Note de l'auteur : Bonjour, bonsoir ! Bon, eh bien... Voilà le chapitre 11. Pour tout vous dire, celui-là, je vous le poste avec un mélange d'impatience et d'appréhension. C'est en effet un des chapitres que je considère "centraux" à mon histoire, dans le sens où cela fait partie des scènes clés que j'ai imaginées pour structurer Sauver la princesse. Donc, j'ai passé beaucoup, beaucoup de temps à peaufiner ce passage, parce qu'il me tenait vraiment à cœur. Je précise quand même une dernière fois, et je ne le ferai plus ensuite, que la fiction est en M (et je considère que c'est un bon M) et que, au vu du titre de ce chapitre, ça va "déraper". Donc... Vous pouvez encore reculer maintenant si ça vous met mal à l'aise de lire des scènes explicites. Cela étant dit, j'ai pas envie de vous spoiler trop le plaisir et je préfère vous laisser lire, mais il me semblait important de faire une dernière piqûre de rappel. Je précise aussi que j'ai jamais écrit ce genre de choses avant que de me lancer dans cette fic, et que malgré tout le travail que j'ai pu fournir pour faire en sorte que ce soit le plus agréable possible à lire pour vous, voilà... J'ai de l'appréhension pour d'éventuelles maladresses, étant donné que je suis encore novice malgré tout.

Cela étant dit, j'espère que ça vous plaira parce que j'ai bien conscience de vous avoir fait gamberger depuis la dernière fois ;)

Je remercie chaleureusement toutes les personnes qui m'ont laissé des reviews sur mon dernier chapitre, vous êtes formidables. Et j'en profite pour répondre ici à la guest review que j'ai reçue sur le chapitre précédent.

Pour Tara : Déjà un grand merci à toi d'avoir pris le temps de me laisser une review sur le chapitre 10, ça m'a fait immensément plaisir et ça m'a touché de la lire. Je suis très flatté que tu aies pris le temps de me laisser une review alors que ce n'est pas dans tes habitudes jusque-là. Merci beaucoup sur tous les compliments concernant cet univers que j'ai construit, et sur la relation entre Camus et Milo. C'est vrai qu'il y a un contraste entre la rapidité de ce qu'ils ressentent l'un pour l'autre et la lenteur à se le témoigner... A la base, je voulais écrire une sorte de slow burn, mais je crois être quelqu'un d'un poil trop impatient pour un slow burn, alors ça donne ça ^^' Et merci de me dire que tu n'as pas l'impression que l'univers dans lequel je les fais évoluer n'est qu'un support pour la romance, parce que ce n'est pas le cas, en effet. J'avais vraiment envie de construire une ambiance particulière avec cette histoire et si elle te plaît, ça veut dire que je fais bien mon boulot et j'en suis plus que ravi. Et je suis très heureux que mes textes te plaisent suffisamment pour avoir envie de les relire plusieurs fois ! Voilà un commentaire qui m'a donné le sourire :) En tout cas, c'est toi que je remercie de me suivre, de me lire et de me commenter, ça m'encourage énormément à poster la suite de cette histoire. Tout soutien compte énormément pour moi. Et si tu attends mes chapitres à chaque fois, ce qui me touche beaucoup, j'espère que celui-ci sera à ton goût !

Sur ce, je ne vous retiens pas plus, et vous souhaite un bon moment de lecture !


Chapitre 11 – Dérapage fatal

Camus, pendant que Milo était dans la salle de bain, lut tranquillement son bouquin, étendu le long du lit. Il en avait un peu réarrangé les couvertures au préalable. Le feu qu'il avait allumé crépitait joyeusement dans la cheminée. Le chevalier serait ravi.

Le mage était en train de parcourir les dernières pages de son ouvrage, à présent. De cette manière, il pourrait le prêter à Milo, si celui-ci le voulait toujours.

Sur ces entrefaites, Camus entendit frapper à la porte de la chambre. Cela devait être le dîner qu'il avait demandé, conclut-il, logique. Il referma donc à contrecœur son volume, se redressa et alla ouvrir. Lorsque le battant de la porte s'effaça de son champ de vision, le mage découvrit un homme aux cheveux courts et verts, et avec un plateau à la main.

« Bonsoir, monsieur, le salua tout de suite l'employé. Je suis Shura. Aldébaran m'a demandé de vous faire parvenir un repas chaud.

- Bonsoir, fit courtoisement Camus. Merci de vous être déplacé. Entrez, je vous en prie. »

Celui-ci se déroba pour laisser Shura avancer dans la pièce pour poser son plateau. Celui-ci fit quelques pas avant de le placer sur une petite table, coincée contre la fenêtre de la chambre.

« Aldébaran m'a raconté que vous venez d'arriver, commenta Shura lorsque cela fut fait. Vous avez dû avoir très froid, à marcher dans la nuit. Alors voilà une soupe bien chaude, du pain et des condiments.

- C'est très aimable à vous d'avoir pensé à ce menu. Cela fera sans doute du bien à Milo, le remercia Camus.

- Mais, et vous ? Vous n'avez pas eu froid ? S'étonna l'associé. Aldé m'a dit que vous ne portiez qu'une tunique légère quand vous êtes arrivé.

- Ah, c'est vrai, se rendit compte Camus. Effectivement, cela a dû vous surprendre. Contrairement à mon compagnon de voyage, je suis mage des glaces. Je crains beaucoup moins le froid que lui.

- Mage des glaces ? Releva Shura. Eh bien, cela explique votre résistance à nos températures, en effet. Vous ne serez pas dépaysé, ici.

- Sans doute », concéda le mage.

Shura lui fit ensuite un salut de la tête.

« Passez une excellente soirée, monsieur, lui souhaita-t-il poliment.

- Merci. »

L'homme prit alors discrètement le chemin de la sortie, et Camus referma doucement la porte derrière lui.

Une fois ceci fait, Camus revint vers la table et alla examiner le repas que leur avait servi Shura. Une grande marmite de soupe, du pain, du beurre, et d'autres choses pour accompagner. Parfait pour reprendre des forces après une longue et éreintante journée de voyage.

Au moment où le mage était en train de soulever le couvercle de la marmite fumante de soupe, pour toiser son contenu avec des yeux affamés, il entendit la porte de la salle de bain se rouvrir.

Milo fit de nouveau apparition dans la pièce, l'air réchauffé et ravi.

« Eh bien, cela a l'air d'aller mieux, commenta Camus en l'observant, impassible.

- Ouaip ! Confirma Milo sur un ton enjoué. C'est marrant, ça, je ne savais pas que vous pouviez faire apparaître de la bouffe par magie.

- Ce n'est pas de mon fait, expliqua le mage, sans vraiment goûter à la plaisanterie. Shura vient de nous apporter ce que vous voyez devant moi.

- Chouette ! S'enthousiasma le chevalier. Je meurs de faim ! »

Les deux amis ne perdirent pas de temps pour s'attabler face à leur repas. Bien installées, ils se servirent tous les deux généreusement en soupe. Milo ne parla pas. Il fut trop occupé à se remplir l'estomac. La soupe était bonne, et nourrissante. Cette journée avait sans doute été celle où ils avaient le plus marché et le moins fait de pauses. Alors le chevalier se délectait d'être enfin assis sur une vraie chaise et de savourer un bon repas.

En face de lui, sur l'autre chaise, Camus mangea avec appétit mais plus lentement. Comme ils ne se faisaient pas la conversation, il regardait pensivement dehors. Il n'y avait pas grand-chose à voir à la fenêtre, pourtant. Mais son regard y était attiré comme un aimant. Il scrutait avec attention la rue en dessous de leur chambre.

