Titre :Amis par delà la mort

Raiting : M

Auteur : Bayla

Bêta correctrice :Resiliency6

Disclaimer :L'univers d'Harry Potter ne m'appartient pas, tout est à J.K Rowling ainsi que certaines références que je ferai sur certains films comme Twilight ou autres sont à leurs créateurs! Ulrich, Jay, Shia, Wonga, Kermitt le chef des oubliator, Naika, Mike, Annabelle, un stagiaire/recru et Skita, personnages figurants, sont de moi.

Particularité : Cette fiction comporte des passages/mentions difficiles comme viol, scène de violence. Mais elle parle également de relation hétérosexuelle, mais aussi, et surtout homosexuelle! Donc homophobes et âmes sensibles, vous savez ce qu'il vous attend.

Note : Il s'agit d'une fiction longue à chapitres. C'est ma deuxième fiction et j'espère qu'elle vous plaira.

Je vous souhaite une bonne lecture!

Chapitre 25 : Attaques

En silence, elle installa son feu mentor sur la table, face à tous, mais à sa surprise, Albus, une main sur sa poitrine et un peu vert, lui pria de commencer.

La veille dame s'empressa donc de donner le ton et leur parla de leur comportement inadmissible et qu'ils faisaient honte à l'Ordre et au monde sorcier. Puis, une fois remis, le défunt directeur leur rappela leur mission et leur rôle au sein de la communauté au lieu de se diviser, leur signalant que leurs agissements envers les créatures en particulier le décevait grandement.

Atterrissant en catastrophe au Cottage dans la même position dans laquelle ils étaient partis, Draco resta au sol avec son petit-ami qu'il hissa un peu plus pour le maintenir près de son torse et mieux l'enlacer.

Raffermissant inconsciemment sa prise, comme s'il avait encore peur qu'on le lui prenne, le blond releva la tête. Il aperçut en premier Blaise qui se tenait debout, une main enserrant son bras où du sang coulait légèrement. Puis, Ron passa dans son champ de vision pour s'occuper d'Hermione à quelque pas de lui.

Soulagé que tout le clan ait transplané et semblait bien aller, Draco reporta son attention sur son meilleur ami qui le regardait aussi.

Ce dernier le vit fixer son entaille pour ensuite lui faire un signe de tête afin de sortir. Hésitant à partir malgré que sa blessure cuisait et qu'il devait aller la soigner avant de donner faim aux vampires, Blaise posa ses yeux sur chacun d'eux. À première vue, tous paraissaient indemnes et il se sentit de trop devant la scène intime que les couples lui offraient. Rassuré, il s'éclipsa sans briser le silence qui régnait depuis leur arrivée et avec tout ça, l'absence de Ginny se faisait sentir.

29 janvier 2005, 17h.

Ne pouvant attendre plus longtemps après que Severus lui ait annoncé de quoi en retournait cette réunion d'urgence, Remus se pointa plus tôt que prévu au Cottage. Déboulant dans la maison bruyamment, il se précipita dans la cuisine sans n'y voir personne.

Son ventre se tordit douloureusement.

Étaient-ils plus mal en point qu'il le pensait? Gravement blessés? Tout ça le ramena un certain soir d'octobre.

Non, non, non ça n'allait pas recommencer ! Ça ne pouvait pas…

Il ravala un gémissement.

Tremblant et le cœur au bord des lèvres, il se retourna doucement. Il avait peur de lever les yeux à l'étage et surtout de devoir monter. Il se frotta le torse pour tenter de chasser le serrement qu'il ressentait.

Il craignait beaucoup ce qu'il pourrait trouver à l'étage. Mais en faisant face au salon, il les vit.

Ils se tenaient tous là, blottis les uns contre les autres. Harry qui reposait sa tête sur les genoux du blond, Ron et Hermione au pied d'Harry s'enlaçaient, Blaise gardait une jambe en contact avec Draco et touchant légèrement Hermione.

Il chancela de soulagement et se retint à l'encadrement.

– Tout le monde va bien?

Malgré son arrivée en fanfare, aucun n'avait daigné bouger, à peine avaient-ils regardé dans sa direction à sa question. Il ne sut s'il devait se sentir vexé du si peu de considération — quoi que le Cottage était très bien protégé — ou s'inquiéter de leur moment léthargique.

– Oui, leva la tête vers lui Draco, tu es au courant?

– Severus a reçu un appel de l'Ordre, Minerva et Albus leur ont passé un savon. Il m'a tenu informé puisque je vous vois régulièrement. Vous savez ce qui est arrivé?

– J'ai entendu un bruit, mais aucune odeur, mentionna Hermione sans se déloger de son compagnon. Je n'y ai pas accordé d'importance, j'étais persuadée que c'était Dobby.

– Ils ont dû prendre quelque chose pour retirer leur odeur ou la rendre moins forte, comme s'ils sortaient de la douche, suggéra tranquillement Harry

Les heures avaient passé depuis leur mésaventure et leur avaient permis de se calmer malgré le sentiment de trahison encore présent. Ils avaient pu dormir quelques heures avant d'attendre l'arrivée de Remus. La sécurité du Cottage et entre eux- l'odeur de chacun, les apaisaient - les avait aidés à récupérer plus vite, mais ils se sentaient à présent comme engourdis. Aucun n'avait envie de bouger.

– Ça, plus le fait que le Square comporte déjà beaucoup d'odeurs, dont la leur, dit Blaise, personne n'a réalisé que quelque chose clochait.

Remus acquiesça, ça avait du sens même si son sang bouillonnait de colère contenue.

– Je ne comprends toujours pas pourquoi l'Ordre s'attaque encore à vous ! C'est insensé ! Plus le temps passe et plus ils perdent des neurones ! C'est la première fois que je les voie si intolérants. J'ai déjà eu quelques conflits avec certains, mais pas tout un groupe et certainement pas avec un public !

– L'inconnu fait peur, Remus, soupira Hermione, et nombreux préfèrent rester étroit d'esprit plutôt que de tenter de comprendre. C'est malheureux, mais c'est comme ça, il faudrait plus de sensibilisation sur divers problèmes dits tabous en premier lieu et ensuite, probablement responsabiliser les sorciers, les faire réfléchir et s'informer par eux-même au lieu de se fier à des réponses toutes faites. Voir le pour et le contre et se faire sa propre opinons.

Le loup grogna tout bas. Il n'était pas du tout d'accord ! L'époque des chevaliers était révolue. Le monde moderne avait ouvert ses portes depuis longtemps, surtout chez les Moldus, alors pourquoi autant de haine ? Autant d'inconscience ? Ils jouaient avec la vie et les sentiments d'autrui, ne se rendaient-ils pas compte que leurs paroles pouvaient être blessantes ? Les créatures n'étaient pas toutes des êtres pourvus d'émotions et de conscience !

