Guest : Nous sommes heureuses de savoir que nous avons su te tenir en haleine tout au long de cette fic, tu ne peux pas imaginer à quel point ça nous fait plaisir, nous y avons travaillé longuement pour que tout soit presque parfait (nous ne sommes pas à l' abris d'une faute oubliée...) Ton message est vraiment une récompense pour nous !
Et nous voici au dernier chapitre de cette histoire
Bonne lecture !
Epilogue
Il était tard quand la famille Ariès et leurs amis regagnèrent leur maison où était resté Kilian gardé par Shiryu, Shion préférant attendre le lendemain pour l'emmener voir Hyoga et Camus, après que l'agitation soit un peu retombée.
Seul Kanon et Mu étaient restés à l'hôpital, le grec ayant promis à Shion de l'appeler pour Mu en cas de besoin. Et comme il avait promis à son amour, son cousin avait pu le rejoindre dans la même chambre. Comment il avait fait ça ? Hyoga s'en foutait, mais voir le sourire même un peu pale encore de Camus fut sans doute le plus beau de tous les cadeaux du monde. En le laissant avec ce fou, il avait vraiment eu peur de ne jamais le revoir.
Mu et Kanon étaient postés à côté du distributeur de café. Chacun un gobelet à la main. Bien que le liquide soit des plus infects, il avait le mérite de les tenir éveillés.
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Dans un hôtel de la capitale, deux hommes entraient pour réserver une chambre.
- Messieurs, je suis désolé mais il ne me reste plus qu'une seule chambre lit double.
- Mais... commença l'un.
- C'est bon on la prend ! coupa le deuxième.
Ils s'engouffrèrent ensuite dans l'ascenseur, traversèrent le couloir pour enfin se retrouver dans la chambre.
- Pourquoi tu as accepté ?
- Saga, je suis vidé, je n'avais pas envie de discuter et encore moins envie de partir à la recherche d'un autre hôtel. T'inquiète, je dormirai par terre.
- Ne dis pas de bêtises le lit est bien assez grand pour nous deux... Nous sommes des adultes responsables non ?
- Oui nous le sommes. T'as faim ?
L'estomac de Saga se fit entendre.
- Je prends ça pour un oui ! Viens allons-y.
- Tu connais un restau dans le coin ? voulut savoir Saga.
- Non, mais j'ai vu plein d'enseignes.
Saga se contenta de rire. Ils quittèrent la pièce et se retrouvèrent dans un restaurant chinois, un des derniers encore ouvert à cette heure tardive.
Tout en passant commande, Saga, lui, se demandait comment il allait faire pour passer une nuit dans le même lit que Shaka.
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Camus s'éveilla avant le petit matin. Ses yeux se posèrent sur Mu qui avait fini par s'endormir la tête appuyée contre la sienne et tenant sa main. Il sourit mais ne tenta pas de bouger pour l'instant même s'il mourrait d'envie de l'embrasser. Mais son petit ami avait dû le veiller une bonne partie de la nuit alors autant le laisser dormir un peu.
Son regard fit alors le tour de la chambre, Hyoga dormait encore mais un sourire illuminait son visage et Camus vit que Kanon veillait toujours sur lui. Le grec lui fit un petit signe en souriant et mima le geste de boire. Camus fit oui de la tête, il avait la gorge sèche, surement un des effets des médicaments.
Quand il se fut désaltéré un peu, il remarqua que Mu avait une couverture sur les épaules qui avait un peu glissée et la tira un peu pour le couvrir un peu mieux. D'un regard, il remercia Kanon qui avait repris sa place auprès de Hyoga. Ses yeux papillonnèrent un peu et il se rendormit sans même s'en apercevoir.
Kanon sourit et reprit sa veille. Le jour allait bientôt se lever et l'hôpital s'éveiller.
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Shaka s'étira comme un chat au réveil et remarqua de suite que la place à côté de lui était vide. La douche lui apprit que son compagnon d'une nuit était déjà sous la douche. Il avait dormi comme un bébé et supposait que Saga aussi.
Mais la tête de ce dernier quand il émergea de la salle de bain une serviette sur la taille et sa longue chevelure encore humide semblait crier le contraire. Des cernes soulignaient ses yeux comme s'il venait de passer une nuit blanche.
- Oh, salut ! J'espère que je ne t'ai pas réveillé avec la douche, dit-il.
- Non, rassure-toi. J'ai super bien dormi mais ça n'a pas l'air d'être ton cas…
- Disons que j'ai eu un peu de mal à trouve le repos cette nuit… surement une conséquence des événements d'hier, éluda Saga.
- Essaie de te reposer un peu le temps que je me prépare si tu veux, il est encore tôt. Je te laisse le lit pour toi tout seul.
