Lorsque Braalaka fut plus près de l'Empereur elle l'interpela mais son attention paraissait absorbée par le journal, son regard fixe et pensif lui donna l'air d'à pleine entrevoir ce qui l'entourait. La jeune femme se tendit inconsciemment sur ses pointes de pieds comme si cela changerait la donne et elle inspira.

« Excusez-moi ? réessaya-t-elle un peu plus fort.»

Le grand homme ne l'entendit pas pour autant, et par-dessus le marché les quelques groupes de pirates encore devant elle faisaient tous deux têtes de plus. Elle grommela et se remit à jouer des épaules pour avancer en lâchant des 'désolé', 'pardon je passe'.

Barbe Blanche perçut du mouvement non loin de lui, il sortit de ses pensées et détacha les yeux de sa page. Il fut surpris de constater que Braalaka provoquait plus de remue-ménage que tous ses fils réunis et il fut tout aussi surpris par son air paniqué. Tandis qu'elle se dirigeait vers lui elle sembla comprendre qu'il l'avait enfin remarquée et elle s'empressa de terminer son parcours du combattant en s'extirpant de la foule. Il abaissa son journal.

« Que veux-tu ?

Elle balbutia quelques syllabes incompréhensibles le temps de réfléchir à une manière de s'expliquer.

- Je… J'ai pensé à un truc, ça me paraît important de vous en parler.

- Quoi donc ?

Elle hésita.

- ...C'est à propos d'Ace.

Il fronça les sourcils.

- Continue ?

- Je m'en suis rendue compte seulement à l'instant, d'après ce que j'ai compris Ace est en voyage. Ça me rappelle la fiction de mon monde… Enfin c'est très bizarre dit comme ça, mais dans cette fiction vous m… Vous mourrez.

Devant le silence de l'Empereur elle se trémoussa maladroitement d'un pied sur l'autre.

- M-mais je suis pas sûr, c'est peut-être juste des circonstances, j'en sais rien…

- D'abord tu peux te téléporter, maintenant tu peux voir le futur, tu en as d'autres des comme ça ? ria-t-il.

- Mais… bredouilla-t-elle.

- Je te taquine. Plus sérieusement, raconte moi tout ça.»

Braalaka réexpliqua rapidement ce qu'était un manga et elle décrivit les évènements qui avaient conduit à l'arc Marinford ainsi que le dénouement de celui-ci. Barbe Blanche écouta attentivement, l'air impartial. Quelques pirates encore présents avaient tenté de comprendre la conversation lorsqu'ils avaient vu leur capitaine concentré mais ils lâchèrent l'affaire et tout le monde avait repris ses activités quand la jeune femme termina le récit.

« Voilà. Je ne sais pas si tout ça a une quelconque importance…

- Certains éléments que tu as évoqués sont proches de la réalité, c'est assez surprenant d'ailleurs. Cependant il est impossible d'activer deux fruits du démon, la fin de l'histoire n'est pas crédible.

- C'est vrai mais… Songez-vous à rappeler Ace ? demanda-t-elle un brin anxieuse.

- Ace sait ce qu'il fait, je ne m'inquiète pas pour lui, trancha le Yonko.

Les lèvres de Braalaka se pincèrent légèrement devant les traits stoïques que venait de revêtir l'homme. Elle avait remarqué son expression pensive lorsqu'il avait lu le journal auparavant, et les froncements de sourcils inconscients qu'il avait effectués pendant qu'elle parlait ne lui avaient pas échappés non plus. Cependant elle n'insista pas, peut-être que les circonstances la poussaient à s'inquiéter pour rien et de toute manière elle considéra que l'Empereur était mieux placé qu'elle pour savoir comment diriger ses hommes. Elle haussa les épaules, le débat venait de se clore.

- Bon… En tout cas ça me semblait important d'évoquer le sujet, merci d'avoir écouté.

