- STAY-

Something in the way you move

Chapitre 10

- On fait la belle demain, lance Emmett, qui est encore rouge comme une tomate trop mûre.

- J'te battrai encore, le nargué-je alors qu'il se retient clairement de m'insulter -ou me frapper.

- On verra gamin !

Je lève les yeux au ciel en souriant malgré tout. Emmett n'arrivera pas à me battre le moins du monde, je déborde encore d'énergie alors qu'on vient de courir presque vingt kilomètres.

J'attrape les clés de la grange que je fais rouler entre mes doigts le temps que de traverser le parking quand la voiture d'Emmett disparait dans la rue. Au même moment, la Chevrolet de Bella pénètre y pénètre pour se garer. Je refoule mes pensées et continu mon chemin jusqu'au lourd portail que je pousse quand elle sort de sa voiture.

- Edward ? demande-t-elle en claquant la portière derrière elle.

Je serre les dents, l'ignorant volontairement. J'n'ai aucune envie de parler à qui que ce soit. D'autant plus à elle.

- Edward ? répète-t-elle en trottinant jusqu'à moi.

- Bella.

Je ne prends même pas la peine de la regarder, traversant le jardin pour atteindre ma porte d'entrée que je déverrouille en serrant les dents. J'n'ai en aucun cas envie de faire d'efforts. Je n'arrive même plus à faire semblant. Depuis quand ne suis-je devenu qu'un être incapable de mentir ou de faire comme si j'me foutais de tout ? Et encore plus d'elle ?

- Qu'est… qu'est-ce qu'il se passe ? demande-t-elle faiblement, brutalement hésitante.

Je lui jette un coup d'œil rapidement, agacé. Elle ose me demander ce qu'il se passe ? Vraiment ?

- Rien d'important, balayé-je en ouvrant finalement ma porte d'entrée.

Elle reste un peu figée, n'osant ni me suivre à l'intérieur de la grange, ni rebrousser chemin pour s'en aller.

- Comment était ton Week-end ? questionné-je d'une voix plate en retirant mon t-shirt que je balance sur le canapé quand je vois qu'elle ne s'enfuit pas en courant.

Elle s'appui contre la chambranle de la porte d'entrée encore ouverte, comme si elle n'était pas certaine d'avoir sa place ici. Comme si elle voulait se garder la possibilité de s'échapper. Je sens pourtant la chaleur de son regard sur moi, et la tension qui flotte entre nous. Seulement, cette fois, ça n'est pas du désir. Je soupire, traverse la pièce pour accéder à ma cuisine.

- Je… Compliqué, avoue-t-elle du bout des lèvres quand je me sers un verre d'eau.

- J'imagine, oui, lâché-je avec ironie.

Ma voix claque presque dans le silence de la grange. L'amertume semble transpirer par tout mes pores, et j'n'arrive visiblement plus à la retenir. Du coin de l'œil, je la vois triturer ses mains avant de grimacer, la déception courant sur ses traits fins. Voilà trois jours que je suis rentré, et trois jours que je l'évite alors que Jacob est partit depuis 48h.

Un silence pesant s'installe entre nous alors que je bois mon verre lentement, me demandant franchement si tout cela n'était pas que de la connerie. Elle finit par soupirer, puis se reculer un peu quand elle se rends compte à quel point ça n'est pas le bon jour.

- Je… ça a pas l'air d'être le moment alors je vais juste… partir, bafouille-t-elle en secouant la tête, acquiesçant un mouvement pour s'en aller.

Je me pince les lèvres, avant d'inspirer profondément, les questions bouillants et tournant dans mon cerveau maltraité. Sa réaction me fait serrer les dents, en proie à tout ce que je retiens depuis des jours. C'est plus fort que moi, alors qu'elle s'apprête à quitter ma maison, j'ouvre la bouche sans même réfléchir à ce que je veux lui dire.

- Quand comptais-tu m'en parler ?

J'ai tourné cet instant mille fois depuis mon retour. Et mille fois, le résultat a été un désastre. Autant y aller franc jeu.

Elle se fige, surprise par la froideur de ma voix, puis se tourne vers moi dans une lenteur mesurée. Ses yeux osent à peine me regarder, ce qui augmente la pression et l'incompréhension dans mon corps entier.

- Te parler de quoi ? demande-t-elle dans un murmure à peine audible.

