Nouveau chapitre comme promis ! J'espère que vous allez aimer. La guerre arrive mes amis !

De l'amour.


Chapitre XIII


Draco était sorti de la bibliothèque son rictus toujours aux lèvres, faisant se lever de concert les sourcils de son père et de son parrain qu'il avait rejoint dans le salon pour retourner au Manoir.

Il n'avait aucune idée de comment ils en étaient arrivés à ça...mais il n'avait plus rien contrôlé dès l'instant où Potter l'avait provoqué. Il était trop fatigué et sous pression pour se maîtriser et le survivant avait voulu jouer.

Mais le résultat était on ne peut plus prometteur. Il ne se serait jamais attendu à le voir réagir ainsi à sa présence… Il aurait plutôt pensé qu'il lui enverrait son poing dans la figure ou encore qu'il le stupéfixerait. Mais non. Potter était resté figé. Il n'avait pas esquissé le moindre mouvement, même quand il avait doucement suçoté la peau de son cou, y laissant sa trace…

Rien que d'y repenser un long frisson remonta sa colonne. Il avait marqué Potter. Il l'avait touché… Goûté. Prenant une longue inspiration pour se calmer et faire descendre la température de son corps, il usa de ses dons de contrôle de l'esprit pour claquemurer ces souvenirs dans un coin de sa tête où personne ne les trouverait jamais.

- Et bien. Je vois que Harry Potter semble grandement influencer ton humeur…

Le blond releva ses yeux gris orage sur son père et haussa un sourcil lentement.

- Devrais-je répondre quelque chose à cela Père…?

Lucius posait sur son héritier un regard au premier abord froid et calculateur, mais le sorcier savait pertinemment que son père tentait de percer ses intentions.

- Je te prierai de ne pas faire n'importe quoi avec mon pupille.

Voilà que son Parrain y ajoutait son grain de sel. Se tournant vers lui, il arbora son air de suprême indifférence pour répondre.

- Soyez plutôt reconnaissant… Parce que s'il y a bien quelqu'un qui pourra vous le calmer si besoin, c'est moi.

Il se demanda un instant s'il n'avait pas été trop loin alors que les épaules du Maître des potions se raidissaient et qu'il jetait un regard torve à son filleul, sa voix réfrigérante.

- Monsieur Malefoy. Je vous conseille surtout de garder votre insolence et vos grands airs pour quelqu'un d'autre… Vous et moi savons très bien de quoi il retournerait dans le cas contraire.

Même si le blond ne laissa rien paraître, il prit la menace très au sérieux. Filleul ou pas, Snape n'hésiterait pas une demi-seconde avant de lui faire regretter sur les dix prochaines années de s'être montré un tantinet trop insolent à son égard…

- Bien Parrain…

- Draco, chéri, allons-y…

Sa mère venait de doucement poser sa main sur son épaule. Hochant la tête, il prit une poignée de poudre verte et la lança dans les flammes, annonçant à haute voix sa destination. Chemin de Traverse. La semaine avant la rentrée serait bien trop longue à son goût.


Snape avait retrouvé le survivant les joues rouge tomate, l'air complètement ailleurs dans la bibliothèque. Le sortant de ses pensées, il l'avait vu se lever du rebord de la fenêtre et le rejoindre comme un automate.

Il retint un grognement quand il vit la marque sur la peau de son filleul… Draco. Crispé, il ne fit pas le moindre commentaire mais il était inquiet. Le sang-pur semblait prendre de plus en plus de libertés et il n'était pas certain que le jeune sorcier soit déjà capable d'encaisser ce genre de chose. Après le passé qui était le siens, il craignait que ce rapprochement ne soit une course droit dans le vide.

Il lui en parlerait. Il ne lui dirait pas tout, mais il parlerait à son filleul et lui demanderait de mesurer ses ardeurs. Mais pour l'heure, il avait un adolescent à ramener à la maison.

L'entraînant derrière lui, ils retournèrent au Manoir pour y passer leur dernière nuit. Demain, retour à Poudlard et puis ce serait la rentrée. Une nouvelle année débutait et il espérait que cette fois, personne ne mourrait dans les bras du survivant.

Quand ils arrivèrent le lendemain à l'école, le chaos les accueillit. Les professeurs étaient sans dessus-dessous. Flitwick bégayait pitoyablement sans que personne ne comprenne rien à sa tirade hésitante. McGonagall avait l'air absolument furieuse, Madame Bibine et Madame Chourave chuchotaient frénétiquement dans un coin alors que Dumbledore tentait vainement de parlementer avec le Ministre en personne.

Harry se crispa. Rufus Scrimgeour se tenait face au vieux sorcier, entouré de plusieurs membres du Ministère, l'air de se ficher complètement des arguments du directeur de Poudlard.

Il laissait glisser son regard vicieux tout autour de lui, Rusard se tenait à sa gauche, semblant littéralement jubiler.

- Enfin, Rufus, il me semble que cette décision est bien prématurée et plutôt arbitraire.

- Peu importe votre avis Albus. Vous avez failli plusieurs fois à protéger vos élèves et notamment Monsieur Potter. Nous ne pouvons-nous permettre cela à nouveau maintenant que Vous-Savez-Qui est de retour. Ainsi, nous avons décidé, qu'un membre du Ministère allait remettre un peu d'ordre dans cette école. Je vois.

- Et qui est donc cette personne…?

- Moi très cher !

Harry vit une femme, toute de rose vêtue, s'avancer dans le couloir, ses talons claquant au sol dans un bruit mat alors qu'elle s'avançait, telle une reine en son royaume, une moue dégoûtée sur le visage alors qu'elle toisait le professeur de métamorphose.

- Madame Ombrage…

Le directeur s'approcha pour baiser doucement le bout de ses doigts, s'inclinant poliment alors que McGonagall ne lui offrait qu'un reniflement de dédain.

Immédiatement le survivant la détesta. Elle lui donna des frissons et il recula d'un pas, manquant de buter contre Nick Quasi-Sans-Tête. Snape, quant à lui, toisait la nouvelle venue avec tellement de mépris qu'il aurait presque pu gommer son existence d'un seul regard.