- Tu as bien fait, mais si je ne compte pas prendre au sérieux des hypothèses fictives d'un autre monde. Ne te tracasses pas avec ça…»

Il s'interrompit en jetant un coup d'œil au large derrière elle. La brune se retourna et suivit son regard. Elle découvrit une masse sombre qui se détachait des flots à l'horizon. Malgré la distance elle distinguait une proéminence qui semblait être une montagne, des teintes vertes délimitaient des forêts et des plaines. Près de la rive s'élevaient des formes grises surmontées de chapeaux rouge brique, elle plissa les yeux et s'approcha de la rambarde dans l'espoir de mieux voir ce qu'elle pensa être une ville. Elle s'appuya assez pour pencher son buste de l'autre côté, soudain elle sentit une pression autours de sa taille qui l'empêcha de s'avancer plus loin. Elle n'eut pas le temps de réagir qu'un grondement sonore s'échappa des eaux, juste contre la coque l'océan formait une étrange tâche sombre qui s'élargissait à vue d'œil. Le tumulte s'accentua et les vagues éclatèrent en milles gouttes d'écume lorsqu'un énorme serpent marin émergea de l'onde. Braalaka hurla et fit un bond aussi grand que celui que venait de faire son cœur dans sa poitrine, une gerbe d'eau se déversa sur toute la longueur du pont et le grand animal replongea aussitôt sous les yeux terrifiés de la jeune femme. Il disparut entre les derniers gargouillis des flots et elle n'osa même pas bouger, encore moins aller vérifier si la silhouette avait bel-et-bien disparue dans l'océan. La brune reprit enfin son souffle que la peur avait coupé tout en scrutant attentivement la surface. Elle resta figée un moment indéterminé, en alerte.

« Tu comptes garder ma main en otage ? s'amusa Barbe Blanche.

Elle se rappela soudain qu'il était là et se retourna les sourcils froncés.

- Comment ç… Oh, pardon !

Elle lâcha immédiatement la main de l'Empereur qu'elle avait dû serrer lorsqu'elle avait sursauté.

- On accoste dans deux heures.»

Ace posa un gros baluchon en jute à ses pieds et prit place à côté d'un petit homme aux cheveux grisonnants assit piteusement sur un muret, au milieu de gravas et de décombres encore fumants. Le plus vieux leva ses yeux cernés vers le plus jeune et lui adressa un sourire.

« Merci pour ton aide jeunot.

- Y a pas d'quoi. Tu habitais ici ? demanda-t-il en désignant la zone accidentée.

- Non non, c'était qu'une grange, ma maison est à côté et elle n'a rien, dédramatisa-t-il.

Le deuxième commandant soupira. Lorsqu'il avait accosté il avait trouvé l'entièreté de la ville sans dessus-dessous, les rues étaient barrées de décombres et même de mobilier issu d'habitations détruites. Les habitants, terrorisés, étaient pour la plupart retranchés entre des murs encore en état. Les plus téméraires osaient seulement sortir pour évaluer les dégâts et chercher leurs proches. La ville était déserte bien que le silence fut parfois brisé par quelques mots chuchotées, bruissements de pas furtifs, ou sanglots lointains. Il avait immédiatement déduit que l'attaque avait eu lieu une demi-journées avant qu'il arrive, probablement en pleine nuit.

- Tu pourrais me donner des détails sur ce qu'il s'est passé ?

- Oh, je dormais, j'ai pas vu grand-chose du début… C'est les bruit des murs qui s'écroulent qui m'ont réveillés, alors quand j'ai entendu ça j'ai couru à la fenêtre. Y avait une fumée noire partout dans les rues, j'voyais même plus la route.

Ace hocha la tête tout en se penchant pour fouiller dans son sac.

- Ça d'vait être le pouvoir de ce pirate, là, Barbe Noire, continua l'ancien. Ça dérobe le sol, comme des sables mouvants, c'est pour ça qu'il y a eu des effondrements… Bref, y avait cette fumée, et quand la ville entière était submergée on commençait à entendre des cris dans le quartier.

- Voilà pour toi, sourit Ace en tendant un sandwich emballé et une pomme.