Ses mots s'accompagnent de ses doigts qui entourent son poignet. Son geste me fait tiquer mais je suis trop agacé pour l'approcher, pour m'y attarder.

- Je sais pas, lancé-je avec désinvolture, du fait que tu comptes partir vivre à New York d'ici un mois ?

Ma voix est si glaciale qu'un hoquet passe ses lèvres. Elle rougit furieusement avant que ses traits ne se durcirent, perdue comme si je l'avais trahie d'une quelconque manière.

- Qui t'a parlé de ça ?

- Alors c'est vrai, compris-je, abasourdi.

Elle ne tente même pas de nier, ou de trouver une excuse valable. Elle s'inquiète de savoir qui m'a parlé de ça ? Parce qu'en plus tout le monde est au courant sauf moi ? Comment a-t-elle pu me cacher une chose pareille ?

Elle baisse rapidement les yeux quand je fais deux pas vers elle, tentant de contrôler ma respiration et de ne pas laisser ma colère exploser.

- Jacob n'a pas hésité à venter la merveilleuse vie qui vous attends là-bas, précisé-je dans un sourire désabusé.

Elle secoue la tête, en retrouvant mon regard avec difficulté. J'ai la sensation qu'elle se bat pour ne pas s'échapper.

- Je voulais t'en parler…

- Quand ? m'énervé-je, incapable de me retenir. Le jour de ton départ ? Le matin où tu serais parti pour l'aéroport ?

- Edward… murmure-t-elle en approchant finalement, laissant la porte se refermer derrière elle.

- J'me fou de tes excuses Bella, je… je croyais juste que tu tenais assez à moi pour me dire une chose pareille ! Tu vas… tu ne pars pas juste acheter du pain, tu pars vivre dans un autre pays !

- Rien n'est encore décidé, se défend-t-elle en blanchissant.

- Vraiment ? Ca n'est pas les propos qu'à tenu Jacob lundi soir !

Elle se pince les lèvres, incapable de tenir en place alors que la nervosité la gagne.

- Il est venu au bar ? demande-t-elle en devenant plus pâle encore.

Je hoche la tête, en colère mais troublée par sa réaction.

- Je comprends mieux, chuchote-t-elle avant de secouer la tête, comme si tout était limpide pour elle.

J'en suis ravie. J'aimerais que tout ce qui la concerne soit aussi limpide en moi, et entre nous. Soudain, alors que je la regarde lutter contre elle même, la lassitude s'empare violemment de moi. J'en ai marre. De tout ça. De cette histoire qui n'a aucun sens, du fait de ne rien attendre de plus, du fait qu'on ne prendra jamais plus que ce que l'autre donne. Je suis fatigué de tout ça, et il est temps que ça cesse.

- Je comprends surtout que tout ça n'était qu'une erreur, soupiré-je, ce qui lui fait relever les yeux vers moi.

- Je…

- Tu avais raison, toi et moi c'est…

- S'il te plait, chuchote-t-elle en posant sa main sur le dossier du canapé qui nous sépare, comme pour se maintenir debout.

Sa réaction me déstabilise un peu. Va-t-elle s'effondrer si je continue ? Je m'enfonce pourtant dans les centaines de questions que je me pose depuis des jours, et tout me parait évident : cela doit s'arrêter. Il le faut.

- Tu avais raison Bella, répété-je avec conviction espérant qu'elle va comprendre, elle aussi, on devrait arrêter de se voir quelques temps.

- Ne dis pas ça, supplie-t-elle en s'approchant.

Les larmes qui remplissent brutalement ses yeux sombres me tordent le ventre mais je recule d'un pas quand elle arrive à ma hauteur.

- C'est trop compliqué, tu vas partir, j'ai pas envie de continuer…

- Je… je ne veux pas… perdre ce qu'on vit Edward, se lamente-t-elle, la voix tremblante. Ca compte pour moi.

Je fronce les sourcils, ma colère semblant redoubler face à ce qu'elle ose me dire.

- Ca compte pour toi ? répété-je d'une voix tendue.

Elle rougit furieusement puis baisse les yeux, incapable de m'affronter.

- Tu ne peux pas toujours jouer sur les deux tableaux je… j'ai plus envie de tout ça.