Une quinzaine de minutes plus tard, lorsqu'ils eurent terminé leur calme repas, Milo poussa un soupir d'aise.

« Eh ben, ce Shura, qui fait la cuisine, il devrait recevoir une médaille, apprécia-t-il. J'ai rarement mangé une soupe aussi bonne. Vraiment, Mû avait raison, c'est une super auberge. Vous avez aimé, vous ?

- Oui, c'était bon, confirma le mage d'un air absent.

- Si je pouvais retourner au Repaire du Sage, je le remercierais chaudement pour son conseil », continua le chevalier avec un sourire.

Camus ne répondit rien. Son regard était toujours vissé vers l'extérieur.

« Qu'est-ce que vous regardez, comme ça ? L'interrogea Milo en s'apercevant que son ami ne l'écoutait qu'à moitié.

- Rien », éluda Camus sans croiser ses yeux.

Milo fronça les sourcils, intrigué. Qu'est-ce qu'il y avait, dehors ? Lui, de là où il était, ne voyait que le tracé d'une rue faiblement éclairée par la lune et les autres bâtiments. Il se leva alors de la chaise, pour se poster derrière Camus. En baissant la tête vers lui, pour tenter de se mettre dans son angle de vue, il plissa les yeux. Le mage finit par sortir de ses pensées. En se rendant compte de la manœuvre, il releva un regard las vers Milo.

« Qu'est-ce que vous faites… ? L'interrogea-t-il sévèrement.

- Ben, j'essaye de comprendre ce qui attire votre attention dehors, mais je ne vois rien de spécial, s'expliqua le chevalier.

- Je vous l'ai dit, je ne regarde rien de particulier », se répéta le mage, avec un peu d'irritation dans la voix.

Milo fit une moue sceptique. Il posa une main sur son épaule.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? Lui demanda-t-il sérieusement.

- Tout va bien, soupira Camus, manifestement peu enclin à discuter.

- Ne me mentez pas, se vexa Milo. Je n'aime pas quand vous le faites. Quelque chose vous préoccupe. Je ne suis pas aveugle, vous savez. »

Milo l'était vraiment de moins en moins avec lui, d'ailleurs.

Deuxième soupir de la part du mage.

« Ce n'est rien… Déclara-t-il. C'est juste…

- Juste ? Le reprit le chevalier, pour l'inciter à parler.

- Je suis né ici, vous savez », lui révéla Camus.

Milo l'observa un peu. Jusque-là, il ne voyait pas où était le drame.

« Cela ne me surprend pas des masses, maintenant que vous le dites, commenta simplement le chevalier. Et alors ? Vous n'en êtes pas content ? »

Il y eut un silence.

« Mes premiers souvenirs se passent dans ces rues, raconta Camus au bout de quelques secondes. Quand j'étais enfant, je me rappelle avoir beaucoup ratissé la Cité pour mendier. Ne pas mourir de faim. C'était mon train de vie, jusqu'à ce qu'un jour, où j'ai vraiment cru que j'allais y rester à cause du froid, un mage ne m'ait remarqué. Il a vu que je déployais des pouvoirs instinctifs pour survivre. C'était le genre de mages qui voyageait de temps à temps entre l'Académie et la Grande-Île de l'Au-Delà, dans des costumes de riches. Eux, ils mangeaient tranquillement dans des auberges comme nous venons de le faire. Pendant ce temps, dehors, d'autres mouraient à cause du froid. Et je ne suis pas certain que la situation ait beaucoup changé depuis. »

Milo garda le silence quelques instants. Oui, ce n'était pas un récit joyeux, certes, mais…

« Quoi, vous culpabilisez de rester dans une auberge ? S'étonna-t-il. Honnêtement, je crois que nous avons plus que mérité cette escale. Deux heures de plus et je finissais en statue de glace.

- Je sais, admit Camus.

- Camus, le monde est ainsi fait, soupira le chevalier, fataliste. Il y aura toujours des riches qui se moqueront du sort des plus pauvres, quel que soit le lieu. Mais vous ne pouvez pas vous en vouloir de vous en être sorti, tout de même. »

Le mage ne dit rien. Il se contenta simplement de fermer les paupières un instant. Sur ses épaules, il sentit Milo ajouter une deuxième main.

« Vous avez l'air épuisé… et tendu, observa-t-il dans un murmure, en se penchant un peu sur lui. Ne pensez plus à ces choses-là. Vous ne pourrez sauver tout le monde, Camus. Sauver une princesse sera déjà un bel exploit. Vous ne croyez pas ? »

Camus hocha succinctement de la tête.

« Si, sans doute », capitula-t-il à voix basse.

Milo le dévisagea avec attention. Camus avait besoin de se détendre, pensa-t-il. La marche du jour l'avait sans doute épuisé comme lui, et la fatigue devait lui brouiller les pensées.

Une idée lumineuse fit irruption dans son esprit.

« Hé, l'interpella-t-il alors. Ça ne vous dirait pas, un massage ? »

Camus tourna vivement la tête vers son ami. Il le dévisagea comme s'il lui avait poussé une deuxième tête.

Mais non. Milo le toisait simplement, tranquillement.

« Vous êtes sérieux ? Lâcha-t-il, intérieurement troublé.

- Quoi, j'ai dit une bêtise ? S'étonna sincèrement Milo. Vous savez, j'en fais souvent à Aiolia à la Tour, de temps en temps. Il dit que ça le détend. Ça pourrait vous changer les idées. Et vous avez l'air d'en avoir besoin. »

Le mage ne répondit rien. Il continua de dévisager Milo, incrédule.

« Je vous promets que je sais bien faire, tenta le chevalier. Vous ne voulez pas essayer ? Vous dormiriez mieux, vous ne pensez pas ? »

Il y eut un silence, pendant lequel Camus sembla réfléchir à cent à l'heure.

« Vous faites vraiment ça avec Aiolia ? Prononça-t-il, sceptique.

- Oui, si je vous le dis », confirma Milo.

Camus ferma les paupières. C'était une mauvaise idée. Vraiment mauvaise. A plusieurs points de vue. En ce moment, il n'avait pas l'esprit clair, et…

« Je veux bien », annonça-t-il, se contredisant lui-même. Il avait cédé à une impulsion étrange. En fait… Il en avait envie.

Milo, à son côté, s'illumina radicalement.

« Vous ne serez pas déçu, promis ! S'enthousiasma-t-il. Venez, on va s'installer plus confortablement. »

Milo offrit une main à Camus. Celui-ci posa lentement la sienne au creux de sa paume, et Milo l'attira avec lui vers le lit. Le chevalier grimpa dessus, et s'assit calmement au milieu. Camus vint silencieusement se caler devant lui, en lui tournant le dos. Ses jambes ballotèrent distraitement dans le vide. Milo s'approcha un peu de son dos et s'assit sur ses talons.

« Il faudrait que vous enleviez votre haut, lui demanda-t-il doucement. Que je puisse avoir accès à votre dos. »

Camus ne répondit rien. Il fit simplement ce que Milo lui avait ordonné, et retira d'abord sa tunique bleu clair, puis la chemise blanche qu'il portait dessous. Il les déposa sommairement à côté de lui, et revint à sa position initiale. Droite. Un peu appréhensive. Le chevalier, derrière lui, le sentit parfaitement.

