NdA: Oups? J'ai complètement oublié de poster ce matin! Mais nous sommes toujours jeudi donc tout va bien!
Bonne lecture!
Owen n'était plus aussi nerveux en présence de Draco, il retrouvait quelque chose qu'il connaissait déjà. En plus, son frère de coeur avait conscience de ses difficultés et, plutôt que de s'en plaindre, il y palliait à sa façon.
Certes, Draco n'était pas très doué en Botanique mais il faisait de son mieux afin de montrer à son frère comment il fallait s'y prendre. Severus ne lui avait pas appris cela car il ne s'en souvenait plus assez. À la place, ils avaient pris soin de ses serres destinées à ses ingrédients de potions ensemble et, grâce à cela, Owen avait acquis des gestes moins incertains dans le domaine de la Botanique.
Ajouté à cela, Mrs Chourave, leur professeur et directrice de la maison d'Owen couvait les deux garçons du regard, attentive aux difficultés que son protégé pouvait éprouver face à telle ou telle autre manipulation. Elle voyait bien que le Serpentard assis à côté de lui tentait de son mieux de lui montrer et décida de ne pas intervenir dans un premier temps.
Severus et elle avaient beaucoup discuté puisqu'elle avait été amenée à devenir la directrice de maison de son fils et, grâce à cela, elle en avait appris beaucoup sur le garçon. Owen Snape était un enfant assez débrouillard qui avait appris à compter le moins possible sur les autres. Il lui était difficile d'accepter l'aide d'un adulte mais cela semblait différent avec les enfants de son âge.
Elle n'avait pas vraiment voulu croire son collègue lorsque celui-ci lui avait dit que son futur élève s'en sortait bien avec le matériel de Botanique mais à le voir aussi bien se servir des différents outils, elle ne pouvait plus douter. S'il n'avait pas pu le préparer à suivre son cours, Severus avait néanmoins enseigné tout ce qu'il savait à son héritier afin de le rendre le plus autonome possible et, manifestement, l'entretien des plantes avait été une bonne partie de son apprentissage.
Elle profita du moment pratique pour circuler entre les enfants et rectifier, ça et là, les prises sur les outils ou encore les façons de faire. Elle savait qu'Owen ne voudrait pas d'un traitement de faveur mais cette sorcière était particulièrement sensible aux efforts des autres et ne pouvait s'empêcher de vouloir aider tout le monde sans distinction de maison ou de sang.
Ainsi, elle continua de passer entre les différents petits groupes jusqu'à ce qu'elle arrive à hauteur des garçons. Elle observa attentivement le jeune Malfoy expliquer à son camarade avant de percevoir une difficulté que le Serpentard n'avait peut-être pas relevée.
– Mr Snape, de quelle main écr…qu'elle est votre main dominante?
Oups, elle avait failli faire une bêtise. Severus lui avait dit qu'Owen n'écrivait pas, du moins, c'était encore trop compliqué pour lui. Il avait parlé de séance d'écriture au moins une à deux fois sur la semaine mais ce serait long et Owen utilisait une plume à papote spéciale pour prendre des notes. Lui demander de quelle main il écrivait n'était pas la meilleure chose à dire. Heureusement, elle s'était rattrapée à temps.
Le garçon releva la main gauche et cela conforta son impression. Patiemment, elle expliqua que la prise pour un garçon gaucher était sensiblement différentes. L'outil qui servait juste de maintien devait alors passer dans sa main droite et l'autre qui servait à arracher devait se trouver dans sa main dominante.
Devant Draco, elle prit les mains du jeune garçon et mima le mouvement dans le vide. Owen s'exécuta aussitôt et parvint plus facilement à faire ce qu'elle avait demandé. La sorcière acquiesça et passa alors au jeune Serpentard.
– Mr Malfoy, c'est à vous!
Elle ne voulait pas s'attarder sur Owen, pas qu'elle n'en ait pas envie car d'après elle, ce garçon avait besoin qu'on s'occupe de lui avec attention mais elle ne souhaitait pas le rendre mal à l'aise en l'épaulant trop. Owen était farouchement indépendant et ne supportait pas qu'on le prenne en pitié. Severus avait compris ça quand il était venu en aide à son fils alors qu'il préparait son petit déjeuner.