La femme, se tourna vers le corps professoral après avoir gloussé des manières du vieux sorcier et se présenta.

- Bonjour à tous. Je suis Dolores Ombrage et je suis ici afin de mettre un peu d'ordre et de discipline dans tout ce…

Elle agita sa main avec condescendance dans un geste vague englobant ce qui se trouvait devant elle avant de continuer.

- ... mignon petit château. Le Ministère attend de vous, et de moi bien sûr, une totale et complète collaboration à la refonte de l'organisation ! Je me réjouis de pouvoir travailler avec vous.

Elle rit. Un rire faux et crissant. Sa voix était trop aiguë, trop stridente.

- Ooooh mais qui voilà ! Harry Potter en personne ! Quel plaisir de vous rencontrer mon petit !

Elle s'approcha rapidement de lui, les mains nouées devant son ventre, un air de fausse joie gravée sur ses traits trop maquillés. Elle sentait la naphtaline et la lavande. L'odeur capiteuse donna immédiatement la nausée au Survivant qui recula d'instinct quand elle envahit son espace.

- Ainsi donc, voici l'enfant qui fait des siennes chaque année ! Il va falloir améliorer votre comportement mon enfant… Je sais que vous pensez être la huitième merveille du monde sorcier mais, croyez-moi, je ne saurais tolérer que vous ne respectiez pas les règles !

Harry se crispa. Elle lui rappelait Pétunia. Il se sentit pâlir et pour la première fois depuis de nombreux mois, sa magie s'agita au fond de lui. Il plissa les yeux et ancra ses pieds dans le sol avant de relever lentement ses pupilles émeraude sur la femme et la dévisager sans la moindre hésitation.

- Oui Madame.

Elle haussa lentement un sourcil et son regard se durcit de manière imperceptible. Il lui résistait…?

- Je vois que vous avez du caractère. C'est bien.

- Oui Madame.

Il ne put empêcher un rictus sarcastique de fleurir sur ses lèvres alors que sa voix reflétait une parfaite irrévérence.

- Mon garçon… Je pense que vous devriez changer de ton avec moi… Je suis ici pour faire respecter les règles et vous devriez donner l'exemple.

- Madame Ombrage.

La voix de Snape claqua à l'oreille de la femme. Sirupeuse et pleine de fiel.

- Je vous saurai gré d'abandonner toute tentative d'intimidation de Monsieur Potter.

Le professeur exultait de rage. Incapable de jeter au visage de cette femme qu'il était le responsable légal du jeune homme et que donc, il était le seul et unique à avoir des droits sur l'éducation de l'adolescent. Et il avait détesté la manière dont elle s'était approchée de lui. Lui avait parlé. Sûre de pouvoir lui faire courber l'échine.

- Professeur Snape c'est bien cela…?

- Effectivement Madame.

- Veuillez rester en dehors de ça. Je suis votre supérieure et donc, vous me devez le respect.

Un silence pesant s'installa brusquement sur le corps professoral. Personne, jamais, n'avait osé parler ainsi à l'Ex-Mangemort. Harry aussi était stupéfait. Même Dumbledore se gardait de dépasser certaines limites avec Snape… Et cette femme, venait tout bonnement de l'insulter face à tous ses collègues.

- Excusez-moi. Il me semble avoir mal compris. La supérieure…?

- Eh bien oui. Je suis ici pour remettre de l'ordre. A ce titre vous devez tous m'obéir ! Y compris vous Monsieur le Directeur…

Le survivant comprit à cet instant précis que cette année allait être un véritable enfer pour lui. Il posa un regard assombri sur son tuteur qui semblait sur le point d'exploser, caressant sa baguette dangereusement.

- Sur-ce, Monsieur Potter, Excusez-vous. Immédiatement.

Interloqué, le jeune homme se tourna vers la femme.

- Quoi ?

- J'ai dit, excusez-vous !

- Dolores...Je ne suis pas certain que cela soit nécessaire…

Dumbledore semblait avoir repris ses esprits et venait d'intervenir, s'avançant vers eux, sa voix prenant des accents apaisants.

- Pas nécessaire…? Cet élève se montre insolent envers un membre haut placé du Ministère. Il me semble que justement, c'est important.

- Eh bien, je pense surtout que Harry a été surpris… c'est tout…

- Peu importe. La première règle que les élèves doivent appliquer est qu'ils sont tenus d'être respectueux de l'autorité.

Harry se tenait là, crispé. Il luttait intérieurement pour que sa magie ne déborde pas. Il détestait déjà cette femme… Son odeur. Sa manière de parler. Sa manière de traiter les professeurs et l'école. Comme si tout cela n'était rien. Comme s'ils étaient tous des insectes nuisibles.

Pétunia et Vernon étaient ainsi. Ils vous regardaient avec tellement de mépris qu'ils vous donnaient honte d'exister. Petit à petit les souvenirs remontaient des tréfonds de son esprit brisé et envahissaient sa conscience.

Déchet. Monstre. Moins que rien. Excuse-toi. Ramasse. Lèche. Meurs. Tais-toi. Insolent. Ingrat. Vermine.

Il sentait le bout de ses doigts s'engourdir, sa peau fourmiller.

Snape sentit brusquement le changement, tournant son visage vers son pupille qui se tenait toujours au même endroit. Les mains dans les poches, le visage baissé, l'attitude faussement détendue alors qu'il pouvait sentir les relents de magie émaner de son corps. Et c'était la première fois qu'elle semblait aussi menaçante.

- Eh bien. J'attends encore.

La femme, trop engoncée dans son égo, ne fit pas plus attention que ça à l'étudiant alors que plusieurs professeurs fixaient Harry avec inquiétude.

- Désolé Madame.

Il avait la voix étranglée. Chargée de tellement de colère qu'il était difficile de l'ignorer.

- Soyez plus sincère dans vos excuses.

Snape se crispa. Elle insistait. Le toisant en croisant les mains devant elle, tapant impatiemment du pied au sol. La situation n'allait pas tarder à dégénérer. Il sentait la magie du jeune sorcier enfler dangereusement alors qu'une sorte de volute de fumée noire entourait ses pieds.