« Je vais dégager vos cheveux de votre dos », le prévint-il alors.

Camus ne bougea pas. Milo passa ses doigts dans le rideau lisse de cheveux bleu-vert, et s'en saisit. Il les décala avec précaution jusqu'à les passer devant l'épaule du mage.

« Vous êtes prêt ? S'assura-t-il tout de même.

- Allez-y », murmura Camus.

Il y eut un silence. Milo admira un instant le dos musclé de Camus, qu'il allait manipuler. C'était vrai que son ami était sacrément beau, tout de même. Cette peau blanche délicate, ces jolies courbes… Le masser lui ferait sans doute un effet très différent de lorsqu'il le faisait sur Aiolia.

Alors Milo avança ses mains vers lui. Lorsque ses doigts tièdes entrèrent en contact avec son épiderme, Camus contint un frisson. Oh, non, ce n'était pas du tout une bonne idée, se dit le mage en une litanie. Pas du tout…

Les mains de Milo voyagèrent d'abord sur ses épaules en un effleurement. Au moment où celles-ci furent au bon endroit, il les plaça lentement sur sa peau, l'épousant délicatement. Ses pouces se posèrent derrière lui, et le reste de ses doigts dans le creux de sa clavicule. Lorsqu'ils commencèrent à se mettre en mouvement sur sa peau, un long frisson parcourut tout le dos de Camus. Il n'arriva pas à retenir une faible exclamation.

« Je vous avais dit que vous étiez tendu, résonna la voix grave de Milo près de son oreille. Vous êtes complètement contracté. »

Camus frémit franchement. Les mains du chevalier tâtaient douloureusement un nombre de nœuds incalculables dans son dos. Milo était doué, se dit le mage malgré lui. Sous le massage, il ressentit directement une sensation de bien-être et de chaleur se propager en lui.

Après une petite minute d'insistance sur ses épaules, Milo les délaissa tranquillement, pour faire migrer ses mains ailleurs. Les doigts se déplacèrent un peu plus bas, contre ses omoplates. Ses mains s'y posèrent d'abord à plat, puis elles y firent un nombre de mouvements cycliques incroyablement relaxants. Camus, au fil des minutes qui s'égrenaient, se sentit partir malgré lui. Ces mains étaient merveilleuses. Et chaudes contre sa peau. Il sentait le chevalier descendre lentement dans son dos. Délicieusement. A chaque fois que ses mains se déposaient sur un nouvel endroit, elles avaient comme un nouveau défi à relever. Le mage avait l'impression de prendre conscience du moindre muscle sous sa peau. Tout se déliait lentement à mesure que Milo avançait. Camus pouvait l'entendre respirer calmement derrière lui. Il ferma les yeux pour savourer encore plus le contact. Ces doigts contre sa colonne vertébrale l'étourdissaient. Il avait du mal à se contrôler complètement lorsqu'il sentait ceux-ci effleurer sa peau, pour aller se poser à un nouvel endroit. Et lorsque le chevalier atteignit un point particulièrement sensible au creux de son dos, le mage poussa un petit cri. Il n'ouvrit pas les yeux, néanmoins. Il voulait que Milo recommence.

Il n'entendit qu'un rire amusé près de son oreille.

« Mh… Apprécia Milo. On dirait que j'ai trouvé un point sensible. »

Camus déglutit. Il anticipait simplement la prochaine fois que Milo mettrait ses mains à cet endroit. Avec beaucoup trop d'envie pour être honnête. Beaucoup trop.

Mais Milo ne le fit pas tout de suite. Camus en fut frustré. Son ami semblait prendre un malin plaisir à le faire attendre. A le laisser dans l'angoisse du prochain contact. Le chevalier fit quelques mouvements en cercles sur ses flancs, d'abord en posant les doigts sur les reliefs dessinés de son corps. Puis, lorsqu'il jugea que le mage avait suffisamment attendu, Milo revint avec un sourire malicieux sur la zone sensible. Au moment où ses doigts rencontrèrent de nouveau le creux de son dos, Camus fut déchiré par un long et violent frisson. Toute sa peau se hérissa d'un coup. Comment diable Milo faisait-il pour lui procurer de telles sensations ? Il n'avait jamais rien vécu de tel. Le mage, qui sentait toujours ces doigts chauds contre cette zone-là, se mordit la lèvre pour ne laisser échapper aucun son. A la place, il poussa une expiration tremblante.

Milo garda le silence, cette fois. Mais il sembla répondre à sa réaction en posant plus fermement ses doigts sur son épiderme, pour manipuler franchement la zone. Ce fut comme un électrochoc pour Camus, qui agrippa fermement les draps sous ses mains pour se donner contenance. Cette prise était la seule chose qui le maintenait encore dans un monde tangible.

Petit à petit, Milo réussit à dénouer définitivement toute cette zone. Il s'était délecté des expirations tremblantes de Camus, qui à présent soupirait littéralement d'aise sous son toucher. Il aimait vraiment lorsque le mage abandonnait son sempiternel maintien devant lui.

Les mains voyagèrent encore, plus bas, pour partir dénouer le creux de ses reins. Les doigts caressaient, encerclaient, glissaient naturellement sur sa peau claire. Camus était littéralement sur un petit nuage. Ces mains magiques le détendaient, et le faisaient se sentir protégé. La proximité même du chevalier l'apaisait. Aiolia avait bien de la chance d'avoir droit au talent de Milo, dans sa Tour de Garde, songea Camus en expirant profondément. Le mage avait presque envie de se reculer pour ne pas ressentir que les mains de Milo sur sa peau. Mais aussi, son torse. Son visage. Ses pensées dérivèrent. Il s'imagina ces mains voyager ailleurs. Sur tout son corps. Le chevalier, derrière lui, qui mettrait en contact son torse contre son dos. Qui poserait ses lèvres au creux de sa clavicule, au même endroit qu'il avait mis ses mains réparatrices. Et ses mains qui descendraient plus bas, plus bas encore…

Milo était en train de malaxer le bas de son dos lorsque Camus se rendit enfin compte de son état. Tout son corps était pris dans une douce chaleur… Est-ce que c'était du désir, qu'il ressentait ? Du désir… A cause de ce que lui faisait Milo ? Ou même… pour Milo ?

Craignant le pire, il rouvrit les yeux. Il baissa tout de suite le regard sur ses jambes. Et lorsqu'il comprit son état d'excitation en apercevant la manifestation évidente de son désir sous son pantalon, il tressaillit. Milo ne devait pas voir. Il ne le fallait pas. Et s'il avait déjà compris ?

D'un geste paniqué, Camus se déroba soudain des mains de Milo. Il se leva rapidement du lit et fit quelques pas loin de lui, la respiration tremblante.

« Camus ? » Retentit tout de suite la voix inquiète de Milo derrière lui. « Ça ne va pas ? Je vous ai fait mal ? »

Le mage ne répondit rien. Il ne bougea pas. Il pria pour que le chevalier ne comprenne pas.

Au bout de quelques secondes de silence angoissant, Camus entendit Milo se lever dans un froncement de draps et de couvertures. Celui-ci fit quelques pas vers lui, lentement. Il s'arrêta, et le silence fut pesant.

« Camus, murmura-t-il doucement. Ne me fuyez pas. »

Ayant dit ces paroles, Milo fit un dernier pas vers lui. Il se tint tout proche de lui. Mais il ne le toucha pas. Il observait simplement.

« Camus, reprit-il à voix basse. Je… Je sais ce qu'il se passe. »

La respiration du mage se coupa.