Sur quoi l'indien investi la salle de bain, laissant le grec seul dans la chambre. Ce dernier s'installa sur le lit et essaya de se détendre un peu. Il n'avait pas dormi de la nuit, impossible avec Shaka à ses côtés. Surtout que l'indien s'était à un moment, instinctivement sans doute, blottit contre lui. Mais Saga préféra taire ce moment qui avait été pour lui presque une torture mais en même temps, un grand bonheur.
C'est en pensant à ce moment qu'il soupira de bien-être et sombra dans le sommeil sans même s'en rendre compte.
Un peu plus tard, Shaka ne put s'empêcher de sourire en le trouvant ainsi, à fois si vulnérable et si attirant…
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Pour la famille Ariès aussi le réveil fut un peu laborieux. Mais ils étaient tous tellement soulagé que Hyoga et Camus aillent bien tous le deux. Enfin aussi bien qu'on pouvait aller après cette aventure.
- Dis papa, on va être tranquille maintenant ? demanda Kilian en déjeunant.
- Oui mon bébé… ça n'a pas dû être facile non plus pour toi ces derniers jours. J'en suis désolé.
- On va pouvoir aller se reposer en Sibérie alors, comme tonton Mu le voulait ?
- Dès qu'ils iront mieux et si on peut s'absenter quelques temps oui, on va tous y aller !
- Super !
- Mais pour l'instant, on va se préparer pour aller tout à l'heure à l'hôpital voire Camus et Hyoga. Ça te va comme programme ?
- Oui !
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- On est arrivé ! s'écria Kilian en sortant de la voiture.
Les vacances de pâques étaient vite arrivées et tout le monde était d'accord de repartir en Sibérie pour se remettre de toutes les émotions, même s'ils avaient voulu partir plus tôt, cela aurait été impossible. Les enquêteurs étaient venus poser des questions, ils avaient dû remplir une déposition, puis encore des questions et encore une montagne de paperasserie. Et quand tout avait été enfin bouclé, les vacances de pâques étaient là.
Ni d'une ni de deux, la famille avait mis les voiles pour un repos bien mérité.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Dohko à Kanon.
La famille avait tenu à ce qu'ils les accompagnent ainsi que Hyoga.
- Mon crétin de frère ! dit-il en répondant rageusement via SMS à ce dernier.
- Qu'est-ce qu'il a fait ?
- Rien ! Il n'a rien fait ! Et c'est bien là le souci !
- Tu peux développer ? demanda prudemment Dohko pas très sûr de comprendre, pourquoi Kanon était si fâché avec son aîné si ce dernier n'avait rien fait.
- Le boulet, j'te jure ! Il en pince depuis un moment pour Shaka.
Ça ce n'était pas un scoop, tout le monde l'avait remarqué cela sauf peut-être le photographe.
- Et ?
- Et ? Bah, y a quelqu'un qui l'a invité à une sortie et il a accepté ! Mon frère n'a rien fait pour se rapprocher de lui, pas même lorsqu'ils se sont retrouvés dans le même lit à l'hôtel !
- Quel boulet ! Attends… Quoi lui et Shaka dans le même lit ?
- Ouais, je te raconterai plus tard ! Quoi qu'il en soit, ce soir Shaka a un rendez-vous galant et mon frère lui ne fait rien !
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- Tu m'a l'air en paix... remarqua Mu
- Comment peux-tu savoir ça ? questionna Camus.
- Je suis musicien, et j'ai appris à écouter les silences.
Camus se contenta de sourire. Mu savait surtout écouter ses silences
- Tu me joues un morceau ?
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Le lendemain matin, Dohko s'éveilla dans une maison silencieuse. A ses côtés dormait encore Shiryu avec qui il avait fait l'amour cette nuit. Pour la première fois. Et cela avait été formidable. Il ne l'avait pas prévu, ni Shiryu non plus d'ailleurs. Lorcan les avait mis dans la même chambre naturellement et un baiser en entrainant un autre.
A bien y réfléchir, c'est vrai qu'avec tous les événements successifs de Paris, ils avaient tous deux, sans même se consulter, mis quelque peu leur relation entre parenthèses, le temps que tout se règle pour leurs amis. D'instinct, Shiryu s'était occupé de son petit frère de cœur pendant que son père prenait en charge lui, Mu et Lorcan comme il l'avait toujours fait. Dohko avait de son côté décidé de maintenir l'unité au milieu de tout ça et de faire au besoin la liaison, aidé de Kanon avec les services de polices quand il le fallait. Alors oui, ils avaient échangé quelques baisers, de ci de là, mais guère plus car Shiryu dormait avec Kilian histoire de le rassurer un peu et de lui apporter une certaine stabilité au milieu de ce qui avait été un véritable cauchemar pour toute la famille et leurs amis proches.