- Madame… Il me semble que mon élève s'est excusé. Je ne vois pas pourquoi vous insistez autant.

Snape eut presque envie de remercier son irritable collègue de métamorphose et son air sévère. Elle s'avança et se plaça entre Harry et la sorcière.

- Monsieur Potter. Rejoignez donc vos quartiers. Il me semble que vous avez suffisamment retarder Madame Ombrage.

- C'est cela ! Minerva a raison, nous avons de nombreux sujets à évoquer ensemble Dolores !

- Severus, mon enfant, veillez donc à ce que le jeune Harry soit en sécurité dans sa chambre je vous prie…

Dumbledore avait également stoppé net toute tentative de la représentante du Ministère de continuer sa petite scène de domination. La prenant par le bras, il l'entraîna à sa suite et l'abrutit d'un de ses discours assommant dont il avait le secret. Minerva, quant à elle, rassembla les troupes et obligea tout le monde à suivre, confiant implicitement à Snape le reste du problème.

Le maître des potions soupira de soulagement discrètement quand le hall de l'école se vida et il se tourna vers son pupille.

- Harry…

- Je n'ai pas été insolent…

Le jeune homme semblait trembler légèrement, fixant toujours le sol. Severus choisit précautionneusement ses mots pour lui répondre, le sentant au bord de l'implosion.

- Cette femme devrait parler moins.

Il vit le jeune homme finalement relever les yeux et fut frappé d'y voir la haine brûler.

- Elle devrait apprendre à se taire si vous voulez mon avis… A snober tout le monde comme ça, elle risque d'avoir des problèmes… Surtout vous…

Le professeur haussa lentement un sourcil. Ainsi donc, le survivant se sentait protecteur à son encontre….? Mais en cet instant, jamais il n'aurait pu imaginer que le survivant prévoyait déjà de se venger…

- Calme-toi maintenant. Rentrons.

Harry hocha la tête et suivit en silence. Mais il le savait. Cette année serait probablement encore plus difficile que prévu… Cette femme le détestait d'emblée. Il l'avait senti. Et il savait qu'il ne pourrait rien faire pour l'éviter. Mais soit. Elle voulait la guerre…? Elle l'aurait.

Plus personne ne lui marcherait dessus ainsi… Ou du moins, pas sans qu'il ne le leur fasse regretter au centuple.


Quand Draco franchit les portes de la salle commune des Serpentards après s'être installer pour sa sixième année, il se dirigea lentement vers la salle de banquet, le repas du soir et la cérémonie débuterait bientôt.

Il n'avait pas croisé Potter encore, mais cela ne saurait tarder. Entouré comme d'habitude de Nott et Zabini, il ignora le cri perçant de Parkinson qui semblait vouloir attirer son attention. Une vraie sangsue.

Entrant dans la grande salle, il alla s'asseoir à sa table avant de se figer. Potter était à la table des Gryffondors. Si c'était déjà étonnant de l'y voir pour la première fois en deux ans, le plus étrange était l'expression féroce qu'il arborait.

Le coude posé sur le bois, le menton dans sa main, il fixait la table des professeurs, les doigts de sa main gauche pianotant sans discontinuer sur la table. Autour de lui, Ron et Hermione se lançaient des regards partagés, lui semblait-il, entre l'anxiété et la perplexité.

Quand les professeurs entrèrent, tout le monde nota la femme vêtue de rose. Mais la cérémonie d'attribution des maisons débuta et les étudiants se concentrèrent, du moins pour un temps, sur les nouveaux venus.

Lorsque chaque élève de première année eut trouvé sa place sous les applaudissements enthousiastes, Dumbledore se leva.

- Bienvenue. Bienvenue à tous pour cette nouvelle année à Poudlard. Avant que le banquet ne commence, je voudrais vous dire quelques mots : Nigaud ! Grasdouble ! Bizarre ! Pinçon ! Et maintenant, laissez moi vous avertir de certains petits détails à la demande de notre cher concierge !

Le directeur eut un sourire en coin, observant la salle aux étudiants souriants avant de reprendre.

- Il y a une liste d'objets interdits, établie par Rusard dont notamment le yoyo hurleur, le frisbee à dents de serpent et le boomerang à mouvement perpétuel. La liste comprend à cette date 437 articles. Elle est consultable dans le bureau de Rusard. Ce point à présent éclaircit, il est temps de vous présenter Madame Dolores Ombrage

La femme n'attendit pas une seconde. Elle se leva, poussa le Directeur du pupitre et posa sa baguette sur sa gorge, amplifiant sa voix.

- Huum ! un deux un deux ? Vous m'entendez ?

La moitié des élèves grimaça alors qu'un son strident leur perçait les tympans. La femme gloussa avant de s'éclaircir à nouveau la gorge.

- Très chers élèves ! Quel plaisir ! Quel honneur que d'avoir été choisie afin de superviser cette illustre école qu'est Poudlard ! Je me présente, je suis Madame Dolores Ombrage, Sous Secrétaire d'Etat au Ministre de la Magie et désormais Grand Superviseur de Poudlard. Je vais, durant cette année, accompagner vos professeurs dans leur pratique afin de les guider sur la bonne voie. J'établirai également de nouvelles règles. Et vous aurez l'immense chance de me côtoyer lors de vos cours de défense contre les forces du mal.

Le silence s'était installé. Stupéfait. Incrédule. Méprisant. Désintéressé. Draco fixa Potter une seconde. C'était bien elle qu'il ne quittait pas des yeux. Cette femme était d'une arrogance folle. Le Serpentard plissa doucement les yeux.

- C'est qui celle-là… ?

Zabini toisait la femme en grimaçant. Pas plus intéressé que ça par son discours.

- Apparemment notre nouveau directeur…

- Quoi ? Dumbledore n'est plus directeur…?

- De titre uniquement si j'ai bien compris…

Nott, pour une fois, avait posé son livre et observait la table des professeurs. Tous, sans exception, avaient le visage crispé, reflétant leur profond mécontentement. L'ambiance normalement conviviale entre les adultes semblait avoir déserté la table cette année.