– Remus, est-ce que tu as obtenu des réponses entre temps pour que l'on puisse cacher notre odeur ? Questionna Harry. Ceux qui nous ont attaqués semble l'avoir trouvé, à moins qu'ils l'aient inventé. Mais je ne vois pas qui aurait pu en dehors de Severus ou Hermione.

– Il existe effectivement une lotion commerciale sur le marché, cela dit elle est plus ou moins efficace.

– Je l'ai trouvé efficace moi, dit Hermione en frissonnant au souvenir avec une douleur fantôme aux oreilles.

– Oui, bien sûr, ce n'est pas ce que je voulais dire, même Severus n'aurait pas pu se rendre compte de leur présence. Mais le laps de temps durant lequel elle fait effet est deux, voire trois fois plus court que ce qui est indiqué. Nombreuses potions à Sainte-Mangouste proviennent d'autres sorciers que Severus, mais sont également peu efficaces. Je vous laisserai la recette avec en plus quelques annotations pour la rendre plus stable, ça vous donnera un meilleur délai d'utilisation. Cette potion ne prend pas trop de temps et se réalise facilement, mais je ne veux pas déranger Severus pour ça, il est assez occupé comme ça.

Draco fronça les sourcils alors qu'il écoutait avec attention et le mit en corrélation avec la potion anti-aura. Mais cette dernière n'était efficace que contre des vampires, aux dernières nouvelles, et puis, son parrain ne l'avait pas commercialisé. Cependant, ce que le loup racontait leur donnait espoir, mais…

– Ça peut fonctionner aussi sur un vampire?

Remus se tourna pour le regarder et eut un temps d'arrêt.

– Eh bien, j'en parlerais à Severus, c'est lui le maître de potion. Je ne connais pas cette lotion, mais il pourra toujours la tester sur lui et je verrai si je capte son odeur. Au pire, il pourra peut-être la modifier, bien que ça risque de prendre du temps.

– Blaise et Draco, seront au moins protégés, mentionna Hermione. Ils ne penseront pas qu'ils vivent avec nous et donc pourraient les chercher ailleurs. Peut-être vont-ils vouloir tous savoir où nous nous trouvons avant d'attaquer.

Le blond sourit avec complaisance. Qu'il était beau rêver! Il se retint de secouer sa tête. Ces Griffondors !

– On pourrait mettre Poudlard en bouteille avec des si, lui répondit Remus. Bon, écoutez, je comprends que vous n'ayez pas l'esprit à ça, avec ce que vous avez vécu hier, mais je n'ajournerai pas notre session, je la raccourcirais seulement. Peut-être que ça pourra vous changer un peu les idées. J'attends l'un de vous dans le bureau.

Harry fut le premier à bouger, malgré le désagrément au Square, il avait hâte de sa rencontre avec Remus et était bien décidé à avoir le fin mot de l'histoire. C'est en se retrouvant tous réunis dans le salon, réalisant sa position avec Draco et qu'il observait Ron et Hermione avec bienveillance en face de lui que ça lui était revenu dans tout ce remue-ménage qu'était devenu leur vie depuis quelques mois.

Des semaines que ses amis et lui avaient comploté pour en découvrir la réponse sans obtenir de résultats probants. Cette question lui tenait assez à cœur, piquant sa curiosité assez pour qu'il en oublie un moment la déception de la veille.

Une fois en tête-à-tête, Remus, désirant s'assurer que ce n'était pas une réponse pour garder le clan calme, reposa à nouveau sa question.

– Comment tu te sens?

– Secoué, mais ça va, au moins Molly ignorait cet assaut, elle nous a écrit un peu plus tard pour s'excuser et nous interdire d'y retourner parce que c'est trop dangereux. Elle veut juste avoir des nouvelles de temps en temps et espère que l'Ordre va se réveiller, parce qu'ils lui font honte. Mais j'aurais aimé te parler de la Cabane Hurlante, ce soir.

Remus comprit que son ami ne souhaitait pas revenir sur ce qui s'était passé et accepta sa demande muette de ne pas insister. Tant qu'il n'aurait pas l'impression que cette attaque avait perturbé le clan ou l'un d'eux de façon personnelle.

– Que veux-tu savoir?

Pourquoi cette vieille bicoque l'intéressait-elle? Cet idiot n'avait quand même pas l'intention de se rendre à Poudlard!

– Est-ce que tu sors avec quelqu'un?

Hein? Pourquoi… ?

Il fouilla rapidement dans ses souvenirs.

Mais quel rapport avec… oh oui, leur première rencontre…

Le loup eut un sourire en coin.

– Tu ne lâcheras pas, hein?

– Non, s'amusa Harry.

Remus soupira.

Il n'avait pas prévu d'en parler si tôt. Avec une préférence pour après la guerre, avec les Mangemorts en prison et eux en sécurité. Mais maintenant, avec ce qu'ils s'étaient dit la veille, une petite part de lui se trouvait contente que quelqu'un sache ce secret qui lui tenait à cœur et qui le rendait heureux, ravi de pouvoir en discuter avec quelqu'un et afficher son bonheur. Parfois, ce secret où il devait faire semblant lui pesait et il se sentait terriblement seul.

– J'ai effectivement quelqu'un dans ma vie.

Harry sourit, triomphant, même si un soupçon d'anticipation le traversa et s'installa un peu mieux pour la suite des révélations.

– C'est un homme.

Oh!

Sous le choc, Harry se figea, la bouche légèrement ouverte.

– Mais… Et Tonk?

– Quoi, Tonk?

Le vampire se trémoussa mal-à-l'aise sur sa chaise.

– Bien… Elle commet toujours des gaffes en ta présence. Du moins plus que normal, et… elle parle souvent avec toi.

– C'est vrai que son comportement change un peu en ma compagnie.

Un peu? Songea Harry dubitatif en accentuant son regard.

– Quoi? S'exclama Remus, je ne suis pas aussi naïf que ce que les autres peuvent bien penser! Bon, j'ai pris un peu de temps à le constater ou peut-être que je refusais de le voir, même après remarque… Je n'ai juste pas encore trouvé le courage de lui dire qu'elle ne m'intéresse pas de cette façon.

Harry médita un instant sur ses paroles. Fallait être aveugle ou plutôt sourd pour ne pas entendre la tendresse qui perçait dans la voix de Remus et comprendre qu'il était amoureux. Il sursauta soudainement, rattrapé par la réalité en captant à nouveau la présence du loup-garou qui l'incommoda.

