Chapitre 12

Lundi, Anthony reprit le travail et constata que Bradley avait changé de ton face à lui vu qu'un juge avait ouvert une enquête pour tentative d'assassinat après que les analyses demandées aient prouvé qu'il y avait de l'arsenic en doses importantes dans le sang de leur client et celui d'Anthony et qu'on en avait retrouvé le jour de la visite surprise dans le dessert du repas de midi du prisonnier. Heureusement, celui-ci avait évité le pire mais il était maintenant dans un hôpital pour soigner son foie déjà bien intoxiqué. Bradley se montra poli et respectueux toute la journée en ne lui donnant rien à faire d'autre que de travailler à son dossier. Il l'invita même à déjeuner avec lui à midi dans un restaurant chic et le soir avant qu'Anthony parte, lui présenta des excuses un peu déguisées mais qu'Anthony prit tout de même pour une avancée. Il comprit que Bradley savait qu'il pouvait être soupçonné et fit comme si lui le croyait pour trouver le vrai et suivre l'idée de Terry. Bradley finit par lui dire clairement qu'il n'était pour rien dans cette affaire malheureuse mais qu'il voulait que personne n'apprenne qu'il n'avait pas été assez professionnel en acceptant qu'Anthony suive ce dossier sans qu'il l'ait informé de toutes les pièces et en ayant gardé pour lui une lettre de menaces qu'il crut du bluff. Anthony pâlit en voyant la missive faite de lettres découpées dans des journaux disant de se débrouiller pour envoyer Torino, nom du client, à la corde ou on s'occupera de lui. Puis il entendit Bradley lui dire qu'il l'avait reçue deux mois plus tôt mais qu'à ce moment il ne pensait pas imaginable d'assassiner Torino puis vu le revirement et les aveux pour plaider coupable, pas imaginable qu'il échappe à la peine capitale surtout avec un tel avocat. Puis, Bradley avoua penaud que si Torino disparaissait avant le procès il éviterait de voir son associé prendre la grosse tête et lui voler ensuite sa clientèle et il s'était tu. Anthony prit sur lui et lui demanda pourquoi il lui disait ça maintenant plutôt que de le garder secret encore puisque personne ne le soupçonnait d'être l'instigateur de la tentative de meurtre. Bradley baissa la tête et lui dit qu'un détective était venu le voir vendredi pour lui dire qu'il savait de source sûre qu'il cachait une preuve importante qu'on voulait faire disparaître Torino et qu'il lui conseillait maintenant de jouer franc jeu avec son associé et la justice où ça se retournerait contre lui. Anthony fut encore choqué que le détective continue à se mêler de ses affaires et donc que Terry ait en partie encore raison et avait voulu le prouver. Mais il était face à celui qui lui semblait le plus au cœur de sa colère et son dégoût et resta stoïque afin de réagir le plus intelligemment. Il demanda à Bradley ce qui pouvait maintenant l'empêcher d'aller voir le juge et lui dire tout ça. Bradley lui dit : rien sauf que ruiner sa carrière ne ferait pas de lui un avocat n'ayant réussi que par courage et talent vu que le succès lui serait assuré parce qu'il deviendra une victime. Anthony pensa que c'était juste mais faire le nettoyage dans la profession pouvait être une satisfaction personnelle aussi. Bradley lui dit alors qu'il avait compris la leçon et se tiendra maintenant dans la loi la plus absolue et que s'il faisait ça il ferait le malheur et la honte de son épouse et leur quatre enfants. A la place, il lui promit de ne plus rien lui cacher, de ne plus interférer dans ce procès ni dans sa vie privée. Il voulait juste que son nom ne soit pas cité dans le dossier, qu'Anthony seul en touche les bénéfices moraux et financiers en cas de victoire et partagés avec lui dans le cas contraire. Anthony lui dit calmement qu'il allait y réfléchir et qu'il pouvait dormir tranquille déjà cette nuit. Il sortit tout de même avec encore cet agacement pour l'interférence du détective et si Terry y était aussi encore pour quelque chose. Il préféra ne pas rentrer tout de suite afin d'éviter encore un affrontement qu'il savait bien perdu d'avance pour lui vu qu'il lui pardonnait d'avance tout mais qu'il n'évitera pas vu sa susceptibilité exacerbée. Alors il alla boire un verre dans un bar pour réfléchir autrement et digérer tout ça. Puis il se souvint du nom du détective, le chercha dans un annuaire et l'appela. Il ne répondit pas, il ne devait pas souvent être à son bureau. Malgré tout, Anthony décida d'y passer avant de décider de rentrer à la maison ou dormir à l'appartement pour encore gagner du temps.