- La première chose à savoir, chers élèves, est que je vais constituer une brigade de discipline avec les différents préfets de vos maisons. Du moins, ceux qui le méritent bien évidemment.

- Ceux qui le méritent…?

- Et un préfet n'est-il pas déjà chargé de discipline…?

Plus la femme parlait, plus les chuchotements envahissaient la grande salle pour finir par devenir un vrai brouhaha.

- Hum. Je disais donc que…

Harry fixait Ombrage et ricana. Personne ne l'écoutait. Tout le monde chuchotait et lançait des regards étranges aux différents professeurs derrière elle, et notamment au Directeur qui était retourné s'asseoir.

Il la vit tenter d'attirer l'attention à trois reprises, demandant le silence de sa voix de crécelle. Et il vit aussi le moment où elle perdit patience.

- SILENCE !

Le hurlement força de nombreux élèves à plaquer brusquement leurs mains sur leurs oreilles, grimaçant de douceur alors que la voix amplifiée manquait de leur percer les tympans.

- Bande de petits irrespectueux ! Je vais vous apprendre le respect dû à un professeur quand il parle !

La remarque agressive et pleine de rage figea l'assistance alors que les étudiants relevaient des visages stupéfaits vers elle.

- Hum… Je disais donc, très chers élèves, qu'il est tout à fait impoli de ne pas écouter un adulte…

Un petit rire grinçant accompagna sa remarque alors qu'elle reprenait son interminable diatribe sur le règlement à venir. Quand enfin, elle annonça le banquet, plus personne n'osait bouger.

Draco, assis bien droit à sa table, laissa glisser son regard sur Harry et surprit l'échange silencieux entre lui et Ombrage. Le regard venimeux qu'elle lui adressa, la manière qu'il eut de baisser immédiatement la tête, semblant vouloir se rendre invisible. Il tourna la tête vers son parrain qui apparemment avait également assister à la petite scène et qui fronçait les sourcils.


Harry , assis à la table des Gryffondors, mangeait sans la moindre conviction. Sa semaine avait été semée de contrariétés, à commencer par sa réintégration pleine et complète au sein de sa maison d'origine.

Dumbledore n'ayant jamais informé le Ministère des événements avec son oncle, la tutelle avait été transmise en secret au professeur de potions et seule une ou deux personnes étaient au courant au sein de l'administration sorcière.

Ainsi, avec l'arrivée d'Ombrage, et afin de préserver son secret, il avait été contraint de retourner dans son dortoir. Snape avait tenté à plusieurs reprises de convaincre Dumbledore de trouver une excuse, mais, cette fois ci, il avait été inflexible et le survivant s'était retrouvé, l'après-midi même à ranger ses affaires dans son ancien dortoir.

Il avait longuement fixé ce qui avait été son lit les trois premières années à Poudlard. Ron, l'air gêné, l'avait accompagné et avait maladroitement tenté de renouer quelques liens. Seamus et Dean s'étaient montré polis mais réservés. Neville avait salué chaleureusement Harry. Dans la salle commune de leur maison, il sentait constamment les regards sur lui et il avait regretté chaque seconde les appartements de son tuteur.

- Harry ?

Il soupire et détacha son regard de la sorcière avant de lever les yeux au ciel, agacé.

- Quoi, encore, Hermione…?

La brune se rembrunit alors qu'il était évident qu'elle le dérangeait.

- Tu devrais vraiment manger…

- Arrête de me surveiller comme si j'étais ton fils.

- Oh ! et bien très bien ! meurs donc de faim qu'est-ce que ça pourrait bien me faire ! Après tout c'est pas comme si t'étais un idiot buté !

Harry haussa un sourcil. Il était surpris, c'était la première fois qu'elle s'énervait contre lui depuis des mois.

- Je n'ai pas faim…

- Je m'en fiche. Quand tu t'évanouiras comme un imbécile au milieu d'un couloir à cause d'une hypoglycémie, je m'arrêterais certainement pas pour t'aider.

L'argument n'était pas stupide… Sauf qu'il était habitué à de longues période de jeun et donc, sauter quelques repas n'était pas franchement un problème pour son corps.

- Vieux… Je pense qu'au-delà de ça… elle dit ça parce que Snape te regarde avec l'air de celui qui va te filer six mois de retenue…

Ron, le nez plongé dans son assiette, évitait comme il le pouvait le regard menaçant du professeur des potions. Le survivant releva les yeux, et vit son tuteur lui ordonner silencieusement de manger… C'était explicite.

Il soupira discrètement avant de finalement se servir de poulet et de riz.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé avec Ombrage à part ça…?

Le roux le fixait, l'air interrogateur, mâchant soigneusement ses spaghetti bolognaise, enroulant les pâtes sur sa fourchette.

- Rien de spécial…

- Mec...désolé mais vu comme tu la regardes, il s'est forcément passé un truc.

- Ronald. Laisse donc Harry tranquille puisque Monsieur préfère rester de son côté tout seul.

- Mais Mione…

Elle était vexée. Et elle le faisait clairement comprendre à Harry, fixant son assiette les sourcils froncés. Le survivant soupira avant de se tourner vers elle lentement.

- Écoute. Désolé de t'avoir répondu comme ça, mais arrête de toujours vouloir me dire quoi faire. Je déteste ça…

Elle haussa les épaules, apparemment pas encore calmée.

- J'essaie simplement de me soucier de toi

- Bah arrête. J'ai pas besoin qu'on fasse ça. J'ai … mon tuteur maintenant.

Afin d'éviter que quiconque n'entende, il avait murmuré les derniers mots, se penchant doucement vers eux. Il la vit relever les yeux pour tourner son regard plein d'intelligence vers le professeur. Il vit ses épaules crispées retomber doucement alors qu'elle capitulait.

- Très bien…

- Parfait.

- Maintenant raconte nous…

Harry observa le roux une seconde avant de se décider.