Owen l'avait rapidement rabroué en signant qu'il devrait apprendre à se débrouiller tout seul et toutes les manières de mère poule de Severus n'y changeraient rien. Le garçon arguait toujours que lorsqu'il serait à Poudlard, il devrait apprendre à se débrouiller seul et ne pourrait pas toujours compter sur quelqu'un.
Elle avait donc décidé de faire comme si de rien n'était et était passée rapidement à son camarade, beaucoup plus confiant. Sa technique n'était pas parfaite mais pour un premier essai, il ne s'en sortait pas trop mal. Elle lui montra comment être plus efficace avant d'interpeler un enfant de la table d'à côté pour voir comment il se débrouillait.
Owen souffla. Ce cours demandait une grande minutie de mouvements car les outils pouvaient être dangereux, Mrs Chourave leur avait clairement fait savoir qu'il n'était pas question de jouer avec mais il s'en sortait plutôt bien. Il avait souvent utilisé la plupart des outils lorsqu'il était dans la serre avec Severus. Au début, son père l'assistait dans tout puis, lorsqu'il avait appris à reconnaitre les différentes plantes et leur stade de maturité, Severus lui avait souvent confié des listes de plantes qu'il fallait récolter et Owen le faisait avec une grande confiance.
En agissant ainsi, certes son père lui avait donné un autre apprentissage théorique mais il lui avait aussi fait gagner un avantage considérable pour les cours de potions et de botanique qu'il allait suivre dès son arrivée à Poudlard. Lui n'avait pas vu les choses de cette façon. Il pensait simplement rendre service à son père et ne s'était pas rendu compte qu'il apprenait des choses qui lui seraient utiles plus tard.
Lorsque le cours prit fin, Owen n'était pas mécontent de sortir de cet endroit où ils étaient particulièrement à l'étroit. Être attentif au cours et constamment surveiller ses arrières n'étaient pas de tout repos et cela l'avait éreinté. Cependant, le plus dur restait à venir. Il lui faudrait se rendre en cours de vol et, cette fois, Draco ne serait pas là pour l'aider.
Owen fut nerveux durant toute la durée du repas. Il négligeait encore plus que les premiers jours sa façon de manger et bien peu de choses arrivaient à franchir la barrière de ses lèvres. Il n'appréciait pas de se retrouver totalement dans l'inconnu sans rien pour le guider. Il serait dans le noir total et deviendrait dès lors complètement aveugle.
Les autres ne dirent rien mais leur moue était clairement dégoutée. Severus, lui, fronçait les sourcils à la table des professeurs. Il ressentait la nervosité de son fils et un rapide coup d'œil à son emploi du temps lui fit comprendre la raison pour laquelle il était si agité.
Owen avait cours de vol cet après-midi. Il grimaça. Il se souvenait avoir acheté un balai pour enfant à son filleul lorsqu'il avait eu huit ans et Draco avait voulu le faire essayer à son camarade de jeu. Severus s'en souvenait très bien, c'est comme si son fils avait perdu tous ses repères, il s'était figé et était tombé du balai alors qu'il venait d'avancer d'un mètre à peine.
Son fils était tombé sans même tenter de se rattraper et n'avait pas voulu réitérer l'expérience depuis. Heureusement, la chute n'avait pas été bien haute et il avait toutes les protections nécessaires mais Severus savait que cela resterait une chose difficile pour lui, surtout sans savoir comment fonctionnait son sens de vision particulier.
– Rolanda? Tu as cours avec Owen cet après-midi… Je dois te dire… Il n'est pas… du tout à l'aise sur un balai. C'est comme s'il…perdait tous ses moyens. La seule fois où j'ai essayé avec lui, il était tétanisé…
La jeune femme prêtait une oreille attentive aux propos de son collègue. Elle aussi, comme l'ensemble du corps professoral, avait entendu parler du handicap visuel qui contraignait le garçon mais elle ignorait qu'il avait déjà essayé de monter sur un balai, même pour enfant.
– Je ferai attention, Severus, mais j'aimerais au moins qu'il essaie. Si ça ne va pas, je pourrai toujours lui donner des choses à faire pendant mon cours.
L'homme acquiesça. Il ne pouvait rien faire de plus et il ne pouvait s'empêcher d'espérer que tout se passerait bien. Son propre horaire lui indiquait qu'il avait cours avec des septième année et il ne pourrait donc pas assister à la leçon.