Le vieil homme le remercia encore une fois et posa le repas sur ses genoux le temps de finir ses explications.

- C'est là qu'ça a vraiment commencé, y avait des gars -pas beaucoup mais ils étaient forts- qui entraient chez les gens.

Il désigna une table cassées en deux au bord de la route.

- Ils ont tout r'tourné. Moi j'ai pas grand-chose donc on m'a rien prit, mais le voisin a dit qu'un des gars lui avait piqué sa bourse et l'avait balancé dans la fumée : et pouf, disparue !

- Je vois, l'enflure se servait du Yami-Yami no Mi pour récolter tout ce qui avait de la valeur pendant que ses associés pillaient la ville.

- Voilà, c'est exactement comme ça qu'ça s'est passé, confirma tristement le vieil homme.

- Et par rapport aux disparitions ? demanda Ace.

Il haussa les épaules.

- Aucune idée, on a toujours pas trouvé de corps, faut croire que les gens se sont envolés aussi. Il nous reste juste leurs affiche pour certains.

- Comment ça ?

- Bah, ceux qu'on a pas revu depuis cette nuit ils étaient fichés par la marine. Rien de bien méchant, on avait surtout des petits contrebandiers qui travaillaient au port, des affaires comme ça, pour gagner un peu mieux son pain. Y en a d'autres qui étaient pirates repentis, ou encore pirates actifs qui séjournaient dans la ville. Va savoir où ils sont maintenant.»

L'ancien retira le film-plastique autours du sandwich et prit une bouchée avec appétit. Le deuxième commandant réajusta le col de son manteau jusqu'à son nez et croisa les bras, prêt à méditer silencieusement sur cette question étrange. La logique aurait voulu que les disparus aient rejoint l'équipage de Barbe Noire, sauf qu'il s'agissait justement de disparitions, pas de départs volontaires, ou du moins personne dans cette ville n'avait été informé. Il avait pensé explorer les autres lieux de Drum Island pour trouver des indices mais les habitants avaient spécifié que les pirates avaient mis les voiles directement après avoir terminé le pillage. L'hypothèse probable était l'enlèvement, et il se demanda ce que ses ennemis pouvaient bien avoir à faire avec de petits bandits locaux à peine primés.

« Pourquoi fais-tu tout ça ? reprit l'ancien en entamant sa pomme.

- De quoi ?

- Bah…

Il désigna d'un hochement de tête la petite chaloupe pourpre amarrée plus loin dans le port. Ace serra les dents.

- C'est ma responsabilité, je dois le retrouver.

Un flocon de neige descendit soudain du ciel et virevolta devant eux. Il fut rapidement suivit d'une multitude d'autres, qui commencèrent à s'amasser sur le chapeau du pirate.

- Ah… J'y retourne, je voudrais pas me retrouver bloqué si la mer gèle.

- Bon courage, salua le vieil homme.»

Le pirate se leva, s'épousseta rapidement et enfila les brettelles de son sac. Il fit un signe de main et se dirigea vers d'autres gens qui s'affairaient à déblayer des décombres, plus loin.

Braalaka entendait des cloches sonner, le son provenait d'une tour au milieu de la grande place du port. L'édifice devait également servir de phare la nuit et fixé à son sommet on distinguait un étendard imprimé du joly roger de Barbe Blanche. Le Moby Dick navigua paisiblement jusqu'à l'embouchure d'un grand fleuve et commença sa remontée en direction de la ville. La jeune femme vérifia avec méfiance l'apparence de l'eau le long du navire avant de s'accouder une nouvelle fois à la rambarde. Elle croisa ses mais et y appuya son menton. L'odeur iodée de l'océan se mélangea à un parfum qu'elle connaissait bien mieux : celui de la terre. Elle détailla attentivement la rive qui bordait le cours d'eau. A mesure qu'ils avançaient les rizières et les plantations laissaient place à des habitations de plus en pus groupées et nombreuses. Le centre de la ville comprenant le port se trouvait à mi-longueur du fleuve et occupait une certaine partie de la rive. Tout le reste était utilisé pour l'agriculture, le point d'eau permettant beaucoup de possibilités. Beaucoup plus loin à l'horizon, sur la gauche, elle vit une montagne qui surplombait une vaste forêt. A l'opposé, côté droit, elle aperçut une autre forêt et le terrain devait être plus plat puisqu'il n'y avait pas de proéminences rocheuses. On devinait le fameux modèle de main grâce à l'espacement entre les massifs de végétation qui poussaient sur les parcelles formant les doigts. Des applaudissements et des cris de foule ne tardèrent pas à se faire entendre. La grande place du port fourmillait de monde. En réponse aux acclamations certains pirates se ruèrent contre les rambardes pour adresser de grands gestes aux habitants, la jeune femme en déduisit que beaucoup devaient déjà se connaître. Braalaka se redressa et marcha tranquillement en direction du dortoir pour récupérer ce qu'elle avait préparer, le temps que le bateau soit bien amarré et que les plus turbulents descendent.

