé de prendre du temps, peut -être que mon cœur s'est même arrêté de battre une minute ou deux.
Les deux femmes pouffaient de rire, s'étreignant, s'embrassant…
- J'avais tellement peur que tu sois d'accord avec ça, c'était vraiment la proposition la plus hypocrite que je n'ai jamais faite dans ma vie !
Il avait fallu l'obscurité pour revoir la lumière, la peur pour être rassurées, la douleur pour être apaisées, le doute pour apprendre les certitudes, se perdre pour se retrouver.
Fin.
Merci d'avoir lu. Merci pour les avis.