« Entre vos jambes », compléta le chevalier, pour être certain d'être bien clair.

Voyant que Camus s'était complètement figé, Milo le rassura immédiatement.

« N'ayez pas peur, lui intima-t-il doucement. Ce n'est pas grave. Ce genre de choses arrive. C'est humain, vous savez. »

La seule chose que Milo eut en réponse fut une expiration tremblante.

« Camus… Il n'y a aucun problème, vraiment, plaida-t-il sincèrement. Croyez-moi. »

Camus ne répondit rien et se contenta de baisser la tête.

« Vous… Vous ne voulez pas me regarder ? Lui demanda encore Milo. Maintenant que j'ai compris ce qui se passe… Vous n'avez plus à vous cacher… »

Le mage poussa un soupir. Puis timidement, il tourna la tête. Et il décida d'obéir. Lentement, il se retourna vers le chevalier. Le moindre mouvement vers son ami lui coûta une gêne immense. Milo l'observa faire calmement. Il n'y avait aucune colère, aucun jugement ni aucun dégoût dans son regard. Juste une sollicitude inquiète.

« Ne vous en faites pas, le rassura Milo lorsque Camus fut entièrement face à lui. Je suis toujours votre ami. Que je vous voie ainsi ne change rien. »

Camus hocha de la tête brièvement. Il semblait toujours tétanisé malgré tout.

« Est-ce que je peux vous toucher ? » Hésita Milo.

Le mage le contempla simplement, troublé. Puis il hocha affirmativement de la tête. Presqu'imperceptiblement. Mais l'accord était donné.

Alors le chevalier franchit la distance qui les séparait encore. Très lentement, pour ne pas brusquer son ami, il alla le prendre dans ses bras. L'étreinte se fit douce, un peu hésitante au début, puis plus ferme. Lorsque Camus fut complètement calé contre le torse de son vis-à-vis, il prit une grande inspiration pour tenter de se maîtriser. Milo sentit son ami trembler contre lui, et ce membre enflé épouser son corps.

« Je suis désolé, chuchota Camus au bout d'un moment.

- Ne vous excusez de rien, répondit tout de suite Milo. Au moins… Je suis certain de vous avoir détendu… »

Le mage ne répondit pas. Il ne se faisait pas confiance. Il avait le corps de son ami, tout contre lui… Et il le désirait toujours. Douloureusement, même.

Milo amorça un mouvement pour reculer, tout en le tenant serré contre lui.

« Venez, ne restons pas debout, au milieu… » Résonna sa voix à son oreille.

Attirant Camus avec lui, Milo fit quelques pas en arrière. Toujours enlacés, ils migrèrent vers le lit. Le chevalier s'y assit le premier. Puis il retourna Camus entre ses bras, pour qu'il s'assoie devant lui, conformément à la position dans laquelle ils avaient été avant que son ami ne lui échappe. Le mage se laissa faire, visiblement extrêmement troublé et confus.

Milo, cependant, cala le dos de Camus contre son corps sans lui laisser le choix. Il laissa ses mains se promener quelques instants sur le torse devant lui. Contre lui, le pauvre mage en eut le cœur qui battait à tout rompre. Et le rythme de sa respiration était au mieux… incertain.

Mais que faisait Milo ? Pensa Camus au milieu de son désir. Il venait de le voir ainsi… Il aurait dû le repousser. Ou au moins lui conseiller de prendre un bain froid. Et à la place… Il se collait à lui. Il pressait doucement ses mains sur son torse nu. Il n'y avait que le tissu de la chemise de Milo qui séparait réellement leurs deux corps, dans cette étreinte. Que fallait-il comprendre ? Quelqu'un de normal aurait dû l'envoyer bouler.

Mais Milo n'avait pas choisi le chemin de la normalité, loin s'en fallait. Avait-il seulement conscience qu'il entretenait son excitation au lieu de l'éteindre ?

Une voix susurrée au creux de son oreille vint lui donner une réponse qu'il n'aurait pas crue imaginable.

« Est-ce que vous voulez… Que je m'en occupe ? » Murmura Milo. Est-ce que Camus rêvait ou sa voix était délibérément sensuelle ?

« Pardon ? » S'étouffa-t-il tout de suite. Le chevalier était-il devenu fou ?

« Vous n'allez pas rester dans cet état, s'expliqua celui-ci à voix basse. Je pourrais… Vous soulager. »

Camus s'étrangla de plus belle. Il eut à la fois très envie de fuir, et à la fois très envie de rester. Comment en était-il arrivé là, se désespéra-t-il, pris entre son désir manifeste et sa peur.

« Cette fois, vous ne me ferez pas croire que vous faites ça sur Aiolia », répliqua Camus d'une voix tremblante.

Un rire grave et affolant résonna au creux de son oreille. Camus sentit un frisson parcourir son échine.

« Non, en effet, admit Milo d'une voix rauque. Mais vous l'aviez dit vous-même, n'est-ce pas ? Vous n'êtes pas Aiolia.

- Pourquoi feriez-vous ça ? L'interrogea Camus dans un souffle. Vous n'avez rien à y gagner.

- Pour rendre service », fit Milo en haussant les épaules.

Pour rendre service ? Releva Camus en son for intérieur. Mais bien sûr…

« Est-ce que je dois en conclure que vous rendez souvent ce genre de services ? Rétorqua-t-il, circonspect.

- J'ai plus l'habitude de la gente féminine, pour tout vous dire… S'amusa Milo. Mais… Je sais bien comment fonctionne un corps d'homme. J'en ai un aussi. »

Ce faisant, il accomplit une légère pression de ses doigts sur le torse devant lui. Discrète, mais Camus la ressentit parfaitement. Sa respiration fit un accroc.

« Je ne ferai rien que vous ne voulez pas, Camus, résonna encore la voix de Milo, plus douce. Si vous me dites non, il n'y aura aucun problème. C'est une proposition, c'est tout. C'est votre choix. »

Il y eut un silence entre eux. Milo ne bougea pas de sa position. Il attendait. Pour une telle chose, il fallait vraiment que le mage fasse un choix conscient.

« Vous… êtes vraiment sûr de votre proposition ? Hésita Camus, qui ne comprenait même pas comment Milo avait pu songer à une telle chose.

- Oui, chuchota Milo contre lui. Honnêtement… Ça me ferait plaisir. »

Camus tressaillit. La voix de Milo dans son oreille était en train de le rendre fou. Il avait du mal à aligner deux pensées cohérentes, dans cette situation inhabituelle. Il avait peur. C'était soudain. Milo était un homme. Il ne le connaissait que depuis une grosse semaine… Tout ceci ne devrait même pas être en train de se produire. Milo ne devrait pas être là, derrière lui, à lui murmurer ces choses-là au creux de son oreille. Ils n'avaient pas le droit de faire cela, se dit le mage. C'était déraisonnable… Ils ne pouvaient pas.

Toutefois, plus il essayait d'y penser… Plus il n'arrivait même pas à envisager de rejeter Milo. Son ressenti commençait à prendre le pas sur son embarras et ses réticences. Il ne voulait pas que ce corps quitte le sien. La sensation de bien-être que lui procuraient les mains de Milo, légères et distraites sur son torse, était incomparable. Et… Peut-être que l'occasion ne se représenterait jamais, finit-il par se dire. Pour juste un soir… Juste une fois… S'abandonner… Ne plus penser…

« Faites-le », murmura-t-il enfin tout bas, dans un souffle.

A ces mots, il ne le vit pas, mais Milo étira un grand sourire.