Le plus doucement possible, il se leva. Il ne savait pas trop comment le lui demander sans paraître malpoli ou ne pas démontrer d'effort pour lutter, mais il sentait qu'il ne tiendrait plus très longtemps.

– Eum, je… Dit Harry en pointant la porte. Je vais y aller.

– Oh! Oui, bien sûr, tu peux y aller.

30 janvier 2005

En entrant dans le bureau avec Remus, dès que ce dernier en referma la porte et réinstalla le sort de silence à vampires, Harry, à l'aise, lui parla, reprenant leur conversation de la veille.

– Pour en revenir à Tonk, quand elle a commencé à se comporter différemment en ta présence, est-ce que ça veut dire que tu étais intéressé par quelqu'un d'autre? Que tu sortais déjà avec quelqu'un?

Remus ne put s'empêcher de détourner le regard, se sentant quand même mal des sentiments qui s'étaient développés à cette période particulière.

Le geste et l'odeur de culpabilité rendirent curieux Harry.

– Oui. On s'est mis ensemble peu après le décès de tes parents.

À ce mot, le Survivant se dressa en se prenant une bouffée de l'odeur du loup au moment où ce dernier se cala au fond de sa chaise, mais il tenta de l'ignorer pour rester à l'affût de nouvelle information sur sa famille et impressionné que leur couple ait durée autant d'années.

Savoir ça lui donna confiance en l'avenir, qu'il pourrait vivre heureux avec Draco pendant des années, dessiècles, même s'ils auraient leurs hauts et leurs bas, ils affronteraient tout ça ensemble. S'imaginer un bref instant cette possibilité d'un avenir radieux, Harry ne put retenir un petit sourire de percer sur ses lèvres, mais il se força à revenir au présent. Ce n'était pas le moment de rêvasser d'un futur incertain. Pas encore.

– Et puis-je espérer connaître son nom?

Ne pouvant empêcher son regard de devenir tendre à l'évocation, Remus croisa les yeux d'Harry.

– Severus!

– Oh, bien, Sev est… Attends! Quoi? S'ahurit Harry.

Avait-il bien entendu?

– Je suis son calice.

– Comment c'est possible? S'exclama le vampire.

Et dire qu'il n'avait rien remarqué.

– Aucune idée, du moins rien de prouvé. J'ignore même s'il y a déjà eu des précédents par le passé, je n'ai rien trouvé à ce sujet, tout est tellement caché. Mais, je pense que mon loup l'a choisi lorsqu'on étudiait à Poudlard. Et bien que des années se soient écoulées, quand nous nous sommes croisés, Lunard l'a reconnu. C'est la seule explication que je vois pour le fait qu'il l'ait gardé en vie malgré sa nature.

– Mais, et Sev?

– Ça, c'est une bonne question. Il était un jeune vampire et n'avait jamais senti de lycanthropes depuis sa transformation.

– La première fois que je t'ai aperçu en tant que créature, j'avais le même problème, pourtant je l'ai tout de suite compris.

– Vrai, mais tu sais depuis ton adolescence ce que je suis, ça a pu influencer sur l'intensité de l'odeur… ou que l'intensité dépende des vampires. Dit-il pensivement en songeant qu'il pourrait en faire un sujet de recherche dans son temps perdu… Mais la première fois qu'on s'est revus remonte au décès de tes parents. Nous étions jeunes et peu connaisseurs, autrement que part la théorie apprise à l'école, de l'espèce ennemie. Et puis, je suppose que le chagrin le lui a fait occulter, mais, pour la suite, je ne pourrais pas te dire pourquoi son instinct s'est tu. Comme il n'avait pas semblé au courant de ma particularité, j'ai continué à tout mettre en œuvre pour la cacher. Il a découvert ma lycanthropie au mois de décembre et uniquement, car il a senti mon odeur et que c'est un animal qui est apparu devant lui. Je pense qu'enfant, Lunard, en voyant Severus, l'a en quelque sorte marqué et que même en créatures, nos magies se sont reconnues et que ça fait en sorte que Sev ne soit pas importuné par ce que je suis.

– Ça expliquerait pourquoi il s'est retenu d'attaquer, car on ignore qui deviendra notre calice simplement en le regardant, approuva l'hypothèse Harry qui essayait de comprendre.

– Oui. Je sais aussi que l'idée de me mordre ne l'a jamais attiré lorsque nous étions seuls… Enfin, c'est du passé et j'ai depuis longtemps arrêté de me questionner. Je sais juste que c'est possible et que si on rencontre quelqu'un avec ce problème, nous pourrons lui dire que c'est quand même faisable. Mais est-ce qu'un lycanthrope s'imprégnerait d'un buveur de sang sans l'avoir déjà croisé auparavant en tant qu'humain? Ça, je l'ignore.

– Mais… réalisa Harry, l'autre jour quand tu as mentionné que tu connaissais un calice, c'était vrai ou c'était ta propre expérience dont tu me parlais?

– De la mienne. Nous n'avons pas beaucoup côtoyé de vampires et lorsque c'était le cas, c'était plus du côté Mangemort et donc c'était trop risqué de discuter de ce genre de chose.

– Et Severus, il a toujours parlé par vécu et non sur le fait qu'il avait effectué des recherches pour moi, hein?

– Oh si, il en a fait au début. Les symptômes que vous lui aviez racontés suite à la blessure de ton blond l'ont rendu perplexe. Vous n'aviez réalisé aucun lien, et c'était comme si c'était le cas. Alors oui, il a fait des recherches, par la suite, c'était de ce qu'il savait… Tu te souviens quand tu m'as demandé pourquoi tu ne pouvais sentir mon odeur dans la Cabane Hurlante?

– Oui.

– Bien, je ne t'ai pas tout dit. En réalité, c'est parce que comme je suis le calice de Severus, je porte son odeur lorsque nous nous retrouvons face à un buveur de sang. De même qu'un lycan penserait que Sev appartient à sa race, et ce même si ça fait seulement quelques minutes que nous nous tenons proches l'un de l'autre et que nous ne nous sommes pas vus depuis un moment. C'est une façon d'éviter de se faire tuer. Si par exemple Severus était ici avec nous et que tu avais été un loup-garou, mon odeur aurait pris l'ascendant sur celle du vampire et Severus aurait senti un loup.

– C'est… Harry chercha ses mots après cette information soudaine. C'est complexe comme procédé. Je... Je n'aurais jamais imaginé qu'être une créature de la nuit pouvait apporter ce genre de… protection. En fait je n'aurais jamais cru possible ce genre d'entente.