A la maison, Candy était heureuse entre sa fille et Terry qui avait joué ce matin avec elles au ballon dans le jardin. Puis à midi, elle l'avait regardé faire un pudding pour le goûter avec Julia puis déjeuné le succulent poulet au citron de Martha avec Peter dans la cuisine, à la bonne franquette. Pendant la sieste de Julia elle pensa le laisser tranquille vu qu'il aimait écrire dans son bureau souvent avec un bon café après déjeuner mais il l'invita à le partager dans son salon privé et la surprit encore quand il mit un disque sur le majestueux gramophone et qu'elle reconnut la valse du festival de mai.

- Wow! Je ne le crois pas! Où as-tu trouvé ce disque?

- Dans une boutique de disques, tout simplement. Mais j'avoue que je ne l'ai pas acheté hier mais il y a sept ans. Un souvenir en plus. Mais oublions le côté mélo et retenons celui qui fera réaliser ton souhait et nous faire un peu digérer.

Puis en venant se pencher vers elle comme il y a presque dix ans:

- Princesse Juliette, m'accorderez-vous cette danse?

- Oui Roméo.

Elle se leva et cette fois ne perdit pas une miette de son bonheur pour de la timidité ou autre orgueil tant elle en avait rêvé. Et il était si beau, si grand, si sublime qu'elle semblait voler sur un nuage et être ivre de plaisir. Ils tournoyèrent dans la pièce jusqu'à ce que la musique s'arrête, même quelques secondes de plus, puis Candy ralentit et resta dans ses bras encore en riant et pleurant.

- Terry, merci, encore un merveilleux souvenir à ne plus regretter. Tu danses de mieux en mieux, tu fais tout mieux. Car en vérité, Anthony dansait mieux que toi en Angleterre quand j'ai dansé cette même valse avec lui au bal à Lakewood. Il était si souple, léger, gracieux qu'on croyait le voir voler et moi je volais de fierté d'être sa partenaire. Mais aujourd'hui, tu m'as presque redonné ce sentiment de légèreté que je n'ai pas senti au collège.

- Je ne savais pas du tout danser, je le sais. J'ai appris plus tard sans plaisir mais c'était pour celui de Susanna qui le voulait. Mais vu que maintenant ça m'est utile, enfin un point positif à ce passé.

- Il parait aussi que tu es un excellent joueur de poker, et ce de source sûre.

- Il m'a battu tout de même, il est plus fort. Moi je le bats aux échecs et au billard nous sommes égaux. Et toi Candy? Billard, poker, échecs?

- Oh! Non! Moi c'est tout dans les bras rien dans la tête en dehors de mon métier. Tête de linotte, nulle en cuisine, passable en tâches ménagères, pas très littéraire et à peine acceptable en culture générale. Mais en lancer du lasso et trapèze, je crois être excellente. Si je n'étais pas infirmière, j'aurais choisi le cirque, j'adore le cirque!

- Moi aussi, surtout les clowns.

- Oui, c'est génial les clowns. Moi je serais l'auguste et toi le clown blanc, le clown triste. Anthony serait le clown... à l'humour un peu anglais, pince sans rire.

- C'est vrai, il est bon public mais pas trop plaisantin dans la vie. Mais il est doué pour le ressenti et l'éloquence, ferait un acteur crédible et fascinant. Il aurait été incroyable dans le rôle de Dorian Gray d'Oscar Wilde vu son physique.

- J'avoue mon inculture mais Dorian qui?

- Dorian Gray est un roman d'Oscar Wilde, écrivain Irlandais bien connu aussi pour avoir fait de la prison pour... soi disant crime de mœurs et vie dissolue et... en fait il était homosexuel tout simplement. Bref, Dorian Gray est un jeune homme blond aux yeux d'azur d'une beauté angélique et envoûtante. Il fascine femmes et hommes et on lui rabâche tant sa beauté qu'il y croit et tombe amoureux de sa propre image. Un ami le peint et lui offre son portrait. Dorian tombe ensuite amoureux d'une actrice qui en fait autant. Mais quand elle croit lui prouver son amour en jouant moins bien les amoureuses sur scène que dans sa vie pour lui, il la rejette car il n'aimait en fait que son rôle. Elle est si malheureuse qu'elle se tue pour lui mais il ne ressent aucune peine pour elle. Quand il retourne admirer son portrait, un pli cynique dévisage le sourire de son reflet et il comprend que c'est celui de son âme qui le rend laid qu'il voit en face de lui. Le portrait vieillit et devient de plus en plus laid, comme l'âme de Dorian qui reste jeune et beau. Il va jusqu'à tuer son ami le peintre qui a vu son secret, jusqu'à ce qu'il ne le supporte plus, déchire le tableau et s'écroule par terre. Et sur son visage de mort, on voit la laideur, puis il rattrape son âge réel alors que le portrait redevient jeune et beau.