« D'accord… Dans ce cas, détendez-vous… Susurra sensuellement le chevalier. Je m'occupe de tout. »

Les mains qui dormaient encore gentiment sur son torse commencèrent alors une caresse douce contre son ventre. Camus sentit une salve de frissons le prendre immédiatement sous ce mouvement délicat. Les doigts mats effleurèrent d'abord simplement la peau offerte, histoire de l'explorer, de se faire à ses contours.

Au bout de quelques secondes, instinctivement, Camus se recula plus profondément en arrière pour épouser davantage le torse de Milo. Celui-ci commença, après un temps, à l'agripper plus fermement. Ses mains partirent dessiner les muscles de l'abdomen devant lui avec insistance. Le mage se sentit s'embraser lentement à ce contact. Chaque sillon, chaque voyage contre sa peau lui donna l'impression qu'une trace brûlante restait ensuite. Camus prit une profonde respiration. Le toucher était agréable. Très. Mais soudain, contre toute attente, Milo se recula. Son torse cessa d'épouser son dos. Camus ressentit un vide soudain, confus.

« Attendez, deux secondes », le rassura la voix du chevalier. Le mage soupira, un peu rasséréné. Il ne se retourna donc pas pour voir ce qu'il faisait. Mais il eut sa réponse lorsqu'un torse désormais nu vint se caler contre son dos quelques instants plus tard. Camus eut l'impression que Milo était complètement bouillant au toucher. C'était inhabituel… Mais si parfait.

« C'est mieux, non ? Murmura Milo.

- Hm hm », acquiesça Camus d'un air absent.

Nouveau rire de Milo dans son oreille. Et nouveau tressaillement du mage.

Les caresses sur son torse reprirent. Elles furent déjà beaucoup plus appuyées. Dans leur course, les mains agiles de Milo allèrent se saisir d'un téton. Camus, devant lui, étouffa un gémissement.

C'est ce moment-là que choisit le chevalier pour poser délicatement ses lèvres à la base de son cou. Cette fois-ci, Camus lâcha une exclamation incontrôlée. Cette bouche lui incendia littéralement la peau. D'instinct, il pencha la tête plus en arrière. Milo, qui pressait ses lèvres contre son épiderme, sourit en même temps. Camus… avait une peau si fine et si noble. Ses lèvres un peu abimées lui semblaient presque indignes de toucher une surface si délicate. Toutefois, il continua, concentré. Il mouilla tout le cou de Camus de baisers de plus en plus ardents, et de plus en plus enfiévrés. Ses mains s'attelèrent en même temps à parcourir le torse de Camus, sans se fatiguer. Le mage haletait à présent contre lui. Sa peau devenait de plus en plus moite sous sa langue agile, à mesure qu'il la goûta de là où il était. Son ami était très beau, ainsi, pensa le chevalier, qui sentait aussi un désir intense monter en lui.

La langue brûlante de Milo finit par se perdre sur un lobe d'oreille. Camus lâcha une expiration mal contrôlée. Comment ce diable de Milo faisait-il pour lui faire perdre l'esprit à ce point ? Son compagnon de voyage débordait déjà naturellement de sensualité… Mais là… C'était quasiment insoutenable. Milo n'avait même pas commencé à s'occuper de ce qu'il avait proposé de faire, et déjà, Camus avait l'impression de ne plus en pouvoir. Il se disait que rien ne serait possiblement plus agréable au monde que ce souffle chaud sur sa peau, ces mains qui parcouraient son corps furieusement, ce torse qui épousait fermement son dos, et cette bouche… Qui lui faisait perdre toute notion de pensée.

Camus ne mit pas longtemps à comprendre qu'à présent, il n'était plus le seul à désirer l'autre. Contre ses fesses, le membre de Milo avait commencé à durcir, lui aussi. Camus tenta de se reculer encore plus pour le sentir tout contre lui. C'était avéré, Milo le rendait fou. Il était si beau. Maintenant, ses lèvres dévoraient littéralement tout son cou. Lorsqu'il retourna à la jonction de sa gorge et de sa clavicule, le chevalier mordilla légèrement la peau offerte. Camus gémit sans pouvoir se contenir. Contre son torse, il sentit Milo laisser échapper un rire satisfait. Manifestement, il aimait beaucoup ce petit jeu.

Au bout de quelques minutes, les mains de Milo commencèrent à s'intéresser au bas-ventre de Camus. Elles se promenaient, presque timides, à la lisière de son vêtement. Le mage en écuma d'anticipation. Ces mains avaient épousé son torse jusqu'à l'en rendre complètement fou, et maintenant… Elles le faisaient attendre ? Camus poussa un grognement frustré lorsque Milo fit mine de remonter ses mains.

L'intéressé, en entendant la plainte, revint se saisir de son lobe d'oreille déjà bien malmené. Misère, pensa Camus en s'arquant en arrière sous la caresse. Milo connaissait trop bien son affaire. Jusqu'où le torturerait-il encore ?

« Vous êtes bien impatient… Susurra une voix rauque dans son oreille.

- Milo… Soupira simplement Camus, avant de se mordre la lèvre.

- Oui ? » Répondit malicieusement le chevalier.

Camus ne répondit rien. Mais il ramena une main devant lui, pour la poser sur une de celles de Milo, qui dormait sur son ventre. Il crocheta ses doigts dans les siens, et commença à faire descendre, lentement, la main plus bas.

Le chevalier le laissa le guider, un grand sourire aux lèvres. Si c'était ce que le mage voulait… En toute franchise, il devait bien avouer qu'il anticipait lui aussi de mettre sa main . Avec une lenteur calculée, Camus fit passer leurs deux mains sous son vêtement. Dans son oreille, il entendait le rythme de la respiration profonde de Milo. Celui-ci continuait de marteler sa peau de baisers et de morsures légères.

La main de Camus, plus bas, finit par hésiter un peu. Le mage, dans le peu de lucidité qui lui restait, avait conscience qu'il allait franchir une limite. Et il eut soudainement peur de le faire, malgré son désir évident. Il craignait ce que cela signifiait. Alors sa main relâcha celle de Milo légèrement au-dessus de son entrejambe.

Le chevalier fronça les sourcils, troublé.

« Camus ? Prononça-t-il, inquiet. Pourquoi vous vous arrêtez ? »

L'intéressé poussa un soupir tremblant.

« Milo… Vous êtes vraiment sûr de vous ? »

Son ami lui répondit silencieusement en lui embrassant délicatement l'angle de la mâchoire.

« Oui, confirma-t-il de sa voix grave. Vous avez peur ? »

Le mage ne répondit rien, mais il baissa la tête. Le chevalier prit cela pour un oui.

« Tout va bien, le rassura-t-il à voix basse. Tout se passera très bien. Je vous l'ai dit… Détendez-vous. »

Milo sentit Camus acquiescer contre lui et prendre une profonde inspiration.

« C'est bien… Souffla-t-il contre lui. Lâchez prise… »

La main de Milo, qui dormait tranquillement sous le vêtement, reprit donc l'initiative du contact. Elle descendit encore un tout petit peu, pour aller frôler le membre tendu.

Camus se cambra tout de suite sous le délice qui le prit à ce toucher. Des lèvres reprirent leur place naturellement au creux d'une épaule.

La main accentua alors un peu sa présence. Le mage laissa échapper un long gémissement lorsqu'il sentit les doigts épouser plus franchement sa peau. Milo apprit vite à adorer l'extase manifeste de ce corps devant lui. Tout sourire, il affirma sa prise sur ce qui l'intéressait. Camus commença à avoir du mal à trouver de l'air sous la caresse.