Elle revint juste après équipé d'un petit sac à dos où elle avait rangé ses parchemins, crayons et cartes. Un grande passerelle reliait le pont au quai du port, elle s'y engagea et se stoppa juste à la limite du ponton. Elle posa le bout du pied sur une dalle avec hésitation, puis descendit totalement. Elle s'avança au milieu de la place. C'était une étrange sensation de remettre pied à terre après un long moment à naviguer, elle avait l'impression que l'équilibre n'était plus le même, un peu comme quand on saute depuis le sol après avoir fait du trampoline.

Braalaka jeta un regard circulaire autours d'elle : des rues pavées, des habitations, des commerces surplombés de paravents multicolores, des gens qui rient, des enfants qui courent, au loin la végétation et la montagne… Elle se sentait heureuse de retrouver un sol tangible, mais aussi profondément accablée que ça ne soit pas celui de sa Terre. Un soupir lui échappa et elle se dépêcha de sortir sa carte de la ville pour se concentrer dessus et éviter de s'abandonner à la mélancolie. Par moment elle releva la tête pour comparer le plan et le paysage. L'île comprenait deux grandes rivières qui se rejoignaient à l'estuaire. Le long de celle de gauche, côté montagne -qui dessinait la 'paume' de l'île- on pouvait trouver beaucoup terrains agricoles ainsi que des villages concentrant des activités de pêche, gastronomie, maçonnerie, forgerie et beaucoup d'autres. Autours de la rivière droite s'organisait la ville qui s'étendait sur une bonne moitié des rives, le reste étant occupé de même façon que pour l'autre côté. Toutes ces parties étaient reliées entre elles par des ponts construits sur des branches fluviales secondaires. Le port était situé au centre de la toile, c'était le lieu d'arrivé des visiteurs et le lieu d'expédition des marchandises qui permettaient à l'île de prospérer. Naturellement la ville s'était bâtie tout autours et on trouvait dans les rues adjacentes beaucoup de boutiques, marchés ouverts, expositions… Il y avait également des restaurants et des services d'hostelleries, surtout le long de l'eau où la vue était belle. Ensuite étaient implantés les quartiers résidentiels et les ateliers artisanaux.

Braalaka commença à suivre une grande rue pavée qui s'enfonçait entre de vieux édifices dégageant le charme typique des centre-villes historiques. Elle avait repéré deux bibliothèques qu'elle avait entourées au crayon de papier sur la carte et son regard allait du plan aux écriteaux accolés aux bâtiments pour se repérer. La brune passa devant de nombreux commerces qui semblaient très attrayant, elle enregistra les devantures dans un coin de sa tête. La rue piétonne était décorée de bacs fleuris disposés le long de chaque trottoir entre les bancs en fer forgé et les candélabres aux finitions détaillées. La jeune femme arriva bientôt à une petite place circulaire au centre de laquelle s'épanouissait une fontaine garnie de nénuphars, les jarres entremêlées dans leur sculpture déversaient de fins filets d'eau dans un gargouillis paisible et continu.