Remus acquiesça parfaitement d'accord avec ces paroles. Eux-mêmes l'ignoraient à l'époque et l'avaient découvert par hasard. Il avait d'ailleurs cru faire une syncope cette fois-là tant il avait eu peur que le Mangemort comprenne que quelque chose n'allait pas avec eux. Ensuite, il avait suffi d'être prudent pour que ledit Mangemort ne réalise pas que Severus était un vampire, ce qui avait été le plus difficile. Après cet épisode, ils s'étaient promis de se montrer le moins possible ensemble en public. Les risques étaient trop grands.

Puis, voyant que le silence perdurait, chacun considérant ce qui venait d'être dit, Remus décida de mettre fin à leur conversation.

– Eh bien, pour un sixième entretien, je trouve que tu as réalisé, comme tes deux amis, d'excellents progrès. Nous en sommes presque à une demi-heure, et ce sans que tu éprouves une grande difficulté. Tu sembles bien t'adapter à ma nature.

– Oui, eut un grand sourire Harry, je suis assez content de ce que j'ai accompli depuis notre première rencontre. C'est de plus en plus facile chaque jour que nous nous voyons.

– Bien. Nous poursuivrons cette conversation demain, je ne voudrais pas que nous forcions trop les temps.

– D'accord, et puis c'est vrai que je commence à m'agiter, se leva sans rechigner Harry avant de se rappeler d'un truc. Oh! Une dernière petite chose, tu as déjà parlé avec Draco?

– Eh bien, je pensais à présent que tu sais pour moi, que tu pourrais lui en glisser un mot. En privé par contre, comme ça, il aura le temps de formuler ses questions, et je pourrais discuter avec lui demain ou à un autre moment s'il le souhaite.

– Parfait! lui sourit Harry, et vu que j'ai pas mal fait le tour pour moi, je vais pouvoir y réfléchir pendant que tu t'entretiens avec lui et on pourra regrouper nos impressions. S'il veut. J'espère que ça nous aidera à prendre une décision, mais pour l'instant j'ai besoin d'une pause. C'est beaucoup d'un coup.

31 janvier2005

Assis autour d'une petite table dans le salon, Draco fixait l'échiquier. Il tentait de percer la faille dans le jeu de Blaise, tout en pensant à cette connexion qui l'unissait à Harry et qui lui semblait plus forte depuis quelques heures. Ça n'aidait pas à le rendre moins confus et à prendre une décision. Il avait beaucoup lu, Harry et lui avaient utilisé à quelques reprises le lien télépathique et ils avaient testé légèrement pour savoir où l'autre se trouvait, comment il se sentait et le vampire en était moins épuisé. Ce qui n'était pas juste, lui aussi voulait profiter du lien!

Il avança sa reine, sans écouter ses cris outrés ni voir qu'il la plaçait directement dans la mire d'un pion.

Il avait découvert que, s'il devait y avoir recourt, ça l'épuiserait et ce peu importe le nombre de pratiques qu'il pourrait effectuer. Ça avait beau être le vampire qui devait assurer leur protection, mais tout de même, il n'était pas la demoiselle en détresse! Il voulait être utile lui aussi, pas seulement servir de garde-manger! Quoique, s'il devait se montrer tout à fait honnête avec lui-même, il aimait que son petit-ami boive sur lui. Il le réclamait même, bien qu'il faisait croire à Harry que c'était uniquement pour l'aider.

Et puis, bon… si Harry s'avérait en danger, comme avant Noël, il pourrait user du lien pour le retrouver, mais dans le temps, il l'ignorait et avec leur connexion incomplète, ses chances de réussite auraient été minces. Il était un sorcier puissant bien sûr, et il avait confiance en ses capacités, persuadées qu'il aurait pu trouver des indices en s'en servant, mais de là à pouvoir prévenir Ron à temps, ça, c'était autre chose. Probablement qu'il aurait dormi une heure ou plus juste avant de pouvoir faire et dire quoique ce soit.

Le ricanement moqueur de Blaise le ramena au présent. Ce n'était pas la première fois, malheureusement pour lui. Plus d'une fois, il avait réalisé de très mauvais mouvements.

Trop.

Lui qui voulait demeurer discret, voilà qu'il venait d'alerter son meilleur ami. Il allait l'avoir sur le dos le reste de la nuit…

Il jeta un regard noir à son meilleur ami avant que ses pensées se mettent encore à vagabonder, revenant en particulier quelques heures plus tôt.

Il avait fallu que cette connexion le fasse paniquer… encore. Comme ça, pour rien, comme si ce foutu lien refusait qu'il prenne soin du vampire. Pourtant, quand ils étaient arrivés, après un moment, Harry avait fini par se détendre dans ses bras et il avait réussi à le convaincre de se déplacer au canapé. C'est qu'il commençait à avoir des crampes aux jambes. Ils y étaient restés un certain temps, avant que Harry ne se sente assez bien pour se séparer de lui et qu'ils montent se coucher, leurs amis ayant déjà disparu.

C'est une fois seule dans sa chambre silencieuse et un peu froide que la pièce lui avait paru immense, et une vague de solitude l'avait frappé. Comme s'il se trouvait au fin fond d'une forêt depuis des semaines avec moult péripéties qui donnaient l'impression que ça ne se terminerait jamais, l'abattant.

Et comme si ce n'était pas assez, il ne s'était plus senti en sécurité, comme quand il avait été un espion et qu'il craignait qu'un Mangemort découvre son secret et qu'il déboulerait dans sa chambre pour le tuer. Son cœur, ou plutôt le lien lui avait alors susurré de retrouver Harry.

Mais il n'en était pas question, il avait sa fierté! Il n'était pas faible! Il n'avait besoin de personne et encore moins des caresses du vampire! Hors de question qu'il cherche la présence ou le toucher d'Harry. Sans le lien, il pouvait en faire abstraction, ce n'était pas dit que cette connexion allait le diriger!

Mais plus les secondes s'étaient étirées et plus il s'était senti mal et son envie de voir Harry grandissait. Au final, la petite voix qui lui susurrait qu'en y allant plus tôt, qu'il serait plus en contrôle de lui, n'aurait pas de larmes aux yeux et retournerait vaquer à ses affaires en quelques minutes gagna et il avait été rejoindre Harry.