Le coeur lourd, il observa Owen terminer gauchement son repas, se lever et se laisser entrainer par ses camarades de maison, la tête basse. Il reconnaissait cette attitude, son fils était très nerveux et, de toute évidence, le souvenir de sa première expérience sur un balai était encore très vive dans son esprit. Il ne serait pas facile pour lui de rester en l'air sur son balai et encore moins de voler.
Il soupira et se dirigea vers son propre local. Donner cours sans penser à son fils ne serait pas chose aisée. Lucius avait raison de dire qu'il s'était attaché à lui comme s'il était de son sang. Owen était un garçon formidable, il avait beaucoup de qualités, il était calme et savait quand écouter et quand poser des questions. Il avait maintes fois épaulé son père et Severus chérissait ces moments plus que tout. Était-ce une bonne idée de venir travailler à Poudlard? Il ne cessait de se poser la question. Peut-être son fils aurait-il été mieux au Manoir Prince que dans une école de la taille d'un château après tout…
– Owen, tu viens? On va voler!
Le jeune Poufsouffle déglutit. Non, il ne voulait pas venir mais il n'avait pas le choix. En sortant de table, Justin, très excité par le cours qui allait suivre, l'avait tiré par la manche pour le trainer jusque sur le terrain de quidditch. Tout le monde ne parlait que du vol sans se rendre compte qu'Owen, lui, ne partageait pas leur enthousiaste.
Rolanda Bibine marchait d'un pas pressé vers le terrain de quidditch. Elle avait été retenue par un étudiant qui souhaitait réserver l'endroit pour entrainer son équipe et se dépêchait à présent de retrouver les étudiants de première année en priant pour qu'il n'y ait pas de catastrophe. Heureusement, bien que très enthousiastes, les enfants étaient restés bien sagement à côté des balais de l'école et aucun n'était dans les airs.
De nature pressée, la jeune femme salua sèchement quelques élèves qu'elle connaissait personnellement avant de se mettre bien en vue de tout le monde, en tête de la haie d'honneur formée par les élèves.
– Qu'attendez-vous? Tout le monde vient se placer à gauche de son balai, allez allez, dépêchez vous!
Du coin de l'œil elle vit un jeune Poufsouffle guider le fils de Severus au bon endroit et énonça la consigne suivante.
– Vous levez la main droite au dessus du balai et dites "debout".
Quelques élèves s'exécutèrent sans grand succès et elle en profita pour se diriger vers le fils de son collègue.
– Prenez le directement, Mr Snape. Vous l'enfourcherez en même temps que les autres.
Owen acquiesça mais il était loin d'être confiant. Entendre tout le monde crier "debout" l'angoissait plus qu'il ne voulait l'admettre et il était bien tenté de plaquer ses mains sur ses oreilles pour ne plus les entendre.
– Avec foi!
Beaucoup réussirent et Rolanda parut s'en satisfaire. Elle énonça les consignes pour enfourcher le balai correctement sans glisser et les Poufsouffle obtempérèrent avec joie. Ils allaient enfin passer à la pratique! Seul Owen ne manifestait rien. Il avait enfourché son balai comme les autres mais semblait désireux de ne pas décoller de sitôt.
Pourtant, lorsqu'elle siffla, il donna une impulsion au sol comme les autres et elle le vit s'envoler et gagner de la hauteur. Elle pinça les lèvres. Elle voyait bien que quelque chose n'allait pas. Le garçon continuait de monter et serrait le manche de toutes ses forces.
– Mr Snape, redescendez! Penchez vous en avant!
Mais Owen était complètement paralysé. Une fois de plus, il n'avait plus aucun repère et se trouvait dans le noir le plus total. Il voyait bien en bas qu'il y avait des auras blanches mais il n'arrivait pas à évaluer leur distance. Après un moment, il capta les consignes de son professeur et tenta de descendre. Il précipita ainsi sa chute et sans que Rolanda ne puisse faire quoi que ce soit, Owen bascula en avant et s'écrasa sur le sol avec son balai.
Elle retint un cri en entendant le bruit du choc. Il avait probablement dû se casser quelque chose. Rolanda grimaça. En quittant la grande salle, elle avait dit à Severus qu'il n'y avait pas de quoi s'inquiéter et que tout se passerait bien mais elle ne pensait pas que ça se passerait de cette façon.