- Je l'ai rencontrée quand on est revenus ici...il y a une semaine. Elle a débarqué avec le Ministre pour annoncer qu'elle était la chef et que tout le monde devait obéir… Elle a dit ça à Snape…

Ron écarquilla les yeux, se tourna vers la femme en rose avant de re-regarder ses compagnons de tablée.

- C'est sérieux ? Elle veut mourir prématurément ?

- Quelle stupidité d'imaginer avoir plus de pouvoir que Dumbledore ici…

- Je ne sais pas...mais..c'est étrange… je la sens pas du tout…

- Harry… je t'ai déjà dit de ne pas juger les gens sur tes impressions.

- Bah n'empêche qu'il a toujours eu raison en fin de compte…

- Vraiment ? Et Malefoy…?

Harry sursauta et un très léger rougissement naquit sur le haut de ses pommettes. Il s'éclaircit la gorge lentement.

- Malefoy n'a rien à voir là dedans...Je vous dis que cette femme est dangereuse… Et c'est trop étrange que le Ministère intervienne au sein même de l'école alors que Poudlard était toujours restée en dehors de la politique…

- Effectivement… Si on y réfléchit de cet angle là… Jamais le Ministère n'avait introduit un de ses membres au sein de l'école… Et on sait que ce même Ministère grouille des partisans de Voldemort…

Ron était resté silencieux quelques minutes avant de froncer un peu plus les sourcils, reposant ses couverts.

- Vous pensez qu'elle est là pour espionner…?

- Non seulement pour espionner… Mais aussi pour évincer certaines personnes… Et elle a commencé avec Dumbledore… Et tu as également été séparé du Professeur Snape…

- Harry… il faut que tu sois vigilant… Si tu as raison alors tu risques de tomber dans un piège…

- Je ne sais pas… Je ne pense pas qu'elle prendrait le risque de m'attaquer en plein milieu de l'école.

- Surtout qu'elle ne pourrait, ensuite, pas fuir…

- Il nous manque des éléments… Quelque chose là-dedans n'a pas de sens…

- Peut-être que la fouine en sait plus…? Après tout, il a été chargé de cette mission alors…

Harry se tendit et releva un regard plein de froideur à son ancien meilleur ami.

- Évite de l'appeler comme ça… Et pendant que tu y es, pense à avoir un peu de respect pour ce qu'il prend comme risque… Je voudrais bien t'y voir toi, vivre pendant deux mois aux côtés de Voldemort.

- Shhhh ! Taisez-vous ! On est en plein milieu de la grande salle bande d'imbécile !

Hermione venait de se pencher sur la table, sifflant furieusement en les fusillant du regard. Ron, figé et rougissant, marmonna une excuse au survivant qui se calma également.

- Quoi qu'il en soit, je pense que tu devrais tout de même rester vigilant. Ah et je voulais te dire, j'ai fait des recherches cet été et je voulais te montrer ce que j'ai trouvé… On pourrait se voir demain après les cours à la bibliothèque…?

Harry hésita. Mais après tout si elle avait déniché quelque chose qui pouvait les aider dans leur guerre, il ne pouvait se permettre de l'ignorer.

- Ça marche… Et oui je ferais attention.

Satisfaite, la jeune femme se remit à manger sa salade, entamant un couplet sur son immense impatience à débuter les cours sur il ne savait plus quel sujet…

- Dis voir vieux…

Le survivant releva les yeux sur Ron qui s'était arrêté de manger et avait l'air au summum de l'embarras.

- Est-ce que… enfin… toi et Malefoy… c'est euh… enfin… vous êtes des genres...d'amis ?

Perplexe, Harry regardait Ron sans comprendre où il voulait en venir.

- Nous sommes amis effectivement

- Que des amis… ?

Harry avait maintenant les sourcils froncés et brusquement le souvenir de la scène au Square Grimmaurd lui explosa dans la tête. Il se crispa. Rougit et détourna les yeux.

- C'est quoi cette question… ?

- Nan enfin...je veux dire c'est cool pour moi tu vois...Genre je m'en fiche… Mais c'était euh...pour savoir… parce que bon… Il est un peu possessif quand même…

Harry ne répondit rien, haussant juste les épaules. Il ne savait absolument pas quoi rétorquer à ça. Que des amis ? C'était évident que non. Mais de là à mettre des mots sur leur relation étrange, impossible.

- Enfin bref mec. Juste pour te dire que moi, cette fois, je soutiendrai.

Le brun releva les yeux et plongea son regard dans celui du roux qui le fixait avec une étonnante gravité.

- Et ta soeur ?

- Pas mon problème. Elle se trouvera quelqu'un d'autre si jamais.

Il pesa les paroles de son ancien ami avant de lentement hocher la tête.

- D'accord. Merci.

- De rien mon pote. Bon. Tu veux pas goûter ce ragoût ? Parce qu'il déchire !

Le brun eut un ricanement avant de tendre son assiette. Si leur relation ne serait jamais plus la même, il pouvait peut-être se permettre de se détendre un peu à leur contact.


Draco crevait de jalousie. Il avait observé Potter toute la soirée et avait manqué, à plusieurs reprises, de se lever et de le rejoindre à cette fichu table de Gryffondor et de s'y asseoir, laissant voir à tout le monde à qui était le survivant.

Merlin. Et quand enfin le banquet s'était terminé et que tous les élèves avaient été invités à rejoindre leur dortoir, il avait, évidemment, dû rester pour s'occuper des premières années et les conduire à travers le dédale de couloirs de l'école. Être Préfet pouvait être une vraie plaie.

Quand, il put enfin, se libérer de ses obligations, il était tard. Rejoignant lentement les cachots, il manqua faire une crise cardiaque quand une main surgit au détour d'un couloir et ne l'entraîne derrière une porte.

- Potter ! A quoi est-ce que tu joues à te balader dans les couloirs à cette heure-là de la nuit par Merlin ?

Draco, furieux, fusillait le survivant du regard alors que celui-ci retirait sa cape d'invisibilité de ses épaules. Par Salazar. Il avait envie de le plaquer contre le mur pour l'embrasser maintenant.

- Désolé. Mais je voulais te voir.