Elle a du mal à cacher la grimace qui tord les traits de son visage à mes mots. J'ai juste envie qu'elle s'en aille, qu'elle me laisse le temps de digérer le fait qu'elle m'ait caché une chose aussi importante. Comme elle ne réponds pas, pétrifiée, je finis par soupirer en passant une main dans mes cheveux. Je veux aller prendre ma douche. Je veux me laver de toute cette histoire, et, si je le pouvais, je voudrais tout oublier… Elle, son corps, son rire. Tout.

- Ne dis pas ça, reprends-t-elle en relevant ses yeux sombres vers moi.

Je m'entends déglutir, perdu dans une vaine tentative pour la maintenir loin de moi.

- Bella…

Elle avance d'un pas vers moi. Malgré ma déception, ma colère, mon cœur s'accélère à sa proximité quand son parfum sucré m'entoure.

- Ne dis pas que tu ne veux plus de moi…

Sa respiration est rapide, sa voix étranglée.

- Je veux que tu sois honnête avec moi Bella.

- Je ne voulais pas te blesser, se défend-t-elle en s'approchant encore.

Elle est si près que je dois baisser les yeux pour pouvoir continuer à maintenant le contact visuel entre nous. Ce que je lis dans son regard me terrifie et me pousse à me torturer l'esprit d'avantage.

- Je suis désolée… je… je ne savais pas comment te le dire… avoue-t-elle en rougissant d'avantage, comme si elle réalisait brutalement ce qu'il se passait.

- Il suffisait juste que tu le fasses.

Honteuse, elle baisse les yeux alors que je soupire, tentant d'évacuer ma frustration et ma colère. Un silence s'installe entre nous. J'ai la sensation qu'elle lutte littéralement pour ne pas pleurer. Je ne lui demande pourtant pas la lune, simplement d'être honnête avec moi.

- J'aurai… j'aurai aimé ne pas l'apprendre de la bouche de Jacob, avoué-je en refoulant ma fierté. Entre ça et…

- Excuses-moi, murmure-t-elle en retrouvant mon regard.

Un instant, je la dévisage en silence, happé par la profondeur incroyable de ses yeux sombres. Elle à l'air dévastée, réellement. Je donnerai tout pour pouvoir être dans sa tête, comprendre ses réactions et savoir précisément ce à quoi elle pense à l'instant. Elle semble se reprendre quand elle inspire doucement, fronçant légèrement les sourcils.

- Qu'a-t-il... dit d'autre ? demande-t-elle, appréhendant largement ma réponse.

- Rien d'important, balayé-je en me reculant pour reprendre le contrôle de la situation.

Quand elle est si près de moi, comme maintenant, j'ai du mal à réfléchir. Son regard est trop puissant, son parfum trop entêtant…

- Edward… insiste-t-elle.

- Il n'a pas lésiné sur vos… votre vie intime, grimacé-je malgré moi.

L'acidité de la jalousie envahit ma bouche au moment où je prononce ces mots qui m'obsèdent depuis que j'ai vu Jacob au bar lundi soir. Bella s'empourpre immédiatement, ne sachant comment réagir à mon aveu.

- Je...

- J'm'en fou Bella... je ne suis pas… je ne suis pas en droit de dire quoi que ce soit et, surtout, je ne suis pas totalement… innocent… je, je me doute bien que tu…

Je soupire, va me servir un verre d'eau alors qu'elle n'a plus l'air de savoir où se mettre. J'n'ai absolument pas envie d'avoir cette conversation avec elle. J'aurai largement préféré rester le moins au courant possible de leur vie personnelle.

- Il n'avait pas à te… à te raconter tout ça, reprends-t-elle après un silence où je lutte contre les images du corps de Bella avec Jacob qui veulent m'envahirent.

La colère me brule la gorge malgré moi. Je serre les dents, luttant contre ma fierté mal placée et cette jalousie qui n'a pas du tout sa place.

- Je suis désolée, s'excuse-t-elle encore en finissant par retrouver mon regard après un temps interminable. Je… j'aurai préféré que…

- Moi aussi, grommelé-je en m'appuyant contre l'évier.

Le silence qui suit est lourd, et perturbant. Je ne sais plus quoi faire nous concernant. Une partie de moi à envie de tout arrêter là. L'autre partie à envie d'avancer jusqu'à elle et de l'embrasser à en perdre la raison. Mes doigts serrent le rebord de l'évier quand elle s'approche doucement.

- Ca a été…

Elle se tait, soupire puis s'approche encore.