Dohko quitta la chambre non sans avoir déposé un doux baiser sur les lèvres de son amant et gagna la cuisine qui était déjà occupée par son vieil ami.
- Toujours aussi matinal à ce que je vois ? s'amusa Shion en lui servant une tasse de café. Mais dis-moi c'est quoi ce sourire béat ?
- Oh ça va ! Tu n'vas pas commencer non ?
- Et me priver de te chambrer ? Alors ça n'y compte pas ! Pas maintenant que je peux enfin respirer et voir toute ma petite famille enfin heureuse !
- Toute ? Il me semble qu'un certain Saga n'est pas encore trouvé le bonheur…
- Ce qui ne saurait tarder !
- Comment peux-tu en être aussi certain ?
- Je le devine c'est tout ! Shaka est loin d'être idiot et s'il fait semblant de rien comprendre c'est parce qu'il attend juste que son idiot de patron se décide à se déclarer. Crois-moi sur parole, je suis certain de ce que j'avance !
- Et comment tu devines tout ça ? Tu lis dans l'avenir maintenant ?
- Non juste un bon sens de l'observation. N'ai-je pas bien fait de conseiller à Lorcan de vous mettre dans la même chambre toi et Shiryu ?
- Tu veux dire que c'est toi ?
- Je sais parfaitement que vous avez mis de côté votre relation pour nous aider tous les deux. Et grâce à Shiryu, Kilian a pu être protégé bien mieux que par moi en cette période. Alors oui, je n'ai rien dit mais j'ai distribué les chambres en arrivant. Hyoga et Kanon doivent aussi se réveiller heureux ce matin…
- Manipulateur va ! se moqua Dohko. Mais pour une fois, je t'en remercie !
Ils se sourirent. Parce que Shion savait parfaitement que Dohko avait déjà tout deviné avant de mettre les pieds dans la cuisine mais qu'il n'en dirait rien. Parce que son ami était ainsi, c'est tout.
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Peu à peu la grande cuisine accueillait les nouveaux arrivants, au rythme de chacun, parce que Shion et Dohko avaient décidé que cette journée serait la plus calme possible et qu'on la passerait à profiter les uns des autres.
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Loin de là, en Grèce
Saga s'arrachait les cheveux. Il ne savait plus comment faire pour que son photographe ne remarque pas son trouble.
Ce dernier l'avait salué avec un tel sourire ce matin, comme s'il avait passé la meilleure nuit du monde. Et son patron était déjà en train d'imaginer ce qu'il avait bien pu faire pour avoir un sourire aussi radieux. Et bien entendu cela le mettait en rage…
Shaka de son côté se demandait combien de temps il allait le torturer encore. Cela l'avait amusé de voir l'intérêt que lui portait un homme tel que son patron. Et comme il était persuadé que Saga ne s'intéressait à lui que pour le mettre dans son lit, comme beaucoup d'homme avant lui, il avait décidé de s'amuser un peu avec lui.
Mais voilà, après la nuit commune à Paris, il commençait à douter de son premier jugement. Seulement comment en avoir le cœur net ? Il avait beau tenté de le rendre jaloux en s'inventant des rencards hypothétiques quasiment chaque soir, cela n'avait pas l'air de faire avancer les choses et encore moins de le pousser à faire un pas vers lui. Peut-être fallait-il qu'il prenne les devants et le mette devant le fait accompli ?
Fort de cette idée, le photographe attendit l'heure du déjeuner et se fit livrer deux repas chinois au bureau, à l'heure où ces derniers étaient quasiment déserts. Seul Saga, qui travaillait comme un forcené, oubliait tous les jours ou presque de déjeuner.
Armé des boites de nouille sautées et de nems, il se dirigea vers le bureau de son supérieur, y entra après avoir frappé un léger coup à la porte et referma cette dernière derrière lui.
- Shaka ? Qu'est-ce que tu veux ?
- Manger. Avec toi. Maintenant et c'est non négociable. Il est temps qu'on parle tous les deux !
- Parler ? Mais de quoi ?
- De nous. Tu veux tes nems ou tes pates sautées en premier ?
- Parce qu'il y a un "nous » ? fit Saga en attrapant un nem.
- Seulement si tu le veux...
-Et ton rancard d'hier ?
- C'est sûr que ça va être dur pour toi de rivaliser avec mon pyjama, mon fauteuil et "le seigneur des anneaux".
- Le... T'as passé la soirée avec un film ?
- Oui ! Et la version longue en plus !
- Qui t'a accompagné ? voulut savoir Saga.