Il se passa peut-être une minute, pendant laquelle les doigts agiles accomplirent des mouvements de plus en plus insistants sur l'entrejambe de Camus. Avec le temps, le toucher se fit de plus en plus avide, de plus en plus profond. Le mage, sous les caresses délicieuses du chevalier derrière lui, crut qu'il allait exploser. Il ne savait même pas que c'était seulement possible, de ressentir une chose pareille. C'était… merveilleux. Incroyablement intense. Lui qui était habitué à son environnement de glace… Il n'avait jamais cru mourir autant de chaud.

C'est au moment où il sentit qu'il allait atteindre sa limite que Milo interrompit son mouvement. Celui-ci retourna Camus entre ses bras, pour qu'il lui fasse face. Le regard de son ami se troubla. Il n'avait plus ce torse musclé contre son dos, et il en était tout perdu.

Milo ne mit pas longtemps à revenir épouser son corps, cette fois en lui faisant face. Et avec douceur, inclina Camus dans le lit, sous lui. De cette façon, il aurait accès à d'autres zones de son corps.

Ses mains agiles se déplacèrent contre les hanches de Camus, et dans leur mouvement, elles firent glisser son pantalon encombrant le long de ses jambes, pour l'en débarrasser complètement. Milo s'arrêta un instant pour contempler Camus, une fois qu'il fut entièrement déshabillé. Et il lui sourit, ravi. Oui, son ami était beau. En faisant ce constat, il enfouit la tête dans son épaule pour retourner embrasser son cou. Ses mains reprirent place sur la virilité de Camus et recommencèrent leurs mouvements.

Camus ne retenait plus vraiment ses gémissements, à présent. Milo sentait, en le stimulant, qu'il était en train d'arriver près de son point de rupture. Alors, il étira un sourire malicieux. Il venait d'avoir une idée.

Il commença d'abord à embrasser plus avant le torse de Camus. Avec sa langue, il s'amusa à suivre avec une rigueur et une dévotion alarmantes les lignes des pectoraux face à lui. Sous lui, il sentit le mage trembler. Parfois, Camus laissait échapper un « Milo » enfiévré. Le chevalier adorait quand il prononçait son nom sur ce ton de voix désireux. A chaque occurrence, tout son corps en frissonnait de délice.

Le mage crut perdre l'esprit lorsqu'il sentit soudain deux lèvres embrasser sa virilité à son bout. Il poussa une exclamation d'extase et de surprise.

« Milo… Arriva-t-il à articuler malgré tout, le souffle court. Qu'est-ce que… vous faites ? »

Le chevalier lâcha un instant le membre devant lui. Son regard hypnotique croisa celui de Camus. Il se contenta de lui faire un grand sourire.

« Ce serait quand même dommage de tâcher ces beaux draps », se délecta-il, un rien joueur.

Camus écarquilla les yeux.

« Vous n'allez quand même pas… Haleta-t-il. Ce n'est pas conven… ah ! »

Camus ne finit pas sa phrase lorsque la bouche retrouva sa place précédente, en encore plus indécent si possible.

Milo aurait voulu sourire, mais il était trop occupé à stimuler le membre de Camus pour cela. Le mage, sous lui, en devint complètement erratique.

Camus ne tint pas longtemps. Milo était étrangement doué à lui donner du plaisir. Le mage se perdit dans un ouragan d'émotions diverses et complètement emmêlées. Tout se bousculait en lui. Il sentit la tension monter en lui, monter. Elle n'allait pas s'arrêter, cette fois. Il ne pouvait tout de même pas faire ça… Comme ça ?! Milo avait-il perdu l'esprit ? Il ne pouvait pas… Pas dans cette bouche… Camus sentait ces lèvres le dévorer, et cette langue s'enrouler autour de lui. Il n'arriverait pas à se retenir, comprit-il, soudain horrifié de ce qu'il risquait d'accomplir, à présent à tout instant. Milo, qui le stimulait de manière brûlante et affolante, semblait attendre avec impatience qu'il n'atteigne son point d'orgue.

Au moment où le chevalier plaça un coup de langue particulièrement agile, le mage n'en put plus. La foudre le faucha, et se tendit entièrement dans un cri. Il se libéra d'un coup dans la bouche tentatrice. Milo ne broncha pas et, tandis que le liquide se déversa sur sa langue, il avala docilement. Avec toute la concentration du monde. Il eut l'air d'y prendre un plaisir indicible. Camus, une fois vidé, retomba sur le matelas mollement, en sueur et tremblant. Milo le lâcha une fois qu'il eut fini, apparemment satisfait. Il avait failli venir lui aussi au même moment que son ami. Mais il avait été trop concentré sur le plaisir qu'il avait donné. Son esprit brumeux et attisé par le désir eut du mal à revenir au moment présent.

Il se passa quelques secondes avant que Milo ne finisse par se rendre compte que quelque chose clochait. Camus venait d'atteindre l'orgasme. Ce faisant, il était retombé sur le lit, tremblant de fatigue. Mais… Milo le sentait toujours erratique. De toute évidence, Camus n'avait pas l'air d'être en train de se calmer du tout. Sa respiration n'était pas tranquille. Saccadée, même, analysa Milo, qui en sortit de sa transe.

« Camus ? » L'appela-t-il en revenant à ce qu'il faisait. Il ne perdit plus de temps. Doucement, il se recala au-dessus du corps de son ami. Camus tremblait en fait violemment, découvrit le chevalier, qui en fut désagréablement surpris. Voilà qui était inquiétant. Milo remonta alors jusqu'à hauteur de du visage de Camus pour mieux le scruter, et il posa immédiatement son regard bleu sur lui. Ce qu'il vit à ce moment-là ne lui plut pas. L'expression de son ami était défaite, au lieu de soulagée et satisfaite. Il avait la respiration hasardeuse, sifflante. Ses yeux saphir étaient fixes devant lui, mais ils ne semblaient pas voir.

Il est en train de paniquer, comprit alors Milo, horrifié d'un tel retournement de situation. Une vague de culpabilité mordante s'échoua sur lui. Quel idiot ! Il l'avait sans doute poussé à bout.

« Camus, non ! S'exclama-t-il, soudain terriblement désolé. Non, non, n'ayez pas peur, n'ayez pas peur… »

Milo le prit directement dans ses bras, dans l'espoir de le calmer, malgré une tension cinglante dans son bas ventre. Il avait une envie douloureuse de soulager son désir, mais peu importait pour l'instant. Il fallait qu'il calme son ami.

« Je suis désolé, se lamenta-t-il. Je suis vraiment désolé, je vous ai trop poussé, je ne voulais pas… Pardonnez-moi, j'ai été égoïste ! »

Le chevalier passa une main dans les cheveux moites de son vis-à-vis, et dégagea quelques mèches rebelles du passage. Les yeux du mage s'embuèrent.

« Je suis désolé, répéta-t-il, bouleversé. S'il vous plaît, calmez-vous. Respirez. Je vous jure que tout va bien, et que je suis désolé. Respirez… Respirez… »

Milo vit Camus essayer de prendre une plus grande respiration, mais cela échoua. Le chevalier ne s'avoua pas vaincu.

« Oui, comme ça, l'encouragea tout de suite Milo, en essayant de rester calme lui-même. Respirez… Essayez encore. Pour moi. »

Le mage fit une deuxième tentative tremblante. Le chevalier accentua un peu sa prise, et commença à faire des cercles réconfortants dans son dos avec ses mains.