- Ca a été… vraiment compliqué, avoue-t-elle en secouant la tête.

La confusion dans ses yeux me cloue sur place tandis que ma respiration s'accélère par sa proximité. Quand son corps touche presque le mien, elle se hisse sur la pointe des pieds, tremblant contre moi. Mes mains se posent sur ses hanches dans l'unique but de la maintenir contre moi. Je ferme les yeux, me laissant aller à son odeur alors que la pression retombe entre nous. Mon cœur, pourtant, n'a pas l'air de vouloir retrouver un rythme normal. Son nez frôle le mien légèrement, finissant d'apaiser mon corps crispé par notre dispute.

- Je comprends, dis-je juste, désireux qu'elle se taise.

- Non tu… tu ne peux pas comprendre, murmure-t-elle, la voix tremblante. Il… il m'a fait l'amour et je…

Je ferme les yeux plus fort, sentant mon corps se tendre, incapable de l'écouter m'en parler sans ressentir mon corps bouillir.

- Bella, je préfère ne pas…

- Je voulais que ça soit toi, lâche-t-elle, me faisant rouvrir les yeux brutalement.

C'est violent.

Et c'est douloureux. Vraiment douloureux.

La confusion et la sincérité de ses yeux me font lourdement frissonner. Je prends alors brutalement conscience que toute cette histoire est bien plus compliquée qu'on voudrait qu'elle soit. Elle finit par fermer les yeux une seconde en fronçant les sourcils, semblant reprendre pieds avec la réalité avant de secouer légèrement la tête, ahurie de ce qu'elle vient de dire.

- Je… je vais rentrer, se reprend-t-elle en reculant sans me laisser le temps de réagir.

Elle veut partir ? Vraiment ?

- Tu peux rester, dis-je en tentant d'avoir l'air détaché.

Un léger sourire étire ses lèvres pâles. La tristesse peint pourtant les traits de son visage.

- Tu as peut-être raison, murmure-t-elle en tentant de garder une voix égale. On devrait… on devrait probablement arrêter de se voir… comme ça.

Quand elle fait demi tour, je n'arrive plus à réfléchir posément. Tout s'affole en moi.

Il y a cinq minutes, j'aurai tout donné pour qu'elle disparaisse de ma vie et que tout ça n'est jamais existé. Mais, maintenant, je serai près à tout pour qu'elle reste. Que ça soit pour la nuit ou pour un mois. Peu importe, je sais que je ne veux que son corps contre le mien, que sa bouche brulante et la sensation de sa peau contre la mienne.

- Attends Bella…

Elle se fige à la porte. Ses épaules s'affaissent légèrement.

- Edward c'est…

- J'm'en fou, dis-je précipitamment en la rejoignant le plus rapidement possible. Je… ne pars pas.

Ses yeux transpercent les miens quand elle se tourne. La tension en moi, et entre nous, explose lorsque son souffle se coupe de me voir si près d'elle. Le désir se fraye un chemin dans mon corps tremblant et torturé.

A nouveau, je la veux. De cette manière incroyable et déroutante qui est celle qui me torture depuis le premier soir. J'abandonne totalement mon envie de m'éloigner d'elle en poussant mon corps contre le sien. Son souffle se saccade brutalement, tombant entre nos corps tremblants.

- Reste, quémandé-je en la forçant à s'appuyer contre la porte.

Mes nerfs s'embrasent de la sentir contre moi. Je fouille son regard où la peur se mêle au désir qu'elle ressent, elle aussi.

Quand je soulève son corps contre le mien de mes bras, elle à un hoquet de surprise face à la puissance de mon désir. Je ne veux pas qu'elle parte. Je veux qu'elle reste. Ce soir. Et je n'arrive pas à m'avouer et assumer pleinement que je veux qu'elle reste plus, aussi.

- Edward, chuchote-t-elle avec difficulté quand je la serre plus fort.

- Reste, répété-je, la respiration laborieuse.

Ses mains gagnent mon visage qu'elle caresse alors que les larmes la gagnent. Sa douceur me bouleverse plus que je ne suis prêt à l'admettre. =Ses larmes roulent sur ses joues à l'instant où ma bouche retrouve la sienne dans un baiser puissant qui me coupe le souffle.