« Librairie… lu-t-elle tout haut en voyant l'écriteau d'un bâtiment de l'autre côté de la place.»

Elle s'avança jusqu'à la devanture d'un grand édifice de trois étages en pierres anciennes parcourues de lierre par endroit. Les vitraux des fenêtres étaient légèrement teintés, un peu de lumière s'en dégageait. Elle poussa la grande porte en bois qui crissa dans ses gonds pour annoncer sa présence. Ce qu'elle vit la laissa sans voix, elle observa la pièce avec de grands yeux : les murs étaient de vieilles pierres comme l'extérieur, la structure était renforcée par des poutres aussi bien insérées dans les parois qu'apparentes au plafond. Sur chacune était fixé un applique où se consumait un cierge, la lueur des flammèches offrait un éclairage tamisé et hypnotisant. Un large escalier de bois en colimaçon trônait au centre de la salle et semblait s'étendre jusqu'en haut des trois étages, les rampes étaient sculptées. A côté de l'entrée se trouvait un bureau rustique, des parchemins et livres en tous genres y étaient empilés. En face il y avait aussi un coin lecture pour ceux qui potassaient sur place. Des bibliothèques bien alignées remplissaient le reste de l'espace, elles montaient presque jusqu'au plafond et étaient si bien fournies qu'il n'y avait plus de place dans la plupart des rayonnages. La librairie s'étendait sur les trois étages du bâtiment et à en juger par la vue depuis l'escalier les étagères des niveaux supérieurs étaient tout aussi riches.

Braalaka, ébahie, s'avança de quelques pas pour mieux contempler la merveille d'ouvrages devant elle.

« Bonjour, puis-je vous aider ?

Elle sursauta, elle n'avait même pas remarqué l'homme qui attendait derrière le bureau. Il était grand, on devinait une silhouette fine sous le costume noir qu'il portait et ses cheveux poivre-et-sel retombant autours de son visage encadraient ses yeux verts.

- Bonjour. Pourriez-vous me dire si vous avez quelque chose en rapport avec cette carte ?

Elle tira le planisphère de son sac et le tendit au libraire. Il le déroula avec minutie et le posa à plat devant lui.

- ...Navré, ça ne me dit rien, affirma-t-il après quelques secondes d'examen.

- Je vois, tant pis… soupira-t-elle.

Il désigna les bibliothèques d'un hochement de tête.

- Cependant je peux toujours vérifier, si vous permettez.

- Oh, ce serait génial, merci.

- Ma mémoire commence à me faire défaut, il faudrait peut-être que je les relise, murmura-t-il pour lui même en quittant son poste carte à la main.

-… Vous avez déjà lu tous les livres ici ? déduisit Braalaka.

- Oui.

Elle écarquilla les yeux mais il était déjà devant la première étagère, en train d'escalader une grande échelle à roulettes coulissante fixée aux bordures. Il saisissait les livres et les feuilletait à une vitesse folle, un à un, rangée par rangée, en jetant de temps en temps des coups d'œil à la carte. La jeune femme le regarda faire, complémentent abasourdie. Il interrompit.

- J'en ai pour quelques heures, précisa-t-il en se replongeant immédiatement dans son travail.

- H-heu… Oui ? Ok… Bon… Je repasserai plus tard alors… Merci…»

Elle revint sur ses pas, confuse, et poussa la porte. Le calme de la petite place bercée du gargouillis de l'eau la ramena sur terre, elle soupira et regarda autours d'elle en se demandant combien d'évènements viendraient la surprendre chaque jour. Elle s'apprêta à dégainer son plan de la ville pour reprendre son chemin mais des éclats de voix attirèrent son attention, elle tourna la tête et remarqua un groupe de personnes dans une rue adjacente, parmi elles il y avait Artie. L'infirmière l'avait également aperçut puisqu'elle pressa le pas en faisant signe aux autres de l'imiter pour rejoindre le square plus rapidement.

« Braalaka ! appela-t-elle. Tu veux venir avec nous ?»

Elle brandit un panier duquel dépassaient différentes plantes.