- Ah bon ? Pourtant tu semblais parfaitement heureux avec tes petits amis. Le trio d'or, le grand retour. La Golden Team réunie.

Le sarcasme dégoulinait de la voix du blond alors que son visage exprimait tout son mépris.

- Quoi ?

- Fais pas l'innocent Potter.

- Je fais pas l'innocent Malefoy ? C'est quoi ? Une crise de jalousie ?

- Ne te prends pas pour le centre du monde Potter. Je dis juste que pour quelqu'un qui n'avait plus aucun lien avec eux, tu semblais bien proche. …

- Okay. T'es jaloux.

Le blond se crispa et tourna les talons, prêt à quitter la pièce.

- Je ne suis pas jaloux. Il se trouve juste que j'apprécie pas vraiment d'être remplacé du jour au lendemain.

- Attends ! Mais Merlin Malefoy ! Tu crois que j'ai attendu qui la moitié de la soirée dans ce couloir glacial ? Hermione ?

Le blond s'arrêta et se tourna vers le brun. Effectivement. Il y avait peu de chance que la Demi-Sorcière prenne le chemin de la salle commune des Serpentards.

- C'est bon…? T'es calmé…?

- Qu'est-ce que tu faisais à la table des Gryffondors… ?

- ...C'est ma maison je te rappelle.

- Si tu veux jouer à ça, je rentre me coucher Potter.

- … J'ai pas eut le choix…

Plissant les yeux, le blond croisa les bras sur son torse lentement Pas le choix ?

- Explique toi…

- C'était bien mon intention en venant ici.

- Bien. Alors parle Potter. J'ai pas toute la nuit non plus.

Le brun soupira et se rembrunit. S'asseyant sur un bureau.

- Franchement, si t'as pas envie de savoir, on a qu'à s'arrêter ici.

- … Parle.

La voix coupante et agacée du blond finit par convaincre le survivant.

Le Ministère n'est pas au courant de la reprise de ma tutelle par Snape… Ni de tout ce qui est...arrivé… Alors pour garder ça secret, j'ai réintégré ma maison à temps complet.

Au vu de la mine assombrie du Sauveur du monde, il appréciait très peu sa condition.

- Je vois.

Plusieurs questions se bousculaient dans la tête du blond, mais il n'eut pas le temps de les poser que déjà le brun reprenait.

- Et Ombrage m'a à l'oeil. Tout le temps. Elle me cherche Malefoy. Elle apparaît toujours dans les couloirs quand j'y suis…. On a eu une sorte de...confrontation quand Snape et moi on est arrivés et dès le départ elle me détestait.

Draco en avait vaguement entendu parlé par ses parents, plissant les yeux il observa un peu mieux Potter. Il avait maigri non ?

- Et…?

Il haussa lentement un sourcil alors que Potter le fixait, un sourire carnassier au coin des lèvres, l'insolence peinte sur son visage alors qu'il semblait s'amuser en avance de ce qu'il allait dire.

- Et elle a insulté Snape… Et m'a forcé à m'excuser pour un truc que j'avais pas fait… Et depuis elle me cherche… Et tu sais quoi…?

Le brun s'était levé, s'approchant lentement du blond, mains dans les poches, sa magie suintant doucement dans la pièce. Ses yeux brillants comme ceux d'un animal, animés d'une lueur prédatrice.

- Quoi Potter… ?

- Il est temps de monter la résistance… Et toi, Malefoy, t'en es le premier membre.

Il se pencha un peu plus, frôlant le corps du Sang Pur du siens, plongeant ses yeux dans ceux d'argent.

- Je suis certain que tu seras très créatif pour m'aider à la mener à sa perte…

Le blond, immobile malgré l'envie furieuse de le coucher sur le bureau, prit une lente inspiration, son regard se rétrécissant.

- La résistance Potter… ?

- Exactement… Disons… que je vais faire payer à cette femme…

- On devient revanchard maintenant ? Où est le Gentil Pote Potter…?

- Mort et enterré. Tu me suis ou pas ?

- Tch. Si tu dis qu'elle a insulté mon directeur de Maison, pas le choix. Elle aurait dû le savoir pourtant. Les Serpentards adorent la vengeance.

- J'étais sûr que ça t'amuserait…

Le blond eut un rictus alors que le brun se redressait lentement.

- Il va falloir recruter.

- Mn. Je pense que nos rangs vont rapidement grossir…

- Probablement. Mais je vais faire courir le bruit dans ma maison… En attendant…

Il se redressa et s'approcha à son tour du brun, le faisant petit à petit reculer jusqu'au bureau central du professeur, l'y bloquant.

- Sache que je te préfère comme ça Potter… Découvrir cette facette toute Serpentarde de ta personnalité est fascinant…

- Peut-être parce que j'ai ma place dans ta maison…

Draco fronça les sourcils alors qu'il se penchait sur le brun.

- Comment ça… ?

- Tu ne savais pas…? C'est à Serpentard que j'aurais dû être réparti… Seulement il semblerait que certains éléments externes aient influencé le Choixpeau…

Figé, le blond se redressa brusquement.

- Tu te fiches de moi ?

- Non…

Haussant les épaules, et peut-être un peu déçu au fond de lui, Harry se redressa et se souleva pour s'asseoir sur le bureau, laissant ses jambes pendre doucement.

- J'ai appris ça en troisième année… Dumbledore m'a dit que certains hauts placés avaient truqué la répartition pour que je sois mis à Gryffondor… Question d'image. Un sauveur doit être courageux comme le Lion… Comment tu sais que tu aurais dû venir dans ma maison et pas...je sais pas chez Serdaigle par exemple ? C'est le Choixpeau qui s'est vendu. Il voulait me mettre à Serpentard. Je lui ai demandé de ne pas le faire et là, il a hurlé Gryffondor.

Le blond était dégoûté. Jusqu'où le Sauveur du Monde avait été manipulé ? Telle une marionnette entre les mains de son créateur. Avait-il une seule fois eut la possibilité de choisir ?