Maintenant que ce moment extrêmement honteux était passé, il se trouvait quand même chanceux. De ce qu'il avait réussi à décortiquer, il ne vivait pas le lien comme Harry. Ce n'était pas une obsession à proprement parler et donc beaucoup moins prononcée et exacerbée que ce que Harry pouvait éprouver. Au moins ça! C'était déjà assez mortifiant d'avoir dû réclamer ses bras quand il avait failli mourir et ensuite lorsque Blaise n'avait pas voulu lui dire son secret…

Puis, cet après-midi, après la chasse du Survivant, en s'installant dans le salon pour attendre Remus, il avait senti une autre crise se profiler, sans qu'il n'en sache la cause cette fois. Il n'aurait probablement pas dû retourner à sa chambre si vite. Il s'était senti un peu mieux, mais pas complètement remis. Lorsqu'il s'était éloigné, il l'avait fait à contrecœur et puis, si Harry était encore un peu sous le choc ou pas totalement remis lui-même, ça rentrait peut-être en ligne de compte.

Il avait failli sursauter quand Harry s'était penché pour mettre sa tête sur ses genoux avec une main légèrement serrée sur sa cuisse. Le vampire était très détendu, mais également prêt à se lever d'un coup pour les défendre. Le lien éteint, rassuré par sa présence, il avait osé jouer un peu avec ses cheveux.

Se rendant compte qu'il rêvassait, il cligna des yeux pour se focaliser sur son environnement.

Bon sang! Pourquoi ce n'était pas lui qui avait été voir le loup au lieu d'attendre que les vampires terminent leur entretien? Ça lui éviterait les moqueries de son meilleur ami, et de se perdre, sans arrêt, dans ses pensées!

La veille, avant de partir, Remus avait convoqué Blaise pour lui parler et connaître son point de vue sur l'entraînement et ce soir, c'était son tour. Mais avec la nouvelle que Harry lui avait annoncée sur la particularité entre Remus et Severus, il se sentait sensiblement nerveux. Il avait été tellement scotché qu'il n'avait pas su quoi répondre au vampire et avait passé le reste de la nuit à réfléchir s'il voulait se confier au loup et comment l'aborder. Il avait la parfaite occasion de le faire ce soir sans que cela puisse paraître étrange ou qu'on lui pose des questions.

Le cavalier en main, il détourna son regard du plateau vers l'embrasure du salon, ayant aperçu une ombre du coin de l'œil.

Hermione

– Draco, c'est à toi!

Reposant la pièce sans grande attention, il se leva en remerciant d'un hochement de tête la femme.

Quand il entra dans le bureau, son estomac tentait de prendre la tangente avec un balai de Quidditch. Prenant place sur une chaise en face de Remus, le blond se composa un masque comme pendant ses années d'école et se mit à raconter comme Blaise ce qui se passait. Sa version différa à peine de celle de son ami. De temps à autre, Remus lui posait des questions sur le trio et il voyait bien que le loup tentait de le mettre à l'aise, mais ça ne fonctionnait pas vraiment. Malgré que l'aîné ait brisé la glace, il n'arrivait toujours pas à aborder le sujet qui l'avait maintenu éveillé. Il aurait bien voulu, mais dès qu'il essayait, tout s'embrouillait dans sa tête et les questions ne voulaient plus sortir.

La conversation ne dura finalement pas très longtemps, mais juste avant de partir, Remus l'empêcha de sortir un court instant pour lui remettre un livre : Créature magique et lien existant envers des êtres vivants, volume 17. Qui pourrait les aider un peu sur ce que le lien pourrait faire et aussi pour le prévenir de son absence un certain temps, et qui lui permettra d'évaluer le trio.

Le loup tenait à s'assurer que leur entraînement était utile et que ce n'était pas toujours à recommencer parce qu'ils ne côtoyaient pas sur une base régulière un loup-garou.

1er février, Manoir Prince.

Allongé dans son lit, Remus, un doux sourire aux lèvres, frotta un peu plus sa tête sur son oreiller, perdu dans la douce torpeur du rêve et de réalité. Il venait de passer une excellente nuit, aucun réveil en sursaut, ni de lever aux aurores. Ça ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Un petit gémissement de contentement franchit ses lèvres et il serra un peu plus son oreiller. Il se sentait si bien dans ce cocon de douceur, son lit se trouvait juste assez moelleux et chaud qu'il ne voulait plus bouger.

Les yeux toujours fermés, il inspira profondément, savourant ce moment avant de froncer les sourcils.

Depuis quand son oreiller était-il frais?

Il frotta encore une fois sa tête dessus et releva paresseusement sa main pour tâter l'objet incriminé, croyant difficilement que ça puisse être aussi moelleux. Il avait jeté des sortilèges sans s'en rappeler?

Et… C'était bien un bras qui l'entourait?

Mais, que…

Le cœur battant la chamade, il ouvrit les yeux sur le coup, tout en ne bougeant pas d'un millimètre par peur de se faire repérer. Il fit rapidement face à la table de chevet qui le soulagea légèrement en reconnaissant la lampe artisanale que Sirius lui avait confectionnée adolescent lors d'un cours de Métamorphose. Elle jurait avec le reste de sa décoration. Difforme, avec une couleur affreuse, un pied qui ne tenait que par miracle… mais faudrait lui passer sur le corps pour la jeter!

Puis, tout s'éclaira.

Severus.

Une bouffée d'amour l'envahit et son corps se relâcha. C'était si rare qu'ils puissent se réveiller ensemble, passer même toute une nuit avec l'autre. Avec paresse, Remus s'étira comme un chat et leva la tête pour observer son compagnon.

Un sourire tendre fleuri sur ses lèvres en le voyant dormir. Sans pouvoir s'en empêcher, il tendit le bras et lui caressa doucement le visage, allant jusqu'à retirer une mèche imaginaire de sa tempe.

Mais tout à sa contemplation, un soupçon d'inquiétude le traversa. Le vampire devait vraiment être fatigué. C'était quand la dernière fois qu'il avait pu se reposer? Depuis combien de temps ne s'étaient-ils pas organisés de moments ensemble, autres qu'une visite de cinq minutes pour nourrir son compagnon?

Il hoqueta silencieusement et se tendit. Une centaine de scénarios s'infiltra sous sa rétine avec force, tous pire les uns que les autres. Quelque chose de grave allait arriver! Merlin, et si les Mangemorts l'avaient repérer? Severus allait être découvert…

Ils devaient partir d'ici, se mettre à l'abri…

Mais l'idée même de bouger exacerba ses sens. Il avait la sensation de se tenir à un millimètre du bord de son lit. Sa cage thoracique se compressa douloureusement alors que son cœur battait frénétiquement contre ses côtes et qui se répercutait dans ses oreilles. Il était persuadé que toute l'Angleterre devait l'entendre et sa peur se diffusa un peu plus dans ses veines, raccourcissant encore plus sa respiration… qui semblait le rapprocher d'un précipice sans fond.