Mes envies m'écrasent violemment alors qu'on se bat littéralement l'un contre l'autre. La fièvre, la colère, la jalousie, tout se mêle alors qu'elle gémit contre ma langue qui envahit sa bouche sans son autorisation, me faisant grogner contre elle. Mon corps entier me brule. Elle se tord contre moi, agrippant mes épaules alors que le désir me broie le corps d'une manière si douloureuse que j'ai du mal à garder mon self contrôle.

Il faut qu'elle comprenne. Il faut qu'elle sache à quel point je la veux, à quel point j'ai la sensation d'être broyé quand j'imagine son corps dans les bras de Jacob.

Tout se bouscule alors.

Sa bouche se fait plus possessive alors que ses doigts agrippent ma nuque pour me retenir conter elle. Elle noue fermement ses jambes autour de ma taille, frottant son bassin contre le mien dans un mouvement indécent qui nous fait gémir en même temps.

Maladroitement, je la décolle de la porte et tente de marcher pour atteindre la chambre, le lit. Les mains de Bella parcours mon torse, remontant dans ma nuque, mes cheveux alors qu'elle se tord contre moi. J'étouffe un juron contre ses lèvres, incapable de me raisonner.

Jamais elle n'a été aussi brulante.

Dans le couloir qui mène à ma chambre, c'est trop tard. Je ne pourrais pas aller plus loin.

Je dois la posséder, maintenant, dans l'instant.

Je la plaque contre le mur, la faisant gémir. Je quitte sa bouche, embrasse son cou, son épaule, mordant sa peau tandis qu'elle tente de retrouver son souffle. Sa bouche et sa langue trouvent mon épaule, le haut de mon torse. Elle suce ma peau, mord ma clavicule. Je vais perdre la raison, littéralement.

L'instant d'après, elle retombe sur ses pieds, tremblante.

Ses yeux sombres et brulants de désir retrouvent les miens. Je voudrais lui parler, mais je ne suis pas en état. Je veux la posséder si fort que mon ventre se tord, me faisant mal jusque dans les jambes.

Ses doigts atteignent en tremblant le nœud de mon jogging, le défaisant rapidement alors que je me penche pour l'embrasser, la laissant gémir contre mes lèvres sans retenue. Rapidement, mon pantalon se baisse et n'est plus une entrave entre nous. Mes mains attrapent ses hanches et je la soulève à nouveau contre moi, remontant sa jupe brusquement sur son ventre.

Mes mains tirent sur mon sous-vêtement avec tant de rage quand ma bouche retrouva la sienne, que le vêtement finit par craquer entre mes doigts.

Je l'appui de nouveau contre le mur derrière elle, la faisant jurer alors que je ne contrôle plus rien.

Tout m'échappe. Absolument tout.

L'instant suivant, j'entre en elle complètement d'un coup de reins puissant.

Ma respiration se coupe brutalement à l'instar de la sienne, la faisant hoqueter. Ses yeux s'écarquillent dans les miens alors qu'un gémissement profond passe mes lèvres. Je me fige en elle, secoué par la sensation d'apaisement que je ressens à l'instant. J'ai l'impression que, malgré mon corps au bord de la rupture, j'ai trouvé la place qui est la mienne.

Elle soupire légèrement, lève ses hanches pour tenter de trouver un apaisement. J'étouffe une plainte en quittant son corps pour y revenir rapidement, la faisant se tordre contre le mur dans son dos. Ses cuisses se resserrent autour de mes hanches, me faisant serrer les dents tant elle est parfaite. Je goute à l'enfer quand elle se redresse pour pouvoir m'embrasser.

Mes mouvements se font rapides, puissants et presque brutaux mais elle n'a pas l'air d'avoir peur, au contraire. Elle se laisse faire, poussant ses hanches contre les miennes, gémissant contre ma langue alors que tout son corps est prit de tremblements qu'elle ne cherche pas à repousser le moins du monde.

Pour la première fois depuis qu'on se connait, j'ai l'impression qu'elle s'abandonne totalement à moi, ne laissant plus rien nous séparer. Jamais, je n'ai ressenti un besoin aussi puissant de la sentir contre moi, de lui faire comprendre à quel point j'aime qu'elle soit mienne, ainsi.

Ses cuisses se serrent plus fortement autour de ma taille quand je mords sa lèvre inférieure. Je ne veux pas lui faire de mal, mais j'ai l'impression que je ne serais jamais rassasié de ses gémissements, de son corps incandescent contre le mien, autour du mien. Il me faut plus, beaucoup, beaucoup plus.

