Mon cher journal, je t'écris quelques heures après ces lignes et quelle déception. Je pensais voir Edward aujourd'hui et je ne l'ai pas vu.
Je pensais que nous irions nous promener une heure ou deux et à la place de cela j'ai dû
aller voir ma tante Philipps.
Maman tenait à ce qu'elle soit la première de notre entourage à être prévenue.
Nous sommes, donc, allés à Meryton pour l'heure du thé et, pendant toute la visite, je me disais mais Edward doit être déçu de ne pas me voir.
Il doit être devant chez en ce moment même et il ne trouvera que Papa.
J'ai même pensé dire à Maman que je voulais rester aujourd'hui à la maison, et qu'elle pouvait annoncer mes fiançailles à ma Tante sans moi mais je savais que cela serait d'une grande impolitesse envers ma Tante.
Je me suis, donc, résignée à me rendre chez Tante Philipps et à recevoir ses félicitations alors que j'aurais préféré mille fois être avec mon fiancé.
Lorsque nous sommes entrés, mon oncle était là avec son clerc. Je ne peux que te dire, mon cher journal, que j'ai été soulagé cette fois de me rappeler de son prénom et de son nom.
J'ai, donc, salué M. O'Brien comme il se doit puis j'ai salué mon Oncle et ma Tante.
Je m'étais apprêté à dire à ma tante : "Vous allez devoir me féliciter cet après-midi". Eh oui, j'avais préparé ma phrase pendant le trajet mais Maman m'a, tout simplement, devancé :
Ma Soeur, tu ne le croiras jamais, Mary est fiancée" a dit Maman.
(La phrase est peu flatteuse, c'est vrai.)
Et Ma Tante a tout simplement répondu : "Comment est-ce possible ?".
J'ai beaucoup rougi, mon cher journal.
J'ai toujours su que Ma Tante Philipps préférait Kitty et Lydia à moi. Je sais qu'elle admirait la beauté de chacune de mes soeurs mais, tout de même, me faire un tel affront le lendemain de mes fiançailles.
Je t'avoue, mon cher journal, qu'aucun des manuel que j'ai lu n'aurait pu me préparer à une telle insulte et je ne savais comment répondre.
Le silence qui a suivi aurait pu durer très longtemps si Thomas O'Brien ne m'avait pas félicité le plus naturellement du monde.
Après ces félicitations, mon Oncle et ma Tante m'ont dit qu'ils étaient heureux pour moi et Maman s'est chargée de raconter à la petite assemblée comment Edward m'avait demandé en mariage.
Alors que j'aurais du s'enorgueillir en ce jour, je n'ai quasiment plus dit un mot de tout l'après-midi. J'étais au supplice.
Je pensais à Edward qui avait dû être déçu de mon absence et je pensais que je n'aurais jamais dû venir boire le thé ici.
Thomas O'Brien a bien essayé de me parler mais j'étais trop humiliée pour pouvoir penser à lui répondre autrement que par de courtes phrases.
Enfin, notre visite a pris fin et nous sommes rentrés.
J'ai demandé à Grace si Edward était venu et elle a répondu que non.
Je suppose qu'il savait que Maman et moi allions annoncer mes fiançailles.
Cette journée n'a vraiment pas tenu ses promesses.