Tous ses sens en alerte, Severus se réveilla en sursaut et sentit qu'un poids s'accrochait à son torse. Surpris et confus, ne sachant même pas où il se trouvait, il eut le réflexe de se dégager, repoussant ce qui l'entravait. Ce n'est qu'une fois libre et ressentant une vague de terreur qu'il réalisa la présence de son compagnon. Il lui fallut quelques secondes de plus pour le repérer à l'autre bout de leur lit, tremblotant.

Un brin coupable de ne pas avoir reconnu son calice et de l'avoir repoussé, il se rapprocha pour le prendre dans ses bras. Mais ce sentiment fut vite balayé par ce qu'il ressentait dans le lien et ses yeux se dorèrent, teintés de légères paillettes rouges et ses crocs menaçaient de s'allonger.

Aux aguets, mais reconnaissant son environnement, il tendit l'oreille à la recherche d'un intrus dans leur maison. En même temps, il prit une profonde respiration pour repérer une éventuelle trace de sang alors qu'inconsciemment, ses mains tâtèrent son calice à la recherche d'une blessure. Sans rien trouver…

Et Remus qui continuait à garder le silence et se cramponnait à lui comme si sa vie en dépendait.

– Hey petit lion, qu'est-ce qui t'arrive?

– Je, je ne sais pas, je me sentais bien et la seconde suivante, je, j'ai paniqué, marmonna Remus qui garda son visage caché et le ceintura un peu plus fort… Partons d'ici! Allons vivre ailleurs! Changeons de noms…

Le cœur de Severus se pinça douloureusement et il resserra sa prise.

C'était de sa faute. Ils se voyaient tellement peu ces temps-ci que son calice subissait les effets secondaires du lien en plus de se sentir délaissé.

Pour aider son loup, Severus le caressa un long moment tout en lui murmurant des paroles de réconfort.

Il détestait agir de façon si mielleuse, autant parce que ce n'était pas lui, que parce ça signifiait qu'il poussait son calice dans ses limites et de ce fait activait son rôle de vampire protecteur. Et puis, ça donnait des munitions à son compagnon pour négocier.

Ce n'est que de nombreuses minutes plus tard, lorsque le ventre de Remus gargouilla qu'ils se levèrent avec résignation.

– Va prendre une douche, je vais voir ce que je peux faire pour ton estomac. Mentionna Severus.

Son calice en avait bien besoin, il portait un peu trop l'odeur d'un autre clan que le sien, selon lui.

Il ignora son soupir et le suivit des yeux un court moment pour s'assurer qu'il allait mieux. Surtout que son compagnon se mouvait lentement en partant à la recherche de vêtements propres dans leur tiroir. Puis, comme il se dirigeait vers leur douche annexée à la chambre, Severus sortit pour lui préparer un repas consistant, même s'il savait que Remus souhaitait qu'il le rejoigne.

Il garda cependant un œil sur leur lien, son loup semblait tellement à des années-lumière d'ici.

En descendant les marches, il se frotta la poitrine en ligne du cœur. Leur connexion lui était douloureuse, clamant que son compagnon avait encore besoin de lui. Se rendre dans la cuisine ne fut pas très aisé, chaque pas qui l'éloignait faisait tirailler le lien. Mais Remus avait besoin de se nourrir.

XxX

Il venait de terminer le déjeuner et déposer le pichet de jus sur la table quand il releva la tête pour voir Remus entrer, les cheveux encore humides. Il lui fit un petit signe de tête en guise de bienvenu et suivit une gouttelette d'eau de son oreille jusqu'à l'encolure de son chandail avant de se reprendre. Continuant d'ignorer le lien, il l'observa s'asseoir, puis passant à ses côtés, il lui caressa la nuque et le laissa manger seul. Lui aussi devait prendre une douche qu'il s'empressa tout de même d'expédier rapidement.

Quant à Remus, il repensait à la veille et ce qu'il avait oublié de mentionner à son compagnon. Sa fatigue avait pris le pas et il ne se souvenait même plus de ce que Severus lui avait dit en dernier. Il rougit à l'idée d'être tombé endormi alors qu'il parlait.

Il cherchait encore la meilleure manière de le lui formuler quand Severus se présenta en cuisine.

Se tournant vers lui à la seconde où Severus apparut dans le cadre de porte, une vague de tendresse l'envahit en sachant que ce bel homme qui se tenait devant lui était le sien. Et il l'avait tout pour lui aujourd'hui. Comme il partait le soir même et qu'il ignorait le temps que ça lui prendrait, comme souvent quand il partait en mission, Severus s'était débrouillé pour qu'on ne le dérange pas. Et c'est ce qui lui permettait de supporter la douleur du lien en ce moment.

Car bien qu'il ne le montrait pas souvent, Remus savait que son vampire savourait tous les moments qu'ils pouvaient obtenir, et ce même si ça signifiait passer la journée au soleil. Et il ne pouvait absolument pas reporter ce rassemblement de loups-garous, même s'il ne voyait plus l'Ordre. Pour l'instant, il n'avait pas à vérifier par-dessus son épaule et souhaitait que ça reste comme ça. Il espérait toutefois que ce soit la dernière. Il allait devoir les convaincre que ça devenait trop risqué pour lui et qu'il allait devoir se tenir tranquille un certain temps pour éloigner les soupçons de l'Ordre du phénix sur lui.

En racontant aux lycanthropes ennemis qu'il pouvait encore leur être utile, que l'Ordre était seulement sur les nerfs à cause de Harry et ses amis, il devrait pouvoir s'en sortir. Il préférait néanmoins conserver un portoloin d'urgence, sait-on jamais avec ses cinglés comment ils pouvaient réagir.

Tout en repensant aux jeunes avec qui il avait discuté la veille et dont l'état l'inquiétait, le loup attendit patiemment que son amant se serve un thé. Ce n'est que quand il le vit fermer les yeux de contentement après sa première gorgée, qu'il lui fit part de sa préoccupation. Autant l'avoir dans de bonnes dispositions.

– J'ai constaté hier au Cottage que notre trio légendaire travaillait beaucoup trop. Ils devraient prendre une pause. C'est beaucoup trop intense. On a juste besoin d'observer la façon dont ils s'entraînent. Ils sont épuisés, seuls Draco et Blaise semblent avoir récupéré.

Severus ouvrit les yeux et le scruta quelques secondes en silence comme s'il cherchait une réponse dans sa posture. Remus semblait sérieux avec probablement une idée.

– Et que veux-tu qu'on fasse?

– Les forcer à se reposer, au moins une journée, un week-end.

Severus le regarda avec intérêt.

– Tu veux qu'on aille les visiter? Juste pour discuter?

– Oui! Tu leur as dit ce qu'ils devaient faire, les entraînes depuis la mi-décembre. Nous en sommes au début de février et ils n'ont pas arrêté. Un regard suffit pour comprendre qu'ils s'appliquent énormément.