Je jure une nouvelle fois quand je sens son corps convulser autour du mien, la faisant se cambrer douloureusement alors qu'elle perd pieds violement.

Plus rien d'autre qu'elle et son plaisir terrassant n'a d'importance.

- Edward… gémit-elle contre ma bouche quand je quitte son corps avant d'y revenir brusquement, démultipliant son plaisir.

Mes doigts se crispent contre ses cuisses alors que ses ongles entament la peau de mes épaules.

Je vais mourir, certainement mourir de plaisir à me retenir comme je le fais.

Sa bouche embrasse la mienne brièvement avant que son visage ne glisse dans mon cou. Elle embrasse ma peau, frôle mon épiderme de sa langue, affolant mon cœur et faisant trembler mon corps entier.

Je me sens basculer d'un seul coup. Je murmure son prénom dans une plainte en sentant tout mon corps exploser en elle. Le plaisir me broie pendant de longues secondes alors qu'elle me serre contre elle, gémissant contre mon cou.

Mes jambes tremblent tellement que je ne suis plus certain de pouvoir supporter notre poids. Je finis par m'immobiliser complètement après un moment, avant de nous faire glisser tout les deux le long du mur. Je m'allonge, à même le sol, sur le dos, gardant Bella contre moi.

Pendant un moment, nos souffles erratiques résonnent dans le couloir.

Il nous faut de longues minutes avant de pouvoir reprendre pied avec la réalité. Le visage dans mon cou, elle ne bouge plus jusqu'à ce que sa respiration redevienne calme. Mon corps est complètement détendu sous le sien, et je voudrais ne plus jamais bouger, ne plus jamais quitter ce sentiment où tout est simplement parfait.

Quand nos corps fatigués ont retrouvés un certain apaisement, je la sens se redresser contre moi. Elle m'observe quelques secondes, ses cheveux tombant en rideaux autour de son visage fin. La profondeur de son regard est incroyable.

Elle est belle, mais c'est presque plus que ça.

Ce que nous venons de vivre à largement dépassé tout ce que nous nous autorisons depuis des semaines, mais, pour le moment, je refuse d'y penser. Je veux profiter d'elle, de sa présence et de son corps chaud contre le mien avant qu'il ne soit trop tard. Elle va partir.

- On devrait aller dans le lit, murmuré-je après quelques secondes où elle me dévisage, une étincelle incroyablement intense dans les yeux.

Elle hoche la tête doucement. Avant qu'elle ne puisse s'éloigner, je me relève en la maintenant contre moi. C'est idiot, mais je n'ai pas envie que son corps s'éloigne du mien. Elle enroule ses jambes autour de ma taille quand je regagne ma chambre en la maintenant dans mes bras. Je m'affale sur lit, sur elle; sans aucune grâce, ce qui la fait rire doucement.

Le reste de la soirée, et de la nuit, nos corps s'aiment de cette manière terrassante et bouleversante qui est la notre depuis notre rencontre. Je ne me lasse pas d'elle, de son corps, de ses gémissements et de la manière dont elle me serre contre elle quand le plaisir la domine.

Je voudrais comprendre pourquoi tout en elle me grise et me touche à ce point.

Pendant des heures, ni elle ni moi ne parlons de ce qu'il vient de se produire. On oubli tout, absolument tout. Jacob, New York, leur relation, son départ… je veux profiter d'elle avant qu'elle disparaisse pour toujours.

Tard dans la nuit, quand elle s'endort dans mes bras, j'ai du mal à trouver le sommeil pendant de longues minutes.

Je ferme les yeux, inspire son parfum sucré lentement et tente de ne plus penser à rien.


La fin de la semaine passe une vitesse folle, si bien que je suis totalement perdu quand je vois Jacob arriver, le samedi soir. Il ne devait revenir que le Week-end d'après, mais, finalement, il a eut l'extraordinaire envie de faire la surprise à Bella de sa présence.

Le reste de la semaine, nous nous sommes vus chaque soir. Ni elle ni moi n'avons abordés ce qu'il s'est passé mercredi, et j'imagine que c'est vraiment mieux ainsi. Je n'ai pas envie de cesser de la voir, de me poser mille questions, et je n'ai surtout pas envie qu'elle se torture plus qu'elle ne le fait déjà.