- Un énorme paquet de chips, goût pickles pour être précis.
- Tu étais seul ?
- Non, je te l'ai dit, j'étais avec mon paquet de chips ! Serais-tu sourd, en plus d'être aveugle ?
Saga n'en revenait pas, l'homme le plus convoité du commissariat préférait passer une soirée seul plutôt qu'avec quelqu'un.
- Pourquoi moi, alors qu'il y a tant d'autres, murmura le grec avant de se mettre une portion de nouilles dans sa bouche.
- A cause de Paris, là où tant d'autres en auraient profité, toi, tu n'as rien fait, ni même tenté alors que tu en crevais d'envie.
- Qui te dit que j'en crevais d'envie ?
- J'hésite entre la façon dont tu t'es jeté sur moi après l'explosion ou la façon dont ton frère t'a traité de "boulet".
Le rouge monta aux joues du grec, il était grillé depuis un bon moment. Mais il revint à la réalité quand il senti les lèvres de Shaka sur les siennes.
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Sibérie
La famille était à table, se disputant le dernier morceau de gâteau au chocolat qui trônait au milieu à coup d'arguments les plus abracadabrants qu'il puisse exister, faisant rire toute la tablée.
De son côté Mu se frotta un peu les yeux, chassant le sable de ses yeux, il n'était pas si tard que ça, à peine 20h, et il ne se sentait pas fatigué, alors pourquoi ses yeux le démangeaient autant ? Il cligna quelques fois des yeux, se frotta de nouveau les paupières, ce manège dura un peu, à tel point qu'il en eut marre. Il quitta la table et se rendit à la salle de bain ou il se rinça plusieurs fois le visage avec de l'eau tiède. Quand la sensation le quitta, il attrapa une serviette et se tamponna le visage avant de se redresser pour rencontrer son propre reflet dans le miroir. Surpris, il fit un bond en arrière, avant de se rapprocher de la surface réfléchissante, il se toucha le visage et vit, qu'il se passait la même chose en face de lui. Il sorti en hâte de la pièce et se rendit dans la salle à manger. Il ne savait pas combien de temps la vue lui resterai alors il préférait voir sa famille autant de temps que possible.
- Tout va bien ? lui demanda Camus.
- Oui, tout va bien, répondit le musicien avec un sourire. Et toi ?
L'étudiant lui déposa un tendre baiser sur la joue.
- Tout va bien !
- Oncle Mu, tu es disqualifié ! Tu as quitté le jeu !
- Vrai ! approuva le reste de la tablée profitant de l'aubaine.
- Pas de vainqueurs ? s'étonna Mu.
- Toujours pas ! soupira Shion, qui avait vraiment envie de cette part de pâtisserie.
Mu l'attrapa, plongea sa fourchette dedans et la porta à sa bouche sous l'indignation des autres. Puis il passa le morceau à Camus, qui prit une bouchée et fit tourner l'assiette.
Mais Shion ne prit pas l'assiette quand elle arriva jusqu'à lui. Ses yeux étaient fixés sur son frère qui regardait Camus en dégustant son gâteau. Mais ce n'était pas tout, ses yeux, oui ses yeux se posaient tour à tour sur chaque personne autour de la table et revenait toujours à Camus. Comme s'il ne pouvait se lasser de le regarder.
Le regarder ? Mais alors il voit ?
Inquiet de son silence et qu'il ne prenne pas l'assiette tendue, Dohko observa son ami et suivit son regard. A son tour, il remarqua et dit :
- Mu, tes yeux… tu vois ?
A ces mots tous les yeux se tournèrent vers le jeune musicien qui rougit légèrement mais sourit et fit oui de la tête.
- Depuis quand ? s'étonna Camus en lui prenant les mains. Et pourquoi tu n'as rien dit ?
- J'ai pensé que ça n'allait pas durer et du coup, je voulais emmagasiner pleins d'images avant de me retrouver dans le noir de nouveau.
- Mais cette fois, ça ne passe pas n'est-ce pas ? demanda Shion. Je te regarde depuis tout à l'heure, ta vue semble être vraiment revenue.
- Peut-être est-ce seulement provisoire, hasarda Mu n'osant pas encore y croire.
- Alors viens, murmura Camus en se levant, viens voir le pays où j'ai grandi.
Et ils sortirent pour voir ce pays où Mu avait retrouvé l'espoir en rencontrant Camus.
Les jours suivants furent des jours de bonheur pour tous. Des jours où chacun prit le temps de se découvrir, de s'aimer et pour Mu de redécouvrir les images qui avaient si brutalement disparues de sa vie quelques années plus tôt. Et bien entendu de découvrir à nouveau son compagnon.
Fin