– Remus, soupira Severus, las.

– Oh allez Severus… L'implora Remus qui tenta de le convaincre, ils vont se tuer à la tâche sinon. Et puis, dans l'état des choses, ils ne pourront pas malgré leur progrès, vaincre qui que ce soit s'ils sont épuisés mentalement et physiquement. Je ne sais pas moi, trouve une façon de les persuader de dormir la nu… le jour!

Et plus Remus plaidait sa cause, plus il s'était approché de son vampire, l'enjôlant, lui caressant le bras, laissa ses mains parcourir avec paresse le torse ferme, frôlant la limite du pantalon. Parfois un doigt se glissait sous la ceinture.

N'étant pas un saint, Severus s'était vu abdiquer au bout de 10 ridicules petites minutes. D'un geste sec, il le fit chuter sur ses genoux et l'embrassa avec possessivité, capturant le sourire qu'il sentait poindre sur les lèvres de son calice. Mais il en voulut rapidement plus, les petits bisous sur sa mâchoire et dans son cou n'avaient fait que l'enflammer un peu plus.

D'une prise ferme sur les cuisses de Remus, il les leva et utilisa les ombres pour se déplacer en quelques secondes jusqu'à leur chambre et l'allonger sur leur matelas.

Ça avait du bon d'être vampire.

Le surplombant de toute sa hauteur, il vit le regard amoureux de son compagnon et tout l'amour et la tendresse que ce dernier lui portait. Tellement que ça lui prit aux tripes et une boule se forma dans sa gorge. Il ne méritait pas toute cette adoration, il n'avait rien fait pour. Puis, il vit Remus lever son bras pour l'inciter à s'approcher et entourer son cou, ce qu'il fit et le laissa diriger un instant le baiser…

Oh le petit…

Remus en avait profité pour le distraire et déboutonner sa chemise, assez pour qu'il ne puisse plus songer à arrêter.

Ce n'est que plus tard ce jour-là, après avoir éteint le feu ardent qui coulait dans leurs veines qu'ils daignèrent sortir de leur chambre pour se promener un moment sur la propriété avant de préférer se trouver un petit coin tranquille à l'ombre pour se cajoler, savourer la présence et l'odeur rassurantes de l'autre.

XxX

Pendant ce temps, dans le Cottage, Draco confortablement allongé dans son lit, lisait le bouquin que Remus lui avait prêté la veille. Pour une fois qu'il n'avait pas envie de se lever aussitôt réveillé.

Il venait à peine de terminer l'introduction, un peu longue il devait l'avouer, quand des coups à la porte se firent entendre. Relevant la tête avec un froncement de sourcil, il se demanda qui pouvait bien le déranger.

– Draco?

Malgré sa voix étouffée, il reconnut aisément son meilleur ami.

– Draco, tout va bien?

– Oui.

– T'es sûr?

– Oui, Blaise!

– Non, mais parce qu'il est 17h et t'es toujours pas sorti.

Draco leva les yeux au plafond. Ce qu'il pouvait être papa poule quand il s'y mettait.

– Tout va bien, Blaise!

Le connaissant, le métis allait rappliquer en dedans de cinq minutes, et ce jusqu'à ce qu'il sorte ou puisse le voir.

Comprenant que sa soirée à paresser disparaissait, Draco marqua sa page et referma l'épais volume avec un peu de brusquerie. Puis, repoussa les couvertures et se prépara rapidement à coup de baguette pour faire son lit, s'habiller ou se coiffer, presser de poursuivre sa lecture.

Il descendit ensuite au rez-de-chaussée un livre sous le bras, là au moins, Blaise arrêterait de s'inquiéter parce qu'il serait resté trop longtemps dans sa chambre.

En poussant la large porte de la bibliothèque, il s'étonna, surtout de si bonne heure, d'y apercevoir son petit-ami qui se tourna au bruit. Son regard se détourna toutefois de la table où un livre était ouvert, puis il reporta son attention sur Harry et releva le bras pour le mettre devant son torse et lui montrer ce qu'il apportait. En le voyant se redresser, le blond sut qu'il avait attisé sa curiosité.

– Remus me l'a offert avant de partir, répondit-il à sa question muette.

Il s'installa du même côté du vampire et ouvrit son livre où il était rendu. Il voulut parler, mais referma aussitôt sa bouche en se souvenant au dernier instant que d'autres pouvaient les entendre et ce n'était pas quelque chose qu'ils voulaient. Surtout pas maintenant.

Harry semblait avoir réalisé la même chose puisqu'il lui prit rapidement des mains le bouquin en silence et tassa1le sien plus loin sans plus s'en préoccuper. Le vampire regarda au début puis à la fin de l'ouvrage. L'épaisseur de ce livre le décourageait, il devait compétitionner1avec l'Histoire de Poudlard.

Le blond plissa des yeux sans comprendre ce qu'il cherchait et se demandant comment ils allaient communiquer. Écrire semblait assez long et risquait d'être frustrant. Puis, il l'observa lire la table des matières avant qu'il lui pointe un titre qui l'attirait.

Oui ça pouvait être une idée, ce livre paraissait contenir beaucoup d'information qui n'était pas nécessairement reliée à ce qu'ils voulaient dans l'immédiat, il pourrait lire le reste plus tard… il lui reprit le livre et se rendit au chapitre 11 « Liens brisés/incomplet/résorbé». Il redoutait le chapitre 12 par contre, ayant eu le temps de voir le titre : « Les désavantages ».

Lisant tranquillement, il vit un doigt pâle passer devant ses yeux pour pointer un mot plus bas d'où il était rendu. Cette section parlait des trois étapes pour devenir un calice chose qu'ils savaient déjà, mais lu quand même ce que son petit-ami voulait qu'il voit à propos de… — il remonta ses yeux de quelques lignes- la troisième étape. Son parrain leur avait déjà dit qu'elle n'était pas obligatoire à franchir, mais il y avait une information de plus. Impossible de briser le lien hormis parla mort ou si un autre vampire le possédait, mais entre les lignes il comprit que l'obsession de Harry — qui est rare, mais possible lors decoups durs— pouvait disparaître et ne les dérange plus à condition que Harry arrête de boire sur lui et qu'ils ne se voient peu, voire pas du tout, pour au moins un an.

Il sentit un froid glacial s'emparer de tout son être jusqu'au creux de ses os.