Quand je me suis éveillé, le jeudi matin, elle était rentrée chez elle. Je sais pourtant qu'elle n'est partie qu'au petit matin : son corps a été dans mes bras toute la nuit, jusqu'à ce que le soleil se lève.

- Tu fermes Ed ? lance Emmett en poussant les caisses de bouteilles pleines du pied.

- Ouais, ouais, vas y.

- A demain !

Je hoche la tête, tentant de réussir à finir de compter la caisse.

Savoir que Bella est avec Jacob, juste au dessus, m'empêche de garder les idées claires.

Un quart d'heure après, quand je ferme le bar, j'entends des éclats de voix sortir par la fenêtre entrouverte de l'étage. Même si je n'en ai pas envie, des brides de leur conversation, qui s'apparente plus à une dispute, arrivent à mes oreilles. Je serre les dents, sentant l'agacement enserrer mon torse.

Je suis incapable de bouger pendant plusieurs minutes, si bien que je me demande même si je ne veux pas aller intervenir. Je pourrais prétendre un problème, ou quelque chose d'assez important pour les interrompre. J'entends Jacob demander à Bella si elle est complètement idiote avant de m'obliger à partir.

Je ne dois pas m'en mêler. Je sais que cela ne ferait qu'empirer les choses.

Pour être tout a fait sincère, je me demande pourquoi elle reste avec lui. L'aime-t-elle au point de tout accepter comme elle à l'air de le faire ?

Je rejoins la grande en serrant les dents, le corps engourdis tant je suis tendu.

Je prends une longue douche, laissant l'eau couler sur mon corps crispé pendant de longues minutes, espérant que cela soit assez efficace pour oublier la voix de Jacob insultant Bella sans s'en cacher. Même avec ça, je n'arrive pas à me détendre et à penser à autre chose.

Quand je sors de la salle de bain en jogging, je sursaute en découvrant Bella sur le canapé, assise dans un silence morbide. Les yeux fixés sur la table basse, elle ne semble pas m'entendre quand j'arrive dans le salon. Que fait-elle là ?

- Bella ?

Elle sursaute, sortant brutalement de ses pensées en relevant son visage vers moi.

Ses yeux sont bouffis, rougis par ses larmes, pourtant, ça n'est pas ce qui me raccroche brutalement à sa réalité.

Elle ne prononce pas un mot tandis que le sang quitte mon visage pour venir bruler mes poings que je serre à m'en faire mal. Elle n'a pas besoin de m'expliquer ce qu'il s'est passé pour que mon sang ne fasse qu'un tour et que la terreur me fige, m'empêchant de respirer calmement.

Sa bouche est rouge, gonflée, et l'angle de sa lèvre du bas tire sur le bleu alors que le sang s'accumule douloureusement à l'endroit où Jacob l'a frappée.

L'espace d'une seconde, la colère envahi brutalement mon corps alors que je relève les yeux jusqu'à la porte. Une seule pensée résonne en moi alors que je traverse la pièce à grandes enjambées : je veux trouver Jacob et le frapper jusqu'à ce qu'il demande grâce.

- Edward j't'en prie ! s'écrit Bella derrière moi en se relevant précipitamment du canapé quand elle devine mes pensées. Il ne...

- Je t'interdis de dire qu'il ne l'a pas voulu Bella ! la coupé-je sur le même ton alors qu'elle me rattrape et me tire vers elle, m'empêchant d'ouvrir la porte.

J'ai la sensation que l'abime dans laquelle me plonge ma colère n'a pas de fond. Je veux détruire ce mec, le pourrir jusqu'à ce qu'il ne soit plus capable de la toucher.

- Je… j'me fou de Jacob ! cri-t-elle en se glissant entre la porte et moi pour que je ne sorte pas, me repoussant de toutes ses forces. Je… n'y va pas s'il te plait… il va, il va…

Soudain, envahie par les larmes, elle n'arrive plus à respirer. L'espace de quelques secondes, ma colère retombe devant ses pleurs et le désespoir de son visage. Elle à l'air absolument dévastée, au bord de l'implosion.

- Il ne te touchera plus jamais, promis-je en essayant de me dégager.

- Reste, j't'en prie je… ne me laisse pas, croasse-t-elle douloureusement.