Le coeur serré, elle se dirigea vers l'enfant qui gisait au sol, son balai à côté de lui, inanimé.
Les enfants la suivirent, encerclant le pauvre garçon qui venait de tomber et qui ne bougeait plus. Rolanda lança un sort pour le faire léviter et se tourna vers les enfants.
– Vous restez là, si je vois un seul balai dans les airs, vous serez renvoyé avant le temps de dire "quidditch", me suis-je bien fait comprendre?
– Oui professeur Bibine…
La jeune femme vit que le jeune Finch-Fletchley s'était avancé pour sortir des rangs mais le jeune Smith l'avait retenu par le poignet pour ne pas qu'il ait de problèmes. Elle se détourna des jeunes et emmena le blessé à sa suite, en direction de l'infirmerie de l'école.
Elle approchait des lieux lorsqu'elle se souvint de la nature particulière du garçon. Elle savait que le garçon était le fils de son collègue mais elle était tellement inquiète qu'elle avait failli oublier de prévenir l'homme. Rolanda lança immédiatement son sortilège de patronus avant de déposer l'enfant sur un lit.
– Poppy!
– Rolanda? Il est tombé?
La professeur de vol acquiesça et l'infirmière se mit immédiatement à la tâche. Elle lança les sorts de détection qu'elle connaissait et localisa une légère commotion au niveau de la tête mais le reste ne répondait pas au sort de diagnostic. Elle fronçait les sourcils et s'apprêtait à renouveler le sort lorsque Severus Snape fit son entrée dans les lieux.
– Severus?
– Je l'ai prévenu!
Mais le professeur Snape ne réagit pas, trop préoccupé par l'état de son fils. Il l'examina à son tour et le vit reprendre connaissance.
– Owen? Qu'est-ce qui s'est passé?
Rolanda était confuse. Elle avait tenté de rassurer son collègue en lui disant qu'elle surveillerait bien Owen et que tout se passerait bien mais elle n'avait pas réussi à tenir sa promesse. Elle expliqua rapidement la situation à son collègue et Severus retint un soupir. Il n'aurait jamais dû laisser son fils aller à son cours. Il savait que l'enfant serait paralysé exactement comme la première fois. Et voilà le résultat.
L'infirmière dévêtit son patient et découvrit les brisures sur les jambes du jeune garçon.
– Mais… mais c'est…
Severus soupira. Oui, vu la hauteur du choc, il était évident que les prothèses n'auraient pas tenu le choc. Elles étaient abimées. Rapidement, il lança un sort de magie avancée et laissa les prothèses se réparer d'elles-mêmes.
– Tu nous expliques?
Severus soupira une nouvelle fois. Il avait espéré taire cette partie de l'histoire mais il n'avait pas d'autre choix que de tout lui expliquer. Après tout, elle était l'infirmière de Poudlard et il valait mieux qu'elle sache tout ce qui concernait son fils. Ainsi, il décida de raconter le passé de l'enfant et les mystérieuses circonstances de sa naissance.
Owen, pendant ce temps, avait ouvert grand les yeux et tentait de se redresser. Très confus, il avait compris qu'il avait retrouvé tous ses sens mais sa tête lui faisait atrocement mal. Il la tint entre ses mains et grimaça. Il insista tout de même pour toucher ses jambes qu'il avait clairement senti se briser et fut rassuré de les trouver intacts et de parvenir à les remuer.
– Tout doux Owen… Tiens, une potion qui va t'aider.
L'enfant la prit sans protester et laissa son père le recoucher et le couvrir.
– Je le garde en observation jusque demain, Severus…
Le professeur de potions soupira. Oui, évidemment, il fallait s'en douter.
– Rolanda…
– J'ai compris, Severus. Je pensais que tout irait bien mais je me suis trompée. Pardon Mr Snape. Je vous dispense de leçon de vol.
Owen ne réagit pas. Malgré la potion, son corps avait été rudement secoué par le choc et il avait déjà refermé les yeux, très fatigué. Il avait entendu les propos de son professeur et était soulagé de ne plus devoir assister à ces cours stupides.