- C'est à la fois magnifique et effroyable, je le lirais bien !

- Rien de plus facile, il est dans la bibliothèque.

- Anthony a une belle âme, aussi belle que son visage.

- Je sais bien, mais Dorian Gray ne pourrait trouver plus crédible interprète physiquement je crois.

- Alors demande lui de le devenir sur scène pour toi.

- Ce livre n'est pas du théâtre bien que ce serait possible en adaptant le roman. Mais je ne lui demanderai pas, il a assez avec son métier et un acteur suffit dans la famille. En ce moment je réfléchis encore de savoir si je fais une tournée et quand, c'est difficile maintenant.

- A cause du baptême? Je peux l'avancer alors.

- Non, décembre sera parfait, je ne partirai de toute façon pas avant janvier, pas question de passer les fêtes sans vous. Mais si je pars c'est pour au moins six mois sinon ce n'est pas rentable. Ici, je peux encore la jouer cinq ou six fois, ensuite ce ne serait plus certain de remplir la salle et je ne veux pas de ça, ni faire perdre de l'argent à mon producteur même si je ne suis pas motivé par ça. J'ai des acteurs, des techniciens sous ma responsabilité avec Cyrano, c'est un peu comme une entreprise, je ne fais pas que ce que je voudrais. Mais j'ai aimé ça et je le referai quand j'aurai trouvé une pièce qui me plaira plus qu'une autre à mettre en scène et bien sûr jouer aussi, mais ce ne sera pas Dorian Gray.

- Quoi que tu choisiras, ce sera pour moi un bonheur à ne pas rater, j'en ai trop raté déjà. Terry, je peux te demander encore une faveur en souvenir afin d'être plus construite pour l'avenir? Mais rassure-toi, ce n'est pas de... m'embrasser.

- Dommage alors! Dit-il d'un sourire si ensorcelant qu'elle faillit le prendre au mot dans sa demie boutade.

- Oui mais c'est encore quelque chose d'unique ce que j'aimerai. C'est de ne jouer que pour moi ce que je n'ai jamais pu entendre et voir à cause de... du destin.

- Tu veux que je joue Roméo dans ses scènes d'amour, c'est ça?

- Oui, enfin, pas que Roméo, Hamlet aussi si possible.

- Tu penses que je me souviens encore des textes?

- J'en suis certaine, tu n'oublies rien de ce qui est le plus important dans ta vie, l'amour.

Il sourit en la regardant avec émotion de la voir si sûre et donc maintenant si bien le connaître et la trouva encore plus belle. Alors il ferma les yeux, se leva et chercha dans sa mémoire le Roméo amoureux de sa Juliette de Londres pour lui offrir enfin. Il fut tout de même surpris ensuite de l'avoir ressuscité aussi bien, lui qui le croyait mort et enterré alors qu'il n'était qu'endormi et que seul Anthony l'avait permis. Mais il vit en redevenant lui-même que Candy avait aussi vu plus qu'une admiratrice normale et qu'elle ne put contenir son émotion par un déluge de larmes. Il tenta de la prendre à nouveau dans ses bras pour la consoler mais cette fois, elle se leva en reculant puis lui dit navrée:

- Non, Terry, je ne pourrai pas en supporter plus sans... dire et faire des idioties. Je te demande pardon mais je ne peux pas m'empêcher de regretter de t'avoir perdu à jamais tant je ne risque pas de le retrouver avec un autre, non, c'est impossible!

- Candy, je me déteste de te blesser toujours!

- Tu ne me blesses pas Terry, tu me rends trop heureuse et j'ai peur de trop en vouloir et te nuire alors que je ne suis heureuse que si tu l'es.

- Candy, je ne peux te donner que ce que je ressens et désire donc tu ne peux me nuire. Mais il faut que tu essaies de regarder autrement les autre hommes, il y en a plein d'intéressants, laisse leur une chance!