- Fais pas cette tête Malefoy… Ce qui est fait est fait…

Le haussement d'épaule fataliste agaça le blond qui s'approcha à nouveau et prit le menton d'Harry entre ses doigts, se penchant sur lui doucement.

- La vengeance est un plat qui se mange froid Potter.

- Je sais….Ne t'inquiètes pas…

Le sourire narquois du survivant envoya directement en décharge de désir dans les reins du blond. Se maîtrisant à peine, il le lâcha et recula de plusieurs pas.

- Retourne dans ton dortoir Potter. Si tu dis que l'autre folle t'as à l'œil, pas besoin de la provoquer plus…

- Attends… Il y a autre chose.

- Quoi encore…?

Fatiguant. Côtoyer le Survivant était beaucoup trop fatiguant pour lui. N'y avait-il pas un jour sans que celui-ci ne s'enfonce jusqu'au cou dans les ennuis…?

- Je pense qu'Ombrage est là pour faire des rapports à Voldemort.

Le blond tressaillit, se figea et écouta longuement le brun lui détailler sa théorie ainsi que des arguments évoqués avec Ron et Hermione. Par Merlin et les quatre fondateurs. L'année venait de se compliquer au-delà de toute espérance.


Harry avait vu juste. La résistance ne mit pas longtemps avant de voir ses rangs grossir.

L'ambiance à l'école était devenue horrible. Tendue. Silencieuse. On n'entendait plus que rarement les rires des élèves alors qu'Ombrage avait instauré un règne de la terreur entre les murs de l'illustre académie de magie.

Elle avait constitué une brigade faite d'élèves de la cinquième à la septième année. Chargés de rapporter toute infraction au règlement, chaque jour, des dizaines d'étudiants se retrouvaient en retenue.

Les professeurs, impuissants, tentaient au mieux de retenir toute cette folie alors que les décrets étaient de plus en plus nombreux à être placardés contre les murs.

Trois mois qu'Ombrage étaient entrée comme une tornade dans l'école et la colère grondait sur les bancs des étudiants.

Harry quant à lui, avait fait profil bas autant que possible. Mais il avait clairement été une des cibles préférées d'Ombrage. A chaque fois qu'elle le croisait, elle s'en prenait à lui. Cherchant à le pousser à la faute sous le regard des élèves qui petit à petit notaient l'injustice de ce traitement.

Mais peu importe, pour le moment il tenait. Son plan était lentement en train de se mettre en place. Autour de lui s'étaient rassemblés de nombreux élèves, toutes maisons confondues. Plusieurs d'entre eux étaient même infiltrés dans la brigade, comme Draco, Zabini ou encore Ginny et Seamus.

Fred et Georges leur avait permis également de faire passer les informations aussi vite que si une immense affiche avait été accrochée dans la salle de banquet. Ces deux là, s'ils n'avaient pas le projet d'ouvrir une boutique de farce et attrape, auraient été les espions les plus redoutables du siècle.

Hermione et Ron avaient également participé, recueillant informations et permettant au survivant d'avoir constamment une excuse lorsqu'il s'absentait pour rejoindre la salle sur demande et aider Draco avec l'armoire.

Parce qu'en parallèle, aucun des deux n'avaient oublié leurs missions respectives. L'armoire pour le blond, les horcruxes pour le brun.

Sortant de ses pensées, Harry, assis dans un fauteuil de la salle commune des Gryffondors, observa la carte du Maraudeur. Il nota la présence de Draco dans un couloir au 2ème étage. Celle de son tuteur dans les cachots ou encore Dumbledore faisant les cents pas dans son bureau. Soupirant, il se leva. Il devait encore aller à la bibliothèque, rendre les derniers livres qu'il avait emprunté et rejoindre Hermione.

- Ron

- Quoi mon vieux ?

Le roux, installé pas loin, jouait une partie d'échec avec Neville. Il le vit à peine relever les yeux sur lui.

- Je vais à la bibliothèque rejoindre Hermione. Tu viens ?

Le retour dans sa maison l'avait petit à petit rapproché de ses anciens amis. Sans que pour autant il ne se confie ou ne retrouve leur complicité, il tolérait la coopération. Mais c'était différent. Différent des Serpentards ou de Draco.

Son tuteur lui manquait également. Il ne le dirait jamais à haute voix mais Snape et sa présence avait été un pilier et laissait un vide immense. Plus personne ne l'aidait pour ses devoirs, ni ne s'inquiétait de savoir s'il mangeait ou dormait correctement. Il n'y avait plus de moment réconfortant à se dire que l'adulte était dans la pièce d'à côté. Plus de remarques sarcastiques.

Il frémit en se rappelant que ces derniers mois les réunions de Mangemorts s'étaient multipliées. Il n'avait aucune idée de l'état de son tuteur à son retour et il ne préférait pas y penser. Enfermer toutes ses émotions au fond de lui, il supportait stoïquement la situation pour l'instant. Mais il savait que c'était probablement une erreur. Plusieurs fois le blond le lui avait fait remarquer de manière plus ou moins subtile. Mais il s'en fichait. Il était hors de question qu'il pète un câble et que cela entraîne des conséquences comme la divulgation de son passé. Ça, il le savait, il ne le supporterait pas.

- Oh mon pote ! T'as fini de bailler aux trolls ?

Ron se tenait devant lui, agitant une main sous ses yeux.

- Faut vraiment que t'arrêtes de rêver debout tout le temps.

Harry haussa les épaules. Il le savait. Plus le temps avançait, plus il était lunatique. Il sentait la tension prendre ses quartiers au fond de son corps, les émotions y tournoyant dangereusement alors qu'il se renfermait semaine après semaine. Alors que Ron tentait de le faire parler, maladroitement, ils prirent le chemin de la bibliothèque quand la voix insupportable d'Ombrage résonna derrière eux.

- Monsieur Potter ! Que faites-vous ici ?

Prenant une lente inspiration, Harry se tourna et, faisant bien attention de fixer ses pieds, répondit.

- Nous allons rendre des livres à la bibliothèque Madame.

- Regardez-moi quand vous parlez Monsieur Potter.

- Pardon Madame.