L'enfant s'abandonna à l'inconscience et ne vit pas Severus prendre un tabouret et s'asseoir à son chevet. L'homme s'en voulait. Il aurait dû insister auprès de sa collègue et ne pas laisser son fils assister à ce cours stupide. Lui-même avait un mauvais passif avec ces maudits engins volants.
Il était resté là sans se préoccuper des élèves qu'il avait libérés après avoir reçu le patronus de sa collègue. Il s'était pressé jusqu'à l'infirmerie où il avait rejoint les deux femmes au chevet de son enfant.
Son coeur s'était serré en le voyant inconscient allongé dans les draps blancs. Il avait eu peur. Très peur en le voyant si pâle. Puis il avait entendu l'explication de sa collègue et ses genoux avaient failli céder sous lui en apprenant que son fils avait fait une chute d'environ sept ou huit mètres. Puis il avait entendu le verdict de l'infirmière - la commotion cérébrale.
Bien évidemment, Owen n'avait aucune fracture puisque ses membres étaient factices. S'il n'avait pas eu les prothèses, peut-être ce serait-il cassé une jambe ou bien un poignet en se réceptionnant au sol. Plus jamais son fils ne volerait sur un balai. Enfin, lui ne le laisserait plus faire sans être là pour l'observer et, de toute façon, Owen ne voudrait surement plus tenter une nouvelle fois cette épreuve après ce qui venait d'arriver.
– Severus?
L'homme se tourna vers le directeur. Oui, évidemment, le grand Dumbledore savait toujours tout à propos de son personnel et il était de toute évidence confus de l'avoir vu quitter son poste pour rejoindre son fils. Il l'avait toujours connu strict, sévère et très esseulé. De plus, Severus n'avait pas passé particulièrement du temps avec son enfant et l'avait laissé se débrouiller un maximum sans jamais interférer. Alors pourquoi?
– Ton fils va bien?
– Oui, heureusement. Une commotion. Poppy le garde en observation jusqu'à demain.
– Bien, bien! Tu pourras reprendre tes cours dès demain alors!
Severus Snape soupira. Oui, évidemment, Dumbledore n'en avait cure de son fils, tout ce qui lui importait était d'avoir ses pions bien à leur place! Il avait toujours pratiqué ainsi et, de toute évidence, il n'avait aucunement l'intention de changer! Ne comprenait-il pas qu'il y avait plus important en jeu dans sa vie que ces stupides cours à présent?!
– Nous verrons, Albus!
Le vieil homme n'avait pas ajouté un mot de plus et avait quitté les lieux. Severus était furieux. Comment cet homme pouvait-il penser qu'il le suivrait sans rien dire en laissant son fils tout seul?
Doucement, il passa sa main dans les cheveux de son enfant au travers du bandage que l'infirmière avait laissé par précaution autour de sa tête. Comme il restait calme, Poppy n'avait pas ordonné qu'il parte et il était resté là un bon moment.
– Owen!
Severus se tourna vers les jeunes Poufsouffle qui étaient revenus du cours de vol. Certains étaient décoiffés d'avoir volé mais le jeune Justin était très inquiet.
L'infirmière revint au triple galop pour les inciter au calme et au silence. Owen avait besoin de repos et après quelques explications, elle mit les garçons dehors alors qu'un second professeur entrait dans la pièce.
Contrairement aux enfants, même si elle était clairement affolée, Pomona Chourave était entrée plus ou moins calmement à son tour dans l'infirmerie.
– Poppy, j'ai appris pour Mr Snape. Oh, Severus, tu es là!
Sa voix n'était pas très forte, à peine un murmure comme c'était de circonstance dans une infirmerie où les patients devaient se reposer.
– Tout va bien, Pomona, juste une légère commotion… Il va se reposer et ça ira.
Les deux professeurs discutèrent à voix basse et quittèrent les lieux afin d'assister au repas dans la grande salle. Severus était réticent mais Poppy lui avait certifié que le garçon serait sous sa surveillance et qu'elle ne le laisserait pas quitter l'infirmerie tant qu'elle n'aurait pas confirmation d'une amélioration de son état le lendemain matin.
Le maitre des potions avait donc quitté les lieux en priant la vieille femme de l'avertir s'il y avait la moindre évolution et avait rejoint la grande salle pour y prendre son repas.