« Continuez, c'est bien, murmura-t-il avec sollicitude. Regardez, comme moi. Respirez comme moi. »

Pour appuyer son propos, il prit une inspiration démonstrative, et il expira ensuite lentement. Camus, sous lui, essaya de se caler à ce rythme. Milo continua de l'observer attentivement, et de respirer calmement pour lui.

Cela prit quelques minutes. Le chevalier entendit son ami progressivement reprendre le contrôle de lui-même. Il en fut satisfait. Il était lui aussi effrayé de ce retournement de situation. Il n'avait pas pensé que cela puisse se terminer ainsi.

« Pardonnez-moi, Milo, énonça le mage dans un filet de voix.

- Non, non, le contredit tout net l'intéressé. Ne vous excusez surtout de rien. C'est moi. Ne pensez plus à rien. »

La main de Milo caressa tranquillement les cheveux de Camus. Puis elle le refit une nouvelle fois. Et encore. Le chevalier n'avait qu'une chose en tête… Ramener l'esprit de Camus sur l'instant présent, sur sa présence réconfortante et bienveillante.

« Je ne voulais pas vous effrayer, s'excusa sincèrement Milo. Je suis vraiment désolé. »

Camus ferma un instant les paupières. Il se sentait complètement vidé. Toutes ces émotions contradictoires étaient en train de laisser place à de l'épuisement.

« Vous ne voulez pas boire un verre d'eau ? Murmura doucement la voix de Milo contre lui. Ça vous ferait sans doute du bien. »

Camus passa une main sur son visage pour essayer de se recentrer. Les émotions avaient été… Intenses. Il n'en pouvait plus. Il ne savait plus quoi penser. Il était désorienté.

« Bon, je vais vous en chercher un, décida Milo pour lui. Il vaut mieux que vous buviez un peu. »

Le chevalier s'éloigna un instant pour aller lui chercher un verre. Il se dégagea du lit, laissant le corps de Camus, qui ne fit aucun mouvement pour se redresser. Le mage était vraiment secoué, pensa Milo avec culpabilité. Il avait trouvé Camus si désirable… Et il s'était un peu emballé. Il était comme ça… Mais son impulsivité lui faisait faire des bêtises, parfois. Dépité, il alla se saisir d'un verre, qui était resté sur la table avec leur dîner. Il versa un peu d'eau dedans en attrapant une carafe.

Il revint ensuite vers Camus avec l'objet à la main. Il s'assit doucement sur le bord du lit et le posa sur la table de nuit. Cela fait, il passa le revers d'une main sur la joue de Camus.

« J'ai mis un verre d'eau sur votre table de nuit, lui indiqua-t-il à voix basse. Buvez-le quand vous voulez. Je vais vous laisser tranquille cinq minutes, pour que vous repreniez vos esprits, ce sera mieux… »

Milo, à juste titre, pensait que Camus avait sans doute besoin d'un peu de solitude pour se remettre les idées en place. Contre sa main, le mage hocha faiblement de la tête. Le chevalier poussa un soupir résigné. Puis il se leva de nouveau, et attrapa sa chemise au passage. Elle était restée sur le lit à côté de lui.

« Je suis dans la salle de bain » déclara-t-il simplement.

Puis sans plus de cérémonie, il parcourut la chambre à grandes enjambées pour rejoindre la pièce annexe. Il referma tout de suite la porte derrière lui.

Une fois de l'autre côté du battant de bois, il s'adossa un instant contre, poussant un soupir nerveux. Il n'avait pas cru que la situation puisse déraper si vite avec son ami… Mais ça avait sans doute été couru d'avance, se dit-il. Il avait trouvé Camus séduisant dès le jour où celui-ci l'avait sauvé du torrent. Et cela l'étonnait lui-même. Il avait toujours cru être attiré seulement par les femmes. Il était parti, enthousiaste, sauver une princesse… Et il se rendait compte qu'à la place, il était tombé sur le prince des glaces. Quelles avaient été les probabilités… ?

Milo s'avança dans la pièce. Il fallait laisser un peu de temps à Camus. Et lui, il avait surtout un léger problème à régler. Il n'aurait pas pensé que l'exercice avec Camus lui fasse ressentir autant d'excitation, mais la preuve était là. En faisant ce constat, il grimaça. D'un seul coup, il se trouvait pitoyable d'avoir à se soulager manuellement. Il trouvait cela mécanique, froid, et hautement insatisfaisant. Mais son corps réclamait douloureusement une délivrance. Il allait se la donner rapidement. Cela ne servait à rien d'y rester des heures. Autant se débarrasser immédiatement de la tension.

Il ne fallut en fait pas grand-chose pour qu'il atteigne son point culminant, lui aussi. Ce qu'il venait de faire à Camus avait sacrément avancé le travail, et quelques va et vient résolurent rapidement le problème.

Une fois libéré, il alla se laver les mains et se passer un peu d'eau sur le visage. Tous les deux n'avaient pas les idées claires, se dit-il. Ils avaient parcouru un nombre énorme de kilomètres dans une forêt obscure, et il avait cru mourir de froid durant les deux dernières heures de marche… Il se sentait épuisé, et il savait que Camus devait l'être aussi. Ils dormiraient, et peut-être qu'ils y verraient plus clair le lendemain.

Milo laissa passer une minute ou deux, puis réenfila sa chemise. Présentable, et libéré de toute tension, il décida de revenir discrètement dans la chambre. Il fallait toujours qu'il vérifie l'état de Camus.

Lorsqu'il réapparut dans la pièce, son ami était sur le lit, rhabillé, lui aussi. Le verre, sur la table de nuit, était vide. Le mage était tranquillement adossé contre la tête de lit. Il semblait simplement attendre qu'il ne revienne, un air impassible plaqué sur son joli visage. Ses yeux étaient loin de l'être, cependant. Milo prit cela comme un bon signe : si Camus avait réussi à se reconstituer une expression impénétrable, c'était qu'il allait mieux. Enfin, possiblement.

Milo fit quelques pas vers le lit, et s'assit timidement sur un rebord de son côté, à une bonne distance de Camus.

« Vous vous sentez mieux ? S'assura-t-il sans trop oser le dévisager.

- Oui », confirma la voix plus claire de son ami.

Il y eut un silence inconfortable entre eux.

« Milo, reprit la voix de Camus. Je suis désolé. »

L'intéressé tourna vivement la tête vers lui.

« Je vous ai déjà dit que…

- Je suis désolé que vous ayez eu à finir seul », le coupa Camus.

Milo écarquilla les yeux.

« Hein ? Lâcha-t-il, éberlué.

- Je vous ai entendu, dans la salle de bain. Et je suis désolé », répéta le mage.

Milo se racla la gorge, embarrassé. C'était vrai qu'il n'était jamais très discret quand il faisait ce genre de choses.

« Euh… Je ne suis pas sûr que vous devriez vous excuser pour ça, hésita le chevalier.

- Je m'excuse de ce que je veux, il me semble, répliqua calmement Camus.

- Oui… Mais… »

Milo se tut. Il ne savait pas vraiment ce qu'il allait ajouter.

« Je suis le fautif dans cette histoire, choisit-il alors de dire d'une voix ferme. Je me suis laissé emporter… Et je ne voulais pas vous être désagréable. »

Camus le considéra quelques instants.