Ses sanglots déchirent la pièce quand elle tente de me repousser à nouveau en s'accrochant à moi comme elle le peut. J'attrape ses bras, espérant réussir à la calmer alors qu'elle est secouée de spasmes qui la font pleurer plus fort.

- Si tu y vas, si tu… il va tout comprendre Edward, s'il te plait c'est…

- Comment veux-tu que je ne fasse rien Bella ? m'énervé-je en ayant envie de m'arracher les cheveux.

- Si… si tu tiens à moi s'il te plait… je… je veux juste…

Elle sanglote à nouveau alors que mes dents grincent devant mon envie de tout dévaster. Elle se jette littéralement sur moi, me serrant contre elle en enfonçant son visage dans mon torse, mouillant ma peau nue de ses larmes.

- Me laisse pas seule… N'y vas pas, répète-t-elle entre deux inspirations qui ont l'air douloureuses.

Je ferme les yeux en refermant mes bras autour d'elle, la serrant plus fort, refusant à mon instinct de me trahir. Je veux démolir Jacob, mais, à cet instant précis, je sais que je dois rester avec Bella. Elle est trop dévastée, trop perdue pour que je réussisse à l'abandonner pour aller me défouler sur le visage de son enfoiré de mec.

Ses mains s'agrippent à mon cou alors qu'elle continue à pleurer contre mon torse, ses larmes déchirant mon âme.

- Arrête de pleurer, la supplié-je alors qu'elle ne cesse de me demander de rester entre ses sanglots.

Je la soulève contre moi et, presque à contre cœur, l'entraine dans la chambre où je nous allonge sur mon lit, espérant trouver un peu de paix. Son corps tremble, sa respiration est hachée. Elle a l'air de souffrir physiquement de sa détresse. Mes doigts glissent dans ses cheveux longs, tentant de l'apaiser.

Mon esprit flambe alors que ma colère ne descends pas. Je la serre contre moi, inspirant son parfum. Elle mérite d'être heureuse, et pas d'être maltraitée. Je jette un rapide coup d'œil à mon réveil, constatant avec stupéfaction qu'il est déjà presque 3 heures du matin.

Pendant un moment, je scrute le plafond, espérant réussir à contrôler le monstre de colère en moi qui ne demande qu'à exploser alors que Bella se calme progressivement, jusqu'à cesser de pleurer. Lentement, sa respiration s'apaise jusqu'à devenir régulière.

Je dois savoir. Je veux savoir.

- Combien de fois est-ce arrivé ? finis-je par demander d'une voix sourde qui résonne dans la chambre tant elle est rauque.

Elle ne réponds pas pendant de longues secondes, si bien que je finis par me redresser un peu pour pouvoir baisser les yeux sur elle.

Les yeux clos, elle respire doucement. Epuisée, elle s'est endormie. L'apaisement frôle mon cerveau malmené de la voir aussi calme, presque sereine. Mes doigts écartent une mèche de cheveux de son visage, mes doigts frôlant sa bouche abimée en retenant mal un grognement presque animal qui veut sortir de ma poitrine. Elle frissonne, me cherche dans son sommeil en soupirant légèrement, se blottissant plus contre moi encore.

Je me décale un peu pour la positionner de façon à pouvoir la regarder sans me tordre le cou.

Pendant des heures, je la garde contre moi, savourant son corps chaud, les traits fins de son visage et son souffle régulier sur mes lèvres.

Pendant des heures, je suis incapable de trouver le sommeil, trop en colère pour dormir.

Pendant des heures, je pose les yeux sur sa bouche abimée et lutte de toutes mes forces pour ne pas tout dévaster et aller trouver Jacob.


Hellooooo ! Je sais ! On est lundi mais hééé j'avais envie de poster et vous m'avez dit de ne pas me retenir alors : Tadaaaam !

Je crois que vous allez me détester (un peu hein ?) pour ce chapitre alors je vais publier, éteindre ce PC et aller dormir parce que mon cerveau entame doucement mais surement un burn-out ^^'

J'espère que tout le monde va bien ! Soyez prudents en ces temps étranges...

Merci pour vos nombreux commentaires à la suite de ma dernière publication ! Si certaines ont loupés la nouvelle de la semaine dernière : j'ai commencé à publier une romance de Noël ! (oui, en octobre, et alors ?) Allez nous rejoindre dessus, on va bien s'amuser !

Vous savez ce qu'il vous reste à faire non ?

J'vous embrasse,

Tied.