Draco, lui, cherchait son frère des yeux. Il savait qu'Owen était très tendu à l'approche du cours de vol et il s'inquiétait de ne pas le voir assis à la table des Poufsouffle. Pire encore, ses camarades qui l'avaient entouré pas plus tard qu'hier mangeaient la tête basse en triturant le contenu de leur assiette.
Un œil à son parrain lui avait indiqué que l'homme était également nerveux et il ne fallait pas être un génie pour comprendre que quelque chose était arrivé à son frère, quelque chose de suffisamment mauvais pour inquiéter Severus et mettre au silence les malheureux blaireaux. Il fallait qu'il leur parle mais peut-être pas tout seul. Non, il avait bien remarqué quelques regards froids des camarades de maison de leur frère et il n'était pas certain de s'en sortir s'il les affrontait…en seul à seul. Non, il fallait qu'il interroge Severus.
Owen, de son côté, venait de se réveiller à l'infirmerie. Il avait encore mal à la tête mais ses prothèses n'avaient pas subi le moindre dégâts et, mieux encore, il avait retrouvé ses repères. Enfin, il pouvait "voir" à nouveau. Il se sentait soulagé et un peu moins perdu en étant en contact avec la terre ferme. Il n'aimait pas voler. Il n'avait pas apprécié sa première expérience et avec celle-ci, il avait définitivement fait son choix: il ne volerait jamais, c'était bien trop effrayant!
– Mr Snape, comment vous sentez-vous?
Le garçon eut une grimace avant de tenir à nouveau sa tête. Elle était serrée et il ne comprenait pas pourquoi.
– Ne touchez pas à votre tête, je vous ai mis un bandage pour totalement la sécuriser. Si tout va bien, je vous l'enlèverai demain matin. Encore de la douleur?
Owen acquiesça. Pour avoir une discussion facile avec l'enfant, l'infirmière avait rapidement compris que poser des questions fermées auxquelles on ne pouvait répondre que par oui ou par non était plus simple. Ainsi, elle put directement lui donner une potion et elle lui fournit même un peu de flan. Elle avait toujours été partisante des repas équilibrés et ne donnait jamais des choses trop sucrées, trop grasses ou, tout simplement, trop riches. Surtout après une pareille chute. Elle savait qu'une chute pouvait impacter le corps dans son intégralité et qu'un traumatisme à la tête pouvait engendrer des nausées et des vomissements.
– Ne vous inquiétez pas, Mr Snape, je vous garde en observation cette nuit. Je laisse la clochette près de vous, si vous vous sentez mal, sonnez-la, d'accord? Mangez, ça vous fera du bien!
Là encore, le garçon opina de la tête pour signifier son accord et mangea distraitement avec l'ustensile en faisant attention de ne pas s'en mettre partout. Il avait toujours eu plus de mal avec le flan et en plus, il n'avait pas très faim mais l'infirmière lui avait dit de manger et il obtempérait en faisant de son mieux.
Lorsqu'il eut terminé, il se recoucha et mit un moment à trouver une position agréable pour dormir. Le calme était revenu dans les couloirs et l'infirmière s'était installée dans ses quartiers attenants à l'infirmerie. Il tournait et se tournait dans tous les sens sans avoir aucune idée de l'heure qu'il était puisqu'il n'avait pas son horloge gravée qui lui permettait de mesurer le temps passé avec ses doigts. En plus, le bandage le gênait beaucoup et il avait très envie de l'enlever.
Il était en train de tirer dessus lorsqu'il fut secoué par une étrange sensation. La même qu'il avait ressentie la nuit dernière. Quelque chose se passait dans le château, quelque chose de lié à la curieuse aura rouge qui semblait produire le même effet lorsque son professeur de défense et lui étaient dans la même pièce. Il n'aimait pas cette sensation. Tout criait en lui "danger" et il ignorait pourquoi.
Certes, l'aura rouge symbolisait la magie noire ou quelque chose de très sombre en tout cas mais pourquoi ressentait-il ce danger permanent alors qu'il était censé suivre les cours du professeur qui devait justement leur apprendre à se défendre? Il l'ignorait, il n'en savait rien mais ce soir, il saurait.
Owen bascula en position assise sur le lit et, après avoir attendu suffisamment pour que les vertiges s'estompent, il se leva et se mit en marche.