- Oui, je vais le faire Terry, sinon je serai obligée de partir et je te trahirai et ne pourrai plus du tout être heureuse.

- Candy, si tu savais ce que je déteste de te pousser vers un destin sans moi mais... je n'ai pas le choix non plus sans risquer pire. Candy, hier je n'aimais plus autant ton souvenir parce que ce que je vis depuis Anthony est bien plus heureux et vrai mais aujourd'hui, sans Anthony... j'aimerais ce que je vis avec toi de plus en plus et en voudrais davantage car sera comblé celui qui pourra t'aimer et être dans tes bras plus qu'un autre.

- Terry, j'aurais tant voulu que ce soit toi mais... je vais chercher ailleurs, ne culpabilise plus et surtout pas d'être si merveilleux. Anthony le vaut bien, pour lui oui mais une Susanna ne m'aurait plus arrêtée, j'ai tout de même bien compris la leçon. Si ce n'était pas Anthony, crois-moi, rien n'aurait pu me faire empêcher de me battre pour obtenir à nouveau ton cœur. Maintenant, je vais te laisser, j'ai besoin d'être seule pour savourer mes souvenirs et toi faire aussi ce que tu aimes. Merci Terry, je te promets d'être heureuse avec et sans toi, je serai ta meilleure amie toujours et ce défi là personne ne pourra me l'interdire et me le prendre, je t'aime.

Elle sortit dignement après un sourire, lui se sentit moins heureux qu'avant car l'amour que Candy avait pour lui était maintenant aussi combatif que celui d'Anthony et méritait la réciproque. Il pensa à Anthony, en fait elle lui ressemblait beaucoup et il n'était pas étonnant d'aimer ces deux êtres si faits pour lui. Ils étaient frère et sœur de cœur, avaient la même beauté mêlant blondeur, pureté du regard, sourire angélique et peau diaphane. De caractère ils semblaient tous deux fragiles alors qu'ils étaient volontaires et courageux. Le masculin et le féminin de l'amour idéal fait pour lui mais qu'il fallait malheureusement diviser en deux. Il retourna dans son bureau, sortit du premier tiroir le cadre photo d'Anthony de portrait, rangé pour ne pas choquer le personnel mais pas caché. Sous son visage adoré et ses yeux limpides il redevint heureux de ses choix et put revenir à son destin heureux.

OoO

Candy se souvint de David, retrouva son numéro dans son sac à main, l'appela et l'eut au bout du fil du premier coup. Il sembla ravi de son appel, lui proposa de se voir demain à déjeuner, elle accepta en espérant qu'il saura la séduire un tout petit peu. Elle revit Terry à dix-neuf heures après s'être baignée avec Julia. Il était à la cuisine avec Martha, décorait sa tarte aux abricots. Elle sourit, aimait le voir ici, ça cassait son image, il aimait ça et ne s'en cachait pas. Candy lui vola un abricot, il la gronda pour la forme, elle lui tira la langue pour montrer que Candy l'optimiste était revenue. Puis elle le vit sortir et fumer. Il attendait maintenant sa moitié avec impatience, elle respecta son besoin et remonta travailler avec sa fille sur sa diction. A vingt heures, elle descendit pour le dîner mais Martha lui dit que Terry dînerait plus tard vu qu'Anthony n'était pas encore rentré. Elle le revit trois quart d'heure après revenir de son bureau et attraper ses clefs de voiture.

- Qu'y a-t-il Terry?

- Rien, Anthony préfère dormir en ville, je vais juste mettre ma voiture au garage au cas où il pleut. Je reviens.

Elle espéra que ce n'était pas une nouvelle bouderie d'Anthony, Terry semblait plus sombre d'un coup. mais il revint souriant et proposa à Candy une partie de billard après que Julia se soit endormie.

Anthony avait trouvé le détective Rogers à son bureau et celui-ci en le voyant au courant de son intervention de vendredi chez son patron et son besoin d'en savoir plus, lui proposa d'aller dîner avec lui pour tout savoir. Anthony accepta et prévint Terry dès son arrivée au restaurant qu'il restait ici cette nuit et ne s'inquiète pas. Il n'avait pas précisé ce dîner ni rien de ce qu'il savait, ça avait été rapide et toujours neutre au téléphone. Terry avait juste répondu qu'il pouvait descendre s'il voulait mais n'insista pas devant son désir qu'il fasse passer une bonne soirée à Candy qui le méritait bien.