Ne plus… Non, il n'y arriverait jamais! Il aimait trop la présence de son Mentor, de faire partie de ce clan. Et subir le contrecoup? Comme quand il était blessé et où il avait replongé dans sa fièvre, se sentir mal quand ils prenaient trop de temps à se voir… Non il devait y avoir un autre moyen! Pas possible qu'ils doivent vivre en reclus pendant un an, il se sentait bien trop en sécurité pour ne serait-ce qu'y penser…

Avec... avec Severus, ils trouveraient une solution pour le fait qu'il soit un Calice en sommeil pour ne pas attirer des indésirables… et puis, en restant proche, ils allaient contenter le lien, remplir les autres clauses sauf l'union, mais ça ferait l'affaire… ça le faisait bien maintenant et puis comme ça, ils auraient le temps pour finaliser leur lien, ou pas et... et personne ne deviendrait fou ! Ce... ce n'était pas si contraignant de chercher la présence de son petit-ami. Et Harry arriverait à se contrôler. Là c'était seulement à cause de la situation dangereuse de la guerre, mais après, il...il allait se reprendre, et... et son instinct ne serait pas malmené… oui c'est ça, Harry se reprendrait, tout reviendrait à la normale et ils allaient pouvoir réfléchir à leur avenir… et….

Il avait tellement froid que ça le brûlait douloureusement. Il lui fallut quelques minutes pour réaliser que les bras de son petit-ami l'entouraient et qu'il lui parlait dans sa tête. Il se détendit doucement.

Draco?

Hum…

Il se sentait fatigué.

Qu'est-ce qui s'est passé?

Je ne sais pas, je me suis senti… je… j'ai eu l'impression que…- comment l'expliquer? - que notre lien m'était arraché. Harry, je n'y comprends rien, notre lien n'est pourtant pas complet.

Je suis autant perdu que toi Draco, et je doute que Severus puisse nous aider là-dessus, il ne comprenait pas lui-même et il ne fait que des hypothèses. Notre connexion semble plus forte que ce qu'on pensait.

Le blond eut soudainement peur. Et si… il n'était pas prêt. Tu… tu crois qu'elle est complète?

Son sale caractère du temps de Poudlard voulut refaire surface et se rebeller. Il refusait qu'on décide pour lui. Plus jamais!

Non, avait pris un temps pour répondre Harry , je ne serais pas obsédé par toi sinon et je pourrais me nourrir sans risques de te vider de ton sang… continuons de lire ce livre et de fouiller dans les autres, on doit vraiment le caller dans notre emploi du temps. On en apprendra plus.

Se sentant un peu mieux, Draco acquiesça et se dégagea des bras du vampire pour reprendre une position plus droite et se concentrer sur les pages devant eux…

Mais lorsqu'il relit pour la troisième fois la même ligne, le blond comprit qu'il perdait son temps. Il n'avait plus du tout la tête à ça.

D'un geste brusque qui fit sursauter l'humain, Harry referma le livre. En tombant sur un paragraphe mentionnant la télépathie qui lui avait souffla la solution pour discuter en toute discrétion avec son potentiel calice, une idée lui était venue. Idée qui fut renforcée par la panique de son petit-ami. Tous les moyens étaient bons pour le rassurer et s'il pouvait en augmenter la durée d'utilisation de leur connexion, sans que ça l'épuise, ce serait parfait.

Il est temps de passer à la pratique. On ne pourra pas quitter la bibliothèque à cause de nos amis encore présents dans la maison, mais on fera avec.

Le vampire pouvait sentir l'interrogation et la curiosité du blond qui le fit sourire légèrement, très content d'avoir détourné son attention de son angoisse.

Trouve-toi un endroit où te cacher. Je vais rester ici et fermer les yeux, lance-toi un Silencio pour que je ne puisse pas t'entendre et te repérer grâce au bruit.

Il vit Draco relever un sourcil, mais Harry continua sur sa lancée, enthousiaste.

J'aimerais voir si je peux te localiser et savoir ce que tu fais sans bouger. Tu sais comme la première fois, quand j'ai su que tu faisais des potions au labo. Ça s'était passé tellement vite et le retour n'avait pas très agréable, mais j'aimerais retenter l'expérience, ça pourrait être utile.

Le souvenir des sous-sols du Square était encore frais et il n'avait pas du tout aimé se sentir épuisé après de si courts moments à converser. Le résultat aurait pu se terminer plus mal. Et puis, maintenant qu'ils n'avaient plus besoin de rendre visite aux Weasley, ils pourraient utiliser ce temps pour se consacrer à leur pratique du lien, regrouper leur impression et leurs autres – rares – moments de libre pour la lecture. Il se demanda juste avec tout ça quand ils pourraient avoir des moments en amoureux.

Il sentit Draco en pleine réflexion avant de le voir se lever.

D'accord, tu crois que tu pourrais aussi me parler? Je ne sais toujours pas si en te sachant à mes côtés je vais devoir parler dans le vide ou si c'est suffisant que se soit dans ma tête.

On pourra essayer, probablement pas aujourd'hui, mais ça serait une idée à tester.

J'aimerais bien voir aussi si on peut inverser, tu vas comprendre ce que je fais et où. Je ne sais pas si c'est par image, mais je me demande si moi je peux aussi savoir ce que tu fais.

Harry comprit à cette phrase que l'ancien espion repensait aussi à Noël. Puis, alors que Draco s'éloignait, il revint à la table et modifia la couverture du livre avant que ça tombe entre d'autres mains.

8 février 2005

Cet après-midi-là, Hermione, de très bonne humeur, s'empressa de prendre sa douche aussitôt réveillée. Elle avait envie de sortir.

Enroulée dans une serviette, elle étendit quelques vêtements sur son lit et les plaça un à la fois devant elle, et se regarda dans le miroir. Qu'allait-elle bien pouvoir porter?

Tout en essayant différents morceaux, elle songea à une stratégie pour aborder le sujet avec ses amis. Elle allait devoir user d'un peu de ruse pour retourner une fois de plus sur le Chemin de Traverse…

Je pourrais probablement les convaincre que notre apparition démontrerait que nous sommes là pour la population et on pourrait clore la journée de façon plus positive en se rendant du côté moldu…

Elle lança un chandail pour en prendre un autre.

Son moment avec Ron lui avait fait réaliser à quel point elle était épuisée, plus qu'elle nele pensait et qu'elle avait vraiment besoin d'une pause. Et aujourd'hui constituait une occasion parfaite pour se changer les idées et surtout sortir du Cottage et voir d'autres têtes.

Peut-être qu'on pourrait faire un saut au refuge…

À suivre…

Lexique :

compétitionner : terme utiliser surtout au Québec signifiant rivaliser ou concurrencer

Tassa : verbe signifiant entre autres : éloigner, pousser, déplacer, décaler, déranger, enlever du chemin.