« Ce n'était pas désagréable, répondit-il posément. Bien loin de là… Seulement… C'est que… Faire cela avec un homme… »

Milo le dévisagea, interdit.

« Vous avez pris peur… Parce que suis un homme ? S'étonna le chevalier.

- On m'a toujours dit que c'était contre-nature », lui avoua Camus.

Milo haussa les épaules.

« Je vous avoue que je l'ai entendu aussi… Et ce n'est guère la mode à la Tour de Garde, réfléchit-il, perdu dans ses pensées. Mais… Pour moi… Un corps reste un corps, vous voyez ? Quand il s'agit de ce genre de choses… Si elles sont agréables… Je crois que je m'en fiche. »

Camus acquiesça, pensif.

« Je crois que cela fait beaucoup pour une seule journée, admit-il tout bas. J'ai paniqué… Et ce n'est pas de votre faute. Je crois que pour le moment… Ces choses me dépassent. »

Milo opina du chef silencieusement. Cela, il pouvait l'entendre.

« Je pense que j'aurai sans doute besoin d'un moment pour digérer ce qu'il s'est passé, conclut Camus, songeur.

- Mais on reste amis ? S'inquiéta vivement Milo. Je ne voudrais pas… Je vous l'ai dit, je tiens à vous. Je ferai tout pour me rattraper. Vous n'aurez qu'à me dire comment. »

Camus lui fit un sourire discret. Une lueur de douceur traversa ses yeux profonds.

« Bien sûr que vous restez mon ami, Milo, le rassura-t-il avec sérieux. Et… Vous n'avez pas à rattraper quoi que ce soit. Du reste… Je vous l'ai dit. Malgré ma réaction… Ce que vous m'avez fait était bien loin d'être désagréable. »

Le mage rougit un peu à ses propres paroles.

« S'il y a bien une chose que je dois vous concéder, c'est que vous êtes doué, Milo », lui avoua-t-il honnêtement.

Milo se fendit d'un léger sourire, un peu rasséréné.

Camus le dévisagea une nouvelle fois, et il plaça une main devant sa bouche pour bâiller discrètement.

« Je crois que nous ferions mieux de dormir, Milo, proposa-t-il ensuite. Pour tout vous dire… Je me sens épuisé. Et je crois que vous l'êtes aussi. »

Milo donna son accord d'un simple hochement de tête. Il n'osa rien dire de plus.

Camus, voyant qu'il avait son approbation, déploya les couvertures de leur lit et se glissa dessous. Il lâcha un léger soupir d'aise lorsqu'il s'allongea de nouveau contre son oreiller.

Milo l'imita, en se mettant au bout du lit, veillant à laisser à son ami le plus d'espace possible. Camus, qui souffla sa bougie, fronça les sourcils. Le chevalier, malgré ce qu'il venait de lui dire… Était bien distant.

Désormais, la silhouette de Milo, qui lui tournait le dos sur son côté de lit, n'était que faiblement éclairée par la lueur lointaine et dansante du feu dans la cheminée. Ce dernier était toujours allumé dans un coin de la pièce.

Milo s'éloignait de lui pour ne pas l'effrayer davantage, en déduisit facilement Camus. Il comprenait la manœuvre. Mais après ce qu'ils venaient d'accomplir, cela lui semblait complètement… Idiot.

Puis, ce qui lui faisait encore plus de peine, c'était qu'il savait à coup sûr, que Milo, tout seul sur son bord de lit, allait certainement mal dormir. Refaire un de ces affreux cauchemars qui hantaient ses nuits. Et maintenant que Camus savait de quoi il rêvait… Il n'avait pas envie de rester là sans rien faire. Une idée fit son chemin dans sa tête. Il avait réussi à apaiser Milo de nombreuses nuits… Et ce dernier avait décrété avoir extraordinairement bien dormi, la nuit où ils s'étaient retrouvés enlacés dans la Forêt Noire… Mmh. Une hypothèse se forma dans son esprit. Qui disait hypothèse, disait… un besoin d'expérience à l'appui.

« Milo », l'appela-t-il doucement.

Le chevalier tourna à demi son visage vers lui, pour lui signifier qu'il l'écoutait.

« Venez là », lui enjoignit le mage à voix basse.

Il y eut un silence.

« Vous êtes sûr ? Résonna la voix incertaine du chevalier. Avec ce qu'il s'est passé… Je pensais que vous voudriez…

- Venez là, se répéta Camus. Ce n'est pas de ce genre de contacts que je vais m'effrayer, surtout après ce que nous venons de faire… »

Milo se retourna un peu vers lui. Ses yeux essayèrent de lire son visage dans l'obscurité.

« Milo… Murmura Camus. Ne vous faites pas prier. Venez. Approchez-vous. »

Le chevalier migra alors lentement sous les couvertures. Il vint plus près, et il s'arrêta face à Camus, sans pour autant le toucher.

Camus, sentant qu'il allait hésiter toute la nuit, se rapprocha de lui-même. Il attrapa Milo sans lui demander son avis. Il se coula entre les draps et se colla contre son corps. Ses deux bras se perdirent dans le dos du chevalier. Sa prise assurée, Camus se blottit entièrement contre lui. Son visage trouva naturellement son chemin dans le cou de Milo. Ce dernier n'avait pas bougé du tout. Il en fut comme tétanisé.

« Vous êtes sûr de vous, Camus ? Fit-il d'une voix hésitante. Vraiment ?

- Je ne vous savais pas si timide, lui asséna le mage tout contre sa peau.

- Excusez-moi de demander… Se vexa légèrement son interlocuteur. Vous avez tout de même fait une crise de panique la dernière fois que je vous ai touché…

- J'ai l'air de paniquer, là ? Ironisa son ami, qui sentait ses yeux se fermer. De plus… Je dois tester une théorie, qui exige que vous me teniez dans vos bras.

- Vous faites des théories de ce genre, vous ? Vraiment ? L'interrogea Milo, circonspect.

- Taisez-vous un peu, Milo, murmura Camus. J'espère qu'elle va s'avérer concluante.

- Et on peut savoir ce que c'est, cette théorie ? » S'amusa son ami, se déridant un peu.

Camus laissa échapper un léger rire, désormais à moitié endormi contre lui. Milo, attendri, choisit de rendre l'étreinte doucement. Ses mains trouvèrent le dos de Camus, protectrices. Il se sentait terriblement bien, là. Des couvertures, un lit moelleux… Et son ami tout contre lui… Qui ne semblait même pas lui en vouloir, ou avoir envie de l'éviter après ce qui était arrivé. Milo prit un instant pour respirer son parfum réconfortant. Oh… Malgré tout… Il ne regrettait rien de leurs ébats. Il aurait aimé que cela se termine autrement… Mais la parenthèse avait été agréable. Très agréable.

« Je vous dirai ce qu'est cette théorie si elle s'avère exacte, marmonna Camus. En attendant… Dormez bien, Milo. Nous verrons demain. »

Milo n'arriva pas à résister. Il posa brièvement ses lèvres sur le front de Camus, qui avait encore enfoui son nez le plus possible contre sa gorge. La seule réponse qu'il obtint fut un soupir d'aise discret. Puis la prise dans son dos se raffermit. Le mage tenta de caler encore plus son corps contre le sien.

« Bonne nuit, Camus… Murmura Milo en fermant les yeux, un léger sourire aux lèvres. Faites de beaux rêves… »

Ainsi enlacés, et épuisés de leur journée, les deux hommes ne tardèrent pas à sombrer l'un contre l'autre, savourant leur présence mutuelle.