Terry rit beaucoup des premiers essais peu concluants de Candy au billard. Puis il lui montra les bons gestes et ce que lui savait faire. Elle rit aussi car il rata les deux premières boules mais ensuite se rattrapa avec quatre boules dans le trou en cinq coups. Elle fit mieux ensuite mais finit par lâcher sa queue et casser le cendrier posé sur la table basse. Elle allait ramasser avec ses mains les débris mais Terry l'en empêcha et l'engueula.

- Candy, ça ne va pas? Tu vas te couper si tu fais ça avec les mains! Mademoiselle l'infirmière ne sait donc pas que le verre ça coupe? Ne bouge pas, je vais chercher un balai et une pelle.

- Mais Terry, c'est à moi de faire ça!

- Pourquoi? Tu vas me trouver moins magnifique si je fais ça?

- Bien sûr que non mais c'est moi qui l'ai cassé!

- Et moi je suis celui qui sais où trouver le matériel alors je ne te conseille pas d'y toucher avant mon retour, c'est clair?

- Limpide Terry.

Elle rit pendant son absence mais redevint obéissante sitôt son retour et le laissa donc balayer les débris de verre en le trouvant aussi perfectionniste dans cette tâche, qu'à la cuisine ou au théâtre. Une fois certain qu'il n'y avait plus un seul morceau de verre sur le parquet, il repartit ranger tout ça et revint avec un nouveau sourire sur les lèvres et un nouveau projet, une partie de dames. Elle perdit très vite, ne comprit pas grand chose des règles des échecs et bailla à l'idée de tenter un scrabble. Il pensa alors qu'elle préférait aller se coucher et lui dit qu'il allait faire un peu de gym pour se fatiguer. Elle partit donc mais à peine avait-il commencé des pompes qu'elle entra en short et polo pour faire aussi de l'exercice. Il l'observa discrètement et la trouva excellente dans ce domaine. Elle fit des abdominaux, des exercices de souplesse, une série de dix pompes, une prouesse en cinq montées à la corde qu'avec les bras puis cinq minutes de corde à sauter avant de s'asseoir et se reposer. Il voulut l'impressionner aussi et se hissa aux anneaux puis fit des exercices mêlant force et souplesse. Elle le regarda sans montrer encore son admiration et le laissa ensuite soulever sa lourde haltère et étaler ses biceps fermes, sans paraître béate. Enfin, il posa sa charge et s'assit à ses côtés, en sueur et reprenant son souffle.

- Déjà fatigué Terry? Si tu arrêtais de fumer tu aurais plus de souffle!

- Et toi tu serais plus jolie avec une tenue plus sexy que ce polo trop large et ce short jusqu'aux genoux!

- Terry!

- Quoi? Tu as peur que je te saute dessus si tu en montres un peu plus?

- Pas du tout! Qu'est-ce qui te prend de me parler de nouveau avec grossièreté?

- Si tu préfères, je te dis le contraire de ce que je pense juste pour rester gentleman alors!

- Alors tu trouves ma tenue affreuse? Bon, très bien.

Elle se leva et le regarda avec défi. Puis elle retira son polo et il vit que dessous, elle avait son maillot de bain une pièce. Elle enleva aussi son short, dévoilant ses cuisses minces et fermes de danseuse qu'il vit enfin de près et trouva sublimes.

- Et comme ça, comment me trouves-tu alors?

- En vérité? Je te trouve... à croquer Candy.

Il se leva et la regarda mieux des pieds à la tête, ce qui finit par la faire rosir. Alors elle joua l'audace et partit en sautillant vers la piscine.

- De toute façon j'avais prévu de nager alors ne crois pas que c'était pour te faire plaisir maudit démon!