Il leva les yeux pour tomber droit sur le visage hautain de la femme. Ron à côté de lui avait les poings serrés et semblait sur le point d'exploser.

- J'ai ouïe dire, Monsieur Potter, que vous êtes l'attrapeur de l'équipe de Gryffondor.

- Oui Madame…?

Il se tendit lentement alors qu'elle lui offrait un sourire perfide.

- Et bien plus maintenant. Il me semble trop dangereux de vous laisser voler sans protection. Vous êtes exclu de l'équipe pour question de sécurité.

Le cri outragé de Ron résonnant dans une espèce de brouillard assommant. Figé, il la fixa plusieurs minutes sans savoir quoi répondre. Impossible. Le vol était un des seuls moments où il pouvait entièrement se défouler. Il en avait besoin.

- Vous n'avez pas le droit !

La colère monta d'un coup et enflamma ses yeux alors que la rage déformait son visage, sa voix montant sans qu'il ne puisse se contrôler. Elle le fixait, un sourcil haussé, son petit sourcil éternellement vicieux collé à ses lèvres roses.

- Je vous demande pardon ?

- Je me fous complètement de votre sécurité ! Je ne quitte pas l'équipe !

- Monsieur Potter ! Cessez immédiatement de me hurler dessus! ….

Le brun s'était brusquement calmé alors que la pression de sa magie saturait l'air de manière étouffante. Il plongea ses yeux verts dans ceux de la représentante du Ministère.

- Allez vous faire foutre.

Le silence qui s'était installé dans le couloir, figeant les élèves venait encore de s'alourdir alors que la femme écarquillait les yeux avec tellement de force qu'ils auraient pu sortir de leurs orbites.

- Q...quoi...qu'est ce que….vous..

Choquée, elle balbutia en reculant alors que le survivant lui faisait face, exultant de rage un léger vent faisant voler quelques mèches de ses cheveux noirs, laissait voir la cicatrice sur son front.

- Je vous ai demandé d'aller vous faire foutre… Je quitterai pas l'équipe… Et je vous emmerde.

Sa voix, dégoulinait. Doucereuse, chargée de tout le mépris qu'il ressentait, glaçait le sang. Puis des sifflement sortirent de ses lèvres. Sans qu'il ne soit conscient du phénomène, le fourchelangue avait pris le dessus, réveillé par la colère incandescente du jeune sorcier.

Ron de son côté, ne savait pas quoi faire pour calmer Harry. Il ne l'avait jamais vu aussi furieux, du moins, pas comme cela. Il lui faisait presque peur. Il ne ressemblait pas du tout à Harry qui explosait et hurlait sa rage. Non… Il était glacial. Planté face à Ombrage, il semblait sur le point de lui enfoncer sa baguette dans le cœur sans la moindre once de remord. Il vit la sorcière devenir rouge de colère et son regarde se charger de venin. La situation allait dégénérer.

- Monsieur Potter… vous me menacez… ?

Harry fit un pas en avant, souriant, les mains enfoncées dans les poches. Il ouvrit la bouche, sur le point de répondre quand brusquement, la voix de McGonagall résonna dans le couloir.

- Que se passe-t'il ici encore ?

Immédiatement, le survivant laissa retomber la pression. Il se tourna vers sa directrice de maison et prit un air neutre.

- Minerva. Ma chère. Cet élève est complètement incontrôlable ! Dangereux ! Complètement fou ! Il a cherché à m'attaquer et à me menacer ! Tout le monde ici en est témoin !

La femme se tourna en fronçant les sourcils vers Harry et regarda ensuite les élèves dans le couloir.

- Quelqu'un peut-il me donner sa version…?

Harry fixa Ombrage l'air triomphant.

- On a rien vu Professeur….

- Ouais on vient d'arriver….

- Harry était là ? Depuis quand ?

- Oh Bonjour Madame Ombrage. Comment allez-vous ?

La sorcière écarquilla à nouveau les yeux avant de se mettre en colère.

- Bande de petits menteurs arrogants ! Vous avez tous vu ce qu'il vient de se passer ! Cessez de mentir !

Elle se tourna brusquement vers Harry et s'approcha tel un oiseau de proie, fondant sur lui et s'arrêtant à quelques centimètres.

- Avouez !

Harry haussa les épaules.

- Je ne sais pas de quoi vous parlez…

- Oh vraiment ! Je suis venue vous annoncer que vous étiez exclu de l'équipe de Quidditch, l'avez-vous également oublié ?

- Quoi ?

La directrice de Gryffondor venait de sursauter. Apparemment, la décision n'avait pas été, au préalable, discutée avec elle.

- Vous allez faire quoi ?

Harry, les yeux ronds, fixait Ombrage, l'air tout ce qu'il y a de plus innocent.

- M'exclure ? Mais pourquoi ?

Ombrage s'étouffa presque de rage devant ce petit cinéma. De nombreux élèves ricanant et se moquant d'elle discrètement. La mâchoire crispée, elle se redressa alors que McGonagall s'agaçait de ne pas avoir été consultée.

- Minerva. Encore une fois, je fais figure de Haute Autorité ici. Mes décisions n'ont pas à être discutées avec les subalternes. Sur ce, veuillez m'excuser. J'ai du travail.

La sorcière se tourna brusquement pour quitter le couloir, lançant un regard si chargé de haine au Survivant, que Ron, impressionné, recula.

- Merde… Elle va te le faire payer…

- On verra…

- Harry mon pote… faut que tu te calmes…

- Monsieur Potter.

La voix froide de la professeure attira l'attention des deux jeunes.

- Ne pensez pas vous en sortir si facilement à chaque fois… Et pour cette histoire d'exclusion, laissez-moi aller en discuter avec le Directeur… Je vous ferai part de notre réflexion…

Le survivant la regarda une seconde avant de hocher la tête et de finalement reprendre son chemin vers la bibliothèque. Parfait. C'était parfait. Sans même le vouloir, il avait réussi à l'humilier publiquement. Et ce n'était qu'un avant-goût de ce qu'il allait lui faire subir. Elle n'était pas prête.