Il rit et eut envie d'en faire autant. Mais lui n'avait pas prévu de maillot. Il se regarda, enleva son débardeur, le short était court et pas trop large, ni blanc. Après tout, un short couvrait autant qu'un slip de bain, même plus parfois. Alors il se leva, traversa la salle, vit Candy nager et plongea la rejoindre. Elle avala sa salive en le voyant torse nu et s'approcher mais décida de le vivre bien sans inquiétude ou regrets et commença tout de suite à s'amuser à l'asperger. Il oublia donc vite leur semi-nudité et pudeur et la suivit dans ce sport à se poursuivre, se couler et rire comme des gamins. La première fois qu'elle réussit à l'attraper par l'épaule, elle sentit son cœur s'accélérer et son autre main se hâta de rejoindre sa sœur électrisée par sa peau. Puis elle frôla son torse, ses cuisses, son dos et se crut au paradis. Elle se trouva ensuite enfermée dans ses bras et il l'entraîna sous l'eau avec lui. Leurs cheveux se mêlèrent, elle tenta de le repousser de ses mains mais ce fut pour elle un plaisir nouveau dans ses mains qui connurent sa poitrine glabre et souple. Mais il la lâcha et remonta vite, elle en fit donc autant et la première chose qu'elle vit en rouvrant les yeux c'est Anthony, les bras croisés, un sourire en coin, le regard sur Terry qui remontait l'échelle et le rejoint en deux secondes. Elle rougit en le voyant embrasser Anthony au coin des lèvres et en se souvenant de ce qu'elle avait fait avec des idées derrière la tête. Elle ne comprit pas ce qu'ils se dirent car elle avait encore de l'eau dans les oreilles et ils murmuraient. Mais elle vit heureusement Anthony lui envoyer un sourire, ça la rassura et après tout ils avaient juste joué et rien d'autre, en tout cas de Terry, c'était certain. Elle repartit donc dans des longueurs de brasse pour paraître à l'aise. Elle vit Anthony essuyer le dos de Terry, elle l'envia deux secondes puis eut honte et se promit maintenant de ne plus être si difficile avec les autre hommes. Demain elle reverra David, il avait un sourire charmant, des yeux doux, c'était aussi un artiste et sa conversation était intéressante, ça suffisait bien pour un premier petit ami afin d'apprendre ce qu'elle devait être la seule de son âge à ignorer. Quand Terry lui cria qu'il s'excusait d'écourter leur baignade mais que ce n'était qu'à remettre demain, elle acquiesça d'un signe et un sourire entendu. Pourtant, en le voyant repartir en tenant Anthony par la taille et lui également elle se dit qu'il vaudra mieux éviter ça maintenant, tant son corps en manque d'amour le réclamait s'il était si prêt et si peu vêtu.

Anthony avait ressenti un immense soulagement en apprenant que Terry n'était pas au courant pour Bradley et que le détective Rogers n'avait agi que de sa propre initiative après en avoir découvert plus que prévu. En homme honnête, consciencieux et subtil il avait fait ce qu'il pensait juste et Anthony avait apprécié sa déontologie, puis sa personnalité et son expérience d'ancien policier et détective. Du coup, leur dîner avait été long et passionnant et ensuite il était tellement joyeux et heureux qu'il ne put que rentrer près de Terry pour finir cette nuit pareillement près de son corps si rassurant. Quand il avait trouvé tout l'étage désert, il avait pensé tout de suite à aller voir à la salle de sport et découvrit une fois là-bas, le débardeur de Terry et un short et un polo large appartenant certainement à Candy, le tout jeté à terre de façon douteuse. Il blêmit quelques secondes en pensant au pire mais ne se laissa pas plus supposer et partit affronter la vérité en allant à pas de loup à la piscine. Il ouvrit la porte et passa sa tête pour les surprendre mais se rassura tout de suite en voyant qu'ils jouaient à s'asperger et se poursuivre. Il vit bien Terry attraper Candy par les épaules pour la couler mais rien en lui n'était ambigu et lorsqu'il remonta prendre l'air il afficha immédiatement un sourire heureux en voyant Anthony s'approcher tout sourire. Celui-ci n'avait plus aucun doute en lui car Candy portait un maillot de bain une pièce, Terry avait son short noir et rien ne le trahissait lorsqu'il le rejoint très vite, la preuve absolue de sa fidélité totale.

- Mon chéri, tu as pu venir quand même, quel bonheur!

Il se sentit fier comme Artaban d'être aimé autant et d'être venu pour avoir pareil cadeau.

- Oui mon cœur, je préfère dormir moins mais contre toi, ça me repose bien mieux qu'un lit vide. Mais finis ta bataille avec Candy, je vais d'abord prendre une douche.

- Je préfère me rebaigner avec toi alors, j'ai assez fait de gym, Candy attendra demain pour une nouvelle bataille de gamins.

- Comme tu veux mon amour, alors viens que je t'essuie.

Puis une fois en route et enlacés:

- Qu'est-ce que je me sens heureux et confiant ce soir mon trésor, je crois que je vais le rester jusqu'au procès et le gagner. A cinquante pour cent grâce à mon talent et à cinquante pour cent grâce à l'amour de ma vie qui lui me rend heureux à mille pour cent.

A suivre...